{"id":75544,"date":"2014-10-07T10:33:40","date_gmt":"2014-10-07T10:33:40","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/10\/07\/larabie-enfin\/"},"modified":"2014-10-07T10:33:40","modified_gmt":"2014-10-07T10:33:40","slug":"larabie-enfin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/10\/07\/larabie-enfin\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Arabie, enfin ?"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">L&rsquo;Arabie, enfin ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tM.K. Bhadrakumar est un expert en relations internationales \u00e0 suivre avec prudence, parfois d&rsquo;un il critique lorsqu&rsquo;il s&#8217;emporte dans des r\u00eaveries o\u00f9 l&rsquo;on retrouverait un ordre ancien qu&rsquo;il regrette avec son pass\u00e9 de diplomate, parfois avec beaucoup plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat lorsqu&rsquo;il semble lever un li\u00e8vre dans une direction inattendue. On s&rsquo;arr\u00eate ici \u00e0 sa chronique du <a href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2014\/10\/05\/india-should-insulate-from-war-on-is\/\" class=\"gen\">5 octobre 2014<\/a>, o\u00f9 il plaide avec passion pour que l&rsquo;Inde n&rsquo;aille pas, surtout pas, s&rsquo;engager dans cette ni\u00e8me Guerre contre la Terreur (contre ISIS\/EI\/<em>Daesh<\/em>\/etc.). Sur ce point, il n&rsquo;a pas tort, car cette Guerre contre la Terreur qui serait la troisi\u00e8me du nom (selon notre comptabilit\u00e9 absolument subjective) est \u00e9videmment la plus absurde de toutes ; cela, suivant la loi selon laquelle cette formule (Guerre contre la Terreur) ne recouvrirait rien d&rsquo;autre que le d\u00e9sordre du monde en augmentation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, et que plus on avancerait dans ses \u00e9ditions successives plus on plongerait dans un d\u00e9sordre renouvel\u00e9 et aggrav\u00e9, et que chaque nouvelle Guerre contre la Terreur serait n\u00e9cessairement plus absurde que les pr\u00e9c\u00e9dentes. Nous en sommes \u00e0 l&rsquo;hyper-d\u00e9sordre et Bhadrakumar constate que la Guerre contre la Terreur-3.0 est d\u00e9j\u00e0 un \u00e9chec, en ce sens qu&rsquo;elle approche de l&rsquo;impasse par rapport \u00e0 la strat\u00e9gie choisie par le bloc BAO, Obama en t\u00eate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Clearly, air strikes against IS will achieve nothing. The IS has already turned into a flat, horizontal structure with no Hqs, no command-and-control centres. As a Middle East expert put it, it has begun operating as a rhizome-like organism. What does that mean? It means the US and its allies will soon run out of targets&rsquo;. Already, IS continues to gain ground despite the US air strikes. It just overran an Iraqi military base with hundreds of soldiers and captured two more border towns in Syria. In short, the time is approaching to ponder what next&rsquo; after the air strikes?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBhadrakumar essaie alors d&rsquo;extraire quelque chose de coh\u00e9rent de cet infernal chaudron d&rsquo;hyper-d\u00e9sordre. Sa d\u00e9monstration est pass\u00e9e rapidement de l&rsquo;\u00e9vidence que l&rsquo;Inde ne doit pas s&rsquo;engager dans cette chose \u00e0 l&rsquo;interrogation,  bien plus excitante pour la sp\u00e9culation intellectuelle,  de chercher \u00e0 savoir \u00e0 quel \u00e9v\u00e9nement d\u00e9cisif pourrait aboutir le courant actuel de surpuissance sur cet axe d&rsquo;hyper-d\u00e9sordre du Moyen-Orient\/terrorisme. Il y a l\u00e0 une sorte de recherche d&rsquo;un ordre qui pourrait enfin permettre au commentateur (plus qu&rsquo;\u00e0 la situation elle-m\u00eame) de retrouver un peu de stabilit\u00e9. Manifestement, Bhadrakumar trouve de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans l&rsquo;analyse de ce <em>Middle East expert<\/em> qu&rsquo;il ne nomme pas mais qu&rsquo;il d\u00e9signe implicitement comme une r\u00e9f\u00e9rence de la plus grande qualit\u00e9&#8230; Nous allons le suivre sur cette voie car Bhadrakumar, ex-diplomate indien devenu commentateur aux multiples contacts, a gard\u00e9 de son ambassade \u00e0 Ankara de bonnes sources r\u00e9gionales pour tenter d&rsquo;\u00e9clairer les questions autour de l&rsquo;hyper-d\u00e9sordre moyen-oriental ; et son commentaire est le plus s\u00fbr quand il y fait allusion par rapport \u00e0 la politique que devrait suivre son pays (plus s\u00fbr, par exemple, que lorsqu&rsquo;il tente d&rsquo;analyser la politique US en lui accordant le cr\u00e9dit d&rsquo;une coh\u00e9rence qu&rsquo;elle n&rsquo;a \u00e9videmment pas).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi notre commentateur introduit-il, dans le cadre du chaudron ISIS\/EI\/<em>Daesh<\/em>\/etc., une hypoth\u00e8se de poids : le sort de l&rsquo;Arabie Saoudite&#8230; \u00ab<em>To compound matters, Saudi Arabia is dangerously over-stretched by punching beyond its weight in regional politics. The borders with Iraq (900 km) and Yemen (1400 km) have the potential to become infiltration routes for al-Qaeda. Also, there is a simmering factional war going on within the Saudi royal family on the issue of succession to King Abdullah.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Suffice to say, the IS crisis is becoming a crisis within Wahhabism. The Saudi strategy to use militant Salafists in projects over the past 30-35 year period in Afghanistan, Pakistan, Syria and so on has come full circle inevitably with a Salafist radicalization that is leading to a metamorphosed neo-Wahhabist movement, which is what the Islamic State is about. How long can the restive, aspirational Saudi youth be kept away from the charisma and pull of the IS? That is the core issue developing today.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>To quote the<\/em> <strong><em>Middle East analyst mentioned above<\/em><\/strong><em>, the war&rsquo; in the Middle East has evolved into a war between Wahhabism and other orientations of Salafism, such as the Muslim Brotherhood (whom Saudis now seek to blame for the emergence of the IS). It is a war of Sunni on Sunni, of Wahhabi Saudi Arabia versus Wahhabi Qatar, of Wahhabi Jabat An-Nusra against IS; of Wahhabi Saudi Arabia and certain of its allies against the Muslim Brotherhood. Suffice to say, it is a boiling cauldron and a massive spillover cannot be avoided. The high probability is a repetition of the 1979 Islamic revolution in Iran  this time around in Saudi Arabia.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>As an Obama watcher, my hunch is that Obama is dithering, understanding perfectly well what is at stake here. Obama seems to be going through the motions of the air strikes without much conviction, sensing Saudi Arabia&rsquo;s dire vulnerability. Of course, the paradox is that by its passivity, the US could end up repeating its folly in Iran in the 1970s  refusing to pressure the Saudi regime to reform, sensing the regime&rsquo;s vulnerability but watching as a spectator and paralyzed on its tracks whilst the IS marches towards the gates of Riyadh. But then, what else can Obama do? The American public opinion and the political establishment will not countenance the US putting the boots on the ground for salvaging the Saudi regime.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn observera que, dans ces remarques, notre commentateur pr\u00e9f\u00e8re s&rsquo;appuyer sur son <em>Middle East expert<\/em> que sur les plans du pr\u00e9sident am\u00e9ricaniste, qui comprend la situation mais ne fait rien pour la faire \u00e9voluer d\u00e9cisivement parce qu&rsquo;il est paralys\u00e9 par les engagements qu&rsquo;il a cru devoir prendre vis-\u00e0-vis de son opinion public. Plut\u00f4t que chercher du sens \u00e0 la politique am\u00e9ricaniste d&rsquo;Obama, Bhadrakumar pr\u00e9f\u00e8re lui d\u00e9nier le moindre sens \u00e0 cause de la paralysie et de l&rsquo;impuissance caract\u00e9risant sa direction. Effectivement, le jugement est plus sage et peut \u00eatre pris en consid\u00e9ration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDu coup, appara\u00eet le point le plus int\u00e9ressant de son commentaire qui est la mise en \u00e9vidence qu&rsquo;il existe aujourd&rsquo;hui une formidable menace contre l&rsquo;Arabie Saoudite, contre sa stabilit\u00e9 int\u00e9rieure. L&rsquo;\u00e9vocation de 1979 comme \u00e9tant l&rsquo;ann\u00e9e de la chute du Shah pourrait aussi bien \u00eatre l&rsquo;\u00e9vocation de 1979 comme \u00e9tant l&rsquo;ann\u00e9e de l&rsquo;attaque des lieux saints de l&rsquo;Arabie par des terroristes, laquelle attaque ouvrit le champ des sp\u00e9culations concernant la survivance du r\u00e9gime des Saoud en Arabie.  <em>Full Circle<\/em>, nous revenons avec son commentaire \u00e0 ce 1979-l\u00e0. Nous revenons \u00e9galement \u00e0 certaines sp\u00e9culations faites en ao\u00fbt 2002 par certains milieux n\u00e9o-conservateurs, avec au centre de la pol\u00e9mique un expert fran\u00e7ais pass\u00e9 aux <em>neocons<\/em> et \u00e0 la Rand Corporation, Laurent Murawiecz. Nous \u00e9voquions cette affaire dans deux <em>F&#038;C<\/em> successifs, du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-objectif_arabie_08_08_2002.html\" class=\"gen\">8 ao\u00fbt 2002<\/a> et du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-comperes_en_maskirovska_09_08_2002.html\" class=\"gen\">9 ao\u00fbt 2002<\/a>. \u00ab<em>Beaucoup de bruit depuis deux-trois jours autour de l&rsquo;Arabie Saoudite. Fuites, d\u00e9mentis, etc, notamment autour d&rsquo;un rapport de l&rsquo;analyste Laurent Murawiecz, de la Rand Corporation, qui a la particularit\u00e9 d&rsquo;avoir nombre de ses activit\u00e9s concentr\u00e9es en France ; rapport qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 en juillet au Defense Policy Board (DPB), pr\u00e9sid\u00e9 par Richard Perle et servant d&rsquo;organe de conseil pour GW Bush, directement.<\/em> [&#8230;.] [&#8230;Le] <em>rapport Murawiecz, pr\u00e9sentant un argument en faveur d&rsquo;un classement de l&rsquo;Arabie Saoudite comme ennemi prioritaire des USA, et, \u00e9ventuellement, en faveur de certaines mesures militaires et autres contre ce pays&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une attaque US contre l&rsquo;Arabie encha\u00eenant sur une attaque contre l&rsquo;Irak ne surv\u00e9cut gu\u00e8re le temps de cette pol\u00e9mique, bien qu&rsquo;en plus de cette hostilit\u00e9 momentan\u00e9e de certaines fractions <em>neocons<\/em> alli\u00e9es \u00e0 Rumsfeld r\u00e9gnait le soup\u00e7on de l&rsquo;implication de l&rsquo;Arabie dans l&rsquo;attaque 9\/11. (On sait que ce soup\u00e7on reste bien vivace, et qu&rsquo;il est peut-\u00eatre \u00e9tay\u00e9 dans quelques 28 pages du rapport officiel sur l&rsquo;attaque 9\/11 toujours class\u00e9e secret. On sait \u00e9galement qu&rsquo;une bataille juridique est en cours depuis de nombreux mois [voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_un_tabou_en_perdition_26_12_2013.html\" class=\"gen\">26 d\u00e9cembre 2013<\/a>] pour tenter de rendre public le contenu de ces pages.) Mais l&rsquo;\u00e9pisode Murawiecz marqua une \u00e9tape dans l&rsquo;\u00e9volution de la perception de l&rsquo;Arabie comme noyau du terrorisme dans tous les sens, \u00e0 la fois matrice fondamentale et victime potentielle de la n\u00e9buleuse terroriste islamiste, laquelle a \u00e9volu\u00e9 depuis vers le statut d&rsquo;outil n\u00e9cessaire sinon essentiel de l&rsquo;op\u00e9rationnalisation de l&rsquo;hyper-d\u00e9sordre qui caract\u00e9rise la production du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, les choses ont formidablement \u00e9volu\u00e9 depuis 1979-2002 et une constellation d&rsquo;autres acteurs (les pays du Golfe, la Turquie, etc.) sont entr\u00e9s dans le jeu comme intervenants majeurs alors qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient jusqu&rsquo;alors que marginaux. Quant \u00e0 l&rsquo;Arabie, per\u00e7ue comme une construction extraordinairement affaiblie, et soutenant le terrorisme en partie, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son penchant religieux extr\u00eame, pour \u00e9viter des pressions d\u00e9stabilisantes de ces m\u00eames terroristes, elle s&rsquo;est transform\u00e9e en un perturbateur agressif et jusqu&rsquo;auboutiste \u00e0 partir de 2011 et de la crise syrienne. On a donc pris l&rsquo;habitude d&rsquo;oublier sa fragilit\u00e9 qui, pourtant, et peut-\u00eatre m\u00eame plus que jamais, subsiste. C&rsquo;est \u00e0 quoi Bhadrakumar fait allusion dans son texte, en citant des sources (celles qui se cachent derri\u00e8re le <em>Middle East expert<\/em>), de la sorte pr\u00e9sent\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on telle qu&rsquo;on peut croire qu&rsquo;il leur accorde une tr\u00e8s grande confiance&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAcceptons l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une d\u00e9stabilisation de l&rsquo;Arabie, d&rsquo;abord pour ce qu&rsquo;elle vaut et parce qu&rsquo;une telle hypoth\u00e8se n&rsquo;est \u00e9videmment pas absurde, ensuite et surtout d&rsquo;un point de vue symbolique, pour faire mesurer l&rsquo;avancement des \u00e9v\u00e9nements et l&rsquo;\u00e9volution tout \u00e0 fait consid\u00e9rable de la situation, jusqu&rsquo;\u00e0 un retournement complet \u00e0 certains \u00e9gards. Dans la perception courante du temps de la Guerre froide et jusqu&rsquo;au d\u00e9but de ce si\u00e8cle, l&rsquo;instabilit\u00e9 potentielle de l&rsquo;Arabie, due \u00e0 sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 suppos\u00e9e, constituait une menace majeure de d\u00e9sordre, peut-\u00eatre l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement potentiellement le plus d\u00e9stabilisant qu&rsquo;on puisse imaginer pour cette r\u00e9gion d&rsquo;une importance strat\u00e9gique fondamentale qu&rsquo;est le Moyen-Orient. Le paradoxe est qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui cette perspective strat\u00e9gique si \u00e9vidente pourrait presque \u00eatre invers\u00e9e,  dans tous les cas de notre point de vue d&rsquo;antiSyst\u00e8me sans aucun doute, ce qui alimente notre sp\u00e9culation,  mais cela jusqu&rsquo;\u00e0 presque plaider l&rsquo;argument d&rsquo;une fa\u00e7on objective&#8230; En effet, on doit consid\u00e9rer plusieurs faits ou sp\u00e9culations dans ce sens, qui sont \u00e0 consid\u00e9rer objectivement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;Arabie n&rsquo;est absolument plus un facteur d&rsquo;ordre, ou un p\u00f4le d&rsquo;ordre (m\u00eame d&rsquo;un ordre-Syst\u00e8me qui est absolument critiquable et condamnable), mais au contraire un facteur de d\u00e9sordre. On dira qu&rsquo;elle l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 depuis longtemps, par son action de soutien, sinon de matrice du terrorisme islamiste, mais cette action restait dissimul\u00e9e et, dans la perception autant que dans la communication, c&rsquo;est un facteur essentiel pour d\u00e9terminer l&rsquo;influence d&rsquo;une telle entit\u00e9. Depuis 2011, l&rsquo;Arabie s&rsquo;est d\u00e9couverte&#8230; Elle est devenue un facteur de d\u00e9sordre \u00e0 visage d\u00e9couvert, et elle participe ainsi fondamentalement \u00e0 une psychologie du d\u00e9sordre qui a permis l&rsquo;extension du d\u00e9sordre dans la r\u00e9gion du Moyen-Orient, jusqu&rsquo;\u00e0 cette situation d&rsquo;hyper-d\u00e9sordre que l&rsquo;on conna\u00eet maintenant. L&rsquo;Arabie, avec des cr\u00e9atures type-Prince Bandar allant <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_poutine-bandar_l_gypte_et_la_syrie_24_08_2013.html\" class=\"gen\">en Russie<\/a> parler \u00e0 Poutine de ses accointances avec les terroristes tch\u00e9tch\u00e8nes, est devenue un incendiaire depuis quelques ann\u00e9es, alors qu&rsquo;elle geignait depuis des d\u00e9cennies contre les menaces ext\u00e9rieures et int\u00e9rieures qui pesaient centre elle et ne cessait de r\u00e9clamer des pompiers pour la prot\u00e9ger.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Si l&rsquo;Arabie \u00e9tait touch\u00e9e, que feraient les USA. Affolement g\u00e9n\u00e9ral, r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Grande Strat\u00e9gie, \u00e0 l&rsquo;imm\u00e9morial accord de s\u00e9curit\u00e9 Roosevelt-Saoud de 1945 ? Sans aucun doute, tant la politique ext\u00e9rieure des USA, qui ne produit que du d\u00e9sordre depuis 1989, est enracin\u00e9e dans quelques tabous imm\u00e9moriaux dont l&rsquo;existence et la s\u00e9curit\u00e9 ce l&rsquo;Arabie forment l&rsquo;un d&rsquo;eux. Les USA envisageraient-ils d&rsquo;intervenir militairement, n\u00e9cessairement sur une grande \u00e9chelle parce que l&rsquo;Arabie est un gros morceau, avec <em>boots on the ground<\/em> bien entendu, tout cela supposant des moyens militaires consid\u00e9rables dont ils sont loin de disposer actuellement en capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles ? Comment, en fait, pourraient-ils faire autrement que s&rsquo;ab\u00eemer dans de telles sp\u00e9culations totalement alarmistes, avec en toile de fond la possibilit\u00e9 de l&rsquo;effondrement du dollar, et tout cela constituant d&rsquo;abord un <strong>facteur int\u00e9rieur fondamental de d\u00e9stabilisation psychologique<\/strong>, une op\u00e9rationnalisation \u00e9clatante  de l&rsquo;impuissance et de la paralysie de la politique washingtonienne ?&#8230; Qu&rsquo;importe en r\u00e9alit\u00e9 ce que d\u00e9ciderait Washington, si Washington d\u00e9cidait quelque chose, car ce qui importe est bien ceci : le principal producteur de d\u00e9sordre du monde (Washington, pour \u00eatre clair) se trouverait soudain plong\u00e9 dans le plus grand d\u00e9sordre, avec un pan essentiel de sa politique ext\u00e9rieure fig\u00e9e dans l&rsquo;expansion h\u00e9g\u00e9monique, menac\u00e9 d&rsquo;effondrement. Nous obtiendrions un effet d&rsquo;incendie (l&rsquo;Arabie menac\u00e9e d&rsquo;effondrement) qui serait en r\u00e9alit\u00e9 un contre-feu, o\u00f9 le fauteur de d\u00e9sordre (les USA, par l&rsquo;interm\u00e9diaire de l&rsquo;Arabie) serait confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;hyper-d\u00e9sordre qu&rsquo;il a contribu\u00e9 principalement \u00e0 cr\u00e9er &#8230;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La chute de l&rsquo;Arabie pourrait provoquer un conflit conventionnel g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 ciel ouvert. Serait-ce une calamit\u00e9 qui ferait tout accepter pour qu&rsquo;on l&rsquo;\u00e9vite ? Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr, si l&rsquo;on consid\u00e8re l&rsquo;\u00e9tat actuel de la r\u00e9gion, qui est par nombre de c\u00f4t\u00e9s et selon bien des points de vue, bien pire qu&rsquo;un conflit conventionnel g\u00e9n\u00e9ral. On pourrait m\u00eame y voir une mise \u00e0 jour de certaines situations et, en poussant \u00e0 peine le paradoxe, un r\u00e9tablissement effectivement paradoxal de l&rsquo;ordre &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous raisonnons d\u00e9finitivement \u00e0 front renvers\u00e9, dans ce monde orwellien qui a compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9 Orwell, parce que nous raisonnons absolument selon des normes et des conceptions antiSyst\u00e8me. Aujourd&rsquo;hui, songeant pr\u00e9cis\u00e9ment au destin de l&rsquo;Arabie tel qu&rsquo;on l&rsquo;envisage, on ne peut \u00e9carter cette possibilit\u00e9 absolument paradoxale qu&rsquo;<strong>un d\u00e9sordre suppl\u00e9mentaire marquerait peut-\u00eatre un certain retour \u00e0 l&rsquo;ordre<\/strong>. Il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;un de ces points ultimes o\u00f9 le Syst\u00e8me au bout de sa production de surpuissance atteint \u00e0 son domaine d\u00e9cisif d&rsquo;autodestruction. C&rsquo;est avec le sort de l&rsquo;Arabie que la crise ISIS\/EI\/<em>Daesh<\/em>\/etc. atteint un point d\u00e9cisif o\u00f9 elle pourrait enfin acqu\u00e9rir une importance effective, une <strong>importance utile<\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire s&rsquo;op\u00e9rationnalisant en l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rant dans le processus de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Par des ramifications \u00e9videntes, notamment au niveau de l&rsquo;\u00e9nergie, elle rejoindrait en importance la crise ukrainienne et s&rsquo;ajouterait \u00e0 elle pour former effectivement un nud crisique capable d&rsquo;\u00e9branler le Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 7 octobre 2014 \u00e0 10H31<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Arabie, enfin ? M.K. 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