{"id":75875,"date":"2015-04-23T11:06:01","date_gmt":"2015-04-23T11:06:01","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/04\/23\/lecosse-annexera-t-elle-langleterre\/"},"modified":"2015-04-23T11:06:01","modified_gmt":"2015-04-23T11:06:01","slug":"lecosse-annexera-t-elle-langleterre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/04\/23\/lecosse-annexera-t-elle-langleterre\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00c9cosse annexera-t-elle l&rsquo;Angleterre ?"},"content":{"rendered":"<p><h3>L&rsquo;\u00c9cosse annexera-t-elle l&rsquo;Angleterre ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00c9cosse a rat\u00e9 son ind\u00e9pendance l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, par une marge (45%-55%) plus importante que pr\u00e9vu. (Les sondages avaient donn\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 une semaine du vote le oui et le non quasiment \u00e0 \u00e9galit\u00e9.) Ce r\u00e9sultat \u00e9tait l&rsquo;effet d&rsquo;une \u00e9norme campagne de communication men\u00e9e par Londres dans les deux derni\u00e8res semaines de la campagne ; les trois partis-Syst\u00e8me (conservateurs, travaillistes et lib\u00e9raux), y \u00e9taient partie prenante et avaient ass\u00e9n\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectorat d&rsquo;innombrables promesses d&rsquo;am\u00e9lioration du statut de l&rsquo;\u00c9cosse dans le Royaume-Uni et de divers autres avantages. Pourtant, aussit\u00f4t apr\u00e8s le vote, la pr\u00e9carit\u00e9 de l&rsquo;avantage obtenu par les anti-ind\u00e9pendantistes avait \u00e9t\u00e9 mise en \u00e9vidence par la pouss\u00e9e massive d&rsquo;adh\u00e9sions au parti ind\u00e9pendantiste (le SNP, ou <em>Scottish National Party<\/em>), notamment gr\u00e2ce une intervention tr\u00e8s nettement de type d\u00e9mographique. (Ce sont surtout les plus jeunes qui soutiennent le SNP, mais avec l&rsquo;habituel pourcentage d&rsquo;abstentions dans les \u00e9lections. Les plus \u00e2g\u00e9s, adversaires de l&rsquo;ind\u00e9pendance, s&rsquo;\u00e9taient mobilis\u00e9s avec cette campagne de communication de la derni\u00e8re semaine, et cela est en g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9sent\u00e9 comme l&rsquo;explication du r\u00e9sultat inattendu. La pouss\u00e9e post\u00e9lectorale d&rsquo;adh\u00e9sions au SNP venait effectivement de jeunes \u00c9cossais, dont certains s&rsquo;\u00e9taient abstenus lors du vote sur l&rsquo;ind\u00e9pendance.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis, l&rsquo;\u00e9toile du SNP brillant ainsi d&rsquo;un \u00e9clat encore plus vif a pris un nom, celui d&rsquo;une femme qui a pris la t\u00eate du parti. Nicola (Nicol) <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Nicola_Sturgeon\" class=\"gen\">Sturgeon<\/a> rempla\u00e7a Alex Salmont apr\u00e8s la d\u00e9faite et a men\u00e9 depuis le SNP d&rsquo;une main de fer, assurant au parti ind\u00e9pendantiste une position de sup\u00e9riorit\u00e9 exceptionnelle en \u00c9cosse ; la pr\u00e9vision actuelle est que le SNP pourrait remporter jusqu&rsquo;\u00e0 43 des 59 si\u00e8ges que le d\u00e9coupage \u00e9lectoral donne \u00e0 l&rsquo;\u00c9cosse pour sa repr\u00e9sentation aux Communes de Londres. Cela \u00e9liminerait quasi-compl\u00e8tement la position des travaillistes qui ont toujours eu une position de force en \u00c9cosse (souvent presque \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec le SNP ces derni\u00e8res ann\u00e9es). S&rsquo;il se confirme, ce r\u00e9sultat donnerait au SNP une place de choix aux Communes et lui permettrait de devenir un parti-clef pour la formation du gouvernement, voire un parti de gouvernement selon une alliance de coalition et de circonstance avec les travaillistes. La situation est d&rsquo;autant plus int\u00e9ressante que Sturgeon a des conceptions g\u00e9n\u00e9rales qui pourraient \u00eatre assimil\u00e9es, dans le cadre europ\u00e9en, \u00e0 une position antiSyst\u00e8me, notamment en s&rsquo;opposant \u00e0 la politique d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 que suit le Royaume-Uni, selon l&rsquo;orientation europ\u00e9enne hyperlib\u00e9rale. (Signe qui ne trompe pas, Sturgeon est l&rsquo;objet d&rsquo;attaques g\u00e9n\u00e9rales de la presse-Syst\u00e8me, tr\u00e8s attentive \u00e0 sentir tout ce qui menace l&rsquo;ordre-Syst\u00e8me \u00e9tabli. RT d\u00e9taille le <a href=\"http:\/\/rt.com\/uk\/251661-sturgeon-sexism-right-wing\/\" class=\"gen\">21 avril 2015<\/a> le traitement fait \u00e0 Sturgeon  : \u00ab<em>Right wing commentators and newspapers have taken to using dirty tactics to challenge the seemingly endless rise of Scottish National Party leader Nicola Sturgeon. The Scot has even been awarded Britain&rsquo;s top anti-establishment accolade by the Daily Mail newspaper, who branded her the most dangerous woman in the country.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe est que ce destin \u00e9tonnant du SNP devenant un des partis centraux du Royaume-Uni le deviendrait plus encore si Nicola Sturgeon m\u00e8ne \u00e0 bien son projet de faire un nouveau r\u00e9f\u00e9rendum sur l&rsquo;ind\u00e9pendance en 2016, cette fois avec de tr\u00e8s fortes chances de l&#8217;emporter. Dans la plus extr\u00eame des situations, on trouverait donc un parti central du Royaume-Uni, sinon un parti de gouvernement compl\u00e9mentaire dans une coalition, obtenant l&rsquo;ind\u00e9pendance d\u00e9tachant la nation qu&rsquo;il repr\u00e9sente du pays dont il participerait plus ou moins directement \u00e0 la direction de son Etat. Une situation encore plus complexe que celle de l&rsquo;Ukraine, qui en dit long sur l&rsquo;\u00e9tat de la l\u00e9gitimit\u00e9 des directions politiques classiques inf\u00e9od\u00e9es au Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais cela n&rsquo;est pas fini si l&rsquo;on veut avoir une vision compl\u00e8te de l&rsquo;importance de ces \u00e9lections britanniques du d\u00e9but mai. La faible position des conservateurs, le jeu de l&rsquo;UKIP anti-europ\u00e9en, (qui reste important bien qu&rsquo;il semble avoir perdu de son poids au niveau national \u00e0 cause du succ\u00e8s de SNP), contribuent \u00e0 mettre deux autres dossiers essentiels sur la table :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La question de la pr\u00e9sence du Royaume-Uni dans l&rsquo;EU, fortement contest\u00e9e et \u00e0 propos de laquelle certains voudraient un r\u00e9f\u00e9rendum (l&rsquo;UKIP) ou seraient conduits \u00e0 le vouloir (les conservateurs, s&rsquo;ils \u00e9taient oblig\u00e9s \u00e0 une alliance o\u00f9 se trouverait l&rsquo;UKIP comme alternative \u00e0 un gouvernement travaillistes-SNP, et aussi parce que Cameron est tout de m\u00eame li\u00e9 par une promesse de r\u00e9f\u00e9rendum faite pour satisfaire son aile anti-europ\u00e9enne qui ne cesse de se renforcer). Il s&rsquo;agit alors d&rsquo;un d\u00e9bat d&rsquo;une importance consid\u00e9rable, au moment o\u00f9 l&rsquo;Europe institutionnelle se trouve devant de multiples crises (la l\u00e9gitimit\u00e9 des institutions dans la perception de l&rsquo;opinion publique, la politique de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et la contestation g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 ce propos, la crise grecque, les relations avec la Russie). La tendance au retrait UK de l&rsquo;UE est \u00e9galement un des sujets essentiels des <em>special relationships<\/em>, les USA n&rsquo;ayant plus gu\u00e8re d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le Royaume-Uni si ce pays perd sa position de cheval de Troie anglo-saxon \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;UE.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L\u00e0-dessus, il y a la position des travaillistes, justement vis-\u00e0-vis des USA, notamment \u00e0 cause de l&rsquo;orientation tr\u00e8s, tr\u00e8s peu proam\u00e9ricaniste de son chef Ed Miliband. (On doit se rappeler tout de m\u00eame que ce sont les travaillistes, sous l&rsquo;impulsion extr\u00eamement ferme de Miliband, qui vot\u00e8rent \u00e0 la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_vacillation_spasmodique_30_08_2013.html\" class=\"gen\">fin ao\u00fbt 2013<\/a> contre la participation du Royaume-Uni \u00e0 l&rsquo;attaque US projet\u00e9e contre la Syrie, verrouillant ainsi une majorit\u00e9 anti-interventionniste qui torpilla compl\u00e8tement ce projet, \u00e0 Washington m\u00eame&#8230; Cela, et non pas, comme l&rsquo;affirme aujourd&rsquo;hui la <em>narrative<\/em> type-Friedman [voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_interview_de_george_friedman_par_kommersant_22_01_2015.html\" class=\"gen\">22 janvier 2015<\/a>], l&rsquo;opposition de la Russie, puisque la Russie n&rsquo;intervint dans cette crise qu&rsquo;en septembre, [voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_un_trange_anniversaire_12_09_2013.html\" class=\"gen\">12 septembre 2015<\/a>] pour offrir une porte de sortie \u00e0 un Obama compl\u00e8tement emp\u00eatr\u00e9 dans ce projet d&rsquo;attaque, l&rsquo;opposition du Congr\u00e8s au projet s&rsquo;\u00e9tant r\u00e9v\u00e9l\u00e9e apr\u00e8s le vote-surprise n\u00e9gatif des Britanniques.) La pr\u00e9sence d&rsquo;un Ed Miliband dans une position de direction serait pour les USA une tr\u00e8s mauvaise situation sinon une tr\u00e8s, tr\u00e8s mauvaise surprise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe scrutin du d\u00e9but mai 2015 confirme que <strong>m\u00eame<\/strong> le Royaume-Uni, pourtant acteur fondamental et soutien constant sinon fondamental du Syst\u00e8me, est devenu producteur r\u00e9gulier d&rsquo;instabilit\u00e9 pour le Syst\u00e8me. On pourrait se poser la question de savoir s&rsquo;il n&rsquo;eut pas mieux valu que l&rsquo;\u00c9cosse vot\u00e2t son ind\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;automne dernier, quand on la voit devenir, au travers du SNP, un trublion de plus, et de taille, de la situation politique britannique. Sur ces \u00e9lections exceptionnelles, on doit lire la pr\u00e9sentation qu&rsquo;en fait William Pfaff le <a href=\"http:\/\/www.williampfaff.com\/modules\/news\/article.php?storyid=726\" class=\"gen\">22 avril 2015<\/a>. Nous reprenons son texte ci-dessous  avec un titre qui r\u00e9sume l&rsquo;importance de la chose : \u00ab<em>Could Britain vote to quit the EU and the US?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\"><em>dedefensa.org<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article2\">Could Britain vote to quit the EU and the US? <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tThe British general election early next month may prove as significant for Europe, and even for the United States, as for Britain itself. The British electorate must make an unprecedented choice among Conservatives, Labour, Liberal Democrats, Scottish Nationalists, UK Independents (or UKIP, who want to quit Europe) and Greens, to name only the parties likely to have any influence on the outcome.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tThis dazzling array of political choice, to voters collectively accustomed for nearly a century only to Tories, Liberals, Labour and an unelectable left, offers a conundrum to those who would forecast the outcome this year. As of this writing, the Conservatives and Labour are so closely matched in voter opinion as to make virtually no difference. Either, winning by the minuscule margins suggested today, is almost certain to need a coalition partner to construct a government. The candidates for that role are the Liberal Democrats, who shared rule with the Conservatives in the present outgoing government, but who have always harbored leftist sympathies and would shock few if they joined a new government with Ed Miliband&rsquo;s reformed Labour Party.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tHowever what British commentators find more intriguing is the possibility that the Scottish Nationalists, newly led by Nicola Sturgeon, could come in third (or even second, but without a result large enough to make them the official opposition). It nonetheless is now the third largest party in Britain, with 110,000 signed-up members, and would therefore have a powerful claim to a coalition position, and be strong enough to impose its mark on new government&rsquo;s policies. Scotland in that case might have lost its bid for independence last year, but would have irresistible influence in a coalition government of Britain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tThen we have UKIP, the withdraw-from-the-EU party. Or one could say, one of the two anti-European parties in Britain if we count the Conservative Party according to where its heart really wants to be. Business, the City of London, and pressure from the United States keeps the Tory Party from bolting from its orthodox establishment position. Its members generally hate the EU, but its leaders accept the pragmatic arguments that the British manufacturing economy needs Europe and British high finance would be unlikely to hold its position as the world&rsquo;s most important competitor of Wall Street without EU membership. Finally, what is Britain&rsquo;s role if it ceases to be Washington&rsquo;s entry into Europe and agent of influence in Brussels?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDavid Cameron, Tony Blair and all their postwar predecessors subordinated national pride to Washington&rsquo;s wishes. They did so because that is what their Great Man, Winston Churchill, had told them they must do, and because Dwight Eisenhower threatened serious damage to the pound sterling if Britain did not surrender its one (foolish in its own terms) strike out for freedom from America, when it invaded Egypt to seize the Suez Canal in 1956.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tChurchill was convinced that Britain must invent and nourish the special relationship even though his own country had won the Second World War in Europe. It held out against Hitler, won the Battle of Britain, checked Rommel in North Africa, and won the battle of El Alamein at the same moment the Russians won at Stalingrad; Hitler never won a major battle after that.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBut Churchill recognized that America&rsquo;s mass of men and material produced VE Day in Europe (even though the British Empire put more men ashore in Normandy on D-Day than did the United States). He foresaw the special relationship as one of moral equals  Greece to Rome and all that. Washington could see it only as Britain&rsquo;s essential subordination. For this reason it is highly interesting that the co-author of Labour leader Ed Miliband&rsquo;s political biography, the broadcaster Mehdi Hasan, writes in the New York Times that despite Miliband&rsquo;s childhood in the U.S. and time teaching at Harvard, he has been a consistent opponent of U.S. (and Israeli) foreign policy.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tThus the election in May could produce one (or more) dramatic outcomes in transatlantic and trans-channel relations. The first is British withdrawal from the European Union. That&rsquo;s what UKIP leader Nigel Farage wants. But after a highly publicized pre-campaign, Farage seems today to be fading. His BBC party debate last week was not a success. Critics said he was thoroughly overshadowed by the feisty Nicola Sturgeon of the Scottish National Party. Tory leader David Cameron, if he wins, promises an eventual national referendum on withdrawal from Europe. Popular support in Britain for leaving Europe is substantial but may fade when it&rsquo;s time to confront the reality of so drastic a step.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIf Labour wins, and should it form a coalition with Scottish Nationalists or Liberal Democrats, the principal consequences will be domestic, in economic and social policy, and in the role Britain plays in Brussels.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIf Mehdi Hasan is right, a Labour-led government or coalition might produce a serious change in U.S.-European relations and U.S. foreign policy. This could be dramatic indeed since it is beginning to be understood in the United States, as well as Europe, that the postwar configuration of international organizations, and of both political and economic power, is shifting under the influence of China and Vladimir Putin&rsquo;s Russia  and by the policy miscalculations and overreaching overseas of the Obama administration.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">William Pfaff<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00c9cosse annexera-t-elle l&rsquo;Angleterre ? L&rsquo;\u00c9cosse a rat\u00e9 son ind\u00e9pendance l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, par une marge (45%-55%) plus importante que pr\u00e9vu. (Les sondages avaient donn\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 une semaine du vote le oui et le non quasiment \u00e0 \u00e9galit\u00e9.) 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