{"id":75906,"date":"2015-05-14T15:04:35","date_gmt":"2015-05-14T15:04:35","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/05\/14\/notes-sur-une-visite-en-passant-a-sotchi\/"},"modified":"2015-05-14T15:04:35","modified_gmt":"2015-05-14T15:04:35","slug":"notes-sur-une-visite-en-passant-a-sotchi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/05\/14\/notes-sur-une-visite-en-passant-a-sotchi\/","title":{"rendered":"Notes sur une visite en passant \u00e0 Sotchi"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Notes sur une visite en passant \u00e0 Sotchi<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>14 mai 2015 &ndash; D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, Kerry disant combien \u00ab\u00a0il est important de garder ouverts les canaux de communication\u00a0\u00bb (entre les USA et la Russie) et trouvant bien du charme \u00e0 l&rsquo;accord Minsk2 ; de l&rsquo;autre, Lavrov expliquant que \u00ab\u00a0la Russie est pr\u00eate \u00e0 coop\u00e9rer (avec les USA) <strong>seulement sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9<\/strong>\u00a0\u00bb et hors de tout <em>diktat<\/em> et coercition (les Russes r\u00e9p\u00e8teront <em>ad nauseam<\/em> ces formules pendant la visite du secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat)&#8230; Voil\u00e0 les conditions de d\u00e9part de la visite de John Kerry en Russie, \u00e0 Sotchi, avant-hier mardi. Plusieurs rencontres avec Lavrov dans une atmosph\u00e8re tr\u00e8s amicale, avec un Lavrov presque jubilant ; une rencontre avec Poutine, qui s&rsquo;est transform\u00e9e en marathon.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;\u00e9tait donc la premi\u00e8re fois que Kerry (et d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9ral, un officiel US \u00e0 ce plus haut niveau minist\u00e9riel) se rendait \u00e0 Moscou depuis mai 2013, et il faisait ce d\u00e9placement \u00e0 sa demande et pour r\u00e9pondre \u00e0 une exigence pressante du pr\u00e9sident Obama. En d&rsquo;autres temps, dans les conditions qu&rsquo;on conna&icirc;t, il s&rsquo;agirait d&rsquo;un formidable av\u00e8nement qui aurait secou\u00e9 nos salles de r\u00e9daction, nos experts, nos commentateurs &#8230; <em>In illo tempore non suspecto<\/em> (ou bien <em>very much suspecto<\/em>)&#8230; Ce temps-l\u00e0 n&rsquo;est plus.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Lorsqu&rsquo;on veut \u00eatre d&rsquo;accord, on s&rsquo;arrange<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>On pourrait r\u00e9sumer en quelques mots cette visite, dont l&rsquo;importance extr\u00eame se mesure <em>a contrario<\/em> par le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat extr\u00eame qu&rsquo;elle a suscit\u00e9 dans la presse-Syst\u00e8me (on n&rsquo;aime pas \u00eatre priv\u00e9 de son hochet obsessionnel de la russophobie, &ndash; mais nous reviendrons plus loin l\u00e0-dessus parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa substance d\u00e9risoire, d&rsquo;un aspect fondamental de cette affaire) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; C&rsquo;est la partie US qui a demand\u00e9 cette rencontre, qui s&rsquo;est tr\u00e8s vite impos\u00e9e comme importante et significative de ce qui appara&icirc;t \u00e0 premi\u00e8re vue comme une volont\u00e9 pressante de la part des USA d&rsquo;am\u00e9liorer les relations avec la Russie. Un signe qui ne trompe pas : la rencontre Kerry-Poutine (avec Lavrov) \u00e9tait pr\u00e9vue pour durer une heure et demi, elle a dur\u00e9 <strong>plus de quatre heures<\/strong> selon RT (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/rt.com\/news\/257953-lavrov-kerry-sochi-talks\/\">12 mai 2015<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; On a parl\u00e9 de tous les probl\u00e8mes en cours (Iran, Syrie, ISIS, Ukraine, etc.), selon le th\u00e8me : laissons de c\u00f4t\u00e9 ce qui nous oppose et travaillons ensemble sur les crises o&ugrave; nous avons des int\u00e9r\u00eats communs pour un apaisement&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; &#8230; Ce qui se traduit, du c\u00f4t\u00e9 US, par cette position : \u00ab\u00a0Laissons la crise ukrainienne et figeons-l\u00e0 o&ugrave; elle se trouve en insistant pour l&rsquo;application de Minsk2, et int\u00e9ressons-nous aux crises du Moyen-Orient, notamment l&rsquo;accord avec l&rsquo;Iran et la situation en Syrie\u00a0\u00bb. Pas une fois le mot \u00ab\u00a0Crim\u00e9e\u00a0\u00bb n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9 par Kerry, comme si l&rsquo;affaire (la Crim\u00e9e devenue russe) \u00e9tait entendue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Du c\u00f4t\u00e9 russe, rien de chang\u00e9. Les Russes ont toujours dit qu&rsquo;ils \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 \u00ab\u00a0rouvrir le dialogue\u00a0\u00bb et \u00e0 coop\u00e9rer avec les USA sur les probl\u00e8mes essentiels, \u00e0 les aider comme ils le peuvent pour trouver une solution \u00e0 cette crise ou l&rsquo;autre. Pour l&rsquo;Ukraine, effectivement, Minsk2, dont ils sont les initiateurs et les signataires, leur convient.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La bonne humeur, de Kerry \u00e0 Nuland<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Alors que les r\u00e9seaux russes ont largement couvert la journ\u00e9e du 12 mai et ses rencontres, la presse-Syst\u00e8me du bloc BAO est rest\u00e9e extr\u00eamement discr\u00e8te. Du coup, ses rares incursions sur le sujet donnaient un compte-rendu sec et sans pr\u00e9occupations narrativistes sur la visite, par cons\u00e9quent suffisantes pour \u00eatre inform\u00e9 de ses points essentiels. On retient donc, pour l&rsquo;exemple et pour montrer un esprit de r\u00e9conciliation, l&rsquo;intervention du <em>Guardian<\/em> le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2015\/may\/12\/kerry-holds-talks-with-putin-during-first-visit-to-russia-in-two-years\">12 mai 2015<\/a>, surtout ax\u00e9e sur les agitations de Kerry, &ndash; y compris, cas rarissime qui vaut d&rsquo;\u00eatre relev\u00e9, son avertissement \u00e0 Porochenko. (A une question d&rsquo;un journaliste lui parlant d&rsquo;une d\u00e9claration de Porochenko faite le m\u00eame jour sur son intention de reprendre <em>manu militari<\/em> l&rsquo;a\u00e9roport de Donetsk, Kerry a <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/sputniknews.com\/politics\/20150512\/1022049994.html\">r\u00e9pondu<\/a> qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas lu la d\u00e9claration mais qu&rsquo;une telle action violerait le cessez-le-feu et n&rsquo;aurait aucun soutien de la part des USA. Commentaire de Bryan MacDonald sur RT le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/rt.com\/op-edge\/258041-kerry-sochi-ukraine-fame\/\">13 mai 2015<\/a> : &laquo;<em>The Secretary of State took the opportunity to slap down Ukraine&rsquo;s President Poroshenko after his daft comments about retaking Donetsk airport. A couple of months ago, the Americans would have almost certainly denied ever hearing of such remarks.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Voici donc la description g\u00e9n\u00e9ral par le <em>Guardian<\/em> : &laquo;<em>John Kerry, the US secretary of state, has spent nearly four hours in talks with Vladimir Putin during a visit to the Russian president&rsquo;s Black Sea residence in Sochi. Kerry&rsquo;s plane landed in Sochi on Tuesday morning for the one-day visit, his first to Russia for two years and he was due to leave for Turkey in the evening. He spent several hours in talks with his Russian counterpart, Sergei Lavrov, before the pair met Putin.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Kerry thanked Putin for his \u00ab\u00a0directness\u00a0\u00bb and his \u00ab\u00a0detailed explanation of Russia&rsquo;s position\u00a0\u00bb on a number of global issues. He appeared conciliatory on Ukraine, making no mention of Russia&rsquo;s annexation of Crimea or military intervention in the east. Instead, he said all sides had to work as hard as possible to implement the Minsk ceasefire accord and that he would be calling the Ukrainian president, Petro Poroshenko, to push him to abide by the ceasefire.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Earlier, after his initial talks with Kerry, Lavrov said they had gone \u00ab\u00a0wonderfully\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Both delegations are in a good mood and the fact that Kerry has come at all says a lot,\u00a0\u00bb said a correspondent covering the event on Russian state television.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut noter \u00e9galement que Victoria Nuland faisait partie de la d\u00e9l\u00e9gation US \u00e0 Sotchi et qu&rsquo;elle s&rsquo;est montr\u00e9e tr\u00e8s \u00e9logieuse pour le beau temps qui r\u00e9gnait \u00e0 Sotchi, alors que la d\u00e9l\u00e9gation US suivait Kerry et Lavrov pour aller d\u00e9poser une gerbe en l&rsquo;honneur des soldats sovi\u00e9tiques morts durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, &ndash; on comm\u00e9more quand on peut mais c&rsquo;est le geste qui compte et mieux vaut tard que jamais, &ndash; rendons gr\u00e2ce aux lieux communs&#8230; Encore, cet extrait d&rsquo;une interview \u00e0 <em>Kommersant<\/em> de la sous-secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat US pour le contr\u00f4le des armements Rose Gottemoeller, o&ugrave; est annonc\u00e9e l&rsquo;intention excellente et qui ne mange pas de pain de Washington de rechercher un accord sur les antimissiles avec la Russie (voir <em>Sputnik.News<\/em> le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/sputniknews.com\/military\/20150513\/1022078797.html\">13 mai 2015<\/a>) : &laquo;<em>As for the question on whether we can make an agreement on missile defense cooperation in the future, I hope that we can&#8230;<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Les conditions de la coop\u00e9ration<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Les Russes n&rsquo;\u00e9taient pas demandeurs dans cette rencontre. Sur le principe, ils disent depuis le premier jour de la crise ukrainienne, comme ils l&rsquo;ont toujours dit dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, qu&rsquo;ils sont pr\u00eats au dialogue et \u00e0 la coop\u00e9ration. Ce qu&rsquo;on remarque dans les communiqu\u00e9s et pr\u00e9sentation officielles, c&rsquo;est l&rsquo;accent mis sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une position \u00e9gale des deux partenaires, ainsi que du refus absolu de tout ce qui est <em>diktat<\/em> et coercition.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette d\u00e9marche qui semble de pure forme est importante, certainement dans le chef des Russes (mais l&rsquo;on doute que le c\u00f4t\u00e9 US y prenne grande attention, ou bien comprenne ce dont il s&rsquo;agit). Dans ce cas, la forme pr\u00e9sente non pas le fond du dialogue et de la coop\u00e9ration \u00e9ventuellement relanc\u00e9s, mais le fondement de tout dialogue et toute coop\u00e9ration, &ndash; les principes fondamentaux de toute relation entre la Russie et les USA (comme avec n&rsquo;importe qui), du point de vue russe, &ndash; et cela n&rsquo;est pas n\u00e9gociable parce qu&rsquo;on ne n\u00e9gocie pas sur les principes&#8230; (Voir <em>Sputnik<\/em>-fran\u00e7ais, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/20150512\/1016050752.html#ixzz3ZzxDB6Lg\">12 mai 2015<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>La Russie est pr\u00eate \u00e0 relancer une coop\u00e9ration constructive avec les Etats-Unis tant sur une base bilat\u00e9rale que sur la sc\u00e8ne internationale, mais cette coop\u00e9ration doit reposer <\/em><strong><em>sur les principes de l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 en droit et s&rsquo;exercer sans aucune tentative de diktat et de coercition<\/em><\/strong><em>, a indiqu\u00e9 le minist\u00e8re russe des Affaires \u00e9trang\u00e8res dans un communiqu\u00e9 diffus\u00e9 \u00e0 l&rsquo;issue de n\u00e9gociations entre Sergue\u00ef Lavrov et John Kerry \u00e0 Sotchi.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0Les chefs de diplomatie ont eu un entretien franc et prolong\u00e9 sur un large \u00e9ventail de questions d&rsquo;int\u00e9r\u00eat mutuel. Sergue\u00ef Lavrov a soulign\u00e9 que Moscou n&rsquo;\u00e9tait pas responsable de la crise actuelle dans ses relations avec Washington. La Russie est pr\u00eate \u00e0 une coop\u00e9ration constructive avec les Etats-Unis aussi bien sur le plan bilat\u00e9ral que sur la sc\u00e8ne internationale o&ugrave; nos pays assument une responsabilit\u00e9 particuli\u00e8re en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 et de stabilit\u00e9 dans le monde&quot;, lit-on dans le communiqu\u00e9. Le document souligne que toute coop\u00e9ration entre les deux pays \u00ab\u00a0n&rsquo;est possible que<\/em><strong><em> sur la base de l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 en droit, sans aucune tentative de diktat et de coercition<\/em><\/strong><em>\u00ab\u00a0.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Commentaires optimistes<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous allons citer, comme commentaires de cette rencontre, deux interventions sur RT, allant dans le m\u00eame sens d&rsquo;y voir une ouverture consid\u00e9rable pour les relations USA-Russie, mais de fa\u00e7ons diff\u00e9rentes. Les deux textes viennent du r\u00e9seau RT puisque c&rsquo;est seulement dans le syst\u00e8me de la communication russe qu&rsquo;on trouve des commentaires sur la rencontre, la presse-Syst\u00e8me du bloc BAO s&rsquo;en tenant quand elle s&rsquo;y int\u00e9resse aux simples faits et \u00e9vitant les commentaires puisqu&rsquo;ils ne peuvent \u00eatre que favorables et, par cons\u00e9quent, rendant tr\u00e8s difficile l&rsquo;irr\u00e9sistible besoin, comme l&rsquo;on dit de l&rsquo;addiction d&rsquo;un drogu\u00e9, de d\u00e9monisation de Poutine et de la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le premier commentaire est l&rsquo;interview RT du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/rt.com\/op-edge\/257921-kerry-putin-meeting-sochi\/\">12 mai 2015<\/a> (au soir) de Marcus Papadopoulos, \u00e9diteur de <em>Politics First Magazine<\/em>. La question centrale qu&rsquo;aborde Papadoupolos est de savoir si nous entrons ou pas dans une nouvelle phase des relations entre les USA et la Russie, avec une r\u00e9ponse positive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT<\/em><\/strong> : &laquo;<em>In the past US Secretary of State John Kerry used harsh words to describe Russia&rsquo;s stance on Ukraine. How does he feel now meeting President Vladimir Putin in Sochi?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Marcus Papadopoulos<\/em><\/strong> : &laquo;<em>I think it&rsquo;s also very important to stress just how important this meeting is today because it&rsquo;s in the interest of world peace, world stability for the two most powerful countries in the world &ndash; Russia and the US &ndash; to be directly talking to each other and to be sitting around the table and literally they are sitting around the table today in Russia. So while the fall-out over Ukraine is exceptionally serious, there is only one way to resolve the tension between the US and Russia and that is through talking and through communication.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Only on Monday a State Department spokeswoman said that it&rsquo;s important to keep the lines of communication open with Russia. Are we seeing a new chapter in US-Russia relations?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Marcus Papadopoulos<\/em><\/strong> : &laquo;<em>How has this meeting come about? Here&rsquo;s a major clue: the Americans have gone to see the Russians in Russia. John Kerry has gone to Sochi to meet with his Russian counterpart, Sergey Lavrov, and to meet with President Putin. So I would argue that demonstrates that the Americans are now acutely aware that the sanctions which they imposed on Russia last year have emphatically failed to achieve their objective which was to decimate the Russian economy and to bring Russia to its knees. And the Americans are now looking for a way out or at least they are trying to soothe relations with Russia because the Americans in all senses of the word cannot afford a confrontation with Russia and also the Americans need Russia&rsquo;s help in regard to Syria and in regard to Iran. So yes, while the State Department has been coming out with some absurd accusations in the last year and a half reality is dawning on the Americans that Russia is not going anywhere, Russia will defend its national security, interests over Ukraine and the Americans have to talk to Russia now.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Avec l&rsquo;aide d&rsquo;Andy Warhol, le commentateur ind\u00e9pendant irlandais Bryan MacDonald entend montrer que la crise ukrainienne a \u00e9t\u00e9 un de ces paroxysmes postmodernes vides de sens, et que les deux principaux acteurs en sont d\u00e9sormais lass\u00e9s. (Ils ne seraient pas les seuls.) D&rsquo;o&ugrave; la venue de Kerry \u00e0 Sotchi pour expliquer \u00e0 ses nouveaux anciens-amis que, tous compte fait, laissons l&rsquo;Ukraine de c\u00f4t\u00e9 et passons aux choses s\u00e9rieuses. Pour MacDonald, l&rsquo;affaire ukrainienne est donc class\u00e9e. (Sur RT, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/rt.com\/op-edge\/258041-kerry-sochi-ukraine-fame\/\">13 mai 2015<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>John Kerry&rsquo;s Sochi meetings with Vladimir Putin and Sergey Lavrov hardly dissolved years of mistrust between Washington and the Kremlin. However, they probably signaled the end of Ukraine&rsquo;s period as a global cause c\u00e9l\u00e8bre.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>In 1968, at an art exhibition in Stockholm&rsquo;s Moderna Museet, the celebrated artist Andy Warhol was the star attraction. In the programme notes he wrote that \u00ab\u00a0in the future, everyone will be world-famous for 15 minutes.\u00a0\u00bb What was probably a throwaway comment for the painter has become an internationally renowned catchphrase. While the modern art icon was being grandiloquent, it&rsquo;s amazing how many non-entities manage to attain his prophesied quarter-hour, or even much more than that. Warhol, born Warhola, had ancestral ties to both Slovakia and Ukraine. It&rsquo;s fair to say that the latter has proven his theory repeatedly over the past 18 months. It&rsquo;s actually incredible how a country that is relatively economically and culturally insignificant has managed to hijack the news agenda for so long. Nevertheless, it&rsquo;s finally clear that Ukraine&rsquo;s 15 minutes are over.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>John Kerry didn&rsquo;t travel to Sochi because he fancied an early summer jaunt to Russia&rsquo;s tourist showpiece. He flew to the Black Sea pearl to do business. Serious business. By doing so, he signaled that Washington is finally prepared to leave the Ukraine crisis behind and re-engage with Russia on other matters more pressing to humanity. There are deeper headaches than the future of a corrupt, critically divided, failed state on Europe&rsquo;s edge.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Kerry&rsquo;s joint press conference with Sergey Lavrov was more notable for what he didn&rsquo;t say than what he did mention. The Secretary of State spoke about the Middle East and the Minsk agreement. He didn&rsquo;t refer to Crimea, nor did he bluster about \u00ab\u00a0Russian troops\u00a0\u00bb in Donbas. Indeed, Kerry made it clear that the only solution to Ukraine crisis is Minsk, Minsk and more Minsk.<\/em> [&#8230;] <em>The truth is that everyone is tired of Ukraine, except the diminishing band who made their names from the Maidan crisis. The media has exhausted the subject and politicians on both sides are as frustrated with their own proxies as they are with the \u00ab\u00a0enemy\u00a0\u00bb at this stage. What began as an emotional rollercoaster has turned into a bitter disappointment for everyone in the west. The penny has slowly dropped that all the \u00ab\u00a0revolution\u00a0\u00bb did was replace a bunch of corrupt, albeit elected, rulers with a group of malcontents who are now stealing for themselves and their own cronies. The actors have changed but the script sounds the same to me&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Incursion hors-Syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Tous ces jugements nous paraissent raisonnables, de bon sens, fond\u00e9s, logiques. D&rsquo;ailleurs, qui a jamais dout\u00e9 que la crise ukrainienne, appr\u00e9ci\u00e9e d&rsquo;un point de vue raisonnable, de bon sens, etc., \u00e9tait quelque chose de compl\u00e8tement anachronique, outrancier, absurde, par rapport \u00e0 l&rsquo;effet formidable qu&rsquo;elle a produit et le d\u00e9rangement fondamental qu&rsquo;elle a install\u00e9 dans les relations internationales sur l&rsquo;axe central Est-Ouest ? Pourtant, non, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces appr\u00e9ciations, na&icirc;t un sentiment qu&rsquo;il se passe quelque chose o&ugrave; l&rsquo;on confond deux mondes diff\u00e9rents ; comme si, finalement, Poutine, Lavrov, Kerry &#038; Cie (dont Nuland dans la compagnie !) s&rsquo;\u00e9taient retrouv\u00e9s enfin, dans un monde \u00e0 mesure raisonnable, entre les gens de bonne compagnie qu&rsquo;ils devraient \u00eatre ou qu&rsquo;ils sont finalement, pour traiter rationnellement d&rsquo;une question qui existe dans un autre monde o&ugrave; la d\u00e9raison (la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html\">raison-subvertie<\/a>), la psychologie corrompue jusqu&rsquo;\u00e0 la folie, l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_raison_devenue_idiote_utile_de_l_affectivit__11_06_2012.html\">affectivisme<\/a>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\">d\u00e9terminisme-narrativiste<\/a> r\u00e8gnent. Et, bien entendu, cette incursion hors-Syst\u00e8me n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 possible que parce que la partie US a boug\u00e9, &ndash; mais il nous semble fort probable que ce ne fut qu&rsquo;une incursion&#8230; Par cons\u00e9quent, notre fa\u00e7on de voir rejoindrait singuli\u00e8rement, en notion de dur\u00e9e mais <em>a contrario<\/em>, le quart d&rsquo;heure que nous a imparti Andy Warhol : ce quart d&rsquo;heure vaudrait pour le bon sens et la mesure retrouv\u00e9s&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Proc\u00e9dons par ordre pour d\u00e9velopper ces r\u00e9flexions qui ne sont que nos hypoth\u00e8ses&#8230; La partie am\u00e9ricaniste d&rsquo;abord. Il est \u00e9vident que les USA ont voulu cette rencontre et cette soudaine incurvation de leur politique. Les USA, c&rsquo;est-\u00e0-dire Washington, &ndash; mais la formulation est-elle la bonne ? Manifestement, elle est trop vaste, car Washington c&rsquo;est une multitude de pouvoirs et de forces d&rsquo;influence qui sont aujourd&rsquo;hui totalement engag\u00e9s dans une pulsion antirusse dont le moteur est une passion russophobe d&rsquo;une extraordinaire puissance. La crise ukrainienne n&rsquo;est qu&rsquo;une courroie de transmission de cette russophobie mais elle reste une courroie de transmission n\u00e9cessaire puisqu&rsquo;elle est productrice de l&rsquo;influx alimentant cette russophobie ; elle doit donc durer et elle durera.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre hypoth\u00e8se est donc qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une incurvation politique temporaire voulue par Obama, qui se trouve par ailleurs dans une position difficile sur plusieurs fronts : la question de l&rsquo;Iran, les relations avec Isra\u00ebl et avec les pays du Golfe, le Y\u00e9men, la crise syrienne, \u00e9ventuellement une situation int\u00e9rieure washingtonienne o&ugrave; il ne dispose plus gu\u00e8re de soutien politique. La Russie est un partenaire bien utile qui serait indispensable sinon d\u00e9cisif dans tel et tel cas. Rechercher un accommodement avec la Russie sur la crise ukrainienne qui n&rsquo;a jamais \u00e9lectris\u00e9 Obama semble, une fois qu&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement comme Sotchi a eu lieu, une tactique fort naturelle qui pourrait presque devenir une strat\u00e9gie si elle se concr\u00e9tisait d&rsquo;une fa\u00e7on marquante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&#8217;emp\u00eache que, dans le contexte washingtonien et selon la souplesse \u00e0 laquelle ce pr\u00e9sident nous a habitu\u00e9s, la d\u00e9marche d&rsquo;Obama s&rsquo;apparente \u00e0 une sorte de \u00ab\u00a0coup d&rsquo;&Eacute;tat\u00a0\u00bb par rapport \u00e0 la pouss\u00e9e naturelle du Syst\u00e8me. Kerry est d&rsquo;accord parce que Kerry est d&rsquo;accord avec \u00e0 peu pr\u00e8s tous les zigzags possibles et qu&rsquo;il a par ailleurs de bonnes relations avec \u00ab\u00a0Serge\u00ef\u00a0\u00bb (Lavrov) ; au-del\u00e0, qui soutient Obama dans ce qui est consid\u00e9r\u00e9 <em>in petto<\/em> par le Syst\u00e8me et tous ses relais comme une esp\u00e8ce d&rsquo;\u00e9tonnant et inconvenant <em>soap opera<\/em> qui ferait des Russes qu&rsquo;on insulte depuis deux ans avec les meilleures raisons du monde, d&rsquo;excellents et honorables partenaires ? Il est temps de revenir \u00e0 du \u00ab\u00a0journalisme\u00a0\u00bb s\u00e9rieux et laisser Sotchi \u00e0 sa vaine tentative de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Et si l&rsquo;on parlait plut\u00f4t de l&rsquo;invasion russe de l&rsquo;Ukraine ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Effectivement, l&rsquo;on ne peut dire que la rencontre de Sotchi ait \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e par un enthousiasme excessif de la part de la presse-Syst\u00e8me. Au contraire, l&rsquo;abomination russe reste toujours d&rsquo;actualit\u00e9 puisqu&rsquo;elle \u00e9crase et recouvre tout le reste, et le commentaire s&rsquo;est surtout cantonn\u00e9 \u00e0 un silence glacial, \u00e0 la simple description de la rencontre, au constat du climat cordial largement compens\u00e9e dans le sens n\u00e9gatif par l&rsquo;absence de \u00ab\u00a0perc\u00e9e\u00a0\u00bb (voir les titres du Washington <em>Post<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/world\/no-breakthroughs-as-kerry-putin-meet-in-sochi\/2015\/05\/12\/29b4857a-f811-11e4-a47c-e56f4db884ed_story.html\">13 mai 2015<\/a> et du New York <em>Times<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/05\/13\/world\/europe\/vladimir-putin-john-kerry-russia-sochi-ukraine-syria.html?_r=0\">13 mai 2015<\/a>). La reconnaissance quasi-enthousiaste par Kerry de l&rsquo;accord Minsk2 jusqu&rsquo;alors consid\u00e9r\u00e9 avec m\u00e9fiance et m\u00e9pris ne peut en effet en aucun cas \u00eatre reconnue comme une \u00ab\u00a0perc\u00e9e\u00a0\u00bb de quoi que ce soit pour cette population-l\u00e0&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse beaucoup plus, car l&rsquo;on est gens s\u00e9rieux, \u00e0 la formidable et h\u00e9ro\u00efque initiative lanc\u00e9e par <em>The Atlantic Council<\/em>, &ndash; <em>think tank<\/em> prestigieux fait de gens fort honorables de l&rsquo;<em>establishment<\/em>-Syst\u00e8me de Washington, avec une foultitude d&rsquo;anciens secr\u00e9taires d&rsquo;&Eacute;tat dans son conseil d&rsquo;administration (Kissinger, Albright, Rice, Powell, etc.)&#8230; Voici ce qu&rsquo;en dit <em>Sputnik<\/em>-fran\u00e7ais le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/20150513\/1016054171.html#ixzz3a1j8QeCi\">13 mai 2015<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Incapables de trouver des preuves de la pr\u00e9sence militaire russe en Ukraine, les m\u00e9dias occidentaux ont d\u00e9clench\u00e9 sur les m\u00e9dias sociaux un d\u00e9luge de rh\u00e9torique antirusse et d&rsquo;all\u00e9gations gratuites. Cette fois-ci, il s&rsquo;agit d&rsquo;une campagne lanc\u00e9e r\u00e9cemment sur Twitter en vue de promouvoir le rapport intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Putin.War\u00a0\u00bb (Poutine. Guerre) \u00e9voquant les faits pr\u00e9sum\u00e9s d&rsquo;implication de militaires russes dans le conflit dans le Donbass. Le document en question a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Boris Nemtsov, figure de proue de l&rsquo;opposition anti-Kremlin assassin\u00e9 fin f\u00e9vrier en plein centre de Moscou.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Bien que M. Nemtsov n&rsquo;ait pas pu finir son rapport lui-m\u00eame, un groupe de journalistes, \u00e9conomistes et personnalit\u00e9s politiques d&rsquo;opposition russe ont achev\u00e9 son travail et publi\u00e9 le document. Suite \u00e0 la diffusion du rapport en Russie, le think-tank am\u00e9ricain Atlantic Council, qui pr\u00e9sentera sa version anglaise le 28 mai \u00e0 Washington, a ouvertement invit\u00e9 tout le monde \u00e0 partager le hashtag \u00ab\u00a0#PutinAtWar\u00a0\u00bb&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voil\u00e0 donc notre affaire : les gens s\u00e9rieux, ce sont les h\u00e9ro\u00efques survivants du \u00ab\u00a0groupe Nemtsov\u00a0\u00bb et leur rapport lumineux sur la pr\u00e9sence enfin archi-d\u00e9montr\u00e9e des invasions russes successives et invisibles durant des mois et des mois (sans doute plus de 40 en 2014, comme <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-h_ro_que_ukraine_36_invasions_russes_en_9_mois_15_11_2014.html\">l&rsquo;on sait<\/a> si l&rsquo;on sait compter). On peut \u00eatre assur\u00e9 que ce rapport, lorsqu&rsquo;il aura \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en anglais et adoub\u00e9 par <em>The Atlantic Council<\/em>, a de tr\u00e8s fortes chances de devenir une r\u00e9f\u00e9rence, non pas officielle et politique, mais quasiment historique (n&rsquo;allons pas jusqu&rsquo;au m\u00e9tahistorique, par respect tout de m\u00eame), tranchant une fois pour toutes le jugement qu&rsquo;il faut avoir de la crise ukrainienne, r\u00e9glant une fois pour toutes l&rsquo;impossibilit\u00e9 ontologique de parvenir \u00e0 quelque r\u00e9sultat que ce soit, pour ne pas parler d&rsquo;entente, avec la Russie, et notamment avec la Russie de Poutine.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Sotchi apr\u00e8s Minsk<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Devant ce diagnostic de d\u00e9sint\u00e9r\u00eat complet pour Sotchi comme signe que la crise ukrainienne va se poursuivre selon les caract\u00e8res qui l&rsquo;ont marqu\u00e9e jusqu&rsquo;ici, on pourrait opposer l&rsquo;observation que le processus de Minsk a \u00e9t\u00e9, lui, tr\u00e8s fortement suivi par la presse-Syst\u00e8me, &ndash; dans tous les cas la presse-Syst\u00e8me europ\u00e9enne, les USA \u00e9tant comme d&rsquo;habitude indiff\u00e9rents. Mais l&rsquo;argument s&rsquo;autod\u00e9truit de lui-m\u00eame : ce que la presse-Syst\u00e8me attendait du processus de Minsk, c&rsquo;\u00e9tait simplement la capitulation sans conditions de Poutine sur le cas sp\u00e9cifique de l&rsquo;Ukraine, et cela \u00e9tant garanti dans cet \u00e9tat d&rsquo;esprit par la pr\u00e9sence p\u00e9remptoire de Porochenko qui ne pouvait constituer autre chose qu&rsquo;une pression constante pour conduire le duo Merkel-Hollande sur la bonne voie. Il n&rsquo;en a rien \u00e9t\u00e9, alors Minsk2 a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 sous un torrent de sarcasmes et n&rsquo;est utilis\u00e9 aujourd&rsquo;hui par le parti russophobe que comme preuve constante de la violation des dispositions du cessez-le-feu par les \u00ab\u00a0terroristes-s\u00e9paratistes\u00a0\u00bb du Donbass assist\u00e9s de l&rsquo;habituelle invasion russe, &ndash; on dirait l'\u00a0\u00bbinvasion russe de service\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sotchi, par contre, a sembl\u00e9 intol\u00e9rable dans sa manufacture m\u00eame dans la mesure o&ugrave; le but \u00e9tait directement de r\u00e9tablir de bonnes relations avec la Russie, c&rsquo;est-\u00e0-dire de reconna&icirc;tre <em>de facto<\/em> \u00e0 la Russie, sans autre forme de proc\u00e8s, la capacit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0honorable\u00a0\u00bb. On n&rsquo;en condamnera pas pour autant, chez les russophobes, l&rsquo;administration Obama, et particuli\u00e8rement John Kerry, puisqu&rsquo;ils repr\u00e9sentent un pion n\u00e9cessaire sur l&rsquo;\u00e9chiquier du Syst\u00e8me. On leur conseille simplement de ne pas trop insister, une fois retomb\u00e9es les illusions de Sotchi.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Notre extraordinaire russophobie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Car enfin, comment voudrait-on dompter l&rsquo;extraordinaire russophobie qui est le caract\u00e8re-Syst\u00e8me (le caract\u00e8re impos\u00e9 par le Syst\u00e8me) qui s&rsquo;impose comme un terrifiant automatisme \u00e0 toutes les psychologies affaiblies impliqu\u00e9es, abaissant d&rsquo;autant des esprits d\u00e9j\u00e0 charg\u00e9s d&rsquo;une inculture cultiv\u00e9e avec minutie par des structures d&rsquo;encadrement install\u00e9es dans les pays du bloc BAO. Cela para&icirc;t un d\u00e9veloppement impossible, quelle que soit telle ou telle perspective diplomatique ; que peut faire ce qu&rsquo;on nommerait presque par d\u00e9rision une sorte d'\u00a0\u00bbesprit de Sotchi\u00a0\u00bb contre ce qu&rsquo;on pourrait d\u00e9finir avec plus d&rsquo;arguments et d&rsquo;\u00e9ditoriaux pour nous conforter comme une sorte d'\u00a0\u00bbesprit du 11 janvier\u00a0\u00bb internationalis\u00e9 et adapt\u00e9, r\u00e9unissant tous les anath\u00e8mes antirusses qui rythment et encadrent nos pens\u00e9es-psalmodi\u00e9es. C&rsquo;est l\u00e0 un immense obstacle, qui mesure la difficult\u00e9 sinon l&rsquo;impossibilit\u00e9 de quelque concr\u00e9tisation que ce soit de l&rsquo;avancement fait \u00e0 Sotchi, et nous fait diverger de l&rsquo;avis de Bryan MacDonald sur la crise ukrainienne r\u00e9duite au \u00ab\u00a0moment-Warhol\u00a0\u00bb de juste-15 minutes. Ce n&rsquo;est pas par souci glorieux d&rsquo;avoir raison que nous \u00e9crivons cela mais par constat malheureux qu&rsquo;il a sans doute certainement tort d&rsquo;annoncer la fin de la crise ukrainienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus encore, nous pensons que le cas est d&rsquo;autant plus puissant que cette \u00ab\u00a0russophobie\u00a0\u00bb dont nous parlons est d&rsquo;une substance tr\u00e8s particuli\u00e8re, d\u00e9passant les explications historiques qu&rsquo;on peut avancer, d&rsquo;une substance particuli\u00e8rement insaisissable parce qu&rsquo;elle ne peut s&rsquo;expliquer rationnellement, &ndash; m\u00eame par des constats d&rsquo;irrationalit\u00e9 qui seraient identifi\u00e9s et examin\u00e9s rationnellement. Il existe, pour pousser \u00e0 d\u00e9crire cette russophobie plut\u00f4t comme une sorte d&rsquo;affectivisme extr\u00eame que comme un sentiment structur\u00e9 par des faits et des jugements, une sorte de pression permanente organisant une paralysie inconsciente de l&rsquo;esprit, instituant des bornes dans les constats, imposant \u00e0 nos psychologies \u00e9puis\u00e9es un filtre qui leur interdit certaines perceptions. La puissance de cette russophobie est une mesure de l&rsquo;\u00e9puisement de notre civilisation : nous ha\u00efssons d&rsquo;autant plus la Russie (et Poutine) que leur r\u00e9sistance (celle de la Russie et de Poutine) met en \u00e9vidence la vanit\u00e9 des arguments civilisationnels qui devraient les convertir ou les balayer ; et cette vanit\u00e9 de nos arguments civilisationnels est l&rsquo;exacte mesure de l&rsquo;\u00e9puisement de notre civilisation qui ne peut se satisfaire de ce qu&rsquo;elle est que si rien ne lui r\u00e9siste explicitement ; parce que tout ce qui lui r\u00e9siste explicitement est un miroir qui mesure son prodigieux effondrement (de notre civilisation). Cette posture est absolument impos\u00e9e par un Syst\u00e8me qui nous domine, qui ne peut d\u00e9sormais plus rien tol\u00e9rer qui soit diff\u00e9rent de lui, parce qu&rsquo;aussit\u00f4t identifi\u00e9 comme r\u00e9sistance sans compromis.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De la crise ing\u00e9rable \u00e0 l&rsquo;implosion finale<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il d\u00e9coule de tout cela, notamment de cette <strong>russophobie existentielle et ontologique<\/strong>, que cette crise ukrainienne est totalement \u00ab\u00a0ing\u00e9rable\u00a0\u00bb par quiconque, y compris et surtout, et d&rsquo;abord, par un pr\u00e9sident des &Eacute;tats-Unis plein de brio mais d&rsquo;un caract\u00e8re un peu l\u00e9ger et par ailleurs compl\u00e8tement phagocyt\u00e9 par le Syst\u00e8me. Nous pensons qu&rsquo;Obama a fait, dans un instant d&rsquo;exasp\u00e9ration devant les contraintes que lui imposent la situation et notamment cette obligation d&rsquo;hostilit\u00e9 \u00e0 la Russie due \u00e0 l&rsquo;Ukraine, un \u00ab\u00a0coup d&rsquo;&Eacute;tat\u00a0\u00bb, ou plut\u00f4t une tentative de \u00ab\u00a0coup d&rsquo;&Eacute;tat\u00a0\u00bb, et qu&rsquo;il va maintenant s&#8217;employer \u00e0 en minimiser et la port\u00e9e, et les effets, de peur qu&rsquo;on puisse le soup\u00e7onner justement d&rsquo;avoir tent\u00e9 de faire un coup d&rsquo;&Eacute;tat. Or une tentative de coup d&rsquo;&Eacute;tat ne marche que s&rsquo;il y a coup d&rsquo;&Eacute;tat, c&rsquo;est-\u00e0-dire si l&rsquo;on rompt v\u00e9ritablement. Ce n&rsquo;est pas la tasse de th\u00e9 d&rsquo;un Obama.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quoi qu&rsquo;il en soit et quoi qu&rsquo;il se passe, Poutine et les Russes ont marqu\u00e9 quelques points mardi \u00e0 Sotchi, en existant tels qu&rsquo;ils se pr\u00e9sentent depuis des mois, et en \u00e9tant reconnu comme tels par Kerry. Il est m\u00eame possible que Kerry, qui est effectivement une girouette mais avec une petite partie de lui-m\u00eame qui ne manque pas d&rsquo;honorabilit\u00e9 dans la mesure des responsabilit\u00e9s que lui impose sa charge, en ait acquis quelques convictions inattendues, qu&rsquo;il ait fini par se dire que les Russes \u00e9taient tout de m\u00eame honorables dans l&rsquo;affaire ukrainienne (on ne passe pas quatre heures avec un Poutine et un Lavrov sans en garder quelques traces intellectuelles). Pour autant, quoi de chang\u00e9 ? Rien selon la raison des choses, la diplomatie, les bonnes relations, &ndash; mais quelque chose de plus dans d&rsquo;autres domaines, beaucoup plus myst\u00e9rieux et mal identifi\u00e9s<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le jugement (plus haut) sur cette \u00ab\u00a0crise totalement ing\u00e9rable par quiconque\u00a0\u00bb (l&rsquo;Ukraine), vaut pour toutes les affaires du monde et pour le fonctionnement des pouvoirs en g\u00e9n\u00e9ral, mais d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e9crasante et stup\u00e9fiante dans les pays du bloc BAO si compl\u00e8tement phagocyt\u00e9s par le Syst\u00e8me. Les Russes \u00e9chappent en partie \u00e0 cela, sans doute plus qu&rsquo;aucune autre puissance m\u00eame parmi leurs amis des BRICS, parce qu&rsquo;ils pr\u00e9sentent une singuli\u00e8re combinaison de puissance spirituelle, de coh\u00e9sion g\u00e9n\u00e9rale (populaire et de leur direction), de vision historique due \u00e0 leur sp\u00e9cificit\u00e9, et aussi une infinie patience qui les retient de se lancer dans des aventures (\u00e9ventuellement militaires) o&ugrave; ils risqueraient de s&rsquo;enliser et donc d&rsquo;\u00eatre pris finalement dans les rets du Syst\u00e8me \u00e0 cause de la puissance de la communication. Ils tiennent donc, ils r\u00e9sistent, ils savent qu&rsquo;il est question de Syst\u00e8me et d&rsquo;antiSyst\u00e8me, mais au-del\u00e0 ne peuvent rien &#8230; Ils le savent ou l&rsquo;ignorent, mais ils sont bien l\u00e0 pour tenir et r\u00e9sister en attendant que le processus de l&rsquo;effritement et de l&rsquo;affaiblissement par l&rsquo;int\u00e9rieur du Syst\u00e8me qui sont les marques de son effondrement rendent la situation des autres (du bloc BAO) insupportable \u00e0 eux-m\u00eames et produisent des effets nouveaux (n\u00e9cessairement antiSyst\u00e8me) dont certains deviendraient d\u00e9cisifs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On terminera donc par le paradoxe habituel de l&rsquo;utilit\u00e9 primordiale de ce qui para&icirc;t vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec, de ce qui est vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec. Il faut bien comprendre que des rencontres comme Sotchi, si elles sont totalement ignor\u00e9es par le Syst\u00e8me et tous ses relais, si elles ne d\u00e9bouchent sur rien comme c&rsquo;est extr\u00eamement probable selon nous, n&rsquo;en jouent pas moins un r\u00f4le utile, par de nombreux aspects &#8230;. Elles contribuent \u00e0 \u00e9branler l&rsquo;\u00e9quilibre interne du Syst\u00e8me ; elles rendent encore plus ardu, plus d\u00e9stabilisant pour les psychologies de suivre l&#8217;emprisonnement du d\u00e9terminisme-narrativiste ; elles \u00e9puisent encore plus nos psychologies \u00e9puis\u00e9es ; elles rendent encore plus fous ceux qui sont fous parce que leurs psychologies \u00e9puis\u00e9es se sont effondr\u00e9es &#8230; Cette sorte d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements jouent leur r\u00f4le de <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_les_termites__10_04_2013.html\">termites<\/a>, ils creusent par l&rsquo;interm\u00e9diaire de leurs composants l&rsquo;int\u00e9rieur du Syst\u00e8me selon un processus dont on peut et doit esp\u00e9rer que le terme sera le repliement sur soi-m\u00eame et l&rsquo;implosion dans le vide ainsi cr\u00e9\u00e9.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur une visite en passant \u00e0 Sotchi 14 mai 2015 &ndash; D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, Kerry disant combien \u00ab\u00a0il est important de garder ouverts les canaux de communication\u00a0\u00bb (entre les USA et la Russie) et trouvant bien du charme \u00e0 l&rsquo;accord Minsk2 ; de l&rsquo;autre, Lavrov expliquant que \u00ab\u00a0la Russie est pr\u00eate \u00e0 coop\u00e9rer (avec les&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[4646,2684,10039,855,3924,13246,16633,5520,916,2884,2607,7794,1296],"class_list":["post-75906","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-antisysteme","tag-crimee","tag-invasion","tag-kerry","tag-macdonald","tag-minsk","tag-nomatsev","tag-nuland","tag-poutine","tag-russe","tag-russophobie","tag-termites","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75906","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75906"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75906\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75906"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75906"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75906"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}