{"id":75600,"date":"2014-11-12T06:13:50","date_gmt":"2014-11-12T06:13:50","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/11\/12\/notes-sur-une-crise-discrete-et-colossale\/"},"modified":"2014-11-12T06:13:50","modified_gmt":"2014-11-12T06:13:50","slug":"notes-sur-une-crise-discrete-et-colossale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/11\/12\/notes-sur-une-crise-discrete-et-colossale\/","title":{"rendered":"Notes sur une crise discr\u00e8te et colossale"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Notes sur une crise discr\u00e8te et colossale<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>12 novembre 2014 &ndash; Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation surprenante, lorsque <em>Russia Today<\/em> (RT) s&rsquo;estime justifi\u00e9 de choisir le titre suivant pour un de ses textes, mettant ainsi en cause le statut de superpuissance nucl\u00e9aire des USA : &laquo;<em>US nuke atrophy: Mismanagement stripping nation of nuclear superpower status?<\/em>&raquo; (le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/rt.com\/usa\/203619-us-nuclear-forces-mismanagement\/\">9 novembre 2014<\/a>). Mais RT ne traduit l\u00e0 qu&rsquo;une simple recension de textes publi\u00e9s ces derniers jours dans la presse-Syst\u00e8me US, principalement par le Los Angeles <em>Times<\/em> et surtout Associated Press (AP) qui s&rsquo;est fait une sp\u00e9cialit\u00e9 ces deux ou trois derni\u00e8res ann\u00e9es de suivre les p\u00e9rip\u00e9ties de l&rsquo;\u00e9tat de la force nucl\u00e9aire US, et principalement la force nucl\u00e9aire strat\u00e9gique (d\u00e9pendante d&rsquo;un commandement interarmes, le Strategic Command).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a d&rsquo;abord le simple constat par comparaison, avec l&rsquo;estimation budg\u00e9taire qui mesure la seule gestion courante de ces forces et ouvre effectivement l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une crise s\u00e9rieuse et pressante. La comparaison se fait entre la puissante triade de 1967, avec 31 255 t\u00eates nucl\u00e9aires et de tr\u00e8s nombreuses activit\u00e9s d&rsquo;entretien et de fonctionnement, pour un co&ucirc;t de $7 milliard par an, et la situation actuelle, avec un arsenal r\u00e9duit \u00e0 4 804 t\u00eates et une restriction radicale des activit\u00e9s d&rsquo;entretien et de fonctionnement, pour $8,3 milliards par an (les valeurs du dollar \u00e9tant ajust\u00e9es pour permettre la comparaison).<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Back in 1967 the US nuclear triad of delivery systems &ndash; bombers, submarines and land-based missiles &#8211; used to have 31,255 deployed warheads and bombs, which cost Washington $7 billion a year at modern dollar rates. That included costs of seven plutonium production reactors running, building reactors for nuclear submarines, design and construction of new warheads, maintenance of the existing stockpiles and constant nuclear tests in Nevada, at the rate of several dozen underground nuclear explosions a year.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Today, when the US has 4,804 nukes, all plutonium production stopped and no nuclear tests, the costs of sustaining the nuclear triad is $8.3 billion, this sum does not include construction of nuclear reactors for the US Navy. Over the last decade the prices to maintain already produced nuclear weapons has soared by 30 percent, so it was the second term of George W. Bush and Barack Obama administration that witnessed this unprecedented growth&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">\u00ab\u00a0Quelque chose ne va pas&#8230;\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il est vrai que le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Chuck Hagel a d\u00e9clar\u00e9 en janvier dernier qu&rsquo;il y a \u00ab\u00a0quelque chose qui ne va pas\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0<em>something is wrong<\/em>\u00ab\u00a0) dans les forces nucl\u00e9aires strat\u00e9giques. En f\u00e9vrier, il ordonnait une \u00e9tude, dont on attend les r\u00e9sultats ce mois-ci, pour d\u00e9terminer les probl\u00e8mes de cette force et des solutions imm\u00e9diates et \u00e0 long terme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Mais Hagel parlait essentiellement des divers \u00ab\u00a0scandales\u00a0\u00bb qui ont touch\u00e9 le personnel de direction et de gestion op\u00e9rationnelle de ces forces strat\u00e9giques (venu essentiellement de l&rsquo;USAF et de la Navy), pour des affaires de conduite sociale et professionnelle, &ndash; conduites illicites, corruption, usages de drogue, abus d&rsquo;autorit\u00e9 et erreurs de commandement, etc. En un an, 20% du personnel de l&rsquo;USAF assurant la gestion et l&#8217;emploi op\u00e9rationnel de la force d&rsquo;ICBM (les 450 missiles <em>Minuteman III<\/em> install\u00e9s dans des silos terrestres), ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par ces \u00ab\u00a0scandales\u00a0\u00bb, sanctionn\u00e9s et retir\u00e9s de ces forces nucl\u00e9aires. Un article de Bill Van Auken sur lequel on reviendra, de <em>WSWS.org<\/em> le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.wsws.org\/en\/articles\/2014\/11\/08\/nuke-n08.html\">8 novembre 2014<\/a>, donne un d\u00e9compte \u00e0 jour de ces divers incidents.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La force nucl\u00e9aire US est \u00ab\u00a0orpheline\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Cette s\u00e9rie de \u00ab\u00a0scandales\u00a0\u00bb vient curieusement, ou bien d&rsquo;une fa\u00e7on r\u00e9v\u00e9latrice, se greffer sur la crise fondamentale des forces nucl\u00e9aires US dont on parle \u00e9pisodiquement, celle qui justifie essentiellement le titre de RT. En fait, on parle beaucoup plus des \u00ab\u00a0scandales\u00a0\u00bb, &ndash; si l&rsquo;on en parle d&rsquo;ailleurs, comme on le verra plus loin, &ndash; que de cette crise fondamentale du nucl\u00e9aire. Cette attitude du syst\u00e8me de la communication vis-\u00e0-vis de la situation de ce qui fait la centralit\u00e9 et l&rsquo;essence de la puissance des USA est intrigante, et l&rsquo;on se doit d&rsquo;y revenir apr\u00e8s avoir pass\u00e9 en revue cette crise dans tous ses aspects.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/thomas.loc.gov\/cgi-bin\/cpquery\/?&#038;sid=cp112y827t&#038;r_n=hr705.112&#038;dbname=cp112&#038;&#038;sel=TOC_2063846&#038;\">groupe<\/a> d&rsquo;enqu\u00eate constitu\u00e9 en 2011 par le Congr\u00e8s, le <em>Congressional Advisory Panel on the Governance of the Nuclear Security Enterprise<\/em>, a d\u00e9pos\u00e9 en mars 2014 un rapport qualifi\u00e9 d'\u00a0\u00bbint\u00e9rimaire\u00a0\u00bb qui annonce le rapport d\u00e9finitif qu&rsquo;il doit produire incessamment. Le tableau qu&rsquo;il trace de la situation est celui d&rsquo;une crise profonde dont personne ne semble vraiment se pr\u00e9occuper. Selon les termes de son co-pr\u00e9sident, l&rsquo;ancien secr\u00e9taire \u00e0 l&rsquo;US Army et l&rsquo;ancien pr\u00e9sident de Lockheed Martin Norman Augustine, qui a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des plus brillants et originaux critiques des faiblesses gestionnaires et bureaucratiques du complexe militaro-industriel (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_doutes_de_norman_augustine_10_10_1997.html\">10 octobre 1997<\/a> et le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_dinosaures_sont_menac_s_08_07_2004.html\">8 juillet 2004<\/a>), pour Augustine donc le syst\u00e8me industriel et bureaucratique de l&rsquo;armement nucl\u00e9aire est aujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0orphelin\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans une autorit\u00e9 influente ou un quelconque centre de pouvoir et d&rsquo;influence pour assurer sa tutelle bureaucratique et s&rsquo;occuper de son sort. Dans une bureaucratie oligarchique comme l&rsquo;est le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, c&rsquo;est une situation extr\u00eamement p\u00e9rilleuse, qui conduit \u00e0 l&rsquo;extinction si aucune mesure n&rsquo;est prise. RT r\u00e9sume les d\u00e9clarations d&rsquo;Augustine de la sorte :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>A panel led by retired Adm. Richard Mies, a former head of US Strategic Command, in charge of all US nuclear forces and Norman Augustine, a retired chairman of Lockheed Martin Corp. is currently updating its \u00ab\u00a0Governance of the Nuclear Security Enterprise\u00a0\u00bb report first issued in April. \u00ab\u00a0This lack of attention has resulted in public confusion, congressional distrust and a serious erosion of advocacy, expertise and proficiency in the sustainment,\u00a0\u00bb the report said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The panel acknowledged that though America&rsquo;s nukes still remain technologically sound, Washington had \u00ab\u00a0orphaned\u00a0\u00bb the nuclear weapons industry. \u00ab\u00a0Simply stated, there is no plan for success with available resources,\u00a0\u00bb Norman Augustine told Congress last April. At the moment, \u00ab\u00a0there is no affordable, executable (government) vision, plan or program for the future of nuclear weapons capabilities,\u00a0\u00bb the panel pointed out.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le nucl\u00e9aire a disparu avec la Guerre froide<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Cette crise du nucl\u00e9aire aux USA se manifeste tr\u00e8s concr\u00e8tement par une crise profonde de la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/National_Nuclear_Security_Administration\">NNSA<\/a> (<em>National Nuclear Security Administration<\/em>), qui centralise l&rsquo;autorit\u00e9 de tous les aspects de l&rsquo;industrie et de l&rsquo;activit\u00e9 nucl\u00e9aire dans le domaine de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, &ndash; allant donc de la force nucl\u00e9aire strat\u00e9gique \u00e0 la gestion de la menace terroriste d&rsquo;utilisation du nucl\u00e9aire. Sa constitution (en 2000) \u00e9tait cens\u00e9e \u00eatre un pas d\u00e9cisif dans la r\u00e9organisation d&rsquo;un domaine o&ugrave; diff\u00e9rents centres de pouvoir (les trois forces arm\u00e9es, diff\u00e9rentes agences de s\u00e9curit\u00e9 et de renseignement, etc.) g\u00e9raient ind\u00e9pendamment leurs propres activit\u00e9s nucl\u00e9aires. En r\u00e9alit\u00e9, la constitution de la NNSA a form\u00e9 une sorte de catalyseur pour la crise g\u00e9n\u00e9rale qui affecte la puissance nucl\u00e9aire des USA. AP (ABC.<em>News<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/abcnews.go.com\/Politics\/wireStory\/foundation-us-nuclear-system-showing-cracks-26775636?singlePage=true\">8 novembre 2014<\/a>) donne des \u00e9l\u00e9ments pour ce constat :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Augustine told Congress last April that the NNSA \u00ab\u00a0is on a trajectory toward crisis,\u00a0\u00bb having \u00ab\u00a0lost credibility and the trust of the national leadership (and the Pentagon) that it deliver needed weapons and nuclear facilities on schedule and on budget.\u00a0\u00bb Frank Klotz, the head of the NNSA and a former commander of the nuclear Air Force, says his agency is taking steps to fix its shortcomings. He believes its management of the nuclear weapons stockpile is a \u00ab\u00a0phenomenal achievement,\u00a0\u00bb considering it has not conducted an underground nuclear test for more than 20 years.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>In an interview with reporters Oct. 29, Klotz did not dispute that the government has allowed cracks to form in the civilian and military underpinnings of its nuclear weapons complex. \u00ab\u00a0My generation came of age in the Cold War, when nuclear deterrence and the nuclear deterrent force were center stage,\u00a0\u00bb he said. \u00ab\u00a0At the end of the Cold War it was almost as if we had all heaved a sigh of collective relief and said, &lsquo;Thank goodness we don&rsquo;t have to worry about that anymore.&rsquo; &#8230; Quite frankly, we lost focus.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L&rsquo;<em>establishment<\/em> US est en s\u00e9rieux d\u00e9clin<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;enqu\u00eate d&rsquo;AP termine sur un jugement g\u00e9n\u00e9ral portant sur l&rsquo;\u00e9tat de la force strat\u00e9gique nucl\u00e9aire des USA. Appr\u00e9ci\u00e9 budg\u00e9tairement, ce constat se r\u00e9sume \u00e0 ceci, &ndash; qui est repris un peu en d\u00e9tail par Van Auken, mais dans un sens compl\u00e8tement diff\u00e9rent de celui qui est pr\u00e9sent\u00e9 dans l&rsquo;enqu\u00eate d&rsquo;AP : pour r\u00e9tablir la puissance nucl\u00e9aire strat\u00e9gique US \u00e0 un niveau de modernisation ad\u00e9quat au XXI\u00e8me si\u00e8cle dans les trois composantes de cette force (la triade), il faudrait investir $355 milliards dans les dix prochaines ann\u00e9es et autant pour les deux d\u00e9cennies suivant, soit autour de $1 000 milliards pour les trente prochaines ann\u00e9es. Ce sont des estimations, dont on sait qu&rsquo;elles sont syst\u00e9matiquement d\u00e9pass\u00e9es dans leur r\u00e9alisation lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit du Pentagone et des programmes d&rsquo;armement. Cette estimation vient en sus des $8, 3 milliards annuels d&rsquo;entretien de la force actuelle, avec la perspective que ce budget-l\u00e0 va continuer \u00e0 cro&icirc;tre exponentiellement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En fonction de la situation budg\u00e9taire des USA en crise profonde, cet investissement est tout simplement \u00ab\u00a0impensable\u00a0\u00bb. Cela conduit \u00e0 des jugements tr\u00e8s pessimistes sur le statut de cette force nucl\u00e9aire US face \u00e0 ses concurrentes ou adversaires potentiels, &ndash; ce dernier point \u00e9tant de moins en moins th\u00e9orique et de plus en plus concret au vu de la tension actuelle avec la Russie et, dans une moindre mesure, avec la Chine. Voici le jugement de John <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_virtualisme_analys_et_activ__30_09_2003.html\">Hamre<\/a>, qui fut n&deg;2 du Pentagone dans les ann\u00e9es 1990, qui signale \u00ab\u00a0le retour des Russes\u00a0\u00bb dans ce domaine. (La force nucl\u00e9aire russe est en plein d\u00e9veloppement op\u00e9rationnel de modernisation des ICBM et des SLBM, &ndash; respectivement les engins intercontinentaux terrestre avec le nouveau <em>Topol<\/em> M et la modernisation du <em>Voevoda<\/em> RS-20B, ou SS-18 <em>Satan<\/em> pour l&rsquo;OTAN, et pour les engins strat\u00e9giques lanc\u00e9 de sous-marins, avec le R-30 <em>Boulava<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Those who see nuclear weapons as a necessary deterrent to attack from other nuclear-armed countries worry about the looming obsolescence of the current Cold War-era arsenal and about the jaw-dropping cost, of up to $1 trillion, of replacing it with a new generation of weapons and their support systems. \u00ab\u00a0Unaffordable,\u00a0\u00bb is the blunt conclusion by a panel of defense experts who reviewed the Pentagon latest defense plan.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>John Hamre, president of the Center for Strategic and International Studies and a former deputy defense secretary, says post-Cold War decisions that downgraded nuclear weapons as a national priority may come back to haunt the U.S., in light of efforts by several countries to expand or begin building nuclear arsenals. \u00ab\u00a0It was always the backdrop of the competition with the Soviet Union that undergirded the nuclear enterprise. Now the Russians are coming back, the Chinese are expanding their inventory, and we are on the rim of a potential cascade of nuclear weapon states,\u00a0\u00bb Hamre said. \u00ab\u00a0But the American establishment is in serious decline.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Superpuissance nucl\u00e9aire, est-ce bien s&ucirc;r ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>On voit que la situation de la force strat\u00e9gique nucl\u00e9aire est s\u00e9rieuse et porte une ombre redoutable sur le statut de \u00ab\u00a0superpuissance nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb des USA, dans un domaine o&ugrave; la pr\u00e9paration, la modernisation, la fiabilit\u00e9 de l&rsquo;entretien, la pr\u00e9paration des forces constituent un facteur d&rsquo;une importance consid\u00e9rable : c&rsquo;est le seul facteur qui permet d&rsquo;\u00e9talonner la capacit\u00e9 de ces forces puisque, par d\u00e9finition, la r\u00e9elle capacit\u00e9 de ces forces est mesur\u00e9e \u00e0 leur non-emploi. C&rsquo;est le concept de la dissuasion : ce n&rsquo;est pas leur emploi qui donne de la cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 ces forces, puisque la dissuasion est fond\u00e9e sur leur non-emploi, donc cette cr\u00e9dibilit\u00e9 qui est le fondement de la dissuasion d\u00e9pend de la perception qu&rsquo;on a des capacit\u00e9s de ces forces.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les \u00ab\u00a0scandales\u00a0\u00bb du comportement du personnel de la force nucl\u00e9aire strat\u00e9gique sont un autre \u00e9l\u00e9ment qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9, qu&rsquo;on a tendance \u00e0 traiter \u00e0 part mais que nous voudrions, nous, traiter conjointement avec la crise de la force nucl\u00e9aire strat\u00e9gique elle-m\u00eame. (On le verra plus loin.) Mais pour l&rsquo;instant, cet autre \u00e9l\u00e9ment a \u00e9t\u00e9 effectivement trait\u00e9 \u00e0 part, et il soul\u00e8ve des questions extr\u00eamement myst\u00e9rieuses sinon pol\u00e9miques chez certains, &ndash; chez certains de ceux qui veulent bien en parler, car il semble bien que la presse-Syst\u00e8me US soit tr\u00e8s r\u00e9ticente \u00e0 en parler et que le <em>black-out<\/em> est souvent de mise. C&rsquo;est justement le constat de d\u00e9part des interrogations soup\u00e7onneuses de Bill Van Auken (<em>WSWS.org<\/em>) qui rel\u00e8ve, dans l&rsquo;absence d&rsquo;explications satisfaisantes, dans le silence de la presse-Syst\u00e8me, des arguments pour des hypoth\u00e8ses pol\u00e9miques de type sinon complotistes, dans tous les cas montrant une certaine obsession pour l&rsquo;explication de manigances de la part du gouvernement US ou de toute autre force \u00ab\u00a0obscure\u00a0\u00bb. Voici le passage &#8230; (O&ugrave; l&rsquo;on voit que Van Auken pr\u00e9sente la question de la modernisation de la force nucl\u00e9aire comme un programme acquis, alors qu&rsquo;on a vu qu&rsquo;il ne l&rsquo;est pas et qu&rsquo;il a de fortes chances de ne pouvoir l&rsquo;\u00eatre jamais dans ces termes, simplement par incapacit\u00e9 budg\u00e9taire. Pour l&rsquo;instant, le seul programme s\u00e9rieusement mis en route, mais toujours au stade th\u00e9orique et tr\u00e8s loin d&rsquo;\u00eatre acquis, et de toutes les fa\u00e7ons encore plus loin dans le commencement de sa r\u00e9alisation, est celui des nouveaux sous-marins strat\u00e9giques.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>The US mass media and the country&rsquo;s political officials have shown a remarkable lack of interest in what the Pentagon acknowledged earlier this week was the unprecedented simultaneous firing of two senior commanders at two separate Air Force Intercontinental Ballistic Missile (ICBM) bases and the administrative disciplining of a third.<\/em> [&#8230;] <em>Why the silence? By tacit agreement, clearly secrets are being kept about the real state of affairs within a military command whose nuclear war-fighting mission constitutes one of the single greatest threats to the survival of humanity.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The crisis in the US nuclear war command has now been unfolding for over one year, involving the sudden sackings of top commanders and senior officers, as well as the snaring of fully 20 percent of the ICBM missile launch crew members in a cheating scandal and the implication of several others in the use of illegal drugs.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The series of firings, scandals and incidents, however, suggest two possibilities, which are not mutually exclusive. First, that the US nuclear command is under the control of certified maniacs, the real-life counterparts of the \u00ab\u00a0Dr. Strangelove\u00a0\u00bb character, Gen. Jack D. Ripper, who unilaterally launches a nuclear bomber strike on the Soviet Union on the theory that \u00ab\u00a0war is too important to be left to politicians.\u00a0\u00bb It is worth recalling that among the recent scandals plaguing the Air Force has been the overwhelming influence of the Christian right at the US Air Force Academy, where a religious ideology embracing the Armageddon has been promoted even as cadets are trained in practical measures for bringing it about.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The other possibility is that the US nuclear war command is being subjected to a deliberate and wholesale restructuring of its personnel for unspecified reasons. The shakeup has unfolded within a definite and disturbing wider context. In the first instance, President Barack Obama, who came into office vowing to pursue a policy of nuclear disarmament&mdash;one of the main things cited in the decision to award him a Nobel Peace Prize after barely 10 months in office&mdash;is now presiding over a major buildup of US imperialism&rsquo;s nuclear arsenal. This includes plans to spend a staggering $355 billion over the next decade and at least $1 trillion over the next 30 years, with the deployment of 12 new nuclear submarines, some 100 nuclear bombers and 400 new land-based ICBMs.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Moreover, this buildup takes place under conditions in which Washington is engaged in steadily escalating provocations against Russia and China, both nuclear-armed powers, even as it embarks on a major new war in the Middle East. The threat of a nuclear Third World War is now greater than it has been for decades.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Silence de la presse-Syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>On voit bien que les arguments de Van Auken, \u00ab\u00a0pathologiques\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0fondamentalistes\u00a0\u00bb d&rsquo;une part, \u00ab\u00a0complotistes\u00a0\u00bb d&rsquo;autre part, sont extr\u00eamement contestables. Ils le sont, pour le deuxi\u00e8me volet notamment, parce qu&rsquo;il s&rsquo;appuie sur une information compl\u00e8tement infond\u00e9e. Le programme de modernisation qu&rsquo;il pr\u00e9sente comme preuve de la d\u00e9termination US a disposer d&rsquo;une force nucl\u00e9aire capable d&rsquo;imposer une h\u00e9g\u00e9monie nucl\u00e9aire terroriste sur le monde serait plut\u00f4t son contraire puisque la r\u00e9alit\u00e9 est qu&rsquo;on estime ce programme tout simplement \u00ab\u00a0<em>unaffordable<\/em>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0inabordable\u00a0\u00bb, donc \u00ab\u00a0impensable\u00a0\u00bb) dans la situation budg\u00e9taire actuelle. Cela nous incline \u00e0 chercher une autre explication, notamment \u00e0 ce \u00ab\u00a0silence\u00a0\u00bb de la presse-Syst\u00e8me qu&rsquo;on retrouve \u00e9galement pour la crise de la force nucl\u00e9aire strat\u00e9gique elle-m\u00eame, &ndash; et alors, nous rassemblerions les deux \u00ab\u00a0crises\u00a0\u00bb, celle du personnel et celle de la force, en une seule.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce \u00ab\u00a0silence\u00a0\u00bb que signale Van Auken est av\u00e9r\u00e9. Il ne s&rsquo;agit pas de censure, ni d&rsquo;un rejet syst\u00e9matique. Le travail que fait AP sur ces \u00ab\u00a0crises\u00a0\u00bb, ou ces deux \u00ab\u00a0crises\u00a0\u00bb en une, vient d&rsquo;un organisme de la presse-Syst\u00e8me. Il est constant depuis une ann\u00e9e, bien document\u00e9, spectaculaire et reconnu comme tel. Il n&rsquo;y a pas \u00ab\u00a0silence\u00a0\u00bb complet \u00e0 cet \u00e9gard (le mot doit plut\u00f4t \u00eatre pris d&rsquo;un point de vue symbolique), mais simplement utilisation parcimonieuse du travail d&rsquo;AP, une non-exploitation journalistique inhabituelle par rapport \u00e0 son importance et \u00e0 son aspect \u00ab\u00a0sensationnel\u00a0\u00bb qui soul\u00e8ve certainement des questions. L&rsquo;un ou l&rsquo;autre journal de la presse-Syst\u00e8me, &ndash; notamment le Los Angeles <em>Times<\/em>, &ndash; suit \u00e9galement le dossier, compl\u00e9tant l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas censure, ni consigne syst\u00e9matique dans la presse-Syst\u00e8me. La th\u00e8se de Van Auken manque de cr\u00e9dibilit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En un mot, cette grave crise de la puissance nucl\u00e9aire US \u00e9clate dans une sorte d&rsquo;hostilit\u00e9 glac\u00e9e du syst\u00e8me de la communication am\u00e9ricaniste \u00e0 en faire rapport. Cette crise existe, elle est grave, elle est document\u00e9e, elle est expos\u00e9e, elle constitue une crise syst\u00e9mique qui n&rsquo;est l&rsquo;objet d&rsquo;aucune manipulation politique et que le groupe-Syst\u00e8me constitu\u00e9 pour l&rsquo;analyser (le groupe Augustine) expose dans toute sa gravit\u00e9 et sa crudit\u00e9, de la mani\u00e8re la plus officielle possible (ordonn\u00e9e par le Congr\u00e8s, expos\u00e9e devant le Congr\u00e8s, etc.). Finalement elle repr\u00e9sente une r\u00e9alit\u00e9 absolument document\u00e9e et reconnue au sein du Syst\u00e8me, et qui pourtant g\u00eane les principaux composants du Syst\u00e8me dans l&rsquo;activit\u00e9 de la communication jusqu&rsquo;\u00e0 une sorte d&rsquo;autocensure. Consid\u00e9r\u00e9e de ce point de vue, la situation repr\u00e9sente un risque \u00e9norme dans la mesure o&ugrave; cette esp\u00e8ce d&rsquo;hostilit\u00e9 de la communication implique une tendance gravissime \u00e0 refuser de traiter un probl\u00e8me fondamental de la puissance du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le nucl\u00e9aire, \u00ab\u00a0orphelin\u00a0\u00bb de la communication<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>On revient sur le terme tr\u00e8s imag\u00e9 et tr\u00e8s int\u00e9ressant employ\u00e9 par le groupe-Augustine dans ses conclusions temporaires est tr\u00e8s int\u00e9ressant : la puissance nucl\u00e9aire US est \u00ab\u00a0orpheline\u00a0\u00bb. Personne parmi les centres de pouvoir et d&rsquo;influence washingtoniens n&rsquo;en veut la paternit\u00e9, donc personne ne veut s&rsquo;en faire le porte-parole au niveau national, pour activer une r\u00e9action. Ce n&rsquo;est pas la crainte des responsabilit\u00e9s, puisque la principale organisation concern\u00e9e est mise en accusation et reconna&icirc;t explicitement sa responsabilit\u00e9. Les d\u00e9clarations de l&rsquo;administrateur de la NSSA Frank Klotz, telles qu&rsquo;elles sont rapport\u00e9es, repr\u00e9sentent l&rsquo;acceptation de cette responsabilit\u00e9, mais elles ont \u00e9galement un int\u00e9r\u00eat en elle-m\u00eame, pour trouver la voie vers une explication acceptable et enrichissante :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>\u00ab\u00a0My generation came of age in the Cold War, when nuclear deterrence and the nuclear deterrent force were center stage,\u00a0\u00bb he said. \u00ab\u00a0At the end of the Cold War it was almost as if we had all heaved a sigh of collective relief and said, &lsquo;Thank goodness we don&rsquo;t have to worry about that anymore.&rsquo; &#8230; <\/em><strong><em>Quite frankly, we lost focus.\u00a0\u00bb<\/em><\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cette id\u00e9e est plus ou moins la m\u00eame que celle qu&rsquo;exprime John Hamre, autre personnalit\u00e9 s\u00e9rieuse du Syst\u00e8me et qui, lui, ne craint aucune implication. Lui aussi, Hamre, comme Klotz, explique que la fin de la Guerre froide a compl\u00e8tement \u00e9cart\u00e9 de l&rsquo;esprit des responsables US, par une variation tr\u00e8s particuli\u00e8re de la psychologie, l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;importance de la force nucl\u00e9aire.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;[&#8230;P]<em>ost-Cold War decisions that downgraded nuclear weapons as a national priority may come back to haunt the U.S., in light of efforts by several countries to expand or begin building nuclear arsenals. \u00ab\u00a0It was always the backdrop of the competition with the Soviet Union that undergirded the nuclear enterprise. Now the Russians are coming back, the Chinese are expanding their inventory, and we are on the rim of a potential cascade of nuclear weapon states,\u00a0\u00bb Hamre said. \u00ab\u00a0But the American establishment is in serious decline.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Comment interpr\u00e9ter ces explications ? Elles nous paraissent en effet fondamentales si on utilise, pour les comprendre, une approche psychologique qui serait sp\u00e9cifique et fondamentale jusqu&rsquo;\u00e0 constituer la clef de cette crise, mais aussi d&rsquo;autres comportements fondamentaux, notamment dans la crise ukrainienne et la tension actuelle avec la Russie. Pour un encha&icirc;nement fructueux, on observera que le m\u00eame Hamre cit\u00e9 ici a, \u00e0 d&rsquo;autres occasions, abord\u00e9 publiquement et officiellement certains probl\u00e8mes qui nous int\u00e9ressent, \u00e0 savoir le \u00ab\u00a0virtualisme\u00a0\u00bb transmut\u00e9 en <em>narrative<\/em> (voir le <em>Glossaire.dde<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_virtualisme_narrative_27_10_2012.html\">27 novembre 2012<\/a>). C&rsquo;est lui qui, en septembre 2003, donna devant le Congr\u00e8s une analyse pouss\u00e9e et circonstanci\u00e9e du ph\u00e9nom\u00e8ne du <em>group-thinking<\/em>, que nous consid\u00e9r\u00e2mes comme un des aspects du virtualisme, prolif\u00e9rant dans la bureaucratie de s\u00e9curit\u00e9 nationale et expliquant par le conformisme psychologique l&rsquo;erreur g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;\u00e9valuation de la fiction des armes de destruction massive de Saddam Hussein, et par suite, de la guerre contre l&rsquo;Irak. (Le texte d\u00e9j\u00e0 r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 sur Hamre, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_virtualisme_analys_et_activ__30_09_2003.html\">30 septembre 2003<\/a>, porte sur ce sujet, pr\u00e9cis\u00e9ment.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Une hypoth\u00e8se psychologique fondamentale<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;explication que nous proposons renvoie \u00e0 une hypoth\u00e8se que nous faisions dans une <em>Note d&rsquo;analyse<\/em> pr\u00e9c\u00e9dente o&ugrave; nous envisagions le probl\u00e8me pour nous extraordinaire que pose l&rsquo;approche brutale et provocatrice de la Russie par les USA, alors que ce qui est en jeu \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame n&rsquo;est rien de moins que l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire supr\u00eame. Dans ce texte, nous utilisions plusieurs r\u00e9f\u00e9rences pour nous justifier de l&rsquo;opportunit\u00e9 de notre hypoth\u00e8se, notamment la stup\u00e9faction de deux experts US de la Russie, Stephen F. Cohen et John Mearsheimer, justement devant l&rsquo;incons\u00e9quence de cette politique de provocation vis-\u00e0-vis de la Russie. Nous pensons que les observations ci-dessus, de Frank Klotz et de John Hamre, vont dans le sens de corroborer cette hypoth\u00e8se&#8230; Le texte dont nous citons quelques extraits est du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_inversion_de_la_fin_du_monde_06_08_2014.html\">6 ao&ucirc;t 2014<\/a> &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>C&rsquo;est ici et ainsi que notre hypoth\u00e8se s&rsquo;amorce. Cette situation des ann\u00e9es 1990<\/em> [post-Guerre froide, avec la disparition de la puissance militaire sovi\u00e9tique, notamment nucl\u00e9aire] <em>aurait eu pour effet de \u00ab\u00a0s\u00e9curiser\u00a0\u00bb<\/em> [&#8230;] <em>la psychologie am\u00e9ricaniste dans la conviction que<\/em> <strong><em>le nucl\u00e9aire en tant qu&rsquo;obligation de restreinte et de responsabilit\u00e9 n&rsquo;existait plus<\/em><\/strong> <em>pour les USA. Par ailleurs, la fin de la Guerre froide achevait la mise en place d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration politique commen\u00e7ant par Clinton compl\u00e8tement acquise \u00e0 la communication, et qui dilua la question de la s\u00e9curit\u00e9 nationale dans une condition de perception o&ugrave; la communication r\u00e8gne, laquelle perception commen\u00e7a par l&rsquo;installation de l'\u00a0\u00bbhyperpuissance\u00a0\u00bb sans rival concevable. On comprend combien la situation nucl\u00e9aire de ces ann\u00e9es-l\u00e0 s&rsquo;ins\u00e9ra parfaitement dans cette \u00e9volution.<\/em> [&#8230;}<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Ainsi, nous semble-t-il, peut-on proposer aux deux experts cette hypoth\u00e8se pour r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 stup\u00e9faite qu&rsquo;ils expriment de se trouver, \u00e0 Washington, au milieu d&rsquo;une sorte de consensus absolu, notamment au Congr\u00e8s, dans une russophobie haineuse, sans le moindre souci du risque de guerre nucl\u00e9aire. Comment s&rsquo;en \u00e9tonner, enfin, puisque le nucl\u00e9aire, dans la psychologie am\u00e9ricaniste de Washington, n&rsquo;existe plus en tant que repr\u00e9sentation technologique, strat\u00e9gique et symbolique d&rsquo;un conflit impliquant le risque de la fin de la civilisation, &ndash; fin brutale, fin apocalyptique, fin par effondrement explosif avec retour \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de pierre pour tout le monde (\u00ab\u00a0back to the stone age\u00a0\u00bb, comme disait le g\u00e9n\u00e9ral LeMay des pays qu&rsquo;il r\u00eavait d&rsquo;attaquer par surprise avec les B-52 de \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb Strategic Air Command)&#8230; Le nucl\u00e9aire \u00ab\u00a0n&rsquo;existe plus\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;il n&rsquo;existe plus d&rsquo;adversaire qui puisse pr\u00e9tendre \u00e0 la concurrence et, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, d&rsquo;alter ego qui puisse forcer \u00e0 la responsabilit\u00e9 partag\u00e9e et \u00e0 l&rsquo;autorestriction comme durant la Guerre froide.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>&#8230; Bien entendu, les esprits, arm\u00e9s par les psychologies am\u00e9ricanistes qu&rsquo;on sait, en sont rest\u00e9s aux ann\u00e9es 1990 et \u00e0 la dissolution par poussi\u00e8re de l&rsquo;ex-URSS et de son nucl\u00e9aire antique. Nul n&rsquo;a vraiment, s\u00e9rieusement accept\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une r\u00e9surrection de la Russie, telle qu&rsquo;elle s&rsquo;op\u00e9ra \u00e0 partir de 2000, parce qu&rsquo;il en avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 ainsi \u00e0 Washington. Pour les USA, Poutine et la Russie post-2000 n&rsquo;ont aucune existence disons \u00ab\u00a0l\u00e9gale\u00a0\u00bb, ils sortent de l&rsquo;ordre international post-historique \u00e9tabli par les USA depuis les ann\u00e9es 1990, ils sont des imposteurs vils et absolument condamnables, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9s et en attente d&rsquo;\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s, ce \u00e0 quoi nous nous employons par Kiev-interpos\u00e9. Par cons\u00e9quent, leur pr\u00e9tention stup\u00e9fiante \u00e0 rena&icirc;tre, \u00e0 s&rsquo;imposer, \u00e0 s&rsquo;opposer d&rsquo;une fa\u00e7on critique aux USA (la mise en cause de l&rsquo;exceptionnalisme US par Poutine en septembre 2013, dans les colonnes v\u00e9n\u00e9r\u00e9es du New York Times ! Sacril\u00e8ge !), &ndash; cela constitue une sorte de p\u00e9ch\u00e9 capital, un acte de relaps qui ne peut que faire se dresser une unanimit\u00e9 absolue chez le vulgum pecus washingtonien, ce consensus antirusse qui stup\u00e9fie autant Cohen que Mearsheimer&#8230;<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Ainsi donc parlons-nous psychologie et nullement quincaillerie nucl\u00e9aire lorsque nous d\u00e9veloppons une hypoth\u00e8se pour expliquer ce formidable myst\u00e8re d&rsquo;un gouvernement am\u00e9ricaniste prenant le risque colossal de se trouver en position d&rsquo;affrontement avec la Russie, c&rsquo;est-\u00e0-dire puissance nucl\u00e9aire strat\u00e9gique d&rsquo;an\u00e9antissement contre puissance nucl\u00e9aire d&rsquo;an\u00e9antissement, &ndash; \u00ab\u00a0si tu me tues tu es mort\u00a0\u00bb&#8230; Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une psychologie qui a invent\u00e9 compl\u00e8tement sa perception, \u00e0 partir du sujet le plus extraordinairement catastrophique du monde qu&rsquo;est l&rsquo;armement nucl\u00e9aire et la possibilit\u00e9 d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Ce qu&rsquo;on expose ici comme hypoth\u00e8se est que la psychologie US, fond\u00e9e sur son propre exceptionnalisme et appuy\u00e9e autant sur l&rsquo;inculpabilit\u00e9 que sur l&rsquo;ind\u00e9fectibilit\u00e9, a totalement inverti la doctrine de l'\u00a0\u00bbunthinkable\u00a0\u00bb. Durant la Guerre froide, l&rsquo;on s&rsquo;en souvient, la justification de la doctrine de coresponsabilit\u00e9 de non-engagement nucl\u00e9aire (grosso modo la doctrine MAD, pour Mutual Assured Destruction) \u00e9tait fond\u00e9e sur la conception que la guerre nucl\u00e9aire \u00e9tait si extraordinairement catastrophique qu&rsquo;elle en devenait \u00ab\u00a0impensable\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0unthinkable\u00a0\u00bb), et par cons\u00e9quent \u00ab\u00a0infaisable\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0undoable\u00a0\u00bb). Aujourd&rsquo;hui, ce qui est devenu \u00ab\u00a0unthinkable\u00a0\u00bb est la possibilit\u00e9 que la Russie puisse \u00e0 nouveau tenir le r\u00f4le que joua l&rsquo;URSS durant la Guerre froide, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire pair et alter ego des USA par la gr\u00e2ce de la puissance nucl\u00e9aire. Le probl\u00e8me est bien que, si l&rsquo;on s&rsquo;abaisse un instant \u00e0 \u00e9valuer la quincaillerie nucl\u00e9aire, le constat des ann\u00e9es 1990 de la totale dissolution de l&rsquo;URSS-Russie et de l&rsquo;arsenal nucl\u00e9aire qui va avec est compl\u00e8tement retourn\u00e9. Si l&rsquo;on voulait comparer aujourd&rsquo;hui les forces nucl\u00e9aires des deux puissances, sans doute est-ce la Russie qui, par l&rsquo;\u00e9tat de modernisation et la diversit\u00e9 maintenue de ses forces, surclasse les USA&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Ph\u00e9nom\u00e8ne de la psychologie am\u00e9ricaniste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Les citations Klotz-Hamre nous montrent bien que le ph\u00e9nom\u00e8ne psychologique dont nous parlons n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la crise actuelle en Ukraine, avec la tension actuelle avec la Russie, m\u00eame s&rsquo;il a des effets directs \u00e0 cet \u00e9gard. C&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne interne \u00e0 la psychologie US, qui s&rsquo;est r\u00e9alis\u00e9 \u00ab\u00a0en interne\u00a0\u00bb, sans r\u00e9f\u00e9rence ext\u00e9rieure, dans la bulle de la psychologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme dont <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-m_taphysique_de_la_psychologie_de_l_am_ricanisme-syst_me_07_05_2011.html\">les verrous<\/a> se nomment inculpabilit\u00e9 et ind\u00e9fectibilit\u00e9. Ce n&rsquo;est pas seulement en Ukraine et face \u00e0 la Russie que la possibilit\u00e9 d&rsquo;un affrontement nucl\u00e9aire (o&ugrave; les USA, au mieux, essuieraient des dommages apocalyptiques \u00e9quivalents \u00e0 l&rsquo;an\u00e9antissement) n&rsquo;existe plus dans la <em>narrative<\/em> qui fait foi absolu. C&rsquo;est dans une sorte d&rsquo;abstraction psychologique que cette possibilit\u00e9 est ni\u00e9e, cela entra&icirc;nant le complet d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des USA pour l&rsquo;entretien et le d\u00e9veloppement de leurs forces nucl\u00e9aires. Dans cette logique psychologique, le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat de la presse-Syst\u00e8me US autant pour les \u00ab\u00a0scandales\u00a0\u00bb du personnel que pour le statut tr\u00e8s inqui\u00e9tant de la force nucl\u00e9aire US r\u00e9pond simplement au refus presque inconscient, quasiment pavlovien, de faire la chronique d&rsquo;un aspect de la puissance US en d\u00e9clin acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, mais dont on a inconsciemment d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il ne comptait plus vraiment. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 mais dans le m\u00eame sens, les \u00ab\u00a0scandales\u00a0\u00bb du personnel de la force strat\u00e9gique, r\u00e9gie par des r\u00e8gles extr\u00eamement strictes, peut s&rsquo;expliquer par la m\u00eame psychologie touchant \u00e9galement ce personnel qui se conduirait par cons\u00e9quent d&rsquo;une fa\u00e7on de plus en plus laxiste (d&rsquo;ailleurs tellement dans l&rsquo;air du temps) pour un syst\u00e8me dont le climat psychologique lui dit que les r\u00e8gles draconiennes auxquelles il devrait se soumettre n&rsquo;ont plus de raison d&rsquo;\u00eatre&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais on ne peut s&rsquo;arr\u00eater l\u00e0. Il faut reprendre toutes les pi\u00e8ces du dossier, toutes les complexit\u00e9s de la psychologie am\u00e9ricaniste. Alors qu&rsquo;on a vu ce d\u00e9ni de la question de l&rsquo;\u00e9quilibre nucl\u00e9aire o&ugrave; il serait autoris\u00e9 \u00e0 quelqu&rsquo;un, \u00e0 quelque puissance, de s&rsquo;affirmer, par la seule n\u00e9cessit\u00e9 de la dissuasion nucl\u00e9aire d&rsquo;ailleurs, comme l&rsquo;\u00e9quivalent des USA, il existe par ailleurs, parall\u00e8lement mais comme avec un cloisonnement qui emp\u00eache toute confrontation de cause \u00e0 effet, une affirmation constante de la capacit\u00e9 de premi\u00e8re frappe US (<em>first strike<\/em>), nucl\u00e9aire et victorieuse. Ceci est <strong>totalement contradictoire avec cela<\/strong> mais qu&rsquo;importe <strong>cela est<\/strong>. Le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_le_danger_pr_sent__09_06_2014.html\">9 juin 2014<\/a>, nous \u00e9voquions certaines allusions \u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une <em>first strike<\/em> US, \u00e0 partir d&rsquo;une hypoth\u00e8se d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e, d\u00e8s mars 2006 dans un article de <em>Foreign Affairs<\/em>, avec des r\u00e9actions russes extr\u00eamement vives (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-folamour_est_de_retour_31_03_2006.html\">31 mars 2006<\/a>) et m\u00eame une r\u00e9action officielle indirecte de Poutine r\u00e9affirmant son engagement fondamental dans la voie de la modernisation de l&rsquo;arsenal nucl\u00e9aire russe (voir le m\u00eame <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_reactions_russes_a_la_superiorite_nucleaire_de_foreign_affairs_31_03_2006.html\">31 mars 2006<\/a>). L&rsquo;hypoth\u00e8se de la <em>first strike<\/em>, argument offensif et belliciste US, se compl\u00e8te du d\u00e9ploiement des antimissiles sur la fronti\u00e8re occidentale de la Russie, comme on est en train de proc\u00e9der &#8230; Mais que vaut tout cela lorsqu&rsquo;on constate 1) l&rsquo;\u00e9tat de la force nucl\u00e9aire US, et 2) l&rsquo;efficacit\u00e9 extr\u00eamement douteuse et d\u00e9risoire des antimissiles, face \u00e0 une force nucl\u00e9aire russe largement modernis\u00e9e, notamment au niveau des contre-mesures d&rsquo;annihilation des antimissiles ? Cette question dont la r\u00e9ponse para&icirc;t \u00e9vidente, et pourrait para&icirc;tre renvoyer l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une <em>first strike<\/em> dans une sorte de <em>fantasyland<\/em> pour <em>neocon<\/em> n&rsquo;est au contraire pas rassurante du tout \u00e0 cause du dysfonctionnement extraordinaire de perception qu&rsquo;elle implique, existant entre la <em>narrative<\/em> impr\u00e9gnant le monde du syst\u00e8me de la communication o&ugrave; se trouve aujourd&rsquo;hui la situation politique US (<em>fantasyland<\/em> pas si <em>fantasy<\/em> que cela), et la r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;on vient de d\u00e9tailler.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">D\u00e9bat chaotique pour perspective catastrophique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi en arrive-t-on au probl\u00e8me nouveau que pose cette mise en \u00e9vidence de l&rsquo;\u00e9tat de la force nucl\u00e9aire US dans le contexte de l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un Congr\u00e8s \u00e0 majorit\u00e9 r\u00e9publicaine, donc majorit\u00e9 belliciste et avec une tr\u00e8s forte probabilit\u00e9 d&rsquo;aggravation de la tension avec la Russie. L&rsquo;aggravation de la tension impliqu\u00e9e par un Congr\u00e8s extr\u00eamement activiste dans son radicalisme extr\u00eame peut faire surgir plus pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;hypoth\u00e8se de la <em>first strike<\/em> faisant partie de la <em>narrative<\/em> belliciste qui va d\u00e9sormais tout impr\u00e9gner et infecter \u00e0 Washington o&ugrave; d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;impr\u00e9gnation et l&rsquo;infection sont bien avanc\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette pouss\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de communication belliciste peut, \u00e0 son tour, faire surgir au premier plan des pr\u00e9occupations de s\u00e9curit\u00e9 nationale la r\u00e9alisation de communication de l&rsquo;\u00e9tat de la force nucl\u00e9aire avec la perspective extr\u00eamement difficile de remise \u00e0 niveau de cette force, et la possibilit\u00e9 de d\u00e9gradation suppl\u00e9mentaire de cette force dans ce cas, alors que bat son plein une campagne de communication dans ce sens (groupe-Augustine, Hagel). Tout cela se ferait dans le cadre de cette psychologie qu&rsquo;on a d\u00e9crite et du dysfonctionnement avec la r\u00e9alit\u00e9 qui r\u00e8gne, cette psychologie de la <em>narrative<\/em> qui refuse toute conscience op\u00e9rationnelle et simplement humaine de la gravit\u00e9 apocalyptique de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire avec l&rsquo;esp\u00e8ce de d\u00e9ni des capacit\u00e9s russes r\u00e9elles dans ce domaine s&rsquo;activant dans ce cas. Il n&rsquo;y a pas \u00e0 forcer l&rsquo;esprit pour \u00e9voquer l&rsquo;hypoth\u00e8se de d\u00e9bats instantan\u00e9s et enflamm\u00e9s, <em>neocons<\/em> en bandouill\u00e8re, qui pourraient \u00e9clater, sur le fond d&rsquo;un Congr\u00e8s ultra-belliciste, avec l&rsquo;argument qu&rsquo;on devine des \u00ab\u00a0jusqu&rsquo;auboutistes\u00a0\u00bb et de leur pathologie psychologistes, &ndash; avec, par exemple, des arguments du type \u00ab\u00a0faisons au plus vite une &lsquo;first strike&rsquo; pour annihiler les capacit\u00e9s russes avant qu&rsquo;il ne soit trop tard (avant que notre force nucl\u00e9aire se d\u00e9grade encore plus)\u00a0\u00bb. Cela s&rsquo;appelle en langage bureaucratique une \u00ab\u00a0fen\u00eatre d&rsquo;opportunit\u00e9\u00a0\u00bb (on dirait plut\u00f4t un \u00ab\u00a0hublot minuscule sinon trompeur d&rsquo;opportunit\u00e9\u00a0\u00bb) et c&rsquo;est la logique de l&rsquo;argument classique du \u00ab\u00a0tout ou rien\u00a0\u00bb apocalyptique et eschatologique des <em>neocons<\/em> les plus exalt\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s significative, ce sont les \u00e9lites-Syst\u00e8me, celles qui fabriqu\u00e8rent la Bombe et ses th\u00e9ories et qui se sont d\u00e9grad\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;exprimer aujourd&rsquo;hui dans l&rsquo;hyst\u00e9rie des <em>neocons<\/em> et assimil\u00e9s, qui ont \u00e9cart\u00e9 de leur psychologie le fait absolument \u00e9crasant qui r\u00e9gnait du temps de la Guerre froide de la formidable puissance apocalyptique du fait nucl\u00e9aire. Ce sont elles qui s&rsquo;agitent au Congr\u00e8s pour \u00e9tablir un encha&icirc;nement d&rsquo;interventionnisme direct et ouvert, en activant la perspective de livrer des armes au r\u00e9gime de Kiev. Dr\u00f4le de destin de ces \u00e9lites-Syst\u00e8me. (&laquo;<em>But the American establishment is in serious decline.<\/em>&raquo;, Hamre <em>dixit<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Encore une fois dans cette sorte d&rsquo;analyse sur les risques d&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire supr\u00eame, ce n&rsquo;est pas, dans notre chef, l&rsquo;annonce de l&rsquo;in\u00e9luctable apocalypse. En effet, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agirait de l&rsquo;apocalypse nucl\u00e9aire, la folie <em>neocon<\/em> se heurterait bien entendu \u00e0 un parti technicien et bureaucratique mesurant l&rsquo;aspect catastrophique de cette folie puisqu&rsquo;il est question de l&rsquo;apocalypse nucl\u00e9aire. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t de constater l&rsquo;existence d&rsquo;un formidable ferment de division, d&rsquo;affrontement, de d\u00e9chirement, tr\u00e8s rapidement \u00e0 Washington, d&rsquo;autant plus rapidement que le bellicisme triomphant avec le Congr\u00e8s va s&rsquo;affirmer avec une force incroyable d\u00e8s janvier 2015, et que l&rsquo;\u00e9tat dangereux et les perspectives catastrophiques de la force nucl\u00e9aires US vont, vont dans ce cas, et en sens inverse, constituer un sujet de pr\u00e9occupation engageant le c&oelig;ur fondamental de la puissance centrale des USA ; et tout cela sous la pression, s&rsquo;exer\u00e7ant pour les deux partis, de l&rsquo;hypoth\u00e8se du risque catastrophique de l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire consid\u00e9r\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on diam\u00e9tralement oppos\u00e9e, <em>narrative<\/em> contre r\u00e9alit\u00e9 bureaucratique. C&rsquo;est encore un cas, et de quelle puissance potentielle et catastrophique, o&ugrave; l&rsquo;Empire risque d&rsquo;y perdre ses derniers restes de stabilit\u00e9.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur une crise discr\u00e8te et colossale 12 novembre 2014 &ndash; Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation surprenante, lorsque Russia Today (RT) s&rsquo;estime justifi\u00e9 de choisir le titre suivant pour un de ses textes, mettant ainsi en cause le statut de superpuissance nucl\u00e9aire des USA : &laquo;US nuke atrophy: Mismanagement stripping nation of nuclear superpower status?&raquo; (le&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[6316,3500,5603,3285,2899,3438,4841,4144,5406,16159,5431,10269,4321,1104,16160,3004,2779,16161,3068,3439,1296,3952],"class_list":["post-75600","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-affrontement","tag-augustine","tag-belliciste","tag-congres","tag-declin","tag-first","tag-hagel","tag-hamre","tag-icbm","tag-klotz","tag-minuteman","tag-modernisation","tag-narrative","tag-neocons","tag-nnsa","tag-nucleaire","tag-puissance","tag-slbm","tag-strategique","tag-strike","tag-ukraine","tag-wsws"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75600","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75600"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75600\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75600"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75600"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75600"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}