{"id":75986,"date":"2015-07-04T10:22:00","date_gmt":"2015-07-04T10:22:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/07\/04\/tout-simplement-aux-armes-citoyens\/"},"modified":"2015-07-04T10:22:00","modified_gmt":"2015-07-04T10:22:00","slug":"tout-simplement-aux-armes-citoyens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/07\/04\/tout-simplement-aux-armes-citoyens\/","title":{"rendered":"Tout simplement : \u201cAux armes, citoyens\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h3>Tout simplement : Aux armes, citoyens<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tJacques Sapir est d&rsquo;abord un \u00e9conomiste et un universitaire, un auteur prolifique, avec un grand int\u00e9r\u00eat pour les probl\u00e8mes strat\u00e9giques et particuli\u00e8rement pour la question russe. Il s&rsquo;est affirm\u00e9 comme \u00e9tant de la gauche de la gauche, celle qui tend \u00e0 rompre avec le PS classique, et il s&rsquo;est r\u00e9guli\u00e8rement rapproch\u00e9 du courant souverainiste pour qu&rsquo;on puisse consid\u00e9rer qu&rsquo;il y est int\u00e9gr\u00e9 dans l&rsquo;esprit de la chose, et de plus en plus hors du <em>distinguo<\/em> droite-gauche qui tend \u00e0 perdre toute validit\u00e9 dans ce courant. On distingue bien que sa tradition et son penchant ne sont pas ceux de la pol\u00e9mique mais du discours argument\u00e9 et ma\u00eetris\u00e9. C&rsquo;est le cas bien entendu du texte que de lui que nous pr\u00e9sentons aujourd&rsquo;hui, du <a href=\"http:\/\/russeurope.hypotheses.org\/4043\" class=\"gen\">3 juillet 2015<\/a> \u00e0 partir de son site <em>RussEurop<\/em>, sous le titre <em>CRISES et d\u00e9voilement<\/em> (en respectant l&rsquo;usage original des majuscules, avec le soulign\u00e9 en gras de l&rsquo;auteur \u00e9galement). Bien entendu, ce texte est consacr\u00e9 au r\u00e9f\u00e9rendum du 5 juillet en Gr\u00e8ce. Il nous para\u00eet convenir pour pr\u00e9senter les circonstances catastrophiques et les enjeux formidables de cet \u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui nous frappe dans ce texte, c&rsquo;est la constance du ton tel que nous l&rsquo;avons implicitement signal\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;une rapide caract\u00e9risation du style de l&rsquo;auteur. Ton argument\u00e9 et ma\u00eetris\u00e9 certes, c&rsquo;est une analyse d\u00e9tach\u00e9e et pr\u00e9cise d&rsquo;une catastrophe extraordinaire qui frappe l&rsquo;UE par rapport \u00e0 ses ambitions, \u00e0 son dessein initial, \u00e0 ses projets. Il s&rsquo;agit de la description clinique de l&rsquo;accouchement d&rsquo;un monstre tyrannique, d&rsquo;un artefact totalitaire dont le dessein ne peut \u00eatre qu&rsquo;une soumission des peuples d&rsquo;Europe,  \u00e0 d\u00e9faut des nations, si cette chose existe encore,  \u00e0 une emprise totalitaire diabolique qui, malgr\u00e9 le champ \u00e9conomique o\u00f9 elle pr\u00e9tend \u00e9voluer, n&rsquo;est rien moins que l&rsquo;expression d&rsquo;un sentiment absolument religieux, d&rsquo;un djihadisme postmoderne mettant en pleine lumi\u00e8re la v\u00e9ritable nature, effectivement diabolique, du ph\u00e9nom\u00e8ne. Cela correspond effectivement compl\u00e8tement \u00e0 nos analyses de ce que nous nommons <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_syst_me_08_07_2013.html\" class=\"gen\">Syst\u00e8me<\/a>, o\u00f9 l&rsquo;UE a compl\u00e8tement sa place on s&rsquo;en doute. C&rsquo;est dire que, dans ce texte, il est bien plus question d&rsquo;Europe que de la malheureuse Gr\u00e8ce, qui porte sur ses \u00e9paules, comme un Hercule-malgr\u00e9-elle renvoyant \u00e0 la dignit\u00e9 de ses origines cr\u00e9atrices de notre civilisation, le poids d&rsquo;un monde en d\u00e9composition dissolvante extr\u00eamement rapide. C&rsquo;est effectivement \u00e0 propos de l&rsquo;Europe que nous parlons de d\u00e9composition dissolvante extr\u00eamement rapide, et non de la Gr\u00e8ce.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes constats et appr\u00e9ciations du r\u00f4le des protagonistes de la crise par Sapir sont rudes et selon nous justes, et exprim\u00e9s sans le moindre exc\u00e8s de langage ni emportement d&rsquo;humeur. Quoi qu&rsquo;il en soit, l&rsquo;on ressent bien toute la tension latente qui r\u00e9v\u00e8le pour nous la v\u00e9rit\u00e9 de la situation, qui est sa gravit\u00e9 extr\u00eame g\u00e9n\u00e9rale, sans qu&rsquo;on sache pr\u00e9cis\u00e9ment, pour l&rsquo;instant et pour cet \u00e9pisode, pour qui sonne le glas. Selon Sapir, Tsipras\/Syriza a men\u00e9 un superbe combat tactique, plein d&rsquo;inventivit\u00e9 et de courage, \u00e0 partir de pr\u00e9misses strat\u00e9giques fautifs ; combattre un tel ennemi avec une telle ardeur roborative (le courage d&rsquo;Achille et la ruse d&rsquo;Ulysse) en lui assurant pourtant constamment qu&rsquo;on veut rester l&rsquo;un des siens, au plus pr\u00e8s des termes de reddition sans conditions qu&rsquo;il exige, ce n&rsquo;est pas mener un combat loyal avec soi-m\u00eame. Tsipras\/Syriza, pour des raisons diverses, et comme nombre d&rsquo;antiSyst\u00e8me en Europe, a men\u00e9 son combat comme s&rsquo;il croyait encore \u00e0 leur Europe (et il y croit sans doute,  ou plut\u00f4t y croyait sans doute ?). Cette Europe-l\u00e0, l&rsquo;Europe que nous avons, et son avorton monstrueux qu&rsquo;est l&rsquo;euro, sont tout simplement irr\u00e9formables, clame Sapir, et il s&rsquo;agit de rompre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi viennent sous sa plume, d&rsquo;une fa\u00e7on explicite ou implicite, des termes de guerre, soulevant en cela un voile sur la v\u00e9rit\u00e9 de la situation : le coup de force constant de l&rsquo;UE contre la souverainet\u00e9 grecque, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa politique de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_l_id_al_de_puissance_09_04_2014.html\" class=\"gen\">puissance<\/a> visant \u00e0 l&rsquo;attentat constant contre les structures principielles, \u00e9quivalent en un peu plus s\u00e9rieux et remis \u00e0 sa juste place du <em>Coup d&rsquo;\u00c9tat permanent<\/em> que Mitterrand d\u00e9non\u00e7ait chez de Gaulle en 1964 et qui s&rsquo;adressait en fait \u00e0 l&rsquo;Europe que nous avons, pr\u00e9monitoirement et ironiquement (le Mitterrand schizophr\u00e8ne selon Kohl, \u00e0 la fois pr\u00e9sident souverainiste et gaulliste-malgr\u00e9-lui, et constructeur de l&rsquo;Europe supranationale de l&rsquo;euro) ; la situation de souverainet\u00e9 limit\u00e9e o\u00f9 nous nous trouvons, ressemblant \u00e0 celle des satellites de l&rsquo;URSS, avec les interventions arm\u00e9es de l&rsquo;URSS\/du Pacte de Varsovie, contre l&rsquo;un ou l&rsquo;autre r\u00e9tif,  Hongrie-1956, Tch\u00e9coslovaquie-1968,  \u00ab<em>Ce qu&rsquo;on fait l&rsquo;Eurogroupe et la BCE est l&rsquo;\u00e9quivalent financier de l&rsquo;intervention sovi\u00e9tique \u00e0 Prague en ao\u00fbt 1968<\/em>\u00bb. L\u00e0-dessus, le dernier paragraphe de Sapir, tr\u00e8s bref, avec l&rsquo;\u00e9vocation hypoth\u00e9tique (tant que cela  ?) d&rsquo;une France soumise \u00e0 un <em>ukase<\/em> du trio Bruxelles-Francfort-Berlin, et l&rsquo;\u00e9vocation plus pr\u00e9cise de l&rsquo;Article 16 de la Constitution de la V\u00e8me R\u00e9publique qui instaure un gouvernement avec tous les pouvoirs pour d\u00e9cr\u00e9ter toutes les mesures, jusqu&rsquo;aux plus brutales, pour prot\u00e9ger la souverainet\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 de la nation. M\u00e9taphoriquement,  mais la m\u00e9taphore annonce souvent la v\u00e9rit\u00e9 dans ce monde domin\u00e9 par la communication,  Aux armes, citoyens et <em>There Will Be Blood<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour notre part, et l&rsquo;occasion \u00e9tant bonne pour un bilan d&rsquo;\u00e9tape d&rsquo;une course folle si bien d\u00e9crite par Sapir, nous rel\u00e8verons deux points. Le premier point est le constat que la machine \u00e0 compromis du syst\u00e8me europ\u00e9en-bruxellois, excroissance majeure du Syst\u00e8me, ne fonctionne plus. L&rsquo;opinion <em>mainstream<\/em> de la crise grecque depuis janvier  \u00e9tait r\u00e9pandue, et quasiment unanime dans les milieux politiques, d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s logiquement selon les habitudes prises qui ont d\u00e9sormais des allures de soumission \u00e0 propos de laquelle les uns et les autres seront un jour conduits \u00e0 se d\u00e9terminer&#8230; Comme l&rsquo;ancien Premier ministre fran\u00e7ais Fran\u00e7ois Fillon, pourtant europ\u00e9iste mod\u00e9r\u00e9 puisque proche de Philippe S\u00e9guin jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de son mentor, disait \u00e0 <em>BFM-TV<\/em>, en mars dernier, quelque chose comme : Oh vous savez, la Gr\u00e8ce, vous verrez, comme toujours dans les affaires europ\u00e9ennes, on s&rsquo;arrangera, on trouvera un compromis &#8230; Comme toujours depuis des d\u00e9cennies, depuis l&rsquo;affaire de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Politique_de_la_chaise_vide\" class=\"gen\">chaise vide<\/a> de De Gaulle en 1965-1966, l&rsquo;Europe n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une menace de crises o\u00f9 elle prenait bien soin de pr\u00e9ciser qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait pour rien dans la menace, qu&rsquo;elle \u00e9tait l\u00e0 pour introduire son art du compromis devant une menace qui ne pouvait \u00eatre n\u00e9e que d&rsquo;une foucade d&rsquo;un \u00c9tat-membre r\u00e9ticent. Analyse avec quelque justesse au d\u00e9but, devenue tr\u00e8s rapidement faussaire certes, mais qui tenait la route parce que les vaincus syst\u00e9matiques du compromis (les \u00c9tats-nation, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970) tenaient, devant leur \u00e9lectorat et devant leur miroir, \u00e0 ne pas para\u00eetre perdre de leur souverainet\u00e9 en admettant leur d\u00e9faite dans les compromis. Avec la Gr\u00e8ce, l&rsquo;UE <strong>confirme pour l&rsquo;int\u00e9rieur de soi-m\u00eame<\/strong> qu&rsquo;elle a totalement <strong>chang\u00e9 de nature<\/strong> en un temps exceptionnellement court. Elle est devenue une machine \u00e0 crises, et une machine \u00e0 crises qui passe de la menace de crises en crises pure sans plus aucune esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le compromis salvateur de la face tum\u00e9fi\u00e9 des \u00c9tats-nation pris sur les faits de leur d\u00e9route &#8230; Passage de la m\u00e9thode de son ext\u00e9rieur proche quasiment \u00e0 annexer \u00e0 son int\u00e9rieur de soi-m\u00eame : apr\u00e8s la crise ukrainienne qui s&rsquo;est transform\u00e9 en guerre hybride (o\u00f9 l&rsquo;UE a jou\u00e9 en novembre 2013 le r\u00f4le de d\u00e9tonateur dans une de ces fameuses menaces de crise ultra-rapidement transform\u00e9es en crise au lieu du fameux compromis \u00e0 l&rsquo;europ\u00e9enne),voici la menace de crise grecque qui se transforme en crise majeure, aventuriste, potentiellement explosive, dont les enjeux ne cessent de se hausser jusqu&rsquo;\u00e0 menacer directement la construction europ\u00e9enne par des moyens de violence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t &#8230; Ce qui nous am\u00e8ne effectivement \u00e0 notre deuxi\u00e8me point. Il s&rsquo;agit d&rsquo;observer que nous devrions commencer, nous, \u00e0 comprendre la le\u00e7on des faits, <strong>la Gr\u00e8ce apr\u00e8s l&rsquo;Ukraine<\/strong>,  car cette parent\u00e9-l\u00e0, cette paternit\u00e9 doit \u00eatre imp\u00e9rativement identifi\u00e9e. L&rsquo;UE, ex-CEE, \u00e9tablie pour que plus jamais les guerres affreuses d&rsquo;avant, de la fin du XIX\u00e8me (1870-71) et de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle, ne d\u00e9chirent le continent, s&rsquo;av\u00e8re comme une fauteuse de guerre au point o\u00f9 seule la r\u00e9volte, et jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9volte de la restauration arm\u00e9e (dans tous les sens du terme) de l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;un \u00c9tat-nation, appara\u00eet comme la d\u00e9marche de r\u00e9sistance et de survie des peuples, et cela dans un temps \u00e0 venir qui ne cesse de se raccourcir. Cette contraction du temps, \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;histoire elle-m\u00eame, est d\u00e9sormais compl\u00e8tement partie d&rsquo;une m\u00e9tahistoire qui nous est sup\u00e9rieure et incompr\u00e9hensible sinon par intuition, et qui nous impose un rythme qui se joue du Temps. Apr\u00e8s l&rsquo;Ukraine, la Gr\u00e8ce, ou plut\u00f4t avec l&rsquo;Ukraine la Gr\u00e8ce&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui a transform\u00e9 d\u00e9cisivement la situation de faiseuse de menaces de crise s&rsquo;arrangeant par compromis en initiatrice de crises qui cr\u00e9ent des crise passant au stade des guerres asym\u00e9triques, c&rsquo;est la transformation ultra-rapide de l&rsquo;UE en un artefact-Syst\u00e8me en pleine course de surpuissance qui abandonne tous les ornements dialectiques habituels, chose d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 par le nouveau pr\u00e9sident de la Commission Juncker lorsqu&rsquo;il affirma fin janvier, apr\u00e8s les \u00e9lections grecques, cette chose incroyable que les normes europ\u00e9ennes (trait\u00e9s, directives, etc.) avaient d\u00e9sormais pr\u00e9\u00e9minence sur la volont\u00e9 populaire nationale exprim\u00e9e par un \u00c9tat-membre. Il s&rsquo;agissait de pas moins que la proclamation, non pas d&rsquo;une volont\u00e9, mais d&rsquo;un acte effectif d&rsquo;annexion pure et simple, par l&rsquo;arme de la conqu\u00eate financi\u00e8re et de communication, et la pression constante et terrorisante du Syst\u00e8me sur les psychologies. Notre analyse \u00e0 propos de cette \u00e9volution extr\u00eamement rapide (ultra-rapide) renvoie \u00e0 l&rsquo;arrogance et \u00e0 l&rsquo;aveuglement courant des dirigeants, \u00e0 leur pauvret\u00e9 d&rsquo;\u00e2me, mais aussi \u00e0 la terrorisation de leurs propres psychologies devant une situation dont ils sentent bien qu&rsquo;elle leur \u00e9chappe comme du sable coule entre les doigts. Ce dernier point, en v\u00e9rit\u00e9, nous para\u00eet fondamental, car il nous semble \u00e9galement que cet extraordinaire exc\u00e8s de puissance de l&rsquo;UE d\u00e9velopp\u00e9e sous le coup de sa propre terrorisation devant ses propres oeuvres est quelque chose qui ressemble au point de passage entre surpuissance et autodestruction.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici donc ce texte de Sapir, excellent commentateur de la crise grecque qui est en fait un pan en phase paroxystique d\u00e9sormais lui-m\u00eame producteur d&rsquo;une aggravation constante de la crise europ\u00e9enne approchant elle-m\u00eame de son paroxysme et s&rsquo;inscrivant ainsi dans la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me,  et, bien entendu, nous sommes loin des aspects \u00e9conomiques et sociaux, tout douloureux qu&rsquo;ils soient, pour nous inscrire dans le domaine de la haute politique d\u00e9pendante de la m\u00e9tahistoire. La description par Sapir de l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9 de l&rsquo;UE, de sa tendance d\u00e9sormais irr\u00e9pressible et exclusive au coup de force et \u00e0 la tyrannie des peuples est \u00e0 la fois impeccable et implacable. Sa conclusion est sans appel : on ne peut plus rien faire de l&rsquo;int\u00e9rieur, on ne peut plus r\u00e9former l&rsquo;UE\/l&rsquo;euro. C&rsquo;est, pour notre compte, notre th\u00e8se pour le Syst\u00e8me dans sa totalit\u00e9 globale  : nous sommes tous dans le Syst\u00e8me et ne pouvons le combattre qu&rsquo;en cherchant exclusivement \u00e0 le d\u00e9truire, c&rsquo;est-\u00e0-dire, \u00e0 notre sens, en acc\u00e9l\u00e9rant sa course folle selon l&rsquo;\u00e9quation surpuissance-autodestruction. Nous sommes la <em>muleta<\/em> que le <em>torero<\/em> agite devant le taureau furieux pour l&rsquo;inciter \u00e0 la charge fatale,  qui sera fatale pour lui car nous serons des Manolete puisque nous sommes des antiSyst\u00e8me. Mais l&rsquo;image s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0 car le taureau est un noble et courageux animal et l&rsquo;on peut \u00e0 juste titre pleurer sur sa mort comme l&rsquo;un des n\u00f4tres, alors que le Syst\u00e8me est une monstruosit\u00e9 hideuse comme un Orque sorti des entrailles du Mordor de Tolkien, et qui ne m\u00e9rite que l&rsquo;an\u00e9antissement.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\"><em>dedefensa.org<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article2\">CRISES et D\u00e9voilement<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tNul ne peut pr\u00e9voir le r\u00e9sultat du r\u00e9f\u00e9rendum qui se tiendra en Gr\u00e8ce le 5 juillet prochain. Les \u00e9lecteurs grecs sont soumis \u00e0 une pression tant \u00e9conomique que m\u00e9diatique sans pr\u00e9c\u00e9dents pour les convaincre de voter oui. Les exemples ici abondent, depuis les d\u00e9clarations des hi\u00e9rarques de l&rsquo;Union europ\u00e9enne (les Juncker, Schulz et autres) jusqu&rsquo;aux pressions faites par les entreprises grecques, en passant bien entendu par la pression la plus importante, et la plus significative, celle de la Banque Centrale europ\u00e9enne qui a coup\u00e9 l&rsquo;acc\u00e8s au compte Target2 des entreprises grecques, les emp\u00eachant de commercer avec l&rsquo;\u00e9tranger. On est en train d&rsquo;\u00e9trangler la Gr\u00e8ce, en la privant de liquidit\u00e9s, et ce au moment m\u00eame ou le FMI reconna\u00eet le bien-fond\u00e9 des positions d\u00e9fendues par le gouvernement d&rsquo;Alexis Tsipras. L&rsquo;ampleur de l&rsquo;ing\u00e9rence europ\u00e9enne est sans \u00e9gale ; elle constitue un scandale inou\u00ef et un d\u00e9ni de d\u00e9mocratie immense. Elle jette un doute sur l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 du r\u00e9sultat si le oui devait l&#8217;emporter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais ce r\u00e9f\u00e9rendum a permis en quelques jours d&rsquo;op\u00e9rer un d\u00e9voilement important de l&rsquo;attitude tant de l&rsquo;Eurogroupe que de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Ce d\u00e9voilement de la nature r\u00e9elle des institutions europ\u00e9ennes est un fait important pour l&rsquo;ensemble des peuples qui vivent sous ce qu&rsquo;il nous faut bien aujourd&rsquo;hui appeler la coupe de l&rsquo;UE. Il faut donc ici faire le bilan de ce que nous avons appris \u00e0 la fois dans les mois qui nous s\u00e9parent de l&rsquo;\u00e9lection de janvier dernier et surtout dans les jours qui ont suivi l&rsquo;annonce du r\u00e9f\u00e9rendum.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>La position, tant de l&rsquo;Eurogroupe que de la Commission europ\u00e9enne, ou du Conseil europ\u00e9en, vis-\u00e0-vis du gouvernement grec n&rsquo;a nullement \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur un constat \u00e9conomique mais elle a toujours proc\u00e9d\u00e9 d&rsquo;un parti-pris politique.<\/strong> En effet, il \u00e9tait clair que les demandes de restructurations que le gouvernement grec a pr\u00e9sent\u00e9 sans rel\u00e2che depuis le mois de f\u00e9vrier dernier de la dette \u00e9taient fond\u00e9es. De nombreux \u00e9conomistes l&rsquo;ont \u00e9crit [1]. M\u00eame le FMI l&rsquo;a r\u00e9cemment reconnu [2]. Il est aujourd&rsquo;hui \u00e9vident que cette restructuration devra avoir lieu, et que le plus t\u00f4t sera le mieux. Les rejets multiples et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de ces propositions par l&rsquo;Eurogroupe n&rsquo;ont eu pour seul objectif que d&rsquo;aboutir soit \u00e0 la capitulation du gouvernement grec soit \u00e0 sa d\u00e9mission. La d\u00e9claration de Martin Schulz, Pr\u00e9sident du Parlement europ\u00e9en le confirme [3]. Il est donc d\u00e9sormais bien \u00e9tabli que les institutions europ\u00e9ennes n&rsquo;ont eu de cesse que d&rsquo;obtenir le d\u00e9part d&rsquo;un gouvernement d\u00e9mocratiquement \u00e9lu. Ceci en dit long sur la notion de d\u00e9mocratie dont on se gargarise tant \u00e0 Bruxelles qu&rsquo;\u00e0 Strasbourg. Ces institutions ont donc men\u00e9 une guerre sans rel\u00e2che contre le gouvernement grec, n&rsquo;h\u00e9sitant devant aucune manuvre pour le d\u00e9stabiliser. On en a eu une confirmation avec les m\u00e9thodes odieuses qui sont utilis\u00e9es contre lui depuis qu&rsquo;il a d\u00e9cid\u00e9 de recourir au r\u00e9f\u00e9rendum.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>L&rsquo;Eurogroupe, qui est l&rsquo;instance assurant le pilotage de l&rsquo;Union Economique et Mon\u00e9taire, que l&rsquo;on appelle la zone Euro n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 violer les r\u00e8gles tacites de fonctionnement \u00e9tablies depuis maintenant des d\u00e9cennies que ce soit du temps du March\u00e9 Commun ou de celui de l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/strong> En d\u00e9cidant de tenir une r\u00e9union dont le ministre Grec, M. Varoufakis, serait exclu, l&rsquo;Eurogroupe, et en particulier son Pr\u00e9sident M. Dijssenbloem ne se sont pas seulement comport\u00e9s de mani\u00e8re ill\u00e9gale, mais surtout de mani\u00e8re contraire aux principes qui sont cens\u00e9s \u00eatre respect\u00e9s entre les diff\u00e9rents pays de l&rsquo;UE. Il s&rsquo;agit, ici encore, d&rsquo;un abus de pouvoir inou\u00ef. Il n&rsquo;a de parall\u00e8le que la d\u00e9cision de la Banque Centrale Europ\u00e9enne de couper les comptes Target2 (ou syst\u00e8me \u00e9lectronique de transferts intra-zone) des entreprises grecques, organisant une p\u00e9nurie artificielle de liquidit\u00e9s en Gr\u00e8ce, p\u00e9nurie qui p\u00e8se de mani\u00e8re dramatique sur la situation de la population et qui compromet la tenue du r\u00e9f\u00e9rendum. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que, dans l&rsquo;Histoire, une Banque Centrale organise une crise financi\u00e8re au sein de la zone dont elle a la responsabilit\u00e9, non par incomp\u00e9tence mais \u00e0 dessein. A nouveau, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un abus de pouvoir inou\u00ef. Cet abus de pouvoir signifie en r\u00e9alit\u00e9 que, sans le dire, la BCE a exclu la Gr\u00e8ce de la zone Euro. Si tel n&rsquo;\u00e9tait pas le cas, la BCE aurait d\u00fb continuer \u00e0 respecter les comptes Target2 des entreprises. Cela signifie que tant l&rsquo;Eurogroupe que la BCE ne respectent pas la souverainet\u00e9 de la nation grecque. Nous sommes revenus \u00e0 la situation des ann\u00e9es 1960 quand Leonid Brejnev affirmait la doctrine de souverainet\u00e9 limit\u00e9e des pays de l&rsquo;Est vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. Ce qu&rsquo;on fait l&rsquo;Eurogroupe et la BCE est l&rsquo;\u00e9quivalent financier de l&rsquo;intervention sovi\u00e9tique \u00e0 Prague en ao\u00fbt 1968. Nous sommes donc bien confront\u00e9 \u00e0 une tyrannie. Il faut en mesurer soigneusement toutes les cons\u00e9quences.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>On peut en d\u00e9duire que l&rsquo;Euro n&rsquo;est pas une monnaie, ni m\u00eame un projet \u00e9conomique, mais qu&rsquo;il est un mode de gouvernement qui vise \u00e0 imposer les r\u00e8gles du n\u00e9o-lib\u00e9ralisme contre l&rsquo;avis des peuples.<\/strong> Telle est la conclusion logique des d\u00e9nis de d\u00e9mocratie que l&rsquo;on a d\u00e9crits et que le gouvernement grec, avec beaucoup de courage et un grand discernement, ont permis de d\u00e9voiler. Le maintien de l&rsquo;Euro ne se justifie pas par des arguments \u00e9conomiques, mais essentiellement par la volont\u00e9 politique de domination qui aujourd&rsquo;hui s&rsquo;incarne dans l&rsquo;Allemagne, mais qui s&rsquo;\u00e9tend, que l&rsquo;on parle ici de \u00ab collaboration \u00bb ou de \u00ab syndrome de Stockholm \u00bb n&rsquo;a que peu d&rsquo;importance, aux \u00e9lites politiques de l&rsquo;Espagne, de la France et de l&rsquo;Italie. De ce point de vue, l&rsquo;absence de politique fran\u00e7aise, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment la servilit\u00e9 compassionnelle dont elle fait preuve face \u00e0 l&rsquo;Allemagne sur la question de la Gr\u00e8ce est des plus instructives. On ne peut que s&rsquo;indigner de la passivit\u00e9 du Ministre des Finances, M. Michel Sapin quand, le samedi 27 juin, M. Varoufakis a \u00e9t\u00e9 exclu de la r\u00e9union de l&rsquo;Eurogroupe. Mais reconnaissons que cette passivit\u00e9 est dans la logique de l&rsquo;attitude fran\u00e7aise depuis le d\u00e9but. Rappelons ici qu&rsquo;avant son \u00e9lection M. Alexis Tsipras n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par les membres du gouvernement et du P \u00ab S \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Ces comportements signifient la fin des illusions en ce qui concerne la possibilit\u00e9 d&rsquo;aboutir \u00e0 un autre Euro ou de changer l&rsquo;UE.<\/strong> Il faut sur ce point \u00eatre tr\u00e8s clair. De nombreuses forces se sont berc\u00e9es d&rsquo;illusions sur ce point, que ce soit en Gr\u00e8ce, et c&rsquo;est l&rsquo;une des contradictions de Syriza, ou en France, avec l&rsquo;attitude du PCF et du Parti de Gauche. Toute bataille men\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me est appel\u00e9e \u00e0 rencontrer des obstacles tellement formidables que l&rsquo;on peut douter de son succ\u00e8s. James Galbraith, apr\u00e8s beaucoup d&rsquo;autres, a \u00e9crit que seul le vote \u00ab non \u00bb au r\u00e9f\u00e9rendum du 5 juillet pourrait encore sauver l&rsquo;Euro [4]. Ce qui est s\u00fbr est que, paradoxalement, le \u00ab oui \u00bb va acc\u00e9l\u00e9rer la fin de l&rsquo;Euro en mettant au jour la nature r\u00e9elle de la zone Euro. Le voile de la soi-disant \u00ab rationalit\u00e9 \u00bb \u00e9conomique d\u00e9sormais d\u00e9chir\u00e9, r\u00e9duit \u00e0 un m\u00e9canisme de domination, l&rsquo;Euro se r\u00e9v\u00e8le dans sa nature la plus odieuse [5]. Vouloir \u00ab changer \u00bb l&rsquo;Euro n&rsquo;est plus aujourd&rsquo;hui une simple erreur ; cela devient au vu de l&rsquo;action de la zone Euro envers la Gr\u00e8ce une stupidit\u00e9 criminelle. Il faudra d&rsquo;urgence que les diff\u00e9rents partis qui ont jou\u00e9 avec cette id\u00e9e se mettent rapidement au clair sur cette question ou qu&rsquo;ils assument de n&rsquo;\u00eatre que l&rsquo;aile compassionnelle de la tyrannie europ\u00e9iste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Les erreurs strat\u00e9giques de Syriza p\u00e8sent alors lourd, m\u00eame si la mani\u00e8re dont la n\u00e9gociation a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e est digne d&rsquo;\u00e9loge. Il convient de s&rsquo;inspirer du combat men\u00e9 mais de ne pas en r\u00e9p\u00e9ter les erreurs.<\/strong> Ne s&rsquo;\u00e9tant jamais mis au clair sur cette question, le gouvernement grec n&rsquo;a pu apporter au coup d&rsquo;Etat financier organis\u00e9 par Bruxelles qu&rsquo;une r\u00e9ponse bien incompl\u00e8te. A partir du moment o\u00f9 la cl\u00f4ture des comptes Target2 des entreprises grecques \u00e9tait constat\u00e9e il devait r\u00e9quisitionner la Banque Centrale de Gr\u00e8ce pour que le pays ne se trouve pas \u00e0 court de liquidit\u00e9, ou \u00e9mettre des certificats de paiement (garantis par le Minist\u00e8re des finances). On r\u00e9torquera que cela aurait \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par l&rsquo;Eurogroupe comme une rupture d\u00e9finitive. Mais l&rsquo;action de la BCE \u00e9tait bien l&rsquo;\u00e9quivalent de cette rupture. Il n&rsquo;est aujourd&rsquo;hui pas dit que le \u00ab oui \u00bb l&#8217;emporte. Mais, s&rsquo;il devait l&#8217;emporter, ce serait bien parce que le gouvernement grec n&rsquo;a pas voulu aller jusqu&rsquo;au bout de la logique dans sa lutte pour la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Les le\u00e7ons que l&rsquo;on doit tirer de ce qui se passe actuellement en Gr\u00e8ce, que ce soit en France ou ailleurs, sont extr\u00eamement importantes.<\/strong> Un gouvernement qui entrerait en conflit avec l&rsquo;Eurogroupe et avec l&rsquo;UE sait d\u00e9sormais \u00e0 quoi s&rsquo;attendre. Les risques de d\u00e9stabilisation de la soci\u00e9t\u00e9 sont immenses d\u00e8s lors que l&rsquo;arme financi\u00e8re est utilis\u00e9e sans restriction par la BCE. Devant ces risques, du moins en France, nous avons une proc\u00e9dure d&rsquo;exception qui est pr\u00e9vue par la constitution : c&rsquo;est l&rsquo;article 16. Le pr\u00e9c\u00e9dent de la Gr\u00e8ce montre que les pressions financi\u00e8res peuvent emp\u00eacher un fonctionnement normal des institutions. Le pouvoir ex\u00e9cutif serait alors en droit d&rsquo;user de l&rsquo;article 16 pour gouverner par d\u00e9cret dans la p\u00e9riode de crise et pour r\u00e9pliquer, du tac au tac, aux actions venant de Bruxelles et de Francfort.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jacques Sapir<\/p>\n<\/p>\n<h4>Notes<\/h4>\n<p>[1] Voir Stiglitz J, Europe&rsquo;s attack on Greek democracy, le <a href=\"http:\/\/www.project-syndicate.org\/commentary\/greece-referendum-troika-eurozone-by-joseph-estiglitz-2015-06\" class=\"gen\">29 juin 2015<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[2] Voir The Guardian du <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/business\/2015\/jul\/02\/imf-greece-needs-extra-50bn-euros?CMP=share_btn_tw\" class=\"gen\">2 juillet 2015<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[3] Un gouvernement de technocrates pour en finir avec l&rsquo;\u00e8re Syriza, d\u00e9claration de Martin Schulz, <a href=\"http:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/20150702\/1016824871.html\" class=\"gen\">2 juillet 2015<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[4] Galbraith J., Greece: Only the No&rsquo; Can Save the Euro, <a href=\"http:\/\/www.prospect.org\/article\/greece-only-no-can-save-euro\" class=\"gen\">1er juillet 2015<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[5] Lordon F., La Malfa\u00e7on, Paris, Les Liens qui Lib\u00e8rent, 2014.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout simplement : Aux armes, citoyens Jacques Sapir est d&rsquo;abord un \u00e9conomiste et un universitaire, un auteur prolifique, avec un grand int\u00e9r\u00eat pour les probl\u00e8mes strat\u00e9giques et particuli\u00e8rement pour la question russe. 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