{"id":75728,"date":"2015-01-28T06:08:22","date_gmt":"2015-01-28T06:08:22","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/01\/28\/glossairedde-crisis-la-source-de-tous-les-maux-1\/"},"modified":"2015-01-28T06:08:22","modified_gmt":"2015-01-28T06:08:22","slug":"glossairedde-crisis-la-source-de-tous-les-maux-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/01\/28\/glossairedde-crisis-la-source-de-tous-les-maux-1\/","title":{"rendered":"<em>Glossaire.dde-crisis\u00a0<\/em>: la source de tous les maux"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\"><em>Glossaire.dde-crisis <\/em>: la source de tous les maux<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>28 janvier 2015 &ndash; Ce second <em>Glossaire.dde-crisis<\/em> reprend le texte de <em>dde.crisis<\/em> du 10 septembre 2010. Les conditions de cette politique de \u00ab\u00a0reprise\u00a0\u00bb des textes de divers num\u00e9ros de <em>dde.crisis<\/em> sont explicit\u00e9es dans le texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_glossairedde-crisis_28_11_2014.html\">28 novembre 2014<\/a> dans cette rubrique. Ce texte du 10 septembre 2010, qui fait suite chronologiquement \u00e0 celui du 10 juillet 2010 republi\u00e9 le <a class=\"gen\" href=\"\/%3CLIEN=http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html\">29 novembre 2014<\/a>, appara&icirc;t effectivement \u00e0 cette place apr\u00e8s la reprise du premier dans le <em>Glossaire.dde-crisis<\/em>. La logique est ici rencontr\u00e9e, dans la mesure o&ugrave; les deux textes sont li\u00e9s et se compl\u00e8tent. (Ce second texte commence d&rsquo;ailleurs \u00e0 partir d&rsquo;une remarque d&rsquo;un lecteur du texte du 10 juillet 2010.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La th\u00e8me annonc\u00e9 par le titre \u00ab\u00a0la source de tous les maux\u00a0\u00bb concerne simplement, &ndash; mais fondamentalement certes, &ndash; la question du \u00ab\u00a0Mal\u00a0\u00bb. Bien que cette question soit universelle et constante dans la r\u00e9flexion humaine, il nous semble qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois aussi pr\u00e9sente et aussi pressante, activ\u00e9e par un Syst\u00e8me qui en est manifestement l&rsquo;op\u00e9rationnalisation principale, \u00e9clair\u00e9e directement ou par inversion par un syst\u00e8me de la communication d&rsquo;une puissance inou\u00efe, illustr\u00e9e par des politiques qui semblent \u00eatre hors de tout contr\u00f4le et r\u00e9pondre \u00e0 des impulsions mal\u00e9fiques. Bien entendu, depuis 2010, cette question n&rsquo;a pas quitt\u00e9 notre esprit, &ndash; de m\u00eame qu&rsquo;elle \u00e9tait constamment pr\u00e9sente avant ce texte de 2010, comme si les \u00e9v\u00e9nements depuis le 11 septembre 2001 nous avaient fait entrer dans la derni\u00e8re confrontation \u00e0 cet \u00e9gard. Ce probl\u00e8me du Mal su pr\u00e9sent dans les \u00e9v\u00e9nements quotidiens de cette \u00e9poque folle et d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e, semble de plus en plus d\u00e9pendre de donner sup\u00e9rieure, ce qui nous invite \u00e0 appr\u00e9cier notre temps, d&rsquo;une fa\u00e7on quotidienne, d&rsquo;un point de vue m\u00e9taphysique, ou <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_dimension_m_tahistorique_25_06_2014.html\">m\u00e9tahistorique<\/a> comme nous l&rsquo;avons encore <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_propos_de_notre_m_tahistoire_01_12_2014.html\">pr\u00e9cis\u00e9<\/a> derni\u00e8rement&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le texte est suivi d&rsquo;une partie sp\u00e9cifique dite \u00ab\u00a0Notes du temps pr\u00e9sent\u00a0\u00bb, qui constitue notre appr\u00e9ciation critique <strong>minimale<\/strong> de ce texte de septembre 2010, en fonction des \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s depuis et, <strong>surtout<\/strong>, de l&rsquo;\u00e9volution de notre pens\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard. Cette intervention est pr\u00e9sent\u00e9e de cette fa\u00e7on dans le texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 ci-dessus :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Le texte sera retranscrit d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale tel qu&rsquo;il fut \u00e9crit et publi\u00e9 \u00e0 son \u00e9poque (sauf pour une coquille tra&icirc;nant ici ou l\u00e0, voire une maladresse formelle d&rsquo;\u00e9criture qui demande r\u00e9paration). Par contre, il y aura une sorte de \u00ab\u00a0commentaire\u00a0\u00bb venu du \u00ab\u00a0temps pr\u00e9sent\u00a0\u00bb, &ndash; car la pens\u00e9e \u00e9volue et la contraction du temps nourrit d&rsquo;autant plus cette \u00e9volution, &ndash; sous la forme de notes sur tel ou tel point de d\u00e9tail, sur tel ou tel sens d&rsquo;un jugement, montrant effectivement cette \u00e9volution et observant la fa\u00e7on dont cette \u00e9volution s&rsquo;est faite. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab\u00a0actualisation\u00a0\u00bb dans le sens le plus large possible, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit<\/em> <strong><em>aussi et surtout<\/em><\/strong> <em>d&rsquo;une volont\u00e9 de poursuivre, d&rsquo;\u00e9largir, d&rsquo;enrichir, de transmuter \u00e9ventuellement les diff\u00e9rents concepts expos\u00e9s, comment\u00e9s et document\u00e9s. On ne se trouve donc nullement dans le cas syst\u00e9matique d&rsquo;une reprise d&rsquo;archives telles quelles, mais d&rsquo;une reprise d&rsquo;archives en relation directe avec les \u00e9v\u00e9nements courants (de notre temps pr\u00e9sent), et surtout en relation serr\u00e9e avec l&rsquo;\u00e9volution de la pens\u00e9e depuis la publication de ces textes.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">La source de tous les maux<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Pour entamer cette deuxi\u00e8me ann\u00e9e de dde.crisis, nous ne pouvons trouver meilleur \u00ab\u00a0lien\u00a0\u00bb avec l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente que de prolonger [le travail] du dernier num\u00e9ro de parution (10 juillet 2010). Dans cette chronique, nous abordions une question dont la vastitude ne peut \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;esprit, qui est, justement, la crise de la raison humaine. Il s&rsquo;agit donc du c&oelig;ur de la crise. Plut\u00f4t que de nous attacher \u00e0 un \u00ab\u00a0sujet de crise\u00a0\u00bb plus sp\u00e9cifique, &ndash; bien qu&rsquo;il n&rsquo;en manque pas, &ndash; nous jugeons pr\u00e9f\u00e9rable de prolonger [ce travail] d&rsquo;une fa\u00e7on que nous jugeons pour une bonne part d\u00e9cisive. [Il ne s&rsquo;agit] nullement [d&rsquo;]un \u00ab\u00a0revenez-y\u00a0\u00bb de circonstance mais, bien au contraire, [d&rsquo;]un compl\u00e9ment n\u00e9cessaire, important, &ndash; voire, nous r\u00e9p\u00e9tons le mot, d\u00e9cisif&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est une [observation] d&rsquo;un de nos lecteurs qui nous y a conduit, en m\u00eame temps qu&rsquo;elle nous inspirait effectivement notre propre [d\u00e9veloppement]. Lecture faite de <em>dde.crisis<\/em> du 10 juillet 2010, ce lecteur nous envoya une r\u00e9flexion qu&rsquo;on peut effectivement trouver sur notre site, sur le Forum de notre Notes d&rsquo;Analyse du 17 juillet 2010 (voir, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\">21 juillet 21010<\/a>). Parmi les remarques que ce lecteur, se nommant lui-m\u00eame \u00ab\u00a0disciple \u00e9gar\u00e9\u00a0\u00bb, voulut bien nous soumettre, nous retenons celle selon laquelle il lui semblait que nous n&rsquo;avions pas pouss\u00e9 notre r\u00e9flexion assez loin:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Mais je reste sur ma faim quand \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 pour l&rsquo;auteur de faire le lien avec la foi. &Ccedil;a ne l&rsquo;int\u00e9resse pas, dit-il&#8230; Son intuition devrait lui souffler que devant le vide vertigineux qu&rsquo;il d\u00e9crit, il n&rsquo;y a que la Foi \u00ab\u00a0sur-rationnelle\u00a0\u00bb, cette religion dans le sens de relier, dans ce qu&rsquo;elle a de trinitaire et donc de relationnelle, qui offre un espoir de salut<\/em>. [&#8230;] <em>Mais on reste perplexe devant la conclusion: prise en compte loyale, ouverte, humble m\u00eame, est-il \u00e9crit, de facteurs nouveaux essentiels? Lesquels, puisque dans la foul\u00e9e il est question de sagesse antique<\/em>&#8230;&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette [observation] nous a frapp\u00e9 par sa coh\u00e9rence, au point que nous nous sommes interrog\u00e9: pourquoi, en effet, cette conclusion restreinte? Notre r\u00e9action premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 fort intuitive, comme nous recommandons par ailleurs de proc\u00e9der pour ouvrir la pens\u00e9e \u00e0 un champ permettant de mettre en cause l&rsquo;usurpation de la raison humaine [la raison-subvertie] qui est la cause \u00ab\u00a0op\u00e9rationnelle\u00a0\u00bb de la catastrophe que nous connaissons. Intuitivement, effectivement, alors m\u00eame que nous reconnaissions la justesse de la remarque, nous persistions dans le propos tel qu&rsquo;il \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 dans ce num\u00e9ro du 10 juillet&#8230; Quelle est la raison de cette persistance loyale? Pourquoi r\u00e9agissions-nous de la sorte? C&rsquo;est ce que nous nous proposons d&rsquo;explorer.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">M\u00e9thodologie pour une apocalypse<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Avant d&rsquo;entamer cette r\u00e9flexion, il nous faut un instant nous arr\u00eater \u00e0 une question de m\u00e9thodologie, concernant le langage que nous allons employer&#8230; Au reste, l&rsquo;on verra aussit\u00f4t que proc\u00e9der de la sorte revient en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 effectivement entamer la r\u00e9flexion. L&rsquo;exposition de la m\u00e9thodologie permet d&rsquo;exposer les acteurs de cette r\u00e9flexion, donc d&rsquo;indiquer dans quel domaine, \u00e0 quel niveau, voire dans quel sens se fera cette r\u00e9flexion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En effet, nous allons parler du bien et du mal. Il n&rsquo;y a rien de plus universel, de plus galvaud\u00e9 par l&#8217;emploi, de plus constant dans notre comportement et notre interrogation, de plus d\u00e9cisif dans notre r\u00e9flexion, que la question du bien et du mal. L&rsquo;important, pour nous, est de bien situer cette question pour ne pas perdre de vue notre soucis fondamental de placer notre r\u00e9flexion dans un cadre concret, un cadre politique, voire un cadre caract\u00e9ris\u00e9 par son \u00ab\u00a0op\u00e9rationnalit\u00e9\u00a0\u00bb. (1) Nous essayons d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;\u00e9cueil redoutable de la morale, parce que cet aspect qui semblerait inh\u00e9rent \u00e0 la question du bien et du mal est devenu le pi\u00e8ge dialectique quasiment achev\u00e9 de notre civilisation aux abois, ou, plut\u00f4t, du syst\u00e8me qui en a pris les r\u00eanes pour la conduire \u00e0 la catastrophe ultime. Dans notre \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb, ou bien ce que nous nommons \u00e9galement la \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb, la morale utilis\u00e9e par les forces de pouvoir, qui sont toute enti\u00e8re acquises au syst\u00e8me qui nous domine, forme la tromperie la plus compl\u00e8te, la plus achev\u00e9e qu&rsquo;on puisse imaginer. (2)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous essayons donc d&rsquo;envisager la question du bien et du mal hors de toute r\u00e9f\u00e9rence morale actuelle (3), hors de toute r\u00e9f\u00e9rence officielle, y compris hors de toute la pens\u00e9e officielle qui est \u00e9labor\u00e9e par les fonctionnaires-intellectuels du pouvoir, ceux qui repr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui la quasi-unanimit\u00e9 de la \u00ab\u00a0classe intellectuelle\u00a0\u00bb occidentale. Cela implique de nous en remettre d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;intuition et \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience, pour d\u00e9terminer les notions de bien et de mal. Par chance, ou par bonheur (?), nous disposons d&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence qu&rsquo;on pourrait tenir pour absolue si nous \u00e9voluions dans le seul domaine m\u00e9taphysique, qui est le jugement que nous portons sur le syst\u00e8me formant aujourd&rsquo;hui la substance m\u00eame du \u00ab\u00a0bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste\u00a0\u00bb, cette \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb dont nous parlons. Ce syst\u00e8me est, pour nous, consid\u00e9r\u00e9 en un \u00ab\u00a0bloc\u00a0\u00bb justement, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme une entit\u00e9 quasiment autonome, ce syst\u00e8me est absolument la r\u00e9f\u00e9rence du mal. On pourrait dire qu&rsquo;il est le Mal, si nous avions justement ces intentions m\u00e9taphysiques, &ndash; mais nous \u00e9cartons cela, dans tous les cas pour l&rsquo;instant. Nous parlons donc du mal comme source de tous les maux, et c&rsquo;est effectivement, aujourd&rsquo;hui, notre syst\u00e8me en tant que manipulateur de la \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb, qui le repr\u00e9sente absolument. Notre syst\u00e8me est ce par quoi cette \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb est une \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb. Il a quelque chose d&rsquo;absolu qui justifie qu&rsquo;on le d\u00e9signe comme \u00ab\u00a0le mal\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Le \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb, ou la d\u00e9structuration contre la structuration<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;avantage paradoxal de notre \u00e9poque est que le syst\u00e8me agit d\u00e9sormais \u00e0 visage d\u00e9couvert, sans trop se pr\u00e9occuper de dissimuler ses perceptions, ses conceptions et ses objectifs. La principale caract\u00e9ristique de sa d\u00e9marche est sans aucun doute la recherche de la d\u00e9structuration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, par exemple et exemple le plus d\u00e9monstratif, c&rsquo;est le cas de la globalisation. En g\u00e9n\u00e9ral, les Fran\u00e7ais parlent inconsid\u00e9r\u00e9ment de \u00ab\u00a0mondialisation\u00a0\u00bb, &ndash; inconsid\u00e9r\u00e9ment, parce que la langue fran\u00e7aise est l&rsquo;une des tr\u00e8s rares langues majeures \u00e0 utiliser les deux mots, &ndash; tandis que, par exemple et exemple toujours aussi d\u00e9monstratif, l&rsquo;anglais ne conna&icirc;t que \u00ab\u00a0<em>globalization<\/em>\u00ab\u00a0. La mondialisation est un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel d&rsquo;extension du domaine connu des relations jusqu&rsquo;aux dimensions du monde connu; la globalisation est, principalement pour l&rsquo;esprit de la chose, la d\u00e9r\u00e9gulation, &ndash; pour ce cas, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du monde, mais ce pourrait \u00eatre \u00e0 n&rsquo;importe quelle \u00e9chelle, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire la destruction des structures pouvant assurer un contr\u00f4le des conditions et des effets du mouvement de \u00ab\u00a0mondialisation\u00a0\u00bb. Nous parlons bien de d\u00e9structuration. (4)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, la d\u00e9structuration est la recherche de la destruction de toutes les formes. Le but final est \u00e9videmment de retrouver la substance informe et de lui imposer ses propres formes&#8230; Mais peu nous importe ce \u00ab\u00a0but final\u00a0\u00bb, et nous importe seule la m\u00e9thode, souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00ab\u00a0le chaos cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb ou bien \u00ab\u00a0la destruction cr\u00e9ative\u00a0\u00bb (termes fondamentaux de d\u00e9finition du capitalisme, ce qui marque l&rsquo;ontologie de cette doctrine d&rsquo;une notion de valeur n\u00e9gative significative, d&rsquo;une dimension ontologique r\u00e9ellement d\u00e9structurante qui la lie \u00e9videmment \u00e0 notre notion de \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb). En termes fondamentaux, la d\u00e9structuration est bien la recherche de la destruction de l&rsquo;essence (la forme) pour r\u00e9duire la situation \u00e0 la seule substance informe. Ce simple constat justifie enti\u00e8rement le jugement que ce syst\u00e8me repr\u00e9sente le mal et que le mal peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme la dynamique de la d\u00e9structuration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette \u00e9quivalence a l&rsquo;avantage de lier un concept extr\u00eamement lourd et multiple, et charg\u00e9 d&rsquo;appr\u00e9ciations irrationnelles et mystiques (le \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb) \u00e0 une situation terrestre extr\u00eamement identifiable et concr\u00e8te, que nous percevons tous les jours. Plus encore, elle a l&rsquo;avantage de donner une coh\u00e9rence historique puissante et lumineuse dans son explication \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution que nous observons d&rsquo;une mani\u00e8re critique, au moins pour les deux derniers si\u00e8cles. Le mouvement g\u00e9n\u00e9ral observ\u00e9 durant cette p\u00e9riode au minimum, et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, pour la p\u00e9riode nomm\u00e9e \u00ab\u00a0modernit\u00e9\u00a0\u00bb, s&rsquo;apparente effectivement \u00e0 une d\u00e9structuration syst\u00e9matique, jusqu&rsquo;\u00e0 faire penser \u00e9videmment \u00e0 une tendance syst\u00e9mique, de toutes les formes organis\u00e9es. Le ph\u00e9nom\u00e8ne porte sur la soci\u00e9t\u00e9 et sur les relations humaines, sur la politique, mais aussi sur les extr\u00eames, &ndash; que ce soit les structures du monde d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 (climat, etc.), que ce soit les structures de l&rsquo;intimit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre (perception et psychologie) de l&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;int\u00e9gration de la notion de \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb dans la notion de \u00ab\u00a0d\u00e9structuration\u00a0\u00bb a l&rsquo;avantage de permettre l&rsquo;int\u00e9gration de la crise centrale de la civilisation dans notre monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De la reconnaissance du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Dans <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> (5), nous d\u00e9veloppons une hypoth\u00e8se selon laquelle la crise actuelle, &ndash; que nous identifions comme une crise de civilisation impliquant l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9croulement de cette civilisation, &ndash; est le produit d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne que nous d\u00e9signons comme \u00ab\u00a0le d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb. Nous nous effor\u00e7ons d&rsquo;identifier historiquement le ph\u00e9nom\u00e8ne, le situant dans la partie d\u00e9cisive du d\u00e9clenchement de sa phase finale, \u00e0 la jointure des XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me si\u00e8cles. Trois \u00e9v\u00e9nements essentiellement suscitent le ph\u00e9nom\u00e8ne: la R\u00e9volution am\u00e9ricaine, la R\u00e9volution Fran\u00e7aise et la \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb du choix de la thermodynamique comme agent fournisseur d&rsquo;\u00e9nergie. Les trois \u00e9v\u00e9nements lib\u00e8rent un puissant courant, un \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb qui se marque essentiellement dans la technique, puis la technologie (syst\u00e8me du technologisme). Ce que nous nommons \u00ab\u00a0le syst\u00e8me de la communication\u00a0\u00bb, qui regroupe l&rsquo;ensemble des technologies, des attitudes, des techniques psychologiques et de la communication, compl\u00e8te le dispositif en l&rsquo;habillant, ou bien en l&rsquo;encadrant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;essentiel, dans cette appr\u00e9ciation, est \u00e9videmment l&rsquo;importance que nous accordons au r\u00f4le tenu par la mati\u00e8re, r\u00f4le absolument dominant, r\u00f4le si \u00e9labor\u00e9 que nous allons naturellement jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se de la formation de syst\u00e8mes de type anthropotechnique, ou anthropotechnologique, dont les capacit\u00e9s peuvent elles-m\u00eames \u00eatre l&rsquo;objet d&rsquo;hypoth\u00e8ses encore plus audacieuses. (Par exemple: ces syst\u00e8mes acqui\u00e8rent-ils une psychologie propre, voire une \u00ab\u00a0conscience\u00a0\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 la dynamique de leur formation?) Quoi qu&rsquo;il en soit, notre jugement est que cet ensemble est la cause fondamentale de la crise de la civilisation que nous connaissons, au point qu&rsquo;il nous arrive de plus en plus souvent de consid\u00e9rer que la responsabilit\u00e9 humaine est souvent faible, dans des rapports (avec la mati\u00e8re, sous la forme des syst\u00e8mes qui s&rsquo;en d\u00e9gagent) o&ugrave; l&rsquo;homme n&rsquo;exerce qu&rsquo;un contr\u00f4le d&rsquo;apparence, quand bien m\u00eame existe encore l&rsquo;apparence de son contr\u00f4le. Plut\u00f4t que \u00ab\u00a0responsabilit\u00e9\u00a0\u00bb, on parlera des faiblesses humaines: l&rsquo;aveuglement, la l\u00e2chet\u00e9 intellectuelle, l&rsquo;immensit\u00e9 de la suffisance et de la vanit\u00e9, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La dynamique intellectuelle de cette hypoth\u00e8se conduit naturellement la d\u00e9marche de la recherche de l&rsquo;identification du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb. On comprend aussit\u00f4t combien cette identification est importante, d&rsquo;autant que l&rsquo;on conna&icirc;t bien les caract\u00e8res syst\u00e9matiquement d\u00e9structurants du syst\u00e8me du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb. Consid\u00e9r\u00e9e de ce point de vue, la mati\u00e8re, lorsqu&rsquo;elle se trouve dans ces conditions dynamiques, est elle-m\u00eame d\u00e9structurante. Elle s&rsquo;identifie naturellement avec ce que l&rsquo;on nomme le \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb. Tout cela s&rsquo;encha&icirc;ne logiquement \u00e0 son r\u00f4le vis-\u00e0-vis de la civilisation, et \u00e0 sa responsabilit\u00e9 essentielle dans la formation de la \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb. (Pour notre r\u00e9flexion, nous prenons le concept de \u00ab\u00a0mati\u00e8re\u00a0\u00bb dans un sens tr\u00e8s sp\u00e9cifique. Cela ne fixe en rien le probl\u00e8me de la nature de la chose, qui n\u00e9cessite une r\u00e9flexion elle-m\u00eame sp\u00e9cifique.) (6)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">L&rsquo;hypoth\u00e8se du philosophe Plotin<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Un autre de nos lecteurs, nous apportant une aide d&rsquo;une grande importance dont nous lui sommes si reconnaissants, observait, au travers de notre hypoth\u00e8se historique sur la \u00ab\u00a0mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e\u00a0\u00bb, qui n&rsquo;est rien de moins qu&rsquo;une mise en cause de la mati\u00e8re, combien cette d\u00e9marche se rapprochait de celle du philosophe romain fondateur de l&rsquo;\u00e9cole du n\u00e9oplatonisme, Plotin (205-270), l&rsquo;un des rares m\u00e9taphysiciens \u00e0 identifier effectivement la mati\u00e8re comme le \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb. Plotin dit, dans le Trait\u00e9 51 des Enneades, sur <em>La nature du mal<\/em>, &ndash; qu&rsquo;il d\u00e9finit par rapport au bien, apr\u00e8s avoir offert une d\u00e9finition du bien comme tout ce qui est mesure, limite, forme, suffisance, stabilit\u00e9&#8230;:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Car on pourrait d\u00e8s lors arriver \u00e0 une notion du mal comme ce qui est non-mesure par rapport \u00e0 la mesure, sans limite par rapport \u00e0 la limite, absence de forme par rapport \u00e0 ce qui produit la forme et d\u00e9ficience permanente par rapport \u00e0 ce qui est suffisant en soi, toujours ind\u00e9termin\u00e9, stable en aucun fa\u00e7on, affect\u00e9 de toutes mani\u00e8res, insatiable, indigence totale. Et ces choses ne sont pas des accidents qui lui adviennent, mais elles constituent son essence en quelque sorte, et quelle que soit la partie de lui que tu pourrais voir, il est toutes ces choses. Mais les autres, ceux qui participeraient de lui et s&rsquo;y assimileraient, deviennent mauvais, n&rsquo;\u00e9tant pas mauvais en soi.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En fonction des \u00e9v\u00e9nements que nous vivons et de notre interpr\u00e9tation, appara&icirc;t la possibilit\u00e9 d&rsquo;une appr\u00e9ciation selon laquelle la mati\u00e8re est \u00ab\u00a0l&rsquo;essence du mal\u00a0\u00bb alors qu&rsquo;elle n&rsquo;est que substance par d\u00e9finition. On peut concevoir que le \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb usurpe la notion d&rsquo;essence et monte une mystification qui fait prendre la substance pour l&rsquo;essence (l&rsquo;un des sens du mot \u00ab\u00a0persiflage\u00a0\u00bbdu XVIII\u00e8me [Voir notre num\u00e9ro du 10 juillet] est \u00ab\u00a0mystification\u00a0\u00bb). Le mouvement de d\u00e9structuration montre sa logique perverse: il est la marche vers une soi-disant essence qui n&rsquo;est qu&rsquo;une substance informe, il veut se faire passer pour une \u00e9volution vers le bien alors qu&rsquo;il est l&rsquo;exact contraire. C&rsquo;est le pi\u00e8ge diabolique o&ugrave; se d\u00e9bat notre \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb, qui m\u00e9rite alors absolument d&rsquo;\u00eatre qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb puisqu&rsquo;elle est ainsi l&rsquo;arch\u00e9type du contraire de la civilisation, comme son \u00e9volution est elle-m\u00eame l&rsquo;arch\u00e9type du contraire de la marche vers le bien.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a une exceptionnelle modernit\u00e9 (7) dans le propos du Plotin, dans le bon sens de notre observation; c&rsquo;est-\u00e0-dire une exceptionnelle adaptabilit\u00e9 de son propos \u00e0 la situation de la modernit\u00e9. En mettant en cause la mati\u00e8re, il plonge au c&oelig;ur de la crise de la modernit\u00e9, telle que nous la ressentons nous-m\u00eames (d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re, syst\u00e8me du technologisme, formation de syst\u00e8me anthropotechnologiques peut-\u00eatre dot\u00e9s d&rsquo;une r\u00e9elle autonomie, etc.). Il nous ouvre le regard sur l&rsquo;universalit\u00e9 et la constance de la question, et nous pouvons alors mesurer combien l&rsquo;aggravation extr\u00eame de notre \u00e9volution \u00e0 partir des \u00ab\u00a0trois r\u00e9volutions\u00a0\u00bb (1776-1825) et du d\u00e9veloppement du syst\u00e8me du technologisme pose un probl\u00e8me de survie \u00e0 notre civilisation. Le principe lui-m\u00eame, venu du fond des \u00e2ges, de la sagesse antique, s&rsquo;accole aux \u00e9v\u00e9nements de la modernit\u00e9, litt\u00e9ralement comme si le philosophe les avait pressentis.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De la complexit\u00e9 de la reconnaissance du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous devons maintenant abandonner la sph\u00e8re th\u00e9orique pour rencontrer la r\u00e9alit\u00e9 de la situation de l&rsquo;\u00e9poque, pour \u00e9ventuellement l&rsquo;\u00e9clairer et esp\u00e9rer en approcher la v\u00e9rit\u00e9. La question pratique et concr\u00e8te qui se pose aujourd&rsquo;hui est bien celle de la complexit\u00e9 de la dynamique du syst\u00e8me dans ses attaques de d\u00e9structuration, essentiellement durant les derni\u00e8res ann\u00e9es, &ndash; ses attaques contre les structures qui pourraient imposer quelque contr\u00f4le, et, par l\u00e0, quelque limitation \u00e0 cette m\u00eame dynamique du syst\u00e8me. Cette complexit\u00e9 est \u00e9galement due \u00e0 la puissance extraordinaire de la dynamique du syst\u00e8me, la force qui caract\u00e9rise cette civilisation transform\u00e9e en syst\u00e8mes, qui sont essentiellement activ\u00e9s par des attributs et des artefacts issus de la mati\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Effectivement, nous rencontrons bien une \u00e9quivalence entre cet aspect de la situation actuelle, de la crise centrale que nous connaissons, et l&rsquo;observation fondamentale que le mal, comme \u00ab\u00a0source de tous les maux\u00a0\u00bb, se trouve \u00eatre la mati\u00e8re m\u00eame. Dans les conditions de la modernit\u00e9 que l&rsquo;on conna&icirc;t, notamment du syst\u00e8me de la communication, cette situation implique une formidable influence de la mati\u00e8re sur l&rsquo;esprit humain, sur sa psychologie, sur la pens\u00e9e qui en est construite, etc. (Ce dernier point de l'\u00a0\u00bbinfluence sur l&rsquo;esprit humain\u00a0\u00bb renvoie \u00e0 une id\u00e9e extr\u00eamement importante de Plotin selon laquelle les hommes ne sont pas mauvais en eux-m\u00eames mais le deviennent par proximit\u00e9, imitation, participation, etc., &ndash; par vuln\u00e9rabilit\u00e9, faiblesse, aveuglement, par \u00ab\u00a0\u00e9puisement de leur psychologie\u00a0\u00bb en g\u00e9n\u00e9ral : &laquo;<em>Mais les autres, ceux qui participeraient de lui<\/em> [du mal] <em>et s&rsquo;y assimileraient, deviennent mauvais, n&rsquo;\u00e9tant pas mauvais en soi.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme on le voit et comme on l&rsquo;exprime chaque jour, comme on le lit dans nos chroniques o&ugrave; nous pr\u00eatons la plus grande attention au fait, il est vrai que la situation actuelle, o&ugrave; r\u00e8gne la mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e, est extr\u00eamement difficile \u00e0 d\u00e9chiffrer dans le d\u00e9tail de ses \u00e9v\u00e9nements (nullement dans leur sens g\u00e9n\u00e9ral). Ce d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re implique \u00e0 la fois puissance et sophistication, en raison des syst\u00e8mes qui se sont form\u00e9s pour assurer ce d\u00e9cha&icirc;nement, &ndash; syst\u00e8me du technologisme et syst\u00e8me de la communication essentiellement. La plus grande difficult\u00e9 r\u00e9side dans la diversit\u00e9 des d\u00e9veloppements, et dans la diversit\u00e9 des interpr\u00e9tations de chacun d&rsquo;eux. Le syst\u00e8me d\u00e9ploie un arsenal puissant de moyens de travestissement, de tromperie, de mystification (nous avons souvent parl\u00e9 du virtualisme qui en est l&rsquo;\u00e9laboration achev\u00e9e). Tout cela rend extr\u00eamement difficile l&rsquo;identification des situations et des actes o&ugrave; se manifeste l&rsquo;action du syst\u00e8me, avec l&rsquo;effet de pervertir les jugements et de miner les convictions. Nous sommes plac\u00e9s l\u00e0 devant un probl\u00e8me fondamental pour l&rsquo;action de la vie courante, pour le comportement, pour sa propre information, pour sa propre analyse de la situation du monde et des conditions de crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">Dissiper le \u00ab\u00a0brouillard de la mystification\u00a0\u00bb caract\u00e9risant l&rsquo;action du syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il y a dans cette situation g\u00e9n\u00e9ral, si complexe, si diverse dans sa vari\u00e9t\u00e9, ce qu&rsquo;on doit identifier comme une exceptionnelle force de \u00ab\u00a0mystification\u00a0\u00bb (sorte de persiflage, bien s&ucirc;r, dans ce sens) qui nous confronte avec les immenses difficult\u00e9s de l&rsquo;identification du mal. Cela nous confirme dans la suggestion qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien, effectivement, de plus urgent que cette identification des man&oelig;uvres, des dissimulations, des faux semblants, de tous ces artifices que ce ph\u00e9nom\u00e8ne adopte naturellement pour se manifester. Si l&rsquo;on voulait parler en termes guerriers fondamentaux, &ndash; puisqu&rsquo;il ne s&rsquo;agit apr\u00e8s tout de rien de moins qu&rsquo;une guerre, sinon un affrontement final, &ndash; nous dirions qu&rsquo;il est tout \u00e0 fait n\u00e9cessaire de dissiper le \u00ab\u00a0brouillard de la mystification\u00a0\u00bb comme il existe un \u00ab\u00a0brouillard de la guerre\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0<em>fog of war<\/em>\u00ab\u00a0). (On remarquera que, dans ce sens qui est celui du d\u00e9sordre, le terme de \u00ab\u00a0brouillard\u00a0\u00bb est \u00e9galement proche de \u00ab\u00a0camouflage\u00a0\u00bb, ou du terme anglais de \u00ab\u00a0<em>deception<\/em>\u00ab\u00a0, c&rsquo;est-\u00e0-dire fort proche du concept de \u00ab\u00a0mystification\u00a0\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;une disposition disons \u00ab\u00a0tactique\u00a0\u00bb, pour rendre une lutte plus efficace, pour \u00e9clairer un engagement. Cet aspect existe, on dirait m\u00eame qu&rsquo;il va de soi, mais il est secondaire dans l&rsquo;ontologie de l&rsquo;attitude. Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord, en mesurant la diversit\u00e9 et la complexit\u00e9 extraordinaires et extraordinairement mystificatrice des effets du mal, de mesurer la dimension et l&rsquo;universalit\u00e9 \u00e9galement extraordinaires de la crise, son aspect ontologiquement quantitatif; et, ce faisant, de progresser vers une interrogation m\u00e9taphysique qui sera n\u00e9cessairement une riposte qualitative \u00e0 la crise et au mal; cette riposte qualitative sera la meilleure voie pour d\u00e9couvrir l&rsquo;aspect ontologiquement quantitatif du mal, du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La mesure de la dimension et de la complexit\u00e9 de la crise doit donc conduire \u00e0 une mesure de la r\u00e9alit\u00e9 et de l&rsquo;importance de l&rsquo;action du mal, donc de la r\u00e9alit\u00e9 et de la force du probl\u00e8me du mal en m\u00eame temps que la mesure d\u00e9couvre la v\u00e9rit\u00e9 de la nature de la crise. Cette d\u00e9marche est un instrument de compr\u00e9hension, <em>in vivo<\/em>, de la nature des probl\u00e8mes fondamentaux qui se posent \u00e0 l&rsquo;esprit humain, de la force de la subversion quantitative que cet esprit subit, ou qu&rsquo;il doit affronter s&rsquo;il n&rsquo;est encore perverti c&rsquo;est selon. L&rsquo;\u00e9volution physique du monde nous force \u00e0 nous interroger sur la m\u00e9taphysique de notre existence, et sur ce que notre civilisation a fait de tout cela. (8) La nature de la crise telle que nous l&rsquo;avons identifi\u00e9e, c&rsquo;est effectivement le cas o&ugrave; le mal est identifi\u00e9 \u00e0 la mati\u00e8re, celle-ci se manifestant sous diff\u00e9rentes dynamiques, soit celle du technologisme, soit celle de la communication; c&rsquo;est aussi le cas o&ugrave; ce ph\u00e9nom\u00e8ne peut effectivement conduire, par simple acte de r\u00e9sistance et de r\u00e9action, \u00e0 une r\u00e9flexion n\u00e9cessairement m\u00e9taphysique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces diff\u00e9rents points nous ram\u00e8nent ainsi, naturellement, \u00e0 notre pr\u00e9sentation de d\u00e9part et \u00e0 la remarque de notre lecteur, concernant l&rsquo;absence de prise en compte (dans notre pr\u00e9c\u00e9dente partie) de probl\u00e8mes tels que celui de la foi, de la Tradition, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Honneur et n\u00e9cessit\u00e9 de la m\u00e9taphysique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le plus remarquable dans l&rsquo;\u00e9poque que nous vivons, et dans la crise qu&rsquo;elle abrite, c&rsquo;est le d\u00e9cha&icirc;nement du syst\u00e8me, sa diversit\u00e9 d&rsquo;agression sans aucune limite ni retenue. Il y a l\u00e0 comme une sorte d&rsquo;accomplissement, d&rsquo;ach\u00e8vement, d&rsquo;agression sans retour. Si le syst\u00e8me est ce d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re, et si la mati\u00e8re est le mal, alors les \u00e9v\u00e9nements sont en train de nous exposer tout ce que le mal peut donner. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un moment exceptionnel, essentiellement pour cette raison. Bien que cette agression soit purement quantitative comme l&rsquo;est le mal dans cette manifestation, nous dirions qu&rsquo;il y a quelque chose de qualitativement exceptionnel dans cette crise, &ndash; si nous acceptons d&rsquo;appr\u00e9cier le temps historique \u00ab\u00a0par-del\u00e0 le bien et le mal\u00a0\u00bb pour mieux cerner les contours de ce qui est mal et de ce qui est bien. La crise elle-m\u00eame est ainsi mieux d\u00e9finie par elle-m\u00eame, par sa propre manifestation: ce d\u00e9cha&icirc;nement du mal est lui-m\u00eame la manifestation de la crise, donc en quelque sorte ce que nous d\u00e9signons comme le mal, ou comme \u00ab\u00a0la source de tous les maux\u00a0\u00bb comme Plotin lui-m\u00eame le dit, est lui-m\u00eame en crise par le fait de ce d\u00e9cha&icirc;nement qui est la marque d&rsquo;une perte de contr\u00f4le.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour toutes ces raisons et tant d&rsquo;autres, annexes, il va de soi que le plus important que nous puissions conna&icirc;tre, et donc chercher \u00e0 conna&icirc;tre, est bien entendu cette manifestation g\u00e9n\u00e9rale du mal. On en revient \u00e0 la remarque de notre lecteur, concernant l&rsquo;absence de prise en compte (dans notre pr\u00e9c\u00e9dente rubrique sur \u00ab\u00a0la crise de la raison humaine\u00a0\u00bb) de probl\u00e8mes tels que celui de la foi, de la Tradition, etc. Dans ce cas, c&rsquo;est s&rsquo;orienter vers la recherche du bien, de la r\u00e9f\u00e9rence de sauvegarde, et cela ne nous semble pas \u00eatre l&rsquo;essentiel relativement \u00e0 notre situation terrestre, m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;essentiel objectivement parlant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Devant la puissance de la crise et des \u00e9v\u00e9nements, il n&rsquo;y a rien de plus n\u00e9cessaire, de plus urgent et de plus d\u00e9cisif, que l&rsquo;identification du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb, qui a acquis une puissance et une diversit\u00e9, et une complexit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent. Ainsi prenons-nous une exacte mesure, et m\u00eame nous y sommes conduits irr\u00e9sistiblement, des r\u00e9f\u00e9rences du \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb auxquelles nous devrons faire appel et auxquelles nous ferions appel. Nous en venons \u00e0 la d\u00e9marche propos\u00e9e par notre lecteur, mais par des voies naturelles et pressantes, nous dirions m\u00eame \u00ab\u00a0objectives\u00a0\u00bb. Proc\u00e9der diff\u00e9remment a \u00e9galement l&rsquo;extr\u00eame d\u00e9savantage d&rsquo;offrir le flanc \u00e0 la tactique habituelle du syst\u00e8me, du r\u00e9ductionnisme, de la parcellisation et de la d\u00e9gradation des probl\u00e8mes identifi\u00e9s. En nous dispensant des d\u00e9bats et plaidoiries dans ce sens, cette \u00ab\u00a0m\u00e9thode\u00a0\u00bb nous permet d&rsquo;\u00e9carter les pol\u00e9miques et querelles inutiles, sur les sujets annexes de la propagande courante du syst\u00e8me, comme le cl\u00e9ricalisme, la religion, l&rsquo;ath\u00e9isme et toutes ces balivernes terrestres. L&rsquo;urgence des temps interdit le risque de disperser attention et \u00e9nergie.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">Vers une appr\u00e9ciation m\u00e9taphysique de la crise<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Si l&rsquo;on consid\u00e8re ce que nous d\u00e9signons le mal comme notre adversaire, ce qui est un jugement raisonnable, alors notre adversaire n&rsquo;est pas (seulement?) une puissance m\u00e9taphysique, ou non identifiable. Il est bien visible, il est identifi\u00e9, il est d\u00e9termin\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e9vidente par des forces qui lui sont propres, qui ont une manifestation terrestre \u00e9galement \u00e9vidente. Il importe de lui opposer une notion naturellement structurante, &ndash; exactement ce qu&rsquo;est le bien, selon la d\u00e9finition qu&rsquo;en donne Plotin. Cette forme de r\u00e9sistance est \u00e9vidente et nous dirions qu&rsquo;il y aurait un temps pr\u00e9cieux perdu et un facteur pressant d&rsquo;incertitude et de division si nous nous attachions \u00e0 sa d\u00e9finition alors qu&rsquo;elle va de soit puisqu&rsquo;elle est naturellement entra&icirc;n\u00e9e, <em>a contrario<\/em>, par l&rsquo;identification du mal.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Peu importe que nous ne nous attachions pas au \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb ni aux autres r\u00e9f\u00e9rences sup\u00e9rieures. Par logique antinomique, ces r\u00e9f\u00e9rences appara&icirc;tront d&rsquo;elles-m\u00eames, si ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 fait. Ce qui importe, c&rsquo;est de faciliter les conditions de l&rsquo;\u00e9volution vers une \u00e9poque m\u00e9taphysique. En proc\u00e9dant par rapport au mal, ou \u00e0 \u00ab\u00a0la source de tous les maux\u00a0\u00bb, en les identifiant, en observant et en mettant \u00e0 nu leur multiplicit\u00e9, leur diversit\u00e9, leur foisonnement, et leurs caract\u00e8res \u00e9vidents de d\u00e9structuration, nous \u00e9tablissons les conditions de la mise en place d&rsquo;une logique m\u00e9taphysique pour faire progresser cette bataille. Ainsi sommes-nous sur la voie d&rsquo;entrer dans une \u00e9poque m\u00e9taphysique, (9) et c&rsquo;est l&rsquo;observation essentielle de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement essentiel. (10) Il s&rsquo;agit non pas d&rsquo;une appr\u00e9ciation proph\u00e9tique, mais du constat d&rsquo;un d\u00e9veloppement logique \u00e0 attendre, &ndash; d&rsquo;une logique sup\u00e9rieure en ce sens qu&rsquo;elle serait marqu\u00e9e de plus en plus clairement par des \u00e9l\u00e9ments et des composants effectivement sup\u00e9rieurs. Par le simple fait que l&rsquo;identification du mal correspond \u00e0 celui de la modernit\u00e9, il est facile d&rsquo;avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que ces \u00ab\u00a0\u00e9l\u00e9ments et composants sup\u00e9rieurs\u00a0\u00bb seront \u00e9videmment li\u00e9s \u00e0 la Tradition et \u00e0 d&rsquo;autres domaines qui lui sont proches.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L\u00e0 n&rsquo;est pas l&rsquo;essentiel pour les \u00e9v\u00e9nements qui se pr\u00e9cipitent, m\u00eame si ces facteurs sont effectivement essentiels lorsqu&rsquo;on en juge (pour ou contre) dans l&rsquo;absolu. L&rsquo;essentiel est cette \u00e9volution vers une \u00e9poque m\u00e9taphysique, qui est d&rsquo;abord la cons\u00e9quence logique des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;un temps historique caract\u00e9ris\u00e9e par des tensions extr\u00eames, des crises terribles et eschatologiques, n\u00e9s du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb (le mal), et profond\u00e9ment d\u00e9structurants par le fait m\u00eame. Tous ces constats peuvent \u00eatre faits d&rsquo;une fa\u00e7on assez naturelle, sans proclamer des concepts et des engagements qui, s&rsquo;ils se comprennent \u00e9videmment, n&rsquo;auraient pour effet que d&rsquo;alimenter des pol\u00e9miques et de brouiller les \u00e9vidences (pourquoi discuter du sexe des anges alors que la catastrophe gronde?). L&rsquo;important, l&rsquo;essentiel \u00e0 nouveau, est effectivement de demeurer dans les \u00e9v\u00e9nements, essentiellement d\u00e9structurants, qui se produisent et non de tenter de s&rsquo;en extraire en croyant ainsi mieux les dominer. L&rsquo;essentiel est de continuellement faire observer que les manifestations du mal sont concr\u00e8tes, identifiables, qu&rsquo;elles font partie d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 dont l&rsquo;effet est \u00e9videmment de d\u00e9truire toute la v\u00e9rit\u00e9 du monde, y compris en d\u00e9truisant le monde tel que nous en avons h\u00e9rit\u00e9 de la Tradition.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La m\u00e9taphysique de Rumsfeld<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Pour compl\u00e9ter ce qui pr\u00e9c\u00e8de, un point essentiel doit \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et fix\u00e9, qui concerne l&rsquo;identification du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb. Notre raisonnement n&rsquo;a de valeur fondamentale que si l&rsquo;on accepte l&rsquo;id\u00e9e du mal, \u00ab\u00a0cause de tous les maux\u00a0\u00bb, identifi\u00e9 au \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb, rejoignant ainsi ce que nous dit Plotin. Par ailleurs et pour notre propre cas, on rappellera que ce n&rsquo;est pas un artifice dialectique, que le fondement de notre th\u00e8se repose sur des faits av\u00e9r\u00e9s et sur une vision historique elle-m\u00eame attentive \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, avec notamment le r\u00f4le fondamental du technologisme. Le point essentiel de cet indispensable compl\u00e9ment est qu&rsquo;il exon\u00e8re l&rsquo;homme de la responsabilit\u00e9 centrale, qu&rsquo;il en fait un comparse, et particuli\u00e8rement dans l&rsquo;\u00e9poque moderniste qui est l&rsquo;\u00e9poque du triomphe de la mati\u00e8re (technologisme, communication). En disposer autrement, pour la satisfaction de mettre tel nom ou telle nation sur l&rsquo;autel de la responsabilit\u00e9, serait une fois de plus sacrifier \u00e0 la toute puissante vanit\u00e9 de la raison humaine. (11)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il existe des exemples extr\u00eamement concrets de l&rsquo;ambivalence humaine au milieu de notre crise, qui font penser qu&rsquo;effectivement l&rsquo;\u00eatre humain tient un r\u00f4le ambigu, \u00e9ventuellement secondaire, fort peu conscient des enjeux en cours, aussi bien adversaire du d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re en telle ou telle occurrence, que complice et serviteur le reste du temps. Il en est ainsi du cas historique d&rsquo;un Donald Rumsfeld jouant le r\u00f4le qu&rsquo;on sait le 11 septembre 2001, \u00e9ventuellement avec une main dans l&rsquo;organisation de la chose (cela pour la th\u00e8se du \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb qui en vaut bien une autre et qui vaut certainement plus que la th\u00e8se officielle), r\u00e9clamant une demi-heure avant l&rsquo;attaque devant des d\u00e9put\u00e9s r\u00e9publicains un \u00ab\u00a0choc salutaire\u00a0\u00bb pour r\u00e9veiller et mobiliser la nation, organisant d\u00e8s l&rsquo;apr\u00e8s-midi le montage pour faire de Saddam Hussein un responsable de l&rsquo;attaque; ainsi, Rumsfeld compl\u00e8tement acteur de premier plan dans l&rsquo;activisme complice du syst\u00e8me du technologisme et du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb [&#8230; Mais] le m\u00eame Rumsfeld, la veille (10 septembre), pronon\u00e7ant un discours d&rsquo;un courage exceptionnel, o&ugrave; il d\u00e9non\u00e7ait le Pentagone comme une entit\u00e9, encore plus dangereuse pour les USA que l&rsquo;URSS. Parlant aux bureaucrates du Pentagone, il les exon\u00e9rait de toute responsabilit\u00e9 pour s&rsquo;en tenir \u00e0 une accusation contre un syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire une repr\u00e9sentation du Pentagone en tant qu&rsquo;entit\u00e9 du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb: &laquo;<em>Not the people, but the processes. Not the civilians, but the systems. Not the men and women in uniform, but the uniformity of thought and action that we too often impose on them.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La recherche d&rsquo;une explication s\u00e9rieuse (hors des \u00e9puisantes hypoth\u00e8ses de complot) de tels \u00e9carts contradictoires de comportement conduit \u00e0 une appr\u00e9ciation m\u00e9taphysique. Rumsfeld avec un comportement relevant de la m\u00e9taphysique? Seule cette hypoth\u00e8se permet de comprendre une situation trop triviale et incertaine par elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">Juger Rumsfeld? Seule la m\u00e9taphysique le permet<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Certes, l&rsquo;on peut forcer la raison pour parvenir \u00e0 esquisser l&rsquo;hypoth\u00e8se sempiternelle que la raison \u00ab\u00a0a toujours raison\u00a0\u00bb et que le comportement de Rumsfeld s&rsquo;explique par des montages et des man&oelig;uvres d&rsquo;une extraordinaire complexit\u00e9. Nous avons longuement pens\u00e9 \u00e0 ce cas (9\/10 et 9\/11 chez Rumsfeld) et avons conclu \u00e0 la vanit\u00e9 d&rsquo;une telle approche. Au reste, l&rsquo;on sent bien que 9\/10 (le discours) g\u00eane beaucoup, &ndash; les pro- et les anti-Rumsfeld, &ndash; pour un jugement, positif ou n\u00e9gatif, sur l&rsquo;homme r\u00e9duit aux normes du syst\u00e8me (animateur de la lutte anti-Terreur ou tortionnaire et comploteur de 9\/11). C&rsquo;en est au point que ce discours du 10 septembre 2001, pourtant fondamental, est simplement ignor\u00e9 sauf quelques cas rarissimes. (Le dernier cas est celui de Winslow Wheeler, &ndash; voir notre texte Bloc-Notes du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-moby_dick_et_le_tonneau_des_danaides_31_07_2010.html\">31 juillet 2010<\/a>, sur notre site; d&rsquo;ailleurs avec cette remarque [int\u00e9ressante] de Wheeler qualifiant ce discours de \u00ab\u00a0chant du cygne\u00a0\u00bb de Rumsfeld alors que Rumsfeld restera encore six ans secr\u00e9taires \u00e0 la d\u00e9fense, &laquo;<em>In his September 10, 2001 (alas, not to be) swan song speech, Donald Rumsfeld asserted that 50 percent of DoD spending was overhead&#8230;<\/em>&raquo;) (12)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous adoptons un point de vue diff\u00e9rent, o&ugrave; le mal (\u00ab\u00a0source de tous les maux\u00a0\u00bb) se trouve dans la mati\u00e8re (13) et son d\u00e9cha&icirc;nement \u00e9tant le d\u00e9cha&icirc;nement du mal o&ugrave; les hommes ne sont que des comparses \u00e9pisodiques, et souvent contradictoires, selon les n\u00e9cessit\u00e9s de la chose et leur niveau de conscience (&laquo;<em>Mais les autres, ceux qui participeraient de lui<\/em> [du mal] <em>et s&rsquo;y assimileraient, deviennent mauvais, n&rsquo;\u00e9tant pas mauvais en soi<\/em>.&raquo;). Dans ce cadre, le comportement de Rumsfeld peut rendre compte d&rsquo;une logique m\u00e9taphysique qui le d\u00e9passe; \u00e9chappant un jour \u00e0 cette pression de \u00ab\u00a0la mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e\u00a0\u00bb et d\u00e9non\u00e7ant en des termes jamais dits publiquement l&rsquo;un de ses vecteurs (la bureaucratie du Pentagone non pas du point de vue humain mais en tant que m\u00e9canique d&rsquo;un syst\u00e8me anthropotechnologique qui [est un des repr\u00e9sentants op\u00e9rationnels aujourd&rsquo;hui du] \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb); le lendemain y succombant (puisqu&rsquo;effectivement, 9\/11, quels qu&rsquo;en soient les auteurs, est le facteur d&rsquo;une dynamique n\u00e9e du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb, &ndash; technologisme, communication, &ndash; et destin\u00e9e \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer ce d\u00e9cha&icirc;nement).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 Rumsfeld s&rsquo;oppose au \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb, de l&rsquo;autre il le favorise&#8230; En l&rsquo;occurrence, Rumsfeld ne nous int\u00e9resse pas, mais son r\u00f4le, avec une conscience limit\u00e9e, refl\u00e8te bien l&rsquo;affrontement en cours entre le d\u00e9cha&icirc;nement d\u00e9structurant de la mati\u00e8re et la lutte qu&rsquo;on peut livrer contre cette attaque dans certaines occurrences. Quel jugement moral, quel jugement rationnel porter sur Rumsfeld? Faut-il applaudir au r\u00e9formateur audacieux et courageux du 10 septembre 2001? Faut-il d\u00e9noncer le magouilleur du 11 septembre 2001 et futur ordonnateur du syst\u00e8me de torture lors de la campagne irakienne, typiquement d\u00e9structurante? Vanit\u00e9 que tout cela, vanit\u00e9 de la raison pr\u00e9tendant juger du comportement des choses et des \u00eatres comme s&rsquo;ils \u00e9taient investis des valeurs supr\u00eames. (15) L&rsquo;observation du comportement de Rumsfeld selon une logique m\u00e9taphysique, lui-m\u00eame avec une faible conscience de la chose, est bien plus f\u00e9conde.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La m\u00e9taphysique comme th\u00e9rapie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Une derni\u00e8re remarque sur cet aspect de la distinction du mal, de son identification, pour conduire \u00e0 une \u00e9poque m\u00e9taphysique par la logique des \u00e9v\u00e9nements et de nos r\u00e9actions, nous ram\u00e8ne au philosophe Plotin. Pour un novice, un non-sp\u00e9cialiste de la \u00ab\u00a0technique\u00a0\u00bb philosophique (comme nous sommes, par bonheur semble-t-il), ce qui fait la puissance de cette sorte de philosophe, c&rsquo;est le naturel de son langage, m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un langage d&rsquo;une densit\u00e9 extr\u00eame, et le non moins grand naturel avec lequel sont int\u00e9gr\u00e9s des \u00e9l\u00e9ments sur-rationnels, ce qui est le \u00ab\u00a0sacr\u00e9\u00a0\u00bb selon notre entendement, dans la logique et le raisonnement courant. Ayant d\u00e9fini le mal, il ne s&rsquo;est pas prononc\u00e9 sur l'\u00a0\u00bbimpensable\u00a0\u00bb (parce qu&rsquo;au-dessus de notre pens\u00e9e) qui est de savoir ce qui se trouve derri\u00e8re la nature du mal. Il ne paralyse pas son discours par l&rsquo;introduction de mati\u00e8res dont le poids et l&rsquo;herm\u00e9tisme interdisent la pens\u00e9e hors de certaines normes, comme le fait la philosophie de la modernit\u00e9 (de la raison) avec son langage herm\u00e9tique et sa technique de conceptualisation th\u00e9orique &#8230; Si vous d\u00e9battez de l&rsquo;appr\u00e9ciation m\u00e9taphysique de l&rsquo;action antagoniste de Rumsfeld les 10 et 11 septembre 2001, et que vous ajoutez soudainement: \u00ab\u00a0<em>By the way<\/em>, Dieu existe-t-il?\u00a0\u00bb, vous sentez bien qu&rsquo;au mieux vous paralysez le d\u00e9bat par son extension \u00e0 la th\u00e9orie conceptuelle et \u00e0 la connaissance imp\u00e9n\u00e9trable (l&rsquo;inconnaissable), au pire vous le brisez par rejet dans la caricature comme on jette une pitance en p\u00e2ture au persiflage qui est l&rsquo;arme principal d&rsquo;abaissement paradoxal d&rsquo;une tentative de pens\u00e9e hauss\u00e9e \u00e0 la dimension de la crise. Dans les deux cas, le r\u00e9sultat est bien une mise \u00e0 l&rsquo;index, dans le sens religieux de cette technique de coercition intellectuelle, du domaine entier du sacr\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous revenons ainsi \u00e0 une id\u00e9e d\u00e9j\u00e0 exprim\u00e9e dans notre pr\u00e9c\u00e9dente livraison (16) qui recouvre la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver (de retrouver) un langage \u00ab\u00a0rationnel\u00a0\u00bb pour exprimer et d\u00e9battre de la pr\u00e9sence \u00e9vidente et n\u00e9cessaire de la surrationalit\u00e9 dans notre r\u00e9flexion. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il importe absolument de faire entrer l&rsquo;intuition (17) dans le processus de la pens\u00e9e, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 (au-dessus) de la raison, de faire entrer le sacr\u00e9 et le sur-rationnel comme objet de la r\u00e9flexion, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;objet courant qu&rsquo;est la perception directe de la situation du monde. Il faut extirper la notion de sacr\u00e9 et de sur-rationnel des domaines de la foi, des r\u00e9f\u00e9rences de la religion, etc. Il faut \u00e9tudier le sacr\u00e9 et le sur-rationnel comme un facteur objectif et non comme un facteur d\u00e9pendant de la foi que vous avez, de la religion que vous pratiquez, comme un facteur imp\u00e9ratif \u00e0 \u00e9tudier hors de toute foi ni religion par rapport \u00e0 lui. Il faut d\u00e9livrer le sacr\u00e9 \u00e0 la fois de l&rsquo;hyst\u00e9rie positive de la croyance et de l&rsquo;hyst\u00e9rie n\u00e9gative de la raison (de la science). Le sacr\u00e9 m\u00e9rite cela car si l&rsquo;on s&rsquo;en tient \u00e0 l&rsquo;appr\u00e9ciation m\u00e9taphysique, il n&rsquo;y a rien qui m\u00e9rite plus d&rsquo;\u00eatre objectiv\u00e9 que lui, donc rien qui m\u00e9rite plus que lui d&rsquo;\u00eatre tenu hors de port\u00e9e de l&rsquo;hyst\u00e9rie des psychologies \u00e9puis\u00e9es. (18)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Pourquoi il ne faut pas craindre de penser<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;y a pas \u00e0 s&rsquo;expliquer ni \u00e0 se justifier mais simplement \u00e0 tenter d&rsquo;expliquer pourquoi une telle approche que celle que nous avons d\u00e9velopp\u00e9e est, aujourd&rsquo;hui, absolument, imp\u00e9rativement justifi\u00e9e. Cette \u00e9poque d&rsquo;un colossal bouleversement, de l&rsquo;effondrement d&rsquo;un monde, de l&rsquo;\u00e9croulement d&rsquo;une civilisation ne laisse pas de choix \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si l&rsquo;on risque un regard circulaire pour embrasser la situation du monde, le spectacle qui s&rsquo;offre \u00e0 nous, de l&rsquo;impuissance et de la paralysie stup\u00e9faite, autant des directions politiques que des centres de pens\u00e9e ou des milieux d&rsquo;expertise, doit absolument retenir notre attention. Nous ne sommes plus devant une pens\u00e9e structur\u00e9e et \u00e9voluant selon cette structure, un argument auquel il faut r\u00e9pondre selon une ligne logique, mais devant une construction ossifi\u00e9e, fig\u00e9e dans la glace d&rsquo;un froid \u00e9ternel, dont on ne peut m\u00eame plus juger de la valeur et de l&rsquo;orientation pour \u00e9ventuellement les d\u00e9noncer et les combattre. Cette situation n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas scandaleuse mais logique, puisque cet enfermement et cette glaciation de la pens\u00e9e impliquent \u00e9videmment sa paralysie et son impuissance. L&rsquo;intervention ext\u00e9rieure, et d\u00e9cisivement ext\u00e9rieure, devient une n\u00e9cessit\u00e9 vitale pour tenter de poursuivre le processus de la pens\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le caract\u00e8re de notre \u00e9poque n&rsquo;est plus de \u00ab\u00a0penser faux\u00a0\u00bb (pour ceux qui en jugent ainsi) avec les variations dans le degr\u00e9 de la fausset\u00e9, ni m\u00eame de refuser de penser au nom de l&rsquo;absolutisme d&rsquo;une doctrine (comme c&rsquo;\u00e9tait encore le cas avant la crise du 15 septembre 2008), mais de simplement \u00e9carter l&rsquo;option de la pens\u00e9e en proclamant implicitement que le travail est, de ce point de vue, achev\u00e9. Cela ressemble \u00e0 la r\u00e9ponse d&rsquo;un intellectuel parisien qui pr\u00e9sentait (en 2000) son travail sur l&rsquo;histoire des intellectuels parisiens, et r\u00e9pondait \u00e0 une remarque sur l&rsquo;absence aujourd&rsquo;hui de \u00ab\u00a0grands penseurs\u00a0\u00bb type-Sartre, que &laquo;<em>c&rsquo;est sans doute que tous les grands probl\u00e8mes sont r\u00e9solus et qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus besoin de penseurs de ce calibre<\/em>&raquo;. (19) Il ne s&rsquo;agit certes pas de r\u00e9clamer un Sartre mais d&rsquo;observer qu&rsquo;il en est ainsi de la capitulation de leur pens\u00e9e, face aux \u00e9v\u00e9nements incompr\u00e9hensibles pour eux: \u00ab\u00a0tous les grands probl\u00e8mes sont r\u00e9solus\u00a0\u00bb. (20) Il convient de se rappeler comme d&rsquo;une exhortation les consid\u00e9rations de Nietzsche sur sa philosophie \u00ab\u00a0\u00e0 coups de marteau\u00a0\u00bb et admettre que l&rsquo;attaque doit se faire \u00e0 coups de marteau pour, comme on dit, \u00ab\u00a0briser la glace\u00a0\u00bb. Sortir la m\u00e9taphysique de sa caricature expos\u00e9e dans les mus\u00e9es de la pens\u00e9e et la jeter dans un d\u00e9bat sur les \u00e9v\u00e9nements courants, hors de sa gangue r\u00e9ductrice, est une fa\u00e7on int\u00e9ressante de tenter de \u00ab\u00a0briser la glace\u00a0\u00bb car la chose peut \u00eatre un bon marteau dans des mains expertes.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">Le d\u00e9sordre r\u00e8gne&#8230; Le marteau s&rsquo;impose<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le National Journal du 6 ao&ucirc;t [2010] \u00e9crivait: &laquo;<em>The post-Cold War world has evolved into a chaotic and unmanageable place, characterized not by ideological consensus but by the proliferation and empowerment of increasingly angry blocs of people around the world and on the home front.<\/em>&raquo; Puis, s&rsquo;attachant encore plus au cas des USA: &laquo;<em>Crisis follows crisis, disorder reigns, U.S. power degrades, and President Obama may find that the biggest threat to his strategy for U.S. International leadership lies in the desunity at home.<\/em>&raquo; On notera que nulle part n&rsquo;apparaissent les mots \u00ab\u00a0terreur\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0al Qa\u00efda\u00a0\u00bb, ou encore \u00ab\u00a0Iran\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Afghanistan\u00a0\u00bb. Seul \u00ab\u00a0r\u00e8gne\u00a0\u00bb le mot \u00ab\u00a0d\u00e9sordre\u00a0\u00bb, dans le chef d&rsquo;un hebdomadaire respect\u00e9, et reconnu pour rendre compte des pens\u00e9es \u00e0 demi secr\u00e8tes de l&rsquo;establishment de Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pendant ce temps, la direction russe m\u00e9ditait les paroles du pr\u00e9sident Medvedev, parlant \u00e0 propos de la vague de chaleur et des immenses incendies qui ont ravag\u00e9 la Russie: &laquo;<em>Pratiquement tout est en train de br&ucirc;ler. Le temps est anormalement chaud. Ce qui est en train d&rsquo;arriver avec le climat de la plan\u00e8te doit \u00eatre un signal de mobilisation pour nous tous, je veux dire tous les chefs d&rsquo;Etat, tous les chefs des organisation, de fa\u00e7on \u00e0 d\u00e9terminer une approche plus \u00e9nergique face au changement global du climat.<\/em>&raquo; Qu&rsquo;importe ici d&rsquo;avoir fait suivre les USA par la Russie, le chaos des relations internationales des signes effrayants de la crise eschatologique de l&rsquo;environnement. Ce qui importe est l&rsquo;illustration ainsi esquiss\u00e9e, une fois de plus et en toujours plus catastrophique, de l&rsquo;\u00e9tat du monde&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est dans ces conditions, aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;il faut mesurer le poids et les cons\u00e9quences du dess\u00e9chement de la pens\u00e9e dirigeant les affaires du monde, son refus d&rsquo;affronter la crise du monde qui est en train de se transformer en une terreur silencieuse devant cette crise du monde, conduisant \u00e0 une sorte d&rsquo;autisme lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;en faire une analyse g\u00e9n\u00e9rale et d&rsquo;en tirer \u00e9ventuellement, ou plut\u00f4t \u00e9videmment, des conclusions qui pulv\u00e9risent les dogmes politiques et civilisationnels en place. Nous assistons \u00e0 l&rsquo;abdication de la raison humaine de sa pr\u00e9tention usurpatrice de ma&icirc;triser le monde et le destin de la civilisation qui va avec. La rapidit\u00e9 avec laquelle ces certitudes faussaires s&rsquo;effondrent, depuis qu&rsquo;elles ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre s\u00e9rieusement (d\u00e9cisivement) mises en question, dans les ann\u00e9es 1990, cette rapidit\u00e9 est confondante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, la direction du monde est confi\u00e9e \u00e0 un aveugle qui p\u00e9rore dans une maison qui s&rsquo;effondre, jusqu&rsquo;alors assur\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un simple verre renvers\u00e9 qu&rsquo;il a remis en place sur la table (disons le 15 septembre 2008 pour fixer les id\u00e9es), soudain priv\u00e9 de ses certitudes \u00e0 mesure des craquements et des effondrements des structures du monde. Aucun argument, aucun raisonnement, aucune logique \u00e0 opposer, ni m\u00eame, &ndash; aucune r\u00e9volution&#8230; Mais l&rsquo;attaque de la pens\u00e9e faussaire, la d\u00e9nonciation de la vanit\u00e9 funeste d&rsquo;une raison prisonni\u00e8re de la mati\u00e8re, et pour cela, un marteau, pour frapper et encore frapper. Quel marteau aurait plus de force que de la r\u00e9introduction dans leur zone de r\u00e9flexion de la m\u00e9taphysique, la vraie, celle qui donne \u00e0 l&rsquo;homme et \u00e0 sa pens\u00e9e leurs vraies dimensions?<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">D\u00e9fense d&rsquo;une M\u00e9thode<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Cet exercice th\u00e9orique que nous terminons ici n&rsquo;est pas gratuit. Il nous para&icirc;t s&rsquo;imposer dans une \u00e9poque qui \u00e9touffe litt\u00e9ralement dans le carcan dialectique, conceptuel et philosophique qui lui est impos\u00e9. Plus rien de ce qui est dit, pens\u00e9, observ\u00e9 de la part de nos \u00e9lites ne correspond \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 du monde, qui est en train d&rsquo;exploser sous nos yeux. Une telle situation m\u00e9rite effectivement que l&rsquo;on envisage l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;une entit\u00e9 qu&rsquo;on d\u00e9signerait comme \u00ab\u00a0le mal\u00a0\u00bb soit \u00e0 l&rsquo;&oelig;uvre, et d\u00e9sormais \u00e0 l&rsquo;&oelig;uvre dans la phase finale de l&rsquo;affrontement qu&rsquo;elle a ainsi suscit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre approche est que la puissance du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb, qui est la mati\u00e8re lanc\u00e9e dans une dynamique d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e d\u00e9sormais identifiable pr\u00e9cis\u00e9ment depuis deux si\u00e8cles, assure une domination absolue de la civilisation, avec la complicit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9lite fournissant les id\u00e9es n\u00e9cessaires comme feuille de vigne ou cache-sexe de ce mouvement. Comme on l&rsquo;a vu, cette appr\u00e9ciation exon\u00e8re l&rsquo;homme d&rsquo;une responsabilit\u00e9 ontologique, ce qui est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des diff\u00e9rences importantes entre la philosophie de Plotin et celle du christianisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>II semble donc que la faute selon Plotin soit moins r\u00e9volte et d\u00e9fi que vertige et lassitude. Elle est inversion ou aversion par d\u00e9faillance, non par malice proprement dite. Elle est insuffisance no\u00e9tique beaucoup plus que refus \u00e9thique. En cela elle diff\u00e8re du p\u00e9ch\u00e9 selon le christianisme. Ce p\u00e9ch\u00e9 est en effet une sorte d&rsquo;infini privatif et d&rsquo;absolu n\u00e9gatif. Il est d&rsquo;abord p\u00e9ch\u00e9 de l&rsquo;esprit; le p\u00e9ch\u00e9 de l&rsquo;ange pr\u00e9c\u00e8de et provoque celui de l&rsquo;homme. Sous les formules semblables dont usent parfois n\u00e9oplatoniciens et chr\u00e9tiens se r\u00e9v\u00e8le sur ce point capital un bon d\u00e9saccord.<\/em>&raquo; (Jean Trouillard, &laquo;<em>L&rsquo;impeccabilit\u00e9 de l&rsquo;esprit, selon Plotin<\/em>&raquo;, <em>Revue de l&rsquo;histoire des religions<\/em>, 1953.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette perception, que nous r\u00e9clamerions pour notre compte \u00e9galement, permet de faire intervenir des jugements et des appr\u00e9ciations beaucoup plus souples sur les \u00e9v\u00e9nements, et donc de les embrasser d&rsquo;une fa\u00e7on beaucoup plus f\u00e9conde; cela permet de r\u00e9duire d&rsquo;autant la pr\u00e9tention effectivement mais accidentellement mal\u00e9fique de la raison humaine de sa domination du monde, et de faire tenir \u00e0 l&rsquo;homme le r\u00f4le qu&rsquo;il a souvent effectivement tenu dans des \u00e9v\u00e9nements fondamentaux, &ndash; moins mauvais qu&rsquo;on ne juge, moins d\u00e9cisif qu&rsquo;il ne croit&#8230; (Voir le jugement de Joseph de Maistre sur le r\u00f4le des chefs r\u00e9volutionnaires pendant la R\u00e9volution fran\u00e7aise.) L&rsquo;appr\u00e9ciation de \u00ab\u00a0vertige et lassitude\u00a0\u00bb de Plotin pour caract\u00e9riser la faute nous semble rencontrer parfaitement notre perception du \u00ab\u00a0XVIII\u00e8me si\u00e8cle du persiflage\u00a0\u00bb qui, par \u00e9puisement de la psychologie c\u00e8de \u00e0 l&rsquo;ivresse d&rsquo;id\u00e9es non port\u00e9es \u00e0 leur cons\u00e9quence (lassitude et vertige), d\u00e9bouchant sur la R\u00e9volution Fran\u00e7aise et sur le triomphe, non des id\u00e9es r\u00e9volutionnaires (quelle \u00e9trange oxymore), mais de la mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e dont la guillotine sera le premier symbole et le premier m\u00e9tal, avec son ombre s&rsquo;\u00e9tendant, non sur la France, mais sur la civilisation du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.25em\">A la recherche du myst\u00e8re d&rsquo;une \u00e9poque, &ndash; la n\u00f4tre<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ces recherches et de ces supputations que nous faisons, nous semble \u00eatre d&rsquo;offrir un champ beaucoup plus ouvert \u00e0 la r\u00e9flexion. Nous sommes dans une \u00e9poque o&ugrave; il appara&icirc;t de plus en plus \u00e9videmment et de plus en plus rapidement, que l&rsquo;appr\u00e9ciation humaine ne peut plus s&rsquo;en tenir aux seuls facteurs des \u00e9v\u00e9nements courants et d&rsquo;une interpr\u00e9tation absolument prisonni\u00e8re d&rsquo;une tr\u00e8s courte p\u00e9riode historique marqu\u00e9e par le diktat d&rsquo;une conception du monde, anim\u00e9e par la puissance de la mati\u00e8re, manipul\u00e9e par l&rsquo;imposture de la raison humaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les \u00e9v\u00e9nements qui se d\u00e9roulent sous nos yeux repr\u00e9sentent r\u00e9ellement l&rsquo;apocalypse de toutes les certitudes qui ont fond\u00e9 la d\u00e9marche de notre civilisation depuis des si\u00e8cles. S&rsquo;il faut mettre en cause quelque chose, ce ne sont pas les \u00e9v\u00e9nements, c&rsquo;est le regard ferm\u00e9 de ces yeux aveugles qui les observent pr\u00e9tendument. Commentant les r\u00e9actions officielles de Washington apr\u00e8s le d\u00e9sastre de \u00ab\u00a0dimension biblique\u00a0\u00bb qui frappe le Pakistan, le commentateur Paul Woodward mettait en \u00e9vidence bien s&ucirc;r le croisement de la chose avec la psychologie \u00e9puis\u00e9e, le regard aveugle, la capitulation d\u00e9sormais permanente de ces \u00e9lites modernistes; il s&rsquo;agissait de comparer la v\u00e9rit\u00e9 du d\u00e9sastre et l&rsquo;obsession de la pens\u00e9e d\u00e9vast\u00e9e&#8230; &laquo;[\u00ab\u00a0A] <em>humanitarian disaster of monumental proportions,\u00a0\u00bb says US Secretary of State Hillary Clinton; renewed evidence of the devastating impact of global warming &mdash; but what&rsquo;s the real danger? The threat that should worry all Americans? Terrorism. This &mdash; the word \u00ab\u00a0terrorism\u00a0\u00bb &mdash; has become a mind-numbing drug that cuts us off from humanity and even the fate of the planet&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;une telle puissance, d&rsquo;une telle dynamique, arm\u00e9s d&rsquo;un potentiel si grand de bouleversement, exigent une attention \u00e0 mesure. Ils t\u00e9moignent du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb fondamental dont la modernit\u00e9 porte en elle quelques-uns de ses aspects essentiels. Il nous semble important de tenter de comprendre et de d\u00e9finir ce \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb, dont l&rsquo;esp\u00e8ce qui porte si haut la certitude de sa puissance jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame de la manifestation de sa vanit\u00e9 (21), est si manifestement affect\u00e9e, effectivement bien plus prisonni\u00e8re de lui qu&rsquo;instigatrice et manipulatrice.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous observons <em>in vivo<\/em>, sous nous propres yeux (ceux qui veulent regarder) \u00e0 la fois \u00e9blouis et terrifi\u00e9s, la manifestation \u00e9vidente de la m\u00e9taphysique du monde et de notre destin. Ces tr\u00e8s courtes ann\u00e9es, &ndash; disons symboliquement depuis 9\/11 puisque nous avons arrang\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements de la sorte, mais avec tout ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, &ndash; sont en train d&rsquo;introduire un bouleversement du monde qui va renverser deux si\u00e8cles, et sans doute plus, &ndash; jusqu&rsquo;\u00e0 cinq si\u00e8cles de notre Histoire marquant l&rsquo;ambition la plus folle, la plus extr\u00eame, la plus aventureuse d&rsquo;une raison humaine tombant dans la pi\u00e8ge de la puissance de la mati\u00e8re et y sacrifiant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;\u00eatre. Nous d\u00e9couvrons que l&rsquo;\u00e2me, et l&rsquo;esprit qui la recueille, ne sont pas des choses dont la raison humaine peut faire ce qu&rsquo;il lui pla&icirc;t. Notre pacte faustien avec le \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb qu&rsquo;est la mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e produit aujourd&rsquo;hui tous ses effets. Devant les dimensions des \u00e9v\u00e9nements, les serviteurs du dessein restent interdits. Les balbutiements de l&rsquo;autiste ne suffisent plus, non plus que son persiflage.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Notes d&rsquo;un autre temps<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>1) Cette notion d'\u00a0\u00bbop\u00e9rationnalit\u00e9\u00a0\u00bb, particuli\u00e8rement dans le cas de la question de la morale, est essentielle. Elle concerne les \u00e9v\u00e9nements que nous vivons pr\u00e9sentement (encore plus, toujours plus depuis 2010 \u00e0 l&rsquo;heure [janvier 2015] o&ugrave; sont \u00e9crites ces lignes), car <strong>jamais<\/strong> dans l&rsquo;Histoire connue de nous le temps n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 <strong>aussi dense, aussi compress\u00e9 pour contenir le plus de d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements possibles<\/strong>&hellip; Cette avalanche d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements, avec la fa\u00e7on dont ils sont trait\u00e9s, et pourtant avec le d\u00e9ni dont ils sont le plus souvent l&rsquo;objet, pulv\u00e9rise la morale conventionnelle et <strong>oblige absolument<\/strong> \u00e0 chercher d&rsquo;autres d\u00e9finitions du bien et du mal&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>2) Ces remarques compl\u00e8tent la note pr\u00e9c\u00e9dente en lui donnant tout son sens qui doit \u00eatre encore plus pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements qui se sont succ\u00e9d\u00e9s depuis 2010. Ce sont les autorit\u00e9s <strong>en charge<\/strong>, les \u00e9lites-Syst\u00e8me, les directions politiques acquises au Syst\u00e8me qui, par leur comportement, leur refus des v\u00e9rit\u00e9s de situation, leur acharnement \u00e0 affirmer et \u00e0 tenter d&rsquo;institutionnaliser les <em>narrative<\/em>, ont \u00ab\u00a0op\u00e9rationnalis\u00e9\u00a0\u00bb cette pulv\u00e9risation de la morale. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement consid\u00e9rable qui est de voir cette valeur universelle de la <strong>morale selon les conceptions humaines<\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon des conceptions humanitaires \u00e9rig\u00e9es en valeurs universelles, c&rsquo;est-\u00e0-dire une morale \u00e0 pr\u00e9tention m\u00e9taphysique pulv\u00e9ris\u00e9e par des <strong>\u00e9v\u00e9nements courants de l&rsquo;histoire courante<\/strong>, de l&rsquo;histoire non-m\u00e9taphysique (en-dessous radicalement de la m\u00e9taphysique). Par cons\u00e9quent, les \u00e9v\u00e9nements terrestres de notre \u00e9poque d\u00e9montrent la fausset\u00e9 m\u00e9taphysique de la morale-conventionnelle (bien et mal th\u00e9orique) sur laquelle toute la modernit\u00e9 est b\u00e2tie. L&rsquo;un des exemples les plus frappants de cette \u00ab\u00a0pulv\u00e9risation de la morale\u00a0\u00bb, <strong>en cours sous nos yeux<\/strong>, est la destruction de l&rsquo;artefact moral \u00e9rig\u00e9 en \u00ab\u00a0m\u00e9taphysique-simulacre\u00a0\u00bb qu&rsquo;est l&rsquo;Holocauste de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Ukraine et l&rsquo;acceptation par notre contre-civilisation d&rsquo;une r\u00e9habilitation quasi-compl\u00e8te <em>de facto<\/em> du nazisme est l&rsquo;op\u00e9ration la plus r\u00e9v\u00e9latrice, la plus sensationnelle dans ce sens, et par cons\u00e9quent la plus autodestructrice pour la poutre ma&icirc;tresse de la morale du Syst\u00e8me. (Voir notamment nos textes du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_ukraine_swastika_d_couverte_03_10_2014.html\">3 octobre 2014<\/a> et du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-souverainisme_versus_supr_matisme_08_12_2014.html\">8 d\u00e9cembre 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(3) L&rsquo;adjectif \u00ab\u00a0actuelle\u00a0\u00bb pour qualifier la \u00ab\u00a0morale\u00a0\u00bb qu&rsquo;on convoque ici doit \u00eatre per\u00e7ue plus selon une perspective id\u00e9ologique, sinon conceptuelle, et nullement chronologique m\u00eame si la chronologie renforce le propos. La \u00ab\u00a0morale actuelle\u00a0\u00bb, c&rsquo;est la morale de la modernit\u00e9, que nous rejetons parce qu&rsquo;elle se d\u00e9finit, selon nous, en fonction des <em>diktat<\/em> de la modernit\u00e9, pour les renforcer express\u00e9ment. Il n&rsquo;est pas question ici de condamner (ou non) cette morale mais d&rsquo;\u00e9carter cette m\u00e9thodologie de d\u00e9finition de la morale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(4) Le rapport entre \u00ab\u00a0mondialisation\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0globalisation\u00a0\u00bb (<em>globalization<\/em>) est fascinant, notamment dans le fait que ces deux mots apparaissent dans la seule langue fran\u00e7aise parmi les langues majeures. Comme on le voit dans le d\u00e9veloppement, \u00ab\u00a0mondialisation\u00a0\u00bb implique une mise en forme g\u00e9ographique du monde en fonction de l&rsquo;extension de certaines activit\u00e9s, et c&rsquo;est bien une dynamique structurante. La \u00ab\u00a0globalisation\u00a0\u00bb, par contre, \u00e9tant d\u00e9r\u00e9gulation et destruction des structures mises en place par la mondialisation, est donc une d\u00e9structuration. Les analogies symboliques entre bien et mal et ces situations sont \u00e9videntes au niveau le plus fondamentalement op\u00e9rationnel de la situation du monde. Cela permet d&rsquo;approcher d&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement concr\u00e8te cette d\u00e9marche qui se fonde sur le constat central que le Mal est d&rsquo;abord d\u00e9structuration (pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9structuration-dissolution-entropisation, ou \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_ddete_d_finition_et_usage_07_11_2013.html\">dd&#038;e<\/a>\u00ab\u00a0), notre r\u00e9flexion g\u00e9n\u00e9rale se d\u00e9veloppant \u00e0 partir de ce constat. Le cas de la langue fran\u00e7aise (existence des deux mots, \u00ab\u00a0mondialisation\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0globalisation\u00a0\u00bb) est fascinant, parce qu&rsquo;il refl\u00e8te \u00e0 la lumi\u00e8re de notre interpr\u00e9tation la dualit\u00e9 profonde de ce pays qui a d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 dans l&rsquo;histoire combien il \u00e9tait capable du plus sublime comme du plus catastrophique dans son influence sur la marche du monde. (La pr\u00e9sence du seul mot <em>globalization<\/em> dans les langues anglo-saxonnes est \u00e9galement significatif, et augmente, dans ce cas comme tant d&rsquo;autres, la puissance fascinatoire des langages exprimant bien plus que de la communication, jusqu&rsquo;\u00e0 des vertiges m\u00e9taphysiques et des ab&icirc;mes d&rsquo;inversion &hellip; <em>Globalization<\/em>, terme anglo-saxon, est \u00e0 la fois un symbole et une r\u00e9alit\u00e9 renvoyant au domaine du mal\u00e9fique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(5) Initialement, le titre ne donnait pas une majuscule \u00e0 \u00ab\u00a0gr\u00e2ce\u00a0\u00bb&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(6) Voir la note [10], dans notre <em>Glossaire-dde.crisis<\/em>du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html\">29 novembre 2011<\/a>. Les m\u00eames remarques sont ici tout aussi valables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(7) Est-il piquant, ou bien ionique, de parle de modernit\u00e9\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0dans le bon sens&hellip;\u00a0\u00bb, etc.) \u00e0 propos de Plotin ? Implicitement, la remarque effleure un probl\u00e8me fondamental de notre pens\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale qui s&rsquo;est embourb\u00e9e, encalmin\u00e9e, dans l&rsquo;immobilisme pseudo-eschatologique de la postmodernit\u00e9. Plotin se situe \u00e9videmment dans la grande cha&icirc;ne de la Tradition, ou de la philosophie principielle, et le citer dans le contexte actuel, de notre \u00e9poque pr\u00e9sente, et avoir \u00e0 aucun instant la sensation que cette citation ne d\u00e9tonne en quelque fa\u00e7on que ce soit dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral donne une mesure de la profondeur abyssale de la crise qui nous pulv\u00e9rise. Plotin est \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb parce que la modernit\u00e9 en tant que projet ontologique de situation du monde a \u00e9t\u00e9 pulv\u00e9ris\u00e9e par la tangente de la postmodernit\u00e9 (<em>dito<\/em>, tout est \u00e0 peu pr\u00e8s bien, plus vraiment de raison d&rsquo;attendre mieux, des am\u00e9liorations de-ci de-l\u00e0, etc., &ndash; bref, comme l&rsquo;on dirait la philosophie du \u00ab\u00a0je botte en touche\u00a0\u00bb ou du \u00ab\u00a0bouche-trou\u00a0\u00bb, au choix) ; nous en revenons alors aux questions fondamentales et simples de notre existence. Il reste \u00e0 la Tradition, la philosophie principielle, \u00e0 se faire sa place dans cette triste \u00e9volution.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(8) Encore cette insistance sur l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la m\u00e9taphysique, non par dogme, non pas esprit de la th\u00e9orie, mais par n\u00e9cessit\u00e9 devant l&rsquo;impuissance du monde physique de r\u00e9pondre \u00e0 nos questions sur l&rsquo;\u00e9volution de ce qui est per\u00e7u comme une crise compl\u00e8tement fondamentale de <strong>ce monde physique lui-m\u00eame<\/strong>. (Ce serait la <strong>crise physique<\/strong> du <strong>monde physique<\/strong> qui, par son aspect totalement herm\u00e9tique, conduirait \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;appel \u00e0 la m\u00e9taphysique.. On voit m\u00eame, deux lignes plus loin, que le recours \u00e0 la m\u00e9taphysique est per\u00e7u comme un \u00ab\u00a0acte de r\u00e9sistance\u00a0\u00bb (&laquo;<em>&hellip;par simple acte de r\u00e9sistance et de r\u00e9action<\/em>&raquo;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(9) Chronologiquement, nous dirions que le \u00ab\u00a0sur la voie de &hellip;\u00a0\u00bb est d\u00e9pass\u00e9, que <strong>nous sommes d\u00e9sormais<\/strong> (en ce d\u00e9but de 2015) dans une \u00e9poque m\u00e9taphysique. Il nous appara&icirc;t qu&rsquo;on peut consid\u00e9rer l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle la crise ukrainienne marque le d\u00e9but de cette \u00e9poque m\u00e9taphysique effective. Les diff\u00e9rents acteurs vivent dans des d\u00e9calages o&ugrave; les notions d&rsquo;espace-temps sont d\u00e9cal\u00e9es, voire totalement \u00e9trang\u00e8re, dans leurs perceptions effectives de la situation. Ce sont des personnages m\u00e9taphysiques, pour le pire ou le meilleur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(10) Cette remarque, comme beaucoup d&rsquo;autres dans ce passage, met en \u00e9vidence un aspect fondamental de notre d\u00e9marche. Nous n&rsquo;avons pas cherch\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 \u00ab\u00a0entrer en m\u00e9taphysique\u00a0\u00bb, \u00e0 faire le choix de la r\u00e9flexion m\u00e9taphysique. Au contraire, notre d\u00e9marche est <strong>op\u00e9rationnellement inductive<\/strong> : nous sommes forc\u00e9s, nous avons \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de nous orienter vers le domaine m\u00e9taphysique parce que les \u00e9v\u00e9nements, comme nous les interpr\u00e9tons <strong>n\u00e9cessairement<\/strong>, nous y conduisent in\u00e9luctablement. Nous ne somme ni prisonniers ni d\u00e9pendants de rien, nous sommes en notre esprit et dans les observations qu&rsquo;il est conduit \u00e0 faire, sur cette voie qui nous dit : \u00ab\u00a0Hors de la m\u00e9taphysique, point de salut pour l&rsquo;esprit. La m\u00e9taphysique est une d\u00e9livrance pour nous. Qui ne comprend pas cela ne peut suivre de fa\u00e7on enrichissante notre d\u00e9marche.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(11) Rappel : <em>hybris<\/em> pour \u00ab\u00a0vanit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>12) Aujourd&rsquo;hui nous interpr\u00e9tons cet aspect des remarques de Wheeler, qui ne s&rsquo;en est jamais expliqu\u00e9 \u00e0 notre connaissance, comme une sorte de forme ironique et hypoth\u00e9tique signifiant \u00ab\u00a0ce qui aurait \u00e9t\u00e9 son chant du cygne, comme une sorte d&rsquo;aveu de capitulation devant la puissance de la bureaucratie du Pentagone, s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait rest\u00e9 six ans de plus, compl\u00e8tement obnubil\u00e9 par les suites de l&rsquo;attaque 9\/11 qui ont tout chang\u00e9 dans ses orientations et ses priorit\u00e9s&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(13) &#8230; Encore une fois, nous ne sommes nullement pr\u00e9cis l\u00e0-dessus, sans limiter le mal \u00e0 la mati\u00e8re, sans l&rsquo;identifier, sans l&rsquo;y faire correspondre, etc., &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire toujours avec l&rsquo;hypoth\u00e8que fondamentale d&rsquo;une recherche de d\u00e9finition de ce qu&rsquo;est \u00ab\u00a0la mati\u00e8re\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb) pour nous, ce qui doit mener \u00e0 rechercher et tenter d&rsquo;identifier parall\u00e8lement le mal en raison de ce qui unit les deux concepts.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(14) Dans ce membre de phrase, &ndash; \u00ab\u00a0l&rsquo;un de ses vecteurs (la bureaucratie du Pentagone non pas du point de vue humain mais en tant que m\u00e9canique d&rsquo;un syst\u00e8me anthropotechnologique qui [est un des repr\u00e9sentants op\u00e9rationnels aujourd&rsquo;hui du] \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb)\u00a0\u00bb, &ndash; le mot \u00ab\u00a0fondamentaux\u00a0\u00bb est supprim\u00e9 et la partie [entre braquets] est rajout\u00e9e, rempla\u00e7ant le membre de phrase \u00ab\u00a0d&rsquo;un syst\u00e8me anthropotechnologique qui repr\u00e9sente le mieux aujourd&rsquo;hui\u00a0\u00bb. Cela marque notre \u00e9volution certaine \u00e0 cet \u00e9gard, qui accompagne d&rsquo;une part le constat du d\u00e9clin acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 du syst\u00e8me du technologisme (alors que le syst\u00e8me de la communication, beaucoup plus <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-janus_au_galop_09_04_2012.html\">Janus<\/a> vis-\u00e0-vis du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb, est en pleine expansion), d&rsquo;autre part la conviction que l&rsquo;importance accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aspect m\u00e9canique de cette sorte de syst\u00e8me est trop importante pour convenir \u00e0 l&rsquo;esprit de notre rangement g\u00e9n\u00e9ral. Si l&rsquo;on veut plus encore de pr\u00e9cision, nous irions jusqu&rsquo;\u00e0 penser que les syst\u00e8mes anthropotechnologiques perdent l&rsquo;importance sp\u00e9cifique que nous leur accordions dans l&rsquo;odyss\u00e9e du Syst\u00e8me en g\u00e9n\u00e9ral et de son effondrement, mais compensent cette perte par une importance de plus en plus accrue du point de vue de la communication, de la perception qu&rsquo;on en a, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(15) Voir note (11).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(16) Voir, dans notre nouvelle formule, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html\">29 novembre 2014<\/a> de notre <em>Glossaire.dde-crisis<\/em>: \u00ab\u00a0la crise de la raison (humaine)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(17) Cette question de l&rsquo;intuition n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre d\u00e9battue et d\u00e9velopp\u00e9e par nous depuis la parution en septembre 2010 de ce texte de MI&gt;dde.crisis que nous re-publions. Elle a d\u00e9bouch\u00e9 sur la notion d'\u00a0\u00bbintuition haute\u00a0\u00bb, sur laquelle nous travaillons \u00e9galement beaucoup. On trouve des exemples tr\u00e8s r\u00e9cents de ce travail dans le texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-intuition_contre_narrative_09_01_2015.html\">9 janvier 2015<\/a> et dans celui du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_crise_nerveuse_globalis_e_11_01_2015.html\">11 janvier 2015<\/a>. Dans ce dernier, nous rappelons une des r\u00e9f\u00e9rences initiales faites sur ce ite \u00e0 l'\u00a0\u00bb<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dialogues-14_de_l_intuition_haute_13_11_2010.html\">intuition haute<\/a>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(18) Aujourd&rsquo;hui, nous dirions que \u00ab\u00a0le sacr\u00e9\u00a0\u00bb, qui a \u00e9videmment une signification m\u00e9taphysique absolument compl\u00e8te, doit aussi \u00eatre per\u00e7u comme une dimension humaine, terrestre, avec une dimension, \u00ab\u00a0physique\u00a0\u00bb tout aussi \u00ab\u00a0absolument compl\u00e8te\u00a0\u00bb. Le \u00ab\u00a0sacr\u00e9\u00a0\u00bb est quelque chose de m\u00e9taphysique qui est en nous, nous qui sommes \u00e9galement des \u00eatres physiques, et il se trouve dans cette partie absolument physique de nos \u00eatres. Cette situation fait de nous des \u00eatres avec une dimension m\u00e9taphysique mais elle fait en retour du \u00ab\u00a0sacr\u00e9\u00a0\u00bb un concept m\u00e9taphysique qui a une dimension \u00ab\u00a0physique\u00a0\u00bb essentielle, cette dimension n&rsquo;\u00e9tant alors ni accessoire ni marginale. Le \u00ab\u00a0sacr\u00e9\u00a0\u00bb est un <strong>lien<\/strong> fondamental entre le physique et le m\u00e9taphysique, pour \u00eatre \u00e9galement pr\u00e9sent dans les deux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(19) Il s&rsquo;agit de Michel Winock et de son livre <em>Le si\u00e8cle des intellectuels<\/em>. On ne parle pas ici ni du livre, ni de son contenu, mais de la surprise de l&rsquo;auteur lorsque la jeune (et ravissante) pr\u00e9sentatrice lui posa la question \u00e9voqu\u00e9e ici. Manifestement, cette question-l\u00e0 ne lui \u00e9tait pas venue \u00e0 l&rsquo;esprit ou bien ne s&rsquo;y trouvait pas \u00e0 cet instant, et nous en d\u00e9duisons que sa r\u00e9ponse, spontan\u00e9e et franche sans le filtre de la r\u00e9flexion par rapport \u00e0 la bienpensance, est d&rsquo;autant plus r\u00e9v\u00e9latrice.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(20) Cette situation, ici pr\u00e9sent\u00e9e d&rsquo;une mani\u00e8re critique, est d\u00e9crite d&rsquo;une mani\u00e8re constructive, <strong>sinon heureuse<\/strong>, comme la d\u00e9finition m\u00eame de la postmodernit\u00e9. (Le terme \u00ab\u00a0heureux\u00a0\u00bb, soulign\u00e9 de gras, est bienvenu dans le sens dialectique de la satisfaction de l&rsquo;oreille, &ndash; pas plus. S&rsquo;il le faut, au reste, nous modifierons la d\u00e9finition du mot \u00ab\u00a0heureux\u00a0\u00bb [\u00ab\u00a0bonheur\u00a0\u00bb] de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus d&rsquo;obstacle \u00e0 la beaut\u00e9 ferm\u00e9e du raisonnement.) Plus rien n&rsquo;est absolument essentiel, puisque l&rsquo;essentiel est acquis, ni le sens des mots d&rsquo;ailleurs ; tout est mall\u00e9able, \u00e9lastique, tout peut \u00eatre modifi\u00e9 pour que la construction recherch\u00e9e garde la coh\u00e9rence qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de lui donner.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(21) Voir note (11).<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Glossaire.dde-crisis : la source de tous les maux 28 janvier 2015 &ndash; Ce second Glossaire.dde-crisis reprend le texte de dde.crisis du 10 septembre 2010. 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