{"id":75962,"date":"2015-06-21T21:44:31","date_gmt":"2015-06-21T21:44:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/21\/notes-sur-la-crise-a-lelectro-encephalogramme-plat\/"},"modified":"2015-06-21T21:44:31","modified_gmt":"2015-06-21T21:44:31","slug":"notes-sur-la-crise-a-lelectro-encephalogramme-plat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/21\/notes-sur-la-crise-a-lelectro-encephalogramme-plat\/","title":{"rendered":"Notes sur la crise \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectro-enc\u00e9phalogramme plat"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur la crise \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectro-enc\u00e9phalogramme plat<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t21 juin 2015  Quoi qu&rsquo;on fasse et quelque analyse qu&rsquo;on d\u00e9veloppe, la crise ukrainienne revient sans cesse sur le devant de la <strong>sc\u00e8ne crisique du monde<\/strong>, comme incontestable vedette. Elle s&rsquo;est constitu\u00e9e en crise centrale du monde, aussi bien par ses caract\u00e8res op\u00e9rationnels (influence et communication surtout avec le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\" class=\"gen\">d\u00e9terminisme-narrativiste<\/a>, constituants g\u00e9opolitiques, militaires, \u00e9conomiques et commerciaux, etc.) que par ses caract\u00e8res hors du standard, que nous tendrions \u00e0 qualifier de m\u00e9tahistoriques. Elle constitue sans aucun doute un \u00e9v\u00e9nement exceptionnel, sans pr\u00e9c\u00e9dent ni \u00e9quivalent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est tr\u00e8s difficile de parler \u00e0 son propos de phases d&rsquo;une fa\u00e7on rationnelle, tant elle constitue un ph\u00e9nom\u00e8ne propre, un ph\u00e9nom\u00e8ne <em>per se<\/em>, qui r\u00e9pond \u00e0 sa propre logique et nullement \u00e0 une logique politique g\u00e9n\u00e9rale ; pour autant nous soup\u00e7onnons que cette propre logique de la crise ukrainienne constitue, autant par ses caract\u00e8res logiques propres que par ses incoh\u00e9rences <strong>apparentes<\/strong>, un miroir compl\u00e8tement acceptable de la Grande Crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Plus qu&rsquo;un mod\u00e8le de crise, on peut dire qu&rsquo;elle est la crise par d\u00e9finition,  d\u00e9finition compl\u00e8tement postmoderne, cela va de soi. C&rsquo;est bien entendu en cela que cette crise est \u00e0 la fois centrale, fondamentale et qu&rsquo;elle est la crise haute par excellence&#8230; La crise ukrainienne oppose les forces principales de la situation internationale mais d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s sp\u00e9cifique, en les pla\u00e7ant en position de Syst\u00e8me-<em>versus<\/em>-antiSyst\u00e8me quoi qu&rsquo;il en soit de leurs positions objectives, et ainsi repr\u00e9sentant le mieux et de la fa\u00e7on la plus satisfaisante la Crise G\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe mois dernier, il y a eu le d\u00e9placement de John Kerry \u00e0 Sotchi (voir notamment les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_visite_en_passant_sotchi_14_05_2015.html\" class=\"gen\">14 mai 2015<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_sotchi_l_ombre_du_bataillon_immortel__21_05_2015.html\" class=\"gen\">21 mai 2015<\/a>). On pouvait raisonnablement concevoir que ce serait un tournant. Ce ne le fut pas, et il y a l\u00e0 un fait remarquable qui renforce en le confirmant le caract\u00e8re d&rsquo;exceptionnalit\u00e9 de la crise ukrainienne. Aujourd&rsquo;hui, on peut dire que la crise ukrainienne est revenue \u00e0 sa situation naturelle et normale d&rsquo;exceptionnalit\u00e9, avec des caract\u00e8res remarquables que nous d\u00e9taillerons en fin d&rsquo;analyse. La <strong>normalit\u00e9 de l&rsquo;exceptionnalisme<\/strong> est le trait,  compl\u00e8tement oxymorique et paradoxal, et pourtant nullement contradictoire,   absolument, sinon exclusivement caract\u00e9ristique de cette situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous allons introduire plusieurs interventions (trois) de source am\u00e9ricaniste, chacune sous la forme du type-interview (questions-r\u00e9ponses), auxquelles nous accorderons une place importante. On verra que la forme de ces interventions (d&rsquo;o\u00f9 leur longueur pour mieux se p\u00e9n\u00e9trer du ton) importe au moins autant, et sans doute plus, que le fond. Nous pensons que ces interventions, qui nous paraissent toutes fond\u00e9es et raisonnables sinon justes, constituent une illustration acceptable de la situation de la crise, et cette situation suffisamment riche pour que nous puissions en extraire des v\u00e9rit\u00e9s importantes (des v\u00e9rit\u00e9s de situation).<\/p>\n<h3>Sept ans plus tard, <em>still a mystery<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa premi\u00e8re de ces interventions est celle du journaliste John Parry, \u00e9diteur du site <em>ConsortiumNews<\/em>. Inutile d&rsquo;insister \u00e0 propos de cette personnalit\u00e9, que nos lecteurs connaissent bien, autant pour ses capacit\u00e9s professionnelles, ses r\u00e9seaux d&rsquo;information (sources), que pour ses positions de critique politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour autant, il ne s&rsquo;agit pas, comme \u00e0 l&rsquo;habitude, d&rsquo;un texte d&rsquo;analyse de Parry, mais d&rsquo;un Parry dans un r\u00f4le invers\u00e9. Il est ici effectivement dans la position de la personne interview\u00e9e, par Dennis J. Bernstein, qui anime son \u00e9mission <em>FlashPoint<\/em> sur la station de radio <em>Pacifico<\/em> connue pour \u00eatre de tendance lib\u00e9rale-progressiste, mais suffisamment critique de la politique officielle pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme antiSyst\u00e8me. Le <em>verbatim<\/em> de l&rsquo;interview radiodiffus\u00e9e de Parry est publi\u00e9 sur le site de l&rsquo;interview\u00e9, <em>ConsortiumNews<\/em>, le <a href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2015\/06\/19\/the-rush-to-a-new-cold-war\/\" class=\"gen\">19 juin 2015<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;extrait publi\u00e9 ci-dessous explicite l&rsquo;appr\u00e9ciation de Parry de la position d&rsquo;Obama, et notamment la fa\u00e7on dont le pr\u00e9sident a envoy\u00e9 Kerry \u00e0 Sotchi, a obtenu des r\u00e9sultats, puis a entrepris de compromettre voire de saboter ces r\u00e9sultats. Cette observation renforce l&rsquo;avis que Maureen Dowd a recueilli de l&rsquo;ambassadeur de France \u00e0 Washington (Arrow-Araud, voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_false_narrative_ou_le_false_flag_retourn__19_06_2015.html\" class=\"gen\">19 juin 2015<\/a>), pourtant <em>neocon<\/em> reconnu dans le corps diplomatique fran\u00e7ais : si Obama fut un second Messie puisqu&rsquo;il succ\u00e9da \u00e0 GW, il est rest\u00e9 un myst\u00e8re (\u00ab<em>Even though<\/em> [Araud] <em>still finds President Obama a mystery, he said for us, he was a second messiah. After George W., it was easy.<\/em>\u00bb)&#8230; Un tel constat d&rsquo;ailleurs rapport\u00e9 de fa\u00e7on accessoire, comme en passant,  de la part d&rsquo;un diplomate qui est en poste aux USA depuis 2010 et qui a des contacts privil\u00e9gi\u00e9s avec les milieux d&rsquo;influence US, particuli\u00e8rement les <em>neocons<\/em> qui doivent en savoir long sur Obama, en dit encore plus long sur le caract\u00e8re \u00e9lusif et insaisissable du pr\u00e9sident US. Dans ce cas, ces remarques cadrent parfaitement avec son comportement autour du voyage de Kerry \u00e0 Sotchi, sans pourtant en donner une explication rationnelle et satisfaisante,  mais parce que, justement, il n&rsquo;y a peut-\u00eatre pas d&rsquo;explication rationnelle et satisfaisante&#8230;<\/p>\n<h3>Parry, <em>inside the Beltway<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici donc quelques extraits de l&rsquo;interview de Parry par Bernstein, choisis en rapport avec la position, l&rsquo;attitude d&rsquo;Obama, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et plus pr\u00e9cis\u00e9ment autour du voyage de Kerry \u00e0 Sotchi.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Dennis J. Bernstein<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Let&rsquo;s talk about the origins of this cold war rhetoric. First, we have Barack Obama leading the charge. He has become a real cold warrior, hasn&rsquo;t he?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Robert Parry<\/em><\/strong>: \u00ab<em>He&rsquo;s certainly allowed some of his underlings to use very aggressive rhetoric against the Russians, particularly Assistant Secretary of State Victoria Nuland, who led the charge in supporting the coup in Ukraine in early 2014&#8230;<\/em>\u00bb [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Dennis J. Bernstein<\/em><\/strong> : \u00ab<em>You have previously said the U.S. played an active role in this<\/em> [<em>Kiev February 2014&prime;<\/em>]  coup.<D>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Robert Parry<\/em><\/strong>: \u00ab<em>There&rsquo;s no question&#8230;<\/em>\u00bb [&#8230;] \u00ab<em>There were all the markings of a coup d&rsquo;\u00e9tat. More neutral observers, who have looked at this, including the head of the Stratfor think tank (George Friedman), have called it the most obvious coup he&rsquo;s ever seen. That was the reality, but the U.S. news media and U.S. government chose to present it in a very different way. The Yanukovych government just left the scene, or something, is how the New York Times presented it. That wasn&rsquo;t real, but that&rsquo;s how they sold it to the American people.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>We have two very distinct ways of looking at this. One is the ethnic Russians of Ukraine who saw their president violently overthrown, and the other is the western Ukrainians, backed by the U.S., and in some degree the European Union, saying they got rid of a corrupt leader, through a revolution, if you will. That became the core problem between the U.S. and Russians. Instead of finding common factual points to agree on, there are these two distinctly different narratives about what went on there.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Dennis J. Bernstein<\/em><\/strong> : \u00ab<em>In Germany, recently, Obama himself carried this forward.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Robert Parry<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Obama has been all over the map on this. In May, he sent Secretary of State Kerry to meet with President Putin and Foreign Minister Lavrov in Sochi, Russia. Those meetings, by all accounts, went very well in that Kerry was looking for Russian help on a variety of international problems, including Syria, Libya, the Iranian nuclear talks, and so forth. These are areas where Putin has been very helpful in the past in terms of U.S. policy. There was a general meeting of the minds, it seemed.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But after Kerry returned, Obama seemed to swing back, to go more with his hard-liners. That was followed by the recent G7 Summit in Bavaria, at which Obama pushed for a continuation of economic sanctions against Russia. He continued to blame Russia for all the problems of Ukraine. He pretended that the Russians were the problem for why the Minsk 2 Peace Accord had not been going forward, even though the accord was essentially Putin&rsquo;s idea that he sold to the Germans and the French. It&rsquo;s really the Kiev regime that has tried to derail the Minsk 2 agreement from the very time it was signed.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Yet Obama took aggressive positions in Bavaria, including personal insults directed at Putin. Now we are back into this idea that we must have a confrontation with Russia. We&rsquo;re seeing this play out not just at the government level, but now also at the media level. At the more popular level, the New York Times and other major news organizations essentially are acting as propaganda agents for the U.S. government, by simply conveying whatever the government says as fact, and not something to be checked out.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Dennis J. Bernstein<\/em><\/strong> : \u00ab<em>You are saying this as somebody who is based outside the Beltway, correct?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Robert Parry<\/em><\/strong>: \u00ab<em>No, I&rsquo;m actually inside the Beltway.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Dennis J. Bernstein<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Good, I feel better now that you&rsquo;re in there&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Les ambigu\u00eft\u00e9s incertaines de John Kerry<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons laiss\u00e9 volontairement cette question \u00e0 Parry concernant <em>the Beltway<\/em> (expression qui d\u00e9signe l&rsquo;<em>establishment<\/em>, les \u00e9lites-Syst\u00e8me de Washington). Ce passage semble accessoire, sauf qu&rsquo;il revient tout de m\u00eame \u00e0 demander \u00e0 Parry s&rsquo;il parle comme quelqu&rsquo;un d&rsquo;en-dehors du Syst\u00e8me (en dissident si l&rsquo;on veut par rapport \u00e0 la situation US), ce \u00e0 quoi Parry r\u00e9pond par la n\u00e9gative. Cela signifie d&rsquo;une part qu&rsquo;il se consid\u00e8re comme un journaliste disons accr\u00e9dit\u00e9-Syst\u00e8me, et cela peut aussi signifier qu&rsquo;il parle en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des sources du Syst\u00e8me faisant partie de son r\u00e9seau d&rsquo;informateurs, comme tout journaliste accr\u00e9dit\u00e9-Syst\u00e8me. (Parry est fameux pour la qualit\u00e9 de ses sources, notamment au sein de la communaut\u00e9 de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, notamment des services et agences de renseignement.) Il y a aussi son indication, \u00e0 sa premi\u00e8re r\u00e9ponse, qu&rsquo;Obama a laiss\u00e9 certains de ses hauts fonctionnaires utiliser une rh\u00e9torique extr\u00eamement agressive contre les Russes, notamment Victoria Nuland&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tR\u00e9unies pour introduire ce qui va suivre, ces indications peuvent signifier que Parry, qui a ses sources dans le <em>Beltway<\/em>, a parl\u00e9 ou parle r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des gens proches de Kerry, sinon et plut\u00f4t \u00e0 Kerry lui-m\u00eame ; et que la position et la rh\u00e9torique de Nuland sont couvertes par Obama lui-m\u00eame, peut-\u00eatre pas avec l&rsquo;agr\u00e9ment enthousiaste de Kerry. La nomination de Nuland \u00e0 son poste d&rsquo;adjointe au secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat pour les affaires europ\u00e9ennes reste une question assez myst\u00e9rieuse. Des pr\u00e9cisions donn\u00e9es par Lavrov sur la fa\u00e7on dont Kerry lui avait annonc\u00e9 la nouvelle laissent ouvertes toutes les hypoth\u00e8ses sur les circonstances de cette nomination : fut-elle d\u00e9cid\u00e9e par Kerry ou impos\u00e9e \u00e0 Kerry ? Les remarques que nous faisions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hyst_ries_en_m_nage_neocons_et_r2p_21_04_2014.html\" class=\"gen\">21 avril 2014<\/a> \u00e0 cet \u00e9gard peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es diff\u00e9remment \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e8nements r\u00e9cents, avec Kerry montrant une attitude ambigu\u00eb pour dissimuler ce qu&rsquo;il pense de cette nomination &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Le Russe Lavrov a racont\u00e9 comment, lors d&rsquo;une de ses premi\u00e8res rencontres avec le nouveau secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat au printemps 2013, il avait f\u00e9licit\u00e9 Kerry pour avoir liquid\u00e9 Victoria Nuland de sa position de porte-parole du d\u00e9partement o\u00f9 l&rsquo;avait install\u00e9e Clinton ; Kerry lui avait r\u00e9pondu qu&rsquo;il l&rsquo;avait au contraire promue (comme adjointe au secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat pour les affaires europ\u00e9ennes et asiatiques), ajoutant qu&rsquo;il aurait ainsi, \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, une diplomate exp\u00e9riment\u00e9e pour conduire une politique d&rsquo;entente, notamment et pr\u00e9cis\u00e9ment avec la Russie. Lavrov avait consid\u00e9r\u00e9 Kerry pour tenter de distinguer dans ses paroles quelque ironie ou sarcasme, pour n&rsquo;y trouver qu&rsquo;un s\u00e9rieux ing\u00e9nu et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment na\u00eff,  et peut-\u00eatre, m\u00eame, volontairement na\u00eff. La question se pose en effet, dans ce cas de Kerry comme dans tant d&rsquo;autres, et dans le cas d&rsquo;Obama comme dans celui de Kerry, s&rsquo;il existe une conscience r\u00e9elle de la signification des actes ainsi pos\u00e9s, par rapport \u00e0 ce que tout homme normalement inform\u00e9 doit en savoir, \u00e0 la lumi\u00e8re de la personnalit\u00e9 et de l&rsquo;activisme bien connues d&rsquo;une Nuland. Lavrov rapporte que Kerry ne semblait pas vraiment comprendre ce que signifiait, en termes de perspectives politiques, la nomination de Nuland \u00e0 un tel poste,  non plus que, dans un autre contexte, celle de Power \u00e0 la t\u00eate de la d\u00e9l\u00e9gation diplomatique US aux Nations-Unies.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Le contre-amiral au d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tParlons donc maintenant de John Kerry, bless\u00e9 assez s\u00e9rieusement (fracture s\u00e9rieuse de la jambe) lors d&rsquo;une chute de v\u00e9lo il y a trois semaines. Bien entendu, Kerry s&rsquo;est montr\u00e9 tr\u00e8s discret depuis, puisqu&rsquo;immobilis\u00e9 par ce probl\u00e8me de sant\u00e9 qui l&rsquo;affecte d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 subi des interventions dans ce domaine. Pendant ce laps de temps, des rumeurs diverses ont nourri quelques sp\u00e9culations un tantinet complotistes concernant les circonstances de l&rsquo;accident. Quoi qu&rsquo;il en soit, on a la sensation tr\u00e8s pressante d&rsquo;un affrontement, o\u00f9 les effacements, m\u00eame temporaires et m\u00eame accidentels, du th\u00e9\u00e2tre de la communication, ont des effets rapides sur l&rsquo;orientation de la politique. (Mais certes, ces affrontements peuvent aussi bien \u00eatre des reclassements automatiques, selon les circonstances, sous la pression du Syst\u00e8me pris comme force autonome.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une certaine fa\u00e7on, Kerry a confirm\u00e9 <em>a contrario<\/em> ces impressions en intervenant d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s inhabituelle lors de la conf\u00e9rence de presse quotidienne du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, mardi dernier. Les conditions de cette intervention peuvent \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es avec int\u00e9r\u00eat &#8230; Cela s&rsquo;est fait dans des conditions \u00e9galement fort inhabituelles pour cette sorte d&rsquo;intervention, si formaliste aux USA. Le 16 juin, le contre-amiral John Kirby \u00e9trennait devant la presse ses fonctions de nouveau porte-parole du d\u00e9partement. Kirby remplace la fameuse <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_narrative_r_gne_en_despote_14_02_2015.html\" class=\"gen\">Jennifer Psaki<\/a>, partie \u00e0 la Maison-Blanche le 1er avril, et qui n&rsquo;est pas remplac\u00e9e par son adjointe <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-nous_savons_parce_que_nous_savons_parce_que_nous_savons_22_07_2014.html\" class=\"gen\">Mary Harf<\/a> (en \u00e9tat de grossesse, nous semble-t-il). Kirby, contre-amiral, vient du Pentagone et on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 entendu et vu en action au d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, au cours d&rsquo;une fameuse empoignade avec le journaliste d&rsquo;AP Matt Lee (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_narrative-syst_me_c_est_bien_plus_qu_orwell_18_10_2014.html\" class=\"gen\">18 octobre 2015<\/a>)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi donc, l&rsquo;amiral Kirby devenu Mr. Kirby, explique \u00e0 ses auditeurs de la presse accr\u00e9dit\u00e9e que, tout nouveau intervenant \u00e0 cette fonction difficile, il sollicite l&rsquo;aide d&rsquo;un intervenant du d\u00e9partement, pour ce <a href=\"http:\/\/www.state.gov\/r\/pa\/prs\/dpb\/2015\/06\/243890.htm\" class=\"gen\">16 juin 2015<\/a>, qui n&rsquo;av\u00e8re n&rsquo;\u00eatre rien de moins que le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat lui-m\u00eame, en audioconf\u00e9rence depuis sa r\u00e9sidence de Boston ; Kirby, lui, se contentant finalement d&rsquo;\u00eatre le mod\u00e9rateur&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>&#8230; Listen, so it&rsquo;s my first day at the podium and I kind of figured that I might need some help, so I have asked Secretary Kerry to help join me today and so we have him remotely from Boston. Could we bring the Secretary up, please? There he is.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Now, obviously, this is a live remote situation, so the Secretary can&rsquo;t see you. He&rsquo;s going to have a few comments to kick this off, and then we&rsquo;re going to go to questions. The Secretary also has a plane to catch, so we&rsquo;re not going to be able to take a lot of questions today. I will be moderating. I&rsquo;ll choose those who are going to  I&rsquo;ll call on you. I&rsquo;d ask you to just please, as you ask your question, identify yourself and who you&rsquo;re with so the Secretary knows who&#8230; <\/em>[inaudible].<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Okay. Mr. Secretary, can you hear me okay?<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Jambe cass\u00e9e, Kerry-Lavrov va bien, merci&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Kerry entendant Kirby <em>okay<\/em>, la conf\u00e9rence de presse improvis\u00e9e put commencer. Kerry fut le seul \u00e0 parler et il y eut un tour de table g\u00e9n\u00e9ral concernant les grandes questions en cours. Matt Lee intervint mais se garda bien de chercher la confrontation comme il fait d&rsquo;habitude avec le (la) porte-parole. Enfin, Kerry termina par deux questions concernant l&rsquo;Ukraine\/la Russie, ou d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale la nouvelle Guerre froide. (Premi\u00e8re question sur l&rsquo;Ukraine et l&rsquo;application de Minsk2, deuxi\u00e8me question sur l&rsquo;annonce par la Russie de l&rsquo;addition de quarante missiles strat\u00e9giques intercontinentaux \u00e0 leur arsenal en 2015.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJustement, Kerry ne veut pas entendre parler d&rsquo;une nouvelle Guerre froide. Ses interventions sont extr\u00eamement prudentes, mesur\u00e9es au millim\u00e8tre pour montrer le c\u00f4t\u00e9 le plus conciliant possible avec la Russie. Kerry \u00e9carte les affirmations accusatrices, les suggestions antagonistes, etc.,  comme il ne s&rsquo;est jamais emp\u00each\u00e9 de faire souvent de fa\u00e7on agressive, bien au contraire, avant Sotchi&#8230; Le ton, la forme des phrases, la tendance constante de parler, quand c&rsquo;est possible, d&rsquo;une fa\u00e7on collective qui inclut les Russes comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une intervention Kerry-Lavrov, est \u00e9vidente, parfois jusqu&rsquo;\u00e0 des lieux communs stup\u00e9fiants d&rsquo;\u00e9vidence \u00e9nonc\u00e9s d&rsquo;un ton tr\u00e8s ferme pour montrer indirectement le bon climat Kerry-Lavrov,  par exemple, lorsqu&rsquo;il indique qu&rsquo;il y accord entre Lavrov et lui (ils se sont parl\u00e9s au t\u00e9l\u00e9phone plusieurs fois depuis l&rsquo;accident, dont le 15 juin) pour que les incidents sur le terrain diminuent et le rythme des n\u00e9gociations augmente (\u00ab<em>And I made it very, very clear, and he<\/em> [Lavrov] <em>accepted the idea, that there needs to be less fighting and more negotiating, and more movement with respect to the Minsk implementation process<\/em>\u00bb). Voici l&rsquo;extrait, certes un peu longuet, mais il nous semble bien, encore une fois, que c&rsquo;est surtout le ton et la forme du langage qu&rsquo;il faut appr\u00e9cier, beaucoup plus que le fond qui est extr\u00eamement pauvre&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Question<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Thank you, Mr. Secretary. Elise Labott&#8230; <\/em>[&#8230;] <em>You spoke about your conversation with Foreign Minister Lavrov. Could you talk about your discussions about Ukraine? There are many reports that the Russians are moving heavy weaponry in  across the border into Ukraine, there have been numerous violations of the Minsk agreement, and there has been some talk that the U.S. is preparing additional sanctions along with the Europeans. It seems as if President Putin has decided that he can absorb the costs of the current status quo, so how do you change and get the Russians to withdraw their troops, withdraw their support for the Russian-backed separatists, or are you planning additional punitive measures? Thank you.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Secretary Kerry<\/em><\/strong>: \u00ab<em>&#8230; Look, the  we discussed this at some length yesterday, of course, and I made it very clear that the United States and European capacity to try to move forward with respect to sanctions relief is fully dependent on the implementation of the Minsk agreements. Now, there have been several meetings in the last days of the working groups and the trilateral group which have been a little bit more productive than meetings heretofore, and a little bit of discipline has entered into the elections discussion with respect to the separatists. And I made it very clear to Foreign Minister Lavrov, and I think  it wasn&rsquo;t  I  really it was my emphasizing it, because I think he understands and accepts the idea that the working groups are the key to making Minsk happen.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Now, the Russians always raise counter initiatives by the Ukrainians, which they suggest are causing the separatists to shell and to engage in further military activity, and frankly you just sort of get trapped in a rabbit&rsquo;s hole if you start discussing who did what when and how. And so we really tried to focus on how do we move from here forward. And I made it very, very clear, and he accepted the idea, that there needs to be less fighting and more negotiating, and more movement with respect to the Minsk implementation process.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Victoria Nuland will be over visiting some folks in the region shortly  today, tomorrow, and the next days. We are going to continue to be putting pressure on the process of the working groups to be able to more fully implement Minsk. And I made it as clear as I possibly can that in the absence of a reduction in the hostilities, and in the absence of further progress of the implementation, Europe and the United States are going to be united in a rollover of the current level of sanctions, certainly, and whether or not more comes depends on what happens on the ground.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Foreign Minister Lavrov indicated to me that they want the Minsk implementation, that they do believe that is the way to resolve this; but obviously, even as we&rsquo;ve heard that before, we&rsquo;ve also seen Russian activities that further support the separatists in ways that are not productive. I called that to his attention, and we&rsquo;ll see whether or not in the next days there can be progress made, and whether or not the Minsk process actually takes greater hold through the working groups and the OSCE presence and oversight, and ultimately through the political pieces that need to be achieved on both sides in order to have an election and begin to get the autonomy  the individual autonomy steps in place that have been at the heart of the separatist demands and of the Ukrainian proffers with respect to a resolution.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>So if those things happen, there&rsquo;s a way forward. If they don&rsquo;t happen, if President Putin chooses to play a double game and continues to allow the separatists to press forward, then obviously we have a very big challenge ahead of us.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Mr. Kirby<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Okay, this will have to be the last question. Lesley&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Question<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Mr. Secretary, Lesley Wroughton from Reuters.<\/em> [&#8230;] <em>Also coming  remaining with President Putin, today he said he would add more than 40 new intercontinental ballistic missiles in its nuclear arsenal this year. Does that concern you, or do you think it&rsquo;s saber rattling, as NATO has indicated?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Secretary Kerry<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Well, it does concern me. Of course it concerns me. We have the START agreement. We&rsquo;re trying to move in the opposite direction. We&rsquo;ve had enormous cooperation from the 1990s forward with respect to the destruction of nuclear weapons that were in former territories of the Soviet Union, and nobody wants to see us step backwards. Nobody wants to, I think, go back to a kind of Cold War status. It could well be posturing with respect to negotiations because of their concerns about military moves being made by NATO itself, the assurance program that&rsquo;s in place for the forward states, as well as potentially the missile defense deployment plan. So it&rsquo;s really hard to tell, but nobody should hear that kind of announcement from the leader of a powerful country and not be concerned about what the implications are.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Cette extraordinaire agitation d&rsquo;une situation paralys\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCes commentaires somme toute \u00e9tranges, qui soulignent une situation extr\u00eamement insaisissable et ind\u00e9finissable dans l&rsquo;administration US, \u00e0 l&rsquo;image du pr\u00e9sident, se refl\u00e8tent dans la situation op\u00e9rationnelle, notamment des relations du bloc BAO et de la Russie. Ces relations sont englu\u00e9es dans la plus compl\u00e8te inf\u00e9condit\u00e9, notamment avec la fermeture totale vers une \u00e9volution d\u00e9cisive qu&rsquo;impose la <em>narrative<\/em> exig\u00e9e par le Syst\u00e8me et le d\u00e9terminisme-narrativisme qui s&rsquo;en d\u00e9duit. Ces relations compl\u00e8tement englu\u00e9es, paralys\u00e9es, quasiment immobiles, sont pourtant agit\u00e9es, fr\u00e9n\u00e9tiquement agit\u00e9es par des mouvements divers, souvent d\u00e9crits comme dangereux, frisant l&rsquo;incident du point de vue de la perception de communication, par des affirmations stup\u00e9fiantes qui devraient soulever une incr\u00e9dulit\u00e9 consid\u00e9rable, etc. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a un exemple de ces constats par la voix de James Carden, journaliste, auteur et activiste qui est un des promoteurs de l&rsquo;<em>American Committee for East-West Accord<\/em>, qui est aussi un fr\u00e9quent contributeur de <em>The Nation<\/em>. Il est interview\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9mission <em>In the Now<\/em> de RT, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/op-edge\/268066-nato-war-games-russia-border\/\" class=\"gen\">18 juin 2015<\/a>. (On pourrait aussi bien citer Stephen F. Cohen, compagnon de lutte de Carden puisque lui aussi contributeur \u00e0 <em>The Nation<\/em>, le <a href=\" http:\/\/rt.com\/op-edge\/268372-us-foreign-policy-russia-ukraine\/\" class=\"gen\">20 juin 2015<\/a>, \u00e9galement sur RT. Cohen ne fait que dresser le m\u00eame constat de cette pouss\u00e9e irr\u00e9pressible, constante, similaire depuis f\u00e9vrier 2014 en Ukraine, de ce qu&rsquo;il nomme comme Carden <em>the War Party<\/em>, et pouss\u00e9e renouvel\u00e9e depuis la rencontre de Sotchi.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>RT<\/em><\/strong>: \u00ab<em>After President Putin announced Russia&rsquo;s strategic forces will get over 40 new intercontinental ballistic missiles in 2015, NATO warned Russia is playing with fire. Is it really that hard to see that NATO is on Russia&rsquo;s border and not the other way round?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>James Carden<\/em><\/strong>: \u00ab<em>It seems that it is very difficult for some people to understand. In this country and particularly in the administration we are seeing a war party form, it&rsquo;s bipartisan in nature and it seeks to obviously expand NATO to Russia&rsquo;s border and to incorporate many of the republics of the former Soviet Union. And the fact that Russia is reacting to this plan seems to have taken many of them by surprise.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>RT<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Reports say British RAF planes have been scrambled three times in the last 24 hours to intercept Russian jets flying close to NATO military exercises in the Baltic. How far can the rhetoric go?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>James Carden<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Unfortunately, this could be just the beginning. We&rsquo;ve seen since the beginning of the Ukraine crisis NATO has increased its air patrols in and around Russian air space, we&rsquo;ve seen the Russians respond in kind. What I would hope would dawn upon a lot of these policy makers is that something terrible; it could happen by accident. If something happens involving these flights or with some of the US trainers that are in Ukraine now, we could be well on our way unfortunately to a shooting war in Europe. That&rsquo;s something we really ought to be thinking about and that ought to inform our policy response to the Ukraine crisis in particular.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>RT<\/em><\/strong>: \u00ab<em>What can Russia do to convince NATO that expansion is not the way to cooperation or to cooling down some of this rhetoric?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>James Carden<\/em><\/strong>: \u00ab<em>I think a focus on effects on the ground is the place to begin. Right now we have an unfolding humanitarian catastrophe in the Donbass, where over 6,000 people have lost their lives and over a million displaced. The blame for that in this country falls squarely upon the shoulders of Mr. Putin. I saw something kind of extraordinary yesterday on Capitol Hill. Samantha Power<\/em> [<em>US Ambassador to the UN<\/em>] <em>was testifying there and she was asked, How many of the separatists and their families are among these 6,000 people who have been killed? She said that she didn&rsquo;t know. And the point of the question was how many of these victims have been killed by the force coming out of Kiev, and she claimed ignorance of it. So we need to get straight what&rsquo;s going on in the Donbass in order to have an informed policy response.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>RT<\/em><\/strong>: \u00ab<em>How much does media coverage play in the heated rhetoric between the US and Russia?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>James Carden<\/em><\/strong>: \u00ab<em>That&rsquo;s an interesting question. In the US, we hear a lot about Russian propaganda, particularly with regard to RT and Sputnik, the internet news organization sponsored by the Russian government. So news that comes out of Russia that explains Russia&rsquo;s point of view is &lsquo;propaganda,&rsquo; but the incessant coverage coming out of the Washington Post and the New York Times, among others, that continues to religiously hew to the neoconservative line is not propaganda at all. It plays an enormous role, particularly within the Beltway.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>RT<\/em><\/strong>: \u00ab<em>If the US understands Russia&rsquo;s reaction to encroachment and Kerry&rsquo;s statements prove that why not try a different policy?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>James Carden<\/em><\/strong>: \u00ab<em>That&rsquo;s a good question. Why not? Because the current policy hasn&rsquo;t worked. I think to Mr. Kerry&rsquo;s credit he did try to begin to institute a thaw in this new Cold War when he travelled to Sochi with President Putin and Foreign Minister Lavrov in May. That was a very good sign, but it was very telling that between his meeting in Sochi and the G7 that the people who are for a very hard-line response to the Ukraine crisis responded and they basically denounced and undercut Kerry&rsquo;s move towards a d\u00e9tente.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Faut-il parler de crise ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tA ce point d&rsquo;entamer notre commentaire g\u00e9n\u00e9ral sur les pi\u00e8ces substantielles expos\u00e9es jusqu&rsquo;ici, et portant toutes t\u00e9moignage d&rsquo;une situation <strong>\u00e0 la fois<\/strong> extraordinairement bloqu\u00e9e et paralys\u00e9e dans son op\u00e9rationnalit\u00e9, extraordinairement monotone et r\u00e9p\u00e9titive dans son argument, extr\u00eamement agit\u00e9e et myst\u00e9rieuse dans ses p\u00e9rip\u00e9ties, extraordinairement tendue et explosive dans sa psychologie, nous voulons nous r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la derni\u00e8re <em>Chronique du 19 courant&#8230;<\/em> de Philippe Grasset (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_psychologie_crisique_19_06_2015.html\" class=\"gen\">19 juin 2015<\/a>), et \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;intervention d&rsquo;un lecteur, monsieur Alain Vit\u00e9, dans le <em>Forum<\/em> du m\u00eame texte, du m\u00eame  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-chronique_du_19_courant_psychologie_crisique_19_06_2015.html\" class=\"gen\">19 juin 2015<\/a>. Notre lecteur juge contestable l&#8217;emploi du concept de crise pour d\u00e9crire la situation et lui pr\u00e9f\u00e8re les concepts de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence profonde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(A noter que notre chroniqueur n&rsquo;avait pas choisi comme sujet la crise mais l&rsquo;\u00e9volution de la psychologie \u00e0 cause de la crise, jusqu&rsquo;\u00e0 la formation d&rsquo;une psychologie crisique. L&rsquo;observation est mineure puisque nous d\u00e9veloppons ici, effectivement, une appr\u00e9ciation du ph\u00e9nom\u00e8ne crisique lui-m\u00eame, mais elle doit \u00eatre retenue parce que le susdit chroniqueur, s&rsquo;il avait trait\u00e9 du sujet de la crise, aurait \u00e9crit un texte tout \u00e0 fait diff\u00e9rent,  nous en sommes convaincus. Il est vrai qu&rsquo;il nous para\u00eet pr\u00e9f\u00e9rable que les excellents commentaires de nos lecteurs portent sur le sujet trait\u00e9, et non pas sur un sujet qu&rsquo;ils choisissent eux-m\u00eames et que le texte qu&rsquo;ils consid\u00e8rent ne traite \u00e9videmment pas.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est certain, il est \u00e9vident, il est \u00e9clatant que le concept de crise que nous employons n\u00e9cessite au moins un complet r\u00e9examen, une d\u00e9finition enti\u00e8rement boulevers\u00e9e par rapport \u00e0 la situation que nous connaissons. Pour autant, nous ne voulons pas l&rsquo;abandonner pour d\u00e9finir cette situation, au contraire ; nous voulons m\u00eame avancer que, effectivement au contraire, ce n&rsquo;est pas le concept de crise qui est en cause ici, mais le concept de temps historique, c&rsquo;est-\u00e0-dire le temps op\u00e9rationnel qui conditionne toute crise. Ce concept de temps historique a, \u00e0 notre sens, subi des transformations extraordinaires jusqu&rsquo;\u00e0 la contraction la plus extr\u00eame, en m\u00eame temps qu&rsquo;un affrontement s&rsquo;est \u00e9tabli entre l&rsquo;histoire courante, l&rsquo;histoire-tout-court qu&rsquo;on (que le Syst\u00e8me) voudrait paralyser dans son \u00e9tat pr\u00e9sent, et la m\u00e9tahistoire qui, elle, \u00e9chappe compl\u00e8tement aux manigances des <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me et se trouve dans le cours d&rsquo;une acc\u00e9l\u00e9ration absolument fantastique. Il est \u00e9vident que nous pla\u00e7ons le ph\u00e9nom\u00e8ne de crise n\u00e9cessairement revisit\u00e9 dans le plan m\u00e9tahistorique et rien que cela. Si vous \u00e9coutez les acteurs de l&rsquo;histoire-tout-court, les Hollande, BHL, <em>neocons<\/em> et Cie, il n&rsquo;y a pas de Grande Crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me mais, au contraire, un Syst\u00e8me triomphant gr\u00e2ce aux valeurs et, \u00e0 part un petit avatar ici ou l\u00e0, une voie sublime ouverte sur l&rsquo;avenue des Valeurs Postmodernes d\u00e9couchant avec une sorte d&rsquo;Arc de Triomphe inverti qui serait comme un symbole de l&rsquo;Art Contemporain&#8230; Cette basse-cour ne nous int\u00e9resse pas puisque seul nous int\u00e9resse le Syst\u00e8me et qu&rsquo;elle n&rsquo;en est que la d\u00e9f\u00e9cation permanente qu&rsquo;un peu d&rsquo;eau de la chasse efface. (Il faudrait soigner cette diarrh\u00e9e, les gars.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuant aux arguments que nous oppose notre lecteur, nous croyons qu&rsquo;il confond certains aspects de la maladie (cancer, m\u00e9tastase, etc., ce qu&rsquo;on veut) avec les sympt\u00f4mes de la maladie. Les sympt\u00f4mes, ce sont les crises, justement. Ce sont ces sympt\u00f4mes qui nous int\u00e9ressent puisque nous ne doutons pas un instant de la maladie, mais que la forme des sympt\u00f4mes, elle, nous donne une pr\u00e9cieuse indication de l&rsquo;avancement de la maladie, et par cons\u00e9quent de l&rsquo;effondrement. Il s&rsquo;agit donc bien des crises.<\/p>\n<h3>Le paroxysme \u00e0 enc\u00e9phalogramme plat mais tr\u00e8s haut<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que nous constatons d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, disons jusqu&rsquo;\u00e0 faire une th\u00e9orie de l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es et formidablement,  d\u00e9cisivement confirm\u00e9e par la crise ukrainienne,  c&rsquo;est que la crise n&rsquo;est plus une crise selon la forme courante de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Il y a toujours une mont\u00e9e vers un paroxysme, puis un paroxysme,  mais, \u00f4 surprise, ce paroxysme ne veut plus cesser d&rsquo;\u00eatre paroxystique. La crise devient celle d&rsquo;un enc\u00e9phalogramme plat, mais au plus haut niveau possible de la tension, comme fig\u00e9e dans une tension permanente, sans qu&rsquo;il soit n\u00e9cessaire que des \u00e9v\u00e8nements de paroxysme de crise existent pour l&rsquo;entretien de la chose, et parfois m\u00eame sans \u00e9v\u00e9nement du tout, par le fait m\u00eame (curieuse formule, n&rsquo;est-ce-pas, qui renvoie \u00e0 ce qui suit&#8230;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour entretenir cette situation in\u00e9dite, il y a d&rsquo;abord et surtout, et m\u00eame exclusivement le syst\u00e8me de la communication et, avec lui, les psychologies en crise \u00e0 l&rsquo;image du Syst\u00e8me, et selon les tendances impos\u00e9es par le Syst\u00e8me. (Comme on le voit dans la <em>Chronique du19 courant&#8230;<\/em>, psychologie en crise n&rsquo;est pas psychologie crisique, et cela d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive  : \u00ab<em>Elle abandonne son statut de psychologie de crise (psychologie en crise \u00e0 cause des crises qu&rsquo;on distinguerait encore) pour devenir psychologie crisique (psychologie qui a absorb\u00e9 la permanence du mouvement que lui impose l&rsquo;infrastructure crisique du monde, et toutes les crises incessantes, s&rsquo;additionnant, organisant un tremblement de crise sans interruption)<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn voit bien ces psychologies en crise, surtout les plus faibles, celle des excit\u00e9(e)s, des fous\/folles de guerre au nom de l&rsquo;humanit\u00e9, exsudant la russophobie comme l&rsquo;on vomit, toujours relanc\u00e9es vers le haut par l&rsquo;impitoyable <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\" class=\"gen\">d\u00e9terminisme-narrativiste<\/a> ; cette force implacable pour se conformer \u00e0 la <em>narrative<\/em> du Syst\u00e8me nourrissant l&rsquo;\u00e9pisode maniaque sans fin de ces psychologie affaiblies ; comme celle de cette furieusement sympathique Samantha Power, \u00e8s-qualit\u00e9 d&rsquo;ambassadeur US aux Nation-Unies, en visite en Ukraine (<em>what else?<\/em>), qui est interview\u00e9e (voir le <a href=\"http:\/\/fortruss.blogspot.be\/2015\/06\/samantha-power-in-kiev-ukraine-above.html\" class=\"gen\">18 juin 2015<\/a>) par des amis ukrainiens, et qui dit \u00e0 propos de la mission de l&rsquo;OSCE de contr\u00f4le de l&rsquo;application du cessez-le feu : \u00ab<em>I think what we have done is found ways outside of the UN to demonstrate the Russian aggression, continued sponsoring the OSCE, a human rights organisation, which is documenting what Russia is doing, its army, violations of ceasefire<\/em>\u00bb. Certes, en arriver \u00e0 dire que la mission de l&rsquo;OSCE dans le Donbass, de contr\u00f4le du cessez-le-feu entre forces ukrainiennes et forces s\u00e9paratistes, c&rsquo;est de trouver les violations du cessez-le-feu <strong>par les Russes<\/strong>, c&rsquo;est vraiment t\u00e9moigner, \u00f4 Samantha, d&rsquo;une psychologie vraiment tr\u00e8s, tr\u00e8s fatigu\u00e9e&#8230; M\u00eame un membre du <em>Politburo<\/em> du temps de Brejnev n&rsquo;aurait pas fait cette bourde, se contentant de parler avec la fougue qu&rsquo;on imagine de la grande amiti\u00e9 ind\u00e9fectible et internationaliste, et socialiste (pourquoi pas ?), entre les \u00c9tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique et la R\u00e9publique nationale-socialiste (pourquoi pas ?) d&rsquo;Ukraine. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici donc une crise, un temps crisique, une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_notre_kosmos_crisique__27_03_2013.html\" class=\"gen\">infrastructure<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_facteur_crisique__30_04_2013.html\" class=\"gen\">crisique<\/a>, ayant atteint le paroxysme de sa composition habituelle, et ne parvenant plus ni \u00e0 le d\u00e9passe, ni \u00e0 s&rsquo;en lib\u00e9rer. Kerry allant \u00e0 Sotchi, c&rsquo;est comme le prisonnier d&rsquo;un trou de dix m\u00e8tres de profondeiur tentant de grimper, en alpiniste consomm\u00e9, la paroi verticale vers la sortie de la crise, puis retombant finalement, en alpiniste pas assez consomm\u00e9 (et se cassant la jambe, tiens&#8230;). C&rsquo;est comme si le temps historique en se concentrant, en se contractant au gr\u00e9 de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;Histoire qui est aujourd&rsquo;hui formidable, enfermait effectivement la crise dans son paroxysme, se r\u00e9duisant lui-m\u00eame au paroxysme de ce qui serait devenu un temps crisique. Le paradoxe est alors que le paroxysme, qui est mouvement et dynamisme par d\u00e9finition, devient absence de mouvement et statisme. (Et lorsqu&rsquo;il lui faut bouger tout de m\u00eame, tant il \u00e9touffe d&rsquo;\u00e9nergie non consomm\u00e9e, il le fait en tourbillon avec un point central fixe comme l&rsquo;il du cyclone, ce qui revient \u00e0 ne pas bouger,  un peu comme c&rsquo;est le cas au Moyen-Orient o\u00f9 l&rsquo;ensemble Syrie, ou Syrak, est ce point central.) Ce n&rsquo;est rien de moins qu&rsquo;une inversion, ce qui revient, finalement tr\u00e8s logiquement, \u00e0 une figure qui nous est ch\u00e8re parce qu&rsquo;elle est la figure favorite du d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re et du Syst\u00e8me. Tout s&#8217;embo\u00eete puisque l&rsquo;inversion est la figure m\u00eame de la postmodernit\u00e9, avec la fonction m\u00eame de la postmodernit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre immobile dans son processus de dissolution sous l&rsquo;apparence d&rsquo;une extr\u00eame mobilit\u00e9 \u00e9videmment progressiste,  situation parfaitement rencontr\u00e9e dans le paroxysme paralys\u00e9. <\/p>\n<h3>Le pr\u00e9sident qui se sabotait lui-m\u00eame<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, notre analyse courante, et renouvel\u00e9e dans la <em>Chronique du 19 courant&#8230;<\/em>, n&rsquo;est certainement pas que nous tombons \u00e0 court de crises, mais que <strong>nous ne sommes plus que des crises<\/strong>. Ce que montre superbement l&rsquo;Ukraine, c&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne extr\u00eamement caract\u00e9ristique et original, qui est l&rsquo;incapacit\u00e9 de sortir du paroxysme de la crise, donc d&rsquo;en arriver \u00e0 une crise paralys\u00e9e dans sa phase paroxystique et impuissante \u00e0 sortir d&rsquo;elle-m\u00eame. La s\u00e9quence de Kerry \u00e0 Sotchi, sans \u00e9v\u00e9nement violent particulier et paroxystique justement \u00e0 cet \u00e9gard, est particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9latrice pour toutes les raisons qu&rsquo;on conna\u00eet et c&rsquo;est bien pourquoi nous y attardons : Kerry n&rsquo;a pu aller \u00e0 Sotchi qu&rsquo;avec des instructions pr\u00e9cises d&rsquo;Obama, et tout montre qu&rsquo;il les a appliqu\u00e9es et qu&rsquo;elles ont rencontr\u00e9 un complet assentiment des Russes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes diverses observations de nos commentateurs pourtant impeccablement antiSyst\u00e8me sont similaires sur la s\u00e9quence depuis Sotchi,  elles sont marqu\u00e9es par le vague et l&rsquo;incompr\u00e9hension de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9&#8230; Parry : A Sotchi, il semble qu&rsquo;il y eut une v\u00e9ritable rencontre des esprits. Mais apr\u00e8s que Kerry soit revenu, Obama sembla changer de position, pour se retrouver du c\u00f4t\u00e9 des durs &#8230; ; Carven : La rencontre de Sotchi \u00e9tait ainsi un tr\u00e8s bon signe. Mais il est significatif qu&rsquo;entre Sotchi et le G7 ceux qui sont pour une politique tr\u00e8s dure r\u00e9agirent et qu&rsquo;ils d\u00e9nonc\u00e8rent et an\u00e9antirent la d\u00e9marche de Kerry vers la d\u00e9tente ; Cohen, dans l&rsquo;article r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 ci-dessus : Nous avons pu penser pour un bref moment que la rencontre de Sotchi avec Kerry pouvait \u00eatre le d\u00e9but d&rsquo;un d\u00e9bat [sur la politique US en Ukraine] ou au moins la mise en place d&rsquo;une position alternative de Washington, mais il [Kerry] fut attaqu\u00e9, il se cassa la jambe et il disparut. Et maintenant, vous voyez ce qui est arriv\u00e9 en Europe, au G7, il y a quelques jours, et ce qu&rsquo;Obama a dit l\u00e0-bas,  et Sotchi a \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 (\u00ab<em>We thought for a brief moment that what Kerry did in Sochi was the beginning of a debate, or at least an alternative position in Washington, but he was attacked, he broke his leg, he disappeared. And now as you see what happened in Europe at the G7 a couple of days ago, and what Obama said there  Sochi has been forgotten.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Effectivement, les explications sont vagues et inconsistantes. Il n&rsquo;est pas juste de dire que Kerry fut attaqu\u00e9, nous dirions plut\u00f4t que sa visite fut occult\u00e9e, qu&rsquo;elle fut tr\u00e8s peu comment\u00e9e parce qu&rsquo;elle contredisait la <em>narrative<\/em>-Syst\u00e8me mais personne parmi les adversaires de la Russie n&rsquo;a eu vraiment de quoi alimenter aucune critique fondamentale. Aucun \u00e9v\u00e9nement dramatique sensationnel (type-destruction du MH-17) n&rsquo;est venu brutalement dramatiser la situation,  au d\u00e9triment des Russes immondes-barbares, cela va de soi. Certes, on parla d&rsquo;une recrudescence des violations du cessez-le-feu, voire d&rsquo;une reprise des combats,  mais sans concr\u00e9tisation, et nous-m\u00eames observant \u00e0 cet \u00e9gard, \u00e0 cette occasion, que le mythe d&rsquo;une reprise des combats depuis Minsk2 est d\u00e9sormais une affirmation r\u00e9currente, comme l&rsquo;invasion russe de l&rsquo;Ukraine, dont l&rsquo;effet de communication est de plus en plus r\u00e9duit. On peut m\u00eame dire que les durs, les <em>hawks<\/em>, furent pris de court et mis sur la d\u00e9fensive par la visite de Kerry \u00e0 Sotchi&#8230; La v\u00e9rit\u00e9 de cette situation est plut\u00f4t, pour nous, que rien de concret, de mesurable, d&rsquo;op\u00e9rationnel, ne justifie la disparition de Kerry et le passage de Sotchi \u00e0 la trappe,  au point que Cohen en arrive \u00e0 mettre l&rsquo;accident \u00e0 la jambe de Kerry comme une des causes de la disparition de l&rsquo;interm\u00e8de-Sotchi et de Kerry ! Lequel n&rsquo;a pas vraiment disparu, d&rsquo;ailleurs, puisqu&rsquo;il revient&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous-m\u00eames observions, d\u00e8s le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_visite_en_passant_sotchi_14_05_2015.html\" class=\"gen\">14 mai 2015<\/a>, et sans que rien, depuis, ne soit venu changer ces grandes orientations, ni dans un sens (pro-Sotchi), mais ni dans l&rsquo;autre (anti-Sotchi) non plus,  simplement, comme si Sotchi n&rsquo;avait pas exist\u00e9, point final : \u00ab<em>&#8230; Effectivement, l&rsquo;on ne peut dire que la rencontre de Sotchi ait \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e par un enthousiasme excessif de la part de la presse-Syst\u00e8me. Au contraire, l&rsquo;abomination russe reste toujours d&rsquo;actualit\u00e9 puisqu&rsquo;elle \u00e9crase et recouvre tout le reste, et le commentaire s&rsquo;est surtout cantonn\u00e9 \u00e0 un silence glacial, \u00e0 la simple description de la rencontre, au constat du climat cordial largement compens\u00e9e dans le sens n\u00e9gatif par l&rsquo;absence de perc\u00e9e (voir les titres du Washington Post du <\/em><a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/world\/no-breakthroughs-as-kerry-putin-meet-in-sochi\/2015\/05\/12\/29b4857a-f811-11e4-a47c-e56f4db884ed_story.html\" class=\"gen\">13 mai 2015<\/a><em> et du New York Times du <\/em><a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/05\/13\/world\/europe\/vladimir-putin-john-kerry-russia-sochi-ukraine-syria.html?_r=0\" class=\"gen\">13 mai 2015<\/a><em>). La reconnaissance quasi-enthousiaste par Kerry de l&rsquo;accord Minsk2 jusqu&rsquo;alors consid\u00e9r\u00e9 avec m\u00e9fiance et m\u00e9pris ne peut en effet en aucun cas \u00eatre reconnue comme une perc\u00e9e de quoi que ce soit pour cette population-l\u00e0&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe seul changement (?) qu&rsquo;on a pu constater, ou plut\u00f4t le seul mouvement en forme d&rsquo;anomalie, c&rsquo;est qu&rsquo;Obama a envoy\u00e9 son secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 Sotchi pour ensuite, tout seul, sans v\u00e9ritable pression sp\u00e9cifique du Syst\u00e8me puisque cette pression est constante et existait avant Sotchi, saboter lui-m\u00eame ce qu&rsquo;il avait lui-m\u00eame \u00e9labor\u00e9. Et cependant, rien dans ce que Kerry a dit le 16 juin, pour sa r\u00e9apparition officielle, rien ne vient contredire ce qu&rsquo;il disait \u00e0 Sotchi,  Kerry, lui, n&rsquo;a pas disparu, contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;observe Cohen, il n&rsquo;est pas disgraci\u00e9, il tient encore ferme les r\u00eanes de son d\u00e9partement puisqu&rsquo;il prend en main la communication, puisqu&rsquo;il confirme Sotchi ; au contraire de ce qu&rsquo;a dit son pr\u00e9sident au G7 mais selon les instructions de son pr\u00e9sident avant qu&rsquo;il ne parte \u00e0 Sotchi &#8230; Comme dit Araud, Obama est <em>still a mystery<\/em>,  sacr\u00e9 myst\u00e8re, apr\u00e8s plus de sept ans au pouvoir&#8230; <\/p>\n<h3>La cr\u00e9dulit\u00e9 de notre incr\u00e9dulit\u00e9 devant le myst\u00e8re<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD\u00e9cid\u00e9ment, nous ne nous attardons pas aux habituelles hypoth\u00e8ses des manuvres secr\u00e8tes (complot, pression contre Obama, pression des faucons, voire menaces contre sa vie, \u00e0-la-Martin-Luther-King, \u00e9voqu\u00e9es publiquement par le pr\u00e9sident, etc.). Si tout cela existe, tout cela existait avant Sotchi et Obama n&rsquo;aurait pas envoy\u00e9 Kerry \u00e0 Sotchi dire \u00e0 Poutine, Lavrov &#038; Cie ce qu&rsquo;il leur a dit, et puis r\u00e9p\u00e9tant tout cela en conf\u00e9rence de presse&#8230; Et puis enfin, le quasi-d\u00e9saveu anti-Sotchi d&rsquo;Obama au G7 aurait du aboutir \u00e0 la d\u00e9mission de Kerry,  tiens, \u00e0 l&rsquo;occasion de son accident de v\u00e9lo, si bienvenu, si handicapant pour un homme de son \u00e2ge, qui nous aurait permis de nous d\u00e9barrasser de lui pour la bonne cause (humanitaire) &#8230; Mais non,  revoil\u00e0 notre Kerry, presque frais et rose, reprenant d&rsquo;autorit\u00e9 le poste vital de la communication le 16 juin, r\u00e9affirmant que nous (Sergei et moi) continuons plus que jamais \u00e0 travailler pour l&rsquo;application de Minsk2,  car Sergei est d&rsquo;accord, il est pr\u00e9f\u00e9rable de ralentir les combats et d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer les n\u00e9gociations,  n&rsquo;est-ce pas Sergei ? Dans cette d\u00e9claration, Kerry ne se croit m\u00eame pas oblig\u00e9 de reprendre la fable des Russes transportant (\u00e0 nouveau, bien entendu) des armes lourdes vers les s\u00e9paratistes, il l&rsquo;exp\u00e9die lestement d&rsquo;un on ne va pas s&#8217;emmerder \u00e0 chercher qui fait quoi (\u00ab&#8230;<em>and frankly you just sort of get trapped in a rabbit&rsquo;s hole if you start discussing who did what when and how.<\/em>\u00bb) qui ne doit pas vraiment enchanter Porochenko.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi notre conclusion sera-t-elle, aussi audacieuse et \u00e9trange qu&rsquo;elle puisse para\u00eetre, que <strong>la crise ne veut pas abandonner sa phase paroxystique<\/strong>,  cela, la crise ainsi personnalis\u00e9e en une entit\u00e9 active, une \u00e9gr\u00e9gore, avec l&rsquo;aide, volontaire ou pas qui sait ?, d&rsquo;un homme \u00e9trange, \u00e0 la psychologie peut-\u00eatre sensible aux mauvais esprits, n&rsquo;est-ce pas,  car Obama avait bien montr\u00e9, durant sa campagne de 2008 qu&rsquo;il avait parfois, dans sa dialectique, des accents qui furent compar\u00e9s \u00e0 ceux d&rsquo;un vaudou c\u00e9l\u00e9brant un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_nigme_d_stabilisatrice_19_02_2008.html\" class=\"gen\">culte<\/a>&#8230; Vous riez ? Nous aussi, <em>frankly speaking<\/em>, et pourtant ce n&rsquo;est pas de la seule d\u00e9rision d&rsquo;une telle hypoth\u00e8se que nous rions ; peut-\u00eatre rions-nous aussi bien de notre cr\u00e9dulit\u00e9 \u00e0 nous, que constitue peut-\u00eatre, paradoxalement, notre incr\u00e9dulit\u00e9 devant certaines explications de faits inexplicables par la seule raison et ais\u00e9ment gomm\u00e9s par les m\u00e9moires courtes et la passion d&rsquo;une raison qui ne veut jamais se laisser mettre en minorit\u00e9 dans le processus de l&rsquo;intelligence de la perception des \u00e9v\u00e8nements du monde. Et il est de fait que nous avons tout lieu de nous m\u00e9fier de cette raison-l\u00e0 pour la cause qu&rsquo;elle pourrait bien \u00eatre une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html\" class=\"gen\">raison-subvertie<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBref, nous sommes, devant Sotchi-Kerry-Obama, devant la crise ukrainienne et l&rsquo;impossibilit\u00e9 de sortir de son paroxysme, devant la situation crisique du monde, nous sommes devant un myst\u00e8re. C&rsquo;est toujours le m\u00eame, dans cette \u00e8re m\u00e9tahistorique exceptionnelle o\u00f9 la chose la plus difficile n&rsquo;est pas d&rsquo;agir pour faire en sorte que ce qui doit se passer se passe mais bien de comprendre pourquoi et par quelle(s) force(s) sup\u00e9rieure(s) ce qui doit se passer se passe. C&rsquo;est un tournant de l&rsquo;histoire du monde et la raison avec son incr\u00e9dulit\u00e9, la raison-subvertie, devrait commencer \u00e0 prendre ses dispositions pour \u00e9carter la subversion qu&rsquo;elle a subie et tenter d&rsquo;appr\u00e9hender tout ce qu&rsquo;elle a \u00e9cart\u00e9 jusqu&rsquo;ici avec m\u00e9pris et une certitude un peut trop suffisante.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur la crise \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectro-enc\u00e9phalogramme plat 21 juin 2015 Quoi qu&rsquo;on fasse et quelque analyse qu&rsquo;on d\u00e9veloppe, la crise ukrainienne revient sans cesse sur le devant de la sc\u00e8ne crisique du monde, comme incontestable vedette. 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