{"id":76034,"date":"2015-07-28T14:13:11","date_gmt":"2015-07-28T14:13:11","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/07\/28\/le-brexit-le-plus-tot-possible\/"},"modified":"2015-07-28T14:13:11","modified_gmt":"2015-07-28T14:13:11","slug":"le-brexit-le-plus-tot-possible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/07\/28\/le-brexit-le-plus-tot-possible\/","title":{"rendered":"Le <em>Brexit<\/em> le plus t\u00f4t possible"},"content":{"rendered":"<p><h3>Le <em>Brexit<\/em> le plus t\u00f4t possible<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Ne faisons pas languir nos lecteurs : la course de vitesse engag\u00e9e l&rsquo;est entre deux \u00e9v\u00e8nements, &ndash; d&rsquo;une part le r\u00e9f\u00e9rendum pour la sortie du Royaume-Uni de l&rsquo;Europe (<em>Brexit<\/em> ou <em>British Exit<\/em>), d&rsquo;autre part l&rsquo;explosion-implosion de l&rsquo;UE (c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Europe). Pour l&rsquo;instant et avant d&rsquo;\u00e9laborer plus avant sur cette sympathique alternative, voyons quelques \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;information sur le r\u00e9f\u00e9rendum britannique, et particuli\u00e8rement sur sa tendance \u00e0 \u00eatre tenu le plus rapidement possible, &ndash; d\u00e9sormais sans gu\u00e8re de doute en 2016 plut\u00f4t qu&rsquo;en 2017.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D&rsquo;abord, une rapide interview de RT, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/francais.rt.com\/opinions\/4871--baisse-popularite-poussera-cameron\">26 juillet 2015<\/a>, du journaliste \u00e9cossait Neil Clarke. Il s&rsquo;agit de la probabilit\u00e9 de plus en plus grande que le r\u00e9f\u00e9rendum sur la sortie ou le maintien du Royaume-Uni dans l&rsquo;UE soit rapproch\u00e9 \u00e0 2016 au lieu de 2017, comme pr\u00e9vu jusqu&rsquo;ici. C&rsquo;es l&rsquo;impopularit\u00e9 grandissante (\u00ab\u00a0en chute libre\u00a0\u00bb, plus pr\u00e9cis\u00e9ment) de Cameron qui y pousse, les pr\u00e9visions \u00e0 cet \u00e9gard \u00e9tant que cette popularit\u00e9 ne cessera de grandir, et l&rsquo;option du maintien de UK dans l&rsquo;UE avec &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Pourquoi le Premier ministre britannique David Cameron envisage-t-il d&rsquo;organiser le r\u00e9f\u00e9rendum sur le Brixit en 2016 ?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Neil Clark<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Une des raisons pour lesquelles David Cameron veut organiser le r\u00e9f\u00e9rendum en 2016, et pas en 2017, est qu&rsquo;en 2017 ou 2018 l&rsquo;impopularit\u00e9 du gouvernement sera plus grande encore \u00e0 cause de la cure d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 que le gouvernement impose. La semaine derni\u00e8re, le gouvernement a introduit une r\u00e9duction de 40% des d\u00e9penses. Des milliards de coupes dans l&rsquo;aide sociale \u00e9galement. Alors, je pense que la c\u00f4te de popularit\u00e9 du gouvernement britannique sera vraiment tr\u00e8s basse en 2017. De ce point de vue, il est raisonnable pour David Cameron de tenir le r\u00e9f\u00e9rendum aussit\u00f4t que possible, en juin 2016.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Est-ce que l&rsquo;exemple de la Gr\u00e8ce a influenc\u00e9 d&rsquo;une certaine fa\u00e7on les hommes politiques au Royaume-Uni ?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Neil Clark<\/em><\/strong> : &laquo;<em>La Gr\u00e8ce influence, bien s&ucirc;r. Les gens regardent ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 et ils ont vu l&rsquo;intimidation qu&rsquo;a subi Gr\u00e8ce de la part de l&rsquo;UE, qui est cens\u00e9e \u00eatre pour la d\u00e9mocratie. Nous avons assist\u00e9 \u00e0 une intimidation tr\u00e8s claire du peuple grec, du gouvernement grec, pour accepter ces conditions. C&rsquo;est pourquoi le soutien \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne se r\u00e9duit. Le point de vue de la gauche en Grande-Bretagne est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant. Ils se sont rendus compte que l&rsquo;UE n&rsquo;\u00e9tait pas si progressiste que \u00e7a. Au contraire. Ils ont compris que la politique de l&rsquo;Union europ\u00e9enne d\u00e9truisait des emplois et le niveau de vie des travailleurs \u00e0 travers le continent. L&rsquo;exemple de la Gr\u00e8ce a beaucoup influenc\u00e9 l&rsquo;attitude de la gauche britannique envers l&rsquo;UE.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Une sortie de la Grande-Bretagne jouerait en faveur ou au contraire influencera de fa\u00e7on n\u00e9gative l&rsquo;Union europ\u00e9enne?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Neil Clark<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Je pense que l&rsquo;UE sera en meilleure situation sans la Grande-Bretagne. C&rsquo;est clair que le Royaume-Uni pousse ses propres int\u00e9r\u00eats en politique \u00e9trang\u00e8re au sein de l&rsquo;UE. Par exemple, la lev\u00e9e de l&#8217;embargo des armes pour les rebelles syriens il y a quelques ann\u00e9es. Cela a \u00e9t\u00e9 promu par la Grande-Bretagne. Ces armes sont maintenant entre les mains de l&rsquo;Etat islamique. Comme Londres pousse ses propres int\u00e9r\u00eats en UE, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Barack Obama comme ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs appelle la Grande-Bretagne \u00e0 rester dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; A cela, on ajoute l&rsquo;extrait d&rsquo;une analyse du professeur Jacques Nikonoff, Professeur associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Institut d&rsquo;\u00e9tudes europ\u00e9ennes de l&rsquo;Universit\u00e9 Paris 8, porte-parole du Parti de l&rsquo;\u00e9mancipation du peuple. C&rsquo;est encore RT qui s&rsquo;y met, en ouvrant ses colonnes \u00e0 Nikonoff, confirmant que le r\u00e9seau russe devient une des sources les plus fiables et les plus libres, y compris pour les informations europ\u00e9ennes. Pour Nikonoff, \u00ab\u00a0les Britanniques ont raison de vouloir sortir de l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s un historique de l&rsquo;entr\u00e9e et du parcours du Royaume-Uni dans l&rsquo;Europe, Nikonoff aborde l&rsquo;\u00e9valuation de cette possibilit\u00e9 de sortie du Royaume-Uni. (RT, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/francais.rt.com\/opinions\/4279-jacques-nikonoff-britanniques-vouloir-sortir-union-europeenne\">13 juillet 2015<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Le projet a pris une nouvelle dimension \u00e0 l&rsquo;occasion du discours de la reine, Elizabeth II, devant le Parlement de Westminster, le 27 mai 2015. Elle a annonc\u00e9 un projet de loi pour fin 2017 confirmant l&rsquo;organisation d&rsquo;un r\u00e9f\u00e9rendum sur le maintien ou pas du Royaume-Uni dans l&rsquo;UE. Pour justifier la sortie, David Cameron \u00e9voque \u00ab\u00a05 principes pour l&rsquo;Union europ\u00e9enne\u00a0\u00bb. Ils ne pr\u00e9sentent aucune originalit\u00e9 et ne sont qu&rsquo;une accentuation caricaturale des politiques n\u00e9olib\u00e9rales d\u00e9j\u00e0 men\u00e9es par l&rsquo;UE (sauf le 3e point) : \u00ab\u00a0comp\u00e9titivit\u00e9, flexibilit\u00e9, retour de comp\u00e9tences aux &Eacute;tats-membres, contr\u00f4le d\u00e9mocratique, \u00e9quit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>S&rsquo;il fallait se convaincre que la sortie du Royaume-Uni de l&rsquo;UE est une bonne chose, mais pour des raisons diff\u00e9rentes que celles avanc\u00e9es par David Cameron, l&rsquo;appel t\u00e9l\u00e9phonique de Barack Obama \u00e0 David Cameron pour l&rsquo;inviter \u00e0 ne pas sortir de l&rsquo;UE devrait suffire. Car les &Eacute;tats-Unis, dans cette affaire, suivent une ligne constante. Ils ont besoin d&rsquo;une Europe unie qu&rsquo;ils contr\u00f4lent. L&rsquo;agent de ce contr\u00f4le est la Grande-Bretagne. La voir sortir de l&rsquo;UE, c&rsquo;est affaiblir la pression atlantiste, m\u00eame si le trait\u00e9 de Lisbonne, par l&rsquo;obligation qu&rsquo;il fait \u00e0 l&rsquo;UE d&rsquo;\u00eatre membre de l&rsquo;Organisation du trait\u00e9 de l&rsquo;Atlantique nord (Otan), arrime l&rsquo;UE aux &Eacute;tats-Unis. C&rsquo;est la m\u00eame pr\u00e9occupation qui a conduit le pr\u00e9sident am\u00e9ricain \u00e0 t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, pour lui demander de rester dans l&rsquo;euro. Les &Eacute;tats-Unis ont en effet besoin de l&rsquo;euro car cette monnaie joue le r\u00f4le de variable d&rsquo;ajustement mon\u00e9taire afin de prot\u00e9ger le dollar. Cela signifie que les g\u00e9rants de fonds, quand ils doivent r\u00e9ajuster leurs portefeuilles, se d\u00e9lestent syst\u00e9matiquement de l&rsquo;euro et gardent le dollar. R\u00e9sultat : l&rsquo;euro est tr\u00e8s volatile, perturbant la stabilit\u00e9 mon\u00e9taire, financi\u00e8re et les op\u00e9rations commerciales internationales.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>La Grande-Bretagne hors de l&rsquo;UE diminuera \u00e9galement la pression n\u00e9olib\u00e9rale sur l&rsquo;UE car elle a toujours \u00e9t\u00e9 plus lib\u00e9rale que la moyenne des pays membres. Mais ce ne sera que symbolique, car le trait\u00e9 de Lisbonne, l\u00e0 encore, a tout pr\u00e9vu, il a verrouill\u00e9 le syst\u00e8me pour que seules des politiques n\u00e9olib\u00e9rales soient possibles. Au total, c&rsquo;est l&rsquo;image, la cr\u00e9dibilit\u00e9 et l&rsquo;avenir de l&rsquo;UE qui seront atteints si le Royaume-Uni s&rsquo;en va. Il faut en passer par l\u00e0 pour mettre un terme \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne, gigantesque syst\u00e8me d&rsquo;ali\u00e9nation des peuples, coupable de d\u00e9truire la prosp\u00e9rit\u00e9 du continent. Le d\u00e9part du Royaume-Uni, coupl\u00e9 \u00e0 la crise grecque, restera peut-\u00eatre dans l&rsquo;histoire comme le d\u00e9but du processus de d\u00e9mant\u00e8lement de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Et celui du retour des peuples.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puisque le r\u00e9f\u00e9rendum sur le <em>Brixit<\/em> semble se rapprocher et l&rsquo;option <em>Brixit<\/em> se renforcer, il est en effet int\u00e9ressant d&rsquo;envisager les effets et cons\u00e9quences, d&rsquo;abord de la perspective du <em>Brixit<\/em>, ensuite de la r\u00e9alisation du <em>Brixit<\/em>. Le premier point semble de l&rsquo;ordre de l&rsquo;\u00e9vidence ; il est mentionn\u00e9 en passant, effectivement comme une \u00e9vidence, par Neil Clarke, et plus en d\u00e9tails par Nikonoff. Il s&rsquo;agit du constat que le d\u00e9part du Royaume-Uni constituera un incontestable avantage pour l&rsquo;autonomie de l&rsquo;Europe, en raison du r\u00f4le de passerelle et de porteur d&rsquo;au que le Royaume-Uni joue pour les USA. On ne s&rsquo;\u00e9tonnera pas vraiment que cela ne soit nullement notre point de vue. Il y a plusieurs raisons \u00e0 cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La premi\u00e8re est une tr\u00e8s r\u00e9cente d\u00e9formation de l&rsquo;histoire la plus r\u00e9cente possible. Il s&rsquo;agit du tournant de la politique US en Syrie, lorsque les USA se mirent en posture d&rsquo;attaquer la Syrie, \u00e0 la fin ao&ucirc;t 2013 (affaire du montage de l&rsquo;attaque chimique), et qu&rsquo;ils abandonn\u00e8rent ce projet dans les deux semaines qui suivirent. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, une <em>narrative<\/em> s&rsquo;est r\u00e9pandue, qui fait de la Russie la responsable de ce revirement, v\u00e9cu comme une d\u00e9faite strat\u00e9gique par les USA. George Friedman lui-m\u00eame (celui de <em>Stratfor.com<\/em>), \u00e9rig\u00e9 par ses admirateurs en grand gourou de la g\u00e9ostrat\u00e9gie US, se trompe, c&rsquo;est-\u00e0-dire arrange une \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 de situation\u00a0\u00bb pour satisfaire \u00e0 la logique qu&rsquo;il d\u00e9veloppe, lorsqu&rsquo;il explique (le 22 janvier 2015) \u00e0 propos de ce tournant d&rsquo;ao&ucirc;t-septembre 2013 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Les Russes sont intervenus dans les processus du Moyen-Orient parce que, entre autres raisons, ils esp\u00e9raient acqu\u00e9rir une capacit\u00e9 de levier pour influencer la politique \u00e9trang\u00e8re des USA dans d&rsquo;autres domaines. Mais ils ont fait une erreur de calcul. Les USA ont pens\u00e9 qu&rsquo;ils cherchaient \u00e0 s&rsquo;opposer \u00e0 eux.<\/em> [&#8230;] <em>A Washington, beaucoup de gens ont eu l&rsquo;impression que les Russes voulaient d\u00e9stabiliser la position US d\u00e9j\u00e0 bien fragilis\u00e9e au Moyen-Orient, &ndash; Une r\u00e9gion d&rsquo;une importance capitale pour les USA.<\/em> [&#8230;] <em>A propos de cette question, il y avait deux points de vue diff\u00e9rents \u00e0 Washington : celle selon laquelle les Russes essayaient maladroitement de jouer un r\u00f4le<\/em> [pour faire les importants]<em>, et celle selon laquelle ils avaient trouv\u00e9 un point faible dans la position des USA et qu&rsquo;ils essayaient d&rsquo;en tirer avantage.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le fait est que les Russes (Poutine) ne sont pas intervenus pour bloquer l&rsquo;intervention des USA contre la Syrie, mais pour offrir (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-une_am_rique_antiguerre_une_am_rique_en_r_volte__10_09_2013.html\">10 septembre 2013<\/a>) une porte de sortie au pr\u00e9sident US qui se trouvaient bloqu\u00e9 dans une d\u00e9cision d&rsquo;attaque devenue impossible \u00e0 assumer \u00e0 cause de son conflit avec le Congr\u00e8s. Ce conflit \u00e9tait n\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9fection brutale, qui fut celle, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_vacillation_spasmodique_30_08_2013.html\">30 ao&ucirc;t 2013<\/a>, de l&rsquo;alli\u00e9 britannique, avec un vote capital des Communes contre une participation britannique \u00e0 l&rsquo;attaque. C&rsquo;est cela, le grand \u00e9v\u00e9nement de la s\u00e9quence, qui enclencha un processus catastrophique conduisant Obama \u00e0 demander l&rsquo;avis au Congr\u00e8s (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-s_en_laver_les_mains_en_criant_victoire__02_09_2013.html\">2 septembre 2013<\/a>), et \u00e0 y rencontrer une opposition inattendue qui le mit dans la position intenable d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9e (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-une_journ_e_de_dupes_dont_il_n_est_pas_n_cessaire_d_tre_dupe_11_09_2013.html\">11 septembre 2013<\/a>). Le vote britannique, et notamment des travaillistes, constitua un coup de poignard dans le dos des USA qui marqua que, d\u00e9sormais, le Royaume-Uni \u00e9tait devenu un alli\u00e9 incontr\u00f4lable, capable d&rsquo;initiatives catastrophiques pour une politique US elle-m\u00eame incontr\u00f4lable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On n&rsquo;a pas assez \u00e9pilogu\u00e9 sur cet \u00e9v\u00e9nement, qui constitue dans le d\u00e9sordre la fin des \u00ab\u00a0relations privil\u00e9gi\u00e9es\u00a0\u00bb sur le plan strat\u00e9gique entre USA et UK, et plut\u00f4t justement par d\u00e9sordres conjoints puis divergents que par dessein certes. La crise ukrainienne est venue bien \u00e0 propos, non comme \u00ab\u00a0vengeance\u00a0\u00bb antirusse des USA comme le dit sottement sinon na\u00efvement Friedman, mais comme un acte symbolique montrant que les v\u00e9ritables courroies de transmission des USA en Europe sont d\u00e9sormais la Pologne et les trois &Eacute;tats baltes, avec indirectement l&rsquo;Allemagne en \u00ab\u00a0second rideau\u00a0\u00bb au travers de tous les moyens de pression (NSA, CIA, etc.) \u00e0 son encontre dont disposent les USA. Le d\u00e9part des Britanniques de l&rsquo;UE ne constituera donc nullement un affaiblissement d\u00e9cisif du dispositif des USA en Europe, puisque ce dispositif a bascul\u00e9 vers l&rsquo;Est.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Pour autant, l&rsquo;importance de tout cela est mineure, dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;influence am\u00e9ricaniste sur Bruxelles dans le sens d&rsquo;une hyper-lib\u00e9ralisation n&rsquo;est pas nulle, mais plus simplement inutile. A cet \u00e9gard, si l&rsquo;on consid\u00e8re selon les avis les plus autoris\u00e9s se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 une situation vieille de deux \u00e0 trois d\u00e9cennies que les USA portent encore une couronne largement mang\u00e9e par les <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_les_termites__10_04_2013.html\">termites<\/a> comme souverain du bloc BAO, Bruxelles est fondamentalement beaucoup, beaucoup \u00ab\u00a0plus royaliste que le roi\u00a0\u00bb et le v\u00e9ritable moteur du bloc, avec l&rsquo;Allemagne poussant \u00e0 la charrette sans que les USA n&rsquo;en expriment n\u00e9cessairement le v&oelig;u. Certes, les USA sont partout l&rsquo;objet d&rsquo;une v\u00e9n\u00e9ration aveugle dans les institutions europ\u00e9ennes, mais d&rsquo;une fa\u00e7on telle que cette v\u00e9n\u00e9ration constitue finalement une sorte d&rsquo;alibi incontournable pour acc\u00e9l\u00e9rer une politique europ\u00e9enne dont le moteur et la dynamique se trouvent \u00e0 Bruxelles et non \u00e0 Washington. Le d\u00e9part de UK ne changera strictement rien \u00e0 cette situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Mais nous parlons bien entendu de la situation g\u00e9opolitique selon le rapport des forces et l&rsquo;importance des influences. Au niveau de la communication, la situation est bien diff\u00e9rente, et les USA, sans bien comprendre la situation r\u00e9elle de leurs int\u00e9r\u00eats, vont consid\u00e9rer le d\u00e9part de UK comme une catastrophe pour eux parce que, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, \u00ab\u00a0tout le monde le dit\u00a0\u00bb, et vont r\u00e9agir dans ce sens, d&rsquo;une fa\u00e7on politiquement inutile mais avec assez de vigueur pour semer une profonde discorde au sein de l&rsquo;UE . laquelle UE, on s&rsquo;en doute, sera tenue par les USA, selon la logique absurde de leur psychologie d\u00e9form\u00e9e par l&rsquo;ind\u00e9fectibilit\u00e9 et l&rsquo;inculpabilit\u00e9, comme aussi responsables que les Britanniques du divorce entre l&rsquo;UE et UK. L&rsquo;effet, qui commencera bien avant le r\u00e9f\u00e9rendum dont les pr\u00e9visions pessimistes constitueront tr\u00e8s rapidement une crise avant la crise, aura un effet acc\u00e9l\u00e9rateur de la fragmentation de l&rsquo;UE, au travers de toutes les tensions qui existent d\u00e9j\u00e0 autour de l&rsquo;affaire grecque, et du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_massacre_de_juillet_et_le_temps_de_la_peur_13_07_2015.html\">climat de peur<\/a> qui pr\u00e9vaut partout en Europe. La confidence du pr\u00e9sident de l&rsquo;UE Donald Tusk au <em>Financial Times<\/em>, le 22 juillet, \u00e0 propos du climat r\u00e9gnant lors du d\u00e9bat sur le <em>bailout<\/em> de la Gr\u00e8ce au Parlement Europ\u00e9en, est \u00e0 cet \u00e9gard significative : &laquo;<em>C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que je vois un tel radicalisme s&rsquo;exprimer avec une telle \u00e9motion. Il y avait bien la moiti\u00e9 du Parlement Europ\u00e9en <\/em>[qui se trouvait emport\u00e9e dans cet \u00e9tat d&rsquo;esprit]. <em>Alors, je crois que personne n&rsquo;a remport\u00e9 une victoire politique dans cette affaire, m\u00eame pas l&rsquo;Allemagne&#8230;<\/em>&raquo; (&laquo;<em>It was the first time that I have seen radical with such emotions. It was almost half the European Parliament. Therefore, I believe that no one is a political winner in this process, not even Germany.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est dans ce climat-l\u00e0, exacerb\u00e9 de toutes les fa\u00e7ons, que vont se d\u00e9velopper les crises courantes et que va na&icirc;tre une nouvelle crise, celle l&rsquo;arriv\u00e9e du r\u00e9f\u00e9rendum UK qui aura lieu bien avant le r\u00e9f\u00e9rendum UK, comme l&rsquo;on dirait d&rsquo;une \u00ab\u00a0crise \u00e0 propos d&rsquo;une crise \u00e0 venir\u00a0\u00bb, \u00e0 propos d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement dont les cons\u00e9quences factuelles devraient \u00eatre pourtant de bien moindre importance qu&rsquo;on ne les imagine. Mais l&rsquo;imagination suffit \u00e0 cet \u00e9gard, soumise \u00e0 une \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_fatigue-syst_me_et_notre_psychologie_25_07_2015.html\">psychologie de crise<\/a>\u00a0\u00bb absolument \u00e9puisante. Le professeur Nikonoff a raison lorsqu&rsquo;il \u00e9crit \u00e0 propos du d\u00e9part possible de UK de l&rsquo;UE : &laquo;<em>Au total, c&rsquo;est l&rsquo;image, la cr\u00e9dibilit\u00e9 et l&rsquo;avenir de l&rsquo;UE qui seront atteints si le Royaume-Uni s&rsquo;en va.<\/em>&raquo; Mais la question qui se pose <strong>vraiment<\/strong> est de savoir ce qu&rsquo;il <strong>restera vraiment<\/strong> de l&rsquo;UE lorsque le Royaume-Uni votera sur le r\u00e9f\u00e9rendum. Les petits malins finiraient par se demander s&rsquo;il sera vraiment n\u00e9cessaire de voter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 28 juillet 2015 \u00e0 14H14<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Brexit le plus t\u00f4t possible Ne faisons pas languir nos lecteurs : la course de vitesse engag\u00e9e l&rsquo;est entre deux \u00e9v\u00e8nements, &ndash; d&rsquo;une part le r\u00e9f\u00e9rendum pour la sortie du Royaume-Uni de l&rsquo;Europe (Brexit ou British Exit), d&rsquo;autre part l&rsquo;explosion-implosion de l&rsquo;UE (c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Europe). Pour l&rsquo;instant et avant d&rsquo;\u00e9laborer plus avant sur cette sympathique&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[12496,5315,3903,3168,8426,5694,398,7157,5155,16838,1225,3575,3867,2828],"class_list":["post-76034","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-brexit","tag-cameron","tag-chimique","tag-clark","tag-elizabeth","tag-eu","tag-europe","tag-lisbonne","tag-neil","tag-nikonoff","tag-referendum","tag-royaume-uni","tag-syrie","tag-tusk"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76034","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76034"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76034\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76034"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76034"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76034"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}