{"id":75810,"date":"2015-03-16T11:26:39","date_gmt":"2015-03-16T11:26:39","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/03\/16\/kerry-en-syrie-tout-ca-pour-ca\/"},"modified":"2015-03-16T11:26:39","modified_gmt":"2015-03-16T11:26:39","slug":"kerry-en-syrie-tout-ca-pour-ca","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/03\/16\/kerry-en-syrie-tout-ca-pour-ca\/","title":{"rendered":"Kerry-en-Syrie : tout \u00e7a pour \u00e7a&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Kerry-en-Syrie : tout \u00e7a pour \u00e7a&#8230;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t16 mars 2015  Dans les chancelleries, comme l&rsquo;on dit, cela fait tintamarre. Dimanche, lors d&rsquo;une interview, le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat John Kerry a dit qu&rsquo;une n\u00e9gociation avec le pr\u00e9sident syrien Assad serait une bonne chose, une voie qu&rsquo;il faut suivre. En langage officiel mesur\u00e9 au millim\u00e8tre pour renvoyer \u00e0 la bonne <em>narrative<\/em>, et malgr\u00e9 l&rsquo;argumentation si \u00e9videmment sp\u00e9cieuse qu&rsquo;il n&rsquo;importe pas une seconde d&rsquo;en d\u00e9battre selon laquelle les USA (et le bloc BAO, France en t\u00eate) ont toujours cherch\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier, il s&rsquo;agit d&rsquo;une cuisante et \u00e9pique reconnaissance de la <strong>totale impuissance<\/strong> de la pseudo-politique US\/BAO en Syrie et dans les terres avoisinantes. La reconnaissance est d&rsquo;autant plus cuisante et \u00e9pique que cette \u00e9volution s\u00e9mantique est due au formidable d\u00e9sordre suscit\u00e9e directement par cette politique et ses innombrables avatars, montages et manipulations, jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre un degr\u00e9 d&rsquo;incompr\u00e9hensibilit\u00e9 et d&rsquo;impossibilit\u00e9 de gestion absolument remarquable. Il faut noter que le discours de Kerry est, comme \u00e0 l&rsquo;habitude, strictement born\u00e9 par l&rsquo;affirmation qu&rsquo;une telle n\u00e9gociation se ferait sous les conditions habituelles, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\" class=\"gen\">d\u00e9terminisme-narrativiste<\/a> oblige. On veut bien en venir \u00e0 n\u00e9gocier avec Assad, mais avec des pincettes et laissant entendre <em>in fine<\/em> qu&rsquo;Assad est un personnage absolument d\u00e9testable, et laissant entendre \u00e9galement, toujours <em>in fine<\/em>, que cette n\u00e9gociation pourrait porter \u00e9galement sur les conditions de son d\u00e9part.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette d\u00e9claration se fait comme une sorte de sinistre c\u00e9l\u00e9bration, soit le cinqui\u00e8me anniversaire de la descente de la Syrie dans un d\u00e9sordre sanglant qui est souvent illustr\u00e9, ces derniers temps, par des photos-satellite prises de nuit montrant la Syrie presque comme une tache noire, ou un <a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?q=photos+satellites+de+la+Syrie+la+nuit&#038;client=safari&#038;rls=en&#038;tbm=isch&#038;tbo=u&#038;source=univ&#038;sa=X&#038;ei=3mcGVdKlLZPvaOvfgvgL&#038;ved=0CB0QsAQ&#038;biw=1480&#038;bih=1305\" class=\"gen\">trou<\/a> <a href=\"http:\/\/www.bfmtv.com\/international\/quatre-ans-de-guerre-civile-ont-plonge-la-syrie-dans-le-noir-868662.html\" class=\"gen\">noir<\/a>, \u00e0 cause de l&rsquo;absence de lumi\u00e8re \u00e9lectrique dans le pays. Elle a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de divers signes montrant que certains dirigeants et responsables politique, au sein du bloc BAO,  dont la d\u00e9l\u00e9gation de parlementaires fran\u00e7ais en d\u00e9placement semi-scandaleux \u00e0 Damas,   en venaient \u00e0 estimer qu&rsquo;il serait temps de r\u00e9tablir le contact avec Assad&#8230; L&rsquo;argument est bien entendu et sans surprise aucune : le pr\u00e9sident syrien reste plus que jamais la seule autorit\u00e9 structur\u00e9e, avec quelque l\u00e9gitimit\u00e9, dans le terrible chaudron syrien. Bien entendu, l&rsquo;intervention du bloc BAO avec ses divers alli\u00e9s d\u00e9mocratiques du monde arabe (Arabie en t\u00eate) a contribu\u00e9 tr\u00e8s majoritairement sinon quasi-exclusivement \u00e0 transformer ce pays en un monceau de ruines sanglantes dont on peut ainsi juger qu&rsquo;elles sont directement enfant\u00e9es par la dynamique surpuissance-autodestruction de notre contre-civilisation. On compte qu&rsquo;il y a eu, depuis le printemps 2010, 210.000 morts dans le d\u00e9sordre guerrier et terroriste de la Syrie, et des millions de r\u00e9fugi\u00e9s ; il y a en plus la prolif\u00e9ration des organisations extr\u00e9mistes, des diverses branches d&rsquo;al Qa\u00efda jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;artefact presque sublime dans l&rsquo;inversion qu&rsquo;est l&rsquo;\u00c9tat Islamique, alias ISIS, alias <M>Daesh<D>, tout cela r\u00e9duisant les pr\u00e9tentions d&rsquo;\u00e9tablir une r\u00e9sistance mod\u00e9r\u00e9e et d\u00e9mocratique au rang de la d\u00e9rision catastrophique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme il est largement recommand\u00e9 par tout le bloc BAO, Kerry en t\u00eate, de ne pas se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 <em>Russia Today<\/em> (RT), c&rsquo;est donc \u00e0 RT que nous nous r\u00e9f\u00e9rons pour donner quelques extraits de ses d\u00e9clarations \u00e0 CBS.<em>News<\/em> annon\u00e7ant la grande nouvelle (le <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/240929-us-negotiate-syria-assad\/\" class=\"gen\">15 mars 2015<\/a>)&#8230; \u00ab<em>Washington will have to negotiate with Syrian President Bashar Assad about a political transition in war-torn country, US Secretary of State John Kerry told CBS News on Sunday. We have to negotiate in the end. We&rsquo;ve always been willing to negotiate in the context of the Geneva-1 process, Kerry said, referring to the June 30, 2012 peace conference on Syria. Kerry added that the US and some other countries were trying to restart talks on the resolution of the conflict in Syria, which has now entered its fifth year. What we&rsquo;re pushing for is to get<\/em> [Assad] <em>to come and do that, and it may require that there be increased pressure on him of various kinds in order to do that, Kerry said. We&rsquo;ve made it very clear to people that we are looking at increased steps that can help bring about that pressure. Some Western states, particularly the US, have insisted that Assad should step down. Kerry even said on March 5 that military pressure may be needed to oust the Syrian president. Kerry&rsquo;s statement on Sunday, given in an interview to US media, hints that Washington may be softening its stance towards the Syrian government.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Kerry was speaking on the fourth anniversary of the start of the civil war in Syria, which started as peaceful protests against the Assad government, but descended into violence claiming more than 210,000 lives. The US has been supporting the Syrian rebels, who insist that the Syrian president should be ousted. In January, Russia and the US organized the Geneva-2 peace talks between Assad&rsquo;s government and the Syrian opposition. However, after two rounds of negotiations, no agreement was reached. This April, Moscow is set to host a meeting between the two sides of the conflict.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;aventure syrienne figure parmi les fleurons de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">politique-Syst\u00e8me<\/a> du bloc BAO, avec diverses \u00e9tapes \u00e9prouvantes de grotesquerie, comme les d\u00e9clarations de Fabius, le ministre-au-sans-faute (jugement courant de la presse-Syst\u00e8me sur la conduite de son minist\u00e8re par le susdit), sur Assad qui ne m\u00e9rite pas d&rsquo;exister, sorte de non-\u00eatre avec lequel il ne peut \u00eatre question de n\u00e9gocier par simple inexistence physique et morale. La d\u00e9claration de Kerry intervient comme une sorte de tournant s\u00e9mantique qui n&rsquo;a d&rsquo;importance que dans le cadre bien identifi\u00e9 d&rsquo;une politique totalement r\u00e9duite \u00e0 la communication avec ses imp\u00e9ratifs moraux relevant de l&rsquo;affectivisme d&rsquo;une part, au d\u00e9sordre colossal de l&rsquo;interventionnisme du bloc BAO et de ses hyper-manipulations en tous sens d&rsquo;autre part. De ce fait on peut observer que cette d\u00e9claration est \u00e9galement une reconnaissance implicite que ce d\u00e9sordre a atteint le stade de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_hyperd_sordre_d_sordre_et_chaos_16_02_2015.html\" class=\"gen\">hyperd\u00e9sordre<\/a> o\u00f9 il se retourne contre ceux qui l&rsquo;ont suscit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tContrairement \u00e0 l&rsquo;observation de RT, nous serions d&rsquo;avis que cette d\u00e9claration du 15 mars ne repr\u00e9sente pas une indication selon laquelle Washington serait en train d&rsquo;adoucir sa position vis-\u00e0-vis du gouvernement syrien. Comme toujours depuis le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9pouvantable crise syrienne, la pens\u00e9e multiple (ou plut\u00f4t, le r\u00e9flexe-impens\u00e9 multiple) implique que d&rsquo;une part on affirme qu&rsquo;on veut n\u00e9gocier pour qu&rsquo;Assad joue son r\u00f4le dans le sens de la politique du bloc BAO, que d&rsquo;autre part il est entendu qu&rsquo;il doit partir et qu&rsquo;il doit lui-m\u00eame s&rsquo;y pr\u00e9parer. La diff\u00e9rence ici, qui marque l&rsquo;absolu d\u00e9sespoir et le nihilisme complet de la politique-Syst\u00e8me en Syrie, est que Kerry soit conduit \u00e0 dire effectivement et publiquement qu&rsquo;il faut n\u00e9gocier avec Assad, ce qui repr\u00e9sente dans le discours et l&rsquo;ornement de la <em>narrative<\/em> une audace s\u00e9mantique mesurant effectivement ce d\u00e9sespoir et ce nihilisme. Pour autant, ni la coiffure ni la cravate de Kerry n&rsquo;en sont d\u00e9rang\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela signifie, pour notre compte, qu&rsquo;il ne faut malheureusement pas pour autant attendre des prolongements significatifs dans l&rsquo;\u00e9volution de la crise syrienne, comme par exemple une sorte d&rsquo;amorce de retour vers un certain ordre. Il nous semble que cette pseudo-officialisation du r\u00e9tablissement d&rsquo;un dialogue avec Assad sera accompagn\u00e9 des habituelles manuvres et avatars s\u00e9mantiques alimentant les options contraires, d\u00e9non\u00e7ant Assad au nom de la politique de l&rsquo;affectivisme, etc. De toutes les fa\u00e7ons, il y a longtemps que le bloc BAO, pas plus que les divers autres acteurs de la soi-disant coalition (Turquie, Arabie, etc.), ne sont plus capables d&rsquo;un contr\u00f4le global acceptable de la crise ni d&rsquo;en comprendre exactement la structure et la signification.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part reste pos\u00e9e la question de la Russie, qui joua un r\u00f4le fondamental dans la premi\u00e8re partie de l&rsquo;aspect international de la crise, en 2011-2013, pour tenter de faire \u00e9voluer les choses vers une issue n\u00e9goci\u00e9e diplomatiquement. La Russie de 2015 n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir, dans ses rapports avec le bloc BAO, avec la Russie de 2011-2013. Entretemps, il y a eu l&rsquo;Ukraine et la d\u00e9t\u00e9rioration ultra-rapide et catastrophique des relations avec le bloc BAO. Il est bien entendu assur\u00e9 qu&rsquo;un Kerry est tout \u00e0 fait capable, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire que la Russie disparaisse dans les d\u00e9lices d&rsquo;une op\u00e9ration de <em>regime change<\/em>, et de l&rsquo;autre de demander \u00e0 Lavrov d&rsquo;intervenir aupr\u00e8s d&rsquo;Assad pour arranger ses conditions de s\u00e9jour pour un dialogue avec Assad, cela pendant que l&rsquo;USAF attaque ISIS\/EI\/<em>Daesh<\/em>, ou bien lui livre des armes c&rsquo;est selon. La position de la Russie dans ce contexte est d\u00e9sormais soumise \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la crise ukrainienne et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, de la crise des relations du bloc BAO avec la Russie. Il y a l\u00e0 un jeu de positions \u00e0 contretemps : alors que la Russie jouait en 2011-2013 un r\u00f4le assez impartial, malgr\u00e9 sa proximit\u00e9 de la Syrie, parce qu&rsquo;elle recherchait effectivement un arrangement, elle \u00e9tait accus\u00e9e syst\u00e9matiquement de soutenir Assad et de jouer un double jeu au niveau des n\u00e9gociations g\u00e9n\u00e9rales ; aujourd&rsquo;hui, alors qu&rsquo;on pourrait \u00eatre tent\u00e9 d&rsquo;en appeler \u00e0 une position politique impartiale de sa part pour faciliter le d\u00e9marrage d&rsquo;un dialogue avec Assad, il para\u00eet \u00e9vident que la Russie jouera, sans qu&rsquo;on puisse le lui reprocher une seconde, un jeu largement influenc\u00e9 par ses propres int\u00e9r\u00eats, en fonction de ses nouveaux rapports d&rsquo;antagonisme ouvert avec les USA et le bloc BAO.<\/p>\n<h3>Aveu d&rsquo;accablement<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous allons donc consid\u00e9rer, pour la facilit\u00e9 du rangement de l&rsquo;\u00e9volution de la crise, que l&rsquo;intervention de Kerry repr\u00e9sente un tournant de communication dans l&rsquo;attitude et la politique interventionniste du bloc BAO vis-\u00e0-vis d&rsquo;Assad et de la crise syrienne. C&rsquo;est alors l&rsquo;occasion de faire un bilan de cette pseudo-politique. La crise syrienne repr\u00e9sente, encore plus que la crise libyenne qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e trop vite (du point de vue du bloc BAO) pour faire sentir tous ses effets d&rsquo;une fa\u00e7on directement d\u00e9finie par le cause-\u00e0-effet, l&rsquo;arch\u00e9type des effets catastrophiques de l&rsquo;interventionnisme occidental\/du bloc BAO. Elle est d&rsquo;autant plus arch\u00e9typique de l&rsquo;interventionnisme humanitariste (ou <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Responsibility_to_protect\" class=\"gen\">R2P<\/a>, pour <em>Responsability To Protect<\/em>) qu&rsquo;elle se trouve, \u00e0 la diff\u00e9rence de la crise ukrainienne qui la suit, hors de tout contact direct avec les pays du bloc, donc d\u00e9gag\u00e9e des conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats directs et des rapports de s\u00e9curit\u00e9 nationale des pays engag\u00e9s dans cette doctrine R2P. Par cons\u00e9quent, c&rsquo;est effectivement en Syrie que s&rsquo;est d\u00e9ploy\u00e9e dans l&rsquo;ordre d&rsquo;une certaine puret\u00e9 (l&rsquo;absurdit\u00e9 et l&rsquo;aveuglement ont aussi leur graduation dans l&rsquo;ordre de la puret\u00e9) une politique compl\u00e8tement marqu\u00e9e par ce que nous avons nomm\u00e9 affectivisme (ce terme ayant remplac\u00e9, sur la suggestion bienvenue d&rsquo;un lecteur, le terme d&rsquo;affectivit\u00e9 d&rsquo;abord employ\u00e9).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dans un texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_raison_devenue_idiote_utile_de_l_affectivit__11_06_2012.html\" class=\"gen\">11 juin 2012<\/a> que nous tentions de d\u00e9finir l&rsquo;esprit de ce R2P, marqu\u00e9 par la disparition compl\u00e8te de la raison utile (ou raison efficace), devenue <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html\" class=\"gen\">raison-subvertie<\/a>, et l&rsquo;intrusion d\u00e9ferlante de l&rsquo;affectivit\u00e9 (de l&rsquo;affectivisme) dans le jugement et l&rsquo;op\u00e9rationnalisation d&rsquo;une politique ainsi transform\u00e9e en coquille vide de toute approche rationnelle. Le r\u00f4le de la communication est \u00e9videmment essentiel dans ce processus, notamment avec l&rsquo;activation d&rsquo;une <em>narrative<\/em> imp\u00e9rative, impliquant la cr\u00e9ation d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements allant dans ce sens, la publicit\u00e9 de divers montages, arrangements faussaires, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous \u00e9crivions ainsi : \u00ab<em>Le constat est effectivement que l&rsquo;effacement d&rsquo;une<\/em> <strong><em>raison efficace<\/em><\/strong><em>, une raison loyale \u00e0 la perception de la r\u00e9alit\u00e9, ouvre la porte au d\u00e9ferlement de l&rsquo;affect en termes psychologiques, ou pure affectivit\u00e9, dans les r\u00e9actions \u00e0 la situation de Syrie. Cet affect n&rsquo;est \u00e9videmment pas suscit\u00e9 par un plan de manipulation puisqu&rsquo;on a vu que la raison, qui seule peut produire humainement de tels plans, est absente dans son r\u00f4le habituel de rangement des ambitions et des projets humains. L&rsquo;affect pr\u00e9pond\u00e9rant dans ces r\u00e9actions est donc la cause autant que le produit des manipulations innombrables qui caract\u00e9risent le compte-rendu de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation syrienne, qui est bien entendu une v\u00e9rit\u00e9 compl\u00e8tement fabriqu\u00e9e,  litt\u00e9ralement, selon notre jargon, une narrative. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une auto-manipulation, ou techniquement d&rsquo;une auto-m\u00e9sinformation, suscit\u00e9es par une affectivit\u00e9 qui a compl\u00e8tement pris le dessus dans l&rsquo;attitude psychologique, et qui affecte l&rsquo;observation des faits et le jugement selon des normes id\u00e9ologiques de type hyst\u00e9rique elles-m\u00eames v\u00e9hicul\u00e9es dans la psychologie avant d&rsquo;\u00eatre transcrites en id\u00e9es de type-standard et homog\u00e9n\u00e9is\u00e9es (droits de l&rsquo;homme, humanitarisme, etc.).<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Cette auto-manipulation est facilit\u00e9e par un aspect technique non n\u00e9gligeable, qui est l&rsquo;atmosph\u00e8re cr\u00e9\u00e9e par le syst\u00e8me de la communication, tel qu&rsquo;il est lui-m\u00eame int\u00e9gr\u00e9 dans cette m\u00eame auto-manipulation et cette auto-m\u00e9sinformation. L&rsquo;usage massif d&rsquo;informations d\u00e9form\u00e9es par la presse-Syst\u00e8me selon le processus qu&rsquo;on a vu, de toutes les fa\u00e7ons sans le moindre esprit critique qui dispara\u00eet avec la raison, la<\/em> <strong><em>rapidit\u00e9<\/em><\/strong> <em>du processus de la communication qui interdit toute distance vis-\u00e0-vis du soi-disant fait expos\u00e9 et la <\/em><strong><em>rapidit\u00e9<\/em><\/strong><em> de la r\u00e9action \u00e9motive standard par cons\u00e9quent, la profusion de l&#8217;emploi des m\u00eames images, la standardisation des r\u00e9actions d&rsquo;affectivit\u00e9 devant ce kal\u00e9idoscope ultra-rapide des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments de communication pr\u00e9sent\u00e9s comme strictement objectifs, etc., tout cela cr\u00e9e cette atmosph\u00e8re immens\u00e9ment favorable \u00e0 la r\u00e9action affective, et seulement affective. Cette atmosph\u00e8re agit comme un compl\u00e9ment, sinon d\u00e9cisif, dans tous les cas tr\u00e8s efficace, pour le ph\u00e9nom\u00e8ne constat\u00e9&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAssez rapidement, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9pisode 2011-2013, et d&rsquo;ailleurs d\u00e8s le courant de 2013, la crise syrienne est devenue incompr\u00e9hensible, ou illisible disent certains, en raison du d\u00e9sordre complet qui a envahi le pays puis la r\u00e9gion, en raison de la multitude d&rsquo;acteurs alentours et m\u00eame au-del\u00e0 de l&rsquo;horizon, chacun avec sa lecture de la crise, chacun avec ses int\u00e9r\u00eats, et surtout avec certains d&rsquo;entre eux dont les manipulations multiples et massives ont conduit \u00e0 des contradictions internes, des antagonismes, des double\/triple\/quadruple-jeu autour des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments. A cet \u00e9gard, les USA ne laissent \u00e0 personne d&rsquo;autre l&rsquo;exercice de leur exceptionnalisme s&rsquo;exprimant par un vertige et une ivresse de manipulations conduisant rapidement \u00e0 l&rsquo;auto-manipulation, \u00e0 la d\u00e9sinformation et \u00e0 l&rsquo;auto-d\u00e9sinformation, \u00e0 des <em>narrative<\/em> antagonistes, etc. A la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00e9vocation de ce point de vue des USA, qui continuent \u00e0 alimenter une \u00e9rosion catastrophique de leurs positions, l&rsquo;\u00e9pisode actuel (la d\u00e9claration de Kerry) suscite la question de savoir si l&rsquo;on peut encore d\u00e9terminer, dans ce chaudron grondant de la crise syrienne &#038; alentours, qui en tire avantage et qui en est p\u00e9nalis\u00e9e. Plut\u00f4t que parler d&rsquo;un vainqueur et d&rsquo;un vaincu, nous parlerions alors de qui a gagn\u00e9 du terrain et de qui a perdu du terrain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous pensons qu&rsquo;une remarque suivie d&rsquo;une note compl\u00e9mentaire parues dans notre <em>Glossaire.dde-crisis<\/em> mis en ligne aujourd&rsquo;hui (ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_maniaco-d_pression_du_monde_16_03_2015.html\" class=\"gen\">16 mars 2015<\/a>, sur \u00ab<em>La maniaco-d\u00e9pression du monde<\/em>\u00bb), permettent d&rsquo;avancer une r\u00e9ponse sous cette forme du qui a gagn\u00e9 du terrain et du qui a perdu du terrain. Nous nous pla\u00e7ons alors, hors du cadre catastrophique de la malheureuse Syrie, du point de vue du Syst\u00e8me <em>versus<\/em> l&rsquo;antiSyst\u00e8me, ou bien encore, du point de vu des directions politiques travaillant pour le Syst\u00e8me et \u00e9voluant dans une psychologie en \u00e9tat d&rsquo;\u00e9pisode maniaque appuy\u00e9 sur une <em>narrative<\/em> absolument fabriqu\u00e9e,  psychologie parfaitement accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;affectivisme mentionn\u00e9 plus haut,  contre une critique de r\u00e9sistance de type antiSyst\u00e8me, dont l&rsquo;\u00e9tat psychologique est celui du volontarisme de r\u00e9sistance \u00e0 partir d&rsquo;une situation de d\u00e9pression en observant la catastrophe que produit le Syst\u00e8me dans le chef de ses employ\u00e9s \u00e9voluant selon l&rsquo;affectivisme maniaque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous pensons que cette remarque de notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_maniaco-d_pression_du_monde_16_03_2015.html\" class=\"gen\">16 mars 2015<\/a> correspond alors au bilan qu&rsquo;on peut faire actuellement, \u00e0 ce moment de la crise syrienne&#8230; Dans cette remarque, on trouve un appel de note (11), et la note peut \u00e9galement \u00eatre prise en compte pour la d\u00e9finition de cette situation, et ainsi s&rsquo;appliquer au cas syrien, avec la partie d\u00e9pressive correspondant \u00e0 la r\u00e9sistance antiSyst\u00e8me, et la partie maniaque \u00e0 l&rsquo;activisme du Syst\u00e8me dans le chef de la politique interventionniste du bloc BAO.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La partie d\u00e9pressive sort souvent r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e de ces affrontements, avec la sensation, justifi\u00e9e \u00e0 notre sens, d&rsquo;avoir gagn\u00e9 du terrain. (11) La partie maniaque, au contraire, tir\u00e9e vers la r\u00e9alit\u00e9 par la r\u00e9action de la partie d\u00e9pressive, est confront\u00e9e \u00e0 une situation qui ne r\u00e9pond en rien \u00e0 l&rsquo;image qu&rsquo;elle s&rsquo;en fait dans son agitation maniaque. Sa r\u00e9action correspond effectivement \u00e0 ce qu&rsquo;on observe dans les pathologies maniaco-d\u00e9pressives: le refus de la r\u00e9alit\u00e9 de la psychologie durant l&rsquo;\u00e9pisode maniaque, m\u00eame si cette r\u00e9alit\u00e9 se pr\u00e9sente comme extr\u00eamement dangereuse et pressante pour elle. C&rsquo;est alors le refus de toute le\u00e7on, de m\u00eame que la psychologie maniaque refuse tout enseignement de la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 cause de ce qu&rsquo;on peut et m\u00eame qu&rsquo;on doit qualifier d&rsquo;une v\u00e9ritable haine de cette r\u00e9alit\u00e9, dont on comprend ais\u00e9ment, en \u00e9largissant le propos \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence m\u00e9taphysique, qu&rsquo;elle correspond \u00e0<\/em> <strong><em>la haine de la v\u00e9rit\u00e9<\/em><\/strong>. [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>(11) Nous pr\u00e9ciserions l&rsquo;id\u00e9e de gagner du terrain de cette fa\u00e7on : la partie d\u00e9pressive a avanc\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on significative dans la perception que la partie maniaque (la direction-Syst\u00e8me) est en crise profonde. Cette fa\u00e7on d&rsquo;attirer la partie maniaque vers une reconnaissance forc\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9 engendre effectivement un surcroit d&rsquo;incoh\u00e9rence de la part de cette partie maniaque. La poursuite (in\u00e9vitable par ailleurs) de l&rsquo;\u00e9pisode maniaque signifie une accentuation du simulacre, du poids de la v\u00e9rit\u00e9 du monde sur la psychologie, une fatigue suppl\u00e9mentaire de la psychologie de la partie maniaque, une accentuation de sa crise, de la perception de sa crise par elle-m\u00eame, etc. Gagner du terrain implique une avanc\u00e9e dans une bataille des psychologies, entre simulacre et v\u00e9rit\u00e9 du monde (entre \u00e9pisode maniaque et \u00e9pisode d\u00e9pressif).<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour nous, cette d\u00e9claration de Kerry ne constitue pas tant un \u00e9v\u00e9nement politique qu&rsquo;une avanc\u00e9e psychologique importante. Il s&rsquo;agit de ce que nous nommerions un aveu d&rsquo;accablement (plut\u00f4t qu&rsquo;aveu d&rsquo;impuissance, chose \u00e9videmment impensable pour un diplomate US). Bien que de m\u00eame cat\u00e9gorie dans le champ de l&rsquo;interventionnisme R2P, la crise syrienne est donc bien plus importante et plus r\u00e9v\u00e9latrice que la crise libyenne dans la mesure o\u00f9 elle confronte les pays du bloc BAO directement avec les effets de leurs actions. Nous en sommes au point o\u00f9 la <em>narrative<\/em> n&rsquo;a plus assez de puissance pour \u00e9viter cet aveu d&rsquo;accablement.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kerry-en-Syrie : tout \u00e7a pour \u00e7a&#8230; 16 mars 2015 Dans les chancelleries, comme l&rsquo;on dit, cela fait tintamarre. Dimanche, lors d&rsquo;une interview, le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat John Kerry a dit qu&rsquo;une n\u00e9gociation avec le pr\u00e9sident syrien Assad serait une bonne chose, une voie qu&rsquo;il faut suivre. 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