{"id":75779,"date":"2015-02-26T08:59:12","date_gmt":"2015-02-26T08:59:12","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/02\/26\/la-patrie-selon-natalia-narotchnitskaia\/"},"modified":"2015-02-26T08:59:12","modified_gmt":"2015-02-26T08:59:12","slug":"la-patrie-selon-natalia-narotchnitskaia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/02\/26\/la-patrie-selon-natalia-narotchnitskaia\/","title":{"rendered":"La patrie selon Natalia Narotchnitska\u00efa"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">La patrie selon Natalia Narotchnitska\u00efa<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t[Natalia Narotchnitska\u00efa, <em>Que reste-t-il de notre victoire ?<\/em>. Edition des Syrtes. 2008.]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tToute conscience qui a perdu le lien avec la terre et la tradition, toute conscience irr\u00e9ligieuse, f\u00fbt-elle ultramarxiste ou ultralib\u00e9rale, donne naissance \u00e0 un rapport utilitaire et pragmatique \u00e0 l&rsquo;Etat. Dans cette situation, l&rsquo;id\u00e9e de Patrie d\u00e9p\u00e9rit, alors qu&rsquo;elle a nourri la conscience nationale au fil des si\u00e8cles qui ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au monde l&rsquo;existence de grandes puissances et de grandes cultures. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conscience chr\u00e9tienne, orthodoxe notamment, g\u00e9n\u00e8re une toute autre conception de l&rsquo;Etat-nation, \u00e0 savoir un sentiment d&rsquo;appartenance \u00e0 une Patrie sacr\u00e9e qui ne s&rsquo;identifie pas \u00e0 l&rsquo;Etat, institution politique avec toutes ses imperfections et ses carences. Une telle perception na\u00eet tout d&rsquo;abord au sein d&rsquo;un peuple profond\u00e9ment religieux, conscient du caract\u00e8re sacr\u00e9 de l&rsquo;existence individuelle et de celle de l&rsquo;Etat-nation. Cette perception se transmet ensuite de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conscience nationale orthodoxe est issue de la perception de la continuit\u00e9 historique. Il s&rsquo;agit du sentiment aigu de l&rsquo;appartenance \u00e0 une p\u00e9riode ou un r\u00e9gime donn\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;histoire s\u00e9culaire de la Patrie et aussi \u00e0 son avenir, au-del\u00e0 de sa propre histoire culturelle. Dans ce sentiment il y a un d\u00e9passement de l&rsquo;orgueil, donc de la finalit\u00e9 et de la mat\u00e9rialit\u00e9 de l&rsquo;existence individuelle. Ainsi la perception individuelle de l&rsquo;histoire \u00e9chappe-t-elle au cadre d&rsquo;une vie, manifestant dans la conscience nationale la nature immortelle de l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est justement pour cette raison que les Russes, fervents croyants et orthodoxes dans l&rsquo;\u00e2me, \u00e9crivent (et pensent) le mot \u00ab Patrie \u00bb avec une majuscule, ce qui provoque les sourires m\u00e9prisants des lib\u00e9raux. (*)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour un croyant, la Patrie, c&rsquo;est un don de Dieu. Les envols et les chutes in\u00e9vitables de ce processus n&rsquo;\u00e9carteront pas de la Patrie l&rsquo;homme d\u00e9\u00e7u par l&rsquo;Etat. Jamais un tel homme ne pourra m\u00e9priser son pays ou tourner en d\u00e9rision sa propre histoire. Nombreux sont encore, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, ceux qui prononcent avec \u00e9motion le mot \u00ab Patrie \u00bb, m\u00eame si le sens de cet \u00e9moi n&rsquo;est pas compris de tout le monde. Ce sont les paroles de l&rsquo;Epitre de Paul aux Eph\u00e9siens : \u00ab [] <em>je fl\u00e9chis les genoux devant le P\u00e8re de notre Seigneur J\u00e9sus-Christ, duquel tire son nom toute patrie dans les cieux et sur la terre<\/em>\u00bb (Eph. 3, 14-5). La perception de la Patrie est donc une d\u00e9riv\u00e9e de la perception du P\u00e8re c\u00e9leste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes traductions de ce verset dans les langues europ\u00e9ennes donnent \u00e0 patrie le terme de \u00ab terre \u00bb. Voil\u00e0 pourquoi, les princes russes, bien avant que ne se constitue un Etat panrusse et, \u00e0 plus forte raison une nation russe, ne pr\u00eataient pas serment sur leurs tr\u00f4nes princiers, mais sur la terre russe! Dans cet espace \u00e9motionnel, la Patrie est une notion m\u00e9taphysique, qui ne signifie pas un Etat concret sacralis\u00e9 avec ses institutions. Mais les lib\u00e9raux et les \u00ab citoyens du monde \u00bb ultra-rouges assimilent la patrie \u00ab ce pays barbare \u00bb au \u00ab maudit r\u00e9gime capitaliste \u00bb. Ne soyons pas \u00e9tonn\u00e9s, car, pour les premiers, \u00ab la patrie est l\u00e0 o\u00f9 il fait bon vivre \u00bb et pour les seconds, \u00ab les prol\u00e9taires n&rsquo;ont pas de patrie \u00bb hormis le socialisme.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Anonyme (**)<\/p>\n<\/p>\n<h4>NOTE<\/h4>\n<p>(*) L&rsquo;auteur utilise le terme \u00ab lib\u00e9ral \u00bb exclusivement au sens philosophique pour d\u00e9signer un \u00ab partisan de l&rsquo;autonomie absolue de l&rsquo;individu, d&rsquo;une orientation pro-occidentale de la Russie, un n\u00e9gateur de l&rsquo;histoire russe \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(**) Un de nos lecteurs, monsieur Marc G\u00e9belin, nous fait parvenir ce texte dont il ne parvient pas \u00e0 d\u00e9terminer la provenance. Nous le mettons en ligne sous une forme anonyme&rsquo;, pour sa valeur propre qui nous para\u00eet \u00e9vidente.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La patrie selon Natalia Narotchnitska\u00efa [Natalia Narotchnitska\u00efa, Que reste-t-il de notre victoire ?. Edition des Syrtes. 2008.] Toute conscience qui a perdu le lien avec la terre et la tradition, toute conscience irr\u00e9ligieuse, f\u00fbt-elle ultramarxiste ou ultralib\u00e9rale, donne naissance \u00e0 un rapport utilitaire et pragmatique \u00e0 l&rsquo;Etat. 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