{"id":75843,"date":"2015-04-02T13:37:56","date_gmt":"2015-04-02T13:37:56","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/04\/02\/les-inconnus-de-moscou\/"},"modified":"2015-04-02T13:37:56","modified_gmt":"2015-04-02T13:37:56","slug":"les-inconnus-de-moscou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/04\/02\/les-inconnus-de-moscou\/","title":{"rendered":"Les inconnus de Moscou"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Les inconnus de Moscou<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>2 avril 2015 &ndash; Les Grecs sont nombreux \u00e0 Moscou ces temps-ci, en ce d\u00e9but de printemps. Durant les deux premiers jours de la semaine, on y trouvait un ministre de l&rsquo;\u00e9nergie et de la r\u00e9forme industrielle (Panagiotis Lafazini) et un d\u00e9put\u00e9 de Syriza (Thanasis Petrakos) ; la semaine prochaine, le 8 avril, ce sera le sommet entre Tsipras et Poutine. On a vu (le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_aiib_et_la_gr_ce_et_l_aggravation_souterraine_de_la_crise_30_03_2015.html\">30 mars 2014<\/a>) que Lafazini n&rsquo;avait pas m\u00e9nag\u00e9 ses critiques contre \u00ab\u00a0l&rsquo;Europe allemande\u00a0\u00bb avant son d\u00e9part pour Moscou, comme pour bien faire mesurer l&rsquo;enjeu de cette phase de la bataille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une p\u00e9rip\u00e9tie int\u00e9rieure grecque de plus, ni m\u00eame d&rsquo;une p\u00e9rip\u00e9tie Ath\u00e8nes-Bruxelles de plus. Cette fois, nous sortons du champ restreint de la crise gr\u00e9co-europ\u00e9enne pour atteindre le champ international incluant au moins la Russie, et peut-\u00eatre plus &#8230; Ou plut\u00f4t, devrions-nous dire, que les \u00e9v\u00e8nements eux-m\u00eames et la pression qu&rsquo;ils exercent sur le \u00ab\u00a0champ restreint de la crise gr\u00e9co-europ\u00e9enne\u00a0\u00bb conduisent eux-m\u00eames \u00e0 cet \u00e9largissement. M\u00eame si le sommet Tsipras-Poutine est pr\u00e9vu depuis un certain temps, les \u00e9v\u00e8nements et la pression qu&rsquo;ils exercent forcent \u00e0 faire de ce sommet un \u00e9v\u00e9nement d&rsquo;\u00e9largissement de la crise. <strong>Les \u00e9v\u00e8nements parlent<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par ailleurs, d&rsquo;autres p\u00e9rip\u00e9ties contribuent \u00e0 cet \u00e9largissement, et nous pensons particuli\u00e8rement \u00e0 une intervention de Zbigniew Brzezinski, le 25 mars. Il n&rsquo;est pas certain que cette intervention soit des plus habiles, et dans tous les cas elle montre que l&rsquo;obsession de certains, &ndash; dans ce cas l&rsquo;obsession de Brzezinski pour la crise ukrainienne et contre la Russie, &ndash; contribue \u00e0 cet \u00ab\u00a0\u00e9largissement\u00a0\u00bb de la crise Ath\u00e8nes-Bruxelles d&rsquo;une fa\u00e7on indirecte et sans doute involontaire mais importante. Brzezinski a dit son inqui\u00e9tude \u00e0 propos du r\u00f4le de la Gr\u00e8ce dans l&rsquo;OTAN, notamment dans le cas o&ugrave; l&rsquo;OTAN devrait avoir \u00e0 prendre des d\u00e9cisions en rapport avec la crise ukrainienne et le r\u00f4le particuli\u00e8rement d\u00e9testable que le bloc BAO, et Brzezinski dans cette occurrence, attribuent \u00e0 la Russie selon l&#8217;emportement que leur impose le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\">d\u00e9terminisme-narrative<\/a>. (Nous avions \u00e9voqu\u00e9 tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ralement cette question des rapports de la Gr\u00e8ce de Tsipras avec l&rsquo;OTAN le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_otan_et_la_d_sormais-suspecte_gr_ce_31_01_2015.html\">31 janvier 2015<\/a> et les pr\u00e9occupations US plus r\u00e9cemment, parce que la tr\u00e8s habile Nuland avait, d\u00e9j\u00e0 avant Brzezinski mais en toute discr\u00e9tion, lev\u00e9 le li\u00e8vre [voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-brusquement_la_gr_ce_inqui_te_les_usa_nuland_sur_le_pont_18_03_2015.html\">18 mars 2015<\/a>].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Donc, selon <em>Le Point<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/la-grece-pourrait-paralyser-l-otan-25-03-2015-1915798_24.php\">25 mars 2015<\/a>, voici Brzezinski exposant ses pr\u00e9occupations compl\u00e8tement nourries \u00e0 la <em>narrative<\/em> du bloc BAO sur les intentions agressives de la Russie : &laquo;<em>La Gr\u00e8ce, amie de la Russie, pourrait retarder voire \u00ab\u00a0paralyser\u00a0\u00bb par son veto la r\u00e9ponse de l&rsquo;Otan \u00e0 une violation de sa d\u00e9fense collective, estime Zbigniew Brzezinski, l&rsquo;une des voix influentes de la politique \u00e9trang\u00e8re am\u00e9ricaine. Apr\u00e8s l&rsquo;annexion de la Crim\u00e9e en 2014, la Russie risque de jeter son d\u00e9volu sur la Moldavie, la G\u00e9orgie et l&rsquo;Azerba\u00efdjan, apr\u00e8s quoi les Baltes et la Pologne, pays membres de l&rsquo;Alliance atlantique, pourraient &quot;devenir une cible&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 M. Brzezinski dans une interview mercredi au quotidien polonais Dziennik Gazeta Prawna.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>L&rsquo;article 5 de l&rsquo;Otan pr\u00e9voit une r\u00e9ponse collective de l&rsquo;Alliance \u00e0 toute agression contre l&rsquo;un de ses 28 membres. \u00ab\u00a0Mais au sein de l&rsquo;Otan, diverses proc\u00e9dures sont en vigueur, dont le principe de l&rsquo;unanimit\u00e9. Cela veut dire que l&rsquo;Otan pourrait \u00eatre paralys\u00e9e pendant un certain temps, ne serait-ce que par la Gr\u00e8ce qui est une amie de la Russie et qui dispose bien s&ucirc;r d&rsquo;un droit de veto\u00a0\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras est attendu le 8 avril \u00e0 Moscou o&ugrave; Ath\u00e8nes cherche un soutien face \u00e0 ses probl\u00e8mes \u00e9conomiques&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est grande piti\u00e9 de voir un esprit du calibre de celui de Brzezinski, quoi qu&rsquo;il en soit de ses conceptions qui sont toutes enti\u00e8res au service du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, se laisser emporter par cette obsession en \u00e9voquant l&rsquo;hypoth\u00e8se grotesque d&rsquo;une agression de la Russie contre un pays de l&rsquo;OTAN ; et, ce faisant sous la forme d&rsquo;une maladresse bien r\u00e9elle du point de vue de son propre parti, mettant sur la place publique la possibilit\u00e9 d&rsquo;une collusion entre la Gr\u00e8ce et la Russie&#8230; A parler tout haut d&rsquo;une chose \u00e0 laquelle certains pensaient tout bas ou ne r\u00e9alisaient m\u00eame pas, et cela lorsqu&rsquo;on est une voix par\u00e9e d&rsquo;une grande autorit\u00e9 comme l&rsquo;est Brzezinski, on donne \u00e0 cette chose une substance qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas mais qui est peut-\u00eatre, on le r\u00e9alise alors, sa propre \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 de situation\u00a0\u00bb. C&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;intervention de Brzezinski a largement contribu\u00e9, comme nous le remarquions plus haut, \u00e0 transformer la crise grecque dans son strict cadre europ\u00e9en en une crise dynamique qui rejoint le cadre g\u00e9n\u00e9ral de la crise haute regroupant la crise ukrainienne et la crise majeure des relations entre le bloc BAO et la Russie, voire entre le bloc BAO et l&rsquo;axe Russie-Chine avec tout ce qu&rsquo;il y a derri\u00e8re (le regroupement <em>de facto<\/em> antiSyst\u00e8me de l&rsquo;OCS, des BRICS, etc.). Tsipras n&rsquo;en demandait peut-\u00eatre pas tant, &ndash; ce point-l\u00e0 reste \u00e0 d\u00e9battre, &ndash; mais les \u00e9v\u00e8nements d\u00e9cident \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Du coup, les hypoth\u00e8ses sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;un arrangement entre la Gr\u00e8ce et la Russie (ou la Russie + d&rsquo;autres) se renforcent. L\u00e0 encore, la force des \u00e9v\u00e8nements joue son r\u00f4le, et aussi les pressions du syst\u00e8me de la communication ; aux \u00e9l\u00e9ments dans ce sens qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 vus, on ajoutera celui de l&rsquo;intransigeance de Bruxelles, de l&rsquo;UE, qui ne cesse de se manifester depuis janvier dans le cours des n\u00e9gociations avec la Gr\u00e8ce. Cette intransigeance absolument conforme \u00e0 l&rsquo;arrogance et aux certitudes des dirigeants europ\u00e9ens absolument dogmatiques, et \u00e0 la discipline teutonne de l'\u00a0\u00bbEurope allemande\u00a0\u00bb par ailleurs, conduit \u00e0 exiger une capitulation compl\u00e8te de Tsipras, poussant ainsi le gouvernement grec dans une position de plus en plus intenable, avec cette seule option d&rsquo;une capitulation compl\u00e8te qui peut avoir des r\u00e9percussions catastrophiques pour lui (Tsipras et son gouvernement) au niveau int\u00e9rieur. Dans ce cas, une \u00e9chapp\u00e9e s\u00e9rieuse vers Moscou pourrait passer du stade d&rsquo;une menace tactique sans intention de r\u00e9alisation, pour peser dans la n\u00e9gociation avec Bruxelles, \u00e0 une strat\u00e9gie de changement de paradigme en bonne et due forme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Phil Butler, de <em>Russia Insider<\/em>, est l&rsquo;un de ceux qui jugent in\u00e9luctable un <strong>rapprochement strat\u00e9gique<\/strong> de la Gr\u00e8ce et de la Russie. Am\u00e9ricain sp\u00e9cialiste des m\u00e9dias et des relations publiques, de plus en plus actif au niveau du commentaire \u00e9conomico-politique, Butler suit les questions europ\u00e9ennes (euro et le reste) et la crise grecque depuis longtemps. Le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/russia-insider.com\/en\/2015\/03\/18\/4621\">18 mars 2015<\/a>, il \u00e9tait encore incertain sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;une coop\u00e9ration entre la Gr\u00e8ce et la Russie, tout en consid\u00e9rant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une ouverture nouvelle qui ne manquait pas d&rsquo;attrait :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>&#8230; This Speigel Online report frames the sitution fairly well if Russia and Greece do come to some agreement in April. Zero Hedge was spot on early in the new Greek adminitration&rsquo;s strategy in framing the Greek attitude at least. The point there being, with nothing much left to lose and no love lost between Greece and the EU, Russia could play out as the white knight for a country that was dealt a deadly economic blow. In the end however, all the experts are speculating today. What matters now is the last up card in this back and forth portrait of wheeling and dealing. On Russia&rsquo;s side? Well, this Pew Research Poll says the Greek people favor Russia over the EU 2 to 1. Looking at this report, it&rsquo;s also clear Russia&rsquo;s reputation is not as bad as the American perspective suggests. Even after a massive negative media onslaught these last 14 months the world tone on Russia is as equally postive as it is negative. This is actually fabulous if you&rsquo;re Putin and being assailed.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>In the end it all comes down to Greece&rsquo;s leaer though. As a politician, Tsipras could do a lot worse than giving his people what they ask for.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/russia-insider.com\/en\/geo-strategic-game-set-russo-greek-manacle\/5205\">1er avril 2015<\/a>, le ton a clairement chang\u00e9. Le commentaire de Butler prend une dimension g\u00e9opolitique fondamentale, alors qu&rsquo;il affirme sans h\u00e9siter que ce n&rsquo;est pas la seule Russie qui est dans ce jeu. Effectivement, Butler tient pour acquis que les Russes et les Chinois se sont entendus pour faire \u00e0 la Gr\u00e8ce des offres de coop\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale au sens le plus large qui d\u00e9passe largement le seul domaine \u00e9conomique, notamment avec une dimension g\u00e9opolitique passant par la livraison d&rsquo;armements, offres qui devraient s&rsquo;av\u00e9rer bien plus int\u00e9ressantes que tout ce que la Gr\u00e8ce peut attendre de sa position au sein de l&rsquo;UE, et au sein de l&rsquo;OTAN \u00e9galement. Butler reprend donc son commentaire en l&rsquo;\u00e9largissant aux perspectives \u00e0 long terme, qu&rsquo;elles soient \u00e9conomiques et strat\u00e9giques, comme s&rsquo;il avait pris connaissance du commentaire de Brzezinski et qu&rsquo;il en avait tir\u00e9 la conclusion que la Gr\u00e8ce ne peut plus pr\u00e9tendre \u00e0 demeurer dans l&rsquo;OTAN, et n&rsquo;a plus int\u00e9r\u00eat \u00e0 le faire&#8230; Ainsi annonce-t-il des perspectives offertes par Poutine \u00e0 Tsipras \u00ab\u00a0que Tsipras ne pourra pas refuser\u00a0\u00bb ; et terminant son analyse par la pr\u00e9diction qu&rsquo;il faut s&rsquo;attendre \u00e0 d&rsquo;importantes nouvelles et sp\u00e9culations, le 9 avril, lendemain du sommet Tsipras-Poutine (&laquo;<em>Expect a big play in the news April 9th<\/em>&raquo;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>&#8230;On April 8th Greece is set to become the most valuable piece of real estate among NATO nations. The people there having suffered long because of corruption inside and outside their borders, they&rsquo;ve nothing to lose, no love lost for Germany or her NATO companions. In fairness, Greeks adore no nation so much as their own. I expect Vladimir Putin and China&rsquo;s Xi Jinping have already set their minds as to what the \u00ab\u00a0offer\u00a0\u00bb will be. Having already agreed to join China&rsquo;s Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) on April 14, Russia will in all likelihood make Tsipras a deal he cannot refuse. Some combination of massive Chinese money investment, a Gazprom deal from Russia of equivalent value, and Greece will be back in the game sans NATO, the euro, and worries about defense spending.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Not many of the investors (except for Boeing, Raytheon, and others) who flocked to read the first of my stories (metrics tell me interest in Greece intense) are aware Greece spends more than all but one of the 27 NATO countries after the United States. By the way, the US, Germany, and France are the beneficiaries of Greece&rsquo;s arms expenditures, so a chunk of the country&rsquo;s current budget goes to defense contractors. No doubt news of this creates even more of an austerity sore for Greek taxpayers. Where the metal meets the meat in Moscow, I&rsquo;d be dully surprised if Putin&rsquo;s finance people did not advise Greece to take every advantage, then to default and return to the drachma, at which time Russia and China could easily escalate the currency buying into Greek endeavors. After all, the Obama administration&rsquo;s easing off Goldman Sachs, when that firm&rsquo;s involvement in the Greek crisis has yet to be resolved, leaves Tsipras&rsquo; situation as a \u00ab\u00a0catch-as-catch-can \u00a0\u00bb choice.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>After all is said and done, since when is cheating and defaulting on obligations a crime these days? Greece can earn &euro;300 billion in one day, and another &euro;300 billion in Gazprom gas, China capital, and Russian arms deals (Mr. Lavrov gives hints) to shortchange western manufacturers. Add in free flights from Moscow and St. Petersburg for the tourist season, and Greece could be the richest country in eastern Europe before summer&rsquo;s end. Who could really blame the Greek people? American bankers double dipping, German arms dealers recouping revenue from EU bailouts, 30 percent unemployment and Germans here calling the Greeks \u00ab\u00a0lazy\u00a0\u00bb slackers? My only question is \u00ab\u00a0when\u00a0\u00bb will Portugal, Spain, and Italy tell Frankfurt and Washington to bugger off.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>In all seriousness, given the current situation in the United States, the UK, and in the EU debt wise, it seems clear \u00ab\u00a0the west\u00a0\u00bb cannot bid higher than China and Russia for Greece&rsquo;s affections. The EU is in no position to either bail out Greece, or to contest Moscow in courting favor. The United States&rsquo; catastrophic foreign policy failures since 9\/11, a debt bubble set to explode at home, and civil problems that would cripple any other country leave Washington scrambling to plug holes in the NATO alliance and the geostrategic limbo to come. The politicians in Washington not only have the world in a fix, but the American people are poised blindfolded on a fiscal cliff. David Stockman, former director of the Office of Management and Budget for President Ronald Reagan, says America is so addicted to debt a catastrophe is imminent. Experts from real estate legend Donald Trump to best selling author Robert Wiedemer have predicted as recently as this month a \u00ab\u00a0bust\u00a0\u00bb somewhere in between catastrophic and total collapse for the US economy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>All these variables and more weigh on Greece&rsquo;s leader, the chorus of EU principals, and Washington looking on as the Russo-Greek summit awaits in Moscow. I was reading just now a sentient piece about Greece being able to seize opportunity in these critical times. Ideas like a Greek-Cypriote doctrine of common defense, \u00ab\u00a0The New Grand Strategy of Greece and its Mediterranean Geostrategic Imperatives\u00a0\u00bb by Alexander Th. Drivas, emerge as a new construct for the Greek people. It seems pertinent right here to point out Greece is actually a good investment for Putin, or anybody for that matter. The chart below shows the situation with deposits still higher than before the hyper inflated years that led to the country&rsquo;s crash. An infusion of business in Greece can surely fund full recovery, especially if the country changes currency and affiliations. I&rsquo;m no economists, but I know Russia&rsquo;s fiscal experts have not overlooked the potential.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>It is also no insignificant that Russian Foreign Minister mentioned at a recent meeting with Greek Foreign Minister Nikos Kotzias the Orthodox religious ties Russia and Greece share. To quote Lavrov: \u00ab\u00a0In 2016, there will be another important anniversary: 1,000 years of a Russian monastic presence on Mount Athos &ndash; commemorative events have been planned.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Baril de poudre, m\u00e8che et allumette<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;on peut suivre ou r\u00e9pudier l&rsquo;enthousiasme de Butler, mais l&rsquo;on ne peut nier qu&rsquo;effectivement la crise grecque, confront\u00e9e pour l&rsquo;instant \u00e0 un blocage au sein de l&rsquo;UE du \u00e0 l&rsquo;intransigeance de la bureaucratie bruxelloise qui n&rsquo;offre \u00e0 la Gr\u00e8ce que la \u00ab\u00a0porte de sortie\u00a0\u00bb d&rsquo;une capitulation compl\u00e8te, est effectivement en train d&rsquo;\u00e9voluer pour sortir de ce cadre strictement europ\u00e9en et \u00e9conomico-financier qui \u00e9tait le sien jusqu&rsquo;alors. La rencontre Tsipras-Poutine, avec le tintamarre de communication qui va l&rsquo;accompagner, dans l&rsquo;occurrence pesante sinon hyst\u00e9rique de l&rsquo;extr\u00eame tension entre la Russie et le bloc BAO, ne peut en aucun cas \u00eatre une rencontre de routine ou une rencontre de faux-semblant. La communication \u00e9tant ce qu&rsquo;elle est, cette rencontre sera n\u00e9cessairement un \u00e9v\u00e9nement politique, o&ugrave; nombre de commentateurs-Syst\u00e8me verront la marque d&rsquo;une trahison insupportable de Tsipras.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat de la communication sera alors d&rsquo;ajouter effectivement, mais officiellement cette fois, cette dimension politique et m\u00eame strat\u00e9gique que Butler d\u00e9crit. A partir de l\u00e0, la crise grecque \u00e9chappe \u00e0 la seule probl\u00e9matique europ\u00e9iste, aux pleurnicheries des partisans de l&rsquo;Europe appuy\u00e9s sur l&rsquo;intransigeance des doctrinaires de Bruxelles. A partir de l\u00e0, la crise grecque n&rsquo;est plus une \u00ab\u00a0affaire de famille\u00a0\u00bb (europ\u00e9enne) mais l&rsquo;illustration d&rsquo;une famille (europ\u00e9enne) d\u00e9sunie sinon d\u00e9j\u00e0 bris\u00e9e, dont les membres \u00e9pars se sentent d\u00e9gag\u00e9s des liens d&rsquo;all\u00e9geance, et dont certains sont amen\u00e9s \u00e0 voir ailleurs s&rsquo;ils y sont, &ndash; au moins aussi bien, sinon mieux &#8230; Et Lavrov d&rsquo;ajouter : \u00ab\u00a0mais nous sommes orthodoxes, vous et nous, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la m\u00eame famille apr\u00e8s tout  ; et l&rsquo;ann\u00e9e prochaine nous c\u00e9l\u00e9brerons le mill\u00e9naire du Mont-Athos, berceau de cette &lsquo;famille'\u00a0\u00bb. Cela vous a une autre allure que la mine coupante du pr\u00e9sident de la Commission Juncker, le texte du Trait\u00e9 de Lisbonne ou les perspectives du TTIP transatlantique qui vous encha&icirc;ne \u00e0 une superpuissance parasitaire en train de couler.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A partir de l\u00e0, effectivement, les \u00e9v\u00e8nements prennent en charge la crise grecque, signifiant par l\u00e0 que leur dynamique elle-m\u00eame n&rsquo;est plus la cons\u00e9quence de d\u00e9cisions politiques mais s&rsquo;impose comme l&rsquo;\u00e9nergie directrice, et tend elle-m\u00eame alors \u00e0 imposer des d\u00e9cisions. Les acteurs deviennent trop nombreux pour qu&rsquo;on puisse esp\u00e9rer faire une pr\u00e9vision, ce qu&rsquo;on a fait jusqu&rsquo;ici dans les n\u00e9gociations entre Ath\u00e8nes e Bruxelles &#8230; On voit alors combien cette ligne rectiligne trac\u00e9e entre l&rsquo;arriv\u00e9e de gouvernement Tsipras et les d\u00e9cisions de juillet tend \u00e0 se briser, et justement \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 ce sch\u00e9ma o&ugrave; l&rsquo;on voulait enfermer la crise grecque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si effectivement cette logique s&rsquo;impose, si effectivement la visite de Moscou lib\u00e8re la crise grecque de son carcan bruxellois\/berlinois pour devenir une <strong>vraie crise internationale<\/strong>, alors on se trouvera devant une situation in\u00e9dite, une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0premi\u00e8re\u00a0\u00bb. Pour la premi\u00e8re fois, une affaire purement europ\u00e9enne, et qu&rsquo;on esp\u00e9rait conserver comme purement europ\u00e9enne parce que le linge sale se lave en famille et que cela permet de faire rentrer dans le range les r\u00e9calcitrants, pour la premi\u00e8re fois \u00ab\u00a0une affaire purement europ\u00e9enne\u00a0\u00bb serait extraite, on dirait presque \u00ab\u00a0exfiltr\u00e9e\u00a0\u00bb en termes militaires, du cadre europ\u00e9en o&ugrave; l&rsquo;on entendait l&rsquo;y conserver.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La \u00ab\u00a0magie\u00a0\u00bb de l&rsquo;Europe se trouve dans une sorte de logique concentrationnaire : vous y entrez mais vous ne pouvez plus pr\u00e9tendre en sortir, m\u00eame si vous en avez formellement le droit, parce que l&rsquo;Europe est quelque chose qui ne peut pas reculer, qui ne peut pas accepter que \u00ab\u00a0l&rsquo;un des siens\u00a0\u00bb puisse envisager de la quitter, parce qu&rsquo;une fois que vous avez go&ucirc;t\u00e9 au paradis europ\u00e9en vous n&rsquo;avez pas l&rsquo;autorisation de vouloir vous en extirper sous pr\u00e9texte que ce paradis c&rsquo;est l&rsquo;enfer. Si c&rsquo;est pourtant le cas, alors tout s&rsquo;\u00e9branle, tous les soup\u00e7ons sont permis jusqu&rsquo;\u00e0 celui du paradis devenu enfer, tout est remis en question, jusqu&rsquo;\u00e0 la vertu du dogme postmoderniste et de la <em>global governance<\/em>, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;existence de Dieu en un sens&#8230; C&rsquo;est certainement pour cette raison, bien plus \u00e0 notre sens que pour des raisons mon\u00e9taires, budg\u00e9taires, d&rsquo;endettement, qu&rsquo;il faudrait attendre des remous consid\u00e9rables si effectivement se dessinait quelque chose d&rsquo;in\u00e9luctable du c\u00f4t\u00e9 des Grecs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Et \u00ab\u00a0remous consid\u00e9rables\u00a0\u00bb, certes, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit des Russes. Tout le potentiel extraordinaire de diabolisation, de haine, de <em>narrative<\/em> faussaire et d&rsquo;\u00e9puisement des psychologies que le bloc BAO a amass\u00e9 face \u00e0 la Russie-Poutine et \u00e0 l&rsquo;encontre de la Russie-Poutine, va peser d&rsquo;un poids terrible sur la rencontre. Il va faire na&icirc;tre, ce potentiel, des supputations extraordinaires, des hypoth\u00e8ses fantastiques, qui nous conduiront bien loin que la dette et les calculs d&rsquo;\u00e9picier des bureaucrates \u00e0-la-Juncker inspir\u00e9s par les banquiers&#8230; Et encore n&rsquo;a-t-on pas mentionn\u00e9 directement la panique soudaine, la col\u00e8re terrible, l&rsquo;anath\u00e8me tonitruant qui vont na&icirc;tre du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;OTAN quand on s&rsquo;apercevra, la gorge soudain \u00e9trangl\u00e9e, le canon \u00e0 moiti\u00e9 sorti de son \u00e9tui que l&rsquo;un des membres de la distingu\u00e9e organisation, \u00ab\u00a0l&rsquo;un des leurs\u00a0\u00bb malgr\u00e9 tout, s&rsquo;en va batifoler, c&rsquo;est-\u00e0-dire comploter intimement, avec l&rsquo;Ennemi num\u00e9ro un, avec le voleur de Crim\u00e9e et le boucher du Donbass. (Et bien s&ucirc;r tout cela n&rsquo;est concevable que parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la Gr\u00e8ce et que chacun sait bien, au fond de lui, que la Gr\u00e8ce est dans une situation telle, avec un gouvernement sur qui p\u00e8se le poids terrible de ses engagements alors que l&rsquo;on ne lui offre que la possibilit\u00e9 de capituler, qu&rsquo;elle pourrait effectivement \u00eatre tent\u00e9e par une aventure ou l&rsquo;autre, et que cette rencontre avec le diable c&rsquo;est justement l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;une de ces aventures.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour l&rsquo;instant, nous n&rsquo;avons, nous, rien d&rsquo;autre \u00e0 proposer que cette perspective de communication autour des 8-9 avril, mais nous d\u00e9couvrons en \u00e9non\u00e7ant la chose que ce n&rsquo;est rien de moins qu&rsquo;un cas tout simplement fondamental. Et il est alors bien vrai qu&rsquo;il faut s&rsquo;attendre \u00e0 un v\u00e9ritable choc lorsque l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement aura lieu, et que ce choc sera g\u00e9n\u00e9rateur de nombre d&rsquo;attitudes aujourd&rsquo;hui impr\u00e9visibles et m\u00eame paraissant improbables. Dans cette sorte d&rsquo;occurrence, on ne peut anticiper la force du choc psychologique de la chose accomplie par simple connaissance de la perspective anticip\u00e9e de l&rsquo;accomplissement de la chose. Encore sommes-nous dans une situation o&ugrave; nombre d&rsquo;acteurs-commentateur, qui vivent en g\u00e9n\u00e9ral au jour le jour, au rythme de la communication de cette \u00e9trange \u00e9poque, ne se sont pas encore vraiment aper\u00e7us de ce qui se pr\u00e9parait, sans parler de supputer \u00e0 propos de ce qui pourrait se passer&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi, chemin faisant, sommes-nous convi\u00e9s \u00e0 nous apercevoir que la crise grecque, qui est un baril de poudre avec une m\u00e8che, n&rsquo;est pas \u00e0 la seule disposition des pouvoirs totalitaires, arrogants et irresponsables de Bruxelles. Il se trouve que les Russes auraient peut-\u00eatre bien l&rsquo;allumette qu&rsquo;il faut et que Tsipras pourrait avoir l&rsquo;esprit de laisser faire sans essayer de souffler pour \u00e9teindre.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les inconnus de Moscou 2 avril 2015 &ndash; Les Grecs sont nombreux \u00e0 Moscou ces temps-ci, en ce d\u00e9but de printemps. 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