{"id":75772,"date":"2015-02-23T05:29:27","date_gmt":"2015-02-23T05:29:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/02\/23\/notes-sur-des-humeurs-transatlantiques\/"},"modified":"2015-02-23T05:29:27","modified_gmt":"2015-02-23T05:29:27","slug":"notes-sur-des-humeurs-transatlantiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/02\/23\/notes-sur-des-humeurs-transatlantiques\/","title":{"rendered":"Notes sur des humeurs transatlantiques"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur des humeurs transatlantiques<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t23 f\u00e9vrier 2015  Comme d&rsquo;habitude et m\u00eame plus que jamais, Washington est prisonnier de sa <em>narrative<\/em> en m\u00eame temps qu&rsquo;apparaissent ici et l\u00e0 des signes que certains entrevoient \u00e9pisodiquement les risques encourus \u00e0 suivre cette <em>narrative<\/em> jusqu&rsquo;\u00e0 son terme. Bien entendu, il s&rsquo;agit de l&rsquo;Ukraine et, d&rsquo;abord, de l&rsquo;irr\u00e9pressible irritation US devant l&rsquo;accord Minsk-2, l&rsquo;initiative prise par les Europ\u00e9ens (Allemagne-France) sans consulter les USA, et le r\u00e9sultat d&rsquo;un accord qu&rsquo;il semble bien difficile de faire capoter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne d\u00e9cade s&rsquo;est maintenant \u00e9coul\u00e9e depuis cet accord Minsk-2, assez pour constater qu&rsquo;effectivement il tient d&rsquo;une fa\u00e7on acceptable,  mais <strong>surtout qu&rsquo;il a install\u00e9 une situation nouvelle<\/strong> et qu&rsquo;il reste \u00e0 d\u00e9terminer de <strong>quelle situation nouvelle<\/strong> il s&rsquo;agit exactement. Le point essentiel \u00e0 cet \u00e9gard, et qui doit n\u00e9cessiter une enqu\u00eate, est la d\u00e9termination de la v\u00e9ritable position am\u00e9ricaniste vis-\u00e0-vis de l&rsquo;accord Minsk-2. C&rsquo;est par ce point que nous allons commencer ces <em>Notes d&rsquo;analyse<\/em>, pour constater d&rsquo;une part que cette nouvelle position demande effectivement une r\u00e9elle recherche qui \u00e9carte les observations convenues avant de parvenir \u00e0 une d\u00e9finition acceptable ; d&rsquo;autre part que le r\u00e9sultat ne m\u00e9nage pas une r\u00e9elle surprise pour qui garde dans sa perception de la situation une vision g\u00e9n\u00e9rale de la position am\u00e9ricaniste essentiellement d\u00e9termin\u00e9e par rapport \u00e0 l&rsquo;activisme de surpuissance du Syst\u00e8me, et par cons\u00e9quent un pessimisme de bon aloi car tout d\u00e9saccord US avec les amis europ\u00e9ens,  qui serait l&rsquo;objet de cette vision pessimiste,  va dans le bon sens qui est celui du d\u00e9sarroi au sein du bloc BAO.<\/p>\n<h3>Psaki monte au front<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe sentiment dominant, non substantiv\u00e9 mais perceptible dans une certaine mauvaise humeur washingtonienne, est celui de l&rsquo;irritation vis-\u00e0-vis de Minsk-2 et, surtout, de ceux qui, du c\u00f4t\u00e9 du bloc BAO, ont particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de Minsk-2. On verra un signe symbolique, comme par inadvertance, de cette irritation manifest\u00e9e dans le domaine central de la communication, dans l&rsquo;annonce du retour \u00e0 la Maison-Blanche (le 1er avril), avec une promotion puisqu&rsquo;elle y devient directrice de la communication, de Jennifer <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_narrative-syst_me_c_est_bien_plus_qu_orwell_18_10_2014.html\" class=\"gen\">Psaki<\/a>, porte-parole du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat. Cette promotion n&rsquo;est pas due \u00e0 la position US vis-\u00e0-vis de Minsk-2 mais tout se passe comme si cela tombait bien pour pr\u00e9sager de l&rsquo;avenir. Psaki a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 son art extraordinaire de d\u00e9n\u00e9gation de toutes les v\u00e9rit\u00e9s de situation possible, et son affirmation p\u00e9remptoire, sans l&#8217;embarras de la moindre preuve, de toutes les variations de la <em>narrative<\/em> autour de l&rsquo;incontestable culpabilit\u00e9 russe pr\u00e9existante au forfait lui-m\u00eame, et par cons\u00e9quent du traquenard (au profit des Russes) que constitue Minsk-2 tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9. Psaki fera donc merveille \u00e0 la Maison-Blanche et le fait que BHO se r\u00e9approprie cette perle rare qui fut l&rsquo;organisatrice de la communication de sa campagne pr\u00e9sidentielle de 2008 sera tenu comme symboliquement r\u00e9v\u00e9lateur. Psaki prend donc sa place au premier rang, aux c\u00f4t\u00e9s des amazones de l&rsquo;administration Obama, les va-t-en-guerre Rice, Powers, Nuland&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est sur Psaki que d\u00e9bute l&rsquo;interview que l&rsquo;excellent Daniel McAdams, du <em>Ron Paul Institute for Peace<\/em>, donne \u00e0 RT ce <a href=\"http:\/\/rt.com\/op-edge\/234315-us-policy-russia-ukraine\/\" class=\"gen\">21 f\u00e9vrier 2015<\/a>. Toujours avis\u00e9 et clairvoyant dans son commentaire, McAdams d\u00e9veloppe l&rsquo;argument selon lequel la course en ind\u00e9pendant du couple Hollande-Merkel dans le cadre de Minsk-2 est une occurrence impossible \u00e0 accepter telle quelle par Washington, et la cause de l&rsquo;irritation washingtonienne dont nous parlions plus haut.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMcAdams explique fort justement qu&rsquo;un front UK-USA est en train de se verrouiller, contre les tra\u00eetres Allemagne-France, avec comme premier travail prioritaire d&rsquo;envisager de nouvelles sanctions contre la Russie. (Voir John Kerry arrivant \u00e0 Londres, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/usa\/234391-kerry-russia-new-sancions\/\" class=\"gen\">21 f\u00e9vrier 2015<\/a>, d\u00e9non\u00e7ant le comportement russe,  sans pr\u00e9ciser de quoi il parle,  et annon\u00e7ant que \u00ab<em>nous ne suivrons pas ce comportement extraordinairement apeur\u00e9<\/em>\u00bb, d\u00e9signant sans doute par l\u00e0 le comportement de Hollande-Merkel vis-\u00e0-vis de Poutine depuis Minsk-2.) Voil\u00e0 donc confirm\u00e9es les remarques du m\u00eame John Kerry annon\u00e7ant tranquillement, le <a href=\"http:\/\/francais.rt.com\/international\/346-etats-unis-allegeront-leurs-sanctions\" class=\"gen\">13 f\u00e9vrier 2015<\/a>, que les sanctions contre la Russie allaient \u00eatre all\u00e9g\u00e9es, ou adoucies c&rsquo;est selon, pour saluer la signature de l&rsquo;accord Minsk-2.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette tranquille incoh\u00e9rence est l&rsquo;une des techniques les mieux \u00e9prouv\u00e9es de la strat\u00e9gie des USA, cette politique nihiliste qui parvient \u00e0 faire prendre le rien pour du beurre, qui est \u00e9labor\u00e9e avec soin par une \u00e9quipe pl\u00e9thorique, qui ne cesse d&rsquo;accumuler des revers dissimulant toutes autant de victoires de la dite-strat\u00e9gie dont nombre de commentaires-Syst\u00e8me continuent \u00e0 la cr\u00e9diter. Il s&rsquo;agit donc de se comprendre : le v\u00e9ritable argument pour le changement de Kerry entre les 13 et 21 f\u00e9vrier et pour le passage d&rsquo;un adoucissement au durcissement des sanctions antirusses, c&rsquo;est qu&rsquo;une r\u00e9union des ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res des quatre de Minsk-2\/format Normandie s&rsquo;est tenue \u00e0 Paris, sans lui,  lui, le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat des \u00c9tats-Unis. Irritant, \u00e9videmment, et ainsi argument majeur de la politique \u00e9trang\u00e8re US et moteur de son tournant strat\u00e9gique.<\/p>\n<h3>Les USA ne peuvent pas reculer<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn s&rsquo;attardera donc \u00e0 l&rsquo;interview de McAdams qui vaut \u00e0 peu pr\u00e8s tous les articles de la presse-Syst\u00e8me fran\u00e7aise sur Minsk-2 depuis la signature de l&rsquo;accord. Il nous r\u00e9sume le tout, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il met clairement en \u00e9vidence le fait principal r\u00e9sultant de Minsk-2, qui n&rsquo;est pas la situation nouvelle install\u00e9e en Ukraine mais bien la mise \u00e0 jour d&rsquo;un antagonisme latent au sein du bloc BAO.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Jen Psaki has once again accused Russia of stirring up trouble in Ukraine. What is the US dissatisfied with now?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Daniel McAdams<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Well it&rsquo;s funny, Jen Psaki starting to sound like the Baghdad Bob&rsquo; of the US government. She is somehow blaming the Russians for all the shelling that took place in east Ukraine, when anyone with a brain knows that it was the government in Kiev that was shelling these places.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>So I think what is irritating Psaki and most importantly her bosses in the US government is that the Germans and the<\/em> [<em>French<\/em>] <em>took the initiative. They went to Moscow, they went to Kiev. They negotiated an agreement, and they did it without US participation. Der Bild newspaper reported on Jen Psaki apparently complaining at the Munich Security Council to the American delegation, making fun of the Germans&rsquo; efforts in trying to find peace. So it is clear that the US can&rsquo;t simply back down. They can&rsquo;t turn their back on this operation they&rsquo;ve launched. They can&rsquo;t admit that they have done something that has not resulted in what was promised.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>In recent days Debaltsevo in eastern Ukraine has seen peace and a withdrawal of heavy weaponry taking place. Why is the US ignoring the success of the ceasefire and continuing to pressure Russia?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Daniel McAdams<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Well, this is when you have an agreement that can be interpreted in many different ways. The whole situation in Debaltsevo, the reason why it was not discussed in the context of the February 12 agreement is that Poroshenko did not want to discuss it and refused to admit that there was indeed a cauldron there where some 5,000 or more of his soldiers were trapped. They were left out there, to be killed or trying to escape on their own. The reason why the fighting continued there is directly the result of Poroshenko&rsquo;s behavior in discussions with the Germans and the French.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Angela Merkel said that new sanctions on Russia have not resolved anything. Is there now a clash of opinions between the US and the EU?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Daniel McAdams<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Well I think there is a bigger rift than that. I think it&rsquo;s the Anglo-American<\/em> [<em>team<\/em>] <em>on one side versus the Germano-French on the other. The British defense secretary said recently that he believes that Russia is more dangerous for Europe than ISIS. He said that Russia is poised to attack the Baltics at any moment. And even the most Russophobic Baltic leaders, the defense secretaries of both Latvia and Estonia said hold on a little, you&rsquo;re pushing this a little bit too far.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>So there is a split. There is the UK and the US on one side who can&rsquo;t back down from this disaster they&rsquo;ve created, and there is the French and the Germans, who see it as a possibility of a serious problem in their back yard, trying to find some diplomatic solution to the problem.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Le cas UK<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn voit que McAdams pr\u00e9cise clairement son \u00e9valuation selon laquelle le Royaume-Uni (UK) est d\u00e9sormais engag\u00e9 pour former,  non, pour reformer l&rsquo;\u00e9quipe gagnante et extr\u00e9miste des temps bienheureux du couple Blair-Bush. Le maximalisme des Lords-<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ici_londres_les_somnambules_parlent_aux_somnambules_20_02_2015.html\" class=\"gen\">somnambules<\/a> n&rsquo;est pas un accident isol\u00e9, comme on l&rsquo;entend avec les d\u00e9clarations du ministre actuel de la d\u00e9fense britannique que rappelle McAdams, comme on l&rsquo;entend encore avec celles de l&rsquo;ancien ministre (\u00e9galement de la d\u00e9fense) Liam Fox (le <a href=\"http:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/20150222\/1014845049.html\" class=\"gen\">22 f\u00e9vrier 2015<\/a>, sur <em>Sputnik.News<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un cas remarquable dans le d\u00e9sordre du monde. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une compl\u00e8te d\u00e9bauche d&rsquo;extr\u00e9misme hyst\u00e9rique de guerrier conscient de l&rsquo;enjeu plan\u00e9taire, une hyst\u00e9rie sans r\u00e9pit et dont on dirait que sur elle le soleil ne se couche jamais, sans le moindre rapport avec les \u00e9v\u00e9nements vrais, avec les situations du monde. La dialectique extr\u00e9miste de l&rsquo;anglosph\u00e8re se vomit aujourd&rsquo;hui jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e ou selon le rythme d&rsquo;une diarrh\u00e9e, selon la dynamique de crise qu&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re&#8230; \u00ab<em>Les forces de l&rsquo;Otan doivent offrir aux Ukrainiens les capacit\u00e9s n\u00e9cessaires pour se d\u00e9fendre face aux insurg\u00e9s du Donbass, car l&rsquo;\u00e9ventuelle solution pacifique du conflit suscite de plus en plus de doutes. Les Europ\u00e9ens doivent en outre renforcer leurs d\u00e9penses militaires, estime l&rsquo;ancien ministre britannique. Les pays occidentaux ont peur de redistribuer les fonds pour les d\u00e9penser non<\/em> [pour] <em>la population, qui est habitu\u00e9e au bien-\u00eatre, mais sur la s\u00e9curit\u00e9 nationale, et la Russie en est consciente&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;entit\u00e9 UK est engag\u00e9e dans une course en avant o\u00f9 elle pulv\u00e9rise tous les records encore en place. Rien ne vaut ce rythme pour s&rsquo;\u00e9tourdir, et \u00e9viter la moindre r\u00e9flexion sur les infortunes du nihilisme de Caf\u00e9 du Commerce qui leur sert aujourd&rsquo;hui de politique,  une sorte de d\u00e9tritus intellectuel de bas-empire, h\u00e9rit\u00e9 des antiques conceptions churchilliennes de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. On ne fait pas plus postmoderne, opinent de concert le <em>Financial Times<\/em> et <em>The Economist<\/em>.<\/p>\n<h3>L&rsquo;illusion de la <em>proxy war<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn parall\u00e8le avec cette \u00e9valuation de la situation \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc BAO, avec cet antagonisme UK-USA <em>versus<\/em> Allemagne-France, on doit pr\u00e9senter les prises de position d&rsquo;experts US lors d&rsquo;un s\u00e9minaire \u00e0 la fondation Carnegie, \u00e0 Washington, le 18 f\u00e9vrier. Quelques d\u00e9tails sont rapport\u00e9s par <em>Sputnik.News<\/em>, le <a href=\"http:\/\/sputniknews.com\/analysis\/20150219\/1018508493.html\" class=\"gen\">20 f\u00e9vrier 2015<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit de l&rsquo;avertissement que la livraison d&rsquo;armes US \u00e0 l&rsquo;Ukraine constitue un tr\u00e8s grave risque de conflit direct entre les USA et la Russie, selon l&rsquo;id\u00e9e que cette implication en apparence indirecte des USA sera n\u00e9cessairement per\u00e7ue comme une implication directe. Les circonstances si intenses et si graves font que la fiction d&rsquo;une guerre par procuration (<em>proxy war<\/em>) ne tiendra pas une seconde, et que les Russes consid\u00e9reront qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une intervention ouverte, d\u00e9clar\u00e9e et officielle des USA ; la direction russe l&rsquo;a laiss\u00e9 <a href=\"http:\/\/francais.rt.com\/lemonde\/646-vladimir-poutine-nous-aurons\" class=\"gen\">clairement<\/a> entendre, et l&rsquo;argument p\u00e8se d&rsquo;autant plus que cette intervention ouverte des USA serait consid\u00e9r\u00e9e comme le stade ultime d&rsquo;une intervention plus ou moins dissimul\u00e9e et dans tous les cas non affich\u00e9e d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 active et ancienne des USA aux c\u00f4t\u00e9s des Ukrainiens de Kiev. Les observations des experts signal\u00e9es par <em>Sputnik.News<\/em> vont clairement dans le sens du risque d&rsquo;un encha\u00eenement dont on ne peut exclure que le terme puisse \u00eatre l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Let&rsquo;s make no mistake, what you&rsquo;re arguing for is a proxy war against Russia, the Carnegie Endowment&rsquo;s Russia and Eurasia Program Director and former National Intelligence Council officer Eugene Rumer said. During a debate over whether the US should provide weapons to Kiev, Rumer argued that those who advocate sending US arms have not considered the potential consequences, including how Russia could retaliate. For the US to provide weapons to the Kiev government is essentially to fight the Russian military with the hands of Ukrainian soldiers with us<\/em> [<em>the United States<\/em>] <em>in a sort of remote-control situation, Rumer expalined.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Brookings Institution Fellow Jeremy Shapiro said that US arms shipments would be portrayed as a war of the West against Russia and at a certain level it will be. Shapiro commented that the potentially catastrophic consequences of delivering US arms have not been fully considered by those who advocate arming Kiev. Are we<\/em> [<em>the United States<\/em>] <em>ready to go to war against a nuclear power for the sake of Ukraine? Shapiro asked, referring to a potential conflict with Russia.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>L&rsquo;<em>ego<\/em> nucl\u00e9aire de BHO<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fait est ainsi qu&rsquo;\u00e0 Washington, en complet contraste avec la ligne Paris-Berlin-Moscou o\u00f9 r\u00e8gne une ambiance constructive de travail, l&rsquo;option du pire, si longtemps ignor\u00e9e, est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on assez r\u00e9guli\u00e8re. Apr\u00e8s les experts-Syst\u00e8me de Carnegie et de Brookings qui viennent d&rsquo;\u00eatre cit\u00e9s, mentionnons ce passage d&rsquo;une tr\u00e8s longue analyse de l&rsquo;historien Eric Zuesse, une plume dissidente US qui commence \u00e0 s&rsquo;imposer comme un commentateur majeur de la politique d&rsquo;hyper-expansionnisme des USA. Zuesse fait, \u00e0 l&rsquo;occasion du premier anniversaire du putsch d&rsquo;Obama \u00e0 Kiev, une tr\u00e8s longue analyse de la politique de guerre d&rsquo;Obama consid\u00e9r\u00e9e d&rsquo;un point de vue sch\u00e9matique, comme une sorte d&rsquo;attitude-r\u00e9flexe qui serait comme une r\u00e9p\u00e9tition pavlovienne des m\u00eames manuvres pour chaque crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans l&rsquo;extrait cit\u00e9 d&rsquo;une analyse extr\u00eamement longue et fournie, Zuesse explicite le cas de la politique antirusse d&rsquo;Obama, conduite par le slogan de <em>regime change<\/em>, qui envisageait comme premi\u00e8re \u00e9tape de forcer Poutine \u00e0 intervenir en Ukraine de l&rsquo;Est, et qui constate l&rsquo;\u00e9chec de cette manuvre, qui est aujourd&rsquo;hui un fait av\u00e9r\u00e9&#8230;  (Texte dans le <em>Washington&rsquo;s blog<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.washingtonsblog.com\/2015\/02\/obamas-war-policies-show-pattern.html\" class=\"gen\">22 f\u00e9vrier 2015<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Obama&rsquo;s fallback position has perhaps been for Russian nationalists to win the support of Russia&rsquo;s own population if Putin lets the people in Donbass be exterminated and he thus becomes replaced via a Russian civil war, which would provide a U.S. pretext to invade Russia, and to establish order there. But that too isn&rsquo;t happening. On the contrary: this past December 18th, the AP headlined Poll: 81 percent back Putin even as ruble falls. This AP poll confirmed previous polls, such as Gallup&rsquo;s having bannered on July 18th, Russian Approval of Putin Soars to Highest Level in Years: Ratings of U.S., European Union leadership sink to record lows, in single digits.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If Obama cannot find a solution to this problem, then the possibility of a nuclear war, which would destroy the entire planet, is very real, and then the outcome of Obama&rsquo;s anti-Russia war will end up depending upon whether or not Obama can accept what would inevitably be a very embarrassing public defeat for him, and for his aristocratic backers  America&rsquo;s aristocracy (including not just his backers but the ones who had stood with Mitt Romney when he asserted that Russia is without question our No. 1 geopolitical foe)  a defeat which would prove to the world that the nation that Obama leads, which he has repeatedly called by the supremacist nationalist phrase, the one indispensable nation, isn&rsquo;t so unique, after all. By his calling his country that, he is implicitly asserting that<\/em> <strong><em>every other nation<\/em><\/strong><em> is dispensable. Hitler, too, felt that way about his nation, Germany (Deutschland \u00fcber alles was his phrase for it). But Hitler didn&rsquo;t possess nuclear weapons; Obama does, and Obama might soon have to either give up his extreme nationalism, or else use these weapons to enforce it.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Such a defeat would be a huge come-down for Obama&rsquo;s ego. So, maybe he will stick with his plan, even if it means destroying the world. But, no one today can yet say which is more important to him: Is it destroying Russia? Or is it instead<\/em><strong><em> avoiding<\/em><\/strong><em> a nuclear war?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Within a few years, we (or at least the survivors) will know which of these two priorities was the higher for him&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Communication contre technologisme<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tA ce point du propos, on observera combien la description, non limitative d&rsquo;ailleurs, qu&rsquo;on fait des diverses p\u00e9rip\u00e9ties washingtoniennes se sch\u00e9matise en une sorte d&rsquo;affrontement pour d\u00e9terminer la gravit\u00e9 de la crise, et l&rsquo;orientation que doivent prendre les USA \u00e0 cet \u00e9gard. D&rsquo;une part,  Psaki, la <em>narrative<\/em>, l&rsquo;irritation et John Kerry poursuivant sa valse de sanctionneur,  c&rsquo;est le syst\u00e8me de la communication ; d&rsquo;autre part,  les pr\u00e9occupations plus ou moins justifi\u00e9es du risque du pire,  c&rsquo;est le syst\u00e8me du technologisme. Ainsi va Washington, au gr\u00e9 des hoquets et des \u00e9brouements du Syst\u00e8me&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais l&rsquo;affrontement est compris d&rsquo;avance. Le pr\u00e9sident Obama, dont la plus extr\u00eame de ses vertus est sans aucun doute, selon le mot d&rsquo;un commentateur parisien d&rsquo;une grande lucidit\u00e9 (Antoine de Caunes, du <em>Grand Journal<\/em>), son extr\u00eame <em>cooltitude<\/em>, ne peut que pencher vers ce qui l&rsquo;anime irr\u00e9sistiblement. Dans ces temps reconstruits \u00e0 la mesure d&rsquo;une perspective que chacun peut interpr\u00e9ter selon son sens du simulacre, le grand gagnant ne peut \u00eatre que le syst\u00e8me de la communication. C&rsquo;est donc vers de nouvelles p\u00e9rip\u00e9ties du genre, vers un nouvel acte de la pi\u00e8ce washingtonienne que l&rsquo;on se dirige, dans laquelle les clowns de Kiev continuent \u00e0 avoir une place. Cela pour dire que le champ, \u00e0 Washington, est ouvert pour de nouvelles aggravations de la situation, au nom des plus extr\u00eames futilit\u00e9s, selon les interpr\u00e9tations les plus rocambolesques et dans le respect du Grand Livre de notre \u00e9poque qu&rsquo;est la <em>narrative<\/em>.<\/p>\n<h3>Une le\u00e7on de civilisation effondr\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCes diverses appr\u00e9ciations montrent par cons\u00e9quent l&rsquo;installation d&rsquo;un climat g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;aggravation et d&rsquo;une affirmation de fermet\u00e9 renouvel\u00e9e de la situation \u00e0 Washington, apr\u00e8s un rapide interm\u00e8de o\u00f9 il a bien fallu approuver du bout des l\u00e8vres la signature de Minsk-2. Outre les hypoth\u00e8ses apocalyptiques dont on a vu la limite et le peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat o\u00f9 on les tient en haut lieu, toujours \u00e0 Washington, ce climat aggrav\u00e9 est caract\u00e9ris\u00e9 par deux faits majeurs :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;installation d&rsquo;une situation de m\u00e9sentente sinon de confrontation entre ce que Rumsfeld d\u00e9signait d\u00e9but 2003 avec un m\u00e9pris railleur comme la vieille Europe (l&rsquo;Allemagne de Schroeder et la France de Chirac) et le front de plus en plus affirm\u00e9 UK-US, ce front ayant avec lui la Pologne et les pays baltes, et aussi l&rsquo;entit\u00e9 bureaucratique des institutions europ\u00e9ennes emmen\u00e9es par le Polonais Tusk. Mais la vieille Europe de 2003 a pris de la bouteille et se trouve sans aucun doute notablement renforc\u00e9e par nombre d&rsquo;autres pays europ\u00e9ens, ceux qui se sont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9clar\u00e9s hostile \u00e0 l&rsquo;antagonisme avec la Russie (Autriche, Hongrie, Tch\u00e9quie, Slovaquie) et ceux qui en sont proches (Espagne, Gr\u00e8ce, Italie, Luxembourg, Belgique, etc.) ; d&rsquo;autre part, la Russie qui est aussi europ\u00e9enne n&rsquo;est pas l&rsquo;Irak, tant s&rsquo;en faut ; d&rsquo;autre part, enfin et <strong>surtout<\/strong>, la situation internationale de 2015 avec les USA en d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e est vraiment compl\u00e8tement diff\u00e9rente jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inversion compl\u00e8te (et vertueuse), par rapport \u00e0 celle de 2003 avec les USA triomphants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le deuxi\u00e8me fait est le constat que, Minsk-2 ou pas, la question de la livraison officielle d&rsquo;une aide militaire US \u00e0 Kiev reste, \u00e0 Washington, pos\u00e9e, ouverte et pressante. Les termes du d\u00e9bat, on le voit ci-dessus, impliquent la conscience de plus en plus affirm\u00e9e que l&rsquo;affrontement en Ukraine se transformerait quasi-n\u00e9cessairement en affrontement avec la Russie si les USA s&rsquo;y impliquaient ouvertement, avec le risque supr\u00eame que l&rsquo;on sait. Certains, guid\u00e9s par la raison, y verraient un argument de poids contre l&rsquo;engagement US, et il n&rsquo;est nullement assur\u00e9 qu&rsquo;ils aient raison.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Il n&rsquo;est nullement assur\u00e9 qu&rsquo;ils aient raison parce que, justement, le d\u00e9bat en cours \u00e0 Washington, n&rsquo;est pas un d\u00e9bat de raison, un d\u00e9bat rationnel, ne serait-ce que parce que la raison dont il est fait effectivement grand usage est ce que nous jugeons \u00eatre la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html \" class=\"gen\">raison-subvertie<\/a> et que les caract\u00e8res expos\u00e9s par elle sont ceux de l&rsquo;hyst\u00e9rie \u00e0 peine dissimul\u00e9e, de la schizophr\u00e9nie due \u00e0 la <em>narrative<\/em>, de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_raison_devenue_idiote_utile_de_l_affectivit__11_06_2012.html\" class=\"gen\">affectivisme<\/a>, de l&rsquo;ignorance compl\u00e8te des v\u00e9rit\u00e9 des situations ext\u00e9rieures aggrav\u00e9e de l&rsquo;indiff\u00e9rence cong\u00e9nitale des USA pour tout ce qui n&rsquo;est pas eux. Il y a une curieuse tendance \u00e0 prendre l&rsquo;apparence et la pompe washingtonienne pour un signe de vertu intellectuelle, et d&rsquo;en d\u00e9duire que les dirigeants US ne sont pas des idiots ; au mieux ce sont des robots indiff\u00e9rents, et plus certainement des individus d&rsquo;une extr\u00eame pauvret\u00e9 intellectuelle qui n&rsquo;\u00e9cartent absolument pas la libert\u00e9 supr\u00eame de la Grande R\u00e9publique qui est, selon Kerry lui-m\u00eame, ma\u00eetre de la pratique, le droit d&rsquo;\u00eatre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-kerry_erdogan_le_sionisme_et_le_droit_d_tre_stupide__02_03_2013.html\" class=\"gen\">stupide<\/a>. Il y a une fa\u00e7on washingtonienne d&rsquo;user de toute l&rsquo;intelligence disponible pour agir d&rsquo;une fa\u00e7on absolument stupide, c&rsquo;est-\u00e0-dire absurde et incoh\u00e9rente tout ensemble, qui est en soi une le\u00e7on de civilisation effondr\u00e9e, avec la raison-subvertie (dans le sens de l&rsquo;inversion) et la psychologie malade qui va avec.<\/p>\n<h3>Les chars volants de Marioupol<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;usage extr\u00eame de toutes ses initiatives US sans le moindre \u00e9gard pour les coutumes fait d\u00e9sormais des d\u00e9g\u00e2ts. La presse allemande a \u00e9t\u00e9 pleine, ces quinze derniers jours, des exc\u00e8s de Victoria Nuland, notamment en marge de la conf\u00e9rence de la <em>Wehrkunde<\/em> \u00e0 Munich, avec des exploitations diverses sur l&rsquo;internet qui renforcent notablement le climat et finissent par susciter un malaise pr\u00e9occupant &#8230;  (Voir RI, le <a href=\" http:\/\/russia-insider.com\/en\/2015\/02\/20\/3689\" class=\"gen\">20 f\u00e9vrier 2015<\/a>, qui retranscrit un article du <em>Spiegel<\/em> sur l&rsquo;intervention de Nuland lors de cette r\u00e9union secr\u00e8te dans un h\u00f4tel de Munich dont le contenu est parvenu tr\u00e8s opportun\u00e9ment, et avec tous les d\u00e9tails n\u00e9cessaires \u00e0 la presse allemande.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe site <em>FrontRus<\/em>, qui figure parmi les sources prorusses les plus int\u00e9ressantes sur les myst\u00e8res de la crise ukrainienne, publie (le <a href=\"http:\/\/fortruss.blogspot.be\/2015\/02\/german-newspaper-bild-gets-inside-us.html\" class=\"gen\">19 f\u00e9vrier 2015<\/a>) une traduction d&rsquo;un autre article, paru dans le <em>Bild<\/em>, concernant cette fameuse r\u00e9union secr\u00e8te initi\u00e9e par Victoria Nuland le 6 f\u00e9vrier. Nuland rassemblait les divers officiels et participants US \u00e0 la conf\u00e9rence, en pr\u00e9sence notamment du g\u00e9n\u00e9ral Breedlove, pour les mettre au courant des derniers secrets des plans am\u00e9ricanistes concernant l&rsquo;Ukraine et son alentour. Il y fut surtout question de l&rsquo;Allemagne, qui fut donc l&rsquo;objet d&rsquo;insultes et de sarcasmes divers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour situer l&rsquo;atmosph\u00e8re, qu&rsquo;on retrouve d&rsquo;ailleurs \u00e0 peine sous-jacente lors de la conf\u00e9rence de la <em>Wehrkunde<\/em> elle-m\u00eame, on citera la conclusion de l&rsquo;article du <em>Bild<\/em> : \u00ab<em>Il n&rsquo;y a pas eu une telle tension entre les Europ\u00e9ens et les Am\u00e9ricains depuis l&rsquo;\u00e9dition de 2003 de cette m\u00eame conf\u00e9rence de Munich, quelques semaines avant le d\u00e9but de la guerre contre l&rsquo;Irak<\/em>\u00bb (Occurrence la plus extr\u00eame de la tension entre les USA et la vieille Europe cit\u00e9e plus haut, avec \u00e0 cette \u00e9poque, comme l&rsquo;on s&rsquo;en souvient, les Fran\u00e7ais de Chirac et les Allemands de Schroeder unis contre l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Irak. La <em>Wehrkunde<\/em>-2003 de Munich s&rsquo;\u00e9tait fortement ressentie de cette opposition, avec un discours de la ministre fran\u00e7aise de la d\u00e9fense Alliot-Marie rest\u00e9 fameux [voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-entre_amis_09_02_2003.html\" class=\"gen\">9 f\u00e9vrier 2003<\/a>].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;audace de la vieille Europe va jusqu&rsquo;\u00e0 contredire publiquement l&rsquo;un des innombrables canards lanc\u00e9s par Kiev et qui avait \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t repris en chur par les manchettes-Syst\u00e8me de la presse-Syst\u00e8me fran\u00e7aise en train de signer l&rsquo;exploit d&rsquo;un asservissement \u00e0 la <em>narrative<\/em> et aux d\u00e9lires d\u00e9biles des clowns de Kiev, \u00e0 nul autre pareil dans le bloc BAO. Voici donc Hollande dans un exercice nouveau pour lui, de d\u00e9ni patelin et prudent des nouvelles venues de Kiev,  et d&rsquo;ailleurs aussit\u00f4t envol\u00e9es, les nouvelles et les manchettes-Syst\u00e8me, tout comme les chars russes autour de Marioupol dont plus personne ne parle (RT-France, le <a href=\"http:\/\/francais.rt.com\/lemonde\/638-hollande-je-ne-suis-pas\" class=\"gen\">20 f\u00e9vrier 2015<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Fran\u00e7ois Hollande a dit lors de sa conf\u00e9rence de presse conjointe avec Angela Merkel qu&rsquo;il ne pouvait pas confirmer la pr\u00e9sence de chars russes en Ukraine. Avant la conf\u00e9rence de presse, des all\u00e9gations ukrainiennes pr\u00e9tendant que les chars russes se trouvaient pr\u00e8s de Marioupol ont fait les grands titres des m\u00e9dias fran\u00e7ais en d\u00e9pit des multiples d\u00e9mentis de la Russie.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Une crise toujours plus digne d&rsquo;int\u00e9r\u00eat<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCela pour dire, \u00e9videmment, que la crise ukrainienne est loin d&rsquo;\u00eatre boucl\u00e9e, qu&rsquo;au contraire elle est pass\u00e9e dans sa phase la plus int\u00e9ressante qui est celle du conflit d\u00e9sormais quasiment ouvert au sein du bloc BAO. On sait qu&rsquo;il s&rsquo;agit, selon notre appr\u00e9ciation fond\u00e9e sur la reconnaissance de la crise ukrainienne comme probable crise ultime de l&rsquo;\u00e9poque de rupture crisique que nous vivons, de l&rsquo;option la plus prometteuse : un processus crisique d&rsquo;une grande intensit\u00e9 d&rsquo;effondrement interne du bloc BAO entravant d\u00e9cisivement la marche vers l&rsquo;affrontement direct, avec le risque nucl\u00e9aire, entre les USA et la Russie. (C&rsquo;est ce que nous d\u00e9signons r\u00e9guli\u00e8rement comme notre pari pascalien extr\u00eamement terrestre, \u00e0 partir de l&rsquo;id\u00e9e \u00e9mise le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_guerre_est_en_r_paration_d_urgence_03_03_2014.html\" class=\"gen\">3 mars 2014<\/a> : \u00ab<em>La crise ukrainienne, et la r\u00e9alisation que les pressions du Syst\u00e8me<\/em> [&#8230;] [qui] <em>peuvent conduire \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame catastrophique des affaires du monde <\/em>[la guerre nucl\u00e9aire]<em>, peuvent aussi bien, gr\u00e2ce au formidable choc psychologique dont nous parlons et \u00e0 l&rsquo;immense crainte qu&rsquo;il rec\u00e8le, d\u00e9clencher une autre dynamique d&rsquo;une puissance inou\u00efe&#8230;<\/em>\u00bb,  cette dynamique, bien s\u00fbr celle de l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, passant \u00e9videmment et n\u00e9cessairement par la division meurtri\u00e8re et fratricide du bloc BAO qui nous semble ici sur la voie de se poursuivre et de s&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9sordre des antagonismes va dans ce sens, car l&rsquo;on peut sans aucun doute parler de d\u00e9sordre bien plus que de l&rsquo;opposition classique entre les USA et l&rsquo;Europe (un mythe, pourrait-on dire plut\u00f4t qu&rsquo;une perspective politique, attendu depuis des d\u00e9cennies, comme l&rsquo;on attend Godot). L&rsquo;exercice est d&rsquo;autant plus int\u00e9ressant que l&rsquo;Europe est divis\u00e9e, et qu&rsquo;elle est divis\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s originale,  qu&rsquo;on en juge&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;Europe est divis\u00e9e, mais sans avantage pour les USA, qui se confirment chaque jour davantage comme un formidable producteur de d\u00e9sordre totalement impuissant \u00e0 en tirer le moindre avantage. Ce sont eux, les USA, qui ont sans cesse pouss\u00e9 les extr\u00e9mistes d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est contre la Russie, sinon intrigu\u00e9 pour faire donner la pr\u00e9sidence de l&rsquo;UE \u00e0 Tusk qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent manipuler comme une marionnette,  alors que Tusk, dans son activisme, n&rsquo;a certes besoin d&rsquo;aucune manipulation, puisque lui-m\u00eame marionnette de son affectivisme exacerb\u00e9. En y ajoutant leurs intrigues annexes et diverses (Nuland, NSA, etc.), le r\u00e9sultat ainsi obtenu par les USA c&rsquo;est de <strong>forcer<\/strong> les deux grands pays europ\u00e9ens (Allemagne-France) \u00e0 faire cavalier seul avec la Russie, avec le secret soutien hors-UE, de nombreux autres pays europ\u00e9ens &#8230; Les USA ont r\u00e9ussi \u00e0 faire en sorte que s&rsquo;organise une fronde majeure dans une Europe qu&rsquo;on croyait absolument verrouill\u00e9e dans un alignement impeccable, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 donner \u00e0 Merkel un peu d&rsquo;audace pour se d\u00e9gager des rets am\u00e9ricanistes, et \u00e0 Hollande un peu d&rsquo;imagination pour se rendre compte que la France pouvait encore jouer un r\u00f4le.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;Europe est divis\u00e9e, mais sans avantage pour l&rsquo;\u00e9difice europ\u00e9en construit selon les consignes-Syst\u00e8me, et m\u00eame contre lui&#8230; Effectivement, d&rsquo;habitude les divisions europ\u00e9ennes entre \u00c9tats-membres se concluent par une r\u00e9conciliation et un rassemblement autour du centre qui semble tr\u00f4ner \u00e0 la fois comme juge et p\u00e8re nourricier, et donc l&rsquo;on conclut que ces division qui rappellent les pires p\u00e9riodes de l&rsquo;Europe des nations finissent par profiter \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9gration supranationale, donc \u00e0 l&rsquo;Europe-Syst\u00e8me que les USA ne peuvent qu&rsquo;applaudir conform\u00e9ment \u00e0 leur feuille de route. Cette fois, c&rsquo;est tout le contraire ! L&rsquo;Europe institutionnelle, le centre, le juge et le p\u00e8re nourricier, s&rsquo;est bien imprudemment engag\u00e9 dans la crise ukrainienne, partie prenante et m\u00eame partie provocante. L\u00e0-dessus, la cerise polonaise sur le g\u00e2teau : Tusk devenu pr\u00e9sident-<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_europe_de_tsipras_et_le_coup_d_tat_de_l_ue_27_01_2015.html\" class=\"gen\">putschiste<\/a> de l&rsquo;UE. On soup\u00e7onne que Tusk, qui continue sa mont\u00e9e vers l&rsquo;extr\u00eame alors que son pays commence \u00e0 r\u00e9trop\u00e9daler et que certains (non des moindres : le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique polonais) commencent \u00e0 juger dangereux ce jeu d&rsquo;aller continuellement provoquer la Russie au nom d&rsquo;un danger fabriqu\u00e9 en simulacre, est un personnage \u00e0 la psychologie faiblarde saisi par la folie des grandeurs que lui inspire la pompe de sa fonction, et qui se croit v\u00e9ritablement pr\u00e9sident-dictateur de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le parcours de Tusk sera int\u00e9ressant \u00e0 suivre : s&rsquo;il demeure dans cette cavalcade pour sans cesse d\u00e9rouler et accentuer cette ligne extr\u00e9miste, avec des initiatives qui bousculent les proc\u00e9dures europ\u00e9ennes, des incidents significatifs pourraient s&rsquo;ensuivre qui \u00e9branleraient l&rsquo;\u00e9difice europ\u00e9en lui-m\u00eame. Les Washingtoniens-Syst\u00e8me seront derri\u00e8re lui, lui t\u00e9l\u00e9phonant, l&rsquo;encourageant \u00e0 faire toujours pire, et ainsi aggravant autant la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements majeurs et f\u00e2cheux, et le foutoir europ\u00e9en par cons\u00e9quent&#8230; Ainsi, arriv\u00e9e au faite de sa puissance, l&rsquo;institution europ\u00e9enne r\u00e9v\u00e8le-t-elle toutes ses faiblesses et ouvre-t-elle la porte aux r\u00e9formistes-liquidateurs de tout poil. \u00ab<em>Fuck the EU !<\/em>\u00bb pourra alors s&rsquo;exclamer, \u00e0 nouveau, la gracieuse Victoria Nuland en se pr\u00e9parant \u00e0 devenir la secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat de la future pr\u00e9sidente Clinton. (Pour ceux qui croient qu&rsquo;Obama parti, les USA redeviendront fr\u00e9quentables.) Mais il faut savoir espoir garder, bien serr\u00e9 dans son raisonnement. D&rsquo;ici l\u00e0, les USA r\u00e9ussiront sans gu\u00e8re de doute \u00e0 alimenter cette crise interne au bloc BAO jusque dans ses cons\u00e9quences catastrophiques ; on les voit si bien partis pour le faire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertes, il est bien possible que, toute enti\u00e8re sous l&#8217;empire du Syst\u00e8me, l&rsquo;Am\u00e9rique ait, dans sa politique, quelque chose de satanique qui fasse de son nihilisme quelque chose d&rsquo;\u00e9minemment original,  mais pas moins stupide pour autant, bien au contraire, comme on l&rsquo;a vu &#8230; Pour s&rsquo;en convaincre et s&rsquo;en expliquer, il suffit de redire notre citation favorite de Gu\u00e9non, qui serait para\u00eet-il la favorite de Kerry \u00e9galement :  \u00ab<em>On dit m\u00eame que le diable, quand il veut, est fort bon th\u00e9ologien; il est vrai, pourtant, qu&rsquo;il ne peut s&#8217;emp\u00eacher de laisser \u00e9chapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur des humeurs transatlantiques 23 f\u00e9vrier 2015 Comme d&rsquo;habitude et m\u00eame plus que jamais, Washington est prisonnier de sa narrative en m\u00eame temps qu&rsquo;apparaissent ici et l\u00e0 des signes que certains entrevoient \u00e9pisodiquement les risques encourus \u00e0 suivre cette narrative jusqu&rsquo;\u00e0 son terme. 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