{"id":75610,"date":"2014-11-18T14:20:40","date_gmt":"2014-11-18T14:20:40","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/11\/18\/iago-limpromptu-de-brisbane\/"},"modified":"2014-11-18T14:20:40","modified_gmt":"2014-11-18T14:20:40","slug":"iago-limpromptu-de-brisbane","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/11\/18\/iago-limpromptu-de-brisbane\/","title":{"rendered":"Iago, l&rsquo;impromptu de Brisbane"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Iago, l&rsquo;impromptu de Brisbane<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t18 novembre 2014  L&rsquo;on sait que nous travaillons selon une m\u00e9thodologie qualitative extr\u00eamement s\u00e9lective, pour arriver \u00e0 sortir de la masse grotesque \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre colossale d&rsquo;informations et de commentaires des synth\u00e8ses significatives permettant d&rsquo;approcher ce que nous voudrions d\u00e9terminer comme v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une situation. (Une situation temporaire, circonstancielle, etc., et parfois, une fois ou l&rsquo;autre dans un \u00e9clair, la v\u00e9rit\u00e9 compl\u00e8te de la situation du monde \u00e0 l&rsquo;instant o\u00f9 cela semblerait pouvoir \u00eatre per\u00e7ue.) Nous avons donc quelques commentateurs choisis, favoris si l&rsquo;on veut, que nous consultons r\u00e9guli\u00e8rement ; et choisis parce que nous avons appr\u00e9ci\u00e9 leurs personnalit\u00e9s, leurs capacit\u00e9s positives de jugement et leurs travers qui influent sur leurs jugements selon les circonstances, donc parce que nous appr\u00e9cions <strong>autant pour leurs variations de jugement<\/strong> relativement \u00e0 ce qu&rsquo;ils sont que pour leurs jugements en tant que tels. Ces commentaires (leurs commentaires) ne nous int\u00e9ressent donc pas, en aucune fa\u00e7on, parce qu&rsquo;ils exprimeraient constamment ce que nous pensons ou parce qu&rsquo;ils nous inclineraient \u00e0 penser comme eux ; il n&rsquo;y a rien de plus \u00e9tranger \u00e0 notre d\u00e9marche que cette sorte de r\u00e9f\u00e9rence-l\u00e0 parce que nous ne formons pas notre jugement \u00e0 partir de ceux des autres, mais en int\u00e9grant sans nous en dissimuler une seconde cette sorte de r\u00e9f\u00e9rence quand cela renforce et enrichit notre d\u00e9marche propre qui est d&rsquo;abord celle d&rsquo;une compl\u00e8te ind\u00e9pendance appuy\u00e9e sur l&rsquo;exp\u00e9rience, sur des appuis principiels de la solidit\u00e9 qu&rsquo;on imagine, et sur ce que veut bien nous dispenser l&rsquo;intuition haute. Ce pr\u00e9ambule permet, nous le pensons, de mieux comprendre l&rsquo;importance conjoncturelle que nous attachons, \u00e0 telle ou telle occasion, \u00e0 tel ou tel jugement. C&rsquo;est effectivement le cas pour ce <em>F&#038;C<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, nous faisons en effet appel \u00e0 deux commentateurs pour porter un jugement sur le G20 de Brisbane, parce qu&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re que nous pourrions \u00e9ventuellement juger (cela doit \u00eatre confirm\u00e9 dans notre esprit) que le G20 de Brisbane repr\u00e9sente peut-\u00eatre un \u00e9v\u00e9nement extr\u00eamement significatif du bouleversement complet de la forme de la politique du monde. Le poids de ce jugement est consid\u00e9rable,  raison pour laquelle il est avanc\u00e9 avec la plus extr\u00eame prudence et qu&rsquo;il doit \u00eatre absolument entendu qu&rsquo;il peut \u00eatre et m\u00eame qu&rsquo;il doit \u00eatre soumis r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 un affinement, \u00e0 la recherche d&rsquo;une confirmation, \u00e9ventuellement \u00e0 des r\u00e9visions enrichissantes. Nous avan\u00e7ons selon une voie compl\u00e8tement hypoth\u00e9tique, avec toute la fragilit\u00e9 qui va avec ; mais l&rsquo;importance de l&rsquo;hypoth\u00e8se, qui est de forme m\u00e9tahistorique, qui rencontre notre construction hypoth\u00e9tique fondamentale de ce que repr\u00e9sente ce passage catastrophique et eschatologique du temps historique relev\u00e9 soudain par la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_dimension_m_tahistorique_25_06_2014.html\" class=\"gen\">m\u00e9tahistoire<\/a>, nous incline \u00e0 cette d\u00e9marche encore tout juste esquiss\u00e9e&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t &#8230; Nous faisons donc appel \u00e0 deux commentateurs, dont le premier est le Russe Mikha\u00efl Gorbatchev. Nous le citons plus souvent ces derniers temps apr\u00e8s nous \u00eatre d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 de lui durant une longue p\u00e9riode o\u00f9 il \u00e9tait manifestement tomb\u00e9 sous l&rsquo;influence des groupes BAO type Soros &#038; Cie,  o\u00f9 l&rsquo;on voit bien que notre r\u00e9f\u00e9rence gorbatch\u00e9vienne n&rsquo;est certainement pas la constance de la justesse de son jugement. (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-gorbatchev_soutient_la_crim_e_russe_19_03_2014.html\" class=\"gen\">19 mars 2014<\/a> : \u00ab<em>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, Gorbatchev s&rsquo;\u00e9tait \u00e9loign\u00e9 de Poutine, qu&rsquo;il avait soutenu au d\u00e9but, en accentuant continuellement ses critiques contre lui au nom du corps de doctrine-Syst\u00e8me du bloc BAO (droitdel&rsquo;hommisme, d\u00e9mocratie, etc.). Gorbatchev avait \u00e9t\u00e9 plus ou moins r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par un appareil d&rsquo;agents d&rsquo;influence et de publicistes occidentaux qui l&rsquo;avaient pouss\u00e9 dans cette direction. A l&rsquo;occasion de cette crise ukrainienne, Gorbatchev, qui a tr\u00e8s vite d\u00e9nonc\u00e9 l&rsquo;influence du bloc BAO dans les \u00e9v\u00e8nements Euromaidan, rompt d\u00e9cisivement avec cette emprise. Il soutient la d\u00e9cision de la Crim\u00e9e, le rattachement de la Crim\u00e9e \u00e0 la Russie, lui qui est n\u00e9 en 1931 \u00e0 Stavropol d&rsquo;une famille russo-ukrainienne.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tGorbatchev se manifeste d\u00e9sormais, depuis la crise ukrainienne, de plus en plus dans un sens tonitruant (voir encore le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_vieux_sages_se_rebiffent_11_11_2014.html\" class=\"gen\">11 novembre 2014<\/a>), comme si l&rsquo;entr\u00e9e d\u00e9j\u00e0 bien affirm\u00e9e (83 ans) dans la huiti\u00e8me d\u00e9cennie de sa vie le revigorait, ou bien lui donnait le sens de l&rsquo;urgence face \u00e0 une situation qu&rsquo;il devine catastrophique. Le 11 novembre, justement, Gorbatchev s&rsquo;\u00e9tait manifest\u00e9 par un discours furieux \u00e0 Berlin, o\u00f9 il mettait en accusation les USA et le bloc BAO, comme tra\u00eetres \u00e0 leur parole d\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_un_quart_de_si_cle_kidnapp_et_retrouv__09_11_2014.html\" class=\"gen\">la Chute du Mur<\/a> et 1989, et responsables exclusifs des catastrophes que l&rsquo;on voit partout s&rsquo;accumuler. Ici, dans l&rsquo;intervention qui nous int\u00e9resse, c&rsquo;est \u00e0 Obama qu&rsquo;il s&rsquo;en prend, Obama en qui il avait fond\u00e9 des espoirs \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sidence. (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_mister_gorbatchev_i_presume__10_07_2009.html\" class=\"gen\">10 juillet 2009<\/a>.) Gorbatchev parle donc d&rsquo;Obama \u00e0 Brisbane, pour le G20, selon des propos rapport\u00e9s par RT le <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/206207-gorbachev-obama-lame-duck\/\" class=\"gen\">17 novembre 2014<\/a>,  propos de d\u00e9sappointement, sinon d&rsquo;un certain m\u00e9pris pour ce que l&rsquo;ancien dirigeant sovi\u00e9tique et russe juge de la l\u00e2chet\u00e9 et de la faiblesse du pr\u00e9sident des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Former Soviet President Mikhail Gorbachev has called the US president a lame duck.&rsquo; Commenting on the recent G20 summit in Australia, Gorbachev said he was disappointed in Obama and that he thought better&rsquo; of the American leader. Obama is a lame duck. One must not finish the job in such a mediocre way. He just decided to throw accusations around. He will be of no avail any more, unfortunately. I&rsquo;ve thought better of him, the former leader of the USSR told Rusnovosti radio. Gorbachev, who is praised around the world as a great advocate of democracy, used the American term  meaning an elected official, approaching the end of his time in office &#8211; when talking about Obama&rsquo;s comments at the G20 summit&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le second commentateur nous int\u00e9resse beaucoup plus, non parce qu&rsquo;il serait class\u00e9 \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur que le pr\u00e9c\u00e9dent, mais parce qu&rsquo;en l&rsquo;occurrence il compl\u00e8te et, surtout, <strong>\u00e9l\u00e8ve singuli\u00e8rement<\/strong> le propos de Gorbatchev. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;Indien MK Bhadrakumar, et, pour lui aussi, nos lecteurs savent combien nous appr\u00e9cions ses jugements et ses analyses d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s contrast\u00e9e. A chacune de ces r\u00e9centes sorties critiques des USA qui rencontraient \u00e9videmment notre appr\u00e9ciation (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-juste_et_claire_vision_de_mk_bhadrakumar_01_03_2014.html\" class=\"gen\">1er mars 2014<\/a> et le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_fureur_anti-bho_de_mk_bhadrakumar_31_07_2014.html\" class=\"gen\">31 juillet 2014<\/a>), nous n&rsquo;avons pas manqu\u00e9 de rappeler combien, \u00e0 nombre d&rsquo;autres occasions, le diplomate indien devenu commentateur sombrait selon nous dans une sorte d&rsquo;appr\u00e9ciation faussement rationnelle et v\u00e9ritablement fascin\u00e9e du r\u00f4le des USA,  tout de m\u00eame, r\u00e9cemment avec l&rsquo;hypoth\u00e8se que cette fascination serait en train de se dissoudre sous les tr\u00e8s rudes coups des diverses v\u00e9rit\u00e9s de situation  : \u00ab<em>Nous poursuivons notre suivi des commentaires de l&rsquo;excellent MK Bhadrakumar, l&rsquo;ancien et exp\u00e9riment\u00e9 diplomate indien, pass\u00e9 effectivement commentateur des relations internationales. On sait que Bhadrakumar cultive (cultivait ?), \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses excellentes analyses sur les pays hors du bloc BAO, une certaine fascination pour les USA, comme grand r\u00e9gulateur des dites relations internationales. Il semble que cette fascination soit en train de tr\u00e8s rapidement se dissoudre&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Dans tous les cas, ce n&rsquo;est pas Brisbane qui aura frein\u00e9 ce que nous esp\u00e9rons \u00eatre la dissolution de cette fascination propre \u00e0 un diplomate, pour la soi-disant vertu r\u00e9gulatrice des relations internationales des USA. Au contraire, et au contraire d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e9poustouflante, son court texte de commentaire sur Brisbane (sur son <em>Indian PunchLine<\/em>, le <a href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2014\/11\/17\/us-shows-pure-evil-to-russia-is-pays-back\/\" class=\"gen\">17 novembre 2014<\/a>) est d&rsquo;une fulgurance absolument exceptionnelle. Sa mise en accusation des USA, et principalement d&rsquo;Obama, est bien au-del\u00e0 de la politique et concerne le jugement m\u00e9tahistorique,  nous passons du <em>lame-duck<\/em> de Gorbatchev \u00e0 BHO-Iago, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme incarnation du Mal. Bhadrakumar d\u00e9nonce le traitement fait \u00e0 Poutine au travers d&rsquo;une machination infantile, orchestr\u00e9e par Obama pour une mise en sc\u00e8ne de plus (\u00ab<em>&#8230; un th\u00e9\u00e2tre de communication dont le seul but est d&rsquo;accr\u00e9diter la narrative du bloc BAO. Les arguments sont d&rsquo;une nullit\u00e9 consternante, les attitudes dignes de l&rsquo;agitation de jeunes \u00e9l\u00e8ves dans une cour de r\u00e9cr\u00e9ation d&rsquo;\u00e9cole primaire, lorsque se font les rassemblements conformistes o\u00f9 chacun veut briller plus que l&rsquo;autre en rajoutant sur la sottise originelle<\/em>\u00bb, selon nous le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_le_on_du_g20_et_le_jeu_de_la_russie_17_11_2014.html\" class=\"gen\">17 novembre 2014<\/a>) ; tout cela avec le z\u00e8le du laquais de service (l&rsquo;Australien Abbott) ; tout cela pour faire du Orwell de <em>La ferme des animaux<\/em> avant d&rsquo;en arriver \u00e0 l&rsquo;<em>Othello<\/em> de Shakespeare&#8230; Pourtant, juge Bhadrakumar, la mise en sc\u00e8ne fut contrecarr\u00e9e par la nouvelle de quelques d\u00e9capitations de plus par ISIS\/EI\/<em>Daesh<\/em>, rappelant que, par leur r\u00f4le dans l&rsquo;organisation de cette meute islamiste, la responsabilit\u00e9 des USA est enti\u00e8re, comme dans tant d&rsquo;autres occurrences, avec bien plus de sang sur les mains que celui que le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis croit distinguer sur les mains des autres. Ainsi Bhadrakumar parle-t-il d&rsquo;une justice po\u00e9tique, qui pourrait aussi bien \u00eatre la justice divine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>There is some poetic justice nonetheless that in the event, the US&rsquo;s triumphalism of turning the G20 into a pulpit to bait Russia proved short-lived. The IS has reminded Obama that the US has a lot of blood on its hands and murder begets murder. By the way, it is not Muslim blood alone; the regime change Obama presided over in Ukraine in February has so far killed 4000 people. What is one American life in Mesopotamia comparison? Yet, Obama calls It pure evil when IS killed  a single American.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The G20 at Brisbane could have been turned into a creative forum to try to find a solution to the Ukraine crisis. Instead PM Tony Abbott got a midnight phone call from Washington to turn the summit arena into an Orweliian animal farm. Which he did loyally&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBhadrakumar passe rapidement une revue les derniers \u00e9v\u00e9nements pseudo-diplomatique, avec la pseudo-politique US qui tient son r\u00f4le, tout cela devant d\u00e9sormais \u00eatre infect\u00e9 par cette grotesque-sinistre com\u00e9die de Brisbane destin\u00e9e \u00e0 rester selon lui comme un des legs catastrophiques de la pr\u00e9sidence Obama. (\u00ab[&#8230;T]<em>he bitterness created at Brisbane in Russia&rsquo;s relations with the West will vitiate the climate of world politics as a whole. The bad blood in US-Russia ties will find its echo in the United Nations Security Council while that body is called upon to address the hotspots. It will outlive the Obama presidency.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais surtout, dans les derni\u00e8res phrases de son texte, Bhadrakumar va soudain \u00e0 l&rsquo;essentiel (soulign\u00e9 de gras par nous) &#8230; \u00ab<em>Again, what happens if Russia abandons its self-restraint and switches gear to active opposition to the US&rsquo; policies  from one of passive non-cooperation? So far this hasn&rsquo;t happened for a variety of reasons. Is the G20 at Brisbane a defining moment, finally, for the Russian elites who pander to the West?  The point is, to borrow Obama&rsquo;s own expression about the IS,<\/em><strong><em> Russia just experienced pure evil from the US<\/em><\/strong><em>. What was exhibited at Brisbane was<\/em><strong><em> malignity of the sort that is motiveless<\/em><\/strong><em>  like<\/em><strong><em> Iago<\/em><\/strong><em>&lsquo;s in William Shakespeare&rsquo;s play Othello.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3><em>Pure evil<\/em> et Mal incarn\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que nous voulons mettre en \u00e9vidence se trouve dans deux constatations. La premi\u00e8re est que ces deux interventions de nos deux commentateurs, qui pr\u00e9sentent des caract\u00e8res assez abrupts, des jugements tranch\u00e9s et m\u00eame plus que cela, concernant le comportement des Etats-Unis\/du pr\u00e9sident des Etats-Unis, impliquent, compte tenu de la position, de l&rsquo;exp\u00e9rience et de la stature des intervenants, une v\u00e9ritable exasp\u00e9ration du jugement. Non seulement on critique ce comportement, on s&rsquo;y oppose, mais en plus on s&rsquo;interroge sur son fondement, sur sa logique, et on ne trouve pas d&rsquo;explication rationnelle acceptable. Le r\u00e9sultat est alors l&rsquo;exasp\u00e9ration devant cette politique nihiliste, d\u00e9structurante, productrice de d\u00e9sordre, qui ne d\u00e9bouche sur rien et qui agit exclusivement dans un sens mal\u00e9fique. Ce constat doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9, selon nous, comme une r\u00e9action psychologique qui \u00e9quivaut \u00e0 un fait politique de grande importance, qui ne va pas cesser de gagner du terrain \u00e0 mesure que se poursuivra ce comportement,  car ceci est assur\u00e9 dans notre chef : le comportement nihiliste de la direction-Syst\u00e8me des USA, <strong>non seulement se poursuivra mais s&rsquo;accentuera<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa seconde constatation concerne \u00e9videmment l&rsquo;intervention de Bhadrakumar. Ses derni\u00e8res phrases de conclusion disent ceci : Le fait est que, pour employer l&rsquo;expression d&rsquo;Obama \u00e0 propos de l&rsquo;\u00c9tat Islamique&rsquo;, la Russie a rencontr\u00e9 le Mal incarn\u00e9&rsquo; dans le chef du comportement des USA (du pr\u00e9sident des USA). Ce qui fut mis en \u00e9vidence \u00e0 Brisbane est un comportement mal\u00e9fique de la sorte qui n&rsquo;a pas d&rsquo;explication (rationnelle),  \u00e0 l&rsquo;image du Iago de l&rsquo;Othello&rsquo; de William Shakespeare. Nous traduisons \u00e0 dessein <em>pure evil<\/em> par Mal incarn\u00e9, parce que le Mal (une traduction de <em>evil<\/em>) est n\u00e9cessairement pur, et qu&rsquo;il fut, dans le cas  de Brisbane, effectivement incarn\u00e9 par Obama. La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Iago est importante, dans la mesure o\u00f9 ce personnage de Shakespeare est en g\u00e9n\u00e9ral reconnu comme le plus myst\u00e9rieux et le plus inexplicable de toute l&rsquo;uvre shakespearienne,  inexplicable sinon par le fait qu&rsquo;il serait, lui \u00e9galement, le Mal incarn\u00e9 le plus parfaitement r\u00e9alis\u00e9 dans un personnage de th\u00e9\u00e2tre. L&rsquo;article <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Iago\" class=\"gen\">Iago<\/a> du <em>Wikip\u00e9dia<\/em> dit ceci : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Iago is one of Shakespeare&rsquo;s most sinister villains, often considered such because of the unique trust that Othello places in him, which he betrays while maintaining his reputation of honesty and dedication. Shakespeare contrasts Iago with Othello&rsquo;s nobility and integrity. With 1,097 lines, Iago has more lines in the play than Othello himself.<\/em> [&#8230;] <em>Shakespearean critic A. C. Bradley said that evil has nowhere else been portrayed with such mastery as in the evil character of Iago, and also states that he stands supreme among Shakespeare&rsquo;s evil characters because the greatest intensity and subtlety of imagination have gone into his making. The mystery surrounding Iago&rsquo;s actual motives continues to intrigue readers and fuel scholarly debate&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela nous para\u00eet donc \u00eatre un \u00e9v\u00e9nement intellectuel extraordinaire, par rapport \u00e0 nos r\u00e9f\u00e9rences et \u00e0 nos rangements courants, qu&rsquo;un commentateur aussi polic\u00e9, aussi attentivement rationnel, aussi professionnel, aussi r\u00e9aliste et aussi diplomate dans tous les sens du terme que l&rsquo;est MK Bhadrakumar, emploie cette image, cette analogie, et \u00e9mette ce jugement qui d\u00e9passe de cent coud\u00e9es l&rsquo;appr\u00e9ciation politique jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre d&rsquo;une autre essence. Dire de l&rsquo;\u00c9tat Islamique qu&rsquo;il est le Mal incarn\u00e9 est une chose, o\u00f9 entre beaucoup de communication, de <em>narrative<\/em>, de manipulation et de simulation faussaire, de d\u00e9sordre bureaucratique, de d\u00e9magogie, de corruption psychologique, etc., tous ces caract\u00e8res faisant l&rsquo;essentiel de l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit d&rsquo;un politicien postmoderniste comme l&rsquo;est Obama,  sans qu&rsquo;il faille s&rsquo;en alarmer outre-mesure, ni s&rsquo;interroger sur le Mal \u00e0 ce propos ; dire d&rsquo;Obama qu&rsquo;il est, en sa qualit\u00e9 de pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, le Mal incarn\u00e9, est une autre chose, prodigieusement diff\u00e9rente, lorsqu&rsquo;elle est dite par un Bhadrakumar.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, un tel jugement signale qu&rsquo;on est justement \u00e0 court de jugement,  \u00e0 court de jugement si l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux r\u00e9f\u00e9rences rationnelles habituelles. C&rsquo;est la premi\u00e8re constatation qu&rsquo;on a vue plus haut (mais en plus on s&rsquo;interroge sur son fondement, sur sa logique, et on ne trouve pas d&rsquo;explication rationnelle acceptable), qui est ici r\u00e9p\u00e9t\u00e9e mais d\u00e9sormais prolong\u00e9e par ce constat : puisqu&rsquo;on est \u00e0 court d&rsquo;explication rationnelle acceptable, alors on choisit un jugement qui est hors de cette rationalit\u00e9 acceptable et l&rsquo;on en vient \u00e0 poser le diagnostic du Mal en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 Iago. Et le miracle se produit, en quelque sorte : ainsi dispose-t-on d&rsquo;une explication \u00e9videmment compl\u00e8te et satisfaisante du comportement des \u00c9tats-Unis, c&rsquo;est-\u00e0-dire de ce que nous nommons la direction-Syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, dans le chef de son repr\u00e9sentant le plus \u00e9lev\u00e9 en autorit\u00e9 et en pouvoir. Effectivement, le Mal incarn\u00e9 ne peut produire qu&rsquo;une politique absolument nihiliste au regard de notre raison, et absolument d\u00e9structurante et dissolvante au regard de notre \u00e9valuation de ses effets.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn observera que cette explication du Mal [<em>evil<\/em>] est, \u00e0 propos des USA et de sa direction-Syst\u00e8me, de plus en plus souvent employ\u00e9e par nombre de commentateurs, mais en g\u00e9n\u00e9ral du genre pol\u00e9mique ou extr\u00eamement engag\u00e9s dans l&rsquo;antiam\u00e9ricanisme\/l&rsquo;antiSyst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;un autre calibre que Bhadrakumar, qui ne pr\u00e9tendent pas \u00e0 une analyse politique stricte. Le terme, ou l&rsquo;expression, est employ\u00e9e le plus souvent comme une image sans r\u00e9elle cons\u00e9quence rationnelle, comme une illustration o\u00f9 l&rsquo;effet compte plus que la signification. Ce n&rsquo;est pas le cas de la sorte d&rsquo;esprit qu&rsquo;est celui de Bhadrakumar. C&rsquo;est pourquoi nous r\u00e9p\u00e9tons et renfor\u00e7ons notre propre jugement : un \u00e9v\u00e9nement intellectuel extraordinaire, par rapport \u00e0 nos r\u00e9f\u00e9rences et \u00e0 nos rangements courants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPeut-on s&rsquo;arr\u00eater l\u00e0 ? \u00c9videmment non.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui est dit est dit, et plus encore lorsque cela est dit \u00e0 propos d&rsquo;une \u00e9v\u00e9nement majeur, constant, v\u00e9rifi\u00e9 par la documentation, la r\u00e9p\u00e9tition, la dur\u00e9e, etc., qui caract\u00e9risent la politique de la direction-Syst\u00e8me des USA dans son orientation mal\u00e9fique depuis quelques ann\u00e9es,  sinon de nombreuses ann\u00e9es, si l&rsquo;on veut bien plonger au cur de l&rsquo;histoire r\u00e9cente en \u00e9cartant l&rsquo;historiologie hagiographique de complaisance. Le jugement prend encore plus de s\u00e9rieux, toujours selon la personnalit\u00e9 de celui qui l&rsquo;a \u00e9mis et qui nous fournit l&rsquo;occasion de cette analyse,  car c&rsquo;est bien d&rsquo;une analyse qu&rsquo;il est question, et non pas du constat d&rsquo;un accident, f\u00fbt-il extraordinaire. C&rsquo;est dans tous les cas notre jugement \u00e0 nous, si l&rsquo;on conna\u00eet un tant soit peu nos appr\u00e9ciations g\u00e9n\u00e9rales sur les caract\u00e8res du temps pr\u00e9sent, leurs dimensions m\u00e9tahistoriques, l&rsquo;orientation de nos observations, etc., dont on trouve toute la documentation voulue dans la rubrique <em>Glossaire.dde<\/em> autant que dans les pages de <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>,  sans parler de nombreux articles sur ce site, depuis de nombreuses ann\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question que soul\u00e8ve alors l&rsquo;appr\u00e9ciation de Bhadrakumar est de savoir si l&rsquo;on ne se trouve pas d\u00e9sormais dans le cas o\u00f9 le jugement g\u00e9n\u00e9ral ne pourrait pas, ou plut\u00f4t <strong>ne devrait pas<\/strong>, dans les circonstances extraordinaires qui sont celles du temps catastrophique pr\u00e9sent, s&rsquo;\u00e9vader du territoire de la raison,  ou plut\u00f4t de la raison telle qu&rsquo;elle fut subvertie par la modernit\u00e9, selon notre appr\u00e9ciation. (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\" class=\"gen\">18 juillet 2010<\/a>.) Envisager que le comportement de la plus forte et de la plus magnifi\u00e9e puissance du monde soit la production de l&rsquo;incarnation du Mal, que son pr\u00e9sident soit le Mal incarn\u00e9, nous fait entrer et fait entrer la politique de plain-pied sur le territoire de la m\u00e9taphysique de l&rsquo;Histoire telle que nous l&rsquo;entendons, et de tous les domaines qui lui sont li\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Cela ne nous fait pas pour autant entrer dans le domaine de la religion, comme l&rsquo;on a l&rsquo;habitude de faire lorsqu&rsquo;on \u00e9voque le mal en rangeant ce concept embarrassant dans un placard accommodant dont l&rsquo;\u00e9tiquette porte aussi bien la mention libert\u00e9 de croyance\/libert\u00e9 de religion que le commentaire placard des ustensiles d\u00e9pass\u00e9s. On peut se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 ce cas lorsqu&rsquo;il est question de l&rsquo;\u00c9tat Islamique, malgr\u00e9 tous les faux-nez qui encombrent cet \u00e9v\u00e9nement ; pas lorsqu&rsquo;il est question de la politique des \u00c9tats-Unis, malgr\u00e9 ce qu&rsquo;on peut estimer \u00eatre, pour certains jugements, la forte religiosit\u00e9 conceptuelle des USA, mais qui n&rsquo;est dans tous les cas nullement \u00e9tabli comme un fait central et doit \u00eatre tenu selon nous comme une appr\u00e9ciation accessoire. Non, lorsqu&rsquo;un Bhadrakumar parle du Mal incarn\u00e9 [<em>pure evil<\/em>] dans le cas de la politique de la direction-Syst\u00e8me des USA et de sa plus haute autorit\u00e9, la r\u00e9f\u00e9rence religieuse est soit accessoire, soit nulle. Impossible de ranger la chose dans ce placard-l\u00e0.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, nous le r\u00e9p\u00e9tons, cette perspective (entrer [&#8230;] de plain-pied sur le territoire de la m\u00e9taphysique de l&rsquo;Histoire telle que nous l&rsquo;entendons, et de tous les domaines qui lui sont li\u00e9s) ne nous effraie ni ne nous d\u00e9pla\u00eet en aucune fa\u00e7on puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une dimension qui nous est famili\u00e8re, et pour laquelle nous plaidons continuellement. Nous d\u00e9veloppons cette orientation,  en mettant \u00e0 part pour ce cas ce qui concerne nos propres convictions,  pour la m\u00e9thodologie que nous jugeons n\u00e9cessaire pour parvenir \u00e0 comprendre cette p\u00e9riode catastrophique o\u00f9 nous vivons.  On en voit l\u00e0-dessus, notamment dans le <em>Glossaire.dde<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_dimension_m_tahistorique_25_06_2014.html\" class=\"gen\">25 juin 2014<\/a> sur la dimension m\u00e9tahistorique, \u00e0 l&rsquo;intertitre \u00ab<em>Utilisation m\u00e9thodologique du pari pascalien<\/em>\u00bb : \u00ab<em> De ce point de vue, on ajoutera que la d\u00e9marche m\u00e9tahistorique est fondamentalement bas\u00e9e sur la raison comme outil d&rsquo;exploration et d&rsquo;exploitation du concept. Cette id\u00e9e est contenue dans un d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9ral, dans un passage du deuxi\u00e8me tome (Le deuxi\u00e8me Cercle) de La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire, o\u00f9 est expos\u00e9 l&rsquo;avantage d&rsquo;une r\u00e9flexion rationnelle dans un cadre conceptuel acceptant la dimension divine (ou dimension ineffable) comme r\u00e9f\u00e9rence principale instaurant le fait de la spiritualit\u00e9 comme structure de la r\u00e9flexion rationnelle.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9v\u00e9nement que nous voulons souligner dans ce cadre g\u00e9n\u00e9ral est celui de l&rsquo;avancement catastrophique de cette \u00e9poque, au point o\u00f9 des esprits qui n&rsquo;ont jamais utilis\u00e9 cette m\u00e9thodologie dans leurs commentaires, y sont conduits sinon contraints. En effet, arriv\u00e9s au point o\u00f9 nous sommes, la politique des USA,  mais disons enfin, plut\u00f4t, la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">politique-Syst\u00e8me<\/a>, car c&rsquo;est int\u00e9grer ainsi notre arsenal dialectique,  ne peut plus s&rsquo;expliquer que par sa proximit\u00e9 du Mal (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_proximit_du_mal_ddecrisis_04_01_2013.html\" class=\"gen\">14 janvier 2013<\/a>), c&rsquo;est-\u00e0-dire par sa fonction op\u00e9rationnelle d&rsquo;incarnation du Mal, ou autrement dit sa fonction d&rsquo;op\u00e9rationnalisation du Mal. C&rsquo;est bien entendu dans ce sens que nous confirmons l&rsquo;hypoth\u00e8se \u00e9voqu\u00e9e plus haut selon laquelle le G20 de Brisbane repr\u00e9sente [&#8230;] un \u00e9v\u00e9nement extr\u00eamement significatif du bouleversement complet de la forme de la politique du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Iago, l&rsquo;impromptu de Brisbane 18 novembre 2014 L&rsquo;on sait que nous travaillons selon une m\u00e9thodologie qualitative extr\u00eamement s\u00e9lective, pour arriver \u00e0 sortir de la masse grotesque \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre colossale d&rsquo;informations et de commentaires des synth\u00e8ses significatives permettant d&rsquo;approcher ce que nous voudrions d\u00e9terminer comme v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une situation. 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