{"id":75742,"date":"2015-02-04T08:24:26","date_gmt":"2015-02-04T08:24:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/02\/04\/grece-un-jeu-complexe\/"},"modified":"2015-02-04T08:24:26","modified_gmt":"2015-02-04T08:24:26","slug":"grece-un-jeu-complexe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/02\/04\/grece-un-jeu-complexe\/","title":{"rendered":"Gr\u00e8ce : un jeu complexe"},"content":{"rendered":"<p><h3>Gr\u00e8ce : un jeu complexe<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPlut\u00f4t que de donner les r\u00e9f\u00e9rences habituelles avec quelques extraits, nous avons jug\u00e9 int\u00e9ressant de reprendre, une semaine apr\u00e8s son premier commentaire sur la nouvelle situation en Gr\u00e8ce qu&rsquo;on trouve dans cette rubrique le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_tournant_spoutnik-en-france_et_syriza_29_01_2015.html\" class=\"gen\">29 janvier 2015<\/a>, l&rsquo;appr\u00e9ciation compl\u00e8te de Jacques Sapir sur l&rsquo;\u00e9volution de cette situation grecque qui est devenue une situation europ\u00e9enne fondamentale, avec l&rsquo;Allemagne impliqu\u00e9e au premier chef. Dans ce commentaire, Sapir \u00e9voque un sc\u00e9nario possible de cette situation europ\u00e9enne, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la Th\u00e9orie des Jeux, ou comment une perspective d\u00e9finie par le dilemme du prisonnier pourrait \u00e9voluer vers la situation du jeu dit du <em>chicken<\/em>, alors que la strat\u00e9gie de la Gr\u00e8ce se r\u00e9f\u00e8re, elle, \u00e0 la <em>coercive d\u00e9ficiency<\/em> qui rappelle aussi bien la th\u00e9orie de la dissuasion nucl\u00e9aire fran\u00e7aise dite du faible au fort que la strat\u00e9gie du dos au mur du <em>conquistador<\/em> Cortez (br\u00fbler ses navires pour ne pas avoir la tentation de rembarquer en cas de difficult\u00e9s dans l&rsquo;aventure qui s&rsquo;engage).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tous les cas, cette appr\u00e9ciation prospective a le m\u00e9rite aussi bien de d\u00e9crire les probables intentions des acteurs concern\u00e9s (la Gr\u00e8ce et l&rsquo;Allemagne dans le cadre europ\u00e9en, la France \u00e9tant \u00e9videmment compl\u00e8tement absente) que de laisser place \u00e0 l&rsquo;inattendu sous quelque forme que ce soit, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux \u00e9v\u00e9nements impr\u00e9vus qui peuvent faire basculer d&rsquo;une th\u00e9orie dans l&rsquo;autre. Cet article de Jacques Sapir, que nous nous sommes permis d&#8217;emprunter pour le citer dans son enti\u00e8ret\u00e9, a \u00e9t\u00e9 initialement mis en ligne sur son site <em>RussEurope<\/em>, le <a href=\"http:\/\/russeurope.hypotheses.org\/3389\" class=\"gen\">3 f\u00e9vrier 2015<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article2\">Gr\u00e8ce : un jeu complexe<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tSyrisa a remport\u00e9 la victoire aux \u00e9lections grecques le 25 janvier. Peu de temps s&rsquo;est \u00e9coul\u00e9, et pourtant on peut commencer \u00e0 prendre un certain recul devant l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Apr\u00e8s une semaine d&rsquo;\u00e9tonnement devant un gouvernement qui applique son programme (et qui tient ses promesse, ce qui change), apr\u00e8s avoir pris acte des premiers gestes politiques de l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;Alexis Tsipras (et de son nouveau ministre des finances), apr\u00e8s avoir remis\u00e9 la \u00ab Tro\u00efka \u00bb, soit l&rsquo;alliance du FMI, de la Banque Centrale Europ\u00e9enne et de la Commission Europ\u00e9enne, au rayon des accessoires surann\u00e9s [1], il convient de s&rsquo;interroger sur la strat\u00e9gie de Syriza.<\/p>\n<h3>La strat\u00e9gie de Syriza<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette derni\u00e8re tient en un point. Tsipras veut retrouver des marges de manuvres budg\u00e9taires. Il a besoin pour cela de \u00ab r\u00e9cup\u00e9rer \u00bb de 6 \u00e0 8 milliards d&rsquo;euros, qui sont actuellement affect\u00e9s au paiement des int\u00e9r\u00eats de la dette grecque. Il a besoin de cet argent pour mettre en place les mesures qui \u00e9viteront au peuple grec de p\u00e9rir. C&rsquo;est une r\u00e9alit\u00e9 tragique, et pourtant tout \u00e0 fait \u00e9vidente. Cette diminution de la charge des int\u00e9r\u00eats est n\u00e9cessaire et permettra au gouvernement de mettre en place un programme de sorte de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est pour cela que Syriza a fait de l&rsquo;annulation partielle de la dette, ou \u00e0 tout le moins d&rsquo;un moratoire de 20 \u00e0 trente ans sur les paiements une de ses priorit\u00e9s. On sait que, sur ce point, il est soutenu tant par des \u00e9conomistes  et non des moindres  que par le gouvernement am\u00e9ricain. On sait aussi que les r\u00e9serves de la Gr\u00e8ce sont insuffisantes pour permettre \u00e0 ce pays de faire les paiements pr\u00e9vus au d\u00e9but de juillet. Au total, ce sont 23 milliards d&rsquo;euros que la Gr\u00e8ce devrait verser. Dans la mesure ou Tsipras a rejet\u00e9 la derni\u00e8re tranche du plan d&rsquo;aide pr\u00e9vue par la \u00ab tro\u00efka \u00bb, cela signifie qu&rsquo;un accord devra imp\u00e9rativement \u00eatre trouv\u00e9 avant cet \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais, il va se heurter \u00e0 un front tr\u00e8s dur de pays emmen\u00e9s par l&rsquo;Allemagne. On sait que ce dernier pays, par la voix de la chanceli\u00e8re Angela Merkel, s&rsquo;est fermement oppos\u00e9 \u00e0 toute annulation des dettes. Cela laisse cependant ouverte la porte de la solution du moratoire. Il est clair que la discussion portera alors sur la nature, et la dur\u00e9e, de ce dernier. En fait, Alexis Tsipras voudrait lier la question de son pays \u00e0 celle d&rsquo;une r\u00e9vision g\u00e9n\u00e9rale des politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. Ce faisant, il heurte de plein fouet la politique allemande qui soutient que, hors de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, point de salut. Cela signifie que l&rsquo;affrontement avec l&rsquo;Allemagne, et ses alli\u00e9s, est in\u00e9vitable. Quels que soient les artifices de langage, il est \u00e9vident que dans cet affrontement, il y aura un vainqueur et un vaincu. Les enjeux sont d&rsquo;importance pour Alexis Tsipras, mais aussi pour Angela Merkel. Si elle devait subir une d\u00e9faite, plier devant la volont\u00e9 des autres pays, c&rsquo;est non seulement sa propre position politique qui serait dramatiquement affaiblie en Allemagne, mais la cr\u00e9dibilit\u00e9 de sa position qui en serait consid\u00e9rablement affect\u00e9e. Ayant c\u00e9d\u00e9 sur ce point capital, quels arguments l&rsquo;Allemagne pourrait elle faire valoir pour \u00e9viter que la zone Euro se tranforme peu \u00e0 peu en une union de transferts ? Mais, si c&rsquo;est Alexis Tsipras qui c\u00e8de de mani\u00e8re d\u00e9cisive, il torpille son avenir politique, et celui de Syriza ; il laisse le champ libre \u00e0 la droite la plus extr\u00eame.<\/p>\n<h3>N\u00e9gociation et th\u00e9orie des jeux.<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous assistons actuellement \u00e0 un jeu de bluff et de contre-bluff. Le duo Tsypras-Varoufakis (le ministre des Finances) joue \u00e0 merveille de la partition \u00abgood cop\/bad cop\u00bb. De m\u00eame, Mme Angela Merkel joue \u00e0 merveille la carte de la rigidit\u00e9 bougonne. Il est clair qu&rsquo;il y a beaucoup de man\u00e8ge dans tout cela. Et il convient de savoir que la Th\u00e9orie des Jeux, c&rsquo;est justement l&rsquo;un des points forts du ministre des Finances [2]. Varoufakis pense que l&rsquo;on peut ramener la n\u00e9gociation actuelle \u00e0 une version du \u00abdilemme du prisonnier\u00bb. Mais, ce jeu peut d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en une forme bien connue dans la Th\u00e9orie des Jeux que l&rsquo;on appelle \u00abchicken\u00bb (poulette) [3]. Cette forme th\u00e9orise une sc\u00e8ne bien connue des cin\u00e9philes (La Fureur de Vivre) ; deux automobilistes s&rsquo;affrontent en roulant l&rsquo;un vers l&rsquo;autre. Le premier qui prend peur de la collision et d\u00e9vie de sa trajectoire a perdu. Il devient la \u00abpoulette\u00bb (chicken). Si aucun ne flanche, les deux v\u00e9hicules se percutent, et l&rsquo;on a deux morts Ce jeu, s&rsquo;il n&rsquo;est pas r\u00e9p\u00e9t\u00e9 (et s&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;apprentissage) et si un \u00e9v\u00e9nement impr\u00e9vu ne survient pas, n&rsquo;admet qu&rsquo;une victoire totale de l&rsquo;un sur l&rsquo;autre. En cela, il est tr\u00e8s diff\u00e9rent du dilemme du prisonnier, qui montre les int\u00e9r\u00eats d&rsquo;une coop\u00e9ration implicite [4].<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn voit bien comment, compte tenu des risques encourus en cas de \u00abfaiblesse\u00bb dans cet affrontement, tant Tsipras que Merkel pourraient s&rsquo;engager sur une trajectoire de collision, et aller jusqu&rsquo;au bout. Le risque est donc tr\u00e8s grand que la n\u00e9gociation n&rsquo;aboutisse pas \u00e0 une recherche du compromis mais au contraire renforce chacun dans sa volont\u00e9 de ne pas fl\u00e9chir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQue signifierait une collision frontale dans le contexte de la Gr\u00e8ce ? Si nous avons un refus de l&rsquo;Allemagne d&rsquo;admettre que l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 ne fonctionne pas, refus motiv\u00e9 tant par des repr\u00e9sentations id\u00e9ologiques que par une certaine vision des int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;Allemagne,  combin\u00e9 \u00e0 un refus de c\u00e9der \u00e0 la Gr\u00e8ce parce que c&rsquo;est la Gr\u00e8ce (on se souvient des mots blessants sur les \u00abcueilleurs d&rsquo;olives\u00bb), et que du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Ath\u00e8nes on se refuse de c\u00e9der car l&rsquo;on sait que cela signifie la fin de l&rsquo;exp\u00e9rience de Syriza, l&rsquo;id\u00e9e de la collision frontale prend du sens. Dans ce cas, on ne trouve pas de solutions d&rsquo;ici le mois de juillet et la Gr\u00e8ce doit faire d\u00e9faut sur sa dette. La r\u00e9action de la BCE sera de couper le financement aux banques grecques, ce qui entra\u00eenera la d\u00e9cision du gouvernement grec \u00e0 mobiliser la Banque Centrale grecque pour que le cr\u00e9dit ne soit pas coup\u00e9 aux banques et, de fil en aiguille, la Gr\u00e8ce sortira de l&rsquo;Euro.<\/p>\n<h3>Le discr\u00e9dit ou la rupture<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce jeu strat\u00e9gique, il est clair que la Gr\u00e8ce \u00e0 choisi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment une strat\u00e9gie qualifi\u00e9e par Thomas Schelling, l&rsquo;un des fondateurs de la th\u00e9orie des jeux, mais aussi de la th\u00e9orie de la dissuasion nucl\u00e9aire, de \u00abcoercive d\u00e9ficiency\u00bb [5]. En fait, le terme de \u00abcoercive deficiency\u00bb fut imagin\u00e9 par L. Wilmerding en 1943 pour d\u00e9crire une situation ou des agences engagent des d\u00e9penses sans financement pr\u00e9alable, sachant que moralement le gouvernement ne pourra pas refuser de les financer [6]. L&rsquo;apport de Schelling consiste \u00e0 avoir montr\u00e9 que l&rsquo;on pouvait g\u00e9n\u00e9raliser cette situation et qu&rsquo;une situation de faiblesse pouvait s&rsquo;av\u00e9rer un instrument de contrainte sur autrui. Il montrait aussi comment il pouvait \u00eatre rationnel pour un acteur se sachant d&#8217;embl\u00e9e en position de faiblesse d&rsquo;accro\u00eetre cette derni\u00e8re pour pouvoir en user dans une n\u00e9gociation. A l&rsquo;inverse de Jack London, on peut parler ici d&rsquo;une \u00abforce des faibles\u00bb [7]. C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;il faut comprendre la renonciation par le gouvernement grec de la derni\u00e8re tranche de l&rsquo;aide promise par la \u00ab Tro\u00efka \u00bb, soit 7 milliards d&rsquo;Euros. Bien sur, rejetant la l\u00e9gitimit\u00e9 de la dite \u00ab Tro\u00efka \u00bb, il ne pouvait logiquement accepter d&rsquo;en b\u00e9n\u00e9ficier. Mais, plus subtilement, ce geste met la Gr\u00e8ce volontairement au bord du gouffre et indique \u00e0 la fois sa r\u00e9solution \u00e0 aller jusqu&rsquo;au bout (comme Cortez br\u00fblant ses navires avant de monter sur Mexico) et accro\u00eet la pression sur l&rsquo;Allemagne. Nous sommes ici en pleine \u00abcoercive deficiency\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Etats-Unis en ont pris la mesure. On sait que Barack Obama a convoqu\u00e9 Angela Merkel \u00e0 Washington pour le 9 f\u00e9vrier [8]. Au menu de cette rencontre, il y aura bien entendu le probl\u00e8me grec. Notons que cela montre l&rsquo;engagement constant dans des Etats-Unis dans les affaires europ\u00e9ennes. Tous ceux qui braillent que l&rsquo;Euro devait nous donner une ind\u00e9pendance par rapport au Dollar feraient bien de m\u00e9diter sur le sens de cette rencontre. La politique \u00abeurop\u00e9enne\u00bb se d\u00e9cide largement \u00e0 Washington. C&rsquo;est par ailleurs fort logique car l&rsquo;Euro est la derni\u00e8re ligne de d\u00e9fense du Dollar. Qu&rsquo;il disparaisse et le Dollar sera nu face \u00e0 la sp\u00e9culation mon\u00e9taire internationale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est donc possible qu&rsquo;Angela Merkel soit contrainte de c\u00e9der. Mais, si elle le fait, elle engage un processus o\u00f9 elle perd toute ma\u00eetrise de la situation, tant en Europe qu&rsquo;en Allemagne. En Europe, le fait de c\u00e9der \u00e0 la Gr\u00e8ce suscitera imm\u00e9diatement de nouvelles demandes. La cr\u00e9dibilit\u00e9 de la position allemande sera d\u00e9truite, et l&rsquo;Allemagne accul\u00e9e \u00e0 de nouvelles concessions qui feront immanquablement monter le co\u00fbt de sa contribution \u00e0 l&rsquo;Europe. Cela marquera l&rsquo;entr\u00e9e dans la fameuse \u00ab Union de transferts \u00bb qui est le cauchemar d&rsquo;une grande partie des dirigeants allemands. Mais, en Allemagne m\u00eame, Angela Merkel perdra le b\u00e9n\u00e9fice de sa position \u00ab dure \u00bb et sera soumise \u00e0 de multiples pressions venant tant de son \u00e9lectorat que de ses alli\u00e9s politiques, et ceci sans compter sur le parti anti-Euro AfD en embuscade. Elle n&rsquo;a donc le choix qu&rsquo;entre le discr\u00e9dit, interne et externe, et la rupture.<\/p>\n<h3>Le d\u00e9but de la fin ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe contexte est, bien entendu, largement suivi dans les autres pays. Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises se r\u00eavent en grand m\u00e9diateur dans ce conflit annonc\u00e9. Mais, nous ne sommes pas \u00e0 un congr\u00e8s du PS. Il ne peut y avoir de \u00ab synth\u00e8se \u00bb entre des int\u00e9r\u00eats clairement oppos\u00e9s. La position de la France se trouve prise en otage de la croyance religieuse dans l&rsquo;Euro qui unit une partie de notre \u00e9lite politique. Il est clair que dans la tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de trouver une \u00ab synth\u00e8se \u00bb, Fran\u00e7ois Hollande va achever de se discr\u00e9diter. Il est d&rsquo;ailleurs symbolique que ce soit avec l&rsquo;Allemagne que les Etats-Unis discutent et non la France. Cette derni\u00e8re ne compte plus. Et c&rsquo;est aussi l&rsquo;un des enseignements de la crise et de l&rsquo;arriv\u00e9e de Syriza au pouvoir \u00e0 Ath\u00e8nes. D\u00e9montrant la possibilit\u00e9 d&rsquo;une autre politique, cette arriv\u00e9e d\u00e9truit ce qui restait du discours du PS.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes probablement au d\u00e9but de la fin, tant en Europe qu&rsquo;en France. Et cette perspective terrifie comme elle fascine les acteurs du jeu politique.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jacques Sapir<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h4>Notes<\/h4>\n<p>[1] http:\/\/www.rtbf.be\/info\/monde\/detail_le-president-de-la-commission-europeenne-veut-supprimer-la-troika?id=8892950<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[2] On lira Varoufakis Y., Rational Conflict. Oxford, Blackwell, 1991 ou encore, du m\u00eame auteur (avec Hargreaves-Heap S.) Game Theory: A critical text. London and New York, Routledge, 2004<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[3] Sugden, R. The Economics of Rights, Cooperation and Welfare, 2\u00e8me edition, Palgrave Macmillan, Londres-New York, 2005<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[4]  Skyrms, B., Evolution of the Social Contract. New York, Cambridge University Press, 1996.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[5] Schelling T., The Stategy of conflict,  Harvard University Press, Cambridge (Mass.), 1960.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[6] Kiewiet, D., Roderick McCubbins et Mathew D. The logic of delegation: congressional parties and the appropriations process, Chicago (Ill.), University of Chicago Press. 1991, pp. 213249.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[7] Schelling T., The Stategy of conflict, op.cit. p. 37.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[8] http:\/\/www.lesechos.fr\/monde\/europe\/0204126541149-le-buzz-des-etats-unis-barack-obama-va-recevoir-angela-merkel-a-la-maison-blanche-1089589.php<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gr\u00e8ce : un jeu complexe Plut\u00f4t que de donner les r\u00e9f\u00e9rences habituelles avec quelques extraits, nous avons jug\u00e9 int\u00e9ressant de reprendre, une semaine apr\u00e8s son premier commentaire sur la nouvelle situation en Gr\u00e8ce qu&rsquo;on trouve dans cette rubrique le 29 janvier 2015, l&rsquo;appr\u00e9ciation compl\u00e8te de Jacques Sapir sur l&rsquo;\u00e9volution de cette situation grecque qui est&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[2748,16386,8403,16387,2631,16388,2604,2929,3397,6700,3841,7719,4633,2730,7823,16389,8320,16377,16390,3663],"class_list":["post-75742","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-allemagne","tag-chicken","tag-cortez","tag-coursive","tag-de","tag-deficience","tag-des","tag-dissuasion","tag-euro","tag-fureur","tag-grece","tag-jeux","tag-merkel","tag-russie","tag-sapir","tag-syrisa","tag-theorie","tag-tisseras","tag-varoufakis","tag-vivre"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75742","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75742"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75742\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75742"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75742"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75742"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}