{"id":75959,"date":"2015-06-19T18:31:22","date_gmt":"2015-06-19T18:31:22","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/19\/chronique-du-19-courant-psychologie-crisique\/"},"modified":"2015-06-19T18:31:22","modified_gmt":"2015-06-19T18:31:22","slug":"chronique-du-19-courant-psychologie-crisique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/19\/chronique-du-19-courant-psychologie-crisique\/","title":{"rendered":"Chronique du 19 courant&#8230; Psychologie crisique"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Chronique du 19 courant&#8230; Psychologie crisique<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t19 juin 2015  &#8230;  Ces derniers jours, un sentiment qui n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait nouveau puisque j&rsquo;en ressentais les pr\u00e9misses s&rsquo;est impos\u00e9 \u00e0 nouveau \u00e0 moi, un peu plus fort qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude,  je parle d&rsquo;une habitude de langage dont les pr\u00e9misses sont apparues sur ce site en 2008-2010, qui n&rsquo;a cess\u00e9 de se renforcer, qui a pris toute sa force, je crois, avec l&rsquo;installation de la crise ukrainienne. Voyez ces mots, assez \u00e9tranges pour cette situation et pourtant tout \u00e0 fait appropri\u00e9e : l&rsquo;installation de la crise ukrainienne. (Comme si une crise \u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement stable qu&rsquo;on pouvait installer.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe lecteur qui suit <em>dedefensa.org<\/em> doit \u00eatre habitu\u00e9 \u00e0 cette sorte d&rsquo;id\u00e9es, ces concepts comme il nous arrive de dire, ou bien encore cet arsenal dialectique &#8230; Par exemple, depuis qu&rsquo;on parle d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_notre_kosmos_crisique__27_03_2013.html\" class=\"gen\">infrastructure<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_facteur_crisique__30_04_2013.html\" class=\"gen\">crisique<\/a> (voyez les r\u00e9f\u00e9rences), concept r\u00e9pandu qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 durant l&rsquo;ann\u00e9e 2013 et qui revient r\u00e9guli\u00e8rement, s&rsquo;installe cette id\u00e9e d&rsquo;une part de la permanence des crises, d&rsquo;autre part d&rsquo;une sorte d&rsquo;absolutisme qui s&rsquo;installe de la situation crisique. Cela signifie qu&rsquo;il n&rsquo;existe plus rien dans la vie publique, dans les relations politiques, dans les situations diverses, plus rien qui ne soit pas crisique. Selon cette id\u00e9e, la notion de crise est pass\u00e9e du stade \u00e9v\u00e8nementiel ou conjoncturel et de la position grammaticale de sujet, au stade structurel et m\u00eame infrastructurel (de la structure qu&rsquo;on distingue \u00e0 la structure qu&rsquo;on ne distingue plus parce qu&rsquo;elle est devenue la chose en soi o\u00f9 nous vivons) et \u00e0 la position grammaticale de qualificatif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAyant quelque chose comme un demi-si\u00e8cle d&rsquo;exp\u00e9rience professionnelle et intellectuelle d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat n\u00e9cessaire pour les affaires publiques, et notamment les relations internationales, je me rappelle tr\u00e8s bien de ce temps o\u00f9 l&rsquo;on entrait dans une crise, exactement comme dans un match de football d&rsquo;une finale de comp\u00e9tition commence apr\u00e8s les diverses comp\u00e9titions de qualification, ou comme deux \u00e9poux s&rsquo;affrontent apr\u00e8s de multiples accrochages et querelles, et celle-ci de querelle de ce soir s&rsquo;achevant par la d\u00e9cision de l&rsquo;un de quitter le domicile conjugal. Ensuite, le match se fait dans son paroxysme jusqu&rsquo;au r\u00e9sultat final, et l&rsquo;affrontement des deux \u00e9poux jusqu&rsquo;\u00e0 la proc\u00e9dure de divorce, puis enfin le divorce prononc\u00e9 et toutes les n\u00e9cessaires et d\u00e9chirantes proc\u00e9dures accomplies. Dans les deux cas, les crises ont suivi leur sch\u00e9ma normal : la pr\u00e9paration, la mont\u00e9e de la tension, la phase paroxystique de l&rsquo;affrontement, la r\u00e9solution n\u00e9cessaire et in\u00e9vitable, brutale, la dissolution, voire l&rsquo;effondrement tout aussi brutal de la tension.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn 1968, par exemple, je m&rsquo;en rappelle comme si c&rsquo;\u00e9tait hier parce que ce fut ma premi\u00e8re aventure journalistique on pouvait suivre le Printemps de Prague, la mont\u00e9e de la tension avec la lib\u00e9ralisation de la Tch\u00e9coslovaquie \u00e9clatant comme la charmante image des Cent-Fleurs de Mao au printemps, les manuvres diverses des chars des amis-fr\u00e8res du Pacte de Varsovie, les rencontres brutales de Dubcek avec Brejenv-Kossyguine-Podgorny, le fameux trio de l&rsquo;URSS d&rsquo;alors ; chaque jour vous vous dites Est-ce pour demain ?, et puis vous vous dites Non, ce n&rsquo;est pas possible car la f\u00eate continue \u00e0 Prague, et cela jusqu&rsquo;\u00e0 cette nuit du 21 ao\u00fbt 1968 o\u00f9 j&rsquo;avais poursuivi une soir\u00e9e au journal jusqu&rsquo;au bouclage de minuit et demi par quelques verres bien temp\u00e9r\u00e9s, entre journalistes comme dans un film du genre-<em>Plus dure sera la chute<\/em> avec Bogart, pour rentrer \u00e0 cinq heures du matin, et vous pouviez entendre au bulletin de l&rsquo;heure sur la radio de votre automobile, la nouvelle fi\u00e9vreuse que des avions sovi\u00e9tiques transporteurs de troupes ont atterri sur l&rsquo;a\u00e9roport de Prague &#8230; Des colonnes de chars ont commenc\u00e9 \u00e0 franchir la fronti\u00e8re tch\u00e9coslovaque ; et vous vous dites, le cur serr\u00e9 soudain, Voil\u00e0, \u00e7a y est, nous y sommes, mon Dieu que va-t-il se passer ? ; et vous savez que, comme vous, dans quelques heures, tous vos compatriotes, m\u00eame ceux qui se foutent d&rsquo;habitude des nouvelles politiques, vous savez qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui tout le monde va \u00e9couter, lire, s&rsquo;informer, s&rsquo;interroger, parce que la crise est entr\u00e9e dans son paroxysme&#8230; Deux mois plus tard, ce sera fini, le printemps devenu automne, l&rsquo;amertume de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement retomb\u00e9, la crise est finie, circulez parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a vraiment plus rien \u00e0 voir. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, plus rien de semblable &#8230; Aujourd&rsquo;hui (disons, depuis 2008-2010), plus rien de semblable, m\u00eame par comparaison avec 2003 par exemple, et la crise (ONU, discours de Villepin) jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak, du temps o\u00f9 les ma\u00eetres du monde roulaient des m\u00e9caniques en vous disant, hein, \u00ab<em>When we act, we create our own reality&#8230;<\/em>\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_virtualisme_narrative_27_10_2012.html\" class=\"gen\">2002<\/a> qu&rsquo;ils disaient \u00e7a, du temps o\u00f9 Bruxelles bruxellait toujours et o\u00f9 Washington washingtonait encore. Ca, c&rsquo;\u00e9tait une crise, et le monde tremblait&#8230; Aujourd&rsquo;hui, la crise en tant que telle, en tant que cet \u00e9v\u00e9nement fix\u00e9 dans cette s\u00e9quence classique mont\u00e9e de la tension-paroxysme-retour au calme-crise achev\u00e9e a disparu, remplac\u00e9e par la structure crisique du monde o\u00f9 aucune crise ne se termine, et le moteur de l&rsquo;infrastructure crisique qui fonctionne en-dessous et tout autour de nous, nous offrant un cadre tr\u00e8s actif d&rsquo;activit\u00e9 crisique g\u00e9n\u00e9ral sinon exclusif des affaires du monde, comme un tremblement de terre sans interruption. Certes, il y a des \u00e9pisodes,  le putsch de Kiev et les mille-et-une invasions russes de l&rsquo;Ukraine, la d\u00e9cision autour de la Gr\u00e8ce qui va faire <em>Grexit<\/em> ou pas comme on fait <em>Banco<\/em> au casino, l&rsquo;Arm\u00e9e de la Conqu\u00eate conduite par le Mar\u00e9chal Erdoturk dont on se demande si elle va se casser les dents sur <em>Daesh<\/em> en Syrie, ou le contraire, et ainsi de suite. Mais tout cela ne fait pas les gros titres comme on disait dans le temps, l\u00e0-bas, au loin, du temps o\u00f9 l&rsquo;on chantait \u00ab<em>Que reste-t-il de ces beaux jours<\/em>\u00bb ; des gros titres d&rsquo;ailleurs, la presse classique, celle que je nomme presse-Syst\u00e8me avec un m\u00e9pris dont je souris moi-m\u00eame tant il me r\u00e9chauffe mes gaillards,  la presse-Syst\u00e8me est totalement impuissante \u00e0 faire des gros titres d\u00e9sormais. J&rsquo;observe dit gaillardement le commentateur, que m\u00eame le Viagra est impuissant \u00e0 la stimuler, il ne lui fait plus d&rsquo;effet la pauvrette&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVous \u00eates comme dans une croisi\u00e8re, lorsque vous naviguez sur un navire de taille humaine qui permet des s\u00e9jours en mer en ressentant le mouvement infini de la mer, par exemple, sur un cotre de 12-14 m\u00e8tres, pleine toile, pour une affaire de quatre-cinq jours en mer. Votre monde r\u00e9duit \u00e0 ce pont de lattes de bois bien vernies ne cesse jamais de bouger, effectivement comme un tremblement de terre,  un tremblement de mer continu. Assez vite, vous ne vous apercevez plus de ce mouvement continu parce que le corps s&rsquo;habitue, compense par effet m\u00e9canique et donc inconscient le mouvement, en efface la conscience le plus souvent sauf dans le cas d&rsquo;une mer encore un peu plus forte, d&rsquo;une houle encore plus prononc\u00e9e ; mais dans les p\u00e9riodes soi-disant de calme ou d&rsquo;apaisement en fait vous bougez en permanence m\u00eame lorsque vous croyez \u00eatre immobile et vous faites l&rsquo;apprentissage de ce qui va devenir un nouvel \u00e9quilibre dans le mouvement incessant. Vous ne cessez plus jamais de bouger mais tout se passe comme si vous ne bougiez plus parce que votre corps est vraiment devenu un ensemble, un syst\u00e8me en mouvement constant,  on pourrait dire que votre corps est devenu crisique. (Vous le mesurez quand, apr\u00e8s quatre-cinq jours en mer, vous arrivez \u00e0 l&rsquo;escale et d\u00e9barquez sur la terre ferme. Pendant une minute, pendant quatre-cinq minutes que sais-je, vous tanguez, vous titubez, vous vous retenez \u00e0 ceci ou \u00e0 cela, tant qu&rsquo;on se dit parfois Quelle muffl\u00e9e il tient, celui-l\u00e0 et que parfois vous devez vous asseoir jusqu&rsquo;\u00e0 ce que votre corps commence \u00e0 se r\u00e9habituer \u00e0 l&rsquo;absence de mouvement de la terre justement dite ferme.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Eh bien, aujourd&rsquo;hui ce n&rsquo;est plus le corps qui est dans cet \u00e9tat, c&rsquo;est la psychologie. C&rsquo;est ce qui nous vaut le titre de cette honorable chronique, de Psychologie crisique,  elle ne cesse plus de bouger, de tanguer, press\u00e9e de tous c\u00f4t\u00e9s et sans aucune interruption, par toutes les crises qui n&rsquo;en font plus qu&rsquo;une et produise ce mouvement permanent, constant&#8230; Pourtant elle s&rsquo;habitue, la psychologie, elle se fait exactement comme un caract\u00e8re se forme et se forge dans la temp\u00eate qu&rsquo;est la vie lorsque la vie est v\u00e9cue pour ce qu&rsquo;elle est, comme une crise permanente. Elle abandonne son statut de psychologie de crise (psychologie en crise \u00e0 cause des crises qu&rsquo;on distinguerait encore) pour devenir psychologie crisique (psychologie qui a absorb\u00e9 la permanence du mouvement que lui impose l&rsquo;infrastructure crisique du monde, et toutes les crises incessantes, s&rsquo;additionnant, organisant un tremblement de crise sans interruption).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que cette psychologie crisique que je d\u00e9couvre ? Justement, elle r\u00e9serve des surprises&#8230; C&rsquo;est vrai, il m&rsquo;est arriv\u00e9 dans cette chronique d&rsquo;\u00e9voquer mon angoisse effectivement chronique, mes tourments, mes interrogations affreuses et ainsi de suite. Ces longues plaintes dont j&rsquo;essayais pourtant de d\u00e9gager un sens qui m&rsquo;\u00e9vitait le d\u00e9sespoir (par exemple le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_harmonie_19_03_2013.html\" class=\"gen\">19 mars 2013<\/a>) mais qui gardaient une affreuse dimension d&rsquo;un tragique path\u00e9tique n&rsquo;avaient d&rsquo;autre but que de t\u00e9moigner, car pour se soigner et s&rsquo;en d\u00e9barrasser il \u00e9tait \u00e9vident que rien, absolument rien n&rsquo;\u00e9tait \u00e0 esp\u00e9rer. Eh bien, voil\u00e0 que les choses tendent \u00e0 changer, ou quelque chose du genre&#8230; Il se pose d\u00e9sormais la question, depuis quelques temps, que je peux r\u00e9sumer lestement de cette fa\u00e7on en me rappelant cette fuite et cette chute dans l&rsquo;angoisse : Et alors ? Ce qui se traduirait, au regard du tumulte formidable des crises qui s&#8217;empilent et s&rsquo;ajoutent, et forment d\u00e9sormais un monde nouveau, crisique et rien que cela, cela se traduirait de cette fa\u00e7on plus \u00e9labor\u00e9e, plus avanc\u00e9e, d&rsquo;une fa\u00e7on plus r\u00e9aliste si l&rsquo;on veut,  Et alors, qu&rsquo;est devenue ton angoisse, cette ombre sombre de ton ombre qui semblait devoir t&#8217;emporter, qui colorait ton avenir de la couleur des cr\u00e9puscules sans lendemain ?.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertes, rien n&rsquo;a disparu bien au contraire. Le fardeau est toujours l\u00e0, avec son poids terrible, sa pr\u00e9sence constante, mais il me semble qu&rsquo;il il a une consistance diff\u00e9rence. Il demande toujours des efforts constants et terribles mais qui ne vont pas tous dans le m\u00eame sens de la d\u00e9pression du caract\u00e8re, ou de la lutte contre la d\u00e9pression du caract\u00e8re pour retrouver un peu d&rsquo;ardeur, des efforts qui semblent d\u00e9sormais produire toujours plus de cette r\u00e9silience qui transforme la d\u00e9pression en ferme r\u00e9solution du caract\u00e8re. L&rsquo;angoisse n&rsquo;est absolument pas supprim\u00e9e, non, sans le moindre doute et je dirais m\u00eame au contraire, mais elle semble,  comment dirait-on,  se civiliser, peut-\u00eatre, ou bien encore mieux, elle semble se diversifier dans des directions inattendues. L&rsquo;angoisse initiale subsiste, avec son poids comme un boulet attach\u00e9 \u00e0 une cheville, mais s&rsquo;y ajoute d\u00e9sormais une autre sorte d&rsquo;angoisse, assez \u00e9trange, assez paradoxale, peut-\u00eatre bien que je la qualifierais d&rsquo;a\u00e9rienne et que je dirais qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas exempte d&rsquo;ironie, d&rsquo;une certaine d\u00e9rision roborative qui lui donne par moment de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Il y a des signes, je veux dire des signes ext\u00e9rieurs que ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne serait pas d\u00fb \u00e0 mon seul nombrilisme dont il est reconnu par l&rsquo;universit\u00e9 qu&rsquo;il est ne peut \u00eatre que pathologique, puisque nourrissant une pens\u00e9e diff\u00e9rente, mais des signes ext\u00e9rieurs qui font que je pr\u00e9tendrais au contraire que ce ph\u00e9nom\u00e8ne repr\u00e9sente objectivement une \u00e9volution g\u00e9n\u00e9rale et que la pathologie n&rsquo;est plus dans le caract\u00e8re mais dans l&rsquo;\u00e9volution d\u00e9sormais irr\u00e9versible de ce monde catastrophique qui forge les caract\u00e8res de la r\u00e9sistance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJe dois avouer \u00e0 mes chers lecteurs qu&rsquo;il y a de petits signes qui fleurissent, comme une floraison de printemps, dans l&rsquo;apparition de ces textes de satire (voir les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-enqu_te_quelle_sauce_poutine_mange-t-il_ses_soldats__31_05_2015.html\" class=\"gen\">31 mai 2015<\/a> et ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_false_narrative_ou_le_false_flag_retourn__19_06_2015.html\" class=\"gen\">19 juin 2015<\/a> d&rsquo;aujourd&rsquo;hui m\u00eame qui a fortement renforc\u00e9 le sens de ce texte). Cette satire, telle que je la per\u00e7ois, d\u00e9clenche des rires tr\u00e8s lib\u00e9rateurs, francs, pas du tout nerveux, ici et l\u00e0 quand je les lis. Nos adversaires, ces pauvres caract\u00e8res sans gloire ni ardeur, ces tristes corrompus qui puent le discours convenus, qui ont l&rsquo;esprit cribl\u00e9s de lieux communs, qui n&rsquo;ont aucun but, aucun sens, qui tournent en rond dans le nihilisme de leur <em>narrative<\/em>, nos adversaires qui ne sont pas si m\u00e9chants, qui ne sont que de pauvres h\u00e8res sous l&#8217;empire du Mal, montrent une si grande maladresse, une si catastrophique absence d&rsquo;esprit qu&rsquo;on \u00ab<em>r\u00e9alise soudain, et comme par surprise, combien les h\u00e9ros de la narrative sont proches de leur caricature lorsque l&rsquo;on propose leur caricature<\/em>\u00bb (je cite l&rsquo;un des textes r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s). Devant ces choses, le r\u00e9flexe de l&rsquo;angoisse est de se colorer d&rsquo;ironie, et l&rsquo;on parlerait aussi bien, puisque nous y sommes, d&rsquo;ironie crisique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEh bien, je crois que c&rsquo;est cela, une psychologie crisique ; une psychologie de crise qui est en train d&rsquo;approcher de la maturit\u00e9, cette maturit\u00e9 figurant le domaine psychologique qui va \u00eatre parcourue avec la compl\u00e8te conscience des caract\u00e8res, de la puissance, de l&rsquo;universalit\u00e9 absolue du caract\u00e8re crisique de la Grande Crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Je crois que cette psychologie crisique o\u00f9 commence \u00e0 se signaler une sorte d&rsquo;angoisse plus a\u00e9rienne, en un sens paradoxal moins angoissante sans jamais qu&rsquo;elle perde de sa force, c&rsquo;est la psychologie qui accepte, qui reconna\u00eet, qui identifie l&rsquo;entr\u00e9e d\u00e9cisive dans la phase paroxystique de l&rsquo;immense \u00e9branlement crisique du monde. Cela implique une sorte de lib\u00e9ration, puisque cela implique une reconnaissance, je veux dire le fait que notre psychologie a enfin reconnu les conditions du paroxysme crisique, et qu&rsquo;elle n&rsquo;est donc plus plac\u00e9e devant l&rsquo;\u00ab<em>\u00e9norme poids du rien<\/em>\u00bb dont parlait le compte Joseph (voir une autre chronique, celle du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_entre_rien_et_solitude_19_09_2013.html\" class=\"gen\">19 septembre 2013<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Le ridicule ne tue pas parce que nous ne sommes pas des tueurs ; non, le ridicule ridiculise, et pour ces pi\u00e8tres chevaliers du Syst\u00e8me, ces justiciers tr\u00e9buchants du conformisme de la modernit\u00e9, le ridicule est la chose la plus terrible dont le Ciel puisse les gratifier. Le ridicule les r\u00e9duit \u00e0 leurs dimensions &#8230; Voil\u00e0 \u00e0 quoi, peu \u00e0 peu, les \u00e9v\u00e8nements formidables jusqu&rsquo;\u00e0 la re-cr\u00e9ation des \u00e9v\u00e8nements du monde en un ph\u00e9nom\u00e8ne crisique g\u00e9n\u00e9ral comme l&rsquo;on dirait d&rsquo;une dynamique sismique sans arr\u00eat finissent par changer tout ce qui d\u00e9pend d&rsquo;eux, et particuli\u00e8rement notre psychologie. Je ne dis pas, stupidement, que nous y sommes, que nous sommes en train de l&#8217;emporter dans une chevauch\u00e9e fantastique ; nous ne saurons jamais quand nous aurons gagn\u00e9, et d&rsquo;ailleurs ce n&rsquo;est pas une bataille comme on en trouve dans les historiographies convenues. Je dis que les sombres nu\u00e9es du tremblement de terre crisique s&rsquo;\u00e9clairent de leur signification profonde et cette \u00e9trange clart\u00e9 de clair-obscur commence \u00e0 vous montrer l&rsquo;\u00e9tat du monde tel qu&rsquo;il est. La tromperie, la mascarade, le simulacre reculent par la cause du ridicule qui les habite, tir\u00e9s vers le bas par le Mal auquel ils c\u00e8dent, et la v\u00e9rit\u00e9 de la situation du monde tend d\u00e9sormais \u00e0 para\u00eetre pour ce qu&rsquo;elle est. Ni l&rsquo;angoisse, ni le tremblement de terre crisique ne sont finis, en aucune fa\u00e7on et bien au contraire, mais la situation du monde se dissimule de moins en moins. On dirait que quelque Dieu du monde et de ses alentours a d\u00e9cid\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait temps de mettre toutes nos cartes sur la table, pour enfin entamer la partie d\u00e9cisive, celle qui ne dissimule plus. Nous sommes \u00e0 psychologie d\u00e9couverte, \u00e0 l&rsquo;heure de la psychologie crisique.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Philippe Grasset<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronique du 19 courant&#8230; Psychologie crisique 19 juin 2015 &#8230; Ces derniers jours, un sentiment qui n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait nouveau puisque j&rsquo;en ressentais les pr\u00e9misses s&rsquo;est impos\u00e9 \u00e0 nouveau \u00e0 moi, un peu plus fort qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude, je parle d&rsquo;une habitude de langage dont les pr\u00e9misses sont apparues sur ce site en 2008-2010,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[4589,5091,3228,8294,12925,3841,7572,9224,3099,16724,4839,1296],"class_list":["post-75959","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archivesphg","tag-4589","tag-caricature","tag-crise","tag-crisique","tag-croisiere","tag-grece","tag-infrastructure","tag-ironie","tag-psychologie","tag-tangage","tag-tchecoslovaquie","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75959","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75959"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75959\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75959"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75959"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75959"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}