{"id":76028,"date":"2015-07-25T10:06:21","date_gmt":"2015-07-25T10:06:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/07\/25\/la-fatigue-systeme-et-notre-psychologie\/"},"modified":"2015-07-25T10:06:21","modified_gmt":"2015-07-25T10:06:21","slug":"la-fatigue-systeme-et-notre-psychologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/07\/25\/la-fatigue-systeme-et-notre-psychologie\/","title":{"rendered":"La \u201cfatigue-Syst\u00e8me\u201d et notre psychologie"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">La \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb et notre psychologie<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>25 juillet 2015 &ndash; Nous pr\u00e9sentons dans ce texte une tentative d&rsquo;identification, de description et de compr\u00e9hension de ce que nous avons l&rsquo;habitude de d\u00e9signer en g\u00e9n\u00e9ral comme \u00ab\u00a0la fatigue de la psychologie\u00a0\u00bb. Nous avons fait de ce concept l&rsquo;un des ph\u00e9nom\u00e8nes essentiels permettant le d\u00e9veloppement constant du Syst\u00e8me dans le fait de la collaboration active de diverses cat\u00e9gories de <em>sapiens<\/em> (disons les <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me, qu&rsquo;on regroupe en g\u00e9n\u00e9ral sous les expressions d'\u00a0\u00bb\u00e9lites-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0directions politiques-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il importe d&rsquo;abord, en pr\u00e9liminaire de cette analyse, que nous rendions gr\u00e2ce \u00e0 un lecteur qui, par un tr\u00e8s court message, nous a permis de conceptualiser une appr\u00e9ciation g\u00e9n\u00e9rale qui habite et structure un aspect important de notre rangement intellectuel. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;analogie \u00ab\u00a0Mati\u00e8re-fatigue\u00a0\u00bb sugg\u00e9r\u00e9e par le lecteur \u00ab\u00a0Eric B.\u00a0\u00bb, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-le_massacre_de_juillet_et_le_temps_de_la_peur_13_07_2015.html\">14 juillet 2015<\/a> (\u00ab\u00a0A propos de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb), en commentaire du texte sur \u00ab\u00a0le massacre de juillet et le temps de la peur\u00a0\u00bb du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_massacre_de_juillet_et_le_temps_de_la_peur_13_07_2015.html\">13 juillet 2015<\/a> : &laquo;<em> Pour un physicien, elle peut \u00eatre baryonique, noire, exotique, etc&#8230; Pour un comptable, c&rsquo;est du pognon, de l&rsquo;oseille, du flouze, de la fra&icirc;che&#8230; Pour un sapiens, cela devrait \u00eatre, d&rsquo;abord et avant tout, quelque-chose de vivant&#8230; Comme la fatigue?&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 cette intervention d'\u00a0\u00bbEric B.\u00a0\u00bb dans notre texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_les_recommandations_du_g_n_ral_clark_21_07_2015.html\">21 juillet 2015<\/a>. La conclusion de ce texte portait effectivement sur la \u00ab\u00a0fatigue de la psychologie\u00a0\u00bb, qui peut et doit aussi bien \u00eatre per\u00e7ue comme une \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb agissant sur la psychologie dans le sens qu&rsquo;on devine. (Pour nous, par contre, que la \u00ab\u00a0mati\u00e8re\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0fatigue\u00a0\u00bb, que la mati\u00e8re soit \u00ab\u00a0vivante\u00a0\u00bb ou pas n&rsquo;importe pas.) Cette conclusion peut servir d&rsquo;introduction au texte que nous pr\u00e9sentons ici. On retiendra ce passage, que l&rsquo;on rappelle ici.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Il s&rsquo;agit de l&rsquo;hypoth\u00e8se de la \u00ab\u00a0fatigue psychologique\u00a0\u00bb, que nous \u00e9voquons souvent. Nous voulons dire par l\u00e0 que c&rsquo;est la \u00ab\u00a0fatigue psychologique\u00a0\u00bb qu&rsquo;engendre le climat g\u00e9n\u00e9ral de la Grande Crise avec les diverses politiques insens\u00e9es qui sont d\u00e9velopp\u00e9es dans le cadre de la politique-Syst\u00e8me, avec le d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral des situations, la confusion \u00e9vidente des r\u00e9f\u00e9rences qui s&rsquo;ensuit, la banalisation des extr\u00eames et des choses exceptionnelles (le plus souvent dans le plus mauvais sens), cette \u00ab\u00a0fatigue psychologique\u00a0\u00bb qui toucherait de plus en plus les esprits, les affectant de diverses fa\u00e7ons, les privant de l&rsquo;exercice complet de la logique, les poussant \u00e0 des conclusions et \u00e0 des jugements qui d\u00e9bordent du cadre habituel de leurs r\u00e9f\u00e9rences. Il s&rsquo;agit pour nous-m\u00eames, justement, d&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence fondamentale pour expliquer le d\u00e9roulement de la Grande Crise, et le comportement des sapiens, particuli\u00e8rement des \u00e9lites-Syst\u00e8me et des directions politiques.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em> Cette \u00ab\u00a0fatigue psychologique\u00a0\u00bb, qui pourrait \u00eatre \u00e9galement vue comme une sorte de \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb (elle s&rsquo;exprime apr\u00e8s tout \u00e9galement par l&rsquo;extension foudroyante des d\u00e9pressions, des troubles bipolaires, des n\u00e9vroses, des burn-out, etc., partout dans notre environnement social et professionnel), pourrait fournir l&rsquo;explication de la d\u00e9marche intellectuelle, totalement subvertie, d&rsquo;un homme d&rsquo;habitude d&rsquo;opinion plus mesur\u00e9e, sinon hostile au type de propos qu&rsquo;il tient, arrivant \u00e0 la conclusion, \u00e0 partir d&rsquo;un incident comme celui de Chattanooga, qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de cr\u00e9er une sorte d&rsquo;ensemble dont le principe rejoint celui du syst\u00e8me concentrationnaire en g\u00e9n\u00e9ral dont on conna&icirc;t les conditions et les normes d&rsquo;application&#8230; Bien entendu, on comprendra ais\u00e9ment que cette \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb affectant la psychologie n&rsquo;\u00e9pargne gu\u00e8re non plus les esprits qui se jugent eux-m\u00eames antiSyst\u00e8me selon leur propre r\u00e9f\u00e9rence, qui poursuivent inlassablement le complot qui nous donnera l&rsquo;explication finale ou l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie qui nous procurera la solution finale.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Effectivement, l&rsquo;analogie propos\u00e9e de faire de la \u00ab\u00a0fatigue\u00a0\u00bb la \u00ab\u00a0Mati\u00e8re\u00a0\u00bb dont l&rsquo;influence est fondamentalement d\u00e9structurante, dissolvante, etc., jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;entropisation, et en cela v\u00e9hicule \u00e9vident de l&rsquo;influence du Mal, nous permet d&rsquo;apporter une simplification de nos conceptions sous la forme de cette analogie, qui est une forme dialectique effectivement simplifi\u00e9e, qui trouve imm\u00e9diatement sa place dans notre d\u00e9marche fondamentale. La d\u00e9marche nous permet de d\u00e9velopper plus \u00e0 notre aise, d&rsquo;une fa\u00e7on plus expressive, notre conception g\u00e9n\u00e9rale. Bien entendu et comme on l&rsquo;a vu dans l&rsquo;extrait cit\u00e9, cette \u00ab\u00a0fatigue\u00a0\u00bb n&rsquo;a d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour nous, et l&rsquo;analogie de r\u00e9alit\u00e9 pour nous, que si elle est \u00ab\u00a0psychologique\u00a0\u00bb au point que, pour nous, elle ne <strong>peut \u00eatre que psychologique<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;on sait avec quelle constance nous ne cessons d&rsquo;exposer ce th\u00e8me de la \u00ab\u00a0fatigue psychologique\u00a0\u00bb comme une des causes fondamentales, sinon <strong>la cause fondamentale<\/strong> de l&rsquo;\u00e9volution et du comportement du <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me, particuli\u00e8rement les \u00e9lites-Syst\u00e8me et les dirigeants-Syst\u00e8me, et par cons\u00e9quent <strong>cause fonctionnelle fondamentale<\/strong> de la politique catastrophique qui est d\u00e9velopp\u00e9e, de la terreur-Syst\u00e8me produite par le syst\u00e8me de la communication sous leur impulsion, etc., bref de tout ce qui caract\u00e9rise l&rsquo;action humaine soumise au Syst\u00e8me dans la crise pr\u00e9sente. Cette \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb touchant la psychologie affecte chez le sujet la perception g\u00e9n\u00e9rale et d&rsquo;autres fonctions plus rares mais bien plus importantes, comme l&rsquo;intuition haute lorsqu&rsquo;on admet qu&rsquo;elle peut \u00eatre de forme transcendante. Les d\u00e9g\u00e2ts sur l&rsquo;\u00e9quilibre de fonctionnement de l&rsquo;intelligence, sur les capacit\u00e9s de raisonnement, de d\u00e9veloppement de la logique \u00e9valuant les effets de l&rsquo;application d&rsquo;une th\u00e9orie, d&rsquo;une id\u00e9e, etc., sur la r\u00e9alit\u00e9, ces d\u00e9g\u00e2ts sont consid\u00e9rables. Il ne s&rsquo;agit pas de sujets stupides ou de sujets sous influence, etc., mais de sujets qui d\u00e9veloppent, avec leurs moyens intellectuels et cognitifs, des id\u00e9es appr\u00e9hend\u00e9s faussement pour diverses raisons dues \u00e0 la \u00ab\u00a0fatigue psychologiques\u00a0\u00bb, et favorisent par cons\u00e9quent leurs effets catastrophiques, tout cela en croyant faire au mieux de leurs capacit\u00e9s et sans r\u00e9aliser une seconde leur part consid\u00e9rable de responsabilit\u00e9 dans ces d\u00e9veloppements. A cet \u00e9gard, on doit avancer que leur bonne foi et leur honn\u00eatet\u00e9 sont compl\u00e8tes, \u00e0 cause de la \u00ab\u00a0fatigue psychologique\u00a0\u00bb ; cela ne signifie pas que certains d&rsquo;entre eux ne se doutent pas de quelque chose, c&rsquo;est-\u00e0-dire de cette fa\u00e7on dont ils agissent en se trompant eux-m\u00eames, parce que la \u00ab\u00a0fatigue psychologique\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas un facteur absolu et que leur asservissement au Syst\u00e8me, de l&rsquo;ordre de l&rsquo;inconscient, n&rsquo;est pas non plus un facteur absolu ; on doit ajouter que cette sorte de doute, dont on distingue parfois la manifestation, tend \u00e0 augmenter, \u00e0 mesure que les conditions catastrophiques de la crise augment.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On notera que nous prenons soin d&rsquo;utiliser d&rsquo;une part le mot \u00ab\u00a0mati\u00e8re\u00a0\u00bb sans majuscule lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale que le Mal se situe dans ce monde de la mati\u00e8re, sans aucune pr\u00e9cision, ni m\u00eame tentative d&rsquo;identification, y compris en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 telle ou telle doctrine de la chose, de ce que l&rsquo;on doit entendre, dans ce cas, par ce mot. Par contre, lorsque nous utilisons \u00ab\u00a0Mati\u00e8re\u00a0\u00bb avec une majuscule, nous nous d\u00e9tachons compl\u00e8tement des d\u00e9bats habituels autour du concept, avec des branches diverses, &ndash; mat\u00e9rialisme, etc., &ndash; pour fixer l&rsquo;id\u00e9e que ce que nous nommons \u00ab\u00a0Mati\u00e8re\u00a0\u00bb contient bien, notamment, ce fait d&rsquo;une attaque de la psychologie, et cela selon notre hypoth\u00e8se qu&rsquo;il s&rsquo;agit dans le chef de cette \u00ab\u00a0Mati\u00e8re\u00a0\u00bb de la production de certaines forces \u00e9voluant dans le monde mat\u00e9rialiste, et cela encore sans la moindre mise en cause n\u00e9cessaire de ce monde en tant que tel, hors de l&rsquo;hypoth\u00e8se de la r\u00e9duction de ce monde \u00e0 son \u00e9tat initial, ces forces sans la possibilit\u00e9 qu&rsquo;elles soient seulement d\u00e9finie par les r\u00e9f\u00e9rences venues de ce monde mat\u00e9rialiste o&ugrave; elles \u00e9voluent. La \u00ab\u00a0Mati\u00e8re\u00a0\u00bb est alors effectivement une figuration, certainement symbolique mais aussi selon une concr\u00e9tude qu&rsquo;il importe de d\u00e9terminer, notamment de ce ph\u00e9nom\u00e8ne de \u00ab\u00a0fatigue de la psychologie\u00a0\u00bb auquel nous nous r\u00e9f\u00e9rons constamment. Cette diff\u00e9renciation de la notion extr\u00eamement vague de \u00ab\u00a0mati\u00e8re\u00a0\u00bb doit appara&icirc;tre \u00e9vidente pour nous par l&rsquo;\u00e9clairage d&rsquo;un exemple <em>a contrario<\/em>, &ndash; un cas o&ugrave; la \u00ab\u00a0mati\u00e8re\u00a0\u00bb, par un processus donn\u00e9, se transmue en quelque chose qui d\u00e9passe d\u00e9cisivement et infiniment ce qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude de voir en elle : une cath\u00e9drale gothique, telle ou telle sculpture de Rodin, exemples directs de pr\u00e9sence et d&rsquo;utilisation de la \u00ab\u00a0mati\u00e8re\u00a0\u00bb [la pierre] au sens classique, sont des cr\u00e9ations qui atteignent sans aucun doute au sacr\u00e9, qui acqui\u00e8rent une essence transcendantale, qui d\u00e9passent \u00e9videmment le monde mat\u00e9rialiste, &ndash; tout cela, sans pour autant le renier et l&rsquo;abandonner puisque les cath\u00e9drales et les sculptures de Rodin existent bel et bien comme mati\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;identification de la \u00ab\u00a0fatigue psychologique\u00a0\u00bb comme \u00e9tant, non pas le produit de l&rsquo;intervention de la mati\u00e8re sans autre pr\u00e9cision, mais comme \u00e9tant le concept lui-m\u00eame, ou une partie du concept lui-m\u00eame de ce que nous nommons \u00ab\u00a0Mati\u00e8re\u00a0\u00bb (avec majuscule), dont le r\u00f4le principal est celui de l&rsquo;op\u00e9rationnalisation du Mal, compl\u00e8te d&rsquo;une fa\u00e7on heureuse ce qui est implicite et d&rsquo;une tr\u00e8s grande force dans notre rangement m\u00e9tahistorique. La Troisi\u00e8me Partie du Deuxi\u00e8me Tome de <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> sur le XVIII\u00e8me si\u00e8cle (\u00ab\u00a0Les Lumi\u00e8res \u00e0 l&rsquo;aune du persiflage\u00a0\u00bb), dont nous donnons un long extrait \u00e0 la fin de cet article, exploite ce th\u00e8me fondamental de la fatigue psychologique rencontr\u00e9e par les \u00e9lites, notamment fran\u00e7aises, tout au long du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;intrusion permanente de la \u00ab\u00a0Mati\u00e8re\u00a0\u00bb dans la psychologie, d\u00e9tournant cette psychologie de sa t\u00e2che fondamentale d&rsquo;\u00e9clairage et d&rsquo;information de l&rsquo;esprit ; le r\u00e9sultat \u00e9tant une extr\u00eame vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l&rsquo;intelligence, la conduisant par les jugements faussaires et les d\u00e9cisions \u00e0 mesure qu&rsquo;elle d\u00e9termine \u00e0 ce que nous d\u00e9signons comme l&rsquo;\u00e9tape fondamentale du \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\">d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re<\/a>\u00ab\u00a0. Ainsi fut install\u00e9e dans son op\u00e9rationnalit\u00e9 politique la phase d&rsquo;inversion de la civilisation au tournant des XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me si\u00e8cles, sous la forme de la \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb, conduisant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;explosion actuelle de la Grande Crise que nous connaissons. Tout ce qui a suivi de la part de ceux qui devinrent des <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me (le \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb ayant accouch\u00e9 du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_syst_me_08_07_2013.html\">Syst\u00e8me<\/a>) fut la production ou l&rsquo;accompagnement et le renforcement des \u00e9v\u00e8nements op\u00e9rationnalisant en leur donnant leur apparence de l\u00e9gitimit\u00e9 au sein de la soci\u00e9t\u00e9 politique dirigeante, ces \u00e9v\u00e8nements comme effets constants et les cons\u00e9quences se d\u00e9veloppant l&rsquo;une l&rsquo;autre depuis l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, nous faisons l&rsquo;hypoth\u00e8se que nous avons d\u00e9j\u00e0 implicitement d\u00e9velopp\u00e9e plus haut, que nous connaissons actuellement une r\u00e9plique finale d&rsquo;une puissance et d&rsquo;une rapidit\u00e9 inou\u00efes, marquant la contraction du temps et l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;Histoire \u00e9galement d\u00e9cisives, du processus que nous avons d\u00e9crit pour le XVIII\u00e8me si\u00e8cle. Cela signifie une pression constante sous la forme d&rsquo;une attaque sans le moindre r\u00e9pit, \u00e9galement d&rsquo;une puissance inou\u00efe, des psychologies de nos \u00e9lites-Syst\u00e8me et directions-Syst\u00e8me. Le ph\u00e9nom\u00e8ne produit une fatigue vertigineuse de ces psychologies, paralysant cette fois compl\u00e8tement la pens\u00e9e et la r\u00e9duisant \u00e0 une inversion d&rsquo;elle-m\u00eame et subvertissant absolument le jugement, cela \u00e9galement dans une mesure jamais atteinte dans le pass\u00e9, ni m\u00eame imaginable. Cette \u00ab\u00a0fatigue\u00a0\u00bb est d&rsquo;une telle ampleur et d&rsquo;une telle sp\u00e9cificit\u00e9 qu&rsquo;on peut avec les meilleures raisons du monde la baptiser \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb selon l&rsquo;expression que nous avons d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9e ; et d'\u00a0\u00bbune telle ampleur et d&rsquo;une telle sp\u00e9cificit\u00e9\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle produit d&rsquo;une fa\u00e7on absolument syst\u00e9matique un amollissement permanent et une d\u00e9structuration constante de la pens\u00e9e, traduites \u00e0 leur tour, selon la forme des caract\u00e8res que touche cette \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb, soit par des situations de compl\u00e8te dissolution du comportement et du jugement, soit par des situations d&rsquo;hyst\u00e9rie incontr\u00f4lable. (De m\u00eame, comme signal\u00e9 plus haut, les manifestations de doute des <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me sur son propre comportement se font plus nombreuses ; A tous \u00e9gard, il semble que nous approchions d&rsquo;\u00e9ch\u00e9ances fondamentales.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les \u00ab\u00a0armes\u00a0\u00bb utilis\u00e9es pour susciter cette \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb se concentrent \u00e9videmment dans le syst\u00e8me de la communication, qui conna&icirc;t un d\u00e9veloppement extraordinaire et une puissance sans pr\u00e9c\u00e9dent. On peut dire que les pens\u00e9es et les jugements, et les caract\u00e8res eux-m\u00eames, sont compl\u00e8tement prisonniers de la puissance exerc\u00e9e par le syst\u00e8me de la communication, produisant le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 de pens\u00e9es et de jugement compl\u00e8tement faussaires mais per\u00e7us par les sujets comme vrais et justes et n\u00e9s de leur propre intelligence per\u00e7ue elle-m\u00eame comme autonome, selon un caract\u00e8re lui-m\u00eame compl\u00e8tement prisonnier sans le r\u00e9aliser une seule seconde de cette m\u00eame puissance de la communication. (L\u00e0-dessus, il importe de <strong>pr\u00e9ciser aussit\u00f4t<\/strong> ce qui constitue notre antienne \u00e0 ce propos, savoir que l&rsquo;on n&rsquo;ignore bien entendu pas une seconde ce fait capital que ce syst\u00e8me de la communication conna&icirc;t une situation de <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_technologisme_versus_communication_14_12_2012.html\">Janus<\/a> qui permet d&rsquo;entretenir l&rsquo;espoir puissant d&rsquo;influencer le d\u00e9veloppement catastrophique du Syst\u00e8me de sa phase ultime de surpuissance dans sa phase d&rsquo;autodestruction. Cette posture de Janus est effectivement \u00ab\u00a0objective\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire assurant la m\u00eame puissance qui se manifeste sous des formes diff\u00e9rentes selon les orientations, <strong>autant pour la fonction-antiSyst\u00e8me<\/strong> que pour la fonction-Syst\u00e8me. Ce point de la communication-Janus constitue le n&oelig;ud gordien de la crise parce qu&rsquo;il permet effectivement \u00e0 la r\u00e9sistance antiSyst\u00e8me de retourner, dans certaines circonstances, toute sa puissance contre le Syst\u00e8me.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici donc l&rsquo;extrait de <em>La Gr\u00e2ce<\/em>, Tome II, Troisi\u00e8me Partie, que nous avons annonc\u00e9. La version originelle de cette partie a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-deuxi_me_livre_iv_les_lumi_res_l_aune_du_persiflage_28_11_2013.html\">28 novembre 2011<\/a> dans la rubrique <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, mais elle a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e dans une mesure telle qu&rsquo;in peut quasiment parler d&rsquo;un texte nouveau, y compris avec des modifications de fond fondamentales.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Extrait de <em>La Gr\u00e2ce<\/em>, Tome II, Troisi\u00e8me Partie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Nous n&rsquo;avons parl\u00e9 que de contraintes, auxquelles s&rsquo;ajoutent les effets des premi\u00e8res techniques et technologies de la communication qui se d\u00e9veloppent, qui, elles aussi, s&rsquo;engouffrent dans la perspective moderniste&hellip; Imaginez, dans ces conditions, dans toutes ces conditions minutieusement pes\u00e9es et ajout\u00e9es les unes aux autres, la fatigue de la psychologie, des psychologies individuelles et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, de la psychologie collective qu&rsquo;on a identifi\u00e9e plus haut ; mesurez l&rsquo;\u00e9tat de fatigue o&ugrave; les psychologies se retrouvent toutes, dans un tel parcours de pressions et de contraintes, pour assurer et valider comme \u00e9tant la nouvelle V\u00e9rit\u00e9 du monde ce retournement complet de la perception qui va alimenter les esprits et, bient\u00f4t, inspirer les plus hautes intelligences. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un processus qui, \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre \u00e9vident, devient presque naturel, et tout aussi naturellement dissimul\u00e9 par le pr\u00e9cieux secours de l&rsquo;absence de conscience de la chose. (Il est singuli\u00e8rement difficile, lorsqu&rsquo;on se trouve plac\u00e9, par la situation sociale, dans le cours de changements et de progr\u00e8s dont on ne peut faire autrement qu&rsquo;en user, et souvent \u00e0 son propre avantage, de r\u00e9ussir \u00e0 en distinguer la perversion pour en d\u00e9noncer l&rsquo;esprit. Il n&rsquo;est pas ais\u00e9, lorsque votre psychologie subit effectivement les effets d&rsquo;une telle fatigue, d&rsquo;observer cette \u00e9vidence que la \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb ne peut \u00eatre \u00ab\u00a0nouvelle\u00a0\u00bb ni celle \u00ab\u00a0du monde nouveau\u00a0\u00bb, qu&rsquo;elle est et que cela suffit, qu&rsquo;on pourrait tout au plus la nommer \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 du monde\u00a0\u00bb, qu&rsquo;elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 avant qu&rsquo;on affirm\u00e2t que son contraire \u00e9tait devenu \u00ab\u00a0la nouvelle V\u00e9rit\u00e9 du monde\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il y a par cons\u00e9quent dans cette affirmation tous les indices de la subversion comme acte du Mal, puis de l&rsquo;inversion qui s&rsquo;ensuit.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Ce soulign\u00e9 du mot en gras (\u00ab\u00a0<strong>fatigue<\/strong>\u00ab\u00a0), cet artifice de la typographie pour rendre toute la force de la contrainte, entra&icirc;nant la pens\u00e9e, qui s&rsquo;est d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 cette occasion, &ndash; car voil\u00e0 que l&rsquo;on tient le n&oelig;ud de l&rsquo;aventure !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>* * *<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; &#8230; \u00ab\u00a0Fatigue\u00a0\u00bb, en effet, &ndash; le mot est dit. Dans ce parcours du retournement incroyable des perceptions de cette \u00e9poque terrible, o&ugrave; s&rsquo;entrechoquent Renaissance, R\u00e9forme, pourriture papale port\u00e9e \u00e0 son sommet par le &laquo;<em>Borgia pape !<\/em>&raquo; de Nietzsche, licence et lib\u00e9ration des m&oelig;urs, haute culture et sublimation du grand art, \u00ab\u00a0anarchie intellectuelle\u00a0\u00bb et pessimisme, magie et humanisme, guerre des religions et classements \u00e0 la fois logiques et faussaires des acteurs, confusion des valeurs et contrainte des jugements, tous les ferments de la modernit\u00e9 \u00e0 la fois r\u00eav\u00e9e et r\u00e9elle, tout cela couronn\u00e9 par la d\u00e9structuration du Christianisme et le \u00ab\u00a0Grand Si\u00e8cle de l&rsquo;Intol\u00e9rance\u00a0\u00bb, &ndash; dans ce tourbillon et \u00e0 cause de ce tourbillon se trouvent la graine et le ferment d&rsquo;une terrible fatigue de la psychologie. Elle <strong>seule<\/strong>, et nullement le complot, ni le parti pris, ni les id\u00e9es, ni les jugements fauss\u00e9s et confus sans qu&rsquo;on ait la moindre id\u00e9e de celui qui se rapproche d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 satisfaisante et moins encore de la v\u00e9rit\u00e9 elle-m\u00eame, elle seule, la fatigue, explique l&rsquo;\u00e9volution des esprits par une sorte d'\u00a0\u00bbenchev\u00eatrement cadenc\u00e9\u00a0\u00bb, m\u00e9canique, de la psychologie durant les deux si\u00e8cles qui suivent. Elle seule, la fatigue, explique que les plus hautes intelligences, les plus superbes talents, tenant pour acquises ces perceptions permises et forc\u00e9es par le d\u00e9sordre d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements emplis de ces contradictions qu&rsquo;on a observ\u00e9es, vont se trouver dans un \u00e9tat d&rsquo;extr\u00eame vuln\u00e9rabilit\u00e9 lorsqu&rsquo;interviendra cette force historique immense qui prend naissance au cours du XVIII\u00e8me si\u00e8cle et s&rsquo;affirme d\u00e9cisivement au tournant des XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me si\u00e8cles&hellip; Cette force, attir\u00e9e par cette fatigue psychologique et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui s&rsquo;ensuit, ou bien profitant d&rsquo;elles, comme si elle existait, cette force, aux aguets, tapie dans les profondeurs de la mati\u00e8re, <strong>bien avant<\/strong> que l&rsquo;occasion ne se manifeste ? &ndash; Question d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9e, comme un avertissement fondamental, que nous retrouverons plus loin, sans aucun doute, qui tient la clef fondamentale de notre appr\u00e9ciation g\u00e9n\u00e9rale&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Ce que j&rsquo;entends d\u00e9crire ici, je le r\u00e9p\u00e8te avec la plus grande force possible, n&rsquo;est pas une \u00e9volution sp\u00e9cifique de la pens\u00e9e occidentale (la modernit\u00e9, les Lumi\u00e8res, etc.), m\u00eame si c&rsquo;est de cela qu&rsquo;il pourrait sembler s&rsquo;agir \u00e0 premi\u00e8re vue ; mais l&rsquo;\u00e9volution de la pens\u00e9e occidentale, d&rsquo;abord parce que la fatigue de la psychologie, construisant, installant et absorbant ces retournements incroyables de la perception, donne \u00e0 la pens\u00e9e, avec cette psychologie, un outil us\u00e9, perverti, qui n&rsquo;a plus rien de la pr\u00e9cision et de la rigueur d&#8217;emploi qui font sa force. La psychologie fatigu\u00e9e, \u00e9puis\u00e9e, de l&rsquo;Occident entrave la logique et la rigueur de la pens\u00e9e, amollit cette pens\u00e9e, favorise le sentimentalisme, la sensiblerie du raisonnement. (La maladie viendra ensuite, cons\u00e9quence de la fatigue, lorsque la \u00ab\u00a0force historique immense\u00a0\u00bb se sera install\u00e9e en triomphatrice, apr\u00e8s le tournant du XVIII\u00e8me au XIX\u00e8me si\u00e8cle ; ce sera la n\u00e9vrose moderniste, qui fera rena&icirc;tre dans ses extr\u00eames catastrophiques la maniaco-d\u00e9pression caract\u00e9ristique de la psychologie humaine en crise terminale.) La pens\u00e9e reste haute, la plume est superbe, le talent immense, comme on les trouve dans les grands esprits de la p\u00e9riode, mais tout cela est frapp\u00e9 de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 qu&rsquo;implique la fatigue de la psychologie ; c&rsquo;est la ruse ultime du Mal que de n&rsquo;avoir pas abaiss\u00e9 les esprits avant de les subvertir, mais de les avoir subvertis pour mieux <strong>qu&rsquo;ils s&rsquo;abaissent eux-m\u00eames<\/strong>&#8230; Fatigue et vuln\u00e9rabilit\u00e9 sont des \u00e9tats qu&rsquo;on peut r\u00e9parer ou tenir \u00e0 distance, donc de peu d&rsquo;importance pour le caract\u00e8re et pour le jugement ; lorsqu&rsquo;elles affectent la psychologie, on ne les distingue pas, ou bien on les tient comme choses n\u00e9gligeables si l&rsquo;on s&rsquo;en avise un instant. En cons\u00e9quence de tout cela, avec contradictions et paradoxes dans le sens qui importe, nous tenons au contraire qu&rsquo;il s&rsquo;agit de facteurs essentiels, qui installent la sc\u00e8ne terrible du drame qui va se nouer \u00e0 la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; L&rsquo;outil de la pens\u00e9e, la psychologie qu&rsquo;on a vue \u00e9puis\u00e9e, intervient dans l&rsquo;orientation de la pens\u00e9e <strong>avant<\/strong> que la conscience et sa raison n&rsquo;abordent le labeur de concevoir, d&rsquo;ordonner et de formuler cette pens\u00e9e. L&rsquo;outil est distordu par la fatigue, il a perdu subrepticement sa fonction d&rsquo;outil au service de l&rsquo;esprit pour devenir quelque chose qui oriente, qui influence l&rsquo;esprit par sa faiblesse et sa fourberie involontaires, &ndash; l&rsquo;influence, l&rsquo;arme des faibles et des fourbes. Son influence est toute enti\u00e8re marqu\u00e9e par l&rsquo;impr\u00e9gnation \u00e0 laquelle il c\u00e8de d&rsquo;une conception \u00e9molliente et sentimentale des choses. Litt\u00e9ralement, c&rsquo;est-\u00e0-dire m\u00e9caniquement, l&rsquo;outil est <strong>gauchi<\/strong>. Dans le cours de ce m\u00eame processus d&rsquo;\u00e9puisement de la psychologie r\u00e9sultant des bouillonnements des XV\u00e8me, XVI\u00e8me, XVII\u00e8me si\u00e8cles, que sais-je, avec les interpr\u00e9tions auxquelles on \u00e9tait conduit, d&rsquo;apparence s\u00e9duisante mais \u00e9galement \u00e9puisante par les paradoxes et les contradictions, il se d\u00e9veloppa quelque chose que nous pourrions d\u00e9signer comme une sorte de \u00ab\u00a0pens\u00e9e conform\u00e9e\u00a0\u00bb ; mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab\u00a0conformation\u00a0\u00bb vile et basse, c\u00e9dant au plus tentateur ; et, dans cette sorte, le r\u00e9sultat est, avant que le processus de la pens\u00e9e v\u00e9ritable n&rsquo;intervienne, une pens\u00e9e conformiste inscrite dans un sch\u00e9ma d&rsquo;un conformisme tr\u00e8s puissant, tr\u00e8s pr\u00e9gnant, puisque form\u00e9 lui-m\u00eame \u00e0 partir de tous les accidents historiques qu&rsquo;on a d\u00e9crits. En quelque sorte, l&rsquo;essence (le conformisme) a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la substance (la pens\u00e9e) ; et cette pens\u00e9e conform\u00e9e, \u00e9videmment, dans le sens de la confusion, de la mollesse, de la faiblesse m\u00eame, de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la tentation des subversions \u00e9videntes mais fort joliment maquill\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Reste ce fait que l&rsquo;esprit pris dans son sens le plus vaste qui le place au-dessus de la raison, lorsque l&rsquo;intuition haute l&rsquo;investit de toute sa puissance glorieuse, s&rsquo;en trouve affaibli et rendu st\u00e9rile, inf\u00e9cond, par sa propre fermeture \u00e0 cette intuition qui d\u00e9range sa conformation, voire son conformisme. L&rsquo;intelligence d&rsquo;un tel esprit ainsi abaiss\u00e9 n&rsquo;a plus le r\u00f4le qu&rsquo;on lui assigne et la grandeur \u00e9ventuelle de cette intelligence peut devenir une tromperie, si le produit de cette intelligence elle-m\u00eame est une tromperie influenc\u00e9e par la psychologie transform\u00e9e en un outil us\u00e9 et gauchi qui en fait une inspiratrice intrigante. Les intelligences les plus hautes peuvent le rester effectivement mais elles peuvent en m\u00eame temps porter la marque de la fatigue de la psychologie comme nous l&rsquo;avons d\u00e9crite, et \u00eatre fauss\u00e9es \u00e0 mesure, c&rsquo;est-\u00e0-dire hautement. Une terrible m\u00e9canique de perversion de la pens\u00e9e se met en place, o&ugrave; le sophisme va s&rsquo;installer, appuy\u00e9 sur le <em>diktat<\/em> de la vertu morale et la tentation du confort de l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 intellectuelle qui se manifeste dans l&rsquo;acceptation de ce <em>diktat<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Il est n\u00e9cessaire d&rsquo;affirmer hautement que, dans la description de cette hypoth\u00e8se \u00e0 la fois psychologique et historique, nous induisons l&rsquo;affirmation d&rsquo;une ind\u00e9pendance consid\u00e9rable et d&rsquo;une diff\u00e9rence \u00e9galement tr\u00e8s grande des deux processus, entre le processus de la psychologie et le processus du d\u00e9veloppement de la pens\u00e9e sous la conduite de la raison. La psychologie consid\u00e9r\u00e9e comme un outil, et comme un outil autonome, pouvant ing\u00e9rer des influences qui lui sont propres (ou des influences ext\u00e9rieures qui lui sont devenues propres) et qui auront un effet sur la pens\u00e9e, subit une fatigue qui n&rsquo;est pas un simple dysfonctionnement biologique mais qui a une influence intellectuelle. La psychologie est \u00ab\u00a0fatigu\u00e9e\u00a0\u00bb, comme on l&rsquo;a vu, comme l&rsquo;on dit \u00e0 un conducteur \u00ab\u00a0vous fatiguez votre voiture\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;il la fait fonctionner en premi\u00e8re ou en seconde vitesse \u00e0 tr\u00e8s haut r\u00e9gime alors qu&rsquo;il devrait enclencher la troisi\u00e8me ou la quatri\u00e8me vitesse ; il s&rsquo;agit de la \u00ab\u00a0fatigue\u00a0\u00bb d&rsquo;un usage \u00e0 contretemps, pris \u00e0 contre-pied&hellip; Mais l&rsquo;essentiel dans cette erreur qu&rsquo;on d\u00e9crit volontairement au plus bas, comme m\u00e9canique, est qu&rsquo;elle s&rsquo;exprime finalement par des contresens et des faux-sens qui vont influencer la pens\u00e9e. Le contretemps et le contre-pied m\u00e9caniques s&rsquo;expriment, lors du passage de la psychologie \u00e0 la pens\u00e9e, par des contresens et des faux-sens qui affectent l&rsquo;intelligence du monde, \u00e0 ce point fondamental du passage entre le domaine de la perception inconsciente de la situation du monde conduite par un processus psychologique \u00e9puis\u00e9 et celui de la formation de la pens\u00e9e. Le r\u00e9sultat est en effet cette situation terrible o&ugrave; la plus haute intelligence, la pens\u00e9e et le talent les plus \u00e9lev\u00e9s ne sont plus du tout une garantie assur\u00e9e d&rsquo;un jugement mesur\u00e9 de la situation du monde, ni une garantie de justesse et de sagesse alors que l&rsquo;esprit croit au contraire que ces vertus \u00e9videntes sont toujours pr\u00e9sentes et actives.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Le lecteur garde toujours \u00e0 l&rsquo;esprit que nous ne sommes nullement dans le domaine de la critique de la pens\u00e9e, de l&rsquo;opinion que cette pens\u00e9e exprime, du jugement qu&rsquo;exprime cette opinion. Nous nous pla\u00e7ons en de\u00e7\u00e0 de ce processus intellectuel au sens le plus large, chronologiquement avant que ce processus n&rsquo;ait lieu. Nous tentons de d\u00e9crire comment la pens\u00e9e occidentale a \u00ab\u00a0progress\u00e9\u00a0\u00bb (nous aurions pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le terme \u00ab\u00a0\u00e9volu\u00e9\u00a0\u00bb mais l&rsquo;on comprendra la logique du choix puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9voluer vers la \u00ab\u00a0pens\u00e9e progressiste\u00a0\u00bb caract\u00e9ristique de la modernit\u00e9) pour parvenir \u00e0 une situation o&ugrave; la catastrophe a \u00e9t\u00e9 rendue possible, o&ugrave; elle s&rsquo;est effectivement d\u00e9clench\u00e9e et r\u00e9pandue comme une tra&icirc;n\u00e9e de poudre conduisant \u00e0 l&rsquo;apparition catastrophique d&rsquo;une peste \u00e9pouvantable enfin reconnaissable comme telle. Au point de fusion de cette \u00ab\u00a0apparition catastrophique\u00a0\u00bb de la peste se trouve la conjonction de trois \u00e9v\u00e9nements qui eux-m\u00eames renvoient, comme en un cercle vicieux qui serait le pi\u00e8ge d&rsquo;une histoire \u00e0 cet instant totalement subvertie, \u00e0 cette m\u00eame \u00ab\u00a0progression\u00a0\u00bb de la pens\u00e9e occidentale, &ndash; la catastrophe, avec nos \u00ab\u00a0trois R\u00e9volutions\u00a0\u00bb, entre 1776 et 1825, pour prendre au plus large, entre la D\u00e9claration d&rsquo;Ind\u00e9pendance des USA et la fameuse phrase qui \u00e9pouvanta Stendhal (&laquo; <em>Les Lumi\u00e8res, c&rsquo;est d\u00e9sormais l&rsquo;industrie<\/em> &raquo;), &ndash; R\u00e9volution am\u00e9ricaniste, R\u00e9volution Fran\u00e7aise et r\u00e9volution du choix de la thermodynamique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; L&rsquo;\u00e9volution des affaires du monde et de la civilisation qui pr\u00e9tend mener ce monde pressait dans le sens o&ugrave; l&rsquo;on pouvait voir et interpr\u00e9ter ce spectacle g\u00e9n\u00e9ral comme une \u00ab\u00a0progression\u00a0\u00bb, &ndash; bien cela, \u00ab\u00a0progression\u00a0\u00bb et non \u00ab\u00a0\u00e9volution\u00a0\u00bb. Les progr\u00e8s des sciences, la grandeur des arts et des lettres, l&rsquo;\u00e9blouissement des Lumi\u00e8res et d&rsquo;une incomparable civilisation, toute enti\u00e8re inspir\u00e9e par le brio fran\u00e7ais, laissent \u00e0 penser \u00e0 l&rsquo;historien qui se contente des apparences que l&rsquo;\u00e9volution des id\u00e9es suivait <em>\u00e9videmment<\/em> cette sublime progression de la civilisation. Mais la fatigue psychologique \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;&oelig;uvre et poussait \u00e0 des termes politiques nouveaux, sugg\u00e9r\u00e9s par la \u00ab\u00a0pens\u00e9e conform\u00e9e\u00a0\u00bb de et par cette m\u00eame fatigue psychologique. La libert\u00e9 grandissante des esprits engendre en g\u00e9n\u00e9ral, lorsque ces esprits sont priv\u00e9s de la structure solide d&rsquo;une psychologie saine, un besoin presque sensuel de libert\u00e9 toujours plus grand marqu\u00e9 par l&rsquo;aveuglement des perspectives et l&rsquo;inattention pour les effets, qui se traduit par la lassitude m\u00e9prisante de l&rsquo;ordre et le besoin exasp\u00e9r\u00e9, presque n\u00e9vrotique, de sacril\u00e8ge. (Nous donnons \u00e0 ce mot son sens le plus large, au-del\u00e0 du sens religieux, et certainement plus proche du sens m\u00e9taphysique : un sacril\u00e8ge contre le rangement naturel et harmonieux du monde.) Observer cela dans le cours du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, c&rsquo;est annoncer ce qui serait le caract\u00e8re de confrontation extr\u00eame et sauvage de la \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb, avec sa rupture d&rsquo;\u00e9quilibre au profit de l&rsquo;id\u00e9al de puissance exprim\u00e9 par l&rsquo;<em>hybris<\/em> (la d\u00e9mesure), brusquement dress\u00e9 contre l&rsquo;id\u00e9al de perfection. Ainsi le XVIII\u00e8me si\u00e8cle enfante-t-il ce qui, \u00e0 son terme, sera la trahison de lui-m\u00eame selon ce qu&rsquo;il <strong>aurait d&ucirc;<\/strong> lui-m\u00eame vouloir \u00eatre. La pente est ouverte au sacrifice du sens au profit de la libert\u00e9 d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e comme une licence de l&rsquo;esprit de s&rsquo;affranchir de toute r\u00e8gle et de toute mesure, cette libert\u00e9 si exalt\u00e9e, si ivre d&rsquo;elle-m\u00eame qu&rsquo;elle serait bient\u00f4t l&rsquo;accoucheuse du besoin de puissance. La fatigue psychologique, qui conduit en r\u00e9alit\u00e9 ce processus, ou plut\u00f4t ce d\u00e9raillement du processus de la civilisation, renforce encore ce d\u00e9raillement jusqu&rsquo;\u00e0 envahir l&rsquo;esprit du vertige de la puissance qui va na&icirc;tre comme naturellement de cette spirale catastrophique. &raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La \u00ab\u00a0fatigue-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb et notre psychologie 25 juillet 2015 &ndash; Nous pr\u00e9sentons dans ce texte une tentative d&rsquo;identification, de description et de compr\u00e9hension de ce que nous avons l&rsquo;habitude de d\u00e9signer en g\u00e9n\u00e9ral comme \u00ab\u00a0la fatigue de la psychologie\u00a0\u00bb. Nous avons fait de ce concept l&rsquo;un des ph\u00e9nom\u00e8nes essentiels permettant le d\u00e9veloppement constant du Syst\u00e8me dans&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3109,9478,2631,9465,5452,16828,3969,12285,8386,2622,8855,3099,3990,16829],"class_list":["post-76028","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-b","tag-cathedrale","tag-de","tag-eric","tag-fatigue","tag-fatigue-system","tag-grace","tag-hybris","tag-lhistoire","tag-la","tag-matiere","tag-psychologie","tag-rodin","tag-xviiieme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76028","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76028"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76028\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76028"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76028"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76028"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}