{"id":75607,"date":"2014-11-17T15:27:32","date_gmt":"2014-11-17T15:27:32","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/11\/17\/contre-labolition-de-lhomme\/"},"modified":"2014-11-17T15:27:32","modified_gmt":"2014-11-17T15:27:32","slug":"contre-labolition-de-lhomme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/11\/17\/contre-labolition-de-lhomme\/","title":{"rendered":"Contre l&rsquo;abolition de l&rsquo;homme"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Contre l&rsquo;abolition de l&rsquo;homme<\/h2>\n<h3>De la bataille contre le Syst\u00e8me, \u00e9pisode VI<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains livres vous tombent dessus comme un m\u00e9t\u00e9ore dont l&rsquo;impact n&rsquo;est que lumi\u00e8re. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au d\u00e9tour d&rsquo;un \u00e9change avec un \u00e9diteur suisse install\u00e9 \u00e0 Paris, j&rsquo;ai entendu parler pour la premi\u00e8re fois de L&rsquo;abolition de l&rsquo;homme, un bouquin fulgurant, d&rsquo;une actualit\u00e9 sid\u00e9rante, pourtant \u00e9crit durant la Seconde guerre mondiale par l&rsquo;auteur irlandais C.S. Lewis (1). L&rsquo;\u00e9crivain y d\u00e9montre que le rejet de toute morale universelle, le subjectivisme absolu de notre modernit\u00e9 en somme, a conduit notre civilisation \u00e0 remplacer l&rsquo;\u00e9ducation des individus par leur conditionnement \u00e0 des valeurs d\u00e9tach\u00e9es du r\u00e9el et qui, \u00e0 terme, conduisent \u00e0 la capitulation de la Nature humaine au profit d&rsquo;une \u00e9lite de surmorts (2). L&rsquo;occasion id\u00e9ale d&rsquo;un \u00e9pisode VI donc, \u00e0 notre s\u00e9rie De la bataille contre le Syst\u00e8me\u00bb (3)<\/p>\n<h3>De Orwell \u00e0 Huxley<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans son roman 1984, Orwell avait imagin\u00e9 un Etat totalitaire s&rsquo;imposant par la violence, la surveillance, la manipulation de la langue et le contr\u00f4le des m\u00e9dias. Dans son Meilleur des mondes (4), Huxley avait quant \u00e0 lui eu l&rsquo;intuition que le totalitarisme auquel aboutirait fatalement le capitalisme dans sa version ultime serait un totalitarisme dans lequel, ivres de consommation et gav\u00e9s de divertissements (5), les esclaves auraient \u00ab<em>l&rsquo;amour de leur servitude<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, nous constatons que la r\u00e9alit\u00e9 qui s&rsquo;impose peu \u00e0 peu se situe exactement entre les deux: surveillance, Novlangue et contr\u00f4le des m\u00e9dias pour tous ; amour de la servitude pour ceux que le Syst\u00e8me a correctement format\u00e9s et, lorsque la situation l&rsquo;exige (et elle l&rsquo;exigera toujours davantage \u00e0 mesure qu&rsquo;il deviendra impossible de satisfaire aux d\u00e9sirs des masses), violence et r\u00e9pression pour les r\u00e9calcitrants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t@INTERTITRE =Dans l&rsquo;intime du processus de d\u00e9shumanisation<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;immense m\u00e9rite de C.S. Lewis est de nous conduire dans l&rsquo;intime de ce processus de formatage, de d\u00e9shumanisation qui permet au Syst\u00e8me d&rsquo;inculquer in fine aux esclaves l&rsquo;amour de leur servitude. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSon postulat est clair. C&rsquo;est le rejet par le Syst\u00e8me de toute morale universelle, le d\u00e9nigrement des valeurs traditionnelles et le subjectivisme qui en d\u00e9coule, qui permettent, gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9ducation pervertie, de d\u00e9tacher l&rsquo;homme de son humanit\u00e9 en le transformant en un produit fabriqu\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour Lewis en effet, toutes les grandes civilisations et religions se recoupent sur les principes moraux essentiels, attestant de l&rsquo;objectivit\u00e9 des valeurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet ordre moral objectif, cette loi naturelle, forme ainsi un socle commun permettant \u00e0 chacun de s&rsquo;\u00e9panouir en harmonie avec la v\u00e9rit\u00e9 du monde et de la condition humaine. Certaines attitudes sont ainsi r\u00e9ellement justes, d&rsquo;autres r\u00e9ellement fausses, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab<em>conformes \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de ce qu&rsquo;est l&rsquo;univers et de ce que nous sommes<\/em>\u00bb.<\/p>\n<h3>La juste valeur<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tContrairement \u00e0 ce que pr\u00e9conise l&rsquo;\u00e9ducation moderne o\u00f9 le concept m\u00eame de jugement de valeur est devenu p\u00e9joratif, o\u00f9 tout n&rsquo;est que subjectivit\u00e9, il rappelle que le jugement de valeur n&rsquo;a rien de subjectif justement, mais s&rsquo;appuie sur des v\u00e9rit\u00e9s reconnues, identifi\u00e9es comme telles par l&rsquo;ensemble des civilisations et religions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes choses sont ainsi objectivement belles ou laides, bonnes ou mauvaises, et on peut les appr\u00e9cier \u00e0 leur juste valeur car elles en ont une; ou les ha\u00efr dans une juste proportion au regard de ce qu&rsquo;elles ont d&rsquo;objectivement ha\u00efssable. A l&rsquo;appui de sa th\u00e8se, il cite notamment Aristote: \u00ab<em>Le but de l&rsquo;\u00e9ducation est d&rsquo;apprendre \u00e0 aimer et \u00e0 ha\u00efr ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;aimer et de ha\u00efr<\/em>\u00bb ; puis Platon: \u00ab<em>Le jeune homme bien \u00e9lev\u00e9 bl\u00e2me et hait le laid avec un juste d\u00e9go\u00fbt, et loue avec d\u00e9lice la beaut\u00e9 en l&rsquo;accueillant dans son \u00e2me et en s&rsquo;en nourrissant pour devenir un homme au cur doux<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, les \u00e9motions ou sentiments ne sont peut-\u00eatre pas logiques, mais ils sont \u00ab<em>soit raisonnables ou d\u00e9raisonnables<\/em>\u00bb, en fonction de leur ad\u00e9quation \u00e0 la juste valeur des choses sur lesquels ils portent. Pour Lewis, \u00ab<em>la t\u00eate gouverne les entrailles par l&rsquo;interm\u00e9diaire du cur, qui est le si\u00e8ge d&rsquo;\u00e9motions organis\u00e9es en sentiments stables par des habitudes bien entra\u00een\u00e9es<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn r\u00e9sum\u00e9 : \u00ab<em>Le cur ne peut prendre la place de la t\u00eate, mais il doit lui ob\u00e9ir<\/em> (). <em>Ne pas \u00eatre r\u00e9solu sur les fondements ultimes, soit de la raison th\u00e9orique soit de la raison pratique, est<\/em> [d\u00e8s lors] <em>b\u00eatise pure<\/em>.\u00bb<\/p>\n<h3>Un nouveau cat\u00e9chisme perverti<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour Lewis, ce condens\u00e9 de croyances fondamentales, cette loi naturelle reconnue par toutes les civilisations et religions  et qui permet d&rsquo;organiser les \u00e9motions en sentiments stables  est logiquement \u00ab<em>la seule source de tous les jugements de valeur<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl estime ainsi que l&rsquo;homme de peut pas davantage cr\u00e9er de nouvelles valeurs qu&rsquo;il ne peut \u00ab<em>cr\u00e9er de nouvelles couleurs<\/em>\u00bb. \u00ab<em>Il n&rsquo;y a jamais eu et il n&rsquo;y aura jamais de jugement de valeur radicalement nouveau dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD\u00e8s lors, la pr\u00e9tention de notre modernit\u00e9 \u00e0 rejeter les valeurs traditionnelles pour leur en substituer de nouvelles est une formidable supercherie. Supercherie command\u00e9e au demeurant par une minorit\u00e9 d&rsquo;individus encag\u00e9e dans une id\u00e9ologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour Lewis, ces pr\u00e9tendues nouvelles valeurs ne sont en effet que des fragments de la morale universelle \u00ab<em>arrach\u00e9s arbitrairement de leur contexte global et d\u00e9mesur\u00e9ment gonfl\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 la folie dans leur isolement<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt c&rsquo;est exactement de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit lorsque notre Syst\u00e8me hypertrophie par exemple le principe d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre homme et femme jusqu&rsquo;\u00e0 vouloir les confondre au point, comme le proph\u00e9tisait Nietzsche, \u00ab<em>qu&rsquo;il leur deviendra impossible de s&rsquo;aimer<\/em>\u00bb; c&rsquo;est exactement de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit lorsque notre Syst\u00e8me hypertrophie le principe de libert\u00e9 au point d&rsquo;imposer partout laideur et vulgarit\u00e9 ; c&rsquo;est exactement de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit lorsque notre Syst\u00e8me hypertrophie le principe de tol\u00e9rance et pr\u00e9tend faire de la d\u00e9viance la norme, voire de la norme la d\u00e9viance ; c&rsquo;est exactement de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit lorsque notre Syst\u00e8me hypertrophie enfin sa vertu autoproclam\u00e9e tout en en faisant un instrument de guerre pour convertir la plan\u00e8te \u00e0 sa nouvelle morale d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<h3>De l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la propagande<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien s\u00fbr, souligne Lewis, la morale universelle admet un d\u00e9veloppement de l&rsquo;int\u00e9rieur, car c&rsquo;est de l&rsquo;int\u00e9rieur que vient la seule autorit\u00e9 pour la faire \u00e9voluer. Donc par ceux qui en ont une connaissance profonde, qui en sont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s, et non pas par quelques philosophes-amateurs, militants encag\u00e9s dans leur id\u00e9ologie et leur temps. C&rsquo;est la diff\u00e9rence entre \u00ab<em>transformer de l&rsquo;int\u00e9rieur et modifier depuis l&rsquo;ext\u00e9rieur, la diff\u00e9rence entre l&rsquo;organique et le chirurgical<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, le d\u00e9nigrement des valeurs traditionnelles et le subjectivisme totalitaire ont donc permis l&rsquo;instauration d&rsquo;un nouveau cat\u00e9chisme, d&rsquo;une nouvelle morale qui se veut \u00e0 port\u00e9e universelle alors qu&rsquo;elle est construite sur des valeurs amput\u00e9es, perverties, tronqu\u00e9es ou \u00ab<em>amplifi\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 la folie dans leur isolement<\/em>\u00bb, des valeurs qui ont pour point commun toutefois de servir l&rsquo;id\u00e9ologie nihiliste du Syst\u00e8me et du March\u00e9, au seul profit de l&rsquo;\u00e9lite qui les gouvernent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut donc, insiste Lewis, \u00ab<em>reconna\u00eetre une validit\u00e9 absolue aux truismes fondamentaux de la raison pratique<\/em>\u00bb. Car seule la morale universelle fournit \u00e0 l&rsquo;action humaine \u00ab<em>une loi commune qui peut \u00e0 la fois englober les gouvernants et les gouvern\u00e9s<\/em>\u00bb, qui \u00ab<em>permet \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 de ne pas \u00eatre tyrannie, \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9issance de ne pas \u00eatre esclavage.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOr si l&rsquo;ancienne \u00e9ducation, fond\u00e9e sur les valeurs traditionnelles, \u00e9tait \u00ab<em>une sorte de propagation o\u00f9 des hommes transmettaient la force de leur humanit\u00e9 aux hommes, r\u00e9sume Lewis, la nouvelle n&rsquo;est que propagande. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;ancienne \u00e9ducation initiait, la nouvelle conditionne.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Soumettre la nature, puis l&rsquo;homme<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette volont\u00e9 de s&rsquo;\u00e9manciper des contraintes morales de la nature humaine n&rsquo;est qu&rsquo;une suite logique \u00e0 notre pr\u00e9tendue domination sur la Nature.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPuisque nous nous sommes rendus ma\u00eetres de notre environnement, pensent les faux-proph\u00e8tes du Syst\u00e8me, nous pouvons nous d\u00e9barrasser de toute morale universelle, de toute loi naturelle bref, de toutes les scories des dieux que nous avons br\u00fbl\u00e9s pour inventer notre propre religion, reformater une humanit\u00e9 selon nos seuls d\u00e9sirs, nos seuls instincts, mais dans le respect des lois du March\u00e9 bien entendu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSur cette id\u00e9e de domination de l&rsquo;homme sur la Nature, Lewis apporte un d\u00e9menti cinglant. \u00ab<D>Le pouvoir de l&rsquo;homme sur la nature, <D>dit-il<em>, n&rsquo;est que le pouvoir de certains hommes sur d&rsquo;autres<\/em>\u00bb. Le pouvoir de g\u00e9n\u00e9rations qui, par leurs choix, limitent le pouvoir des suivantes. \u00ab<em>Tout nouveau pouvoir conquis par l&rsquo;homme est un pouvoir sur l&rsquo;homme. Chaque progr\u00e8s le rend \u00e0 la fois plus fort et plus faible, puisque chaque progr\u00e8s s&rsquo;impose \u00e0 l&rsquo;homme, conditionne son avenir et limite ses choix.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>L&rsquo;\u00e9tape ultime sera atteinte lorsque l&rsquo;homme, par l&rsquo;eug\u00e9nisme, le conditionnement pr\u00e9natal et une \u00e9ducation et une propagande fond\u00e9e sur une psychologie parfaitement appliqu\u00e9e, sera parvenu \u00e0 exercer un contr\u00f4le total sur lui-m\u00eame. La nature humaine sera la derni\u00e8re composante de la Nature \u00e0 capituler devant l&rsquo;homme.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>L&rsquo;hyper-pouvoir contre l&rsquo;humanit\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien s\u00fbr, de tous temps, on a essay\u00e9 de faire capituler la Nature humaine pour fa\u00e7onner un nouvel homme. Mais sans jamais y parvenir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSauf que, proph\u00e9tise Lewis d\u00e8s 1943, \u00ab<em>les fa\u00e7onneurs des humains de l&rsquo;\u00e8re nouvelle seront dot\u00e9s des pouvoirs d&rsquo;un Etat omni-comp\u00e9tent et arm\u00e9s de techniques scientifiques irr\u00e9sistibles. Nous serons enfin face \u00e0 une race de conditionneurs qui pourront r\u00e9ellement fa\u00e7onner toute post\u00e9rit\u00e9 dans le moule qui leur convient.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tInutile de dire que cette phrase peut-\u00eatre r\u00e9\u00e9crite d\u00e9sormais au pr\u00e9sent. Dans le premier \u00e9pisode de \u00abLa bataille contre le Syst\u00e8me\u00bb (6), nous avons d\u00e9taill\u00e9 l&rsquo;hyperpuissance dont disposent aujourd&rsquo;hui les nouveaux ma\u00eetres du monde, et le caract\u00e8re effectivement \u00abirr\u00e9sistibles\u00bb des techniques de conditionnement dont ils disposent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt \u00e0 la question de savoir si ces conditionneurs sont intrins\u00e8quement mauvais, Lewis apporte une r\u00e9ponse vertigineuse : \u00ab<em>Pour eux, le bon et le mauvais sont vides de sens, puisque c&rsquo;est d&rsquo;eux que doit d\u00e9pendre le sens de ces mots.<\/em> () <em>Je ne crois pas que ces hommes soient mauvais, je crois plut\u00f4t que ce ne sont pas du tout des hommes (dans l&rsquo;ancienne acception du mot). En d&rsquo;autres mots, ce sont des gens qui ont sacrifi\u00e9 leur part d&rsquo;humanit\u00e9 au sens traditionnel du terme pour se consacrer \u00e0 la t\u00e2che de d\u00e9cider ce que l&rsquo;humanit\u00e9 doit signifier \u00e0 l&rsquo;avenir.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn reniant la morale universelle, la loi naturelle, souligne Lewis, \u00ab<em>ils ont saut\u00e9 dans le vide<\/em>\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuant aux esclaves dont le formatage aura r\u00e9ussi, Lewis estime qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas n\u00e9cessairement de gens malheureux, mais de gens qui ont \u00ab<em>perdu toute humanit\u00e9: ce sont des produits fabriqu\u00e9s<\/em>\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt de prononcer sa sentence finale : \u00ab<em>La conqu\u00eate finale de l&rsquo;homme s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre l&rsquo;abolition de l&rsquo;homme<\/em>\u00bb.<\/p>\n<h3>Conclusion<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tReconna\u00eetre comme intangible la loi naturelle et la morale universelle partag\u00e9es par les civilisations et les religions depuis des temps imm\u00e9moriaux; reconna\u00eetre qu&rsquo;elles sont le fondement unique de jugements de valeur objectifs : voil\u00e0 qui vous place imm\u00e9diatement, selon le nouveau cat\u00e9chisme, dans la cat\u00e9gorie des obscurantistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais on pourrait toujours r\u00e9torquer qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit finalement l\u00e0 que d&rsquo;un jugement de valeur, sans valeur donc. Petite pirouette qui permet au passage de souligner la b\u00eatise d&rsquo;une nouvelle philosophie dont le principe fondateur porte en lui l&rsquo;\u00e9vidence de son impossibilit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu final, ce livre de C.S. Lewis est un monument d&rsquo;intelligence et d&rsquo;intuition haute, qui nous dit beaucoup de l&rsquo;id\u00e9ologie nihiliste du Syst\u00e8me et de sa m\u00e9canique intime.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe constat est l\u00e0 : l&rsquo;\u00e9ducation moderne et la propagande diffus\u00e9e par des m\u00e9dias sous contr\u00f4le ne visent en rien \u00e0 \u00e9veiller les hommes et \u00e0 les \u00e9lever, mais au contraire \u00e0 cr\u00e9er dans leur cur et leur esprit un brouillard insens\u00e9 qui permet \u00e0 l&rsquo;\u00e9lite des surmorts du Syst\u00e8me de les r\u00e9duire en esclavage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tReste donc \u00e0 savoir si une r\u00e9volte est possible face \u00e0 un formatage de l&rsquo;humanit\u00e9 op\u00e9r\u00e9 avec une telle puissance. La crainte est en effet tr\u00e8s forte que, comme la grenouille plong\u00e9e dans un bain port\u00e9 lentement \u00e0 \u00e9bullition ne s&rsquo;aper\u00e7oit de rien et fini bouillie sans le savoir, les hommes s&rsquo;habituent, d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre, \u00e0 vivre sans autres valeurs que celle de leur Moi surdimensionn\u00e9, sans autres valeurs que celle de leur d\u00e9sirs et de leur plaisirs confondus, dans l&rsquo;amour de leur servitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00abOn ne regarde plus les arbres comme les dryades et on n&rsquo;en voit plus la beaut\u00e9 d\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 on les d\u00e9bite en planches, explique Lewis. Le premier \u00e0 le faire \u00e0 sans doute ressentit cruellement ce qu&rsquo;il en co\u00fbtait.\u00bb Mais ensuite?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe regard glac\u00e9 que nous force \u00e0 poser sur les choses le nouveau cat\u00e9chisme du Syst\u00e8me est celui du scientifique format\u00e9 qui s&rsquo;interdit tout jugement de valeur sur l&rsquo;objet observ\u00e9, en nie toute valeur objective et, ainsi, le prive d&rsquo;une partie de sa r\u00e9alit\u00e9, peut-\u00eatre m\u00eame la plus importante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec son nouveau cat\u00e9chisme, le Syst\u00e8me nous \u00e9duque d\u00e9sormais \u00e0 r\u00e9duire notre vision du monde \u00e0 quelque chose de totalement subjectif et, ce faisant, il nous impose d&rsquo;en nier la valeur au sens traditionnel du terme, d&rsquo;en nier la part divine en somme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est la vision que portent sur le monde les surmorts qui pr\u00e9tendent fa\u00e7onner l&rsquo;homme nouveau: un monde sans dieu, sans humanit\u00e9, sans valeur et sans \u00e2me, un monde d\u00e9j\u00e0 mort, comme eux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn regard glac\u00e9 et gla\u00e7ant qu&rsquo;\u00e0 terme, ils nous invitent \u00e0 poser sur nous-m\u00eames.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA bon entendeur comme on dit<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Pierre Vaudan<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h4>Notes<\/h4>\n<p>1). C.S Lewis<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t2). Nous avons emprunt\u00e9 le terme de surmorts \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain et po\u00e8te suisse Maurice Chappaz qui, dans une lettre de 1968 \u00e9crivait : \u00ab<em>J&rsquo;ai localis\u00e9 le pouvoir r\u00e9el, brutal dans l&rsquo;\u00e9conomie et vu les vell\u00e9it\u00e9s, les complicit\u00e9s, les mensonges, le blanc qui devient noir dans les partis politiques, tous les partis. Et le social a comport\u00e9 pour moi un \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9go\u00fbt que tu ne peux imaginer: le nazisme. Le commercial totalitaire le resuce en lui: cette tuerie d&rsquo;arbres, de phoques, cet empoisonnement de l&rsquo;air, des eaux, ces massacres divers et cette propagande, cette r\u00e9clame pour l&rsquo;englobant industriel, le \u00abprogr\u00e8s\u00bb carr\u00e9ment d\u00e9tach\u00e9s de l&rsquo;humain. Les vrais parasites modernes ne sont pas les clochards, les beatniks, mais justement les activistes de la construction inutile, du gaspillage des sources et des ressources, sp\u00e9culateurs, menteurs en tous produits et app\u00e9tits. Nous connaissons aussi ces volont\u00e9s de puissance \u00e0 l&rsquo;il parfois tr\u00e8s intelligent de surmorts, qui d\u00e9l\u00e8guent aux fonctions publiques les bureaucrates, des types, des esp\u00e8ces de chauves graisseux moins costaux qu&rsquo;eux-m\u00eames. Les surmorts ont besoin d&rsquo;otages, de m\u00e9diocres qui limitent toujours un pays aux affaires.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t3). Tous les \u00e9pisodes de La bataille contre le Syst\u00e8me<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t4). Une interview de Aldous Leonard Huxley<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t5). Voir aussi le concept de Tittytainment<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t6). De la bataille contre le Syst\u00e8me, \u00e9pisode I<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>Nota Bene<\/strong> : Cet \u00e9pisode de La bataille contre le Syst\u00e8me, publi\u00e9 sur <em>Entrefilets.com<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.entrefilets.com\/contre%20l_abolition%20de%20l_homme.html\" class=\"gen\">14 novembre 2014<\/a>. Les \u00e9pisodes pr\u00e9c\u00e9dents de La bataille contre le Syst\u00e8me \u00e9galement sur <em>Entrefilets.com<\/em>, \u00e0 ce <a href=\"http:\/\/www.entrefilets.com\/contre%20l_abolition%20de%20l_homme.html#sthash.nXncACiv.dpuf\" class=\"gen\">lien<\/a>.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contre l&rsquo;abolition de l&rsquo;homme De la bataille contre le Syst\u00e8me, \u00e9pisode VI Certains livres vous tombent dessus comme un m\u00e9t\u00e9ore dont l&rsquo;impact n&rsquo;est que lumi\u00e8re. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au d\u00e9tour d&rsquo;un \u00e9change avec un \u00e9diteur suisse install\u00e9 \u00e0 Paris, j&rsquo;ai entendu parler pour la premi\u00e8re fois de L&rsquo;abolition de l&rsquo;homme, un bouquin fulgurant, d&rsquo;une actualit\u00e9 sid\u00e9rante,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[12787,16167,16169,4938,3341,16168,9812],"class_list":["post-75607","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-aristote","tag-c-s","tag-huxley","tag-lewis","tag-orwell","tag-surmorts","tag-vaudan"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75607","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75607"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75607\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75607"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75607"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75607"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}