{"id":75969,"date":"2015-06-25T05:55:20","date_gmt":"2015-06-25T05:55:20","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/25\/le-fardeau-du-general\/"},"modified":"2015-06-25T05:55:20","modified_gmt":"2015-06-25T05:55:20","slug":"le-fardeau-du-general","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/25\/le-fardeau-du-general\/","title":{"rendered":"Le fardeau du G\u00e9n\u00e9ral"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Le fardeau du G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tNous\/je vous l&rsquo;avoue, nous avons h\u00e9sit\u00e9. Fallait-il employer le nous majestatif, celui du <em>dedefensa.org<\/em> des grands jours courants, alors que la R\u00e9publique est en danger et que formez vos bataillons ? Ou le je, plus \u00e9lastique, plus primesautier, celui du chroniqueur \u00e0 la tour d&rsquo;ivoire \u00e0 qui on ne la fait pas&#8230; Grand d\u00e9bat, conf\u00e9rence de r\u00e9daction,  enfin d\u00e9cision prise : puisque la patrie est en danger, aux armes citoyens, \u00e0 toutes les armes, et l&rsquo;on utilisera ce qu&rsquo;on veut, \u00e0 la fois le nous et le je, et le je et le nous. On verra bien. La NSA, elle, c&rsquo;est promis, n&rsquo;y verra que du feu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela pour dire que je commence par une introduction,  habilet\u00e9 discutable,  dont la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 dans ces jours de fougue et de f\u00e9brilit\u00e9 n\u00e9cessite effectivement le je ; tout cela pour dire ma stup\u00e9faction, pas d&rsquo;autre mot, moi qui avais entendu d&rsquo;une oreille distraite et lu d&rsquo;un il fatigu\u00e9 ce matin du 24 juin les grandes d\u00e9clarations sur les \u00e9coutes t\u00e9l\u00e9phoniques qui sont le signe indubitable de la sollicitude de nos grands alli\u00e9s ; puis classant le dossier sans suite ; puis confront\u00e9 soudain \u00e0 ce d\u00e9luge de nouvelles qui inonde furieusement l&rsquo;\u00e9cran, litt\u00e9ralement, ces d\u00e9clarations terribles, cette unanimit\u00e9 remarquable de l&rsquo;union nationale pour une fois tout \u00e0 fait rassembl\u00e9e, ce entendez-vous dans nos portables (ces f\u00e9roces \u00e9couteurs, etcetera, que voulez-vous la tentation des pseudo-jeux de mots de pi\u00e8tre lign\u00e9e dans ces moments terribles et factices).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est vrai, je n&rsquo;y croyais pas, je n&rsquo;y croyais plus, et voil\u00e0 que mon cur se serre na\u00efvement le temps d&rsquo;un instant, \u00e0 s&rsquo;y croire, comme si l&rsquo;on retrouvait la France, ma douce France, \u00e0 mi-chemin entre Jeanne de Domr\u00e9my et la m\u00f4me Piaf, en passant par la Lorraine&#8230; Mais revenons sur terre et restons-en \u00e0 Hollande, Hollande le menton ferme lev\u00e9 et le regard sur la ligne bleue de l&rsquo;Atlantique, Vals dans toutes ses fureurs ethniques et immigr\u00e9e, et toute la bande qui s&rsquo;ensuit et qui suit, la majorit\u00e9, l&rsquo;opposition, les marges diabolis\u00e9es qui ne sont plus diables du tout, tous en sc\u00e8ne vous dis-je,  en v\u00e9rit\u00e9, parce qu&rsquo;il le fallait bien, parce qu&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re, et c&rsquo;est le comble, qu&rsquo;il ne pouvait pas, qu&rsquo;il <strong>ne savait pas faire autrement<\/strong> (belgicisme bien connu, mais qui a tout son sens cette fois). Le formidable Houellebecq ne leur a pas appris tous les us et coutumes de la <em>Soumission<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Et ici, je crois (on verra), j&rsquo;arr\u00eater de rire et de me moquer d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9shonorable de mon pays. La v\u00e9rit\u00e9, je le confesse, est bien que je ne les croyais pas capable de <strong>\u00e7a<\/strong> &#8230; Ca, c&rsquo;est-\u00e0-dire, cette extraordinaire com\u00e9die-jacquerie hors de l&rsquo;ordre mondial fa\u00e7on-TTPI, cette insurrection verbale de quelques heures glorieuses, cette fureur qui n&rsquo;est pas feinte, comme s&rsquo;ils formaient une direction acceptable de quelque chose qui rec\u00e8lerait ici et l\u00e0 une cendre rougeoyante encore de ce que l&rsquo;on nomma la Grande Nation. J&rsquo;entends, d&rsquo;ici, comme si Colombey \u00e9tait la porte \u00e0 c\u00f4t\u00e9, le rire sans fin, m\u00e9taphysique, quasiment n\u00e9oplatonicien, du G\u00e9n\u00e9ral soi-m\u00eame. Sacr\u00e9 blague.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fait est que ces pauvres gens, qui b\u00eachent depuis une, deux ou trois d\u00e9cennies, les champs du d\u00e9shonneur de la France, ces pauvres gens n&rsquo;ont pas tout \u00e0 fait r\u00e9ussi \u00e0 se d\u00e9barrasser du fardeau \u00e9puisant du gaullisme. Je parle du gaullisme quand il est gaullien, c&rsquo;est-\u00e0-dire inutile par les temps qui courent, sans dividendes ni int\u00e9r\u00eat, sans argument compr\u00e9hensible ni rentabilit\u00e9 productive, et qui p\u00e8se, et qui p\u00e8se, qui vous \u00e9crase parfois \u00e0 la t\u00e2che. Car le fait est qu&rsquo;ils continuent \u00e0 le porter, qu&rsquo;ils ne parviennent pas \u00e0 s&rsquo;en d\u00e9barrasser,  alors, pendant 24 heures, 48 heures, etc., ils nous l&rsquo;ont jou\u00e9 grandiose, implicitement et presque-dit ici ou l\u00e0,  pour un peu, du-type Nous sommes pr\u00eats \u00e0 envahir Alger (nom de code : Washington D.C.) parce que le Dey a soufflet\u00e9 et insult\u00e9 gravement la France en donnant ou coup d&rsquo;\u00e9ventail \u00e0 notre ambassadeur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt nous e\u00fbmes donc droit \u00e0 tous les \u00e9pisodes, le communiqu\u00e9 de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e, l&rsquo;union nationale, Hollande parlant \u00e0 Obama d&rsquo;urgence, Fabius qui convoque la dame d&rsquo;en face (le 2, avenue Gabriel n&rsquo;est pas loin d&rsquo;\u00eatre pile en face, Seine franchie et vite effac\u00e9e, du bureau de Vergennes, quai d&rsquo;Orsay, non ?), l&rsquo;ambassadrice <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jane_D._Hartley\" class=\"gen\">Jane D. Hartley<\/a>, qui n&rsquo;est pas loin d&rsquo;\u00eatre aussi belle que la <em>fabulous<\/em> <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pamela_Harriman\" class=\"gen\">Pamela Harriman<\/a>, premi\u00e8re femme ambassadrice de la Grande R\u00e9publique aupr\u00e8s de la Grande Nation, d&rsquo;origine britannique mais sans rien de la froideur de la chose et am\u00e9ricanis\u00e9e avec un clin d&rsquo;il, et m\u00eame au contraire pour la froideur puisqu&rsquo;avec un brio de s\u00e9duction qui affola nombre d&rsquo;entre eux et parfois le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique d&rsquo;alors (je parle du jeune Chirac devenu vieillissant et pr\u00e9sident, mais toujours chevau-l\u00e9ger) ; mais qu&rsquo;importe, poursuivons, puisque nous e\u00fbmes droit encore \u00e0 des avertissements qui se croyaient d&rsquo;une certaine hauteur, \u00e0 des exigences fermement expliqu\u00e9es, \u00e0 des demandes d&rsquo;explication, \u00e0 des explications de Raffarin (un coup de canif dans l&rsquo;amiti\u00e9 franco-am\u00e9ricain&#8230;), et jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;interview sans rire et sans m\u00e9pris soup\u00e7onneux de la part de l&rsquo;intervieweur de l&rsquo;unique d\u00e9put\u00e9 m\u00e2le du FN\/Rassemblement Marine. Paris, ce jour-l\u00e0, fr\u00e9mit et tremble comme \u00e0 l&rsquo;un des grands jours de la capitale, de Thermidor \u00e0 la Lib\u00e9ration, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;in\u00e9vitable Mai-68, et jusqu&rsquo;\u00e0 entendre Mireille Mathieu <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Paris_en_col\u00e8re\" class=\"gen\">chanter<\/a> <em>Paris en col\u00e8re<\/em>. On doit le reconna\u00eetre, nous n&rsquo;avions nulle  raison de songer \u00e0 cette possibilit\u00e9 de tout ce tintamarre de la part des enfants de Mai-68, eux qui ont eu la peau du G\u00e9n\u00e9ral et qui ont eu l&rsquo;audace,  le G\u00e9n\u00e9ral ayant remarqu\u00e9 un jour que le slogan Mort aux cons constituait un vaste programme,  non, qui ont eu l&rsquo;habilet\u00e9 de se faire <em>neocons<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela, je le reconnais, pour en venir \u00e0 quelques r\u00e9flexions qu&rsquo;on trouverait \u00e0 premi\u00e8re vue d\u00e9plac\u00e9es dans un commentaire qui pr\u00e9tend appr\u00e9cier le <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Infamy_Speech\" class=\"gen\">second<\/a> \u00ab<em>a date which will live in infamy<\/em>\u00bb de notre-histoire commune. A premi\u00e8re vue, seulement, mais \u00e9coutez plus attentivement &#8230; Il y a deux, trois jours, une de ces innombrables cha\u00eenes TV donnait un t\u00e9l\u00e9film historique datant de 2008 et programm\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Adieu_de_Gaulle,_adieu\" class=\"gen\">avril 2009<\/a>, repris donc cette semaine sur <em>Cin\u00e9-Cin\u00e9ma<\/em>,  <em>Adieu, de Gaulle, adieu<\/em>. Pierre Vernier y est excellent en de Gaulle m\u00e9prisant, insupportable, \u00e0 la d\u00e9rive, quoiqu&rsquo;il lui manque une bonne dizaine de centim\u00e8tres \u00e0 vue de nez ; Didier Bezace est fabuleux en Pompidou, de m\u00eame Guillaume Gallienne en Bernard Tricot ; G\u00e9rald Laroche n&rsquo;est pas le meilleur en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_jobert_a_seguin_12_01_2010.html\" class=\"gen\">Jobert<\/a>, quelques centim\u00e8tres de trop et l&rsquo;ironie sarcastique en moins. Ce t\u00e9l\u00e9film, qui fut distingu\u00e9 et eut des r\u00e9compenses, raconte le terrible mois de Mai du G\u00e9n\u00e9ral ; il n&rsquo;avait rien vu venir, il n&rsquo;a rien compris, il a emmerd\u00e9 tout le monde avec son humeur \u00e9pouvantable, il a manuvr\u00e9 comme un novice, il semblait sur une autre plan\u00e8te, il s&rsquo;enfon\u00e7ait dans un monde disparu, il \u00e9tait entour\u00e9 de ricanements et d&rsquo;yeux lev\u00e9s au ciel alors qu&rsquo;on d\u00e9comptait ses erreurs, ses faux-pas, ses fautes m\u00eame,  et enfin il l&rsquo;a emport\u00e9 comme un colosse soul\u00e8ve le monde, comme un Hercule resurgi des Temps Disparus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne chose arr\u00eate aussit\u00f4t, d\u00e8s que d\u00e9bute le t\u00e9l\u00e9film sur les sc\u00e8nes d&rsquo;\u00e9meutes qu&rsquo;on imagine : la <a href=\"http:\/\/www.imdb.com\/title\/tt1285238\/soundtrack?ref_=tt_trv_snd\" class=\"gen\">musique<\/a>, et bien s\u00fbr c&rsquo;est voulu sans nul doute ou alors je n&rsquo;y comprends rien,  moi non plus. On entend des morceaux des <em>Kinks<\/em>, des <em>Jethro Tull<\/em>, des <em>The Mamas &#038; the Papas<\/em> (le t\u00e9l\u00e9film se termine sur le <em>California&rsquo;s Dreaming<\/em> des derniers nomm\u00e9s). Bref, une musique qui est comme une insulte permanente \u00e0 de Gaulle, qui m\u00e9riterait au moins comme illustration symbolique la <em>Titan<\/em> de Mahler et le <em>Requiem<\/em> de Berlioz (l&rsquo;Opus 5 ou <em>La Grande Messe des Morts<\/em>),  alors cette musique-l\u00e0 qu&rsquo;ils ont choisie, qui semble effectivement programm\u00e9e comme telle, comme un pied-de-nez permanent. Le reste d\u00e9crit de Gaulle, effectivement insupportable, marmonnant, pestant, grognant, se trompant sans cesse, n&rsquo;y comprenant rien, morig\u00e9nant fort injustement les uns et les autres qui courent en tous sens pour tenter d&rsquo;aveugler les voies d&rsquo;eau, annon\u00e7ant avec une amertume furieuse ou une \u00e9motion pleurnicharde qu&rsquo;il est foutu et qu&rsquo;il s&rsquo;en va, qu&rsquo;il leur laisse le pouvoir, qu&rsquo;il est fini, balay\u00e9 ; cela, jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9part-surprise, le mercredi 29 mai, disant qu&rsquo;il part \u00e0 Colombey en h\u00e9licopt\u00e8re, puis son h\u00e9licopt\u00e8re disparaissant des \u00e9crans-radar (partant en rase-mottes), et le bruit envahissant Paris : de Gaulle a disparu ! Pompidou dans une fureur noire, les restes du gouvernement attendant l&rsquo;explosion d\u00e9cisive de la grande manif&rsquo; finale des syndicats, des ouvriers et des \u00e9tudiants, de la Bastille \u00e0 la Gare Saint-Lazare, dont tout le monde pr\u00e9voit qu&rsquo;elle se terminera par des d\u00e9bordements funestes, l&rsquo;attaque de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e, la proclamation d&rsquo;un gouvernement d&rsquo;union populaire &#038; r\u00e9volutionnaire&#8230; Eh bien, non ! De Gaulle a disparu et tout semble se figer ; la manif a lieu certes, mais en rangs ordonn\u00e9s et l&rsquo;on se disperse dans le calme, on ne manifeste plus, on ne dit plus rien, on attend, on attend &#8230; Le soir du 29 mai 1968, \u00e0 Paris, on entendait voler une mouche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA Baden, au QG de la Premi\u00e8re Arm\u00e9e Fran\u00e7aise qui est d\u00e9ploy\u00e9e sur le territoire de l&rsquo;ex-zone d&rsquo;occupation fran\u00e7aise, de Gaulle retrouve Massu, dit son-fid\u00e8le-Massu, qui ne brillait gu\u00e8re par l&rsquo;esprit disait-on alors sur un ton un peu vache. (Du temps de l&rsquo;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise finissante, Massu avait \u00e9t\u00e9 mis sur la touche par de Gaulle et Massu s&rsquo;\u00e9tait ex\u00e9cut\u00e9. Rentrant d&rsquo;Alger \u00e0 Paris, il \u00e9tait pass\u00e9 par le bureau du G\u00e9n\u00e9ral. La blague avait couru : De Gaulle : Alors, Massu, toujours aussi con ? Massu, au garde-\u00e0-vous : Toujours gaulliste, mon G\u00e9n\u00e9ral.) Il n&#8217;emp\u00eache : de Gaulle avait besoin d&rsquo;un coup de pied au cul et il alla \u00e0 Baden ; Massu, bon soldat, s&rsquo;ex\u00e9cuta, accabla le Pr\u00e9sident d&rsquo;exhortations \u00e0 contre-attaquer, \u00e0 ne pas c\u00e9der, \u00e0 revenir en force, \u00e0 lancer un nouvel Appel-du-18-juin, lui parlant sur un ton que nul ne peut imaginer d&rsquo;oser employer avec lui. Il revient le 30 mai, Paris se tait toujours, emport\u00e9 d&rsquo;angoisse dans l&rsquo;attente, paralys\u00e9 par son absence, des plus ringards aux plus r\u00e9volutionnaires. Il met son uniforme, il parle, il rassemble un million de Parisiens en deux heures sur les Champs-\u00c9lys\u00e9es, il a gagn\u00e9. Mai-68 c&rsquo;est fini, Mai-68 n&rsquo;a pas d\u00e9pass\u00e9 le joli mois de mai.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl regarde passer la foule. C&rsquo;est vous qu&rsquo;ils saluent, mon G\u00e9n\u00e9ral, lui dit Tricot. Il r\u00e9pond, amer et m\u00e9prisant : Ils ont eu la trouille. On aurait pu lui r\u00e9torquer, et \u00e0 juste titre, et bien m\u00e9rit\u00e9 : Et vous, pendant trente jours, qu&rsquo;avez-vous eu \u00e0 geindre, \u00e0 p\u00e9daler dans l&rsquo;impuissance, \u00e0 dispara\u00eetre quand on avait besoin de vous ? Personne ne lui a dit cela. Le G\u00e9n\u00e9ral est ailleurs. Il est dans ces regards qu&rsquo;on lui voit lancer, \u00e0 certains moments du film, au plus profond de son d\u00e9sarroi alors que rien ne laisse encore pr\u00e9voir l&rsquo;issue du 30 mai, lors de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre de ses promenades, notamment \u00e0 ces jeunes vautr\u00e9s sur la pelouse des Champs, devant la grille du jardin de l&rsquo;Elys\u00e9e, qui gratouillent leur guitare. Il les regarde et eux le regardent, et les jeunes qui lui disent, d&rsquo;un simple regard justement, qui n&rsquo;a m\u00eame pas besoin d&rsquo;\u00eatre \u00e9clair\u00e9 par quelque feu divin puisque leur musique, justement, suffit \u00e0 le dire : Tu es fini, de Gaulle, tu ne vaux plus rien, c&rsquo;est nous qui prenons le pouvoir aujourd&rsquo;hui, qui te prenons la France des mains, pour en faire notre chose. Tu peux rentrer \u00e0 Colombey faire tes r\u00e9ussites et regarder ce qu&rsquo;il te reste de ton cher et vieux pays&rsquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCurieux, non ? Voil\u00e0 \u00e0 quoi j&rsquo;ai song\u00e9, \u00e0 mesure que se d\u00e9roulait cette journ\u00e9e du 24 juin, plut\u00f4t que suivre les nouvelles que tout le monde conna\u00eet depuis longtemps, car qui peut pr\u00e9tendre ignorer que la NSA, qui fait son boulot comme un robot, \u00e9clair\u00e9e par l&rsquo;\u00e9clat des 64 dents superbes du pr\u00e9sident Obama, aurait laiss\u00e9 passer les ministres fran\u00e7ais et l&rsquo;un ou l&rsquo;autre pr\u00e9sident ? Et je me disais que se tiennent au pouvoir, aujourd&rsquo;hui en France, depuis 15-20 ans, les rescap\u00e9s et les inspir\u00e9s de mai 68, ceux qui \u00e9taient venus dire \u00e0 de Gaulle, d&rsquo;un regard et d&rsquo;une rengaine <em>rock<\/em> \u00e0 la sauce <em>hippy<\/em>, tire-toi, mec, ceux qui faisaient la r\u00e9volution et dont Jouhandeau disait Dans vingt ans, ils seront notaires,  ou pr\u00e9sident-poire, bien entendu, et arrangeurs de mariages pour tous&#8230; Eh bien voil\u00e0, le cur de ma r\u00e9flexion, lorsque j&rsquo;ai vu et entendu toute cette agitation, cette fureur, ces cris de France trahie et qui entend se dresser dans sa pseudo-dignit\u00e9 recousue pour l&rsquo;occasion, se r\u00e9affirmer, taper du poing sur la table, faire sonner pendant quelques heures les mille ans d&rsquo;histoire et les quarante rois qui vont avec et qu&rsquo;on n&rsquo;enseigne plus dans les coll\u00e8ges ; certes, du vent tout cela, du carton-p\u00e2te, du simulacre grotesque, effroyablement surjou\u00e9, mais aussi l&rsquo;obligation de figurer, de tenir ce r\u00f4le bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, d&rsquo;en appeler \u00e0 ces vestiges qu&rsquo;ils ont eux-m\u00eames contribu\u00e9s \u00e0 amasser \u00e0 grand coups de caillasses dans les rues du Quartier-Latin. Il n&rsquo;y a pas \u00e0 dire, hier, ils ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de nous la jouer grand Charles,  mauvais comme des cochons, certes, mais oblig\u00e9s vous entendez ! Oblig\u00e9s de tenir ce r\u00f4le. Ca, c&rsquo;est la victoire du vieil homme qui rit avec les dieux dans son tombeau : il est mort mais faites-lui confiance, il les enterrera tous.  <\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Philippe Grasset<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le fardeau du G\u00e9n\u00e9ral Nous\/je vous l&rsquo;avoue, nous avons h\u00e9sit\u00e9. Fallait-il employer le nous majestatif, celui du dedefensa.org des grands jours courants, alors que la R\u00e9publique est en danger et que formez vos bataillons ? 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