{"id":75974,"date":"2015-06-28T16:05:54","date_gmt":"2015-06-28T16:05:54","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/28\/notes-sur-le-renaissance-de-la-tragedie\/"},"modified":"2015-06-28T16:05:54","modified_gmt":"2015-06-28T16:05:54","slug":"notes-sur-le-renaissance-de-la-tragedie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/06\/28\/notes-sur-le-renaissance-de-la-tragedie\/","title":{"rendered":"Notes sur le (re)naissance de la trag\u00e9die"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur le (re)naissance de la trag\u00e9die<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t28 juin 2015  La crise grecque qui est essentiellement un composant de la crise de l&rsquo;Europe va-t-elle devenir une trag\u00e9die ? Ne l&rsquo;est-elle pas d\u00e9j\u00e0 ? Dans tous les cas, elle confirme le mod\u00e8le crisique universel aujourd&rsquo;hui, celui de la crise incompressible, celle qui, une fois lanc\u00e9e, ne peut plus \u00eatre r\u00e9solue, et qui \u00e9volue, entre phases d&rsquo;accalmie et phases de paroxysme et, bient\u00f4t, se bloque dans une phase continue de paroxysme, pour s&rsquo;int\u00e9grer compl\u00e8tement dans la Grande Crise g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me en y apportant sa contribution.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que nous constatons, apr\u00e8s les p\u00e9rip\u00e9ties extraordinaires des 26-27 juin, c&rsquo;est la confirmation de ce que la crise grecque\/europ\u00e9enne est effectivement entr\u00e9e dans cette phase d&rsquo;incompressibilit\u00e9. Pour l&rsquo;instant, pour ces quelques jours, des \u00e9v\u00e8nements semblent expliquer le paroxysme de la crise ; ils n&rsquo;en sont que les causes conjoncturelles, car notre appr\u00e9ciation grandissante est bien que cette crise grecque\/europ\u00e9enne est d\u00e9sormais une de ces crise paroxystiques incompressibles, qui manifeste et manifestera diff\u00e9remment son paroxysme constant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelques extraits de notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_l_lectro-enc_phalogramme_plat_21_06_2015.html\" class=\"gen\">21 juin 2015<\/a> devraient faire comprendre de quelle sorte de crise paroxystique et incompressible est faite la crise grecque\/europ\u00e9enne, ici \u00e0 l&rsquo;image de la crise ukrainienne, dont elle est conjoncturellement, g\u00e9ographiquement et peut-\u00eatre politiquement fort proche  : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Ce que nous constatons d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, disons jusqu&rsquo;\u00e0 faire une th\u00e9orie de l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es et formidablement,  d\u00e9cisivement confirm\u00e9e par la crise ukrainienne,  c&rsquo;est que la crise n&rsquo;est plus une crise selon la forme courante de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Il y a toujours une mont\u00e9e vers un paroxysme, puis un paroxysme,  mais, \u00f4 surprise, ce paroxysme ne veut plus cesser d&rsquo;\u00eatre paroxystique&#8230;<\/em> [&#8230;] <em>Voici donc une crise, un temps crisique, une<\/em> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_notre_kosmos_crisique__27_03_2013.html\" class=\"gen\">infrastructure<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_facteur_crisique__30_04_2013.html\" class=\"gen\">crisique<\/a><em>, ayant atteint le paroxysme de sa composition habituelle, et ne parvenant plus ni \u00e0 le d\u00e9passer, ni \u00e0 s&rsquo;en lib\u00e9rer <\/em>[ c&rsquo;est-\u00e0-dire, ne parvenant \u00e0 le d\u00e9passer pour s&rsquo;en lib\u00e9rer.] [&#8230;] <em>C&rsquo;est comme si le temps historique en se concentrant, en se contractant au gr\u00e9 de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;Histoire qui est aujourd&rsquo;hui formidable, enfermait effectivement la crise dans son paroxysme, se r\u00e9duisant lui-m\u00eame au paroxysme de ce qui serait devenu un temps crisique.<\/em> [&#8230;] <em>Ainsi notre conclusion sera-t-elle, aussi audacieuse et \u00e9trange qu&rsquo;elle puisse para\u00eetre, <\/em><strong><em>que la crise ne veut pas abandonner sa phase paroxystique&#8230;<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa phase paroxystique d\u00e9sormais atteinte, la crise grecque\/europ\u00e9enne va d\u00e9sormais garder ce caract\u00e8re, mais rapidement se transformer dans son identit\u00e9, et simplement devenir une crise europ\u00e9enne puis s&rsquo;int\u00e9grer dans la crise de l&rsquo;Europe. Nous disons une (crise europ\u00e9enne) parce que c&rsquo;est l\u00e0 que la crise grecque\/europ\u00e9enne fera sa jonction avec ce que nous identifions pour l&rsquo;occasion comme la crise ukrainienne\/europ\u00e9enne (ou la crise ukrainienne dans sa dimension europ\u00e9enne), les deux (crise grecque et crise ukrainienne) en s&rsquo;int\u00e9grant dans la crise de l&rsquo;Europe tandis que d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments crisiques (on pourrait les figurer comme des modules crisiques, aussi bien) vont rapidement s&rsquo;y rattacher, tandis que d&rsquo;autres le sont d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant, voyons les \u00e9v\u00e8nements principaux des quelques faits importants de ce paroxysme exceptionnel qui est appel\u00e9 \u00e0 durer, y compris des faits annexes qui ont leur importance.<\/p>\n<h3>Son moment gaullien<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, l&rsquo;adresse au peuple grec de Tsipras dans la nuit du 26 au 27 juin, apr\u00e8s un conseil des ministres exceptionnel qui suit la position d\u00e9cisive des institutions, qu&rsquo;on peut d\u00e9finir simplement comme un <em>diktat<\/em> pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Gr\u00e8ce. Tsipras annonce sa proposition d&rsquo;un r\u00e9f\u00e9rendum le 5 juillet prochain, pour ou contre les propositions en forme d&rsquo;ultimatum pr\u00e9sent\u00e9es par les cr\u00e9anciers de la Gr\u00e8ce,  <em>ditto<\/em>, effectivement les institutions selon le terme d\u00e9sormais adopt\u00e9 par Tsipras pour d\u00e9signer l&rsquo;ex-<em>tro\u00efka<\/em> (ce qui \u00e9tait jusqu&rsquo;alors d\u00e9sign\u00e9 comme la <em>tro\u00efka<\/em> : la Commission europ\u00e9enne, la BCE et le FMI). Le texte complet, dont nous donnons l&rsquo;essentiel ci-dessous, est accessible sur le site Syriza-France, le <a href=\"http:\/\/syriza-fr.org\/2015\/06\/27\/allocution-du-premier-ministre-a-tsipras-au-peuple-grec-la-choix-au-peuple-souverain-referendum\/\" class=\"gen\">27 juin 2015<\/a>. Certains lui trouvent l&rsquo;allure gaullienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Nous avons livr\u00e9 un combat dans des conditions d&rsquo;asphyxie financi\u00e8re inou\u00efes pour aboutir \u00e0 un accord viable qui m\u00e8nerait \u00e0 terme le mandat que nous avons re\u00e7u du peuple. Or on nous a demand\u00e9 d&rsquo;appliquer les politiques m\u00e9morandaires comme l&rsquo;avaient fait nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Apr\u00e8s cinq mois de n\u00e9gociations, nos partenaires en sont venus \u00e0 nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l&rsquo;UE et sape la relance de la soci\u00e9t\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9conomie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis europ\u00e9ens. Leur but est l&rsquo;humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l&rsquo;obsession du FMI pour une politique d&rsquo;extr\u00eame aust\u00e9rit\u00e9. <\/em> [&#8230;] <em>Notre responsabilit\u00e9 dans l&rsquo;affirmation de la d\u00e9mocratie et de la souverainet\u00e9 nationale est historique en ce jour, et cette responsabilit\u00e9 nous oblige \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;ultimatum en nous fondant sur la volont\u00e9 du peuple grec. J&rsquo;ai propos\u00e9 au conseil des ministres l&rsquo;organisation d&rsquo;un r\u00e9f\u00e9rendum, et cette proposition a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La question qui sera pos\u00e9e au r\u00e9f\u00e9rendum dimanche prochain sera de savoir si nous acceptons ou rejetons la proposition des institutions europ\u00e9ennes.<\/em> [&#8230;] <em>Je vous invite \u00e0 prendre cette d\u00e9cision souverainement et avec la fiert\u00e9 que nous enseigne l&rsquo;histoire de la Gr\u00e8ce.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Un Non retentissant ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi le 27 juin, le Parlement grec approuve la proposition du gouvernement pour le r\u00e9f\u00e9rendum du 5 juillet. Tsipras parle \u00e0 nouveau. Il d\u00e9crit la proposition des institutions comme un ultimatum et une insulte&#8230; \u00ab<em>Nous avons \u00e9puis\u00e9 jusqu&rsquo;aux limites extr\u00eames les concessions possibles de fa\u00e7on \u00e0 parvenir tout m\u00eame \u00e0 un accord. Peut-\u00eatre certains ont-ils vu dans notre attitude de la faiblesse.<\/em> [&#8230;] <em>Le jour de v\u00e9rit\u00e9 arrive pour les cr\u00e9diteurs, le moment o\u00f9 ils verront que la Gr\u00e8ce ne se rend pas, que la position de la Gr\u00e8ce n&rsquo;est pas une r\u00e9cr\u00e9ation qui doit se terminer&#8230;<\/em>\u00bb Il termine en demandant un Non retentissant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSellon RT-fran\u00e7ais du <a href=\"http:\/\/francais.rt.com\/international\/3687-crise-grece-contre-ultimatum-referendum\" class=\"gen\">27 juin 2015<\/a>, la r\u00e9ponse devrait \u00eatre n\u00e9gative, en fonction des conditions dramatiques o\u00f9 se tient cette consultations &#8230; \u00ab [La proposition du gouvernement Tsipras devrait] <em>faire face \u00e0 une forte r\u00e9sistance de la part des repr\u00e9sentants des partis d&rsquo;opposition, dont les leaders ont d\u00e9j\u00e0 exprim\u00e9 leur r\u00e9probation. L&rsquo;ancien premier ministre, Antonis Samaras (droite), qui avait accept\u00e9 sans concession les exigences des cr\u00e9anciers lorsqu&rsquo;il \u00e9tait au pouvoir, a accus\u00e9 son successeur de mener le pays \u00e0 l&rsquo;impasse. Potami, le parti de centre-gauche, estime pour sa part que Syriza se fait le lobby du drachme. Les socialistes de Pasok enfin, ont \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 demander la d\u00e9mission du gouvernement en place et ont appel\u00e9 \u00e0 des \u00e9lections anticip\u00e9es.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Malgr\u00e9 ces divergences d&rsquo;opinion, le rejet de la proposition de la tro\u00efka est fort probable, de la part d&rsquo;un peuple \u00e9cras\u00e9 sous des r\u00e9formes aust\u00e8res depuis 2009. La situation en Gr\u00e8ce, notamment vis-\u00e0-vis de l&rsquo;UE, a amen\u00e9 la population \u00e0 un niveau important d&rsquo;euroscepticisme. Le ch\u00f4mage concerne aujourd&rsquo;hui 25,8% de la population active (contre 7,3% en 2008). Les jeunes en sont les principaux repr\u00e9sentants avec un taux d\u00e9passant les 50% de ch\u00f4meurs. Le pays fait \u00e9galement \u00e9tat d&rsquo;un taux de pauvret\u00e9 qui d\u00e9passe les 23%, la pauvret\u00e9 infantile se situant \u00e0 26,5% en 2012. Des conditions de vie qui ont connu une forte d\u00e9gradation depuis les premiers plans d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, mais aussi ant\u00e9rieurement, depuis l&rsquo;entr\u00e9e de la Gr\u00e8ce dans la zone euro. A l&rsquo;image des pays du sud, la p\u00e9ninsule a subi de plein fouet l&rsquo;application de la Politique Agricole Commune, d\u00e9cri\u00e9 par les professionnels du secteur partout en Europe.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3><em>Regime change, please<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tJacques Sapir, qui suit attentivement la crise grecque avec son exp\u00e9rience d&rsquo;\u00e9conomiste qui comprend parfaitement, et ne cesse de l&rsquo;affirmer, l&rsquo;importance d&rsquo;abord politique de cette crise, est certainement l&rsquo;un de ses meilleurs commentateurs. Nous allons lui faire une place importante dans la description comment\u00e9e des \u00e9v\u00e8nements. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSapir a constamment salu\u00e9 le comportement de Tsipras, au contraire de nombre de commentateurs, notamment nombre d&rsquo;entre eux se disant antiSyst\u00e8me qui se retrouvent contre Tsipras, au c\u00f4t\u00e9 des commentateur-Syst\u00e8me qui suivent la <em>narrative<\/em>-putschiste anti-Tsipras. Ces commentateurs antiSyst\u00e8me reprochent au gouvernement Tsipras de n&rsquo;avoir pas rompu imm\u00e9diatement et d&rsquo;avoir fait le jeu des institutions (-Syst\u00e8me), sinon d&rsquo;\u00eatre leur complice. Sapir \u00e9crivait le <a href=\"http:\/\/russeurope.hypotheses.org\/3990\" class=\"gen\">24 juin 2015<\/a> sur son site <em>RussEurop.org<\/em> : \u00abI]<em>l y a une \u00e9trange et malsaine synergie entre les plus r\u00e9actionnaires des commentateurs et d&rsquo;autres qui veulent se faire passer pour des radicaux et qui oublient sciemment de prendre en compte la complexit\u00e9 de la lutte conduite par le gouvernement grec. Ce dernier se bat avec le courage d&rsquo;Achille et la ruse d&rsquo;Ulysse. Disons d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui tous ceux qui avaient annonc\u00e9 la capitulation du gouvernement grec ont eu tort&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe m\u00eame 24 juin, Sapir annon\u00e7ait qu&rsquo;un  nouveau pas [avait] \u00e9t\u00e9 franchi par les institutions, un pas vers une strat\u00e9gie du <em>regime change<\/em> repr\u00e9sentant un projet de coup d&rsquo;\u00c9tat, lorsque des partis d&rsquo;opposition repr\u00e9sentant autour de 20% de l&rsquo;\u00e9lectorat grec ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us \u00e0 Bruxelles : \u00ab<em>Cela signifie que ces m\u00eames institutions europ\u00e9ennes, si promptes \u00e0 d\u00e9fendre la d\u00e9mocratie, complotent ouvertement avec un ensemble de politiciens faillis, souvent corrompus, et qui ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s par leur propre peuple pour remplacer un gouvernement d\u00e9mocratiquement \u00e9lu. C&rsquo;est une le\u00e7on importante, qu&rsquo;il faudra apprendre par cur, ne serait-ce que pour s&rsquo;en pr\u00e9munir.<\/em> [&#8230;] <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb&#8230; [C]<em>ette attitude prend aussi le risque d&rsquo;une guerre civile en Gr\u00e8ce. Car, si ce coup d&rsquo;Etat \u00e9tait entrepris il ne faut pas s&rsquo;imaginer que les forces qui ont soutenu SYRIZA, mais aussi le parti souverainiste ANEL, se laisseraient faire. Le probl\u00e8me avec cette g\u00e9n\u00e9ration de bureaucrates europ\u00e9istes est que, comme l&rsquo;avait fait remarquer Raymond Aron au sujet de Val\u00e9ry Giscard d&rsquo;Estaing, ils ne savent pas que l&rsquo;histoire est tragique. Mais cette histoire vit sa propre vie, sans ce soucier des repr\u00e9sentations de ces bureaucrates&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La journ\u00e9e historique du 27 juin<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMais, bien entendu, c&rsquo;est la journ\u00e9e du <a href=\"http:\/\/russeurope.hypotheses.org\/4019\" class=\"gen\">27 juin 2015<\/a>, que Sapir pr\u00e9sente sous le titre \u00ab<em>Tyrannie europ\u00e9enne ?<\/em>\u00bb qui est la plus importante. Le commentateur en pr\u00e9sente d&rsquo;abord les enjeux, qui concernent certes la Gr\u00e8ce, mais aussi la l\u00e9galit\u00e9, la l\u00e9gitimit\u00e9, bref le droit m\u00eame \u00e0 l&rsquo;existence de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne, qui a commis un acte qui la disqualifie compl\u00e8tement en faisant entrer ces institutions, ouvertement, quasiment d&rsquo;une fa\u00e7on accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;esprit comptable de putschistes bureaucrates, dans le territoire inf\u00e2me de la tyrannie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;abord, l&rsquo;attitude de Tsipras, son moment gaullien&#8230; \u00ab<em>Alexis Tsipras avait d\u00e9cid\u00e9 de convoquer un r\u00e9f\u00e9rendum le 5 juillet, demandant au peuple souverain de trancher dans le diff\u00e9rent qui l&rsquo;oppose aux cr\u00e9anciers de la Gr\u00e8ce. <\/em> [&#8230;] <em>Ce faisant, et dans un geste que l&rsquo;on peut qualifier de gaullien, il avait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment renvoy\u00e9 au domaine politique une n\u00e9gociation que les partenaires de la Tro\u00efka voulaient maintenir dans le domaine technique et comptable.<\/em> [&#8230;] <em>Il place d\u00e9sormais les enjeux non plus au niveau de la dette mais \u00e0 celui des principes, de la d\u00e9mocratie comme de la souverainet\u00e9 nationale. Et c&rsquo;est en cela que l&rsquo;on peut parler d&rsquo;un v\u00e9ritable moment gaullien chez Alexis Tsipras. Si l&rsquo;on veut pousser l&rsquo;analogie historique jusqu&rsquo;\u00e0 son terme, alors que Paul Raynaud en 1940 ne soumet pas au Conseil des Ministres la question de faut-il continuer la guerre, Alexis Tsipras a os\u00e9 poser la question de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et du r\u00e9f\u00e9rendum, et a re\u00e7u un soutien unanime, y compris des membres de l&rsquo;ANEL, le petit parti souverainiste alli\u00e9 \u00e0 SYRIZA. Il s&rsquo;est ainsi r\u00e9ellement hiss\u00e9 \u00e0 la stature d&rsquo;un dirigeant historique de son pays&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ensuite, la r\u00e9action de l&rsquo;Eurogroupe \u00e0 la d\u00e9cision de la Gr\u00e8ce, qui a consist\u00e9 \u00e0 tenir une r\u00e9union en excluant la Gr\u00e8ce. Sapir y voit un acte fondamental de tyrannie, dans le sens formel du mot : \u00ab<em>Ce geste<\/em> [la d\u00e9cision d&rsquo;organiser un r\u00e9f\u00e9rendum] <em>a provoqu\u00e9 une r\u00e9action de l&rsquo;Eurogroupe d&rsquo;une extr\u00eame gravit\u00e9. Nous sommes en pr\u00e9sence d&rsquo;un v\u00e9ritable abus de pouvoir qui a \u00e9t\u00e9 commis ce 27 juin dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, quand l&rsquo;Eurogroupe a d\u00e9cid\u00e9 de tenir une r\u00e9union sans la Gr\u00e8ce. Ce qui se joue d\u00e9sormais n&rsquo;est plus seulement la question du devenir \u00e9conomique de la Gr\u00e8ce. C&rsquo;est la question de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, et de la tyrannie de la Commission et du Conseil, qui est ouvertement pos\u00e9e&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi le d\u00e9bat atteint le paroxysme de ce qu&rsquo;on peut attendre, le paroxysme politique, le paroxysme institutionnel, le paroxysme des principes eux-m\u00eames, c&rsquo;est-\u00e0-dire paroxysme m\u00e9tahistorique. Le moment gaullien de Tsipras, selon Sapir, c&rsquo;est de moment o\u00f9 le chef du gouvernement, d\u00e9cidant d&rsquo;un r\u00e9f\u00e9rendum, se tourne vers le peuple pour lui demander une rel\u00e9gitimation du pouvoir qu&rsquo;il repr\u00e9sente, lanc\u00e9 dans une phase nouvelle et fondamental. En face, la d\u00e9cision de l&rsquo;Eurogroupe repr\u00e9sente \u00e9galement un paroxysme de la m\u00eame substance, celui o\u00f9 une repr\u00e9sentation des institutions (d&rsquo;ailleurs de la part d&rsquo;un Eurogroupe qui n&rsquo;a pas d&rsquo;existence institutionnelle l\u00e9gale puisque n&rsquo;\u00e9tant qu&rsquo;\u00ab<em>un club qui op\u00e8re sous le couvert de la Commission europ\u00e9enne et du Conseil europ\u00e9en<\/em>\u00bb) comme l&rsquo;acte ill\u00e9gal d&rsquo;exclure de ses d\u00e9lib\u00e9rations un de ses membres pour prendre une d\u00e9cision contre lui alors que la r\u00e8gle intangible des institutions est celle de l&rsquo;unanimit\u00e9. Ce coup de force par abus de pouvoir, selon la qualification de Sapir, \u00ab<em>pourrait bien signifier, \u00e0 terme, la mort de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Soit les dirigeants europ\u00e9ens, mesurant l&rsquo;abus de pouvoir qui vient d&rsquo;\u00eatre commis, se d\u00e9cident \u00e0 l&rsquo;annuler soit, s&rsquo;ils pers\u00e9v\u00e8rent dans cette direction ils doivent s&rsquo;attendre \u00e0 une insurrection des peuples mais aussi des gouvernants de certains Etats contre l&rsquo;Union europ\u00e9enne<\/em>\u00bb.<\/p>\n<h3>La D\u00e9claration de Delphes<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEvidemment, la puissance des \u00e9v\u00e8nements en cours \u00e9clipse nombre d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements annexes \u00e0 cette crise grecque\/europ\u00e9enne qui auraient normalement m\u00e9rit\u00e9 droit de cit\u00e9. Retenons-en tout de m\u00eame un, qui a le m\u00e9rite de t\u00e9moigner de la mobilisation en cours aux c\u00f4t\u00e9s de la Gr\u00e8ce, la mobilisation inverse qui comprend tout ce que le Syst\u00e8me comprend de moyens d&rsquo;attaque, de diffamation, et de camouflage sous la <em>narrative<\/em>-Syst\u00e8me, \u00e9tant de toutes les fa\u00e7ons permanente et relevant de la r\u00e9action pavlovienne-orwellienne, ou bien orwellienne-pavlovienne,  nous h\u00e9sitons toujours sur l&rsquo;ordre \u00e0 choisir entre les deux qualificatifs qui doivent \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment rapproch\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit de la D\u00e9claration de Delphes qui vient d&rsquo;\u00eatre d\u00e9cid\u00e9e et qui est diffus\u00e9e, qui est le fait d&rsquo;une cinquantaine de personnalit\u00e9s d&rsquo;influence, essentiellement universitaires mais aussi d&rsquo;autres domaines de la communication, d&rsquo;Europe ou des USA essentiellement mais aussi d&rsquo;autres pays et r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques, qui signent une d\u00e9claration commune de soutien \u00e0 la Gr\u00e8ce. L&rsquo;adoption de la d\u00e9claration de Delphes a eu lieu les 20-21 juin et des extraits de la conf\u00e9rence en date du <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/channel\/UCnzRNIZ79dczuuJStgo3tFw\" class=\"gen\">21 juin 2015<\/a> sont visibles sur <em>YouTube<\/em>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9claration est pr\u00e9sent\u00e9e par Michael Hudson, professeur d&rsquo;\u00e9conomie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 du Missouri, pr\u00e9sident de l&rsquo;<em>Institute for the Study of Long-term Economic Trends<\/em> (ISLET). Le texte introductif de Hudson et le texte de la D\u00e9claration, avec les signataires, sont visibles notamment sur <em>UNZ.com<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.unz.com\/mhudson\/the-delphi-declaration\/\" class=\"gen\">27 juin 2015<\/a> et sur <em>CounterPunch<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.counterpunch.org\/2015\/06\/26\/the-delphi-declaration\/\" class=\"gen\">27 juin 2015<\/a>. Le texte de la D\u00e9claration est extr\u00eamement dur, il parle d&rsquo;une guerre de basse intensit\u00e9 men\u00e9e contre la Gr\u00e8ce et de la possibilit\u00e9 d&rsquo;une guerre civile en Gr\u00e8ce (hypoth\u00e8se d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9e par Sapir). On en publie ici un passage (l&#8217;emploi du gras est dans le texte original).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Now, European institutions and governments are refusing even the most reasonable, elementary, minor concession to the Athens government, they refuse even theslightest face-saving formula there might be.<\/em><strong><em> They want a total surrender of SYRIZA, they want its humiliation, its destruction. By denying to the Greek people any peaceful and democratic way out of its social and national tragedy, they are pushing Greece into chaos, if not civil war.<\/em><\/strong><em> Indeed, even now, an undeclared social civil war of low intensity is being waged inside this country, especially against the unprotected, the ill, the young and the very old, the weaker and the unlucky. Is this the Europe we want our children tolive in?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>We want to<\/em><strong><em> express our total, unconditional solidarity with the struggle of the Greek people for their dignity<\/em><\/strong><em>, their national and social salvation, for their liberation from the unacceptable neocolonial rule the Troika is trying to impose on this European country. We denounce the<\/em><strong><em> illegal and unacceptable agreements successive Greek governments have been obliged, under threat andblackmail, to sign<\/em><\/strong><em>, in violation of all European treaties, of the Charter of UN and of the Greek constitution. We call on European governments and institutions to stop their irresponsible and\/or criminal policy towards Greece immediately and adopt<\/em><strong><em> a generous emergency program of support to redress the Greek economic situation and face the humanitarian disaster already unfolding in this country.<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>We also appeal to all European peoples to realize that what is at stake in Greece it is not only Greek salaries and pensions, Greek schools and hospitals or even the fate even of this historic nation where the very notion of Europe was born.<\/em><strong><em> What is at stake in Greece<\/em><\/strong><em> are also Spanish, Italian, even the German salaries, pensions, welfare, the<\/em><strong><em> very fate of the European welfare state, of European democracy, of Europe as such<\/em><\/strong><em>. Stop believing your media, who tell you the facts, only to distort their meaning, check independently what your politicians and your media are saying. They try to create, and they have created an<\/em><strong><em> illusion of stability<\/em><\/strong><em>. You may live in Lisbon or in Paris, in Frankfurt or in Stockholm, you may think that you are living in relative security. Do not keep such illusions.<\/em><strong><em> You should look to Greece, to see there the future your elites are preparing for you, for all of us and for our children<\/em><\/strong><em>. It is much easier and intelligent to stop them now, than it will be later. Not only Greeks, but all of us and our children will pay an enormous price, if we permit to our governments to complete the social slaughter of a whole European nation.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Reconnaissances autour de la crise<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAu-del\u00e0, ou plut\u00f4t autour de la Gr\u00e8ce et de l&rsquo;Europe, il y a un monde en fureur, o\u00f9 les crises s&#8217;empilent et \u00e9voluent elles aussi dans leurs paroxysmes propres. Quelques avis, ici et l\u00e0, fixent le climat entourant le centre en fusion que nous interrogeons aujourd&rsquo;hui. Nous mentionnons ici quelques appr\u00e9ciations et jugements \u00e9pars qui montrent les connexions, les hypoth\u00e8ses, etc., qui constituent d&rsquo;autres commentaires de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. On comprend combien tous ces commentaires, d&rsquo;une part constituent un facteur de communication qui aggrave objectivement la crise, d&rsquo;autre part impliquent des \u00e9v\u00e8nements qui, s&rsquo;ils se produisent, auront des cons\u00e9quences compl\u00e8tement impr\u00e9visibles, d\u00e9passant largement la Gr\u00e8ce et l&rsquo;Europe. Au reste, il est manifeste que les USA d&rsquo;une part, la Russie avec sans doute la Chine d&rsquo;autre part, sont intens\u00e9ment int\u00e9ress\u00e9s par le cours chaotique des choses.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t A c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;hypoth\u00e8se de la guerre civile, qu&rsquo;on a vue \u00e9voqu\u00e9e ici, on trouve l&rsquo;hypoth\u00e8se de la dictature militaire en Gr\u00e8ce, \u00e0 partir de r\u00e9seaux manipul\u00e9s par le fameux ensemble lui-m\u00eame manipul\u00e9 par les USA, des r\u00e9seaux <em>Gladio<\/em>\/OTAN, qui intervinrent une premi\u00e8re fois, selon nombre d&rsquo;auteurs et sans surprise, dans les ann\u00e9es 1960, pour la prise de pouvoir par les colonels en Gr\u00e8ce.  <em>WSWS.org<\/em>, qui a pris une position extr\u00eame vis-\u00e0-vis de la crise grecque, \u00e9voque, le <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/en\/articles\/2015\/06\/27\/gree-j27.html\" class=\"gen\">27 juin 2015<\/a> l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une prise de pouvoir par les militaires. Siv Savouri, chef \u00e9conomiste d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 de fonds de pension \u00e0 Londres, la Tosca Fund (certaines de ces entreprises r\u00e9percutent souvent un point de vue officiel qui leur a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 officieusement), estime qu&rsquo;une sortie de l&rsquo;euro (<em>Grexit<\/em>) de la Gr\u00e8ce conduira \u00e0 \u00ab<em>un effondrement de la soci\u00e9t\u00e9<\/em>\u00bb et l&rsquo;arriv\u00e9e des militaires au pouvoir. \u00ab<em>De quelque fa\u00e7on que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement survienne, les militaires prendront le contr\u00f4le du gouvernement<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le <a href=\"http:\/\/sputniknews.com\/analysis\/20150620\/1023614357.html#ixzz3eHBUdKCX\" class=\"gen\">20 juin 2015<\/a>, <em>Sputnik.News<\/em> s&rsquo;int\u00e9ressait \u00e0 diverses appr\u00e9ciations d&rsquo;experts ind\u00e9pendants US, qui semblent communiquer l&rsquo;une des craintes principales des USA. \u00ab<em>Jon Utley, publisher of The American Conservative magazine and a prominent antiwar activist, told Sputnik the German government also feared that Greece could draw closer to Russia and China if it pulled out of the Eurozone and eventually left the 27-nation EU bloc. The Germans will save Greece in the end because they don&rsquo;t dare face the consequences of the crumbling of the European Union, Utley said. EU policymakers fear that Greece&rsquo;s radical left-wing government, led by the Syriza Party, could make common cause with other nations not in the EU and US spheres of influence, Utley added. The result is that the European authorities are deliberately sabotaging the Greek economy, and have pushed it into recession, in order to undermine support for the Syriza government, Utley argued. The [EU] strategy is regime change,&rsquo; to get another government that will do what they want, he noted.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The United States does not want Greece to leave the Eurozone fearing it may then establish new close economic ties with Russia and China, experts told Sputnik. Center for Economic and Policy Research Co-Director Mark Weisbrot argued if Greece leaves the Eurozone, it could borrow from Russia and China, and moreover, would follow an independent foreign policy. The United States does not want this, Weisbrot said. The fear Greece will go rogue is shared by policymakers on both sides of the Atlantic, Weisbrot argued.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Alexander Mercouris, chaud partisan du gouvernement Tsipras, a pourtant publi\u00e9 un article critique du comportement du Premier ministre grec vis-\u00e0-vis de la Russie. (<em>Russia Insider<\/em>, le <a href=\"http:\/\/russia-insider.com\/en\/business\/tsiprass-policy-playing-russia-and-europe-against-each-other-losing-greece-friends\/ri8286\" class=\"gen\">25 juin 2015<\/a>.) Il juge que Tsipras a trop jou\u00e9 une sorte de double jeu vis-\u00e0-vis de la Russie, se disant int\u00e9ress\u00e9 par telle ou telle possibilit\u00e9, l&rsquo;explorant avec les Russes, pour se d\u00e9sister au dernier moment,  montrant ainsi que ce qu&rsquo;on croyait \u00eatre une strat\u00e9gie de sa part s&rsquo;av\u00e9rait \u00eatre en fait, du moins jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant, une tactique manipulatrice pour obtenir plus des institutions par crainte d&rsquo;un rapprochement grec de la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The great British historian AJP Taylor once said in my presence that Western politicians tend to think of Russia as a tap they can turn on and off whenever they like. By that he meant that Western politicians expect Russia&rsquo;s help when they need it, but never feel under any obligation to give anything back in return. Taylor was speaking about the diplomacy that led to the Second World War.  However it is starting to look as if the same is true of Greece&rsquo;s Prime Minister, Alexis Tsipras&#8230;<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb[&#8230;<MI>By ]<em>making moves to Moscow that he repeatedly fails to see through, Tsipras has lost possible friends in Europe and the US, whilst putting Greece&rsquo;s traditionally friendly relations with Russia in jeopardy. Anyone who knows Russia knows the friendly feelings Russians have for Greece. If a Grexit happens  &#8211; which is very possible despite Tsipras&rsquo;s latest concessions &#8211; Greece will need Russia&rsquo;s help&#8230; Hopefully what looks like a frankly manipulative policy will not have soured Russian attitudes by then.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Si l&rsquo;on observe la situation actuelle avec ses possibles sinon probables d\u00e9veloppements, il est d\u00e9sormais extr\u00eamement possible que la Gr\u00e8ce ait <strong>tr\u00e8s vite<\/strong> besoin de la Russie (et de la Chine, dans la m\u00eame foul\u00e9e). On comprend parfaitement le sens des remarques de Mercouris mais il nous semble que la situation politique ainsi cr\u00e9\u00e9e (par un <em>Grexit<\/em>) serait si boulevers\u00e9e, notamment d&rsquo;un point de vue strat\u00e9gique \u00e0 cause de l&rsquo;\u00e9norme \u00e9cho de communication que l&rsquo;on aurait suivant la dramatisation extr\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 la trag\u00e9die de cette crise, que la Russie ne pourrait parvenir raisonnablement \u00e0 une autre conclusion que le constat de la n\u00e9cessit\u00e9 de son soutien \u00e0 la Gr\u00e8ce, \u00e9ventuellement en impliquant son alli\u00e9 strat\u00e9gique qu&rsquo;est d\u00e9sormais la Chine. A cet \u00e9gard, la partie qui se joue a trop d&rsquo;importance, trop de ramifications avec les autres crises en cours, pour que des irritations bilat\u00e9rales de circonstance ne s&rsquo;effacent pas devant l&rsquo;ampleur formidable de l&rsquo;enjeu. Si les \u00e9v\u00e8nements de ces prochains jours confirment la rupture de la Gr\u00e8ce avec les institutions, la Russie ne pourra faire autrement que de choisir d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sente.<\/p>\n<h3>La trag\u00e9die des Derniers Temps<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise grecque va-t-elle devenir une trag\u00e9die ? Ne l&rsquo;est-elle pas d\u00e9j\u00e0 ?, interrogions-nous en t\u00eate de cette analyse&#8230; C&rsquo;est la Gr\u00e8ce qui a invent\u00e9 la trag\u00e9die telle que nous la connaissons, dans toute la force de son symbole, dans la transcendance, dans sa destin\u00e9e historique repr\u00e9sent\u00e9e dans l&rsquo;art supr\u00eame de la repr\u00e9sentation sc\u00e9nique et symbolique de la destin\u00e9e du monde. Nietzsche fit de <em>La naissance de la trag\u00e9die<\/em> une fresque assez obscure o\u00f9 il opposait des tendances imm\u00e9moriales \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;histoire de la Gr\u00e8ce des origines pour figurer les grands affrontements de l&rsquo;histoire du monde,  et du monde de notre temps, par cons\u00e9quent, tant notre temps ressemble aux Derniers Temps d&rsquo;une civilisation aux abois et devenue contre-civilisation. Aujourd&rsquo;hui, la Gr\u00e8ce, devenue un petit pays d&rsquo;importance n\u00e9gligeable dans les d\u00e9comptes bureaucratiques et postmodernistes, reprend sa place au centre dans la question de la trag\u00e9die du monde ressuscit\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Union europ\u00e9enne, \u00e0 l&rsquo;origine CEE, avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour extirper la trag\u00e9die du monde,  de l&rsquo;Europe, certes, mais une Europe figurant comme exemple d&rsquo;organisation et de gouvernance pour le monde, d\u00e9clenchant en v\u00e9rit\u00e9 les m\u00e9caniques menant paradoxalement, par contrainte et par n\u00e9cessit\u00e9 car on ne tue pas la v\u00e9rit\u00e9 de la m\u00e9tahistoire, \u00e0 la (re)naissance de la trag\u00e9die. Il est difficile de ne pas penser que nous sommes dans un de ces moments,  moment gaullien ou moment de la Tyrannie europ\u00e9enne, c&rsquo;est selon,  o\u00f9 nous assistons \u00e0 cette (re)naissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe constat nous para\u00eet acquis, quelle que soit la suite des \u00e9v\u00e9nements, tant les \u00e9v\u00e8nements ont \u00e9t\u00e9 trop loin sur la voie de la dramatisation et du paroxysme pour supprimer l&rsquo;effet qu&rsquo;ils ont d\u00e9j\u00e0 produit. Nous voulons dire par l\u00e0 que, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, les effets de ces \u00e9v\u00e8nements se sont d\u00e9tach\u00e9s de leurs g\u00e9niteurs pour devenir eux-m\u00eames \u00e9v\u00e8nements, et d\u00e9clenchant ainsi une r\u00e9action en cha\u00eene dont la cons\u00e9quence g\u00e9n\u00e9rale sera, au travers de la d\u00e9stabilisation ainsi provoqu\u00e9e, l&rsquo;installation du paroxysme, non plus de la crise grecque, mais de la crise de l&rsquo;Europe, laquelle prendra toute sa dimension en additionnant sa crise grecque aussi bien \u00e0 la crise ukrainienne qu&rsquo;\u00e0 la crise du terrorisme en g\u00e9n\u00e9ral qui affecte l&rsquo;Europe,  non pas \u00e0 cause du terrorisme, mais parce que l&rsquo;Europe a largement particip\u00e9 \u00e0 la manufacture d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne nomm\u00e9 terrorisme qui s&rsquo;est install\u00e9 pour exercer sur elle une \u00e9norme pression de d\u00e9stabilisation. Ces trois crises paroxystiques, parmi tant d&rsquo;autres mais pour leurs cas fortement orient\u00e9es vers l&rsquo;Europe, formant le foyer de la crise europ\u00e9enne, constituent autant de pressions terribles applique\u00e9s contre le Syst\u00e8me, n\u00e9es en v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9action antiSyst\u00e8me suscit\u00e9e chez des acteurs pourtant si diff\u00e9rents. D&rsquo;autres s&rsquo;y ajouteront, dont <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ttip_ttp_et_cie_une_crise_des_trait_s__15_06_2015.html\" class=\"gen\">la crise des trait\u00e9s<\/a> (TPP, TTIP et, qui commence \u00e0 appara\u00eetre, TISA, le pire des trois) n&rsquo;est certes pas la moindre, qui montre elle aussi combien la dynamique de surpuissance recherchant l&rsquo;entropisation g\u00e9n\u00e9rale du monde est aujourd&rsquo;hui dans sa phase ultime, qui ne veut rien \u00e9pargner, qui ne se satisfera que du monde r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;entropie g\u00e9n\u00e9rale. Au moins, le Syst\u00e8me ne dissimule plus.<\/p>\n<h3>A bon entendeur, salut !<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit des \u00e9v\u00e8nements \u00e0 venir en Gr\u00e8ce, du r\u00e9f\u00e9rendum s&rsquo;il a bien lieu, quels que soient les r\u00e9sultats qu&rsquo;il donne,  c&rsquo;est-\u00e0-dire en nous pla\u00e7ant dans le cas du <em>minimum minimorum<\/em> d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 accompli de cette crise grecque, nous ne pouvons que constater qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;abord et avant tout de la crise de l&rsquo;Europe en plus d&rsquo;\u00eatre une crise europ\u00e9enne. C&rsquo;est la crise d\u00e9sormais paroxystique de cet artefact nomm\u00e9 Europe,  ou bien encore les institutions qui est un mot bien choisi pour figurer une sorte de monstre incontr\u00f4lable, une \u00e9gr\u00e9gore mal\u00e9fique qui manipule ceux qui croient la conduire puisqu&rsquo;elle n&rsquo;est conduite par aucun d&rsquo;eux,  tant l&rsquo;Europe a montr\u00e9 ces derniers mois, ces derni\u00e8res semaines, ces derniers jours, son v\u00e9ritable visage. Elle s&rsquo;est conduite avec une arrogance monstrueuse et stupide de bout en bout, affichant son m\u00e9pris du processus d\u00e9mocratique et des principes fondamentaux tel que la souverainet\u00e9, exer\u00e7ant des pressions \u00e0 ciel ouvert sans croire une seconde que la victime ne capitulerait pas aussit\u00f4t, n&rsquo;imaginant pas le pire avant que le pire n&rsquo;apparaisse devant elle, exer\u00e7ant alors une pression furieuse qui a mis \u00e0 nu tout ce qu&rsquo;elle a de profond\u00e9ment, d&rsquo;irr\u00e9sistiblement tyrannique en elle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Europe s&rsquo;est ainsi d\u00e9couverte comme la chose du Syst\u00e8me, dont la d\u00e9finition d\u00e9passe \u00e9videmment toutes les formes politiques connues jusqu&rsquo;ici ; l&rsquo;Europe c&rsquo;est bien plus qu&rsquo;une dictature, c&rsquo;est bien plus qu&rsquo;un fascisme (mou ou pas), c&rsquo;est une dynamique de surpuissance absolument d\u00e9structurante et dissolvante, dont le but inconscient et automatique est la destruction de toutes les formes civilis\u00e9es, c&rsquo;est l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_l_id_al_de_puissance_09_04_2014.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a> dans sa phase-Syst\u00e8me ultime lorsqu&rsquo;elle prend l&rsquo;allure d&rsquo;une machinerie qui n&rsquo;a plus d&rsquo;autre projet que sa propre production de destruction. L&rsquo;intransigeance affich\u00e9e ces derniers jours, jusqu&rsquo;\u00e0 la rupture de samedi dans plus compl\u00e8te ill\u00e9galit\u00e9 d&rsquo;elle-m\u00eame, a fini par nous en convaincre, tant elle ajoutait parfaitement \u00e0 tout ce que nous avons identifi\u00e9 cette profonde stupidit\u00e9 de tout ce qui ne s&rsquo;exerce que dans un sens mal\u00e9fique. (Rappel de la joyeuse remarque de Ren\u00e9 Gu\u00e9non : \u00ab<em>On dit m\u00eame que le diable, quand il veut, est fort bon th\u00e9ologien; il est vrai, pourtant, qu&rsquo;il ne peut s&#8217;emp\u00eacher de laisser \u00e9chapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Gr\u00e8ce a d\u00e9j\u00e0 beaucoup souffert et il est bien probable, malheureusement, qu&rsquo;elle souffrira encore beaucoup, mais peut-\u00eatre en sauvegardant la dignit\u00e9 de son identit\u00e9 souveraine. Qu&rsquo;elle sache, quoi qu&rsquo;il en soit, qu&rsquo;elle nous a d\u00e9j\u00e0 beaucoup donn\u00e9s, en nous r\u00e9v\u00e9lant que non seulement le roi est nu, mais qu&rsquo;il ne cache m\u00eame plus qu&rsquo;il est nu, qu&rsquo;il se fout d&rsquo;\u00eatre nu, que sa nudit\u00e9 est le moyen d&rsquo;accomplir ses desseins d&rsquo;assassinat du monde,  que sa nudit\u00e9 mortelle est bien le destin qu&rsquo;il nous r\u00e9serve. A ceux qui prennent encore la peine d&rsquo;\u00e9couter pour entendre,  \u00e0 bon entendeur, salut ! (&#8230; Et sachant que cette locution interjective a des origines profondes qui se marient parfaitement \u00e0 notre situation : \u00e0 la fois \u00ab<em>Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende!<\/em>\u00bb [<em>Evangile<\/em>, Matthieu, XIII], \u00e0 la fois salut dans le sens de  \u00ab<em>Chercher ou trouver son salut<\/em>\u00bb, comme l&rsquo;on sauve sa vie et son \u00e2me.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur le (re)naissance de la trag\u00e9die 28 juin 2015 La crise grecque qui est essentiellement un composant de la crise de l&rsquo;Europe va-t-elle devenir une trag\u00e9die ? Ne l&rsquo;est-elle pas d\u00e9j\u00e0 ? Dans tous les cas, elle confirme le mod\u00e8le crisique universel aujourd&rsquo;hui, celui de la crise incompressible, celle qui, une fois lanc\u00e9e, ne&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[16741,3397,12033,398,3841,9772,9290,3073,7061,7823,16740,12019],"class_list":["post-75974","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-drachme","tag-euro","tag-eurogroupe","tag-europe","tag-grece","tag-guenon","tag-institutions","tag-nietzsche","tag-paroxysme","tag-sapir","tag-sipras","tag-troika"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75974","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75974"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75974\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75974"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75974"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75974"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}