{"id":75713,"date":"2015-01-19T16:56:31","date_gmt":"2015-01-19T16:56:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/01\/19\/chronique-du-19-courant-confidences-du-dehors\/"},"modified":"2015-01-19T16:56:31","modified_gmt":"2015-01-19T16:56:31","slug":"chronique-du-19-courant-confidences-du-dehors","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/01\/19\/chronique-du-19-courant-confidences-du-dehors\/","title":{"rendered":"Chronique du 19 courant \u2026 Confidences du dehors"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Chronique du 19 courant  Confidences du dehors<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t19 janvier 2015 &#8230; Il est vrai que j&rsquo;avais d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;en parler pour cette <em>Chronique du 19 courant&#8230;<\/em> et qu&rsquo;en m\u00eame temps je me maudissais d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 contraint par moi-m\u00eame, et cela en toute libert\u00e9, de d\u00e9cider d&rsquo;en parler. (En passant mais non point indiff\u00e9remment par rapport aux d\u00e9bats-en-cours, voil\u00e0 qui donne une mesure, dans le cadre de ce d\u00e9tail pourtant si mineur, des contraintes que donne \u00e0 l&rsquo;\u00eatre la libert\u00e9 dont soi-disant il dispose d\u00e9sormais, et \u00e0 profusion depuis le 11 courant&#8230;) Mais quoi, il faut s&rsquo;y tenir lorsqu&rsquo;on tient une d\u00e9cision, parce qu&rsquo;il faut savoir se tenir&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour ce cas, un pr\u00e9liminaire que je qualifierais presque de technique est n\u00e9cessaire, qui dit qu&rsquo;il s&rsquo;agit de bien distinguer les deux plumes du m\u00eame dans <em>dedefensa.org<\/em>,  celle du commentateur (PhG mais ailleurs) et celle du chroniqueur (PhG, ici m\u00eame). Le premier, constant et ent\u00eat\u00e9 commentateur du site, avait le devoir, selon ses conceptions de travail et l&rsquo;orientation de ces conceptions, d&rsquo;observer l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement sans s&rsquo;y laisser emporter par un engagement et, qui sait, une passion qui auraient brouill\u00e9 son jugement et l&rsquo;auraient emp\u00each\u00e9 d&rsquo;avoir une chance d&rsquo;en distinguer le sens et l&rsquo;essence. Laissons cette plume de c\u00f4t\u00e9, ce n&rsquo;est pas elle qui \u00e9crit \u00e0 cet instant. Le chroniqueur, lui, entend bien vous faire part de ses \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me et d&rsquo;esprit durant ces \u00e9v\u00e9nements, particuli\u00e8rement ce fameux 11 janvier, sans autre pr\u00e9caution et sans but particulier d&rsquo;en sortir un enseignement pr\u00e9cis&#8230; Cela n&#8217;emp\u00eacherait pas, d&rsquo;ailleurs, qu&rsquo;il en sort\u00eet quelque chose qui puisse faire office d&rsquo;un enseignement pr\u00e9cis d\u00e9voilant ainsi le but inconscient du propos.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa bonne circonstance pour mon compte est que cette <em>Chronique du 19 courant&#8230;<\/em> vienne \u00e9videmment huit jours apr\u00e8s le 11, alors que la tension et les \u00e9clats du tremblement de terre ont commenc\u00e9 \u00e0 se rel\u00e2cher et \u00e0 retomber, que les nuances apparaissent, que la <em>narrative<\/em> massive initiale d\u00e9crivant l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a perdu sa belle unit\u00e9 et commence \u00e0 se d\u00e9composer. Cela correspond assez curieusement, et fort harmonieusement, au calme qui dirige la plume du chroniqueur \u00e0 l&rsquo;entame de ce texte. Pourtant, il ne fait pas le moindre doute que mon double-commentateur n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre dans les choses qui ont eu lieu dans ces quelques jours tous les signes les plus \u00e9vidents d&rsquo;une crise nerveuse d&rsquo;une dimension universelle et colossale dont la cause <strong>profonde<\/strong> n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec <em>Charlie<\/em> et ses avatars, ni m\u00eame avec les menaces contre la libert\u00e9 d&rsquo;expression, et tout avec la Grande Crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me (cela \u00e9crit d\u00e8s le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_11-septembre_la_fran_aise__08_01_2015.html\" class=\"gen\">8 janvier 2014<\/a> et amplifi\u00e9 le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_crise_nerveuse_globalis_e_11_01_2015.html\" class=\"gen\">11 janvier 2014<\/a>). Le chroniqueur et son double-commentateur ne faisant qu&rsquo;un malgr\u00e9 leurs deux plumes, il est \u00e9vident que ce diagnostic a marqu\u00e9 l&rsquo;humeur, les sentiments et les jugements du premier. Pourtant, arriv\u00e9 \u00e0 cette \u00e9tape de la <em>Chronique du 19 courant&#8230;<\/em>, c&rsquo;est bien cette esp\u00e8ce de grand calme dont je vous parle qui domine, comme un sentiment d&rsquo;harmonie qui para\u00eetrait bien inattendu et paradoxal au regard du d\u00e9sordre du monde dont nous nous occupons jour apr\u00e8s jour, mon double et moi. Je vous parle d&rsquo;une humeur qui n&rsquo;implique en rien un jugement mais qui en est tout de m\u00eame un constituant important, et qui en est certainement le reflet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi dirais-je qu&rsquo;au fond de moi, \u00e9crivant dans le cadre de cette chronique, je me suis senti \u00e9tranger \u00e0 tout cela ; ni \u00e9mu, ni remu\u00e9, ni furieux, ni effray\u00e9, ni rien du tout, simplement en-dehors&#8230; Ce n&rsquo;est pas absence du sentiment par lassitude, ni dess\u00e9chement de soi-m\u00eame ; je sais bien combien je peux \u00eatre \u00e9mu, boulevers\u00e9, par des incursions et des incidents de la vie qui me replongent pour un instant dans mes relations affectives avec l&rsquo;objet de cette r\u00e9flexion,  puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la France, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une de ces entit\u00e9s autour de laquelle, et bien entendu dans le cas d&rsquo;un Fran\u00e7ais, se d\u00e9veloppe et se nuance une partie profonde de la vie intellectuelle profonde d&rsquo;un \u00eatre. (L&rsquo;on sait, pour ceux qui me lisent, combien Verdun en tant qu&rsquo;\u00e9v\u00e9nement bouleversant et terrible de l&rsquo;histoire de France fut et reste un facteur essentiel de cette vie intellectuelle pour mon compte : nombre de textes sur ce site en t\u00e9moignent, notamment ceux du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_r_silience_de_verdun_19_11_2012.html\" class=\"gen\">19 novembre 2012<\/a> et du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_j_ai_rendez-vous_avec__19_11_2013.html\" class=\"gen\">19 novembre 2013<\/a> de cette <em>Chronique du 19 courant&#8230;<\/em>.) Est-ce \u00e0 dire que cet \u00e9v\u00e9nement ne signifie rien, qu&rsquo;il n&rsquo;est rien pour moi ? Bien s\u00fbr que non ; cette question absurde n&rsquo;\u00e9tant signifi\u00e9e que pour justifier l&rsquo;encha\u00eenement, mais apr\u00e8s avoir signal\u00e9 qu&rsquo;il aurait pu n&rsquo;y avoir rien sur quoi encha\u00eener.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJ&rsquo;ai dit le mot \u00e9tranger pour qualifier cette attitude, qui est un mot \u00e9trange, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux multiples significations. Il vient du latin <em>extraneus<\/em>, signifiant aussi bien \u00ab<em>du dehors, ext\u00e9rieur ; qui n&rsquo;est pas de la famille, du pays, \u00e9tranger<\/em>\u00bb, ce qui laisse effectivement nombre de possibilit\u00e9s de l&rsquo;interpr\u00e9tation. J&rsquo;entends ce mot comme le titre du livre, avec un peu de <em>L&rsquo;homme qui n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0<\/em> (le film des fr\u00e8res Coen), lequel s&rsquo;inspire \u00e9videmment du Meursault de Camus qui est <em>L&rsquo;\u00c9tranger<\/em> dont nous parlons&#8230; Ce Meursault qui, malgr\u00e9 son absence, est aussi le Meursault du grand soleil d&rsquo;Alger qui fut le mien, dont lui-m\u00eame explique qu&rsquo;il constitu\u00e2t le cause m\u00e9canique de son crime par ses reflets intempestifs, et tout le monde rigole dans la salle d&rsquo;audience ; le grand soleil d&rsquo;Alger qui m&rsquo;est rest\u00e9 un peu dans la t\u00eate et dont je me d\u00e9ferai un jour et au moins pour quelques instants, pour lui rendre l&rsquo;hommage de mon souvenir,  et au fond, ce grand soleil-l\u00e0, qui explique apr\u00e8s tout mon d\u00e9sengagement, si l&rsquo;on veut bien s&rsquo;y arr\u00eater comme \u00e0 un symbole, comme \u00e0 une explication \u00e0 la fois psychologique et g\u00e9ographique, et historique bien entendu&#8230; (Un peu comme je m&rsquo;en explique \u00e0 propos du titre <em>M\u00e9moires du dehors<\/em>, dans le sens o\u00f9 je m&rsquo;en suis d\u00e9j\u00e0 entretenu, toujours dans cette m\u00eame chronique, il y a exactement deux ans [le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_une_passion_en_hiver_19_01_2013.html\" class=\"gen\">19 janvier 2013<\/a>]. Ainsi est-il acquis que cette impression du dehors, d&rsquo;\u00eatre \u00e9tranger, n&rsquo;est finalement jamais aussi d\u00e9cisive qu&rsquo;elle le para\u00eet, mais en v\u00e9rit\u00e9 dissimulatrice d&rsquo;am\u00e9nagements qui conduisent, derri\u00e8re l&rsquo;apparente indiff\u00e9rence qui finit par devenir harmonie comme je l&rsquo;ai dit, \u00e0 une attente ardente d&rsquo;une autre lumi\u00e8re qui \u00e9clairera enfin le sens du monde, qui se pr\u00e9parait peut-\u00eatre dans le grand-soleil d&rsquo;Alger&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi en suis-je venu pour mon compte et pr\u00e9cis\u00e9ment pour le propos de cette <em>Chronique<\/em>, \u00e0 douter de la profonde r\u00e9alit\u00e9 structurelle et conceptuelle de cet \u00e9v\u00e9nement (je parle du 11 janvier), dans ce ni\u00e8me tourbillon d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements dans l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, de d\u00e9clarations et de d\u00e9clamations, accouchant d&rsquo;un \u00e9norme bruit de plus en plus uniforme, d&rsquo;un tintamarre de fond qui finit par se neutraliser lui-m\u00eame, jusqu&rsquo;\u00e0 vous conduire par un effet indirect \u00e9trange dans une sorte de silence qui est celui du cyclone, l\u00e0 o\u00f9 les choses ne bougent plus parce que la formidable temp\u00eate tourne sur elle-m\u00eame en creusant et en entretenant sans cesse un espace de calme et d&rsquo;apaisement au-dedans d&rsquo;elle-m\u00eame &#8230; Ainsi voyez-vous ce que je veux dire en parlant de mon calme dans cette occurrence,  ce que certains jugeraient faussement \u00eatre une absence et une indiff\u00e9rence alors qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun lien avec l&rsquo;aspect du retrait et du refus de l&rsquo;existence que connotent tous ces mots. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t d&rsquo;un refus naturel de l&rsquo;apparence de l&rsquo;existence de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, d&rsquo;abord et surtout parce que notre \u00e9poque est devenue une \u00e9norme chose o\u00f9 l&rsquo;\u00e9cume des jours prend quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la masse quantitative du jour. Moi qui fais du 1% restant le miel de la terre par une inversion vertueuse de la comptabilit\u00e9 courante du Syst\u00e8me (les <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/223963-oxfam-wealth-davos-report\/\" class=\"gen\">1% mal\u00e9fiques<\/a> contre les 99% opprim\u00e9s), c&rsquo;est bien cette portion qualitative qui m&rsquo;attache, dans laquelle je reconnais mon parti. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 11 janvier ne me dit rien, il ne me parle pas de lui-m\u00eame dans la figuration symbolique qu&rsquo;il a pr\u00e9tendu avoir, avec son \u00e9norme bruit, ses <em>Charlie<\/em> et ses hyper-<em>Charlie<\/em> dans tous les coins, ses discours ronflants et extraordinairement creux de leur vide surr\u00e9aliste, ses autorit\u00e9s totalement priv\u00e9es du sens et des principes qui fondent et l\u00e9gitiment l&rsquo;autorit\u00e9, ses gardes du corps diss\u00e9min\u00e9s dans les excellences foutues en rang d&rsquo;oignon, sa repr\u00e9sentation permanente marqu\u00e9e par sa constante r\u00e9p\u00e9tition de l&rsquo;all\u00e9geance mille fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9e au Syst\u00e8me, ses rites d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9canis\u00e9e par sa propre fascination pour la d\u00e9structuration et la dissolution d&rsquo;elle-m\u00eame o\u00f9 elle s&rsquo;\u00e9broue joyeusement, par sa jouissance affich\u00e9e de l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 et de l&rsquo;arrogance provocatrice maquill\u00e9e en principe de la libert\u00e9 de s&rsquo;exprimer (<em>Charlie<\/em> en est un bon exemple potache-porno avec sa vulgarit\u00e9 entretenue avec z\u00e8le et constance et qui pr\u00e9tendrait \u00e0 une essence politique),  mais quoi ! Au bout du compte, je crois pourtant que le 11 janvier <strong>annonce quelque chose<\/strong> &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi ce calme immense, sid\u00e9ral, comme dans le silence du grand cosmos du monde, qui vous envahit pour un instant lorsque vous r\u00e9ussissez \u00e0 \u00e9tablir cette distance dont je parle, qui n&rsquo;est ni d\u00e9tachement, ni indiff\u00e9rence malgr\u00e9 l&rsquo;apparence, qui est au bout du compte l&rsquo;harmonie de soi-m\u00eame retrouv\u00e9e un instant &#8230; D&rsquo;abord emport\u00e9 par le fracas du 11 janvier et le tintamarre \u00e9puisant du syst\u00e8me de la communication, il fallait le faire taire et, une fois silence fait, poser son oreille sur le sol, sur la terre du monde o\u00f9 nous nous d\u00e9pla\u00e7ons, et \u00e9couter les grondements souterrains qui annoncent  les grands chocs \u00e0 venir, qui d\u00e9j\u00e0 se produisent, dont nous ne savons rien, qui sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 dans l&rsquo;univers dont nous d\u00e9pendons absolument, et dont toutes ces choses ne furent que l&rsquo;apparence trompeuse&#8230; Apparence trompeuse certes, mais signe du ciel que les grands chocs sont bien dans le cours de leur accomplissement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJ&rsquo;ai connu de grands tourments intimes, ayant v\u00e9cu le drame d&rsquo;un \u00eatre cher qui s&rsquo;enfonce dans l&rsquo;excitation pathologique de la psychologie jusqu&rsquo;\u00e0 se transformer et n&rsquo;\u00eatre plus lui-m\u00eame. C&rsquo;est un rude fardeau de voir ainsi l&rsquo;objet de votre extr\u00eame affection se diluer, \u00e9chapper \u00e0 vos souvenirs les plus chers, \u00e0 tout ce qui palpitait en vous d&rsquo;un cher pass\u00e9 qui semblait fix\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 par un pr\u00e9sent qui en assumerait l&rsquo;h\u00e9ritage. C&rsquo;est une extr\u00eame souffrance de ressentir, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette peine insondable de l&rsquo;affection, l&rsquo;atroce crainte de votre propre interrogation sur l&rsquo;\u00e9quilibre entre votre cur, votre esprit et une psychologie soudain mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du doute par la pression du drame. (C&rsquo;est une sorte de : Et si c&rsquo;\u00e9tait moi qui \u00e9tait malade, en v\u00e9rit\u00e9 ?  et cela, sans r\u00e9ponse assur\u00e9e, jamais.) J&rsquo;ai ressenti \u00e0 certains instants avec cette sorte de sentiment du jugement forc\u00e9 qui pesait sur tous, au long de ces jours de folie extraordinaire du pays qui est le mien, le m\u00eame vertige de l&rsquo;interrogation sur la folie,  celle des autres et surtout la mienne. Je n&rsquo;ai pas c\u00e9d\u00e9 et cela est une victoire,  m\u00eame si cela m&rsquo;est une am\u00e8re victoire, de l&rsquo;amertume de mesurer la hauteur des montagnes qu&rsquo;il reste \u00e0 renverser. (Mais les montagnes \u00e9normes ont elles aussi leur point d&rsquo;\u00e9quilibre, et elles peuvent, le moment venu, se renverser de toute leur masse du fait d&rsquo;une chiquenaude qu&rsquo;on croirait divine, venue d&rsquo;on ne sait o\u00f9 et alors il faudrait s&rsquo;activer \u00e0 admettre que ce d&rsquo;on ne sait o\u00f9 d\u00e9signe quelque chose qui ne peut \u00eatre d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 sans existence simplement parce qu&rsquo;il nous d\u00e9passe et que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de lui interdire d&rsquo;exister.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Car je sais bien la r\u00e9ponse dans cette interrogation sur la folie que nous imposent ces terribles \u00e9v\u00e9nements qui, parfois, d\u00e9couvrent leur stup\u00e9fiante absence de substance jusqu&rsquo;\u00e0 vous faire douter de leur existence m\u00eame. Je n&rsquo;ignore pas, je ne peux pas ignorer tant la d\u00e9monstration que nous offre le Syst\u00e8me est grossi\u00e8re, o\u00f9 se trouve le parti de l&rsquo;harmonie et de l&rsquo;\u00e9quilibre. Simplement, devant ces flots immenses des foules progressant comme une houle sans fin, telle que j&rsquo;imaginais la chose (je n&rsquo;ai rien regard\u00e9 de cet \u00e9v\u00e9nement du 11), ce fut finalement la r\u00e9serve sans concession qui l&#8217;emporta, et avec elle le d\u00e9sengagement. Je connais par exp\u00e9rience, y compris celle du marin d&rsquo;occasion que je fus dans ma jeunesse, ce que sont les temp\u00eates brutales et terribles du monde ; il faut les affronter, le dos rond, et passer au travers ; et, une fois la chose faite, une fois le calme revenu en soi, il faut \u00e9carter le sentiment facile du soulagement avec le maquillage de l&rsquo;orgueil de l&rsquo;\u00e9preuve surmont\u00e9e. Il s&rsquo;agit alors de comprendre que cette temp\u00eate-l\u00e0 fut aussi un signe du ciel qui vous dit qu&rsquo;elle ne fut qu&rsquo;un signe des immenses \u00e9branlements qui se font autour de nous, sous nos pieds, au-dessus de nos t\u00eates, tr\u00e8s haut au-dessus de nos t\u00eates, et que ces \u00e9branlements immenses vont tout changer, et que cela est d\u00e9j\u00e0 en train de se faire&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi soigne-t-on sa crise nerveuse, le temps d&rsquo;une chronique n&rsquo;est-ce pas, pour trouver l&rsquo;harmonie du silence et du calme et entendre la musique des fondements \u00e0 venir, comme si l&rsquo;\u00e0-venir \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, tandis que le <em>big Now<\/em>, ce faux-<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-du_big_now_l_l_ternel_pr_sent__29_01_2014.html\" class=\"gen\">pr\u00e9sent \u00e9ternel<\/a> sans pass\u00e9 et sans avenir, se d\u00e9fait en d\u00e9bris \u00e9pars et se dissout jusqu&rsquo;\u00e0 la disparition du dernier noyau de sa non-existence &#8230; Le grand silence de l&rsquo;harmonie universelle l&rsquo;a emport\u00e9 sur le tintamarre quotidien avec lequel nous tentons de combler le vide du monde que nous nous sommes faits. Il ouvre le champ de tous les possibles, loin de la foule dont on se demande si elle \u00e9tait d\u00e9cha\u00een\u00e9e ou encha\u00een\u00e9e, ou simplement enchant\u00e9e comme par une sorcellerie.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Philippe Grasset<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronique du 19 courant Confidences du dehors 19 janvier 2015 &#8230; Il est vrai que j&rsquo;avais d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;en parler pour cette Chronique du 19 courant&#8230; et qu&rsquo;en m\u00eame temps je me maudissais d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 contraint par moi-m\u00eame, et cela en toute libert\u00e9, de d\u00e9cider d&rsquo;en parler. 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