{"id":75578,"date":"2014-10-28T06:50:13","date_gmt":"2014-10-28T06:50:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/10\/28\/russie-et-iran-font-qg-anti-daesh-commun-en-irak\/"},"modified":"2014-10-28T06:50:13","modified_gmt":"2014-10-28T06:50:13","slug":"russie-et-iran-font-qg-anti-daesh-commun-en-irak","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/10\/28\/russie-et-iran-font-qg-anti-daesh-commun-en-irak\/","title":{"rendered":"Russie et Iran font QG anti-<em>Daesh<\/em> commun en Irak"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Russie et Iran font QG anti-<em>Daesh<\/em> commun en Irak<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Par un canal de communication complexe nous est parvenue la nouvelle que la Russie et l&rsquo;Iran auraient \u00e9tabli dans l&rsquo;h\u00f4tel <em>Al Rasheed<\/em> de Bagdad un quartier-g\u00e9n\u00e9ral commun pour lutter contre les islamistes de ISIS\/<em>Daesh<\/em>\/EI. La nouvelle, extr\u00eamement succincte, est donn\u00e9e par une agence de Bakou en Azerba\u00efdjan (Temkin Jafarov, pour l&rsquo;agence <em>Trend<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.trend.az\/iran\/society\/2325289.html\">23 octobre 2014<\/a>), relayant une agence iranienne. Malgr\u00e9 cette bri\u00e8vet\u00e9, les d\u00e9tails donn\u00e9s sont suffisamment significatifs pour accorder \u00e0 l&rsquo;information un r\u00e9el cr\u00e9dit et consid\u00e9rer qu&rsquo;elle rend compte d&rsquo;une situation \u00e9tablie. Au reste, elle confirme des rumeurs venues pr\u00e9c\u00e9demment, de sources irakiennes \u00e9galement, \u00e9voquant en termes moins pr\u00e9cis une coop\u00e9ration op\u00e9rationnelle entre l&rsquo;Iran et la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici les termes de la d\u00e9p\u00eache de <em>Trend<\/em>, concernant pr\u00e9cis\u00e9ment ce \u00ab\u00a0QG commun\u00a0\u00bb Iran-Russie &#8230; &laquo;<em>Iran and Russia created a joint operations headquarters to fight the Islamic State (IS) terrorist organization in Iraq, the Iranian Tasnimnews agency reported citing an Iraqi source. Reportedly, the Iranian and Russian military experts are helping the Iraqi commanders in the fight against the IS. \u00ab\u00a0Over 60 military experts from Russia and Iran created a joint operations headquarters in the Al Rasheed Hotel in the Iraqi capital of Baghdad,\u00a0\u00bb the report said.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une nouvelle tr\u00e8s significative, malgr\u00e9 sa bri\u00e8vet\u00e9 pour ce qui est du volume de la communication, &ndash; \u00e0 cause de sa bri\u00e8vet\u00e9 pour ce qu&rsquo;elle nous dit de la situation qu&rsquo;elle illustre. L&rsquo;ensemble contraste avec le tintamarre de communication qui a \u00e9clat\u00e9 peu apr\u00e8s l&rsquo;attaque d&rsquo;ISIS\/<em>Daesh<\/em> en Irak, en juin dernier, \u00e0 propos d&rsquo;une possible coop\u00e9ration entre l&rsquo;Iran et les USA, qui s&rsquo;est r\u00e9duite finalement \u00e0 quelques contacts \u00e9pisodique sans rien de structurel ni de s\u00e9rieux. Ainsi la nouvelle permet-elle d&rsquo;avancer plusieurs observations sous forme d&rsquo;hypoth\u00e8ses largement substantiv\u00e9es&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;Iran et la Russie s&rsquo;entendent pour agir avec la plus extr\u00eame discr\u00e9tion, surtout quand il s&rsquo;agit de leur coop\u00e9ration \u00e9ventuelle, apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es o&ugrave; les deux pays proches par les conceptions et les positions politiques avaient pourtant \u00e9tabli entre eux une certaine distance \u00e0 cause de l&rsquo;attitude r\u00e9serv\u00e9e de la Russie (non-livraison des missiles sol-air S-300). La Russie s&rsquo;inscrivait alors, <em>de facto<\/em>, au sein de la \u00ab\u00a0communaut\u00e9 internationale\u00a0\u00bb exigeant de l&rsquo;Iran une modification de sa politique nucl\u00e9aire. La crise ukrainienne est pass\u00e9e par l\u00e0 : les Russes subissent d\u00e9sormais la politique des sanctions du bloc BAO et se trouvent, toujours <em>de facto<\/em>, plus proches de l&rsquo;Iran, \u00e0 la fois op\u00e9rationnellement et intellectuellement (\u00ab\u00a0on se comprend mieux\u00a0\u00bb). De toutes les fa\u00e7ons, la Russie a officiellement fait comprendre qu&rsquo;elle a d\u00e9sormais une politique de non-coop\u00e9ration avec le bloc bAO (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_ligne_rouge_des_russes_17_10_2014.html\">17 octobre 2014<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Pour autant, la coop\u00e9ration Russie-Iran doit prendre effectivement \u00e0 la fois des allures ponctuelles et un ton tr\u00e8s discret, qui sont bien dans la mani\u00e8re des deux pays. Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord de d\u00e9terminer ponctuellement un int\u00e9r\u00eat commun, et autant la Russie et l&rsquo;Iran l&rsquo;ont trouv\u00e9 dans la lutte contre l&rsquo;EI ; mais une fois cet int\u00e9r\u00eat commun \u00e9tabli, la coop\u00e9ration devient tr\u00e8s vite effective, op\u00e9rationnelle, tr\u00e8s efficace &#8230; Il s&rsquo;agit de ce qui pourrait devenir un \u00ab\u00a0partenariat strat\u00e9gique\u00a0\u00bb extr\u00eamement r\u00e9aliste et pr\u00e9servant les ind\u00e9pendances respectives mais de premi\u00e8re importance, par exemple si les deux pays d\u00e9terminent dans un cas op\u00e9rationnel ou l&rsquo;autre que le bloc BAO est leur ennemi commun \u00ab\u00a0\u00e0 visage d\u00e9couvert\u00a0\u00bb, et qu&rsquo;il est imp\u00e9ratif de r\u00e9agir de fa\u00e7on significative.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Ces divers constats confirment la th\u00e8se inverse \u00e0 celle, r\u00e9pandue et favoris\u00e9e cet \u00e9t\u00e9 autant par les USA que par l&rsquo;Arabie, que l&rsquo;Iran \u00e9voluait tr\u00e8s vite vers le bloc BAO et qu&rsquo;il pourrait se placer, par des infrastructures diverses, comme concurrent d\u00e9cisif de la Russie dans l&rsquo;alimentation en gaz de l&rsquo;Europe. Cette id\u00e9e avait d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 largement marginalis\u00e9e par le ministre iranien des affaires \u00e9trang\u00e8res, expliquant que, de toutes les fa\u00e7ons, la question des infrastructures \u00e0 \u00e9tablir est telle que rien ne pourrait se faire avant plusieurs ann\u00e9es. Ce semi-d\u00e9menti technique impliquait \u00e9galement, de la part de l&rsquo;Iran, un semi-d\u00e9menti implicite du r\u00f4le qu&rsquo;on lui avait pr\u00eat\u00e9, du c\u00f4t\u00e9 du bloc BAO, de participer <em>de facto<\/em> \u00e0 la croisade antirusse d&rsquo;isolement de la Russie et de sanctions contre ce pays.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Ces relations discr\u00e8tes Russie-Iran, qui pourraient, tout aussi discr\u00e8tement se concr\u00e9tiser par des livraisons d&rsquo;armes russes alors qu&rsquo;elles se sont d\u00e9j\u00e0 concr\u00e9tis\u00e9es par un accord sur un march\u00e9 d&rsquo;\u00e9change dans le domaine de l&rsquo;\u00e9nergie hors de la zone dollar, contrastent singuli\u00e8rement avec les relations du bloc BAO avec l&rsquo;Iran. Le grand projet US de r\u00e9conciliation avec l&rsquo;Iran, et de \u00ab\u00a0r\u00e9int\u00e9gration\u00a0\u00bb de l&rsquo;Iran dans \u00ab\u00a0la communaut\u00e9 internationale\u00a0\u00bb (<em>dito<\/em>, dans la coalition antirusse du bloc BAO et aux ordres des USA), est pour l&rsquo;instant, comme c&rsquo;est l&rsquo;habitude dans le cas des USA, un grand tintamarre de communication suivi d&rsquo;un effet quasiment nul. Il est tr\u00e8s envisageable qu&rsquo;il en soit de m\u00eame \u00e9galement pour les grandes et soi-disant ultimes n\u00e9gociations nucl\u00e9aires avec l&rsquo;Iran, courant novembre, qui devraient aboutir \u00e0 ce grand accord. Nous jugeons que, dans ce cas comme dans toutes les autres affaires importantes, la paralysie et l&rsquo;impuissance du pouvoir washingtonien sont l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment central de la question. Dans ce cas, c&rsquo;est la pression anti-iranienne, isra\u00e9lienne et de l&rsquo;AIPAC, avec leur influence sur le Congr\u00e8s, qui joue ; mais cette cause est circonstancielle et s&rsquo;exerce sur une situation du pouvoir US qui est structurellement, sans action ext\u00e9rieure n\u00e9cessaire, dans cet \u00e9tat d&rsquo;impuissance et de paralysie compl\u00e8tes qu&rsquo;on signale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; &#8230; Bien entendu, il est \u00e0 attendre que la Russie, sans tambour ni trompette comme s&rsquo;est le cas pour ces questions de politique \u00e9trang\u00e8re o&ugrave; la politique russe veut \u00e9viter tout \u00e9clat qui ressemblerait de pr\u00e8s ou de loin \u00e0 une ing\u00e9rence, r\u00e9duise notablement sa coop\u00e9ration constructive dans les n\u00e9gociations sur le nucl\u00e9aire iranien. Les Russes seront inclin\u00e9s \u00e0 peser de plus en plus en faveur de l&rsquo;Iran, renfor\u00e7ant les exigences souverainistes de ce pays contre le bloc BAO et sa politique intrusive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On conviendra une fois de plus que le bloc BAO, puisqu&rsquo;il est la source multiple de toutes ces modifications d&rsquo;attitude, suit imperturbablement une politique visant \u00e0 susciter le plus grand nombre possible de rassemblements contre lui. La politique des sanctions, surtout quand elle monte au niveau d&rsquo;une puissance du calibre de la Russie, est \u00e0 cet \u00e9gard d&rsquo;une efficacit\u00e9 redoutable, et autodestructrice en diable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 28 octobre 2014 \u00e0 06H48<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Russie et Iran font QG anti-Daesh commun en Irak Par un canal de communication complexe nous est parvenue la nouvelle que la Russie et l&rsquo;Iran auraient \u00e9tabli dans l&rsquo;h\u00f4tel Al Rasheed de Bagdad un quartier-g\u00e9n\u00e9ral commun pour lutter contre les islamistes de ISIS\/Daesh\/EI. 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