{"id":75869,"date":"2015-04-20T05:35:39","date_gmt":"2015-04-20T05:35:39","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/04\/20\/la-grece-lue-et-lhybris\/"},"modified":"2015-04-20T05:35:39","modified_gmt":"2015-04-20T05:35:39","slug":"la-grece-lue-et-lhybris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/04\/20\/la-grece-lue-et-lhybris\/","title":{"rendered":"La Gr\u00e8ce, l&rsquo;UE et l&rsquo;<em>hybris<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La Gr\u00e8ce, l&rsquo;UE et l&rsquo;<em>hybris<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Dans son commentaire du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/russeurope.hypotheses.org\/3744\">18 avril 2015<\/a>, avec le titre de &laquo;<em>La Gr\u00e8ce face \u00e0 l&rsquo;hybris europ\u00e9enne<\/em>&raquo; sur son site <em>RussEurope<\/em>, l&rsquo;\u00e9conomiste Jacques Sapir d\u00e9veloppe les conditions de l&rsquo;actuel face-\u00e0-face entre la Gr\u00e8ce et l&rsquo;UE et juge que l&rsquo;on est arriv\u00e9 \u00e0 la situation finale. (&laquo;<em>Il s&rsquo;en d\u00e9duit qu&rsquo;un d\u00e9faut de la Gr\u00e8ce peut survenir dans les semaines qui viennent, mais surviendra de toute mani\u00e8re entre la fin juin et le d\u00e9but du mois de juillet. Sauf si, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 ou de l&rsquo;autre, un changement de position survient.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sapir examine les diverses possibilit\u00e9s, les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques, les conditions de l&rsquo;affrontement. Il admet que la strat\u00e9gie grecque, qui consiste \u00e0 tenter de retourner contre l&rsquo;UE sa propre puissance selon la \u00ab\u00a0th\u00e9orie des jeux\u00a0\u00bb plus que selon la technique du \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-r_sistance_et_autodestruction_02_07_2012.html\">faire<\/a> <em>a\u00efkido<\/em>\u00a0\u00bb qui est plus antagoniste, a du sens et du m\u00e9rite \u00e0 la fois, donc en th\u00e9orie pourrait marcher et donner \u00e0 la Gr\u00e8ce un compromis qui l&rsquo;avantagerait. &laquo;<em>Mais la th\u00e9orie des jeux ne fonctionne que face \u00e0 un adversaire rationnel<\/em>&raquo;, et l&rsquo;UE n&rsquo;est plus \u00ab\u00a0rationnelle\u00a0\u00bb, qu&rsquo;elle soit adversaire ou partenaire, ou m\u00eame objet d&rsquo;admiration ou d&rsquo;appr\u00e9ciation idol\u00e2tre. Alors, l&rsquo;\u00e9conomiste se fait avec bonheur historien et psychologue, voire m\u00e9tahistorien en introduisant un facteur fondamental : l&rsquo;<em>hybris<\/em> de l&rsquo;UE, qui \u00f4te \u00e0 cette institution dans cette interpr\u00e9tation toute raison acceptable, &ndash; \u00e0 moins de parler naturellement de <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html\">raison-subvertie<\/a> ; l&rsquo;<em>hybris<\/em>, qui fait d&rsquo;elle une entit\u00e9 \u00e9videmment d\u00e9structurante et dissolvante, une v\u00e9ritable cr\u00e9ature autonome dot\u00e9e d&rsquo;une sorte de psychologie propre. Cela place la Gr\u00e8ce devant un dilemme dont les deux termes sont si extr\u00eames qu&rsquo;ils interdisent \u00e9videmment et absolument le moindre compromis : se soumettre compl\u00e8tement ou rompre&#8230; Si elle veut survivre, la Gr\u00e8ce <strong>devra rompre<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Le gouvernement grec a construit sa strat\u00e9gie sur le fait que l&rsquo;Eurogroupe aurait bien plus \u00e0 perdre que la Gr\u00e8ce \u00e0 une crise. En cas de d\u00e9faut grec, les gouvernement de la zone Euro devraient expliquer \u00e0 leurs populations qu&rsquo;il faut recapitaliser d&rsquo;urgence la BCE et couvrir les pertes du MES et du FESF. Par ailleurs, un d\u00e9faut grec entra&icirc;nerait l&rsquo;activation des CDS (credit-defaut swaps) qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mis. Enfin, psychologiquement, cette crise signifierait \u00e0 tous les observateurs que l&rsquo;Euro n&rsquo;est pas irr\u00e9versible mais aussi que les pays du \u00ab\u00a0noyau\u00a0\u00bb de la zone Euro ne sont pas pr\u00eats \u00e0 assumer les cons\u00e9quences du fonctionnement de la zone Euro. Il ne faudrait que quelques semaines pour que la crise se r\u00e9percute dans les pays p\u00e9riph\u00e9riques (Espagne, Portugal, Irlande et Italie). De proche en proche, on aboutirait \u00e0 l&rsquo;implosion de la zone Euro. C&rsquo;est pourquoi le gouvernement grec ne veut pas c\u00e9der. Ajoutons, et tout le monde le comprend, que s&rsquo;il c\u00e8de il perd imm\u00e9diatement toute sa cr\u00e9dibilit\u00e9 et sa l\u00e9gitimit\u00e9, et que Syriza, un parti pass\u00e9 en quelques ann\u00e9es de 4% \u00e0 36% des sondages, serait condamn\u00e9 \u00e0 dispara&icirc;tre.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Mais l\u00e0 o&ugrave; le gouvernement grec erre, c&rsquo;est qu&rsquo;il pense que les d\u00e9cisions au niveau de l&rsquo;Eurogroupe seront prises sur la base d&rsquo;int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques. En fait, les gouvernements des pays de la zone Euro ont investi \u00e9norm\u00e9ment dans la dimension politique et symbolique. L&rsquo;Euro, comme le dit depuis des ann\u00e9es le philosophe italien Diego Fusaro n&rsquo;est pas une monnaie, c&rsquo;est un projet politique et symbolique. Et, ce projet ne peut s&rsquo;accommoder d&rsquo;un compromis avec la Gr\u00e8ce. Car, en cas de compromis, validant la strat\u00e9gie de Tsipras et de Syriza, c&rsquo;est toute la politique d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 qui volerait en \u00e9clat (avec un encouragement tr\u00e8s fort \u00e0 Podemos en Espagne et au Sinn Fein en Irlande), non seulement au grand dam de l&rsquo;Allemagne (et de ces alli\u00e9s) mais aussi des hommes politiques qui, dans d&rsquo;autres pays, ont construit leur carri\u00e8re sur ce projet (comme Fran\u00e7ois Hollande).<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<strong><em>C&rsquo;est pourquoi un compromis est en r\u00e9alit\u00e9 une illusion. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;alternative \u00e0 l&rsquo;Eurogroupe que d&rsquo;\u00e9craser ou p\u00e9rir. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;alternative pour le gouvernement grec que d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;affrontement ou p\u00e9rir.<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>En fait, aucun des deux adversaires, que ce soit le gouvernement grec ou l&rsquo;Eurogroupe, n&rsquo;a de marge de n\u00e9gociation. Cette situation a \u00e9t\u00e9 voulue par le Ministre des finances grec, Yannis Varoufakis, qui conna&icirc;t bien la th\u00e9orie des jeux, et qui a retourn\u00e9 la faiblesse apparente de son pays pour en faire une force. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on appelle la \u00ab\u00a0coercive deficiency\u00a0\u00bb. Mais la th\u00e9orie des jeux ne fonctionne que face \u00e0 un adversaire rationnel. Or, cela fait des ann\u00e9es que les responsables europ\u00e9ens sont sortis de tout cadre rationnel et ne sont plus guid\u00e9s que par l&rsquo;id\u00e9ologie mais aussi l&rsquo;hybris du projet europ\u00e9iste. Ce terme peut \u00eatre traduit par \u00ab\u00a0la d\u00e9mesure\u00a0\u00bb. Mais en r\u00e9alit\u00e9 cela va bien plus loin. C&rsquo;est un sentiment violent qui est inspir\u00e9 par les passions, comme dans le cas europ\u00e9en, et plus particuli\u00e8rement par l&rsquo;orgueil, et en particulier par l&rsquo;orgueil politique. Pour les Grecs anciens l&rsquo;hybris \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un crime.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>La strat\u00e9gie de Varoufakis se heurte \u00e0 l&rsquo;hybris. C&rsquo;est une figure qu&rsquo;il doit bien conna&icirc;tre. Il sait, aussi, que face \u00e0 elle, seule la rupture est possible.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0Seule la rupture est possible\u00a0\u00bb, &ndash; notre logique de l&rsquo;antiSyst\u00e8me fait que nous ne pouvions qu&rsquo;abonder dans ce sens, et que nous abondons &#8230; Cet accord est bien entendu la cause qui nous a fait retenir ce texte, mais plus encore, pour le symbole puissant et les r\u00e9f\u00e9rences que ce terme suscite, l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;<em>hybris<\/em> de l&rsquo;UE. Nous citons souvent l&rsquo;<em>hybris<\/em> comme le trait dominant de la psychologie-Syst\u00e8me, affectant les principales forces du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_bloc_bao_10_12_2012.html\">bloc BAO<\/a>, principalement les USA et l&rsquo;UE. Effectivement, la d\u00e9monstration est convaincante, et c&rsquo;est sans doute l&rsquo;une des grandes vertus de l&rsquo;\u00e9pisode Syriza, quoi qu&rsquo;il arrive, d&rsquo;avoir mis en \u00e9vidence l&rsquo;existence de ce p\u00e9ch\u00e9 mortel, de ce trait \u00e9pouvantable de la psychologie, dans le cas de l&rsquo;UE. Nous diff\u00e9rerions peut-\u00eatre (de Sapir) du point de vue de la chronologie, pour mieux mettre en lumi\u00e8re combien cette manifestation si \u00e9vidente et si impudente, nous dirions presque d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e \u00e0 force d&rsquo;impudence de l&rsquo;<em>hybris<\/em>-UE, repr\u00e9sente un signe \u00e9vident de la crise de cette institution, et un signe non moins affirm\u00e9 de la trajectoire de chute o&ugrave; elle est engag\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sapir \u00e9crit : &laquo;<em>Or, cela fait des ann\u00e9es que les responsables europ\u00e9ens sont sortis de tout cadre rationnel et ne sont plus guid\u00e9s que par l&rsquo;id\u00e9ologie mais aussi l&rsquo;hybris du projet europ\u00e9iste.<\/em>&raquo; Ce \u00ab\u00a0des ann\u00e9es\u00a0\u00bb vaut certainement pour la \u00ab\u00a0sortie de tout cadre rationnel\u00a0\u00bb et pour l&rsquo;affirmation id\u00e9ologique extr\u00e9miste qui se sont r\u00e9alis\u00e9es de la fa\u00e7on p\u00e9remptoire qu&rsquo;on voit entre les ann\u00e9es 1990 et les ann\u00e9es 2004-2005 (du trait\u00e9 de Maastricht \u00e0 l&rsquo;euro, \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement \u00e0 l&rsquo;Est), mais moins certainement pour l&rsquo;<em>hybris<\/em>. L&rsquo;installation de cette passion funeste qui attendait son heure, certes cons\u00e9quence du reste mais aussi transmutation du reste, s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir de la formation du bloc BAO (automne 2008) et des aventures expansionnistes du bloc BAO \u00e0 partir de 2010, et elle s&rsquo;est install\u00e9e brusquement, justement comme une transmutation psychologique presque d&rsquo;une forme crisique, \u00e0 l&rsquo;occasion de la crise ukrainienne (novembre-2013-f\u00e9vrier 2014). Brusquement, en se transmutant, cette rupture de la psychologie a aussit\u00f4t imprim\u00e9 une marque politique et strat\u00e9gique dans l&rsquo;affaire ukrainienne et face \u00e0 la Russie. Depuis, l&rsquo;on sent bien que l&rsquo;UE est devenue une entit\u00e9 anim\u00e9e de penchants expansionnistes affirm\u00e9 et qui abandonne tout vell\u00e9it\u00e9 de s&rsquo;en dissimuler, et de moins en moins pr\u00e9occup\u00e9e sinon plus du tout \u00e0 se maquiller d&rsquo;un vernis d\u00e9mocratique de simple convenance. (Ainsi, \u00e0 notre sens, l&rsquo;UE aurait eu face \u00e0 la Gr\u00e8ce une position moins intransigeante s&rsquo;il n&rsquo;y avait eu entretemps l&rsquo;aventure ukrainienne qui a d\u00e9voil\u00e9 l&rsquo;<em>hybris<\/em> sans la moindre retenue.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette transmutation qui ne peut \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9e que sous la forme d&rsquo;une \u00ab\u00a0transmutation-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire un rapprochement d\u00e9cisif de ce qui est l&rsquo;essentiel producteur d&rsquo;une dynamique mal\u00e9fique, produit l&rsquo;habituel m\u00e9lange que les bons auteurs identifient dans ce qu&rsquo;on nommerait le Mal dans notre \u00e9poque catastrophique ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, selon le sch\u00e9ma classique, cette dynamique de surpuissance qui se veut irr\u00e9sistible et l&rsquo;extr\u00eame stupidit\u00e9 qui l&rsquo;accompagne et nous donne le ferme espoir que la susdite dynamique de surpuissance atteint le sommet d&rsquo;elle-m\u00eame en produisant parall\u00e8lement sa transformation (m\u00eame pas besoin de transmuter) en autodestruction, tout en conservant une fid\u00e9lit\u00e9 sans faille \u00e0 l&rsquo;essentielle dimension de la stupidit\u00e9 qui est sa marque ind\u00e9l\u00e9bile comme celle du diable. (Selon cette observation de Ren\u00e9 Gu\u00e9non que nous affectionnons : &laquo;<em>On dit m\u00eame que le diable, quand il veut, est fort bon th\u00e9ologien; il est vrai, pourtant, qu&rsquo;il ne peut s&#8217;emp\u00eacher de laisser \u00e9chapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature&#8230;<\/em>&raquo;) Les dirigeants europ\u00e9ens, influenc\u00e9s par l&rsquo;entit\u00e9 qu&rsquo;ils croient diriger et dont ils ne font que subir l&rsquo;influence, trop faible psychologiquement pour lui opposer une fermet\u00e9 quelconque, se comportent effectivement \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;entit\u00e9 ainsi op\u00e9rationnalis\u00e9e : la d\u00e9claration (cit\u00e9e par Sapir dans son texte) de Juncker, pr\u00e9sident de la Commission, apr\u00e8s les \u00e9lections grecques du 25 janvier, rend compte de ce mariage de la surpuissance et de la stupidit\u00e9, &ndash; &laquo;<em>Il ne peut y avoir de choix d\u00e9mocratique contre les trait\u00e9s europ\u00e9ens<\/em>&raquo;, d\u00e9clara-t-il fameusement&#8230; Effectivement, il s&rsquo;agit bien de l&rsquo;<em>hybris<\/em>, disons d&rsquo;une cat\u00e9gorie postmoderne, parfaitement en ligne avec celle des USA dont l&rsquo;UE est aujourd&rsquo;hui le \u00ab\u00a0compagnon de route\u00a0\u00bb presque \u00e0 \u00e9galit\u00e9 et en toute complicit\u00e9, bien plus que le vassal ou l&rsquo;oblig\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au reste, l&rsquo;institution \u00e9volue au niveau interne dans le m\u00eame sens, avec une mont\u00e9e draconienne des mesures de \u00ab\u00a0s\u00e9curisation\u00a0\u00bb interne de l&rsquo;institution UE, impliquant une sorte de surveillance intensive et intrusive, soup\u00e7onneuse et tatillonne. Un nombre de plus en plus grand de sites internet, jug\u00e9s \u00ab\u00a0dissident\u00a0\u00bb, et qui concernent plus encore les nouvelles non caviard\u00e9es du Moyen-Orient ou de l&rsquo;Ukraine, ont leur acc\u00e8s bloqu\u00e9 sur les circuits int\u00e9rieurs par de myst\u00e9rieuses d\u00e9cisions venues d&rsquo;on ne sait quelle myst\u00e9rieuse organisation de s\u00e9curit\u00e9. Un fonctionnaire sollicitant une position particuli\u00e8re ou une bourse d&rsquo;\u00e9tude, peut se voir opposer un refus, non parce qu&rsquo;il a r\u00e9pondu d&rsquo;une fa\u00e7on incomp\u00e9tente \u00e0 une interview d&rsquo;\u00e9valuation, mais, par exemple, parce qu&rsquo;il a eu une phrase malheureuse sur la Gr\u00e8ce (du type \u00ab\u00a0les pauvre Grecs, leur sort est difficile\u00a0\u00bb). L&rsquo;<em>hybris<\/em> est donc bien l\u00e0, omnipr\u00e9sente, aussi bien pr\u00e9sente \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des institutions, installant une tension constante, une suspicion \u00e0 mesure, et de plus en plus souvent d\u00e9sarroi et confusion sur la raison d&rsquo;\u00eatre et l&rsquo;orientation de l&rsquo;institution.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous dirions que cet <em>hybris<\/em> correspond \u00e0 une affirmation de puissance (surpuissance) dont la crise ukrainienne a \u00e9t\u00e9 la g\u00e9nitrice incontestable. L&rsquo;Ukraine a conduit l&rsquo;UE \u00ab\u00a0\u00e0 sortir du bois\u00a0\u00bb, \u00e0 se d\u00e9couvrir pour ce qu&rsquo;elle est, ou ce qu&rsquo;elle est devenue dans son \u00e9volution souterraine peu importe, c&rsquo;est-\u00e0-dire une institution parfaitement totalitaire. Ce faisant, elle a compl\u00e8tement tourn\u00e9 le dos \u00e0 ce qu&rsquo;elle pr\u00e9sentait comme ses ambitions pacificatrices, comme mod\u00e8le de \u00ab\u00a0gouvernance apais\u00e9e\u00a0\u00bb et comme mod\u00e8le postmoderne de gouvernement id\u00e9al. Ainsi, en acqu\u00e9rant cette surpuissance que lui impose son <em>hybris<\/em>, comme juste retour des choses puisque l&rsquo;<em>hybris<\/em> est n\u00e9e de cette surpuissance, elle se met paradoxalement dans une position d&rsquo;extr\u00eame faiblesse. Elle est entra&icirc;n\u00e9e, &ndash; le cas ukrainien est exemplaire, &ndash; dans des voies de plus en plus douteuses, o&ugrave; la l\u00e9gitimit\u00e9 qu&rsquo;elle pr\u00e9tendait avoir avec ses id\u00e9aux initiaux se dissout \u00e0 tr\u00e8s grande vitesse, remplac\u00e9e par l&rsquo;imposture, le simulacre, et l&rsquo;encha&icirc;nement dramatique du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\">d\u00e9terminisme-narrativiste<\/a>. L&rsquo;<em>hybris<\/em>-Syst\u00e8me dont l&rsquo;UE est d\u00e9sormais la porteuse comme on l&rsquo;est d&rsquo;une peste \u00e9pouvantable, est la marque du processus irr\u00e9m\u00e9diable d&rsquo;effondrement qui l&rsquo;entra&icirc;ne. Sera-ce la Gr\u00e8ce, sera-ce autre chose, qui nous montrera que le roi est nu ? Les occasions ne manquent pas et ne feront que se multiplier tant cette attitude engendre de contradiction,s conflictuelles, d&rsquo;antagonismes furieux, notamment avec les Etats-Membres et avec leurs populations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 20 avril 2015 \u00e0 05H34<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Gr\u00e8ce, l&rsquo;UE et l&rsquo;hybris Dans son commentaire du 18 avril 2015, avec le titre de &laquo;La Gr\u00e8ce face \u00e0 l&rsquo;hybris europ\u00e9enne&raquo; sur son site RussEurope, l&rsquo;\u00e9conomiste Jacques Sapir d\u00e9veloppe les conditions de l&rsquo;actuel face-\u00e0-face entre la Gr\u00e8ce et l&rsquo;UE et juge que l&rsquo;on est arriv\u00e9 \u00e0 la situation finale. 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