{"id":75914,"date":"2015-05-20T08:11:55","date_gmt":"2015-05-20T08:11:55","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/05\/20\/chronique-du-19-courant-notre-bataillon-immortel\/"},"modified":"2015-05-20T08:11:55","modified_gmt":"2015-05-20T08:11:55","slug":"chronique-du-19-courant-notre-bataillon-immortel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/05\/20\/chronique-du-19-courant-notre-bataillon-immortel\/","title":{"rendered":"Chronique du 19 courant \u2026 Notre \u201cBataillon Immortel\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:2em;\">Chronique du 19 courant&hellip; Notre \u00ab\u00a0Bataillon Immortel\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>19 mai 2015 (avec quelques heures de retard) &#8230; Je me r\u00e9f\u00e8re ici \u00e0 un article du site <em>dedefensa.org<\/em> d&rsquo;il y a quelques jours, marqu\u00e9 par un succ\u00e8s de lecture imm\u00e9diat. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;article &laquo;<em>Le signe de croix et la guerre de la communication<\/em>&raquo;, du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_signe_de_croix_et_la_guerre_de_la_communication_11_05_2015.html\">11 mai 2015<\/a>, \u00e0 partir d&rsquo;une rapide s\u00e9quence DVD ainsi d\u00e9crite, le temps d&rsquo;un signe de croix, &ndash; &laquo;<em>&#8230;montrant Sergei Cho\u00efgou, ministre russe de la d\u00e9fense en grand uniforme d&rsquo;apparat, debout \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de sa limousine alors que le v\u00e9hicule passe sous le Tour &lsquo;Spasskaya&rsquo; (Tour du Sauveur), install\u00e9e sur les murs du Kremlin et par laquelle on d\u00e9bouche sur la Place Rouge. Il va commencer le d\u00e9fil\u00e9, et l&rsquo;on voit Cho\u00efgou faire un signe de croix \u00e0 ce moment pr\u00e9cis.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le geste rapide, l&rsquo;instant presque solitaire d&rsquo;une rare intensit\u00e9 au milieu du bruit et de l&rsquo;ampleur du d\u00e9fil\u00e9 du 9 mai \u00e0 Moscou, saisi par l&rsquo;un ou l&rsquo;autre journaliste, ou \u00ab\u00a0blogueur\u00a0\u00bb russe, puis r\u00e9percut\u00e9 sur l&rsquo;internet, notamment \u00e0 partir du <em>Saker<\/em>-USA pour notre compte, tout cela constitue un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 la fois symbolique et extr\u00eamement significatif des caract\u00e8res fondamentaux d&rsquo;une \u00e9poque, qui est une \u00e8re historique, et m\u00eame m\u00e9tahistorique, d&rsquo;une intensit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent. La bri\u00e8vet\u00e9, la sobri\u00e9t\u00e9 du geste de cet homme repr\u00e9sentant tant d&rsquo;attributs institutionnels et de notori\u00e9t\u00e9, et qui para&icirc;t soudain, en un instant et pour un instant, choisir et trouver la <strong>solitude du signe de la croix<\/strong>, tout cela ne peut laisser indiff\u00e9rent celui qui n&rsquo;a pas l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;un rustre. Ce n&rsquo;est certes pas affaire de religion, dans le sens de savoir de quelle religion il est question, dans le sens de savoir si l&rsquo;on pratique telle ou telle religion, dans le sens de savoir si l&rsquo;on est d&rsquo;une religion ou d&rsquo;aucune ; mais c&rsquo;est certes parce que le geste de la religion, dans cet instant, dans la bri\u00e8vet\u00e9, la solennit\u00e9, dans la solitude du symbole pur, dans les circonstances g\u00e9n\u00e9rales qu&rsquo;on conna&icirc;t, \u00e9galement dans cet \u00e9v\u00e9nement de la comm\u00e9moration du 9 mai \u00e0 Moscou, ce geste porte soudain toute la puissance de la trag\u00e9die qui embrase notre \u00e9poque, notre monde et le sort des hommes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut certes que ce soit un Russe par sa fonction et sa position, au c&oelig;ur des circonstances que conna&icirc;t la Russie, qui fusionne en un geste la trag\u00e9die du monde et le r\u00f4le que ce pays est <strong>n\u00e9cessairement conduit<\/strong> \u00e0 y jouer. Tout cela est \u00e9crit, comme sont le plus souvent les choses dans cette chronique, singuli\u00e8rement hors de tout esprit de s\u00e9lection, de comp\u00e9tition, de pr\u00e9f\u00e9rence, de singularisation. Je ne dis pas qu&rsquo;il n&rsquo;est pas important que ce qui est russe est russe, et que la Russie soit ce qu&rsquo;elle est en tant que Russie, avec la position qu&rsquo;on sait, mais je dis \u00e9galement que cela n&rsquo;est pas vraiment important et que cela doit m\u00eame \u00eatre tenu, dans cette circonstance pr\u00e9cis\u00e9ment, comme compl\u00e8tement accessoire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Entendez-vous bien que, dans cette contradiction, il n&rsquo;y a rien de contradictoire ? Une plume un peu emport\u00e9e port\u00e9e par un esprit un peu fi\u00e9vreux et inspir\u00e9e par une \u00e2me \u00e0 la religiosit\u00e9 pressante vous dirait que le signe de croix de Cho\u00efgou repr\u00e9sente un signe qui engage une nation, une &Eacute;glise, une croisade, et alors elle parlerait, cette plume, n\u00e9cessairement de la Russie&#8230; Je pr\u00e9f\u00e8re \u00e9crire, parce que je le pense effectivement, sans doute par intuition et certainement par conviction assur\u00e9e, qu&rsquo;il a fait ce signe, Cho\u00efgou, m\u00eame s&rsquo;il l&rsquo;ignore dans ce sens, pour tous les \u00eatres de son temps, pour toute l&rsquo;humanit\u00e9 si affreusement troubl\u00e9e et angoiss\u00e9e. Quoi qu&rsquo;il veuille, quoi qu&rsquo;il pense, quoi qu&rsquo;il dise, et pr\u00e9cis\u00e9ment pour mon compte en croyant \u00e0 cette situation qui fait de lui \u00e0 cet instant un messager inconscient d&rsquo;<strong>autre chose<\/strong>, je crois qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un geste universel pour tous les \u00eatres de notre temps \u00e0 tous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Tant il est vrai, tant il est affreusement et terriblement vrai, que, dans le grand tourment qui agite aujourd&rsquo;hui le monde, la dimension qui p\u00e8se le plus sur nous par son absence, qui est la moins mentionn\u00e9e pour ce qu&rsquo;elle est, la moins d\u00e9battue dans toute sa force, c&rsquo;est bien celle qu&rsquo;on d\u00e9signerait comme \u00ab\u00a0la crise du sacr\u00e9\u00a0\u00bb. C&rsquo;est une expression qui n&rsquo;est pas nouvelle, pour une probl\u00e9matique qui ne l&rsquo;est pas davantage, qui est m\u00eame de tous les temps de notre temps historique ; mais elle a pris aujourd&rsquo;hui une force incroyable, que nous ignorons en tant que telle je crois, mais qui pose partout sa marque ; elle impr\u00e8gne litt\u00e9ralement nos esprits, nos \u00e2mes, nos psychologies, elle fait de notre nostalgie universelle une qu\u00eate immense d&rsquo;un temps d\u00e9sormais inconnu et dont nous nous sommes priv\u00e9s d&rsquo;en avoir la m\u00e9moire, qui nous \u00e9chappa un jour, que nous abandonn\u00e2mes pour nous pr\u00e9cipiter dans la chute sans fin de cet immense trou noir d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on ne peut plus voir le ciel&#8230; Comment pourrons-nous nous supporter encore bien longtemps, dans cette prison pullulante et purulente \u00e0 laquelle nous avons consenti notre enfermement sous le pr\u00e9texte de la gloire vaniteuse d&rsquo;en \u00eatre les architectes, fous que nous sommes ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certes, je ne crois pas que Cho\u00efgou, ministre de la d\u00e9fense russe faisant le signe de la croix avant de conduire le d\u00e9fil\u00e9 militaire du 9 mai sur la Place Rouge, ait pens\u00e9 \u00e0 tout cela lorsqu&rsquo;il fit le signe ; ou bien soit, puisqu&rsquo;on est avec les Russes et en Russie, peut-\u00eatre y a-t-il pens\u00e9, que sais-je et qu&rsquo;importe. Quoi qu&rsquo;il en soit, nulle part dans sa fonction et dans sa mission ce jour-l\u00e0 se trouvait l&rsquo;obligation d&rsquo;y penser, en m\u00eame temps que de faire le signe qu&rsquo;il a fait ; alors, qu&rsquo;importent ces circonstances d\u00e8s lors que je le vois, et que je pense pour mon compte comme je le fais ici, et que je mesure aussit\u00f4t la port\u00e9e de la douleur qui m&rsquo;assaille, la cause des souffrances que j&rsquo;ai \u00e0 supporter dans cet univers de ce temps-l\u00e0. Car cette conscience de cette \u00ab\u00a0crise du sacr\u00e9\u00a0\u00bb que ce geste ressuscite en moi est \u00e0 la fois envelopp\u00e9e d&rsquo;une discr\u00e9tion, d&rsquo;une furtivit\u00e9, presque d&rsquo;une \u00e9vanescence venues d&rsquo;un autre monde, et en m\u00eame temps d&rsquo;une force \u00e0 ne pas croire, partout pr\u00e9sente, gouvernant nos hauteurs les plus singuli\u00e8res et les plus belles dans nos \u00e2mes d\u00e9sorient\u00e9es, d&rsquo;une ontologie absolument pr\u00e9gnante et qui ne laisse rien \u00e9chapper de soi-m\u00eame. Ainsi le geste de Cho\u00efgou ferait-il r\u00e9aliser ce qu&rsquo;on oublie si souvent dans toute cette confusion qui secoue le monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il me semble reconna&icirc;tre que cette confusion se trouve \u00e9galement au plus profond de nous chez les uns et les autres, comme un malheur commun qui nous unit&#8230; Voil\u00e0 o&ugrave; se trouve l&rsquo;universalit\u00e9 sans doute involontaire d&rsquo;un geste qui a \u00e9t\u00e9 fait sans n\u00e9cessaire conscience de la force qu&rsquo;il exprimait.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela me conduit au second aspect que l&rsquo;on trouvait dans le commentaire de ce texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9, qui permet de prolonger la r\u00e9flexion de la souffrance, en la substantivant d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive. Il n&rsquo;y a rien de plus important que de rapprocher ces \u00e9l\u00e9vations de l&rsquo;esprit de ces avatars de la vie quotidienne que cette \u00e9poque nous oblige \u00e0 endurer dans chacun de ses instants. Or voici que ce rapprochement est possible aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une fa\u00e7on infiniment significative et \u00e9largie, dans des moments path\u00e9tiques et critiques o&ugrave; la rapidit\u00e9 de l&rsquo;extension des choses est un facteur essentiel, gr\u00e2ce \u00e0 ce qu&rsquo;on nomme ici (sur ce site) le syst\u00e8me de la communication. C&rsquo;est cette chose assez monstrueuse, insaisissable, d&rsquo;une puissance \u00e0 faire trembler, qui fait partie int\u00e9grante du terrible Syst\u00e8me qui nous opprime, qui est capable en m\u00eame temps de permettre la transmission d&rsquo;une image, d&rsquo;un instant, d&rsquo;une fraction de temps comme celle qui est le sujet de cette chronique. Ainsi est-on conduit \u00e0 distinguer quelque chose de myst\u00e9rieux dans le syst\u00e8me de la communication, comme une sorte de fusion \u00e9trange dans le m\u00eame artefact monstrueux et sublime \u00e0 la fois, rapprochement \u00e9trange entre une chose intens\u00e9ment moderniste, hurlante et soufflante de modernit\u00e9 et de postmodernit\u00e9, et quelque chose qui projette nos esprits dans l&rsquo;oppos\u00e9, dans une sorte de gr\u00e2ce infinie, vers les horizons perdus de la tradition, vers les repr\u00e9sentations et les vibrations des origines.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a l\u00e0 une ambigu\u00eft\u00e9 presque magique, presque proche d&rsquo;une consid\u00e9ration sacr\u00e9e, qui nous chuchoterait que, peut-\u00eatre, elle, cette chose qu&rsquo;est le syst\u00e8me de la communication ainsi interpr\u00e9t\u00e9, poss\u00e9derait la clef de la crise du sacr\u00e9 qui nous accable. Il ne s&rsquo;agit certes pas d&rsquo;une th\u00e9orie, ce n&rsquo;est pas une th\u00e8se, non c&rsquo;est une fulgurance qui peut traverser l&rsquo;esprit devant l&rsquo;instant-Shoigou lorsqu&rsquo;on a mesur\u00e9 ce qu&rsquo;il peut rec\u00e9ler, qu&rsquo;il peut \u00e9veiller dans toutes les pens\u00e9es qui ont d\u00e9fil\u00e9 sous ma plume&#8230; C&rsquo;est bien alors, il faut maintenant y revenir, que l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment russe, le facteur de la Russie, joue son r\u00f4le en tant que tel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s inattendue dont j&rsquo;ai <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_les_antisyst_me_parlent_aux_antisyst_me_19_02_2015.html\">parl\u00e9<\/a> plusieurs fois, les Russes se r\u00e9v\u00e8lent comme des ma&icirc;tres de la communication, dans ce qu&rsquo;on croyait \u00eatre le territoire am\u00e9ricaniste par excellence alors que les Russes sont aujourd&rsquo;hui \u00e9trangers \u00e0 tout ce qui est am\u00e9ricaniste. Voil\u00e0 un \u00e9v\u00e9nement dont on parlera longtemps. Il faut veiller \u00e0 bien comprendre la signification du terme assez peu esth\u00e9tique (le mot \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb est si laid, et celui de \u00ab\u00a0communication\u00a0\u00bb ne vaut gu\u00e8re mieux) de \u00ab\u00a0syst\u00e8me de la communication\u00a0\u00bb ; car cette signification, au contraire de la laideur de l&rsquo;expression, contient une richesse extr\u00eame en embrassant des domaines que l&rsquo;esprit du temps proscrit, &ndash; et pour cause, persifle le Syst\u00e8me&#8230; Ainsi, pour mon compte, je mets dans cette \u00ab\u00a0communication\u00a0\u00bb-l\u00e0 ce qui fut comment\u00e9 par divers chroniqueurs soudain \u00e9clair\u00e9s, comme une nouvelle \u00ab\u00a0victoire du 9 mai\u00a0\u00bb avec les <strong>\u00e9v\u00e8nements de communication<\/strong> \u00e0 Moscou et en Russie ce jour-l\u00e0, et par-dessus tout la marche du \u00ab\u00a0Bataillon Immortel\u00a0\u00bb (lequel pourrait bien renvoyer au \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bataillon_Fant\u00f4me\">Bataillon Fant\u00f4me<\/a>\u00a0\u00bb du Donbass ou au \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bataillon_sacr\u00e9\">Bataillon Sacr\u00e9<\/a>\u00a0\u00bb de la mythologie).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors serait-on tent\u00e9 de faire un contrepoint entre le moment-Cho\u00efgou et ce qui suivit la parade militaire, qu&rsquo;on h\u00e9site \u00e0 nommer \u00ab\u00a0manifestation\u00a0\u00bb, voire \u00ab\u00a0d\u00e9monstration\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0comm\u00e9moration\u00a0\u00bb, qui serait plut\u00f4t une \u00ab\u00a0affirmation\u00a0\u00bb silencieuse et collective. Il s&rsquo;agit bien de la marche silencieuse de ce \u00ab\u00a0Bataillon Immortel\u00a0\u00bb, sans slogan, sans cri, comme une vaste mar\u00e9e silencieuse o&ugrave; l&rsquo;on ne voyait plus que les visages de ses soldats morts durant leur Grande Guerre Patriotique, port\u00e9s et brandis en pancartes par leurs familles et de leurs descendants (avec le nomm\u00e9 Poutine, parmi eux). L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement provoqua l&rsquo;enthousiasme et surtout l&rsquo;\u00e9motion chez certains de ces m\u00eame chroniqueurs (voir par exemple <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_russie_et_l_esprit_du_9_mai__15_05_2015.html\">Alexandre Latsa<\/a> ou <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/journal-neo.org\/2015\/05\/13\/why-i-wept-at-the-russian-parade\/\">William F. Engdhal<\/a>). Le \u00ab\u00a0Bataillon Immortel\u00a0\u00bb compta, dans les heures du grand soleil du 9 mai 2015, plus de dix millions de Russes dans les rues de leurs villes et de leurs villages, marchant en silence, comme font les morts ressuscit\u00e9s, semblables aux cohortes des morts de la Grande Guerre se levant dans le <em>J&rsquo;accuse<\/em> d&rsquo;Abel Gance. (Dans ce moment-l\u00e0, j&rsquo;y verrais bien plus un symbole de la \u00ab\u00a0crise du sacr\u00e9\u00a0\u00bb soudain expos\u00e9e par l&rsquo;horreur de la Grande Guerre bien au-del\u00e0 du pamphlet pacifiste qu&rsquo;on y trouve \u00e9galement.) Laissez aux Parisiens les jacasseries, d&rsquo;ailleurs de plus en plus contestatrices et pol\u00e9miques, autour de leur <em>JeSuisCharlie<\/em>, car il n&rsquo;y a nul point commun entre les deux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors, la justice de l&rsquo;esprit impose de dire que, dans ces instants, la Russie parle pour nous tous, pour la sauvegarde du monde, pour la sauvegarde de la civilisation dans un sens (ce mot en a tant) qui serait celui d&rsquo;une r\u00e9sistance qui entendrait nous sauver de cette <em>barbarie int\u00e9rieure<\/em> qu&rsquo;a si bien d\u00e9finie Jean-Fran\u00e7ois Matt\u00e9i. Par cons\u00e9quent, elle parle de cette \u00ab\u00a0crise du sacr\u00e9\u00a0\u00bb comme personne d&rsquo;autre n&rsquo;ose ni ne parvient aujourd&rsquo;hui \u00e0 faire, de cette mani\u00e8re si collective, si int\u00e9rieure et silencieuse, qui transcende ce ph\u00e9nom\u00e8ne crisique incertain en une crise \u00e9clatante comme un soleil de minuit, qui appara&icirc;t comme la plus haute et la plus profonde crise que puisse affronter l&rsquo;esprit, et certes parvenue au point de z\u00e9nith de son paroxysme exprim\u00e9 tout aussi silencieusement, au plus profond de nous. En ce sens, l&rsquo;on dira que la Russie, plus qu&rsquo;aucun autre aujourd&rsquo;hui, remplit sa mission et tient son rang en notre nom \u00e0 tous. Nous lui devons cette reconnaissance, qui doit \u00eatre la notre \u00e9galement.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Philippe Grasset<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronique du 19 courant&hellip; Notre \u00ab\u00a0Bataillon Immortel\u00a0\u00bb 19 mai 2015 (avec quelques heures de retard) &#8230; Je me r\u00e9f\u00e8re ici \u00e0 un article du site dedefensa.org d&rsquo;il y a quelques jours, marqu\u00e9 par un succ\u00e8s de lecture imm\u00e9diat. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;article &laquo;Le signe de croix et la guerre de la communication&raquo;, du 11 mai&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[14957,370,15855,12354,3228,2651,6460,16647,2891,2645,16634,16646,5569,3096,6035,11191,5909,2730,3177,6088],"class_list":["post-75914","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archivesphg","tag-14957","tag-370","tag-bataillon","tag-choigou","tag-crise","tag-du","tag-engdahl","tag-fantome","tag-grande","tag-guerre","tag-immortel","tag-laisa","tag-lance","tag-mai","tag-patriotique","tag-place","tag-rouge","tag-russie","tag-sacre","tag-sens"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75914","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75914"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75914\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75914"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75914"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75914"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}