{"id":75910,"date":"2015-05-18T06:02:41","date_gmt":"2015-05-18T06:02:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/05\/18\/par-dela-les-illusions\/"},"modified":"2015-05-18T06:02:41","modified_gmt":"2015-05-18T06:02:41","slug":"par-dela-les-illusions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/05\/18\/par-dela-les-illusions\/","title":{"rendered":"Par del\u00e0 les illusions"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Par del\u00e0 les illusions<\/h2>\n<h4>Le travail sur l&rsquo;\u00eatre est comparable \u00e0 une alchimie socratique<\/h4>\n<p><em>Nous poursuivons, dans le sillage de la \u00ab R\u00e9volution spirituelle \u00bb notre r\u00e9flexion critique portant sur les d\u00e9rives contemporaines qui menacent l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre et sa transformation r\u00e9elle. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;h\u00e9donisme ambiant nous est pr\u00e9sent\u00e9 comme une panac\u00e9e, la discipline int\u00e9rieure demeure l&rsquo;unique voie menant \u00e0 l&rsquo;authentique lib\u00e9ration.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Dans un contexte o\u00f9 les termes sont galvaud\u00e9s, nous n&rsquo;avons d&rsquo;autres choix que de remettre \u00e0 plat tout ce corpus de concepts mal employ\u00e9s que nous sommes forc\u00e9s d&rsquo;ingurgiter au gr\u00e9 de la doxa officielle. Les d\u00e9s sont pip\u00e9s, \u00e0 telle enseigne qu&rsquo;il est ardu de se prononcer sur des sujets tels que la discipline ou la lib\u00e9ration.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>La pens\u00e9e critique est un combat que l&rsquo;on m\u00e8ne pour le b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une plus grande clart\u00e9. Peut nous importe le but, c&rsquo;est le cheminement qui fait foi de la qualit\u00e9 du travail herm\u00e9neutique.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t________________<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>L&rsquo;intimit\u00e9 n&rsquo;est possible qu&rsquo;\u00e0 travers l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est la rencontre du nourrisson avec son p\u00e8re qui amorce un premier pas vers l&rsquo;autonomie affective et \u00e9motionnelle. La m\u00e8re repr\u00e9sente le lien matriciel, la source nourrici\u00e8re et l&rsquo;enfant finit par \u00eatre confront\u00e9 avec le monde ext\u00e9rieur. C&rsquo;est dans ce contexte que le p\u00e8re amorce une autre forme de communication avec le nourrisson. L&rsquo;enfant exp\u00e9rimente une premi\u00e8re forme d&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 en \u00e9tant confront\u00e9 au monde ext\u00e9rieur. L&rsquo;exode du sein nourricier fait en sorte que se d\u00e9veloppe la conscience de soi, facilitant l&rsquo;apprentissage du langage et faisant en sorte qu&rsquo;une \u00e9bauche de libert\u00e9 soit esquiss\u00e9e. Confront\u00e9 au monde ext\u00e9rieur, l&rsquo;enfant r\u00e9alise qu&rsquo;il y a des limites entre soi et les autres. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe souvenir du confort de la vie ut\u00e9rine repr\u00e9sente-t-il un premier sentiment d&rsquo;intimit\u00e9 ? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00c0 notre humble avis, l&rsquo;intimit\u00e9 repr\u00e9sente un \u00e9tat qui prot\u00e8ge l&rsquo;individu face au monde ext\u00e9rieur. Toutefois, l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire tout ce processus d&rsquo;\u00e9change avec d&rsquo;autres interlocuteurs, permet \u00e0 l&rsquo;\u00eatre humain de gagner en maturit\u00e9. L&rsquo;authentique ind\u00e9pendance de l&rsquo;\u00eatre est tributaire d&rsquo;un juste \u00e9quilibre entre intimit\u00e9 et alt\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est en se confrontant \u00e0 autrui que l&rsquo;on se forge des armes qui nous aideront \u00e0 survivre par la suite. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi la confrontation semble venir menacer (temporairement) notre intimit\u00e9, elle repr\u00e9sente, malgr\u00e9 tout, le lieu de tous nos apprentissages en d\u00e9finitive. Communiquer, c&rsquo;est communier avec autrui. Et, contre toute attente, les esprits libres communient en d\u00e9battant. Le d\u00e9bat, par-del\u00e0 les joutes oratoires et les passes d&rsquo;armes litt\u00e9raires, repr\u00e8sente une forme primitive de d\u00e9mocratie, le ferment d&rsquo;une possible forme d&rsquo;organisation des \u00abforces en pr\u00e9sence\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais, pour d\u00e9battre, il faut se conna\u00eetre soi-m\u00eame. C&rsquo;est ce qui explique le fameux \u00abje est un autre\u00bb prononc\u00e9 par Arthur Rimbaud \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une lettre r\u00e9dig\u00e9e en 1871. Extraordinaire intuition du jeune po\u00e8te qui pressentait, avec plusieurs coups d&rsquo;avance, l&rsquo;impasse de la communication moderne. Mais, comme l&rsquo;on construit son langage \u00e0 partir de nos contacts avec autrui, \u00abnous sommes les autres\u00bb par la force des choses et il peut \u00eatre ardu de d\u00e9busquer sa \u00abr\u00e9elle\u00bb identit\u00e9 \u00e0 travers cette jungle de la communication.<\/p>\n<h3>Le masque est une deuxi\u00e8me peau<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;est pas surprenant de constater tout cet engouement de l&rsquo;art contemporain pour la th\u00e9matique du tatouage, des masques et du \u00abtransformisme\u00bb. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 la \u00abrectitude politique\u00bb n&rsquo;a plus aucune cr\u00e9dibilit\u00e9, dans un contexte o\u00f9 l&rsquo;ubiquit\u00e9 des communications virtuelles permet toutes les permutations, il peut \u00eatre tentant de se travestir afin de confondre nos interlocuteurs. Et, partant, ce subterfuge comporte le risque de \u00abse prendre \u00e0 son propre jeu\u00bb, dans un contexte o\u00f9 la communication est devenue un leurre syst\u00e9mique. C&rsquo;est ce ph\u00e9nom\u00e8ne que l&rsquo;on retrouve dans le cyberespace, alors qu&rsquo;une arm\u00e9e de trolls (avatars  personnes sous fausses identit\u00e9s travaillant \u00e0 subvertir la communication) s&#8217;emploie \u00e0 pervertir les d\u00e9bats men\u00e9s dans nos agoras virtuelles. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPeu importe si le troll est pay\u00e9 par un lobby ou une quelconque officine, ou s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un militant z\u00e9l\u00e9 qui s&rsquo;\u00e9vertue \u00e0 \u00abfoutre la merde\u00bb dans un d\u00e9bat. L&rsquo;essentiel de son travail de sape consistant \u00e0 induire un effet pervers de \u00abdissonance cognitive\u00bb dans le fil de la discussion, ce qui contribuera \u00e0 discr\u00e9diter un auteur ou un d\u00e9bat d&rsquo;id\u00e9es. L&#8217;emploi des trolls est une technique de communication qui fait, d\u00e9sormais, partie de l&rsquo;arsenal machiav\u00e9lique de l&rsquo;\u00abing\u00e9nierie sociale\u00bb. Cette technique s&rsquo;articule selon une g\u00e9om\u00e9trie \u00e0 trois bandes, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;un d\u00e9bat au sens classique du terme. Le d\u00e9bat, \u00e0 la source, signifiait un \u00e9change de proc\u00e9d\u00e9s (bons ou mauvais) entre un orateur et son contradicteur. <\/p>\n<h4>Le langage et ses lieux de repr\u00e9sentation<\/h4>\n<p>La propagande, avant d&rsquo;\u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par le marketing, faisait partie de l&rsquo;arsenal classique de la guerre. Elle \u00e9tait employ\u00e9e pour d\u00e9stabiliser l&rsquo;adversaire, minant la cr\u00e9dibilit\u00e9 de sa propre communication. La propagande \u00e9tait  \u00e0 notre avis  distincte de la DOXA officielle, c&rsquo;est-\u00e0-dire la parole diffus\u00e9e par les canaux de communication du pouvoir en place. Avant que les sophistes ne viennent la distordre, la DOXA repr\u00e9sentait, chez les anciens grecs, un instrument de construction du discours puisant l&rsquo;essentiel de son langage \u00e0 partir de la \u00absagesse populaire\u00bb. Platon finit par assimiler la DOXA \u00e0 une forme de jargon d\u00e9magogique menant \u00e0 la d\u00e9ception en bout de ligne. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn pense spontan\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9magogie de nos classes dirigeantes qui se servent de la sophistique pour distordre les raisonnements, induire des id\u00e9es pernicieuses et vicier le d\u00e9bat. Mais qu&rsquo;importe, tout bon d\u00e9magogue parle toujours un peu le langage du peuple, sans tomber pour autant dans le vil populisme. N\u00e9anmoins, il ne faudrait jamais oublier la distinction capitale entre un orateur et un acteur. L&rsquo;orateur se sert de son art afin de propager ses id\u00e9es ou de d\u00e9fendre une ligne politique. L&rsquo;acteur se met dans la peau d&rsquo;un personnage fictif et il nous joue la com\u00e9die  pour le plus grand b\u00e9n\u00e9fice de ceux qui savent lire entre les lignes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIci, je sugg\u00e8re \u00e0 mes lecteurs, d&rsquo;aller visionner la derni\u00e8re vid\u00e9o consacr\u00e9e aux discussions men\u00e9es entre Philippe Grasset et quelques objecteurs. On y assiste \u00e0 une \u00e9tonnante repr\u00e9sentation, entre la joute th\u00e9\u00e2trale et le d\u00e9bat d&rsquo;id\u00e9es. Travaillant, comme au th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 partir d&rsquo;une mise en ab\u00eeme savoureuse, l&rsquo;\u00e9diteur de Dedefensa.org nous fait prendre conscience des leurres de la communication intriqu\u00e9s au cur du \u00abdiscours sur le r\u00e9el\u00bb. Ou \u00abdiscours sur la repr\u00e9sentation du r\u00e9el\u00bb?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 le jeu politique subit une telle quantit\u00e9 de m\u00e9diations, la repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale peut s&rsquo;av\u00e9rer une source d&rsquo;information plus fiable et cr\u00e9dible en bout de ligne. La communication induite par le \u00abjeu th\u00e9\u00e2tral\u00bb est tiss\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;une trame fictionnelle et comporte des jeux de repr\u00e9sentation qui s&rsquo;imbriquent, se nourrissent et finissent par g\u00e9n\u00e9rer un r\u00e9cit qui \u00abnous apprend quelque chose\u00bb. Le discours politique, quand \u00e0 lui, n&rsquo;est plus qu&rsquo;un surgeon de la communication g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;appareil de propagande. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPuisque nous sommes entr\u00e9s dans l&rsquo;\u00e8re de la \u00ab guerre totale \u00bb, ininterrompue. La propagande est partout, sur tous les fronts et en temps r\u00e9el. Il s&rsquo;agit de d\u00e9stabiliser les ennemis ext\u00e9rieurs et int\u00e9rieurs. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDonc, cons\u00e9quemment, la communication est devenue une forme aboutie de propagande, un \u00abappareil de consentement collectif\u00bb (dixit PHP). Philippe Grasset, penseur autodidacte courageux, pointe du doigt le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne avec son concept de \u00abnarrative\u00bb. La communication ne communique plus. Elle brouille les pistes, distord les esprits et finit par d\u00e9truire toute forme de consensus social. Elle est une \u00abarme de destruction massive\u00bb. C&rsquo;est ce constat qui m&rsquo;a pouss\u00e9 \u00e0 offrir ma collaboration au site Dedefensa.org. <\/p>\n<h3>La guerre de la communication<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut donc le dire : la communication postmoderne est PLUS qu&rsquo;une d\u00e9claration de guerre. C&rsquo;est LA guerre. Dans un contexte o\u00f9 \u00abthe medium is the message\u00bb   de facto, la communication est devenue l&rsquo;issue finale  le message politique ne rime plus \u00e0 rien. Tout ce cirque est naus\u00e9eux, \u00e7a donne le tournis et on comprendra que le commun des mortels prenne ses distances face \u00e0 la repr\u00e9sentation en cours. Les soi-disant \u00abanalystes politiques\u00bb sous-entendent (pour les malentendants) que le \u00abbon peuple\u00bb est derechef conquis par cette \u00abnarrative\u00bb de circonstance. \u00c0 moins que se soit l&rsquo;inverse qui soit vrai : les \u00abanalystes politiques\u00bb seraient intoxiqu\u00e9s par leur propre discours. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa communication officielle, \u00abnarrative\u00bb, nous distrait constamment face au r\u00e9el que nous sommes forc\u00e9s d&rsquo;affronter \u00e0 la sortie d&rsquo;Internet. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une distorsion permanente : la \u00abnarrative\u00bb contre la nature. Ou une communication contre-nature. Pas surprenant que la recherche de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 soit comparable \u00e0 une qu\u00eate men\u00e9e sans rel\u00e2che par toute cette jeunesse d\u00e9sempar\u00e9e. On se r\u00e9fugie au fond de soi, on gratte sur la surface afin d&rsquo;\u00e9cailler le masque. La communication de l&rsquo;intime est devenue un soliloque, une prostration de dernier recours face \u00e0 la trame diffuse et touffue de cette guerre de la non-communication.<\/p>\n<h3>Qui suis-je ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl peut \u00eatre tentant de se r\u00e9fugier \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de soi, sur son \u00abquand \u00e0 soi\u00bb. Pourtant, une fois les masques tomb\u00e9s, force nous est de reconna\u00eetre que nous sommes bien peu de chose en dehors  de cette vie fa\u00e7onn\u00e9e au contact des autres. Et, si la majorit\u00e9 de nos prises de contacts n&rsquo;\u00e9taient que de la poudre aux yeux, du vent, les effluves de la vanit\u00e9 sous toutes ses formes ? Ne serions-nous que le produit d&rsquo;une illusion collective ? Qu&rsquo;il me soit permis de faire allusion \u00e0 nouveau au film The Matrix [peu m&rsquo;importe si la propagande officielle stipule qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence-culte pour tous les paranos de ce monde], un opus dont la premi\u00e8re version a \u00e9t\u00e9 produite en 1999. Le point cardinal de ce film consiste \u00e0 nous faire prendre conscience qu&rsquo;il existe un AUTRE monde \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de celui qui est d\u00e9peint par les m\u00e9dias \u00e0 longueur de journ\u00e9e. Les m\u00e9dias de \u00abdestruction massive\u00bb des consciences injectent de la FICTION \u00e0 toutes les nanosecondes afin de contribuer \u00e0 d\u00e9sagr\u00e9ger le \u00abr\u00e9el\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPoursuivant le travail de sape men\u00e9 par les producteurs d&rsquo;Hollywood, les m\u00e9dias aux ordres (et une part croissante des m\u00e9dias dits \u00abalternatifs\u00bb) travaillent inlassablement \u00e0 grignoter tous nos rep\u00e8res. Les m\u00e9dias nous DICTENT ce qui se passe, aujourd&rsquo;hui, sur les divers terrains d&rsquo;op\u00e9ration des \u00abaffaires \u00e9trang\u00e8res\u00bb. Les m\u00e9dias nous RECOMMANDENT de manger ceci ou cela. C&rsquo;est par l&rsquo;entremise des m\u00e9dias que nous prenons conscience de l&rsquo;ATTITUDE qu&rsquo;il convient d&rsquo;adopter au vu des circonstances. La MATRICE est omnisciente, les m\u00e9dias sociaux travaillant jusqu&rsquo;\u00e0 pervertir nos communications idoines et \u00abintimes\u00bb. Le R\u00c9EL est menac\u00e9 de toutes parts. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt, nous y sommes presque. Nous y voil\u00e0 dans le vif de mon sujet. Encore un petit effort et nous allons y parvenir. <\/p>\n<h3>De la nature des choses<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce contexte de guerre totale de la communication, il va de soi que la NATURE repr\u00e9sente l&rsquo;AVATAR par excellence. La derni\u00e8re forme d&rsquo;ancrage qui puisse encore donner de l&rsquo;espoir aux esclaves de la postmodernit\u00e9. La \u00abnarrative\u00bb en est pleinement consciente. La NATURE c&rsquo;est l\u00e0 d&rsquo;o\u00f9 nous venons et l\u00e0 vers o\u00f9 nous retournons. Alors, cessons de pr\u00eater l&rsquo;oreille aux j\u00e9r\u00e9miades de nos contemporains et branchons-nous sur \u00abdame nature\u00bb. L&rsquo;\u00eatre humain \u00e9tant son pire obstacle, vivement une vraie bonne guerre thermonucl\u00e9aire que l&rsquo;on soit (qui \u00e7a ON ?) d\u00e9barrass\u00e9s de l&rsquo;engeance humaine. Enfin, une fois que se seront dissip\u00e9es les radiations et autres retomb\u00e9es mortif\u00e8res, la VIE pourra reprendre son cours normal. Bien \u00e9videmment. On conna\u00eet la chanson de cette bonne vieille \u00abnarrative\u00bb \u00e9cul\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPass\u00e9 un certain stade d&rsquo;ali\u00e9nation et de d\u00e9sillusion, le sujet qui OSE d\u00e9fier la \u00abnarrative\u00bb ne peut faire autrement que d&rsquo;opter pour une LUCIDIT\u00c9 salvatrice. Et, cette lucidit\u00e9 commande d&rsquo;aller au fond de soi puiser nos derni\u00e8res \u00e9nergies vitales, histoire de nous ressourcer et d&rsquo;exp\u00e9rimenter cette fameuse \u00abma\u00efeutique\u00bb qui est l&rsquo;\u00e9quivalent de l&rsquo;accouchement de notre conscience d&rsquo;hommes et de femmes libres.<\/p>\n<h3>Un changement de perspectives<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tJ\u00e9sus, dans son c\u00e9l\u00e8bre Sermon sur la montagne, \u00e9nonce dans le passage dit \u00ables B\u00e9atitudes\u00bb : \u00abHeureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est \u00e0 eux\u00bb. Le lecteur attentif finira par comprendre qu&rsquo;on y fait allusion \u00e0 cette simplicit\u00e9 volontaire qui repr\u00e9sente l&rsquo;antidote \u00e0 toutes nos lubies, ces scories imprim\u00e9es par des si\u00e8cles et des si\u00e8cles de propagande. Pour recevoir LA connaissance, il faut, au pr\u00e9alable, se nettoyer l&rsquo;\u00e2me. L&rsquo;espoir renait seulement lorsque l&rsquo;on ferme ses oreilles face aux champs des sir\u00e8nes de la pollution mentale ambiante. S&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de se d\u00e9connecter du \u00abr\u00e9el\u00bb, encore faudrait-il savoir de quel \u00abr\u00e9el\u00bb on parle. Il est question d&rsquo;un retour sur nos fondamentaux afin de pr\u00e9parer le terrain du ressourcement. Parce que la source coule au fond de nous, elle sourd en nous. Le ressourcement consiste, stricto sensu, \u00e0 \u00e9liminer graduellement toutes les sources de distorsions cognitives. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tKrishnamurti, penseur hindou de la lucidit\u00e9 extr\u00eame peut, lui aussi, nous aider \u00e0 cheminer. Bien que sa qu\u00eate de lucidit\u00e9 puisse finir par \u00eatre dess\u00e9chante, ce chercheur met le doigt sur certains points capiton. Ainsi, il nous pr\u00e9vient que \u00absi je veux vivre sans conflit int\u00e9rieur, je dois, tout d&rsquo;abord, me lib\u00e9rer de toutes les images (objets de la repr\u00e9sentation)\u00bb. Ce joug nous emp\u00eache de nous lib\u00e9rer de nos conditionnements. Nous surconsommons des tonnes d&rsquo;images. Guy Debord aurait dit que \u00ables images nous consomment\u00bb  L&rsquo;image  ou repr\u00e9sentation  est tellement forte et pr\u00e9gnante que nous en venons \u00e0 oublier le R\u00c9EL. <\/p>\n<h3>En temps r\u00e9el <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn lieu et place, il faudra r\u00e9apprendre \u00e0 communiquer en temps r\u00e9el, de personne \u00e0 personne. Dans un monde o\u00f9 les cam\u00e9ras de surveillance surabondent et o\u00f9 les gens vous foncent dessus tout en consultant l&rsquo;\u00e9cran de leur t\u00e9l\u00e9phone dit \u00abintelligent\u00bb, il est urgent de nouer des relations humaines. Le plus souvent possible et de toutes les mani\u00e8res possibles. Les m\u00e9dias sociaux servent \u00e0 isoler les gens en g\u00e9n\u00e9rant l&rsquo;illusion de communaut\u00e9s qui ne sont que fictives ou virtuelles en dernier lieu. M\u00eame vos amis \u00abr\u00e9els\u00bb finiront par oublier ce que vous \u00eates \u00e0 force de s&rsquo;adresser \u00e0 vous par l&rsquo;entremise d&rsquo;un avatar. Qui plus est, les m\u00e9dias sociaux int\u00e9riorisent une foule de comportements pathog\u00e8nes, alors que chacune de vos communications sont surveill\u00e9es, enregistr\u00e9es, comment\u00e9es par les autres et que ce mode de communication s&rsquo;apparente \u00e0 celui d&rsquo;un univers carc\u00e9ral. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes g\u00e9ants de l&rsquo;informatique viennent de mettre en vente les premi\u00e8res montres \u00abintelligentes\u00bb. La \u00abr\u00e9alit\u00e9 virtuelle\u00bb, oxymore lucif\u00e9rien par excellence, vous attend au prochain tournant de la destin\u00e9e. Comme le groupe de musique pop Daft Punk, nous porterons tous un casque \u00abvirtuel\u00bb bient\u00f4t. \u00c0 la mani\u00e8re d&rsquo;une colonie de fourmis, notre esprit et nos affects seront t\u00e9l\u00e9guid\u00e9s vers les nouveaux centres de tri de l&rsquo;activit\u00e9 des n\u00e9o-humains. La \u00abr\u00e9alit\u00e9 virtuelle\u00bb se chargera de nous inoculer un semblant de conscience  Nous serons devenus des \u00abmat\u00e9riaux humains\u00bb, des \u00abhumano\u00efdes\u00bb consentants. C&rsquo;est le but ultime de tout pouvoir supr\u00eame : transformer ses sujets dociles en objets mall\u00e9ables. <\/p>\n<h3>La discipline int\u00e9rieure <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut apprivoiser la solitude afin d&rsquo;apprendre \u00e0 mieux \u00abse conna\u00eetre soi-m\u00eame\u00bb. \u00catre seul avec soi-m\u00eame c&rsquo;est un \u00e9tat d&rsquo;esprit qui vous confronte \u00e0 l&rsquo;autre personne qui est derri\u00e8re vous lorsque vous \u00eates plant\u00e9 devant le miroir de votre existence. \u00abQui suis-je\u00bb en d\u00e9finitive ? Peu m&rsquo;importe d&rsquo;\u00eatre conscient des masques dont je m&rsquo;affuble si je suis incapable de d\u00e9celer mon propre substrat. Carl Jung pointe du doigt les arch\u00e9types universels  mettant dos-\u00e0-dos la m\u00e9moire de notre intimit\u00e9 avec \u00abl&rsquo;inconscient collectif\u00bb. Ne serions-nous que les maillons d&rsquo;une cha\u00eene d&rsquo;esclaves incapables de s&rsquo;affranchir du joug des illusions ? Et, que dire de notre potentiel de lib\u00e9ration, cet appel vers des hauteurs insoup\u00e7onn\u00e9es ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes \u00ab grands pr\u00eatres \u00bb du mouvement libertaire nous ont appris que la discipline est une entrave \u00e0 la jouissance imm\u00e9diate. Jouir le plus possible deviendra l&rsquo;antienne d&rsquo;un culte destin\u00e9 \u00e0 paver la voie \u00e0 une nouvelle id\u00e9ologie particuli\u00e8rement mortif\u00e8re. \u00abJe consomme, donc je suis\u00bb marquera le point d&rsquo;orgue du lib\u00e9ralisme postmoderne. Ainsi donc, nous sommes invit\u00e9s \u00e0 travailler plus afin de nous procurer des biens et services qui nous permettront d&rsquo;oublier que nous sommes des esclaves en bout de ligne. On peut parler de l&rsquo;Ouroboros de la consommation. Nous sommes condamn\u00e9s \u00e0 une insatisfaction perp\u00e9tuelle qui fonctionne comme un moteur affectif et, cons\u00e9quemment, \u00abl&rsquo;enfer c&rsquo;est (bel et bien) les autres\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;autre n&rsquo;est qu&rsquo;un rouage de ma propre machination. Cette machination fantasmatique, je la mets (volontairement) en uvre afin d&rsquo;oublier mon humaine condition \u00e0 travers l&rsquo;in\u00e9vitable \u00abfuite en avant\u00bb que repr\u00e9sente mon existence r\u00e9elle. L&rsquo;autre est soi un obstacle, s&rsquo;il retarde la r\u00e9alisation de mes fantasmes, ou bien un \u00e9l\u00e9ment facilitateur, s&rsquo;il me permet d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 mes d\u00e9sirs. Il est facile, si l&rsquo;on d\u00e9monte cette stupide machination, de r\u00e9aliser que nous sommes TOUS les rouages les uns des autres \u00e0 travers le proc\u00e8s de la survie en milieu de consommateurs. C&rsquo;est ce que les bouddhistes nomment la \u00abchaine de la souffrance universelle\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa \u00absoci\u00e9t\u00e9 du spectacle\u00bb, qui se r\u00e9alise \u00e0 travers notre soci\u00e9t\u00e9 de consommation, fonctionne \u00e0 partir des rouages d&rsquo;une grande \u00abchaine de jouissance\u00bb aveugle. Voil\u00e0 pourquoi certains apolog\u00e8tes de la subversion n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 affirmer que le sadomasochisme repr\u00e9sente (peut-\u00eatre) l&rsquo;ultime forme de relation humaine. Le professeur de philosophie Sylv\u00e8re Lotringer a d\u00e9j\u00e0 affirm\u00e9 que les sadomasochistes pouvaient atteindre \u00e0 un certain niveau de v\u00e9rit\u00e9, d&rsquo;authenticit\u00e9 \u00e0 travers leur qu\u00eate d&rsquo;absolu (). Qu&rsquo;est-ce \u00e0 dire ? Oublions la dimension li\u00e9e \u00e0 la production de la souffrance pour nous concentrer sur celle de la subordination. Ce fameux f\u00e9tichisme de la relation ma\u00eetre-esclave est en cause ici. Ceux et celles qui s&rsquo;adonnent \u00e0 certaines formes de perversion \u00e0 travers leurs jeux (sexuels ou autres) ne feraient que remettre en sc\u00e8ne les v\u00e9ritables relations mises en forme par notre soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt, si les pervers-narcissiques se r\u00e9jouissaient de faire souffrir les autres ? C&rsquo;est un peu comme si la jouissance ne pouvait se r\u00e9aliser qu&rsquo;\u00e0 travers la destruction de la libert\u00e9 d&rsquo;autrui. Parce que l&rsquo;ultime paradigme de la domination implique une uvre de destruction, un m\u00e9canisme qui avilit l&rsquo;essence m\u00eame du genre humain. C&rsquo;est ce que Pier Paolo Pasolini aura tent\u00e9 d&rsquo;expliquer \u00e0 travers son dernier film Sal\u00f2. Par del\u00e0 la mise en sc\u00e8ne d&rsquo;une hideuse conspiration, ce film f\u00e9tiche d\u00e9monte la m\u00e9canique de notre soci\u00e9t\u00e9 de consommation par le biais de la critique du totalitarisme absolu. Pasolini a fini par comprendre que les bourreaux sont d\u00e9pendants de leurs victimes sacrificielles; ils n&rsquo;ont de libert\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 travers l&rsquo;an\u00e9antissement de leurs esclaves. L&rsquo;Ouroboros de la consommation finira par nous consommer  \u00e0 moins que nous prenions conscience de la donne. <\/p>\n<h3>Vers l&rsquo;authentique lib\u00e9ration<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans un contexte o\u00f9 notre \u00e9go\u00efsme finit par nous d\u00e9vorer, le \u00abdon de soi\u00bb repr\u00e9sente le sacrifice lib\u00e9rateur par excellence. Ainsi donc, nul besoin de sacrifier des victimes offertes en offrande pour  se lib\u00e9rer de la tutelle des \u00abdieux jaloux\u00bb. Nos contemporains ne se rendent m\u00eame pas compte qu&rsquo;ils pratiquent une forme d&rsquo;onanisme en \u00abfaisant l&rsquo;amour\u00bb avec autrui. Nous nous masturbons (les uns les autres) \u00e0 travers notre prochain, r\u00eavant d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la hantise d&rsquo;une solitude qui nous rattrape invariablement. Certains gnostiques, injustement condamn\u00e9s par les autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques, ont d\u00e9j\u00e0 tent\u00e9 de r\u00e9soudre le paradigme de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme en pratiquant une sorte de yoga de l&rsquo;amour bas\u00e9 sur la contemplation de l&rsquo;autre. L&rsquo;autre n&rsquo;est plus \u00abcet obscur objet de mon d\u00e9sir\u00bb. Il devient, \u00e0 travers la ma\u00efeutique de \u00abl&rsquo;union sacr\u00e9e\u00bb, ce complice qui m&rsquo;accueille et me r\u00e9pond. Le d\u00e9sir peut \u00eatre apprivois\u00e9 pour que l&rsquo;Ouroboros de la consommation l\u00e2che sa prise  alors que la jouissance ne s&rsquo;obtient plus \u00e0 travers l&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;autre. Il faut voir, et revoir, le film \u00abL&#8217;empire des sens\u00bb du cin\u00e9aste Nagisa Oshima, un autre opus qui t\u00e9moigne de la difficult\u00e9 d&rsquo;aimer lorsqu&rsquo;un couple est captif de sa \u00abpassion d\u00e9vorante\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 pourquoi l&rsquo;authentique qu\u00eate de libert\u00e9 suppose une discipline int\u00e9rieure qui nous permettra de \u00ab mettre \u00e0 plat \u00bb nos passions. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9sir, cette app\u00e9tence qui nous propulse de l&rsquo;avant (relire Saint Augustin \u00e0 ce sujet) est comparable \u00e0 un appel \u00e0 la vie qui peut devenir l&rsquo;Ouroboros qui finira par d\u00e9vorer notre \u00e2me en fin de parcours. Le \u00abdon de soi\u00bb proc\u00e8de de cette alchimie int\u00e9rieure qui repr\u00e9sente la seule discipline capable de nous extraire de l&rsquo;\u00abempire des sens\u00bb, de nous d\u00e9livrer de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme tut\u00e9laire de nos anc\u00eatres. C&rsquo;est pourquoi la soci\u00e9t\u00e9 de consommation table sur notre insatisfaction perp\u00e9tuelle pour nous asservir et faire de nous de simples appendices de la jouissance. Avaler et expulser. Voil\u00e0 le programme de la machination mat\u00e9rialiste (et, aussi, celui d&rsquo;un imp\u00e9rialisme qui remplace les peuples par des cohortes d&rsquo;ilotes apatrides). La soci\u00e9t\u00e9 humaine serait-elle devenue un gigantesque tube digestif en cette fin de civilisation ? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne histoire \u00e0 suivre <\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Patrice-Hans Perrier<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par del\u00e0 les illusions Le travail sur l&rsquo;\u00eatre est comparable \u00e0 une alchimie socratique Nous poursuivons, dans le sillage de la \u00ab R\u00e9volution spirituelle \u00bb notre r\u00e9flexion critique portant sur les d\u00e9rives contemporaines qui menacent l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre et sa transformation r\u00e9elle. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;h\u00e9donisme ambiant nous est pr\u00e9sent\u00e9 comme une panac\u00e9e, la&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[11305,2631,6663,16642,12606,16490,11373],"class_list":["post-75910","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-connaissance","tag-de","tag-liberation","tag-ouroboros","tag-perrier","tag-rebord","tag-soi"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75910","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75910"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75910\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75910"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75910"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75910"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}