{"id":75640,"date":"2014-12-03T05:18:37","date_gmt":"2014-12-03T05:18:37","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/12\/03\/sagesse-de-poutine\/"},"modified":"2014-12-03T05:18:37","modified_gmt":"2014-12-03T05:18:37","slug":"sagesse-de-poutine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/12\/03\/sagesse-de-poutine\/","title":{"rendered":"Sagesse de Poutine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Sagesse de Poutine<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tDans un article relev\u00e9 par dedefensa, (publi\u00e9 en entier, <a href=\"http:\/\/www.vineyardsaker.fr\/2014\/11\/21\/en-quoi-la-russie-est-elle-vulnerable-aux-sanctions-ainsi-quaux-incursions-militaires-de-lunion-europeenne-et-des-usa\/#more-7771\" class=\"gen\">ici<\/a>) James Petras exprime ses appr\u00e9hensions concernant la situation russe en g\u00e9n\u00e9ral en proposant une lecture des \u00e9v\u00e9nements qui se sont succ\u00e9d\u00e9 depuis l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. Ses propos s&rsquo;articulent sur une vision causale dans laquelle le r\u00f4le des oligarques russes est n\u00e9gatif, tandis que Poutine est pr\u00e9sent\u00e9 comme un redresseur de la situation interne, prenant toujours tardivement conscience des intentions destructives de l&rsquo;Occident. Pour finir, il invite le pr\u00e9sident russe \u00e0 d\u00e9velopper une politique activement anti-imp\u00e9rialiste seule en mesure, \u00e0 ses yeux, de favoriser le salut de la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes propos rejoignent pour l&rsquo;essentiel les diverses interventions de Paul Craig Robert exhortant Poutine \u00e0 passer fermement \u00e0 l&rsquo;action parce que, dit-il en substance, l&rsquo;Occident n&rsquo;arr\u00eatera pas son offensive destructrice si les pulsions guerri\u00e8res qui l&rsquo;animent ne rencontrent pas une riposte vigoureuse et d\u00e9cisive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBeaucoup d&rsquo;analystes d\u00e9plorent par ailleurs la prudence de Poutine et l&rsquo;on sait que la question ukrainienne suscite des positions ultranationalistes dans les milieux militaires russes qui combattent pour le Sud-Est de l&rsquo;Ukraine et pour la d\u00e9fense de l&rsquo;identit\u00e9 des russophones. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa vision commune de ces postures est conditionn\u00e9e par ce qui est consid\u00e9r\u00e9 &#8211; au moins depuis la r\u00e9volution fran\u00e7aise &#8211; comme la marche de l&rsquo;histoire occidentale, ainsi que par une philosophie de l&rsquo;histoire envisageant l&rsquo;\u00eatre et le devenir des soci\u00e9t\u00e9s humaines comme reposant sur la fatalit\u00e9 des conflits et de la guerre, et d\u00e9termin\u00e9es par l&rsquo;\u00e9volution des technologies. Le prototype de cette <em>narrative<\/em> est fourni par <em>La Guerre du P\u00e9loponn\u00e8se<\/em> de Thucydide et de l&rsquo;histoire de la Gr\u00e8ce antique en g\u00e9n\u00e9ral, consid\u00e9r\u00e9e comme un mod\u00e8le et un point de d\u00e9part de l&rsquo;historiographie occidentale. Ce point de d\u00e9part tourne le dos aux mill\u00e9naires de paix qu&rsquo;ont travers\u00e9 les civilisations \u00e9gyptienne et chinoise de la Haute Antiquit\u00e9, dont chacune n&rsquo;a connu de conflits guerriers  n\u00e9cessaires \u00e0 leurs unifications internes respectives   que pendant une br\u00e8ve p\u00e9riode. L&rsquo;uvre maitresse de l&rsquo;historien britannique, Arnold Toynbee, <em>A Study of History<\/em>, est exemplaire \u00e0 cet \u00e9gard ; elle commence par invoquer Thucydide et repose sur une tension entre deux tendances contraires : une \u00e9volution historique horizontale qui voit de grandes soci\u00e9t\u00e9s (civilisations) se d\u00e9velopper sans contacts entre elles (Sumer, \u00c9gypte pharaonique, Chine) et d&rsquo;autres qui sont  affili\u00e9es (1) les unes aux autres. Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette approche, Toynbee d\u00e9veloppe une vision bas\u00e9e sur l&rsquo;image de l&rsquo;escalade de hauteurs  dont on ne peut voir les sommets  par des civilisations qui se succ\u00e8dent en se passant le relais les unes aux autres comme des alpinistes ext\u00e9nu\u00e9s par l&rsquo;effort. C&rsquo;est une vision charpent\u00e9e par la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution (Darwin) et par la philosophie de Hegel supposant une progression de La Raison dans l&rsquo;Histoire, qui s&rsquo;oppose \u00e0 celle de Platon pour lequel il n&rsquo;y a qu&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 donn\u00e9e une fois pour toutes : celle des Id\u00e9es,  qui ne changent qu&rsquo;au niveau des formes, lesquelles suscitent l&rsquo;illusion d&rsquo;une \u00e9volution. Cette vision est relay\u00e9e au XIXe si\u00e8cle par Schopenhauer (2)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes critiques et les r\u00e9serves suscit\u00e9es par la prudence du pr\u00e9sident russe ne voient pas que leur approche reste ancr\u00e9e dans une vision de l&rsquo;histoire d\u00e9j\u00e0 r\u00e9volue. C&rsquo;est une vision qui s&rsquo;est en effet fracass\u00e9e sur le Mur de Berlin, ou sur l&rsquo;image mythique qui en fut donn\u00e9e. Depuis cet instant nous ne sommes plus dans une continuit\u00e9 historique mais dans une rupture ; projet\u00e9s subrepticement dans une dimension m\u00e9tahistorique, selon l&rsquo;approche <em>intuitive<\/em> propos\u00e9e par Philippe Grasset, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans une dimension situ\u00e9e <em>au-del\u00e0<\/em> de l&rsquo;histoire, devenus ignorants de notre <strong>devenir<\/strong> et nous demandant m\u00eame si nous allons continuer \u00e0 <strong>\u00eatre<\/strong> ! On se trouvait sur une route bien balis\u00e9e et brusquement toute visibilit\u00e9 a disparu ! C&rsquo;est dans cette d\u00e9tresse soudaine que na\u00eet le sentiment du chaos, ou plut\u00f4t, comme dit Philippe Grasset, du d\u00e9sordre, dans la mesure o\u00f9 \u00ab tout ordre est contingent et con\u00e7u comme tel \u00bb (Bergson). Dans cette mesure, le chaos est \u00e9galement en nous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui  et c&rsquo;est en cela que les r\u00e9serves et les appr\u00e9hensions soulign\u00e9es plus haut rev\u00eatent  leur importance  cette <em>narrative<\/em> de l&rsquo;ascension ou du progr\u00e8s ,  bas\u00e9e sur l&rsquo;ambition d&rsquo;un <strong>devenir<\/strong> est en train de c\u00e9der, pour ainsi dire sur tous les fronts, devant la volont\u00e9 d&rsquo;<strong>\u00eatre<\/strong>. Le devenir n\u00e9cessite <strong>un ordre<\/strong> et l&rsquo;\u00eatre suppose <strong>l&rsquo;impr\u00e9visibilit\u00e9<\/strong> (3). La Russie est le pivot de ce glissement m\u00e9tahistorique. La Russie de Poutine qui veut simplement <strong>\u00eatre<\/strong> ce qu&rsquo;elle <strong>est<\/strong> succ\u00e8de \u00e0 une Union sovi\u00e9tique qui proposait un <strong>devenir universel<\/strong>. Ce recentrage de la Russie sur elle-m\u00eame \u00e0 travers la d\u00e9fense de sa souverainet\u00e9, a suffi pour la rendre impr\u00e9visible au regard d&rsquo;un ordre occidental qui se propose d\u00e9sormais comme le seul <strong>devenir possible<\/strong> de l&rsquo;humanit\u00e9. Cela suffit pour installer durablement un contexte conflictuel et cr\u00e9er une zone de fracture allant de la Mer baltique au Golfe persique. Sur cette ligne une guerre \u00e0 mort est d\u00e9sormais enclench\u00e9e entre <strong>la volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre<\/strong> souverain (comme celle des R\u00e9publiques auto-proclam\u00e9es du Sud-Est de l&rsquo;Ukraine, de l&rsquo;Irak, de la Syrie, de l&rsquo;\u00c9gypte etc) et <strong>l&rsquo;ambition de devenir<\/strong> (europ\u00e9ens pour les autorit\u00e9s de Kiev, la Pologne et les autres ex-membres du Pacte de Varsovie ; ou neutres comme semble-t-il les Hongrois, ou r\u00e9-islamis\u00e9s pour ce qui a trait \u00e0 la n\u00e9buleuse qui orbite autour de la Confr\u00e9rie des Fr\u00e8res musulmans soutenue par la Turquie et par l&rsquo;OTAN).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Europe se situe dans la trajectoire r\u00e9troactive de l&rsquo;onde de choc en retour n\u00e9e de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;utopie communiste. Cette onde de choc balaie sous nos yeux l&rsquo;id\u00e9ologie sociale-d\u00e9mocrate, fait vaciller le syst\u00e8me des d\u00e9mocraties occidentales et menace de mettre \u00e0 bas l&rsquo;id\u00e9ologie humaniste en montrant, comme de Maistre l&rsquo;avait malicieusement soulign\u00e9 (4), que l&rsquo;homme n&rsquo;existe pas. Pour avoir cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9manciper cet homme qui n&rsquo;existe pas, on a abouti au Goulag o\u00f9 ont p\u00e9ri des millions d&rsquo;hommes particuliers, et on r\u00eave aujourd&rsquo;hui dans les milieux technoscientifiques occidentaux d&rsquo;une \u00e8re qui verrait la disparition progressive de l&rsquo;homme particulier au profit de la machine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPoutine a v\u00e9cu au cur de ce s\u00e9isme m\u00e9tahistorique et il en connaissait les causes internes ; les oligarques, Boris Elstine, le bombardement de la Douma, l&rsquo;effondrement de la d\u00e9mographie, la r\u00e9gression sociale sous toutes ses formes et la liste impressionnante des maux \u00e9tablie par James Petras, ont \u00e9t\u00e9 moins per\u00e7us par lui comme l&rsquo;effet des coups de boutoir des Chicago boys  moderne incarnation h\u00e9g\u00e9lienne de l&rsquo;activisme \u00e9conomiste dans l&rsquo;histoire  que comme l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une \u00e9volution int\u00e9rieure, caract\u00e9ris\u00e9e par la toute puissance et l&rsquo;impunit\u00e9 des \u00e9lites sovi\u00e9tiques au prix d&rsquo;une \u00e9rosion totale de leur cr\u00e9dibilit\u00e9, du d\u00e9litement du tissu social, de la destruction des solidarit\u00e9s, du d\u00e9veloppement des \u00e9go\u00efsmes et du parasitisme, ainsi que de l&rsquo;usure de toute esp\u00e9rance. C&rsquo;est ce terrain qui a pr\u00e9par\u00e9 l&rsquo;effondrement, puis le chaos et la cur\u00e9e qui ont suivi. Vue de l&rsquo;int\u00e9rieur, l&rsquo;attitude occidentale n&rsquo;\u00e9tait pas d\u00e9cisive, loin de l\u00e0, car les \u00e9lites ultra-lib\u00e9rales se conduisent partout de la m\u00eame fa\u00e7on quand le terrain leur est propice : au Chili apr\u00e8s Allende, en Argentine puis aux Etats-Unis m\u00eames o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 est de plus en plus fragilis\u00e9e, paup\u00e9ris\u00e9e, perdant la relative coh\u00e9sion sans laquelle il n&rsquo;est pas de sursaut possible. Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne atteint les pays de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Sans doute conscients de cet aspect intrins\u00e8quement malfaisant du capitalisme ultra-lib\u00e9ral, des intellectuels \u00e9tasuniens en sont arriv\u00e9s \u00e0 s&rsquo;imaginer Poutine dans la position d&rsquo;un sauveur. Mais l&rsquo;attitude de l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 semble indiquer de tout autres dispositions. Le plus important n&rsquo;est pas d&rsquo;attaquer un adversaire ext\u00e9rieur mais de pr\u00e9munir de l&rsquo;int\u00e9rieur sa proie potentielle en puisant dans ses forces propres, sans que cela puisse \u00eatre per\u00e7u (en d\u00e9pit de toutes les <em>narrative<\/em> occidentales)  comme une menace ; c&rsquo;est-\u00e0-dire sans faire le cadeau d&rsquo;un ennemi aux pays de l&rsquo;OTAN qui en cherchent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment un, partout. Il sait que l&rsquo;existence de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique a fourni ce cadeau \u00e0 un Occident qui s&rsquo;est pos\u00e9 en d\u00e9fenseur du Monde Libre. Il ne perd pas de vue le fait que le probl\u00e8me est de nature id\u00e9ologique et que, pour ne pas susciter une nouvelle croisade contre la F\u00e9d\u00e9ration de Russie, il lui faut donner l&rsquo;assurance que celle-ci ne quitte pas le terrain de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9, mais qu&rsquo;elle ne consid\u00e8re pas cette derni\u00e8re comme un Veau d&rsquo;or auquel elle pourrait sacrifier les attributs de sa souverainet\u00e9. Il n&rsquo; y a pas de raison de s&rsquo;afficher anti-imp\u00e9rialiste quand on d\u00e9fend le principe de la souverainet\u00e9 ; c&rsquo;est ce que certains critiques omettent de relever. La d\u00e9fense de la souverainet\u00e9 nationale peut \u00eatre comprise \u00e0 la fois comme un mouvement rectificatif plan\u00e9taire (soutenu par la Chine, l&rsquo;Inde, le Br\u00e9sil, l&rsquo;Argentine, le Venezuela, l&rsquo;Iran, l&rsquo;\u00c9gypte, l&rsquo;Afrique du Sud, et d&rsquo;autres pays non-align\u00e9s) et comme la gestation d&rsquo;une autre vision pr\u00f4nant un monde unifi\u00e9 qui r\u00e9fute l&rsquo;unilat\u00e9ralisme au profit de la diversit\u00e9 et veut favoriser les affiliations et les compl\u00e9mentarit\u00e9s, tout en invitant les acteurs occidentaux \u00e0 y trouver leurs places respectives. C&rsquo;est le contraire de la globalisation bas\u00e9e sur une uniformisation orwellienne de l&rsquo;humanit\u00e9. Mais c&rsquo;est surtout \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9marche visant \u00e0 diviser le monde en blocs antagonistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tS&rsquo;affirmer anti-imp\u00e9rialiste , comme le demande M. Petras, reviendrait, en effet, \u00e0 vouloir rejouer la s\u00e9quence des \u00ab blocs \u00bb prolong\u00e9e par des guerres froides successives ; c&rsquo;est vouloir proroger vaille que vaille une p\u00e9riode historique o\u00f9 la politique de la Russie \u00e9tait induite par celle de l&rsquo;Occident, et vice-versa. Or, une politique induite par le comportement de l&rsquo;adversaire ne peut  pas \u00eatre souveraine, mais ali\u00e9n\u00e9e. La politique des blocs n&rsquo;est pas souhait\u00e9e par l&rsquo;Inde, la Chine et toutes les puissances du Sud qui d\u00e9sirent comme la Russie se soustraire aux griffes de l&rsquo;imp\u00e9rialisme de l&rsquo;Occident, sa face sombre, sans se couper de sa face claire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCependant, pour d\u00e9fendre son ordre, l&rsquo;alliance occidentale ne peut pas faire autrement que de s&rsquo;efforcer par tous les moyens de renforcer ses rangs, son intransigeance et son unilat\u00e9ralisme en faisant converger toutes les composantes de sa puissance dans une orientation anti-Poutine, persuad\u00e9e que si elle parvenait \u00e0 d\u00e9faire la Russie, elle r\u00e9ussirait \u00e0 reprendre le contr\u00f4le du mouvement de l&rsquo;histoire, ou, du moins, \u00e0 le remettre sur les rails. Mais que serait cette convergence de puissances si elle ne trouvait en face d&rsquo;elle rien pour l&rsquo;arr\u00eater sur sa lanc\u00e9e ? Laisser faire l&rsquo;adversaire, le laisser venir, telle semble \u00eatre la politique de Poutine, qui, quand l&rsquo;opportunit\u00e9 se pr\u00e9sente, fait <em>A\u00efkido<\/em> ! L&rsquo;homme n&rsquo;est pas un adepte des arts martiaux et n&rsquo;assure pas ses arri\u00e8res avec un ministre de la d\u00e9fense bouddhiste, sans \u00eatre impr\u00e9gn\u00e9 de sagesse asiatique. Sa politique refl\u00e8te bien \u00e0 cet \u00e9gard la double appartenance de la Russie qui pousse Vladimir Poutine \u00e0 souligner constamment son attachement \u00e0 l&rsquo;Europe, dont la Russie a toujours su prendre la meilleure part et repousser la pire, et \u00e0 s&rsquo;appuyer sur la Chine, cette puissance asiatique qui fut, et reste, \u00e0 l&rsquo;image de la Russie harcel\u00e9e par l&rsquo;imp\u00e9rialisme occidental et nippon, et qui cherche aussi \u00e0 \u00eatre ce qu&rsquo;elle est.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Hedi Dhoukar<\/p>\n<\/p>\n<h4>Notes<\/h4>\n<p>(1) Toynbee : \u00ab La civilisation orthodoxe orientale, la civilisation chr\u00e9tienne occidentale et la civilisation islamique sont affili\u00e9es, dans le sens courant du mot, aux civilisations hell\u00e9nique et syrienne. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(2) \u00ab Une r\u00e9elle philosophie de l&rsquo;histoire ne doit donc pas consid\u00e9rer, comme le font tous ces autres, ce qui, pour parler la langue de Platon, DEVIENT toujours et n&rsquo;EST jamais, et le tenir pour l&rsquo;essence v\u00e9ritable des choses, mais elle doit garder \u00e0 l&rsquo;il ce qui est toujours et ne devient ni ne passe jamais. \u00bb Le monde comme volont\u00e9 et repr\u00e9sentation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(3) \u00ab Des ph\u00e9nom\u00e8nes astronomiques on dira qu&rsquo;ils manifestent un ordre admirable, entendant par l\u00e0 qu&rsquo;on peut les pr\u00e9voir m\u00e9caniquement. Et l&rsquo;on trouvera un ordre non moins admirable \u00e0 une symphonie de Beethoven, qui est la g\u00e9nialit\u00e9, l&rsquo;originalit\u00e9 et par cons\u00e9quent l&rsquo;impr\u00e9visibilit\u00e9 m\u00eame.<D>\u00bb (H. Bergson, L&rsquo;\u00e9volution cr\u00e9atrice, chap. sur le d\u00e9sordre et les deux ordres.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(4) \u00ab J&rsquo;ai vu dans ma vie des Fran\u00e7ais, des Italiens, des Russes ; je sais m\u00eame, gr\u00e2ce \u00e0 Montesquieu, qu&rsquo;on peut \u00eatre persan ; mais quant \u00e0 l&rsquo;homme je d\u00e9clare ne l&rsquo;avoir rencontr\u00e9 dans ma vie ; s&rsquo;il existe, c&rsquo;est bien \u00e0 mon insu.<D>\u00bb Cit\u00e9 par Jean-Michel Besnier dans L&rsquo;homme simplifi\u00e9, le syndrome de la touche \u00e9toile, (Fayard 2014), essai stimulant qui d\u00e9crit les d\u00e9rives et les d\u00e9lires du transhumanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sagesse de Poutine Dans un article relev\u00e9 par dedefensa, (publi\u00e9 en entier, ici) James Petras exprime ses appr\u00e9hensions concernant la situation russe en g\u00e9n\u00e9ral en proposant une lecture des \u00e9v\u00e9nements qui se sont succ\u00e9d\u00e9 depuis l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. 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