{"id":76006,"date":"2015-07-14T14:16:24","date_gmt":"2015-07-14T14:16:24","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/07\/14\/melenchon-et-son-ami-tsipras\/"},"modified":"2015-07-14T14:16:24","modified_gmt":"2015-07-14T14:16:24","slug":"melenchon-et-son-ami-tsipras","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/07\/14\/melenchon-et-son-ami-tsipras\/","title":{"rendered":"M\u00e9lenchon et son ami Tsipras"},"content":{"rendered":"<p><h3>M\u00e9lenchon et son ami Tsipras<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous l&rsquo;avouons sans fard, ayant montr\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement, depuis <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-in_extremis__12_04_2012.html\" class=\"gen\">quelques<\/a> ann\u00e9es, un int\u00e9r\u00eat \u00e9pisodique mais appuy\u00e9 et nullement feint pour les interventions publiques de l&rsquo;homme politique, nous f\u00fbmes dans le d\u00e9but de soir\u00e9e de ce funeste dimanche de juillet, paroxysme du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_massacre_de_juillet_et_le_temps_de_la_peur_13_07_2015.html\" class=\"gen\">massacre de juillet<\/a>, \u00e0 la fois stup\u00e9fait et furieux durant quelques minutes o\u00f9 nous v\u00eemes plus qu&rsquo;entend\u00eemes M\u00e9lenchon interrog\u00e9 par le mignon de service (sur BFM-TV, semble-t-il), \u00e0 la fois sur les \u00e9v\u00e8nements en cours et sur son livre <em>Le hareng de Bismarck<\/em>. A l&rsquo;aise, impeccable orateur, avec ce qu&rsquo;il faut d&rsquo;ironie pour rendre plus aimable la rude logique et de chaleur du propos qui donne belle vie \u00e0 tout cela, M\u00e9lenchon d\u00e9crivait une bataille en train de se livrer, qui nous parut aussit\u00f4t <strong>absolument, compl\u00e8tement fantasmagorique<\/strong>,  c&rsquo;est-\u00e0-dire sans rapport essentiel aucun avec la v\u00e9rit\u00e9 de situation. Il d\u00e9crivait Hollande d\u00e9fenseur-de-Tsipras faisant bien plus que r\u00e9sister \u00e0 Merkel, il conseillait \u00e0 Merkel de se calmer, il laissait penser <em>in fine<\/em> que l&rsquo;on \u00e9tait en train de sauver l&rsquo;Europe, voire m\u00eame de redessiner la susdite selon des normes plus humaines, plus sociales, selon aussi un plus grand respect des valeurs principielles comme la souverainet\u00e9 des peuples (nous dirions des nations, mais nous nous comprenons). Bref, M\u00e9lenchon, qui est contre toute sortie de l&rsquo;euro car c&rsquo;est le point central, arguait si nous comprenions bien,  nous n&rsquo;avons pas suivi toute cette intervention et l&rsquo;avons plus ressentie que diss\u00e9qu\u00e9e,  que de ce drame extraordinaire pouvait sortir quelque chose d&rsquo;assez haut o\u00f9 la Gr\u00e8ce n&rsquo;aurait pas perdu toute sa dignit\u00e9 et surtout pas son ontologie d&rsquo;\u00eatre, et o\u00f9 la France, somme toute, aurait \u00e0 peu pr\u00e8s tenu son rang en tenant l&rsquo;Allemagne \u00e0 distance &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPr\u00e9cisons bien que notre si nous comprenons bien indique que nous ne raisonnons ni ne d\u00e9crivons la chose selon des r\u00e9f\u00e9rences pr\u00e9cises, selon un <em>verbatim<\/em> de l&rsquo;\u00e9mission que nous n&rsquo;avons pas le go\u00fbt de visionner car seul nous importe l&rsquo;essentiel, et qu&rsquo;un plaideur tatillon pourrait nous trouver \u00e0 cet \u00e9gard l&rsquo;un ou l&rsquo;autre pou sur un crane pourtant fort d\u00e9garni. Non, nous parlons de l&rsquo;esprit de la chose, qui revenait \u00e0 dire : un <em>Grexit<\/em>, et \u00e0 plus fortes raisons pouvait-on penser <em>in fine<\/em> dans ces instants tragiques, \u00e9ventuellement une d\u00e9cision extraordinaire de rupture de Tsipras dans ce sens, constitueraient une catastrophe qu&rsquo;il fallait \u00e9viter \u00e0 tout prix. Au m\u00eame moment, sur telle ou telle autre cha\u00eene, apparaissaient les premiers d\u00e9tails fondamentaux du coup de force achev\u00e9 de ce jour-l\u00e0, les v\u00e9ritables conditions du massacre de juillet. On sait ce que nous en pensons (\u00ab<em>&#8230;c&rsquo;est-\u00e0-dire une attaque d&rsquo;une violence inou\u00efe ressemblant \u00e0 un acte d&rsquo;agression sp\u00e9cifiquement voulu comme barbare contre la souverainet\u00e9 et la l\u00e9gitimit\u00e9, contre le principe de l&rsquo;identit\u00e9, une attaque contre l&rsquo;ontologie, contre l&rsquo;\u00eatre m\u00eame<\/em>\u00bb), et le contraste entre les deux choses (le discours de M\u00e9lenchon et la mise en place de la forfaiture) provoqua, \u00e0 notre sens, la stup\u00e9faction et la fureur dont nous parlons au d\u00e9but. Nous ne disons pas justifia pour ne pas \u00eatre trop <em>stricto sensu<\/em> car, encore une fois, les mots peuvent se brouiller,  mais l&rsquo;on va voir que cela importe peu puisque ce qui importe, \u00e0 partir de l&rsquo;esprit de la chose, ce sont les r\u00e9flexions qui suivent, portant sur une situation et des probl\u00e8mes objectivement existants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl reste que nous faill\u00eemes saisir notre plume et nous lancer dans une diatribe dont on imagine quelle en aurait \u00e9t\u00e9 la teneur. C&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 une erreur. Nous nous ret\u00eenmes selon le geste \u00e0 la fois intuitif et rationnel d&rsquo;apaiser une passion sans pourtant en tuer la cause qui peut \u00eatre bonne, et laisser faire le temps et la raison, et esp\u00e9rons-le le travail de l&rsquo;intuition. Bien nous en prit&#8230; D&rsquo;abord, voici l&rsquo;avis circonstanci\u00e9 et act\u00e9 par l&rsquo;\u00e9crit de M\u00e9lenchon sur ce massacre de juillet, que nous reproduisons ci-dessous, repris de son <em>blog<\/em> (le <a href=\"http:\/\/www.jean-luc-melenchon.fr\/2015\/07\/13\/grece-un-accord-contraint-...\" class=\"gen\">13 juillet 2015<\/a>) autant que du site <em>LeGrandSoir<\/em> (le <a href=\"http:\/\/www.legrandsoir.info\/grece-un-accord-contraint-qu-il-ne-faut-pas-soutenir.html\" class=\"gen\">13 juillet 2015<\/a>). La ligne g\u00e9n\u00e9rale, on le comprend, emporte dans l&rsquo;oubli,  mais pas vraiment dans le quiproquo,  ce que nous avions encore de stup\u00e9faction et de fureur \u00e0 l&rsquo;endroit de la premi\u00e8re intervention mentionn\u00e9e ci-dessus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM\u00e9lenchon dit son fait \u00e0 la chose, \u00e0 l&rsquo;acte furieux de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-comment_la_bande_est_devenue_la_secte__07_07_2015.html\" class=\"gen\">la Secte<\/a>, de l&rsquo;orque monstrueux sorti en pleine lumi\u00e8re ce jour-l\u00e0 de juillet charg\u00e9 des traces puantes de ses abysses infernaux pour nous montrer de quel bois il se chauffe. Il le fait surtout en citant les autres (le <em>Spiegel<\/em>, l&rsquo;<em>Huma<\/em>, Renzi, etc.) et, au-del\u00e0, en d\u00e9signant l&rsquo;Allemagne (qui est le bourreau principal, certes, par habitude historique, mais qui n&rsquo;est que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e du Syst\u00e8me \u00e0 cet \u00e9gard et promise comme les autres \u00e0 en subir les cons\u00e9quences). Il le fait en ignorant ce qu&rsquo;il y a de monstrueux et de monstrueusement autonome dans l&rsquo;orque (la Secte, le Syst\u00e8me, le Mal), parce que, dans un syst\u00e8me de pens\u00e9e contraint (comme il qualifie lui-m\u00eame l&rsquo;accord), il est de mauvais ton et un peu de d\u00e9raison d&rsquo;en appeler \u00e0 ces bizarreries-l\u00e0 ; on les laisse \u00e0 un Dante, \u00e0 un Plotin, \u00e0 un Saint-Augustin&#8230; Quoi qu&rsquo;il en soit, il pr\u00e9sente l&rsquo;accord de dimanche, effectivement comme doit l&rsquo;\u00eatre techniquement le massacre de juillet. Ainsi remarque-t-il, avec une grande mesure mais fermement :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Telle est pourtant dor\u00e9navant l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Le gouvernement d&rsquo;Alexis Tsipras a r\u00e9sist\u00e9 pied \u00e0 pied comme nul autre ne l&rsquo;a aujourd&rsquo;hui fait en Europe. Il doit accepter un armistice dans la guerre qui lui est men\u00e9e. Notre solidarit\u00e9 lui est due. Mais rien ne doit nous obliger a accepter de participer \u00e0 la violence qui lui est faite. Si j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9put\u00e9, je ne voterais pas cet accord \u00e0 Paris. Ce serait ma mani\u00e8re de condamner la guerre faite \u00e0 la Gr\u00e8ce. Ce serait ma mani\u00e8re de condamner ceux qui la m\u00e8nent et les objectifs qu&rsquo;ils poursuivent.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous comprenons parfaitement : M\u00e9lenchon est un homme d&rsquo;honneur et un homme d&rsquo;amiti\u00e9, et il nous para\u00eet assur\u00e9 que les liens d&rsquo;une belle hauteur que son estime lui m\u00e9nage, personnellement et politiquement, avec Alexis Tsipras, justifient une certaine retenue du langage sans pourtant rien c\u00e9der sur le fond. Apr\u00e8s tout, ce qu&rsquo;il nous dit <strong>vraiment<\/strong>, en allant au net, n&rsquo;est-ce pas ceci en v\u00e9rit\u00e9 : si j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9put\u00e9 grec (non pas \u00e0 Paris, hein, mais \u00e0 Ath\u00e8nes), je voterais contre ce texte, c&rsquo;est-\u00e0-dire contre mon ami Tsipras qui a la t\u00e2che absolument horrible de devoir d\u00e9fendre ce torchon ignoble qu&rsquo;est l&rsquo;accord, et d&rsquo;aller jusqu&rsquo;\u00e0 rameuter l&rsquo;opposition qui ne cesse de lui plonger des poignards dans le dos et qui est la premi\u00e8re et seule responsable de cet effroyable trag\u00e9die ? Nous comprenons bien que, dans ces conditions, l&rsquo;on emploie un langage effectivement contraint : il nous semble que, de la m\u00eame fa\u00e7on qu&rsquo;il aime de Gaulle, Mitterrand ou Chavez, M\u00e9lanchon aime Tsipras et il lui r\u00e9pugne de lui faire le moindre mal, surtout dans des instants si tragiques o\u00f9 son ami poursuit son chemin de croix ; au reste, ce n&rsquo;est que justice dans l&rsquo;amiti\u00e9, car Tsipras, contraint lui-m\u00eame \u00f4 combien, ne m\u00e9rite pas une seule seconde qu&rsquo;on lui inflige un mal suppl\u00e9mentaire \u00e0 celui qui l&rsquo;accable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&#8217;emp\u00eache que la trag\u00e9die est bien l\u00e0,  car l&rsquo;orque monstrueux veille : c&rsquo;est Tsipras lui-m\u00eame qui va devoir accomplir, op\u00e9rationnaliser l&rsquo;infamie qui crucifie son peuple. Nous ne sommes pas au temps de l&rsquo;Allemagne nazie et de ses satellites avec le traitement des locaux qui allait avec, nous dit M\u00e9lenchon (\u00ab<em>Je ne compare jamais l&rsquo;Allemagne actuelle \u00e0 celle des nazis. Je ne l&rsquo;ai jamais fait<\/em>\u00bb) ; certes, certes, mais on nous permettra, \u00e0 nous, d&rsquo;y respirer un air familier, et si un exalt\u00e9 vous dit qu&rsquo;en l&rsquo;esprit et selon des m\u00e9thodes diff\u00e9rentes, des qui tachent moins vous voyez, on s&rsquo;y croirait, r\u00e9fl\u00e9chissez avant de l&rsquo;envoyer devant le tribunal de la repentance mise en cause dans sa l\u00e9galit\u00e9 postmoderniste et m\u00e9taphysique, et absolument terroriste&#8230;. Esprit, es-tu l\u00e0 ? Et comment&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPuisque nous sommes dans la fameuse extr\u00eame-droite dont les jolies mamans-Syst\u00e8me menacent leurs bambins pour leur permettre de faire des r\u00eaves postmodernistes sans trop de risques, restons-y. A un moment de cette intervention signal\u00e9e plus haut (BFM-TV), manifestement emport\u00e9 nous semble-t-il, M\u00e9lenchon cita (on retrouve ce point dans le texte) la Finlande comme pays le plus anti-Gr\u00e8ce, anti-Syriza, etc., au c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Allemagne,  ce qui est l&rsquo;exacte v\u00e9rit\u00e9 ; puis ajoutant qu&rsquo;on trouvait dans le gouvernement finlandais un parti d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/europe\/article\/2015\/05\/07\/l-extreme-droite-finlandaise-sur-le-point-d-entrer-au-gouvernement_4629766_3214.html\" class=\"gen\">extr\u00eame-droite<\/a>, des amis de madame Le Pen, et que d&rsquo;ailleurs la mont\u00e9e de l&rsquo;extr\u00eame-droite (<em>ditto<\/em>, les amis de madame Le Pen) \u00e9tait le fait le plus inqui\u00e9tant de ce qui se passait en Europe,  mais heureusement commenterions-nous pour notre part si nous y croyions, Hollande avec son Valls dans la poche-arri\u00e8re saurait nous en prot\u00e9ger, comme il a d\u00e9fendu Tsipras&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAh bon, tout \u00e7a ? On en viendrait alors \u00e0 d\u00e9duire, par \u00e9quivalence des circonstances et des \u00e9tiquettes, que madame Le Pen, \u00e0 l&rsquo;image de ses amis finlandais, est l&rsquo;ennemie la plus acharn\u00e9e de Tsipras, Syriza &#038; Cie. Est-ce bien raisonnable, lorsqu&rsquo;on sait le vrai ? Il est vrai \u00e9galement qu&rsquo;on nous a d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 que le soutien ind\u00e9fectible de madame Le Pen \u00e0 Tsipras, c&rsquo;est une manuvre cynique de la cheftaine du FN,  c&rsquo;est Jupp\u00e9 qui nous disait cela il y a quelques temps, de sa voix grave comme venue d&rsquo;un objet nouveau qu&rsquo;on pourrait qualifier de cr\u00e9tin le plus intelligent d&rsquo;entre nous. (Aucun risque, nous ne faisons que citer,  Onfray parlant de Valls, Chirac de son compagnon du temps des cerises, Jupp\u00e9 soi-m\u00eame, dont la transmutation de ces derni\u00e8res ann\u00e9es en robot-Syst\u00e8me a stup\u00e9fait,  nous le savons directement,  quelques-uns de ses plus anciens collaborateurs.) &#8230; Et pour agr\u00e9menter ce propos des nouvelles du front de ce jour o\u00f9 les choses ne sont pas si simples, on peut \u00e9galement remarquer que c&rsquo;est bien un parti d&rsquo;une droite que d&rsquo;aucuns dans notre presse-Syst\u00e8me pr\u00e9sent\u00e8rent comme extr\u00eame, ALEN, qui participe au gouvernement Tsipras, qui refuse l&rsquo;accord. Son leader, le ministre de la d\u00e9fense Panos Kammenos, vient d&rsquo;annoncer, apr\u00e8s avoir rencontr\u00e9 Tsipras : \u00ab<em>Ce document est un coup mont\u00e9 par l&rsquo;Allemagne et d&rsquo;autres pays. Il comprend de nombreux points nouveaux&#8230; Nous ne pouvons marquer notre accord avec \u00e7a.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTr\u00eave de banalit\u00e9s obsessionnelles &#8230; Chacun a ses obsessions, ou pathologies obsessionnelles, et chez M\u00e9lenchon c&rsquo;est l&rsquo;extr\u00eame-droite. On remarquera qu&rsquo;en observant cela, nous ne nous extrayons pas du lot (chacun a&#8230;), et d&rsquo;ailleurs nous pensons qu&rsquo;une obsession n&rsquo;est pas une pathologie, ou bien que toutes les pathologies ne sont pas n\u00e9cessairement mauvaises ; une obsession, c&rsquo;est d&rsquo;abord l&rsquo;expression plus ou moins excessive mais nullement faussaire d&rsquo;une ligne ferme de l&rsquo;esprit, et l&rsquo;on peut consid\u00e9rer que le <em>Delenda est Cartago<\/em> \u00e9tait celle du vieux Caton, comme le <em>Delenda est Systema<\/em> est la n\u00f4tre. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;affaire se corse, c&rsquo;est lorsque l&rsquo;obsession exprime une ligne ferme de l&rsquo;esprit qui n&rsquo;a plus aucune raison d&rsquo;\u00eatre, qui rend compte de vieux souvenirs disparus ou de fantasmes entretenus par exemple par la nostalgie (belle chose), par exemple par une action pernicieuse de la psychologie, ou d&rsquo;influences ext\u00e9rieures sur la psychologie (plus pr\u00e9occupant, \u00e7a). Ainsi M\u00e9lenchon laisse-t-il son esprit par ailleurs si ferme et si juste \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement noy\u00e9 par un fantasme qui lui dissimule la v\u00e9rit\u00e9 fondamentale de la situation de notre temps, dans ce Temps d&rsquo;un affrontement ultime o\u00f9 il faut savoir faire preuve d&rsquo;audace, de conviction justifi\u00e9e et de fermet\u00e9, et de lucidit\u00e9 pour identifier l&rsquo;essentiel de l&rsquo;accessoire.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, nous avouons n&rsquo;avoir gu\u00e8re de go\u00fbt pour les \u00e9tiquettes, dans un Temps d&rsquo;une simplicit\u00e9 d&rsquo;apocalypse o\u00f9 flamboient les simples et terribles formule de tonnerre montrant que l&rsquo;affrontement est entre une force immense comme l&rsquo;histoire n&rsquo;en a jamais connue, mais comme l&rsquo;Histoire (la m\u00e9tahistoire) seule peut nous m\u00e9nager, et ce qui s&rsquo;y oppose. Il y a le Syst\u00e8me, et ceux qui, dans le Syst\u00e8me, jugent que leur honneur, leur devoir, leur raison d&rsquo;\u00eatre, se trouvent dans la r\u00e9sistance antiSyst\u00e8me. Cette situation des antiSyst\u00e8me, qui sont n\u00e9cessairement d&rsquo;horizons multiples et d&rsquo;id\u00e9ologies diff\u00e9rentes, ou de pas d&rsquo;id\u00e9ologie du tout, s&rsquo;appelle, selon le mot d&rsquo;Ho Chi-Minh, identifier l&rsquo;ennemi principal,  et nous dirions l&rsquo;ennemi exclusif pour notre compte (<em>Delenda est Systema<\/em>), comme l&rsquo;on parle de l&rsquo;Ennemi Total, objet absolument totalitaire sorti d&rsquo;une m\u00e9taphysique invertie et dont le but est la destruction du monde. A cette lumi\u00e8re, voici ce qui est bien malheureux pour le d\u00e9bat qui nous occupe : nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit si souvent que la France en tant qu&rsquo;\u00eatre avait un r\u00f4le privil\u00e9gi\u00e9 dans cet affrontement de titans, et qu&rsquo;elle ne le tient pas \u00e0 cause du sort qui lui est fait par un Syst\u00e8me qui sait identifier les dangers qui le guettent et y introduire les germes de l&rsquo;inversion et les chim\u00e8res de la division pour les neutraliser.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tR\u00e9cemment encore (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-pour_vaincre_le_syst_me_il_faut_vouloir_tre_antisyst_me_29_06_2015.html\" class=\"gen\">29 juin 2015<\/a>), nous rappelions une observation du texte d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 plus haut, du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-in_extremis__12_04_2012.html\" class=\"gen\">12 avril 2012<\/a>, et jugions qu&rsquo;il valait toujours pour la question trait\u00e9e &#8230; Ce point de vue n&rsquo;a \u00e9videmment pas chang\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Ainsi rel\u00e8ve-t-on une ambigu\u00eft\u00e9 dans l&rsquo;attitude de M\u00e9lenchon, ambigu\u00eft\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;est pas le seul \u00e0 porter, qui se marque le plus souvent quand surgit une personnalit\u00e9 politique qui entend affirmer une position de forte substance. Le d\u00e9calage est consid\u00e9rable entre son discours socio-politique int\u00e9rieur, fortement id\u00e9ologis\u00e9 et proclam\u00e9 partout, et son discours fondamental de politique de la grande crise, celui qui nous int\u00e9resse, et qui est dit mezzo voce, pour des oreilles attentives ou incr\u00e9dules. Le premier soul\u00e8ve peut-\u00eatre les foules mais il est d&rsquo;une pauvret\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologisation de notre temps (de droite, de gauche, ou du centre, ou d&rsquo;o\u00f9 que vous le voulez). Malgr\u00e9 les apparences, il joue \u00e0 fond pour le Syst\u00e8me, en perp\u00e9tuant les clivages artificiels qui emp\u00eachent les alliances antiSyst\u00e8me fondamentales. Les attaques de M\u00e9lenchon contre la FN font partie de ce folklore assez vain, r\u00e9ducteur et peu glorieux, et en plus complice du Syst\u00e8me. (Cela nous rappelle une confidence d\u00e9sabus\u00e9e de R\u00e9gis Debray d\u00e9but mai 2002, alors que d&rsquo;immenses manifs&rsquo;, essentiellement de gauche, parcouraient la France contre un Le Pen assur\u00e9 de ne jamais pouvoir gagner ce deuxi\u00e8me tour, et que nous nous interrogions sur la signification et l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme de cette mobilisation : Qu&rsquo;est-ce que tu veux, chaque g\u00e9n\u00e9ration a besoin de sa guerre d&rsquo;Espagne&#8230; Les temps ont chang\u00e9, pour ce qui est de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>&#8230;Ce qui rend d&rsquo;autant plus pr\u00e9cieux et brillant, l&rsquo;autre aspect de l&rsquo;intervention de M\u00e9lenchon, sa politique de la grande crise&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLisez l&rsquo;article de M\u00e9lenchon o\u00f9 il met les choses au point en \u00e9pargnant le plus possible ce qu&rsquo;il doit peut-\u00eatre sentir de la critique fondamentale qu&rsquo;on peut faire du courageux Tsipras, qui est son ami : on y trouve tout ce qu&rsquo;il faut de rationnel et de militant, avec assez de chaleur, pour d\u00e9noncer et condamner l&rsquo;infamie&#8230; Tout ce qu&rsquo;il faut mais pas tout de l&rsquo;essentiel puisqu&rsquo;il y manque, justement, l&rsquo;hypoth\u00e8se essentielle : Tsipras aurait pu, peut-\u00eatre aurait-il d\u00fb, par un moyen ou l&rsquo;autre, avec le courage d&rsquo;Achille et (surtout) la ruse d&rsquo;Ulysse, rompre exactement comme l&rsquo;on frappe un coup m\u00fbrement pr\u00e9par\u00e9 ; rompre, c&rsquo;est-\u00e0-dire, au coup de force r\u00e9pondre par un contre-coup de force, annoncer le processus vers un choix du <em>Grexit<\/em>, annoncer cela en pleine n\u00e9gociation, devant la presse, comme on pose un acte fondamental, avant de quitter aussit\u00f4t Bruxelles pour Ath\u00e8nes,  car c&rsquo;\u00e9tait pour lui la seule fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9chapper au revolver sur la tempe qui semble avoir \u00e9t\u00e9 une des dispositions majeures des n\u00e9gociations de Bruxelles. Partir \u00e0 Ath\u00e8nes dans de telles circonstances, n&rsquo;aurait-ce pas \u00e9t\u00e9, <strong>dans l&rsquo;esprit de la chose<\/strong> comme dans <strong>l&rsquo;allure symbolique<\/strong> du geste, comme un de Gaulle refusant l&rsquo;armistice inf\u00e2me et gagnant Londres pour r\u00e9sister ? On chipoterait aussit\u00f4t que la situation en Gr\u00e8ce ne le permettait peut-\u00eatre pas, sauf qu&rsquo;il y a des cas de vie ou de mort qui autorisent \u00e0 se passer de la mesure de la gestion courante des choses pour poser l&rsquo;acte fondamental, celui que les m\u00e9diocres jugent fou et que l&rsquo;Histoire sanctifie plus tard comme l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme sublime mis au service de la vieille <em>Civitas<\/em> antique, celle qu&rsquo;ils all\u00e8rent d\u00e9fendre aux <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bataille_des_Thermopyles\" class=\"gen\">Thermopyles<\/a>,  Passant, va dire \u00e0 Sparte que nous sommes morts pour d\u00e9fendre ses lois&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Si nous \u00e9tions trop bon prince, nous dirions \u00e0 M\u00e9lenchon qu&rsquo;il lui aurait suffi de lire Sapir pour comprendre ce que nous voulons dire ; mais le prince, c&rsquo;est-\u00e0-dire le conseiller autoproclam\u00e9 de la parabole du prince en l&rsquo;occurrence, a le devoir dans certains cas de donner un avis comme on ass\u00e8ne une \u00e9vidence. Non, il lui aurait suffi, \u00e0 M\u00e9lenchon, d&rsquo;\u00e9couter ce que dit madame Le Pen (le <a href=\"http:\/\/fr.sputniknews.com\/france\/20150713\/1016992183.html#ixzz3fpg79VD5\" class=\"gen\">13 juillet 2015<\/a> : \u00ab<em>&#8230;\u00e0 la place d&rsquo;Alexis Tsipras, j&rsquo;aurais engag\u00e9e la Gr\u00e8ce vers la sortie de l&rsquo;euro<\/em>\u00bb), et de comprendre qu&rsquo;il ne peut, lui, selon sa propre logique et s&rsquo;il accepte de prendre pour du comptant ce qu&rsquo;est devenu le monstre (\u00ab<em>Telle est pourtant dor\u00e9navant l&rsquo;Union europ\u00e9enne<\/em>\u00bb), conclure par un autre propos que celui de ladite madame Le Pen. Ce n&rsquo;est ni \u00e9tiquette, ni id\u00e9ologie, ni parti-pris,  mais simplement une position g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;antiSyst\u00e8me qui n&rsquo;est l&rsquo;exclusive de personne. Ainsi, la le\u00e7on e\u00fbt-elle \u00e9t\u00e9 compl\u00e8te parce qu&rsquo;elle aurait, d&rsquo;un seul trait de lumi\u00e8re, \u00e9clair\u00e9 pour lui-m\u00eame (M\u00e9lenchon) et pour nous tous la sc\u00e8ne politique fran\u00e7aise, et la sc\u00e8ne politique du monde dans l&rsquo;immense affrontement en cours, et sugg\u00e9r\u00e9 aussit\u00f4t la mesure d\u00e9cisive et sacr\u00e9e entre l&rsquo;essentiel et l&rsquo;accessoire.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\"><em>dedefensa.org<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article2\">Gr\u00e8ce : un accord contraint qu&rsquo;il ne faut pas soutenir<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab Un revolver sur la tempe \u00bb, selon ses propres termes : Tsipras a sign\u00e9 un compromis. Aussit\u00f4t, les trompettes des louanges relaient la traditionnelle propagande gouvernementale pour c\u00e9l\u00e9brer le r\u00f4le de facilitateur de Hollande, la force du couple franco-allemand et r\u00e9citer les refrains, les mantras et les calembredaines habituelles des eurol\u00e2tres<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa v\u00e9rit\u00e9 toute crue est, une fois de plus, \u00e0 des lustres des pseudos analyses de commentateurs qui ne comprennent pas ce qu&rsquo;ils voient, parlent de textes qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas lu et font r\u00e9agir des responsables politiques sans autres informations que celles donn\u00e9es par ces plus que douteux interm\u00e9diaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSur tous les \u00e9crans la m\u00eame image : madame Merkel face \u00e0 Alexis Tsipras flanqu\u00e9e de Donald Tusk et de Fran\u00e7ois Hollande. Un spectacle inacceptable. Pas seulement pour un Fran\u00e7ais \u00e0 qui il est p\u00e9nible de se voir de ce c\u00f4t\u00e9 de la table et de surcro\u00eet assis en bout de banc ! Mais surtout pour un Europ\u00e9en. Car cette r\u00e9union devenue, faute de critique des commentateurs, une instance, n&rsquo;a aucune l\u00e9gitimit\u00e9. Il y a un Conseil des gouvernements, il y a un Eurogroupe. Il n&rsquo;y a pas de tandem faisant office d&rsquo;audit ! La proposition issue de cette r\u00e9union n&rsquo;a donc aucune l\u00e9gitimit\u00e9. D&rsquo;ailleurs, les Italiens (troisi\u00e8me \u00e9conomie du continent) ont lourdement protest\u00e9. Et le gouvernement finlandais o\u00f9 r\u00e8gne la coalition de la droite et de l&rsquo;extr\u00eame droite a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9clar\u00e9 que cet accord n&rsquo;\u00e9tait pas le sien ! Voil\u00e0 qui devrait au moins faire r\u00e9fl\u00e9chir les eurol\u00e2tres fran\u00e7ais. Quelle genre d&rsquo;Europe est-ce l\u00e0 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuant \u00e0 la discussion dans ce cadre, quelle valeur a-t-elle ? La partie grecque n&rsquo;y \u00e9tait pas du tout libre. Le pays est en \u00e9tat de blocus financier depuis quinze jours ! L&rsquo;asphyxie est amplement commenc\u00e9e. Que vaut dans ces conditions une discussion de treize heures sans pause ? Et comment accepter le genre de pression que signifie la pr\u00e9sence d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 des experts des deux premi\u00e8res \u00e9conomies, appuy\u00e9s par les assistants du pr\u00e9sident du Conseil des gouvernements face \u00e0 un gouvernement seul ? Est-ce ainsi que l&rsquo;on traite ses partenaires en Europe ? Asphyxie financi\u00e8re du pays et asphyxie physique des n\u00e9gociateurs comme cadre d&rsquo;\u00e9change ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s quoi je me dis mal \u00e0 l&rsquo;aise du fait du soutien apport\u00e9 dans notre gauche ici ou l\u00e0 a cet accord. Je veux croire qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas \u00e9t\u00e9 lu ou lu trop vite En effet, le texte sign\u00e9 pr\u00e9voit par exemple l&rsquo;abrogation de toutes les lois vot\u00e9es depuis f\u00e9vrier dernier, la remise en cause du code du travail jusque dans des d\u00e9tails comme le travail du dimanche, la surveillance r\u00e9tablie de la Tro\u00efka sur chaque minist\u00e8re et le devoir de son approbation pr\u00e9alable avant chaque proposition de loi. Quand au r\u00e9\u00e9chelonnement de la dette, question prioritaire, il est, d&rsquo;une part, mis au conditionnel et, d&rsquo;autre part, subordonn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;approbation pr\u00e9alable de tout ceci par le Parlement Grec !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa presse allemande comme le Spiegel parle de cet accord comme d&rsquo;un \u00ab catalogue de cruaut\u00e9 \u00bb. Le journal L&rsquo;Humanit\u00e9, sous la plume de son directeur Patrick Apel Muller, parle de \u00ab la dictature froide de l&rsquo;Allemagne \u00bb. \u00ab Angela Merkel, \u00e9crit-il, r\u00e9clame la capitulation sans condition sous peine d&rsquo;exclusion, accompagn\u00e9e par quelques gouvernements serviles. \u00bb La veille, Mat\u00e9o Renzi, le pr\u00e9sident du Conseil italien, avait fini par \u00e9clater face au gouvernement allemand : \u00ab \u00c7a suffit ! \u00bb. De toutes part, l&rsquo;indignation est mont\u00e9e. Le Monde rapporte que m\u00eame les hauts fonctionnaires europ\u00e9ens sont outr\u00e9s. Il montre Tsipras \u00e9puis\u00e9 et humili\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTelle est pourtant dor\u00e9navant l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Le gouvernement d&rsquo;Alexis Tsipras a r\u00e9sist\u00e9 pied \u00e0 pied comme nul autre ne l&rsquo;a aujourd&rsquo;hui fait en Europe. Il doit accepter un armistice dans la guerre qui lui est men\u00e9e. Notre solidarit\u00e9 lui est due. Mais rien ne doit nous obliger a accepter de participer \u00e0 la violence qui lui est faite. Si j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9put\u00e9, je ne voterais pas cet accord \u00e0 Paris. Ce serait ma mani\u00e8re de condamner la guerre faite \u00e0 la Gr\u00e8ce. Ce serait ma mani\u00e8re de condamner ceux qui la m\u00e8nent et les objectifs qu&rsquo;ils poursuivent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn France, nous devons condamner de toutes les fa\u00e7ons possibles les sacrifices encore demand\u00e9s aux Grecs et la violence qui leur est impos\u00e9e. Comme d&rsquo;habitude, cela commence par le sang-froid face \u00e0 la meute m\u00e9diatique et son rouleau compresseur de fausses \u00e9vidences. Ne jamais perdre de vue qu&rsquo;ils mettent en mots la r\u00e9alit\u00e9 pour la faire correspondre \u00e0 leurs formats de diffusion et que la v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est pas leur premi\u00e8re exigence, m\u00eame au prix de l&rsquo;absurdit\u00e9. Dans cette ambiance, il est impossible de retourner la tendance du commentaire, car elle est dans la folie panurgique. Mais, en allumant des signaux et en faisant circuler des analyses document\u00e9es, on emp\u00eache la d\u00e9bandade intellectuelle et on donne des points d&rsquo;appui. Dans quarante-huit heures, les ravis de la cr\u00e8che vont dessaouler. Toutes sortes de gens intellectuellement exigeants vont lire le texte. La r\u00e9sistance va se reconstituer. Certes, personne ne viendra dire merci \u00e0 ceux qui auront tenus la premi\u00e8re ligne de tranch\u00e9e. Mais ce qui importe le plus sera acquis : une r\u00e9sistance va exister.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes gens de bonne foi qui cherchent \u00e0 se faire une opinion libre n&rsquo;y comprennent rien, en v\u00e9rit\u00e9, tant l&rsquo;accumulation des bavardages transforme en \u00ab bruit \u00bb toute question. Ils sentent bien qu&rsquo;on veut leur faire penser quelque chose et ils ne veulent pas se laisser faire. Notre devoir est de tenir bon en tenant tous les bouts du probl\u00e8me pos\u00e9. Il faut soutenir Alexis Tsipras et ne pas s&rsquo;ajouter \u00e0 la meute de ceux qui veulent le d\u00e9chirer et se rendent complice du coup d&rsquo;\u00e9tat tent\u00e9 contre lui et les Grecs. Mais il ne faut pas soutenir l&rsquo;accord pour ne pas cautionner la violence dont il est issu et qu&rsquo;il prolonge.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous savons que le meilleur atout du peuple grec serait la victoire de Podemos en Espagne et la n\u00f4tre en France. Nous y travaillons ! Pour cela, il ne faut pas commettre l&rsquo;erreur d&rsquo;approuver aujourd&rsquo;hui des m\u00e9thodes appliqu\u00e9es demain aux Grecs, dont on ne supporterait pas qu&rsquo;elles soient appliqu\u00e9es \u00e0 la France. En laissant faire le putsch contre Chypre, la France a valid\u00e9 une m\u00e9thode qui a \u00e9t\u00e9 depuis \u00e9tendue \u00e0 la Gr\u00e8ce. Nous f\u00fbmes train\u00e9s dans la boue pour l&rsquo;avoir dit et m\u00eame trait\u00e9 d&rsquo;antis\u00e9mites pour cela par Harlem D\u00e9sir, alors premier secr\u00e9taire du PS, absent total de la partie europ\u00e9enne qui vient de se jouer alors m\u00eame qu&rsquo;il est le ministre fran\u00e7ais des affaires europ\u00e9ennes !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMobilis\u00e9s en \u00e9quipe et avec traducteurs, mes amis et moi nous n&rsquo;avons pas l\u00e2ch\u00e9 les devoirs de la froide analyse et de la \u00ab solidarit\u00e9 raisonn\u00e9e \u00bb qui est notre r\u00e8gle \u00e9thique et politique. Cette discipline, nous la pratiquons depuis la p\u00e9riode o\u00f9 nous avons accompagn\u00e9 et soutenu les r\u00e9volutions citoyennes de l&rsquo;Am\u00e9rique latine. En effet, elles posaient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 chaque instant le probl\u00e8me de la fa\u00e7on de combiner le n\u00e9cessaire soutien face \u00e0 l&rsquo;ennemi et le droit de ne pas partager une position prise par nos amis sur place. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour maintenir la possibilit\u00e9 de cette attitude que nous avons refus\u00e9 \u00e0 Chavez la construction d&rsquo;une \u00ab cinqui\u00e8me internationale \u00bb comme il l&rsquo;avait propos\u00e9, en nous pr\u00e9venant \u00e0 juste titre que le refus de sa proposition nous laisserait sans alternative collective. Nous avons mis en veilleuse nos critiques de Fran\u00e7ois Hollande, m\u00eame si nos encouragements \u00e0 bien faire ont comme d&rsquo;habitude \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s sans scrupule pour faire croire \u00e0 notre adh\u00e9sion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette attitude est celle de la responsabilit\u00e9 devant notre pays et devant nos amis grecs. Sans surprise, une fois de plus, nous avons vu l&rsquo;ex\u00e9cutif fran\u00e7ais deux mains en dessous des \u00e9v\u00e8nements et revenant de Bruxelles comme d&rsquo;autres de Munich, le sourire aux l\u00e8vres et les fleurs au plastron, acclam\u00e9 par des meutes hallucin\u00e9es. Je dois \u00e9videmment souligner que je ne fais cette comparaison que pour \u00e9clairer une sc\u00e8ne. Je ne compare jamais l&rsquo;Allemagne actuelle \u00e0 celle des nazis. Je ne l&rsquo;ai jamais fait. On m&rsquo;a \u00e9videmment reproch\u00e9 une phrase pour mieux d\u00e9politiser toutes les autres. J&rsquo;ai dit que pour la troisi\u00e8me fois, l&rsquo;Allemagne \u00e9tait en train de d\u00e9truire l&rsquo;Europe. C&rsquo;\u00e9tait le titre ce matin du quotidien proche de Syriza. Avant cela, c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une appr\u00e9ciation de Joska Ficher, l&rsquo;ancien ministre \u00e9cologiste des affaires \u00e9trang\u00e8res de l&rsquo;Allemagne du temps de Schr\u00f6der&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jean-Luc M\u00e9lenchon<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9lenchon et son ami Tsipras Nous l&rsquo;avouons sans fard, ayant montr\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement, depuis quelques ann\u00e9es, un int\u00e9r\u00eat \u00e9pisodique mais appuy\u00e9 et nullement feint pour les interventions publiques de l&rsquo;homme politique, nous f\u00fbmes dans le d\u00e9but de soir\u00e9e de ce funeste dimanche de juillet, paroxysme du massacre de juillet, \u00e0 la fois stup\u00e9fait et furieux durant&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[16794,2748,4224,16792,3631,2625,2631,398,4273,2685,3203,8315,16755,13561,13915,16793,12801,2609],"class_list":["post-76006","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-alen","tag-allemagne","tag-athenes","tag-bfm-tv","tag-bruxelles","tag-coup","tag-de","tag-europe","tag-finlande","tag-gaulle","tag-hollande","tag-melenchon","tag-orque","tag-secte","tag-sparte","tag-thermopyle","tag-tsipras","tag-ue"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76006","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76006"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76006\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76006"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76006"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76006"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}