{"id":75469,"date":"2014-08-21T08:43:24","date_gmt":"2014-08-21T08:43:24","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/08\/21\/notes-sur-linsupportable-fragilite-de-leurs-politiques\/"},"modified":"2014-08-21T08:43:24","modified_gmt":"2014-08-21T08:43:24","slug":"notes-sur-linsupportable-fragilite-de-leurs-politiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/08\/21\/notes-sur-linsupportable-fragilite-de-leurs-politiques\/","title":{"rendered":"Notes sur l&rsquo;insupportable fragilit\u00e9 de leurs politiques"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Notes sur l&rsquo;insupportable fragilit\u00e9 de leurs politiques<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>21 ao&ucirc;t 2014 &ndash; Plusieurs observations, commentaires divers, et l&rsquo;un ou l&rsquo;autre \u00e9v\u00e9nement \u00e9galement, font envisager l&rsquo;hypoth\u00e8se de prolongements nouveaux dans la crise ukrainienne. Nous parlons ici, d&rsquo;abord, du c&oelig;ur g\u00e9ographique et chronologique de la crise, l&rsquo;Ukraine elle-m\u00eame, avec les combats dans le Donbass qui repr\u00e9sentent la question la plus urgente et la plus pressante du point de vue des r\u00e9alit\u00e9s politiques et militaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, \u00ab\u00a0le reste de la crise\u00a0\u00bb, &ndash; en fait le plus important, &ndash; continue \u00e0 se d\u00e9velopper en d\u00e9pendant de moins en moins de ce c&oelig;ur central tout en subissant fortement sous influence, mais avec d&rsquo;autres au moins aussi importantes. La crise ukrainienne elle-m\u00eame est importante dans la mesure o&ugrave; certains de ses \u00e9carts, une aggravation ou l&rsquo;autre, un changement inattendu, ont n\u00e9cessairement un effet sur les relations internationales dans leur ensemble. Mais le meilleur dans ce processus n&rsquo;est pas vrai : un apaisement brusque de la crise ukrainienne n&rsquo;am\u00e8nerait certainement pas un r\u00e8glement de tous les contentieux qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00e0 cette occasion dans les relations internationales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La crise ukrainienne a r\u00e9ellement d\u00e9clench\u00e9 un processus de restructuration des relations internationales, &ndash; ou plut\u00f4t de d\u00e9structuration des relations internationales pour substantiver une situation de d\u00e9sordre. Il est possible qu&rsquo;\u00e0 partir d&rsquo;elle (de cette crise), nous passions effectivement d\u00e9cisivement d&rsquo;une situation de contrainte (des USA \/du Syst\u00e8me, sur les autres) \u00e0 une r\u00e9elle situation de d\u00e9sordre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Aussi, les derni\u00e8res p\u00e9rip\u00e9ties doivent-elles \u00eatre relev\u00e9es, pour qu&rsquo;on en distingue \u00e9ventuellement les perspectives.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Rendez-vous \u00e0 Minsk<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s la rencontre de Berlin du 17 ao&ucirc;t (les ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res d&rsquo;Allemagne, de France, de Russie et d&rsquo;Ukraine), le ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res russe Lavrov a r\u00e9affirm\u00e9 que l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un cessez-le-feu dans le Donbass constituait le but diplomatique principal actuellement. Deux jours apr\u00e8s cette rencontre, les pr\u00e9sidents russe et ukrainien ont annonc\u00e9, chacun de leur c\u00f4t\u00e9, qu&rsquo;ils se rencontreraient \u00e0 Minsk, la capitale de la Bi\u00e9lorussie, pour discuter en priorit\u00e9 de la \u00ab\u00a0stabilisation de la situation\u00a0\u00bb en Ukraine orientale. (La Bi\u00e9lorussie est tr\u00e8s proche de la Russie, mais elle n&rsquo;a nullement rompu avec l&rsquo;Ukraine, bien au contraire.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>\u00a0\u00bb (The leaders) will discuss the relations between Ukraine and the Customs Union and there will be a number of bilateral meetings,\u00a0\u00bb Putin&rsquo;s spokesman, Dmitry Peskov, said. Poroshenko has confirmed the news in a statement, saying that \u00ab\u00a0stabilizing the situation\u00a0\u00bb in eastern Ukraine would be a key topic of discussion with the Russian president.<\/em>&raquo; (<em>Russia Today<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/rt.com\/news\/181376-putin-eu-ukraine-meeting\/\">19 ao&ucirc;t 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La rencontre se fera dans le cadre d&rsquo;une r\u00e9union plus large, avec les membres de l&rsquo;Union douani\u00e8re eurasienne en formation (Russie, Bi\u00e9lorussie et Kazakhstan) et des repr\u00e9sentants de l&rsquo;UE (Ashton et deux Commissaires europ\u00e9ens, \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie et au commerce). Ce cadre donne une certaine tonalit\u00e9 \u00e0 cette rencontre, en faisant cohabiter deux orientations qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude d&rsquo;opposer farouchement ces derniers mois, entre l&rsquo;Ukraine occidentalis\u00e9e et am\u00e9ricanis\u00e9e avec le patronage d&rsquo;une UE plus atlantiste que jamais, et le projet eurasien de Poutine qui oppose une d\u00e9marche europ\u00e9iste largement excentr\u00e9e sur son Est et destin\u00e9e \u00e0 contrer la pression transatlantique.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L&rsquo;axe Paris-Berlin-Moscou<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La r\u00e9union du 17 avril de Berlin reconstituait le sch\u00e9ma historique classique Paris-Berlin-Moscou, \u00e0 propos de la crise de l&rsquo;Ukraine, repr\u00e9sent\u00e9e par son ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res. C&rsquo;est ce m\u00eame axe Paris-Berlin-Moscou qui \u00e9tait intervenu, fin juin\/d\u00e9but juillet pour prendre en mains la tentative d&rsquo;imposer un cessez-le-feu, notamment en exer\u00e7ant des pressions sur Porochenko, le pr\u00e9sident-\u00ab\u00a0roi du chocolat\u00a0\u00bb. (On note en passant qu&rsquo;il se confirme que la Pologne est rejet\u00e9e de cet axe, alors qu&rsquo;il y a quelques mois, en f\u00e9vrier lors de la chute de Ianoukovitch, on avait du c\u00f4t\u00e9 europ\u00e9en l&rsquo;axe Paris-Berlin-Varsovie, d&rsquo;ailleurs correspondant au \u00ab\u00a0triangle de Weimar\u00a0\u00bb. La Pologne est trop embourb\u00e9e dans une position extr\u00e9miste antirusse pour esp\u00e9rer faire partie d&rsquo;une dynamique qui, par d\u00e9finition, rejette la logique de l&rsquo;affrontement frontal.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous signalions cela, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-tentative_de_rangement_et_possibilit_de_changement_05_07_2014.html\">5 juillet 2014<\/a>, en m\u00e9langeant ce cas avec celui de l&rsquo;Irak, et, sur le point pr\u00e9cis envisag\u00e9, en expliquant que l&rsquo;attention port\u00e9e par les USA \u00e0 l&rsquo;Irak permettait aux Europ\u00e9ens de \u00ab\u00a0mieux\u00a0\u00bb man&oelig;uvrer (?) avec les Russes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Il faut insister l\u00e0-dessus parce que c&rsquo;est le fait essentiel. Il n&rsquo;y a pas de strat\u00e9gie consciemment construite (de la part de l&rsquo;Allemagne et de la France), il n&rsquo;y a pas de politique claire. Si l&rsquo;on demande aux principaux acteurs de la s\u00e9quence des pr\u00e9cisions sur ce point, on n&rsquo;en obtiendra rien sinon les slogans habituels, et notamment la r\u00e9affirmation de la solidarit\u00e9 sans faille \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc BAO. Ce n&rsquo;est pas ce qui nous importe, leur \u00ab\u00a0strat\u00e9gie\u00a0\u00bb, leur \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;en ont point, ni de l&rsquo;une ni de l&rsquo;autre. Mais, dans ce cas, lib\u00e9r\u00e9s des pressions directes et publiques (communication) de Washington tout entier plong\u00e9 dans son chaudron irakien, ils suivent la force g\u00e9n\u00e9rale qui les pousse \u00e0 chercher des arrangements,<\/em> <strong><em>encore plus avec les Russes<\/em><\/strong> <em>que pour le seul cas de la stabilisation de l&rsquo;Ukraine. Nous parlons donc bien ici de ces forces m\u00e9tahistoriques qui, \u00e0 notre sens, conduisent les affaires, \u00e0 un moment o&ugrave; les acteurs sont d&rsquo;une extraordinaire inconsistance, incapables d&rsquo;\u00e9laborer strat\u00e9gie et politique, ligot\u00e9s par les narrative absurdes auxquelles ils souscrivent, &ndash; prisonniers complets du Syst\u00e8me, pour tout dire. Peu importe au reste, puisqu&rsquo;importe essentiellement sinon exclusivement que les choses se fassent, et c&rsquo;est encore mieux si les choses se passent sans qu&rsquo;ils s&rsquo;en aper\u00e7oivent. Bien entendu, ce jugement abrupt concerne essentiellement, sinon exclusivement, les acteurs du bloc BAO. Les Russes, qui sont moins prisonniers du Syst\u00e8me, se rendent compte de l&rsquo;opportunit\u00e9 qu&rsquo;ils recherchent depuis le d\u00e9but, qui est de diviser l&rsquo;Europe et les USA. D&rsquo;ailleurs, ils ne s&rsquo;en cachent pas et le disent \u00e0 chaque occasion.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Soyez raisonnables, USA<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>En marge de cette rencontre de Berlin, l&rsquo;on notera sans surprise que les Russes ont voulu donner une image optimiste de cette rencontre. Itar-Tass a diffus\u00e9 une interview d&rsquo;Anatoly Adamichine. Cet \u00ab\u00a0expert\u00a0\u00bb, comme il est d\u00e9sign\u00e9 par Itar-Tass, est un ancien vice-ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res et actuellement pr\u00e9sident de l&rsquo;Association de Coop\u00e9ration Euro-Atlantique. Cette organisation est pourtant, au d\u00e9part, lors de sa cr\u00e9ation en 1992, une des courroies de transmission de l&rsquo;atlantisme-am\u00e9ricanisme en Russie la plus voyante. (Le \u00ab\u00a0pourtant\u00a0\u00bb que nous introduisons et qui implique au moins de l&rsquo;incertitude, dans la mesure o&ugrave; les observations d&rsquo;Adamichine sont loin de conforter l&rsquo;orthodoxie am\u00e9ricaniste dans le cadre ukrainien actuel.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Adamichine explique que la direction russe conseille fortement d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0raisonnable\u00a0\u00bb aux USA, qui sont la seule force v\u00e9ritable \u00e0 activer les activit\u00e9s guerri\u00e8res de Kiev. Il explique, en citant Cameron, que l&rsquo;heure est venue que tous se mobilisent contre le danger islalmiste (ISIS, le Califat, al Qa\u00efda et compagnie) : &laquo;<em>If Americans are reasonable people they should get a free hand to fight al-Qaeda and not seek to kindle a fire in Ukraine. Words said by US ally British Prime Minister David Cameron can become a warning for Washington, saying that if Europeans do not take measures against al-Qaeda intensifying its activity in the Middle East, terrorists will kill Britons in the streets of London&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Porochenko press\u00e9 de toutes parts<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Cette partie de l&rsquo;intervention d&rsquo;Adalmichine est la plus marginale, sinon la plus suspecte. L'\u00a0\u00bbexpert\u00a0\u00bb devient plus int\u00e9ressant lorsqu&rsquo;il parle de la position de Kiev, alias Porochenko, qui jusqu&rsquo;\u00e0 il y a peu voulait la guerre \u00e0 outrance, &ndash; et qui, semble-t-il, ne le voudrait plus, \u00e0 cause de consid\u00e9rations propres \u00e0 Porochenko&#8230; (Et, dans ce cas, Adamichine semble consid\u00e9rer qu&rsquo;il n&rsquo;est plus temps pour Kiev et les Europ\u00e9ens de se pr\u00e9occuper des USA : &laquo;<em>&#8230; without looking back at the US<\/em>&raquo;.) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>\u00ab\u00a0Kiev has recently been ready for war up to the last Ukrainian. But now, President Poroshenko faced a threat coming from illegal armed units led by Governor of (central Ukraine) Dnipropetrovsk region Ihor Kolomoisky, (Ukrainian far-right movement) Right Sector leader Dmytro Yarosh and Ukrainian lawmaker Oleh Lyashko. They are several thousands of heavily armed cut-throats. With such &lsquo;force in the rear&rsquo; Poroshenko cannot feel confident and should be interested to look for peace,\u00a0\u00bb the expert believes.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0After the Berlin talks, Sergei Lavrov noted that Kiev authorities did not control numerous armed formations, particularly Right Sector which threatened to use weapons against incumbent Kiev authorities on Sunday. This is also a signal to the West to influence those who do not want to stop the war,\u00a0\u00bb Adamishin noted. \u00ab\u00a0If Europe jointly with Russia can speak a more insistent language with Kiev without looking back at the US, then certainly, not immediately, but gradually, Ukrainian authorities can be forced to end the war and begin political talks with opponents in the country&rsquo;s east,\u00a0\u00bb the diplomat added.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Rendre le Donbass convenable<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Cette id\u00e9e de passer \u00e0 des n\u00e9gociations est \u00e9galement dans l&rsquo;air pour Dimitri Trenine, dont on a d\u00e9j\u00e0 pu lire des choses int\u00e9ressantes (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_guerre_longue_et_lasse_04_08_2014.html\">4 ao&ucirc;t 2014<\/a>) et qui appara&icirc;t comme bien inform\u00e9 des grandes tendances de la direction russe. Pour son raisonnement, Trenine part de l&rsquo;affaire du convoi humanitaire, objet de tant d&rsquo;attention et dont on ne sait plus tr\u00e8s bien o&ugrave; il se trouve aujourd&rsquo;hui, et encore moins quel est son destin, pour aborder ce qu&rsquo;il juge \u00eatre la strat\u00e9gie de la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;essentiel de son propos tient effectivement dans la description de la recherche d&rsquo;un arrangement pour faire cesser les combats dans le Donbass, mais selon des termes qui prennent en compte les revendications des milices anti-Kiev. Le raisonnement de Trenine va jusqu&rsquo;au point o&ugrave; il juge que ce parti-l\u00e0 devrait aussi \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 dans une n\u00e9gociation, et son interpr\u00e9tation des r\u00e9cents changements \u00e0 la t\u00eate de la r\u00e9bellion est bien que se pr\u00e9pare la constitution d&rsquo;une \u00e9quipe plus repr\u00e9sentative. (Sur le site du <em>Carnegie Centre<\/em> de Moscou, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/carnegie.ru\/eurasiaoutlook\/?fa=56397\">18 ao&ucirc;t 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>In the West all last week, the Russian aid convoy was a subject of intense speculation. It was alternatively seen as a modern version of the Trojan horse, delivering weapons to the beleaguered rebels, or a spearhead of the Russian military invasion force. Both suppositions, however, were wide off the mark, based on misreading the Kremlin&rsquo;s logic. There are other, less conspicuous ways, of sending supplies across the border, and more effective forms of engaging an enemy. By sending the convoy, Vladimir Putin sought to switch the international attention from the fighting in Eastern Ukraine to the human suffering there, and to present Russia as the one country that cared about the people of Donbass.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Russia, of course, may yet intervene in force&mdash;if, for example, the Ukrainian government&rsquo;s efforts to restore Donbass to its control result in a massive loss of civilian life, way above the dozen or so people who are reported killed on a daily basis now. Absent that, Moscow&rsquo;s strategy will focus on helping the rebels to fight Kiev&rsquo;s forces to a standstill&mdash;and negotiating a ceasefire making the rebels a party to an agreement. The sudden departure recently of the top rebel leaders in both Donetsk and Lugansk suggests that Moscow seeks to field a more authentic and presentable group for eventual future talks. While Kiev is desperate to achieve a full military victory almost at any cost, Moscow is reaching out with humanitarian aid, confusing and confounding its opponents. At the foreign ministers&rsquo; meeting in Berlin on Sunday, a measure of progress was achieved on the issue of the Russian humanitarian aid to Donbass. As to the war there, it still continues.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le visage de l&rsquo;\u00e9nigme<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Un autre domaine d&rsquo;incertitude et d&rsquo;interrogation est la situation \u00e0 Moscou, autour du pouvoir et de la politique russe en g\u00e9n\u00e9ral. Sur son site <em>Russie Politics<\/em>, Karine Bechet-Golovko donne, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/russiepolitics.blogspot.ru\/2014\/08\/le-resultat-de-la-guerre-en-ukraine.html#more\">19 ao&ucirc;t 2014<\/a>, des indications sur la bataille qui se livre, selon elle, \u00e0 Moscou, entre disons les \u00ab\u00a0globalistes atlantistes\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0nationalistes souverainistes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;interpr\u00e9tation de Bechet-Golovko donne beaucoup d&rsquo;importance \u00e0 l&rsquo;intervention publique et m\u00e9diatique (voir ITAR-Tass le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.itar-tass.com\/world\/745647\">19 ao&ucirc;t 2014<\/a>) d&rsquo;Anatoly <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Anatoly_Chubais\">Chubais<\/a>, ancien ministre d&rsquo;Eltsine et grand&rsquo;ma&icirc;tre de l&rsquo;imposition sauvage du capitalisme en Russie dans les ann\u00e9es 1990, mais aussi membre du conseil d&rsquo;administration de la JP Morgan et membre du <em>Council of Foreign Relations<\/em>. Pour elle, il s&rsquo;agit de la marque de la sortie publique des \u00ab\u00a0globalistes atlantistes\u00a0\u00bb, et sans doute de leur inqui\u00e9tude devant le rythme des contre-sanctions russes et la r\u00e9orientation, anti-bloc BAO, de la politique russe. Au contraire, l&rsquo;intervention de Jirinovski lors du Forum politique de Yalta, le 14 ao&ucirc;t, marquerait symboliquement ou d&rsquo;une fa\u00e7on parabolique les exigences des \u00ab\u00a0nationalistes souverainistes\u00a0\u00bb adress\u00e9es \u00e0 la direction russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La politique russe de 2014 poursuit donc, dans sa forme et dans la perception qu&rsquo;elle offre, la tradition \u00e9tablie au long du XX\u00e8me si\u00e8cle, telle qu&rsquo;elle fut d\u00e9finie par Churchill. Sa phrase fameuse (&laquo;<em>une \u00e9nigme, enrob\u00e9e de myst\u00e8re, cach\u00e9e dans un secret<\/em>&raquo;), pourrait apr\u00e8s tout, donner une description acceptable du visage impassible du pr\u00e9sident russe. D&rsquo;autre part, on peut et l&rsquo;on doit se demander si cette incertitude, ce brouillard r\u00e9gnant sur l&rsquo;orientation de la politique russe, n&rsquo;est pas \u00e9galement, et peut-\u00eatre prioritairement, un produit de l&rsquo;\u00e9poque ; et l&rsquo;on peut aussi avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que Poutine, tacticien hors pair, joue de cette incertitude et de ce brouillard, s&rsquo;ils ne les accentuent, pour b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;avantage de la surprise lorsqu&rsquo;il prend une initiative ou incurve sa politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Les \u00e9copeurs de Berlin<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>A Berlin, o&ugrave; Lavrov parlait avec ses deux comp\u00e8res europ\u00e9ens et leur invit\u00e9 ukrainien, avaient-ils, les uns et les autres, les Allemands, les Fran\u00e7ais ou l&rsquo;Ukrainien, une politique plus affich\u00e9e, plus affirm\u00e9e et plus compr\u00e9hensible que celle des Russes ? Certes pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ils \u00e9taient l\u00e0, les uns et les autres, pour tenter de trouver un terrain d&rsquo;entente pour une approche d&rsquo;une formule conduisant \u00e0 une cessation des combats dans le Donbass. Un travail d&rsquo;\u00e9copeur, perdu dans les bas-fonds d&rsquo;un navire qui prend eau de toutes parts. Cela n&rsquo;a rien de la grande politique mais ressort simplement d&rsquo;un vertige qui, r\u00e9guli\u00e8rement, prend quelques-uns parmi les uns et les autres, et particuli\u00e8rement ceux-l\u00e0 dans cette occurrence, &ndash; Allemands, Fran\u00e7ais et Russes ; il s&rsquo;agit du vertige lorsqu&rsquo;on r\u00e9alise que ce dont il est question, finalement, c&rsquo;est de la paix et de la guerre en Europe&#8230; La trag\u00e9die reste une option dans la crise ukrainienne, pas moins qu&rsquo;hier o&ugrave; l&rsquo;on \u00e9mettait ouvertement des craintes extr\u00eamement claires \u00e0 ce propos<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Surprise, surprise&#8230; Il n&rsquo;est pas assur\u00e9 que cette perspective (\u00ab\u00a0la guerre en Europe\u00a0\u00bb) provoque \u00e9galement un vertige chez les amis am\u00e9ricanistes des Allemands et des Fran\u00e7ais. C&rsquo;est l\u00e0 un point crucial bien s&ucirc;r, qu&rsquo;il faut sans cesse r\u00e9p\u00e9ter &#8230; Qu&rsquo;on sache simplement, avant de poursuivre, que le conseiller de Poutine, Sergei Glaziev, disait, dans une interview du 23 juillet (voir le \u00ab\u00a0Saker-fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.vineyardsaker.fr\/2014\/08\/20\/texte-integral-linterview-video-sergei-glaziev-conseiller-du-president-poutine\/ \">20 ao&ucirc;t 2014<\/a>) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Mais les Am\u00e9ricains font comme d&rsquo;habitude : pour maintenir leur h\u00e9g\u00e9monie sur la plan\u00e8te, ils provoquent une autre guerre en Europe.<\/em> <strong><em>Une guerre en Europe est toujours bonne pour les Am\u00e9ricains.<\/em><\/strong> <em>Ils ont m\u00eame qualifi\u00e9 de bonne guerre la seconde Guerre Mondiale qui a fait 50 millions de morts en Europe et en Russie. Elle a \u00e9t\u00e9 bonne pour les Am\u00e9ricains, parce qu&rsquo;elle en a fait les ma&icirc;tres du monde&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Un retour \u00e0 la diversit\u00e9 esquiss\u00e9e avant MH17<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Ce qui est remarquable dans ces divers constats, finalement, c&rsquo;est leur diversit\u00e9, la variabilit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9volution des situations (voies envisag\u00e9es, man&oelig;uvres, concertations) qu&rsquo;ils d\u00e9crivent, tout cela aid\u00e9 par l&rsquo;extraordinaire subjectivisme d&rsquo;appr\u00e9ciation qui caract\u00e9rise les perceptions de la crise. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;une simple confusion de perception, mais d&rsquo;une r\u00e9elle diversit\u00e9 des situations, certes favoris\u00e9e par la diversit\u00e9 des perceptions. (Sur le terrain de la guerre du Donbass r\u00e8gne \u00e9galement la m\u00eame \u00ab\u00a0diversit\u00e9\u00a0\u00bb, notamment pour d\u00e9terminer une r\u00e9elle orientation du conflit. Alors que la presse-Syst\u00e8me relaie fid\u00e8lement la <em>narrative<\/em> de Kiev sur la chute imminente des deux grandes villes du Donbass, et sur la liquidation de la \u00ab\u00a0r\u00e9bellion\u00a0\u00bb, une source ind\u00e9pendante mais tr\u00e8s qualifi\u00e9e techniquement comme Richard North peut faire une analyse d\u00e9taill\u00e9e ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.eureferendum.com\/blogview.aspx?blogno=85151\">21 ao&ucirc;t 2014<\/a> sur l&rsquo;efficacit\u00e9 des milices anti-Kiev dans leur d\u00e9fense anti-a\u00e9rienne&#8230; &laquo;<em>What&rsquo;s significant is that the Ukrainian forces have effectively lost air supremacy. And, as we have seen so recently in Iraq, without that, defeating an insurgency is immeasurably more difficult.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, et sans trancher ni sur l&rsquo;orientation la plus probable, ni sur le cr\u00e9dit \u00e0 accorder \u00e0 telle observation et \u00e0 telle autre, nous dirions que tout se passe, essentiellement, comme si la polarisation avec la mont\u00e9e aux extr\u00eames qui l&rsquo;accompagne, qui a marqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment cette crise dans une sorte de situation d&rsquo;antagonisme extr\u00eame et fig\u00e9, tendrait \u00e0 se dissiper, &ndash; cela, au moins pour la s\u00e9quence consid\u00e9r\u00e9e&#8230; Constater cela revient \u00e0 d\u00e9signer la force \u00ab\u00a0polarisatrice\u00a0\u00bb, animatrice des extr\u00eames, c&rsquo;est-\u00e0-dire Washington, puisqu&rsquo;en m\u00eame temps qu&rsquo;on fait ce constat de la diversification de la crise on observe que l&rsquo;attention et l&rsquo;activit\u00e9 de Washington se sont nettement d\u00e9tourn\u00e9es de l&rsquo;Ukraine. Ainsi apparaissent une nouvelle diversit\u00e9, de l&rsquo;espace pour des man&oelig;uvres diverses, pour des initiatives plus nuanc\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau dans la crise. Nous revenons, comme nous l&rsquo;avons signal\u00e9 plus haut mais en nous tenant aux faits descriptifs, \u00e0 cette \u00e9bauche de situation d&rsquo;avant la destruction du vol MH17 \u00e0 la mi-juillet, avant que la catastrophe ne rem&icirc;t le syst\u00e8me de la communication sur le mode paroxystique antirusse. Du coup, effectivement des man&oelig;uvres sont \u00e0 nouveau possibles et permises, d&rsquo;autant que le pr\u00e9sident-\u00ab\u00a0roi du chocolat\u00a0\u00bb est de moins en moins \u00e0 l&rsquo;aise sur son tr\u00f4ne fourr\u00e9 aux noisettes comme le serait un gruy\u00e8re, et convoit\u00e9 par ses divers \u00ab\u00a0amis\u00a0\u00bb ; du coup, les Russes relancent leurs entreprises de s\u00e9duction vis-\u00e0-vis des Europ\u00e9ens ; du coup, on croit entrevoir la possibilit\u00e9 que s&rsquo;esquisse une reformation de l&rsquo;axe Paris-Berlin-Moscou, dans tous les cas pour la mission urgente de l&rsquo;\u00e9copeur ; et ainsi de suite, pour d&rsquo;autres domaines.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;on comprend bien que c&rsquo;est un mouvement de balancier d\u00e9sormais classique dans cette crise ukrainienne o&ugrave;, d\u00e8s qu&rsquo;ils sentent un peu \u00ab\u00a0de mou\u00a0\u00bb dans les lien transatlantique, les Europ\u00e9ens, particuli\u00e8rement le couple franco-allemand, envisagent \u00e0 nouveau de \u00ab\u00a0parler\u00a0\u00bb avec la Russie, et les Russes de r\u00e9activer leur tactique principale de division du bloc BAO en se rapprochant de l&rsquo;Europe\/France-Allemagne, &ndash; ceci, apr\u00e8s tout, \u00e9quivalant \u00e0 cela&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Washington, l&rsquo;esprit ailleurs&#8230;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il faut dire que Washington a beaucoup sur les bras, outre les parties de golf du pr\u00e9sident : l&rsquo;Irak, Ferguson, la proximit\u00e9 des \u00e9lections de novembre o&ugrave; les d\u00e9mocrates craignent de plus en plus de perdre le contr\u00f4le du S\u00e9nat, donnant ainsi le Congr\u00e8s entier aux r\u00e9publicains (qui tiennent ferme, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, la Chambre des Repr\u00e9sentants). La crise de Ferguson, surtout, par les r\u00e9alit\u00e9s en partie dissimul\u00e9es ou volontairement ignor\u00e9es \u00e0 la fois de la structure r\u00e9pressive et hors de contr\u00f4le de certaines forces du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, est devenue une crise nationale qui mobilise une part importante de l&rsquo;\u00e9nergie politique aux USA. L&rsquo;Ukraine passe en troisi\u00e8me ou en quatri\u00e8me place dans les priorit\u00e9s de communication de l&rsquo;administration Obama, alors que l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;interf\u00e9rences ext\u00e9rieures qu&rsquo;implique cette crise du point de vue US est aujourd&rsquo;hui particuli\u00e8rement mal int\u00e9gr\u00e9e dans le discours \u00e9lectoral convenu, au moment o&ugrave; certains pourraient croire \u00e0 un \u00ab\u00a0r\u00e9-engagement\u00a0\u00bb US en Irak. (Cela ne signifie en rien un \u00ab\u00a0retrait\u00a0\u00bb US de la situation ukrainienne. Cela signifie un passage en une sorte de \u00ab\u00a0pilotage automatique\u00a0\u00bb, o&ugrave; dominent pourtant les forces d\u00e9stabilisatrices de type Nuland-CIA, &ndash; mais ces forces d\u00e9stabilisatrices plut\u00f4t au service des plus extr\u00e9mistes dans la bande de Kiev, donc aidant \u00e0 travailler objectivement \u00e0 miner la position de Porochenko.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On pourrait dire, raisonnant par logique indirecte, que nous entrons \u00e0 nouveau dans une p\u00e9riode critique et une p\u00e9riode dangereuse \u00e0 la fois, mais selon des constats \u00ab\u00a0\u00e0 front renvers\u00e9\u00a0\u00bb. Si les man&oelig;uvres au niveau des pouvoirs et les incertitudes de certains pouvoirs se confirment, c&rsquo;est une p\u00e9riode critique ; s&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une pouss\u00e9e \u00e0 nouveau pour trouver un arrangement, c&rsquo;est une p\u00e9riode dangereuse&#8230; Dans les deux cas, des \u00e9v\u00e9nements de rupture plus ou moins suscit\u00e9s ou directement maniganc\u00e9s peuvent survenir, parce que les activistes extr\u00e9mistes, qui sont l\u00e9gion, particuli\u00e8rement \u00e0 Washington et sur l&rsquo;axe Washington-Kiev \u00e0 partir de Washington, devraient logiquement envisager des actions de provocation, &ndash; des montages, des <em>false flag<\/em>, &ndash; pour relancer la tension antagoniste et obliger les Europ\u00e9ens \u00e0 rentrer dans les rangs. Un nouvel incident comme celui de la destruction du vol MH17 interf\u00e9rerait gravement sur la situation en cours, la bouleversant effectivement, comme ce fut le cas en juillet pour la phase similaire pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Encore, ces hypoth\u00e8ses ne suffisent pas \u00e0 clore le chapitre, et c&rsquo;est l\u00e0 un constat important. Si rien dans le champ de la provocation ne vient interrompre \u00ab\u00a0brutalement\u00a0\u00bb et dans l&rsquo;imm\u00e9diat la phase qui s&rsquo;amorce, on entrerait alors dans une p\u00e9riode politique nouvelle o&ugrave; surgiraient de nouveaux probl\u00e8mes, dont on per\u00e7oit les racines dans les diverses observations qu&rsquo;on d\u00e9veloppe. Dans tous les cas, surtout, que ce soit dans l&rsquo;imm\u00e9diat ou plus tard, on peut \u00eatre assur\u00e9 de voir ressurgir la partie am\u00e9ricaniste avec les m\u00eames intentions de d\u00e9stabilisation, et surtout avec une dialectique encore plus dure, dans le domaine antirusse certes, mais surtout vis-\u00e0-vis de leurs alli\u00e9s europ\u00e9ens, \u00ab\u00a0amis\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0oblig\u00e9s\u00a0\u00bb europ\u00e9ens&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;ent\u00eatement des Russes \u00e0 faire appel \u00e0 \u00ab\u00a0la raison\u00a0\u00bb lorsqu&rsquo;ils parlent aux USA montre une belle pers\u00e9v\u00e9rance, mais aussi une certaine tendance \u00e0 s&rsquo;illusionner. Cela n&#8217;emp\u00eachera en rien le retour de la mauvaise politique am\u00e9ricaniste, de sa pathologie de la psychologie d\u00e9stabilisatrice et d\u00e9structurante, marqu\u00e9e par une humeur ex\u00e9crable, aiguis\u00e9e par l&rsquo;affront international que les \u00e9v\u00e9nements de Ferguson infligent \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;exceptionnalisme US, tout cela n&rsquo;\u00e9tant que l&rsquo;expression d&rsquo;une tendance in\u00e9luctable et irr\u00e9fragable qui touche ce pays sous l&rsquo;influence du Syst\u00e8me et d\u00e9termine tous ses actes. Le seul point int\u00e9ressant est de d\u00e9terminer quand se manifestera \u00e0 nouveau cette humeur, si les Europ\u00e9ens seront alors assez engag\u00e9s avec les Russes, provoquant certes des r\u00e9actions plus vives mais qui pourraient se heurter \u00e0 des positions europ\u00e9ennes plus fermement d\u00e9finies de recherche d&rsquo;arrangement avec les Russes, &ndash; les Europ\u00e9ens \u00e9tant en un sens \u00ab\u00a0pi\u00e9g\u00e9s\u00a0\u00bb dans une avanc\u00e9e qui rendrait presque impossible un recul pr\u00e9cipit\u00e9 sur les consignes imp\u00e9ratives et sans m\u00e9nagements des USA. C&rsquo;est de cette fa\u00e7on qu&rsquo;arrivent parfois les accidents, comme par inadvertance, et l&rsquo;un de ces accidents pouvant prendre la forme d&rsquo;une vraie querelle transatlantique, \u00e0 laquelle seraient forc\u00e9s les Europ\u00e9ens.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La fragilisation de <strong>toutes<\/strong> les politiques<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Comme il s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre de plus en plus le cas dans la crise ukrainienne, hors des passages paroxystiques qui s&rsquo;imposent souvent pour masquer cette fragilit\u00e9, c&rsquo;est effectivement, selon nous, le constat de la fragilit\u00e9 de la politique des acteurs de la crise, <strong>de tous les acteurs<\/strong>, qui constitue le fait le plus remarquable. Nous parlons bien d&rsquo;une <strong>fragilisation<\/strong> et non de paralysie ou d&rsquo;impuissance  : les politiques se d\u00e9veloppent, certes, mais elles sont effectivement de plus en plus fragiles, donc de plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette fragilisation de <strong>toutes les politiques<\/strong> qui s&rsquo;exercent dans la crise ukrainienne s&rsquo;explique par des raisons conjoncturelles diverses comme celle de la confusion grandissante de la situation politique \u00e0 Kiev, des incertitudes de tel ou tel autre pouvoir, des pressions nouvelles et extr\u00eamement fortes qu&rsquo;imposent \u00e0 la psychologies de tous le nouveau train des sanctions et l&rsquo;apparition des contre-sanctions, de la situation interne aux USA ou de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;affrontement dans la guerre du Donbass. De ce point de vue, on dira que les acteurs de la crise, qui restent effectivement actifs, et de plus en plus en contraste avec la s\u00e9quence MH17, se trouvent \u00eatre de plus en plus comme des figurants dont l&rsquo;activit\u00e9 bien r\u00e9elle sert surtout \u00e0 alimenter les orientations que les \u00e9v\u00e9nements et leurs dynamiques imposent \u00e0 cette crise (interpr\u00e9tation m\u00e9tahistorique). De m\u00eame, on observera que les influences politiques des uns et des autres sur les uns et les autres tendent \u00e0 se r\u00e9duire ou \u00e0 \u00eatre moins contr\u00f4lables dans leurs effets, &ndash; comme l&rsquo;influence des USA sur les Europ\u00e9ens. L\u00e0 aussi, les politiques des acteurs-figurants le c\u00e8dent aux \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La crise se durcit comme de la lave<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat pour la crise elle-m\u00eame, &ndash; et plus probablement sous la forme d&rsquo;un processus imp\u00e9ratif, l&rsquo;\u00e9volution de la crise \u00e9tant plut\u00f4t la cause que la cons\u00e9quence de la fragilisation des politiques, &ndash; c&rsquo;est <strong>un durcissement de la crise<\/strong>, un peu comme la lave se durcit une fois pass\u00e9e le premier embrasement, &ndash; mais ce durcissement fixant de nouvelles conditions. Il ne s&rsquo;agit donc pas, ni d&rsquo;un enlisement, ni d&rsquo;une paralysie\/impuissance de la crise. Si nous voulons parler selon nos termes favoris, il s&rsquo;agit d&rsquo;une structuration de la crise en un ensemble coh\u00e9rent, presque autonome. La crise fait plut\u00f4t du sur-place, mais du sur-place tr\u00e8s productif, tr\u00e8s \u00ab\u00a0f\u00e9cond\u00a0\u00bb pour les \u00e9v\u00e9nements qui en d\u00e9coulent. Elle ne s&rsquo;enlise pas, elle nourrit toutes les catastrophes diverses qui la caract\u00e9risent (voir, par exemple, les perspectives <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_ukraine_entre_d_sastre_conomique_et_direction-guignol_20_08_2014.html\">\u00e9conomiques<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi s&rsquo;ajoutent les effets des deux \u00e9v\u00e9nements, &ndash; fragilisation des politiques et durcissement de la crise, ou plut\u00f4t \u00e9l\u00e9ment consid\u00e9r\u00e9s chronologiquement \u00e0 l&rsquo;inverse. On comprend qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation o&ugrave; le facteur humain est de moins en moins influent, de moins en moins producteur d&rsquo;influence, et si son activit\u00e9 subsiste et m\u00eame augmente dans la phase actuelle c&rsquo;est pour alimenter la situation de la crise et les \u00e9v\u00e9nements qui l&rsquo;accompagnent, en tant que forces autonomes. La situation favorise \u00e0 cet \u00e9gard l&rsquo;interpr\u00e9tation m\u00e9tahistorique que nous privil\u00e9gions ; dans cette perspective, des prolongements inattendus ou surprenants sont possibles dans les diverses politiques humaines en &oelig;uvre, la fragilisation et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 ouvrant la porte \u00e0 l&rsquo;influence des \u00e9v\u00e9nements, &ndash; des prolongements comme, par exemple, la possibilit\u00e9 d&rsquo;un v\u00e9ritable affrontement transatlantique, au sein du bloc BAO&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela n&rsquo;offre rien de constructif, de coh\u00e9rent, du point de vue du jugement de la raison humaine, &ndash; m\u00eame un affrontement transatlantique qui surviendrait d&rsquo;ailleurs d&rsquo;une politique non \u00e9labor\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard, et d&rsquo;une fa\u00e7on indirecte, et laisserait tous les acteurs incertains sur la fa\u00e7on d&rsquo;en user. La somme g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;une telle occurrence, &ndash; qui, <strong>vraiment<\/strong>, n&rsquo;est qu&rsquo;un exemple illustratif, sans aucune indication qu&rsquo;il s&rsquo;accomplisse, &ndash; serait un d\u00e9sordre suppl\u00e9mentaire, &ndash; et ainsi en revenons-nous au d\u00e9sordre qui est le caract\u00e8re fondamental du temps. Dans de cas, ce d\u00e9sordre a incontestablement la vertu antiSyst\u00e8me, son action \u00e9tant une mise en cause de l&rsquo;accomplissement d&rsquo;une entreprise du Syst\u00e8me. Tout cela est \u00e0 envisager dans une situation d&rsquo;extr\u00eame tension, m\u00eame si cette tension est mal per\u00e7ue par les psychologies et n&rsquo;est pas comprise par les esprits. Si la crise s&rsquo;est durcie comme de la lave, l&rsquo;on sait bien que le volcan gronde toujours, qu&rsquo;il gronde plus que jamais&#8230;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur l&rsquo;insupportable fragilit\u00e9 de leurs politiques 21 ao&ucirc;t 2014 &ndash; Plusieurs observations, commentaires divers, et l&rsquo;un ou l&rsquo;autre \u00e9v\u00e9nement \u00e9galement, font envisager l&rsquo;hypoth\u00e8se de prolongements nouveaux dans la crise ukrainienne. Nous parlons ici, d&rsquo;abord, du c&oelig;ur g\u00e9ographique et chronologique de la crise, l&rsquo;Ukraine elle-m\u00eame, avec les combats dans le Donbass qui repr\u00e9sentent la question&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[15998,3936,3680,3670,16001,3228,16000,6648,4048,15999,2830,13246,2707,3825,35,13382,916,15510,2885,1296],"class_list":["post-75469","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-adalichine","tag-al","tag-axe","tag-berlin","tag-chubais","tag-crise","tag-dobass","tag-enigme","tag-ferguson","tag-jarulevski","tag-lavrov","tag-minsk","tag-moscou","tag-north","tag-paris","tag-porochenko","tag-poutine","tag-qaeda","tag-trenine","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75469","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75469"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75469\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75469"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}