{"id":75766,"date":"2015-02-19T12:04:39","date_gmt":"2015-02-19T12:04:39","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/02\/19\/orban-officialise-la-crise-interne-de-lue\/"},"modified":"2015-02-19T12:04:39","modified_gmt":"2015-02-19T12:04:39","slug":"orban-officialise-la-crise-interne-de-lue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/02\/19\/orban-officialise-la-crise-interne-de-lue\/","title":{"rendered":"Orban officialise la crise interne de l&rsquo;UE"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Orban officialise la crise interne de l&rsquo;UE<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tRevigor\u00e9 par la visite de Poutine, du moins on peut le supposer, le Premier ministre hongrois Viktor Orban attaque. Sa t\u00eate de Turc (in\u00e9vitable jeu de mots), c&rsquo;est le pr\u00e9sident (polonais) de l&rsquo;UE ; mais Tusk n&rsquo;est pas vraiment une t\u00eate de Turc puisque cette expression est, par extension, l&rsquo;\u00e9quivalent de bouc-\u00e9missaire. Tusk est tout ce qu&rsquo;on veut sauf un bouc-\u00e9missaire, ce n&rsquo;est pas une victime expiatoire ni une personne sur laquelle sont rejet\u00e9es les fautes des autres. Au contraire, il se tient dur et ferme sur sa position antirusse extr\u00eame, de provocateur et d&rsquo;allumeur de br\u00fblots antirusses au cur de l&rsquo;UE, inaugurant m\u00eame un r\u00f4le in\u00e9dit pour sa fonction qui est d&#8217;empi\u00e9ter sur les pr\u00e9rogatives du Haut Repr\u00e9sentant (l&rsquo;Italienne Mogherini). Nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 comme un v\u00e9ritable <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_europe_de_tsipras_et_le_coup_d_tat_de_l_ue_27_01_2015.html\" class=\"gen\">putschiste<\/a> \u00e0 la t\u00eate de la bureaucratie politique de l&rsquo;UE, orientant et incurvant la politique de l&rsquo;UE toujours dans le m\u00eame sens&#8230; Par cons\u00e9quent, l&rsquo;attaque d&rsquo;Orban est, du point de vue du Hongrois, compl\u00e8tement justifi\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors que Reuters (le <a href=\"http:\/\/uk.reuters.com\/article\/2015\/02\/18\/uk-hungary-eu-orban-idUKKBN0LM1SI20150218\" class=\"gen\">18 f\u00e9vrier 2015<\/a>) rapporte l&rsquo;attaque de Orban selon une approche tendant \u00e0 r\u00e9duire l&rsquo;impression de rupture qu&rsquo;elle peut donner, RT fait au contraire une pr\u00e9sentation de la m\u00eame intervention d&rsquo;une fa\u00e7on qui la rend plus dramatique et plus fondamentale (RT, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/233631-hungary-criticizes-eu-russia\/\" class=\"gen\">19 f\u00e9vrier 2015<\/a>). Les mots \u00e9tant ce qu&rsquo;ils sont et l&rsquo;attaque <em>ad hominem<\/em> \u00e9tant, dans ce domaine extr\u00eamement feutr\u00e9e et apparemment consensuelle de la politique europ\u00e9enne, un fait extr\u00eamement rare, nous pensons que la pr\u00e9sentation dramatis\u00e9e de RT correspond certainement plus aux intentions et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de Orban, et qu&rsquo;elle sera effectivement per\u00e7ue dans ce sens. Il est objectivement justifi\u00e9 d&rsquo;adopter cette approche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est par ailleurs \u00e9vident que cette appr\u00e9ciation dramatique de la situation correspond \u00e0 une incontestable v\u00e9rit\u00e9 de cette situation. Orban estime que la question des relations avec la Russie a amen\u00e9 une profonde division \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;UE et qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un v\u00e9ritable bouleversement strat\u00e9gique, ou d&rsquo;une fracture strat\u00e9gique. Pour substantiver ses propos mais aussi le personnaliser dans le chef de l&rsquo;incontestable meneur de la fraction pro-russe de l&rsquo;UE, il d\u00e9signe Donald Tusk, qu&rsquo;il situe bien entendu \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 au sien, symbolisant ainsi la division europ\u00e9enne dont il parle. Tous les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents confirment et soutiennent cette description&#8230;  (Ci-apr\u00e8s, des extraits du texte de RT.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Hungarian Prime Minister Viktor Orban has criticized EU&rsquo;s attempts to isolate Moscow, in particular blaming former Polish PM and President of the European Council Donald Tusk for spearheading the European anti-Russia crusade. This rift in the EU is very deep, of a strategic nature, Orban said regarding the division in the EU and on how to build the bloc&rsquo;s relationship with Russia. The European Council President Tusk is on the other side of this dividing line, Orban said, a day after striking economic deals with Russian President Vladimir Putin.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>&#8230;But the EU countries are divided in Brussels in their attitude towards Russia. Orban specified that the Baltic States and Poland sided with the United States in their belief that Russia should be gradually excluded from cooperation with Europe. On the other hand, Hungary, Czech Republic, Slovakia, and Austria, Orban claims, believe cooperation with Moscow is essential. We think that without cooperation with the Russians we cannot achieve our goals, the Hungarian prime minister said, referring mainly to energy security, which the EU sanctions against Russia jeopardize.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Russia also sees Hungary as a strategic partner and will pursue mutually beneficial energy projects. This was Vladimir Putin&rsquo;s message to his Hungarian counterpart on Tuesday, as both countries sealed a number of energy deals&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est difficile de pr\u00e9ciser les motifs de Orban d&rsquo;exposer d&rsquo;une fa\u00e7on aussi claire la situation de fracture strat\u00e9gique au sein de l&rsquo;UE. (Curieusement, ou bien de fa\u00e7on significative, il a fait ses d\u00e9clarations \u00e0 la veille d&rsquo;un voyage en Pologne, pays d&rsquo;origine du pr\u00e9sident de l&rsquo;UE Tusk. En Pologne, d&rsquo;ailleurs,  mais ceci explique peut-\u00eatre cela,  il existe actuellement, depuis une ou deux semaines, un certain mouvement de r\u00e9action contre la vague d&rsquo;extr\u00e9misme antirusse qui submerge la politique nationale depuis un peu plus d&rsquo;un an. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique polonaise a critiqu\u00e9 le ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res pour ses d\u00e9clarations antirusses qu&rsquo;ils jugent inutilement provocatrices, notamment des d\u00e9clarations selon lesquelles un danger de guerre existe enter la Pologne et la Russie du fait des Russes.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit, on peut tenter de faire une analyse objective de ces d\u00e9clarations, de ce qu&rsquo;elles signifient pour la situation hongroise et pour la situation europ\u00e9enne, et quels sont leurs effets possibles. Il n&rsquo;est pas assur\u00e9 du tout qu&rsquo;Orban prenne un grand risque en faisant ces d\u00e9clarations, et m\u00eame au contraire. Tout le monde conna\u00eet ses positions depuis longtemps, et depuis des mois elles sont l&rsquo;objet de pressions et d&rsquo;accusations de la part des pays antirusses de l&rsquo;UE comme de la part des USA. Une menace de d\u00e9stabilisation type-<em>regime change<\/em>,  une <em>fatwa<\/em> anti-Orban, pourrait-on dire,  a \u00e9t\u00e9 quasi explicitement lanc\u00e9e par les USA, avec manipulations de certains mouvements de protestation \u00e0 la clef. Dans ces conditions, Orban ne perd absolument rien \u00e0 exposer sa position et l&rsquo;antagonisme intra-UE au grand jour, au contraire il prend en partie une assurance contre certaines manuvres secr\u00e8tes. D&rsquo;autre part, il officialise une situation europ\u00e9enne connue de tous, dont la dissimulation d&rsquo;apparence profitait jusqu&rsquo;ici aux maximalistes antirusses sous la pression des USA et leur relais par ces m\u00eames maximalistes, confortant la tendance bureaucratique \u00e0 imposer des sanctions et \u00e0 aggraver l&rsquo;aspect antagoniste antirusse de la politique m\u00e9canique de l&rsquo;UE. Ce qu&rsquo;a dit Orban desserre en partie le carcan qui oblige les pays europ\u00e9ens \u00e0 rechercher une unanimit\u00e9 de position profitant toujours aux extr\u00e9mistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfin, le fait qu&rsquo;Orban ait parl\u00e9 comme il le fait au lendemain de la visite de Poutine porte une signification implicite. Tout se passe comme si ses d\u00e9clarations avaient le soutien de Poutine, ce qui, au vu des succ\u00e8s obtenus par la diplomatie russe, commence \u00e0 constituer un atout important, m\u00eame pour un pays faisant partie de l&rsquo;UE. Cette situation peut contribuer \u00e0 d\u00e9cider d&rsquo;autres pays \u00e0 parler dans le m\u00eame sens (ceux qu&rsquo;a nomm\u00e9 Orban, notamment, la Tch\u00e9quie, la Slovaquie et l&rsquo;Autriche,  c&rsquo;est-\u00e0-dire les pays formant \u00e0 peu pr\u00e8s avec la Hongrie le bloc de l&rsquo;ancien empire austro-hongrois des Habsbourg). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il y a un plan beaucoup plus large, qui est la situation europ\u00e9enne en g\u00e9n\u00e9ral. Sur ce plan \u00e9galement, la d\u00e9claration d&rsquo;Orban est une premi\u00e8re, parce qu&rsquo;elle ne porte pas seulement sur la situation d&rsquo;un pays mais sur la situation europ\u00e9enne en g\u00e9n\u00e9ral, justement. Lorsqu&rsquo;Orban parle d&rsquo;une fracture strat\u00e9gique, c&rsquo;est de toute l&rsquo;UE dont il parle. Outre les pays qu&rsquo;il a nomm\u00e9s, on sait que d&rsquo;autres, de beaucoup plus grande importance, sont dans des positions tr\u00e8s prudentes, ambigu\u00ebs, etc., vis-\u00e0-vis de la politique antirusse maximaliste qui a \u00e9t\u00e9 suivie jusqu&rsquo;ici. (On peut citer l&rsquo;Espagne, l&rsquo;Italie, la Gr\u00e8ce bien s\u00fbr, on peut citer aussi la France, et m\u00eame l&rsquo;Allemane,  et ces deux grands pays, par ailleurs, unis par leurs interventions diplomatiques de ces deux derni\u00e8res semaines qui ont men\u00e9 \u00e0 un certain rapprochement de leur part avec la Russie.) D&rsquo;autre part, dans le camp des antirusses extr\u00e9mistes, il faut aussi compter la bureaucratie europ\u00e9enne en tant qu&rsquo;entit\u00e9 m\u00e9canique, qui pousse instinctivement (?) vers le plus extr\u00eame et favorise une ligne antirusse qui lui donne la sensation d&rsquo;une existence op\u00e9rationnelle toujours plus importante (la machinerie des sanctions, notamment, r\u00e9pond \u00e0 un r\u00e9flexe de la bureaucratie qui trouve dans la mise en uvre de ces mesures une importance toujours grandissante)&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent, l&rsquo;ampleur strat\u00e9gique \u00e9voqu\u00e9e par Orban est tout aussi justifi\u00e9e du point de vue des partis, des organismes et des pays en cause, notamment dans la r\u00e9partition des forces, que du point de vue de la cause du conflit interne. Cela conduit \u00e0 remarquer que l&rsquo;UE, loin de former un bloc soumis \u00e0 la politique US et manipul\u00e9e par elle comme une simple duplication, a sa propre existence, sa propre politique maximaliste correspondant \u00e0 la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">politique-Syst\u00e8me<\/a> (disons la version europ\u00e9enne de la politique-Syst\u00e8me), et d\u00e9sormais une fracture strat\u00e9gique qui fait son originalit\u00e9 propre (caract\u00e9ristique qu&rsquo;on ne retrouve pas dans la version US de la politique-Syst\u00e8me, o\u00f9 aucune opposition efficace ne parvient \u00e0 se d\u00e9gager et \u00e0 s&rsquo;affirmer). L&rsquo;\u00e9volution de cette fracture strat\u00e9gique implique d&rsquo;autre part une possible sinon probable \u00e9volution vers une int\u00e9gration avec d&rsquo;autres crises europ\u00e9ennes, comme par exemple la crise grecque o\u00f9 la question russe, et la question des relations avec la Russie jouent leur r\u00f4le.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet ensemble de ph\u00e9nom\u00e8nes pourrait conduire \u00e0 une situation nouvelle et in\u00e9dite pour l&rsquo;ensemble europ\u00e9en. Jusqu&rsquo;ici, l&rsquo;UE connaissait des crises int\u00e9rieures qu&rsquo;elle parvenait \u00e0 contr\u00f4ler selon la logique d&rsquo;un centralisme bureaucratique favoris\u00e9 par les principaux \u00c9tats-membres : toutes ces crises, avec leurs possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9volution, poussaient \u00e0 la recherche d&rsquo;un centre unificateur pour trouver leur issue. Cette fois, au contraire, la crise qui se manifeste au travers de la fracture strat\u00e9gique est une crise compl\u00e8tement \u00e0 tendance centrifuge, qui \u00e9loigne les acteurs d&rsquo;une coordination centrale pour s&rsquo;ordonner selon des situations ou des forces ext\u00e9rieures situ\u00e9es hors de l&rsquo;ensemble europ\u00e9en. Cette fois, au contraire, le centre lui-m\u00eame, qui est partie prenante dans la crise, n&rsquo;est plus un \u00e9l\u00e9ment stabilisateur, et par cons\u00e9quent nullement un facteur rassembleur, mais plut\u00f4t le contraire. On comprend enfin que de tels caract\u00e8res tr\u00e8s novateurs pour l&rsquo;Europe ne devraient pas \u00e9chapper \u00e0 la finesse analytique de la diplomatie de la Russie, qui devrait faire ce qui est en son pouvoir,  et il y a beaucoup d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments en son pouvoir,  pour favoriser une \u00e9volution de la crise dans un sens antagoniste au monstre bureaucratique qu&rsquo;a form\u00e9 jusqu&rsquo;ici l&rsquo;Europe sur son Ouest.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 19 f\u00e9vrier 2015 \u00e0 11H51<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Orban officialise la crise interne de l&rsquo;UE Revigor\u00e9 par la visite de Poutine, du moins on peut le supposer, le Premier ministre hongrois Viktor Orban attaque. 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