{"id":75957,"date":"2015-06-18T11:36:43","date_gmt":"2015-06-18T11:36:43","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/18\/la-corde-au-cou-sur-la-frontiere-russe\/"},"modified":"2015-06-18T11:36:43","modified_gmt":"2015-06-18T11:36:43","slug":"la-corde-au-cou-sur-la-frontiere-russe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/18\/la-corde-au-cou-sur-la-frontiere-russe\/","title":{"rendered":"La  corde au cou sur la fronti\u00e8re russe"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La  corde au cou sur la fronti\u00e8re russe<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t18 juin 2015  Dans les ann\u00e9es courantes de la Guerre froide, le terme de <em>Reforger<\/em> \u00e9tait bien connu des experts militaires. C&rsquo;\u00e9tait un acronyme sophistiqu\u00e9 compos\u00e9 des premi\u00e8res syllabes des trois mots principaux d&rsquo;une phrase signifiant renforcement des forces en Allemagne (<em>Reinforcing Forces in Germany<\/em>). Il s&rsquo;agissait de grandes manoeuvres au d\u00e9but de chaque automne, o\u00f9 des forces US substantielles, en g\u00e9n\u00e9ral autour de trois divisions lourdes (blind\u00e9es notamment), \u00e9taient d\u00e9ploy\u00e9es en Allemagne pour une s\u00e9rie d&rsquo;exercice durant autour d&rsquo;un mois. Le temps du d\u00e9ploiement, par air et par mer, \u00e9tait rapide,  autour d&rsquo;une \u00e0 deux semaines,  pour d\u00e9montrer la capacit\u00e9 US \u00e0 renforcer rapidement en cas d&rsquo;attaque du Pacte de Varsovie, dans une premi\u00e8re mesure d&rsquo;urgence, le corps de bataille de l&rsquo;US Army pr\u00e9sent en Allemagne (autour de 250 000 hommes). <em>Reforger<\/em> \u00e9tait essentiellement fond\u00e9 sur le pr\u00e9-positionnement de quantit\u00e9s tr\u00e8s importantes de mat\u00e9riels lourds en Allemagne, qu&rsquo;il aurait fallu plusieurs mois pour transporter des USA en Allemagne s&rsquo;ils n&rsquo;y \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents. La doctrine du pr\u00e9-positionnement des mat\u00e9riels avait l\u00e0 tout son sens : les divisions transport\u00e9es de toute urgence et tr\u00e8s rapidement puisque l\u00e9g\u00e8res par absence de ce qui les rendaient lourdes, trouvaient sur place leur mat\u00e9riel pour s&rsquo;alourdir et \u00eatre aussit\u00f4t op\u00e9rationnelles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est cette logique-l\u00e0 et cette technique qui sont transpos\u00e9es dans la d\u00e9cision du Pentagone de pr\u00e9-positionner du mat\u00e9riel de guerre dans les pays de l&rsquo;OTAN limitrophes de la Russie,  en Pologne et dans les pays baltes. La d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e par la presse (New York <em>Times<\/em>, le 12 juin). Reprenant ces informations et le texte de RT, <em>NewColdWar.org<\/em> \u00e9crit notamment le <a href=\"http:\/\/newcoldwar.org\/u-s-considers-moving-heavy-weapons-into-baltic-and-eastern-europe\/\" class=\"gen\">13 juin 2015<\/a>, ceci qui nous montre que toute la population des \u00e9lites-Syst\u00e8me du domaine, experts-Syst\u00e8me en t\u00eate, a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9e pour fournir le chur et la claque d&rsquo;approbation de cette d\u00e9cision.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>After NATO initially expanded into the Baltic States in 2004, the permanent stationing of equipment and troops in these countries was avoided so as to consider Russia&rsquo;s interests. However, as a result of the Ukraine crisis, NATO and the US have decided to bolster forces in the region, which they say is to send a clear message to the Russian government that NATO will defend its alliance members. This is a very meaningful shift in policy. It provides a reasonable level of reassurance to jittery allies, although nothing is as good as troops stationed full-time on the ground, of course, James G. Stavridis, a retired admiral and the former supreme allied commander of NATO, who is now dean of the Fletcher School of Law and Diplomacy at Tufts University, told The New York Times.<\/em> [&#8230;] <em>Mark Galeotti, a professor at New York University, who has written extensively on the military and security services in Russia was quoted by the New York Times as saying Tanks on the ground, even if they haven&rsquo;t people in them, make for a significant marker.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Russes ont r\u00e9agi aussit\u00f4t \u00e0 cette d\u00e9cision, qui constitue pour eux une violation explicite non seulement de tel ou tel accord, de tel arrangement, etc., mais de tout l&rsquo;esprit des relations strat\u00e9giques et politiques entre la Russie et l&rsquo;OTAN, entre la Russie et les USA, entre la Russie le bloc BAO, depuis la fin de la Guerre froide et l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS. C&rsquo;est aussi une mise en place structurelle de cette violation, qui s&rsquo;inscrit dans le long terme et installe dans le fondement m\u00eame, dans le cur de la situation de ces relations, un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 long terme. La forme du texte qui pr\u00e9sente, dans le New York <em>Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/06\/16\/world\/europe\/russia-urges-us-not-to-deploy-weapons-to-border-areas.html?_r=0\" class=\"gen\">15 juin 2015<\/a>, la position des Russes, nous avertit d&rsquo;un autre \u00e9v\u00e9nement sur lequel nous revenons plus loin&#8230; Il s&rsquo;agit de ceci que la <em>narrative<\/em> totalement faussaire de la crise ukrainienne et de l&rsquo;historique du comportement russe et du comportement de l&rsquo;OTAN a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement int\u00e9gr\u00e9e dans le discours strat\u00e9gique, et par cons\u00e9quent dans les d\u00e9cisions strat\u00e9giques. C&rsquo;est un point compl\u00e8tement fondamental qui, r\u00e9p\u00e9tons-le, est consid\u00e9r\u00e9 plus loin avec minutie parce qu&rsquo;il constitue l&rsquo;enseignement essentiel de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement que nos analysons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe pr\u00e9cieux enseignement recueilli, on peut alors s&rsquo;interroger sur la mesure elle-m\u00eame. C&rsquo;est alors que l&rsquo;obsc\u00e9nit\u00e9 de cette situation d&rsquo;imposture de la v\u00e9rit\u00e9 du monde devient par-dessus le march\u00e9 absurde, et elle appara\u00eet comme une sorte de ftus mort-n\u00e9, une fausse couche qui n&rsquo;est m\u00eame pas de p\u00e8re inconnu de la pens\u00e9e militaire US. En effet, la mesure est \u00e0 la fois provocatrice, contraignante, \u00e0 la fois risqu\u00e9e et extr\u00eamement faible et fausse strat\u00e9giquement, \u00e0 la fois appuy\u00e9e sur une situation politique structurelle et formelle,  l&rsquo;intervention d&rsquo;un alli\u00e9 de l&rsquo;OTAN menac\u00e9 au nom de l&rsquo;Article 5,  extr\u00eamement fragile et d&rsquo;une incroyable vuln\u00e9rabilit\u00e9. Non seulement ces gens vivent dans un univers de compl\u00e8te fabrication o\u00f9 r\u00e8gnent l&rsquo;arrogance, la suffisance, la certitude de soi, mais en plus ils sont \u00e0 la fois irresponsables et professionnellement incomp\u00e9tents. Bref, l&rsquo;OTAN, au nom de quoi la bureaucratie-Syst\u00e8me du Pentagone a pris cette d\u00e9cision, est sans nul doute l&rsquo;alliance militaire la plus incomp\u00e9tente techniquement dans toute l&rsquo;histoire militaire. C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0, certes, un titre d&rsquo;exceptionnalit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;ancien analyste de la CIA Paul R. Pillar, qui est souvent critique de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">politique-Syst\u00e8me<\/a> de son pays mais est bien loin d&rsquo;\u00eatre le plus virulent parmi la cohorte des anciens de la s\u00e9curit\u00e9 nationale US devenus critiques du Syst\u00e8me, sinon antiSyst\u00e8me, publie un texte le <a href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2015\/06\/16\/stumbling-into-a-new-cold-war\/\" class=\"gen\">16 juin 2015<\/a> dans <em>ConsortiumNews<\/em> \u00e0 propos de notre affaire. Il d\u00e9taille les divers aspects de cette incomp\u00e9tence professionnelle et strat\u00e9gique, en d\u00e9rivant ce qui est une corde au cou strat\u00e9gique que s&rsquo;est pass\u00e9e l&rsquo;OTAN (le Pentagone) avec cette d\u00e9cision.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Prepositioning of equipment in Germany was another staple of Cold War logisticians, but that was part of a serious effort to facilitate U.S.-led resistance to any attempt by the Red Army to overrun Western Europe. The total stocks being considered for positioning in Eastern Europe would be about enough for a single brigade. Each of the three Baltic republics would be the location for equipment that would outfit a company of about 150 soldiers. It is hard to think of that in the same terms as the Cold War prepositioning. Probably one of the first things that would happen if Russia got aggressive against the Baltic states would be Russian capture of the prepositioned supplies.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Russia has issued its own warnings in response to the reported U.S. plans. That is to be expected, but it may be only the first step toward a local arms race. Do not be surprised by Russian deployments along border areas that would make quick capture of prepositioned U.S. supplies all the more feasible if Russian troops were to cross more borders. A Russian general already has said as much. A fundamental and longstanding question underlying all of this is exactly what the United States would be willing as well as able to defend in response to any Russian aggression, or to serious military moves dressed up as something other than aggression.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Questions were asked during the Cold War about whether Americans would be willing to risk New York or Washington to save Bonn or Paris. Such questions become all the more difficult to answer reassuringly when the subject is Riga and Tallinn rather than Bonn and Paris. The Article Five commitment in the North Atlantic Treaty still exists, but the imagined circumstances in which it could apply today, which might begin with little green men sneaking across a border, are far different from an imagined pouring of Red Army hordes through the Fulda Gap.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Closely related to all this is how attitudes toward NATO obligations have evolved within member countries. In a new Pew poll, when asked If Russia got into a serious military conflict with one of its neighboring countries that is our NATO ally, do you think our country should or should not use military force to defend that country? majorities in three of the most important European allies  Germany, France, and Italy  responded should not. This amounts to a repudiation of the Article Five obligation to consider an armed attack against any one member state as an attack against all. In the poll, Americans expressed the most intent to live up to that obligation, with 56 percent saying should. But 37 percent of American respondents said should not. In light of such alliance-wide attitudes, it is fair to ask what NATO stands for today.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn se mettant du point de vue du Pentagone, <em>narrative<\/em> compl\u00e8tement absorb\u00e9e et dig\u00e9r\u00e9e pour modifier la pens\u00e9e dans le sens qu&rsquo;on devine, la d\u00e9cision \u00e0 prendre comportait trois options, de la plus accommodante \u00e0 la plus dure : ne rien faire, pr\u00e9-positionner du mat\u00e9riel, d\u00e9ployer des forces avec leurs mat\u00e9riels. La solution interm\u00e9diaire a \u00e9t\u00e9 choisie, ce qui refl\u00e8te la d\u00e9marche intellectuelle habituelle d&rsquo;Obama : en faire un peu, pour ne pas m\u00e9contenter compl\u00e8tement ceux qui demandent qu&rsquo;on en fasse beaucoup, mais n&rsquo;en pas faire beaucoup pour ne pas m\u00e9contenter compl\u00e8tement le fond-tout-au-fond de la pens\u00e9e du pr\u00e9sident qui pr\u00e9f\u00e9rerait qu&rsquo;on ne fasse rien. (C&rsquo;est son adage pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9nonc\u00e9 une fois ou l&rsquo;autre : Si vous ne faites rien, vous ne risquez pas de faire des conneries.) Maintenant, voyons ce que nous dit Pillar, en traduisant ses observations techniques et statistiques&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le pr\u00e9-positionnement, qui \u00e9tait une mesure judicieuse du temps de <em>Reforger<\/em>, est ici une marque extraordinaire de stupidit\u00e9 et d&rsquo;incomp\u00e9tence. Il a tous les inconv\u00e9nients du pr\u00e9-positionnement et aucune de ses vertus. Il constitue une attitude de provocation hautement visible (action sur la fronti\u00e8re russe) et techniquement tr\u00e8s vuln\u00e9rable (localisation du pr\u00e9-positionnement \u00e9videmment identifi\u00e9e, et qui serait la premi\u00e8re cible, instantan\u00e9ment r\u00e9duite en poussi\u00e8re par les Russes en cas de conflit). Ce pr\u00e9-positionnement n&rsquo;est prot\u00e9g\u00e9 par aucune force valable (absence de forces US) et porte sur des chiffres exceptionnellement ridicules, notamment pour les trois pays baltes (\u00e9quipements pour une compagnie de 150 soldats dans chacun des trois pays baltes) et de toutes les fa\u00e7ons, ridicules par rapport aux forces russes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Tout le monde est prisonnier de tout le monde du c\u00f4t\u00e9 du bloc BAO : les pays qui re\u00e7oivent de l&rsquo;\u00e9quipement deviennent, aux yeux des Russes, n\u00e9cessairement des pays ennemis en cas de conflit s\u00e9rieux (avec l&rsquo;OTAN), puisqu&rsquo;ils ont du mat\u00e9riel US d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment pr\u00e9-positionn\u00e9 contre la Russie,  alors que cette mesure ne leur assure en aucun cas l&rsquo;intervention de l&rsquo;OTAN et des USA en cas de conflit. L&rsquo;OTAN et les USA sont politiquement prisonniers d&rsquo;un engagement qui, loin de leur assurer un avantage militaire les met dans une position strat\u00e9gique de haute vuln\u00e9rabilit\u00e9 ; et une d\u00e9cision de non-intervention, ou bien le retrait du mat\u00e9riel pr\u00e9-positionn\u00e9, constituerait n\u00e9cessairement une d\u00e9faite politique majeure face \u00e0 la Russie dans un affrontement dont ils auraient eux-m\u00eames fix\u00e9 les conditions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t &#8230; En effet, cette incroyable incomp\u00e9tence militaire marqu\u00e9e par une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 strat\u00e9gique stup\u00e9fiante, se fait au moment o\u00f9 des sondages montrent l&rsquo;extraordinaire relativit\u00e9 de l&rsquo;Article 5 (qui ne fait pas obligation aux pays de l&rsquo;OTAN d&rsquo;intervenir \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un autre pays-membres, mais les y autorisent simplement). Les r\u00e9sultats des sondages publi\u00e9 par PEW et signal\u00e9 par Pillar (voir pour des d\u00e9tails <em>WSWS.org<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/fr\/articles\/2015\/jui2015\/otru-j13.shtml\" class=\"gen\">13 juin 2015<\/a> et le <em>Sakerfrancophone<\/em> le <a href=\"http:\/\/lesakerfrancophone.net\/un-sondage-du-centre-de-recherche-pew-sur-lukraine\/\" class=\"gen\">15 juin 2015<\/a>), pourtant selon des formes favorables \u00e0 des r\u00e9ponses positives, enregistrent les r\u00e9sultats consternants pour l&rsquo;OTAN qu&rsquo;on a vus avec des r\u00e9ponses n\u00e9gatives dans trois pays europ\u00e9ens majeurs de l&rsquo;Alliance (l&rsquo;Allemagne, la France et l&rsquo;Italie). Les r\u00e9sultats US n&rsquo;ayant que peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat en raison de l&rsquo;\u00e9loignement de la crise, de l&rsquo;ignorance du public US et de sa volatilit\u00e9 incontr\u00f4lable si on s&rsquo;approchait d&rsquo;une possibilit\u00e9 d&rsquo;intervention (on l&rsquo;a bien vu en ao\u00fbt 2013 avec la Syrie, lorsque l&rsquo;opinion a bascul\u00e9 contre une intervention parce que celle-ci se concr\u00e9tisait), l&rsquo;ensemble non seulement d\u00e9cr\u00e9dibilise l&rsquo;OTAN mais surtout lui \u00f4te toute l\u00e9gitimit\u00e9. (L&rsquo;OTAN n&rsquo;\u00e9tant plus, dans sa raison d&rsquo;\u00eatre, qu&rsquo;une construction de communication, c&rsquo;est donc de la communication que d\u00e9pend sa l\u00e9gitimit\u00e9 compl\u00e8tement relative et artificielle. Ces sondages, qui sont de la pure communication, r\u00e9duisent sa l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 z\u00e9ro, vers une sorte de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Z\u00e9ro_absolu\" class=\"gen\">Z\u00e9ro Absolu<\/a> de la l\u00e9gitimit\u00e9, lorsque le cr\u00e9dit se dissout en une masse informe en cours d&rsquo;entropisation. Voil\u00e0 ce que vaut l&rsquo;OTAN aujourd&rsquo;hui, coinc\u00e9 dans l&rsquo;injonction du d\u00e9terminisme-narrativiste avec quelques bouffons psalmodiant des discours de type <em>fast-food<\/em>.) <\/p>\n<h3>La strat\u00e9gie a dig\u00e9r\u00e9 la <em>narrative<\/em>, le mensonge r\u00e8gne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation extraordinaire a une cause fondamentale, d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9e plus haut parce qu&rsquo;inscrite dans un texte interm\u00e9diaire et sur quoi nous revenons comme annonc\u00e9 et promis. La forme du texte du New York <em>Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/06\/16\/world\/europe\/russia-urges-us-not-to-deploy-weapons-to-border-areas.html?_r=0\" class=\"gen\">15 juin 2015<\/a> d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9, pr\u00e9sentant la r\u00e9action des Russes aux d\u00e9cisions US\/de l&rsquo;OTAN,  cette forme, disions-nous, nous avertit d&rsquo;un autre \u00e9v\u00e9nement. Ce texte, comme tout ce que publie le NYT sur les mati\u00e8res essentielles de s\u00e9curit\u00e9 nationale, et notamment sur (contre) la Russie, est une copie conforme de la forme et du fond de la position officielle,  tant le NYT est devenu un copi\u00e9-coll\u00e9 du gouvernement US, donc du Pentagone, et au-del\u00e0 et au-dessus, du Syst\u00e8me. Le d\u00e9tail de la dialectique importe dans certains cas, comme une indication pr\u00e9cieuse de ce qu&rsquo;est r\u00e9ellement la position officielle ; dans ce texte, c&rsquo;est particuli\u00e8rement le cas, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9cision strat\u00e9gique \u00e0 long terme qui refl\u00e8te une position structurelle de la bureaucratie du Pentagone,  longue \u00e0 \u00eatre d\u00e9finie et absorb\u00e9e, quasiment impossible \u00e0 \u00eatre chang\u00e9e de l&rsquo;ext\u00e9rieur une fois qu&rsquo;elle \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe phras\u00e9 de cet extrait du texte du NYT, ci-dessous, indique que la <em>narrative<\/em> totalement faussaire de la crise ukrainienne et de l&rsquo;historique du comportement russe et du comportement de l&rsquo;OTAN a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement int\u00e9gr\u00e9e dans le discours strat\u00e9gique, et par cons\u00e9quent dans les d\u00e9cisions strat\u00e9giques, \u00e9crivions-nous plus haut, \u00e9galement \u00e0 propos de cet aspect de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. En un sens, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\" class=\"gen\">d\u00e9terminisme-narrativiste<\/a> a parfaitement fonctionn\u00e9 (et continue \u00e0 fonctionner) au niveau de la bureaucratie-Syst\u00e8me du Pentagone,  et l&rsquo;on comprend qu&rsquo;ils \u00e9taient faits pour s&rsquo;entendre (d&rsquo;o\u00f9 le fameux <em>Marions-les, marions-les, ils vont tr\u00e8s bien ensemble<\/em>\u00bb de Juliette Gr\u00e9co, qui trouve ici sa justification). Certes, le d\u00e9terminisme-narrativiste est d\u00e9sormais la seule v\u00e9rit\u00e9 possible et la bureaucratie-Syst\u00e8me du Pentagone, apr\u00e8s avoir mis un peu de temps \u00e0 comprendre (elle a le front bas), d\u00e9sormais ne se tient plus de joie ; elle conna\u00eet d\u00e9sormais la seule v\u00e9rit\u00e9 possible, \u00e0 partir de laquelle seront faites les analyses strat\u00e9giques et prises les d\u00e9cisions strat\u00e9giques &#8230; Et cette <em>narrative<\/em> dit non seulement ce que la Russie a fait en Ukraine selon son point de vue qui rend le verdict de culpabilit\u00e9 tellement banal qu&rsquo;il ne vaut m\u00eame plus la peine d&rsquo;\u00eatre \u00e9nonc\u00e9, et encore moins d\u00e9montr\u00e9, mais plus encore, la <em>narrative<\/em> dit que la Russie pratique d&rsquo;une fa\u00e7on structurelle l&rsquo;agression contre ses voisins (par cons\u00e9quent non seulement l&rsquo;Ukraine mais la Pologne, les \u00c9tats baltes, etc.) ; le plus remarquable est que cela est \u00e9crit en passant, sans insister, un peu comme l&rsquo;on pisse si vous voulez, comme quelque chose de naturel tant la v\u00e9rit\u00e9 est une chose naturelle du Pentagone,  <em>ditto<\/em>, dans la nature m\u00eame du Pentagone&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The deployment of advance equipment would be the first such move since the Cold War ended with the collapse of the Soviet Union in 1991. Russia&rsquo;s annexation of Crimea and its continued military interference in eastern Ukraine  although it denies any direct involvement  have prompted fears in other countries bordering Russia about further military action or meddling.<\/em> [&#8230;] <strong><em>Aside from aggression against its neighbors<\/em><\/strong><em>, Russia has renewed surveillance flights by military aircraft across Western Europe and in North America, prompting various games of chicken between planes patrolling the lines separating national and international airspace&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;on retrouve d\u00e9sormais partout ce type de dialectique, qui s&rsquo;int\u00e8gre dans les raisonnements rationnels, raisonnables, qui guident tous les \u00e9crits de s\u00e9curit\u00e9 nationale sous l&rsquo;\u00e9gide du Syst\u00e8me. Ainsi de cet autre texte, \u00e9galement dans le NYT qui devient Notre-Bible \u00e0 cet \u00e9gard, c&rsquo;est-\u00e0-dire Notre-<em>Pravda<\/em>, de Fiona Hill et Steven Piferjune, le <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/06\/16\/opinion\/putins-risky-game-of-chicken.html?partner=rssnyt&#038;emc=rss&#038;_r=0\" class=\"gen\">15 juin 2015<\/a>. On y lit la description, les sourcils un peu fronc\u00e9s et le ton un peu s\u00e9v\u00e8re, mais tout de m\u00eame avec la compr\u00e9hension des experts en question non-orient\u00e9e de strat\u00e9gie, des jeux dangereux auxquels se livrent les Russes contre par exemple les vertueuses fr\u00e9gates US \u00e0 quelques encablures des c\u00f4tes russes, amicale proximit\u00e9, et autres jeux du type le premier qui cane (<em>Game of Chicken<\/em>)&#8230; Les deux experts veulent bien comprendre ces manifestations d&rsquo;une certaine affirmation agressive d&rsquo;une Russie \u00e9videmment aux abois en rappelant les r\u00e8gles de la Guerre froide \u00e0 cet \u00e9gard o\u00f9 il \u00e9tait bon de montrer sa force. Des exemples justement de la Guerre froide sont avanc\u00e9s de ces r\u00e9actions agressives des Russes, certains renvoyant d&rsquo;ailleurs \u00e0 une r\u00e9elle expertise-de-nos-experts, par exemple lorsqu&rsquo;ils mentionnent l&rsquo;alerte de novembre 1983. (\u00ab<em>And, in 1983, a large-scale NATO nuclear forces exercise, coming just as U.S. Pershing missile deployments were about to begin in Europe, generated a full-blown war scare in Moscow that some historians consider as serious as the Cuban Missile Crisis<\/em>\u00bb,  en oubliant tout de m\u00eame de pr\u00e9ciser qu&rsquo;au dernier moment Reagan, comprenant malgr\u00e9 tous les handicaps dont la nature l&rsquo;avait charg\u00e9 l&rsquo;incroyable stupidit\u00e9 de faire un tel exercice au moment o\u00f9 les <em>Pershing<\/em> II \u00e9taient d\u00e9ploy\u00e9s, ordonna sa suppression [il s&rsquo;agit de l&rsquo;exercice <em>Able Archer<\/em>, voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_1983_soviet_war_scare_vue_par_la_cia_21_09_2003.html\" class=\"gen\">21 septembre 2003<\/a>].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi donc se d\u00e9roule l&rsquo;analyse dont on se dit que, si elle est tout de m\u00eame biais\u00e9e au d\u00e9savantage des Russes lorsqu&rsquo;on sait que les USA pratiquent cette sorte de provocations sans interruption depuis 1948-1949, elle reste n\u00e9anmoins une approche acceptable,  lorsque soudain \u00e9clate la bombe de la <em>narrative<\/em>. Personne ne l&rsquo;a vue venir, tant elle est parfaitement int\u00e9gr\u00e9e, tant elle coule de source sous ces plumes absolument acquises \u00e0 son d\u00e9terminisme dont ils ont compris que c&rsquo;est la forme postmoderne enfin achev\u00e9 du libre-arbitre &#8230; Car nous passons des descriptions techniques de ces incidents au rappel de la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9vidente, en passant, o\u00f9 l&rsquo;action US contre la Russie sous forme d&rsquo;agression douce, l&rsquo;expansion de l&rsquo;OTAN jusqu&rsquo;aux fronti\u00e8res russes, les appels au <em>regime change<\/em> en Russie et l&rsquo;aide \u00e0 l&rsquo;opposition, les interventions du bloc BAO en Ukraine, cette guerre \u00e9conomique men\u00e9e contre la Russie et ponctu\u00e9e par des discours (un peu vite) triomphants d&rsquo;Obama, etc.,  o\u00f9 tout cela est class\u00e9 comme <em>narrative<\/em> russe, fabrication russe, produit de la schizophr\u00e9nie russe, comme allant absolument de soi  tandis que la prudence russe devant la folie-Syst\u00e8me du bloc BAO, la fa\u00e7on qu&rsquo;a Poutine de ne pas partir en guerre, ou bien sa fameuse guerre hybride qui marque simplement l&rsquo;aveuglement des services de renseignement et autres des pays du bloc BAO (notamment avec la Crim\u00e9e), cette guerre hybride qui r\u00e9ussit-mais-ce-n&rsquo;est-pas-une-raison, toutes ces choses devenant des preuves \u00e9videntes de la faiblesse peureuse et fondamentale de la Russie-Poutine, et donc des preuves <em>a contrario<\/em> de son agressivit\u00e9 toujours plus et mieux d\u00e9montr\u00e9e, venant en plus de l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Ukraine, de l&rsquo;agression contre ses voisins&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, les deux auteurs viennent-ils de nous annoncer que les USA et la Russie, dans la situation actuelle, vont se rencontre les 24-25 juin pour essayer de fixer des r\u00e8gles \u00e0 ces jeux d&rsquo;intimidation et de d\u00e9monstration symbolique de force,  ce qui est une bonne chose, et prouve les vertueuses intentions de Washington D.C., qui veut \u00e9viter \u00e0 tout prix les confrontations&#8230; Mais les Russes ? s&rsquo;interrogent nos deux experts, avec une pr\u00e9occupation \u00e0 la fois \u00e9tonn\u00e9e et presqu&rsquo;un peu attendrie : \u00ab<em>What is not clear is whether Mr. Putin and the Kremlin would welcome this step. Mr. Putin presents himself as acting to protect his country and its independence. Russian officials have created a narrative in which the West seeks to overthrow the Putin regime by supporting Russian opposition movements, ruining the economy with sanctions, and rolling Russia back from dominance in its traditional neighborhood through the expansion of NATO and European Union institutional arrangements. Mr. Putin&rsquo;s domestic popularity has become entwined with the annexation of Crimea and the war in Ukraine.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This provides the backdrop for the more aggressive and seemingly irresponsible Russian military operations, like the SU-24 and Bear flights. Last year, an SAS airliner carrying more than 130 passengers narrowly averted a mid-air collision with a Russian military aircraft that had shut down its transponder and thus did not show on the radar of civilian air traffic controllers. Mr. Putin and other senior officials have deliberately employed bellicose rhetoric, even threatening the nuclear card. They appear to have taken a page from Thomas Schelling&rsquo;s famous work on conflict behavior. They act a bit crazy in a way intended to intimidate NATO and the European Union. They resort to warmongering to convince the West that they are prepared to take greater risks.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In spite of the saber-rattling, Mr. Putin and the Kremlin do not want war with NATO. Mr. Putin is not hell-bent on the destruction of Russia or his presidency in a nuclear exchange. But Russian security elites know they lack the economic and military resources for a major conventional conflict, so Moscow has to accomplish its goals without triggering total mobilization  through hybrid tactics and bullying, including threats of a nuclear strike&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que nous voulons mettre en \u00e9vidence, bien entendu, c&rsquo;est ce processus \u00e0 la fois psychologique, avec la pr\u00e9pond\u00e9rance d&rsquo;un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_raison_devenue_idiote_utile_de_l_affectivit__11_06_2012.html\" class=\"gen\">affectivisme<\/a> curieusement bureaucratique, cr\u00e9ant une sorte de pavlovisme-orwellien o\u00f9 le r\u00e9flexe de Pavlov emp\u00eache de distinguer la m\u00e9thodologie orwellienne, o\u00f9 la m\u00e9thodologie orwellienne conseille de suivre les saines r\u00e9actions du r\u00e9flexe de Pavlov sans s&#8217;embarrasser d&rsquo;explications, et ainsi de suite ; un processus o\u00f9, d&rsquo;ailleurs, il n&rsquo;est finalement nul besoin de ces explications pavloviennes et orwellienne auxquelles s&rsquo;attachent encore quelques esprits chagrins et solitaires, et hors-Syst\u00e8me, puisque tout semble couler de source claire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Syst\u00e8me a compl\u00e8tement int\u00e9gr\u00e9 la <em>narrative<\/em>, le d\u00e9terminisme-narrative fait avancer les esprits au pas cadenc\u00e9. D\u00e9sormais, il a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 la sph\u00e8re strat\u00e9gique, sous la pouss\u00e9e compl\u00e9mentaire du <em>group-thinking<\/em> (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_virtualisme_analys_et_activ__30_09_2003.html\" class=\"gen\">30 septembre 2003<\/a> et le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_virtualisme_narrative_27_10_2012.html\" class=\"gen\">27 octobre 2012<\/a>) qui ordonne la conformit\u00e9 des pens\u00e9es au mod\u00e8le central o\u00f9 la <em>narrative<\/em> de l&rsquo;infamie russe dans la crise ukrainienne tr\u00f4ne triomphalement. La pens\u00e9e-Syst\u00e8me est d\u00e9sormais compl\u00e8tement retourn\u00e9e, et avec elle la strat\u00e9gie, la politique et le reste. Rien ne modifiera l&rsquo;attitude du Syst\u00e8me. Ce n&rsquo;est pas une mauvaise chose : d\u00e9sormais, les erreurs strat\u00e9giques auront la taille et le poids de l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 de la <em>narrative<\/em> qui infecte ces esprits qui n&rsquo;ont plus la force psychologique de lui r\u00e9sister, qui n&rsquo;ont plus la subtilit\u00e9 de percevoir la perversit\u00e9 de la pression du mensonge permanent, qui n&rsquo;ont plus rien du tout face au Syst\u00e8me&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La corde au cou sur la fronti\u00e8re russe 18 juin 2015 Dans les ann\u00e9es courantes de la Guerre froide, le terme de Reforger \u00e9tait bien connu des experts militaires. C&rsquo;\u00e9tait un acronyme sophistiqu\u00e9 compos\u00e9 des premi\u00e8res syllabes des trois mots principaux d&rsquo;une phrase signifiant renforcement des forces en Allemagne (Reinforcing Forces in Germany). 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