{"id":76064,"date":"2015-08-18T08:55:19","date_gmt":"2015-08-18T08:55:19","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/08\/18\/de-la-tradition\/"},"modified":"2015-08-18T08:55:19","modified_gmt":"2015-08-18T08:55:19","slug":"de-la-tradition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/08\/18\/de-la-tradition\/","title":{"rendered":"De la tradition"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">De la tradition<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLa tradition, \u00e0 toutes les \u00e9poques, repr\u00e9sente la \u00ab substantifique moelle \u00bb de l&rsquo;ethos collectif. On parle de la dur\u00e9e historique sur le \u00ab long terme \u00bb, de la \u00ab m\u00e9moire collective \u00bb ou du r\u00f4le m\u00e9tahistorique des arch\u00e9types qui tiennent le r\u00f4le d&rsquo;agr\u00e9gateurs des mythes fondateurs de la cit\u00e9. La cit\u00e9 repr\u00e9sente l&rsquo;ordre consensuel qui cimente les libert\u00e9s individuelles dans un contexte o\u00f9 toute citoyennet\u00e9 qui se respecte ne peut agir qu&rsquo;\u00e0 travers le consensus civique. La Charte de la cit\u00e9 est comparable \u00e0 une forme de \u00ab pacte r\u00e9publicain \u00bb qui ordonnance un \u00ab vivre ensemble \u00bb qui, autrement, ne serait qu&rsquo;une chim\u00e8re en l&rsquo;esp\u00e8ce. Toutefois, c&rsquo;est la tradition, comme force d\u00e9positaire de la m\u00e9moire collective, qui donne sa raison d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la vie citoyenne. Priv\u00e9e de tradition, la cit\u00e9 est condamn\u00e9e \u00e0 se transformer en univers concentrationnaire. <\/p>\n<h3>Le m\u00e9moire collective et ses enjeux <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab Si cette volont\u00e9, cette injonction d&rsquo;\u00eatre moderne, ne cesse de bouleverser les conditions de la vie commune, de faire se succ\u00e9der les r\u00e9volutions aux r\u00e9volutions, sans jamais parvenir \u00e0 se satisfaire, sans jamais parvenir \u00e0 un point o\u00f9 nous puissions nous reposer en disant : \u00ab voici enfin le terme de notre entreprise \u00bb, si cette volont\u00e9 ou cette injonction ne se saisit jamais de son objet, qu&rsquo;est-ce que cela veut dire ? \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8211; Pierre Manent, in \u00ab Les M\u00e9tamorphoses de la cit\u00e9  Essai sur la dynamique de l&rsquo;Occident \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette perte des rep\u00e8res de la m\u00e9moire collective qui affecte nos soci\u00e9t\u00e9s occidentales postmodernes s&rsquo;apparente, manifestement, \u00e0 une fuite en avant mortif\u00e8re. Et, nous l&rsquo;observons tous les jours, cette fuite semble nous entra\u00eener vers le gouffre abyssal d&rsquo;une \u00ab antimati\u00e8re historique \u00bb, pour reprendre une cat\u00e9gorie conceptuelle mise de l&rsquo;avant par Philippe Grasset. Nous serions entr\u00e9s, d&rsquo;apr\u00e8s certains historiens, dans l&rsquo;\u00e8re de la postmodernit\u00e9 \u00e0 la suite de la Seconde Guerre mondiale. C&rsquo;est donc dire que ceux qui ont le pouvoir d&rsquo;\u00e9crire l&rsquo;histoire ont d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 la fin de la modernit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire le d\u00e9litement de cette \u00ab \u00e9poque des lumi\u00e8res \u00bb \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de laquelle le \u00ab mythe du progr\u00e8s \u00bb jouait un r\u00f4le d&rsquo;agr\u00e9gation et de consentement essentiel. Mais, vers o\u00f9 sommes-nous donc entra\u00een\u00e9s ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQu&rsquo;il nous soit permis de reprendre une intervention d&rsquo;\u00c9ric Basillais, un commentateur particuli\u00e8rement actif sur le site Dedefensa.org. Ce dernier soulignait, \u00e0 la suite d&rsquo;un article intitul\u00e9 \u00ab Vertigo \u00bb, que \u00ab si subversion il y a, elle tient \u00e0 un habitus Marchand (l&rsquo;\u00e9change, la monnaie,&#8230;) dans un premier sens historique; et \u00e0 une subversion du COSMOS (en CHAOS au final) si l&rsquo;on songe (et croit) aux Eschatologies de la TRADITION (Hindoue, Germanique, Celtique&#8230;) \u00bb. \u00c0 l&rsquo;instar d&rsquo;\u00c9ric Basillais, nous estimons que la tradition constitue, bel et bien, un processus m\u00e9tahistorique d&rsquo;agr\u00e9gation des cultures et des cultes, dans un sens fondateur. Ainsi donc, la TRADITION, peu importe les enjeux id\u00e9ologiques ou spirituels, est le lit sur lequel prendra forme une nouvelle soci\u00e9t\u00e9, une nouvelle cit\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est par la m\u00e9diation de la m\u00e9moire traditionnelle que s&rsquo;accompliront la dissolution d&rsquo;une cit\u00e9 et sa refondation dans un nouvel espace de repr\u00e9sentation. La tradition est imm\u00e9moriale, a-historique, ind\u00e9pendante des lectures orient\u00e9es de l&rsquo;histoire humaine et d\u00e9positaire d&rsquo;une m\u00e9moire collective qui permet aux g\u00e9n\u00e9rations de se succ\u00e9der en esp\u00e9rant pouvoir approfondir le legs de leurs g\u00e9niteurs. La tradition, au sens universel, repr\u00e9sente la m\u00e9moire de l&rsquo;humanit\u00e9, non pas un ensemble de prescriptions se rattachant \u00e0 une culture en particulier. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est ce qui a pouss\u00e9 Mircea Eliade \u00e0 professer que les rituels qui se r\u00e9p\u00e8tent in illo tempore, en dehors de la contemporan\u00e9it\u00e9, \u00e0 une autre \u00e9poque, permettent aux arch\u00e9types de survivre et d&rsquo;irriguer la m\u00e9moire collective. Une m\u00e9moire collective correctement irrigu\u00e9e fera en sorte que les citoyens puissent approfondir leur passage en cette vie, donner un sens \u00e0 leur existence. Pour paraphraser Eliade, on pourrait souligner que les places sacr\u00e9es de la cit\u00e9 le deviennent parce qu&rsquo;une collectivit\u00e9 y a accompli, sur le long terme, \u00ab des rites qui r\u00e9p\u00e8tent symboliquement l&rsquo;acte de la Cr\u00e9ation \u00bb. La tradition, si l&rsquo;on approfondit cette vision des choses, est manifestement ind\u00e9pendante de l&rsquo;\u00ab habitus Marchand \u00bb, pour reprendre l&rsquo;expression d&rsquo;\u00c9ric Basillais. Voil\u00e0 pourquoi l&rsquo;\u00ab ordre marchand \u00bb tente de \u00ab liqu\u00e9fier \u00bb nos soci\u00e9t\u00e9s postmodernes, pour que rien ne vienne entraver la libre circulation des commodit\u00e9s. Les commodit\u00e9s sont des valences qui permettent au pouvoir de dominer l&rsquo;espace et le temps, d&rsquo;acheter l&rsquo; \u00ab humaine condition \u00bb et de transformer la cit\u00e9 en univers concentrationnaire. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa TRADITION repr\u00e9sente, pour l&rsquo;imperium, l&rsquo;ennemi num\u00e9ro 1 \u00e0 abattre, vaille que vaille. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons pris le parti de lancer un d\u00e9bat herm\u00e9neutique qui portera sur le r\u00f4le de la TRADITION au cur de la cit\u00e9 humaine. Ce mortier spirituel aura permis aux soci\u00e9t\u00e9s de s&rsquo;\u00e9riger sur le mode d&rsquo;une cit\u00e9 symbolique favorisant l&rsquo;\u00e9panouissement de l&rsquo;humanit\u00e9 en d\u00e9finitive. Toute soci\u00e9t\u00e9 qui se coupe de la tradition est condamn\u00e9e, \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance, \u00e0 se muer en univers concentrationnaire, \u00e0 devenir l&rsquo;\u00ab agora du chaos \u00bb [dixit PHP]. Loin de nous l&rsquo;id\u00e9e de perp\u00e9tuer une vision nostalgique, pittoresque, de l&rsquo;histoire. Il nous importe, a contrario, de partager avec nos lecteurs notre appr\u00e9hension visc\u00e9rale du d\u00e9litement d&rsquo;une tradition menac\u00e9e par la vision lucif\u00e9rienne d&rsquo;un \u00ab progr\u00e8s illimit\u00e9 \u00bb, v\u00e9ritable deus ex machina au service de la \u00ab volont\u00e9 de puissance \u00bb de nos ma\u00eetres r\u00e9els. En esp\u00e9rant qu&rsquo;un authentique d\u00e9bat puisse na\u00eetre \u00e0 la suite de notre analyse.  <\/p>\n<h3>Les fondations de la cit\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab La cit\u00e9, la <em>polis<\/em>, est la premi\u00e8re <em>forme politique<\/em>. Elle est la condition de production ou la matrice d&rsquo;une forme de vie nouvelle, la vie politique, la vie dans laquelle les hommes se gouvernent eux-m\u00eames et savent qu&rsquo;ils se gouvernent eux-m\u00eames. Cette forme de vie peut prendre des formes diverses, car il y a diff\u00e9rentes mani\u00e8res de se gouverner. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8211; Pierre Manent, in \u00ab Les M\u00e9tamorphoses de la cit\u00e9  Essai sur la dynamique de l&rsquo;Occident \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous tenterons, malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9tendue du sujet, de cerner l&rsquo;importance de la <em>tradition<\/em> comme source imm\u00e9moriale. La cit\u00e9 grecque repr\u00e9sentant l&rsquo;apex de la m\u00e9diation (politique) des rapports citoyens, elle nous sert de repr\u00e9sentation symbolique d&rsquo;un stade de gouvernance qui semble ind\u00e9passable au moment de composer notre analyse. Mais, outre le fait qu&rsquo;elle permette d&rsquo;organiser la collectivit\u00e9, qu&rsquo;est-ce qui fonde la cit\u00e9 ? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPierre Manent, chercheur en sciences sociales, nous rappelle que \u00ab les auteurs grecs (Aristote et consorts) n&rsquo;ignoraient pas l&rsquo;existence d&rsquo;autres formes politiques que la cit\u00e9, s&rsquo;ils montraient peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour elles. Ils connaissaient fort bien deux autres formes politiques au moins, \u00e0 savoir la tribu  <MI>ethnos<DF>  et l&#8217;empire (en particulier l&#8217;empire perse qui s&rsquo;imposa plus d&rsquo;une fois \u00e0 leur attention !). On pourrait ajouter une quatri\u00e8me forme, celle des monarchies tribales \u00bb. La <em>nation<\/em>, pour sa part, est une structure politique forg\u00e9e tout au long d&rsquo;une modernit\u00e9 qui allait tenter de f\u00e9d\u00e9rer des ensembles de cit\u00e9s qui, autrement, seraient condamn\u00e9es \u00e0 se faire la guerre. Les nations de la postmodernit\u00e9 tiendraient-elles le r\u00f4le des antiques cit\u00e9s ? Les nouvelles formes d&rsquo;unions f\u00e9d\u00e9rales devenant le mortier de cette gouvernance mondiale tant abhorr\u00e9e par ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler la \u00ab dissidence \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains anarchistes, pour leur part, professent que la <em>polis<\/em> g\u00e9n\u00e8re un \u00e9tat d&rsquo;enfermement qui brime les droits fondamentaux de ses sujets au profit d&rsquo;une concentration de pouvoir entre les mains d&rsquo;une \u00e9lite pr\u00e9datrice. Leur vision d&rsquo;une autogestion f\u00e9d\u00e9r\u00e9e par une constellation de syndicats en interrelation dynamique nous fait penser au monde tribal des anciennes nations am\u00e9rindiennes. Cette vision idyllique d&rsquo;un univers tribal \u00ab non-concentrationnaire \u00bb ne semble pas tenir compte du fait que la guerre ait toujours \u00e9t\u00e9 une condition naturelle de cet \u00e9tat d&rsquo;organisation politique primitive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa guerre permanente \u00e9tait, aussi, une condition naturelle inh\u00e9rente au rayonnement de la cit\u00e9 grecque. Toutefois, comme le souligne Pierre Manent, \u00ab le politique ancien est un \u00e9ducateur ins\u00e9parablement politique et moral qui s&rsquo;efforce de susciter dans l&rsquo;\u00e2me des citoyens les dispositions morales \u00ab les plus nobles et plus justes \u00bb \u00bb. Si la cit\u00e9 moderne a pacifi\u00e9 nos ardeurs guerri\u00e8res, c&rsquo;est l&rsquo;app\u00e2t du gain qui est devenu le modus operandi d&rsquo;une politique qui rev\u00eat toute les apparences d&rsquo;une m\u00e9diation entre des int\u00e9r\u00eats financiers qui menacent la pax republicana. Pour simplifier, on pourrait dire que les philosophes \u00e9taient les politiques (politiciens) de l&rsquo;antiquit\u00e9, alors que les \u00e9piciers (pris dans un sens n\u00e9gatif) sont les politiques de la postmodernit\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQu&rsquo;est-ce qui fonde la cit\u00e9 ? C&rsquo;est la famille; le r\u00e9cit de l&rsquo;<em>Iliade<\/em> est sans \u00e9quivoque sur la question. Lorsque le troyen Paris enl\u00e8ve la belle H\u00e9l\u00e8ne, il provoque la col\u00e8re des Grecs et, de fil en aiguille, le si\u00e8ge de la ville de Troie se met en place sur la base d&rsquo;une saga familiale. Ce sont les liens filiaux, en d\u00e9pit des ran\u00e7ons exig\u00e9es, qui sont en jeu et non pas une volont\u00e9 de puissance automotrice. Toutefois, les h\u00e9ros de cette trag\u00e9die \u00e9pique sont emport\u00e9s par la folie de l&rsquo;hubris et sont les auteurs de forfaits impardonnables. Un retournement de la destin\u00e9e fera en sorte qu&rsquo;Achille (le champion des grecs) finisse par c\u00e9der aux supplications du roi Priam traversant les lignes ennemies pour r\u00e9clamer la d\u00e9pouille de son fils Hector. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un moment-clef du r\u00e9cit construit par Hom\u00e8re. L&rsquo;auteur y d\u00e9montre que c&rsquo;est en raison du respect de la filiation que les vainqueurs finiront par se montrer cl\u00e9ments.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn pourrait, facilement, opposer l&rsquo;id\u00e9al de la <em>cit\u00e9<\/em> (le rayonnement des familles patriciennes) \u00e0 celui de l&rsquo;imperium (le nivellement des citoyens afin qu&rsquo;ils deviennent des sujets consentants). Que s&rsquo;est-il pass\u00e9, en Occident, pour que l&rsquo;id\u00e9al de la <em>cit\u00e9<\/em> finisse par imploser sous la pression d&rsquo;un imperium prot\u00e9iforme et \u00ab multicartes \u00bb? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDominique Venner, historien fran\u00e7ais d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2013, d\u00e9plore, comme tant d&rsquo;autres, cette perte de m\u00e9moire qui afflige nos \u00e9lites intellectuelles () et il ne se g\u00e8ne pas pour pointer du doigt cette \u00ab m\u00e9taphysique de l&rsquo;illimit\u00e9e \u00bb qui semble avoir fourni \u00e0 l&rsquo;imperium ses meilleurs munitions. Venner admire la sagesse antique des sto\u00efciens qui s&rsquo;appuyait, entre autres, sur le respect des limites qui sont imparties \u00e0 la nature environnante. Il souligne, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de son dernier essai (*), que \u00ab la limite n&rsquo;est pas seulement la fronti\u00e8re o\u00f9 quelque chose s&rsquo;arr\u00eate. La limite signifie ce par quoi quelque chose se rassemble, manifestant sa pl\u00e9nitude \u00bb. Cette notion de <em>borne<\/em>, ou de <em>limite<\/em>, recoupe toute la question, combien controvers\u00e9e, des fronti\u00e8res, de l&rsquo;identit\u00e9 et de la filiation. Dominique Venner rend justice \u00e0 la contribution du philosophe Martin Heidegger, notamment pour son essai intitul\u00e9 \u00ab \u00catre et Temps \u00bb, qui a su d\u00e9finir \u00ab le monde contemporain par la disparition de la mesure et de la limite \u00bb.<\/p>\n<h3>Le rituel de la consommation<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMais, comment sommes-nous pass\u00e9s d&rsquo;une civilisation agraire, \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute des rythmes de la nature, \u00e0 cet esp\u00e8ce de VORTEX du commerce qui d\u00e9sint\u00e8gre tous nos <em>habitus<\/em>, nos lieux communs? La m\u00e9moire collective se d\u00e9ploie sur le cours d&rsquo;une histoire longue, elle consiste en une agr\u00e9gation de rites qui fondent leurs pratiques sur des cit\u00e9s p\u00e9rennes. Le commerce, a contrario, n\u00e9cessite une fluidit\u00e9 constante, des <em>flux tendus<\/em> qui permettent de produire, \u00e9couler, \u00e9changer, retourner, recycler, d\u00e9truire et recommencer le cycle de la production-consommation de mani\u00e8re quasi instantan\u00e9e. Consommer c&rsquo;est oublier qui nous sommes, puisque la marchandise impose son langage propre au sein de nos <em>agoras<\/em> qui sont devenues des <em>places marchandes<\/em>. Le commerce ne constitue pas un probl\u00e8me en soi; c&rsquo;est son d\u00e9veloppement sans limites et son instrumentalisation au profil de la sph\u00e8re financi\u00e8re qui blessent. Guy Debord, nous le r\u00e9p\u00e9tons, n&rsquo;aurait pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 affirmer que \u00ab c&rsquo;est la marchandise qui nous consomme \u00bb en d\u00e9finitive. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa consommation demeure le seul rituel tol\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;ordre marchand. \u00c0 l&rsquo;instar de la marchandise qui se d\u00e9place, suivant les flux mon\u00e9taires, nos habitudes de consommation sont instables, elles induisent des rituels qui ne sont fond\u00e9s que sur des concepts arbitraires. Dans de telles conditions, la <em>cit\u00e9<\/em> se dissout et, invariablement, les rapports citoyens se distendent. Curieusement, plusieurs grandes \u00ab marques \u00bb commerciales se sont gliss\u00e9es, tels des parasites, sous la d\u00e9pouille de termes emprunt\u00e9s \u00e0 la mythologie. Ainsi, les chaussures <em>Nike<\/em> ont \u00e9t\u00e9 affubl\u00e9es du nom de la d\u00e9esse grecque de la VICTOIRE (Nik\u00e9<D>). Idem pour les voitures <em>Mazda<\/em>, empruntant au dieu perse <em>Ahura Mazd\u00e2<\/em> la pr\u00e9rogative d&rsquo;\u00eatre un \u00ab Seigneur de la Sagesse \u00bb. Les commodit\u00e9s du monde marchand se sont infiltr\u00e9es \u00e0 travers tous les pores de la <em>cit\u00e9<\/em>, au point de permettre \u00e0 la caste aux manettes d&rsquo;investir nos rep\u00e8res symboliques afin de les r\u00e9cup\u00e9rer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tWall Street repr\u00e9sente l&rsquo;Acropole, ou <em>cit\u00e9<\/em> des dieux. Les centres commerciaux tiennent la place de <em>temples<\/em> de la consommation. Les vendeurs ressemblent, \u00e0 s&rsquo;y m\u00e9prendre, \u00e0 des pr\u00eatres officiant au culte de l&rsquo;achat compulsif et salutaire. Les marques affich\u00e9es sur les banni\u00e8res servent \u00e0 nommer les divinit\u00e9s tut\u00e9laires de la cit\u00e9 marchande. Et, in fine, les logos commerciaux se sont substitu\u00e9s au <em>logos<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire le discours de la raison des antiques philosophes. Les logos commerciaux nous propulsent en arri\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des hi\u00e9roglyphes, en s&rsquo;imposant comme \u00ab signes moteurs \u00bb de la communication. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 observer les nouvelles formes d&rsquo;\u00e9criture tronqu\u00e9e utilis\u00e9es pour transmettre des message-textes via nos t\u00e9l\u00e9phones \u00ab intelligents \u00bb pour comprendre l&rsquo;\u00e9tendu des dommages. De facto, on pourrait parler de \u00ab troubles moteurs \u00bb de la communication. Ainsi donc, c&rsquo;est toute la syntaxe des rapports langagiers qui est d\u00e9construite, d\u00e9structur\u00e9e, au gr\u00e9 d&rsquo;une communication humaine calqu\u00e9e sur celle des \u00e9changes marchands.<\/p>\n<h3>Le L\u00e9viathan de la sph\u00e8re marchande <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tQu&rsquo;est-ce qui nous prouve que les fondations de la <em>cit\u00e9<\/em> aient \u00e9t\u00e9 pulv\u00e9ris\u00e9es par l&rsquo;ordre marchand en fin de parcours ? Le fait qu&rsquo;un ancien cimeti\u00e8re soit converti en centre d&rsquo;achat, ou qu&rsquo;une \u00e9glise d\u00e9saffect\u00e9e se m\u00e9tamorphose en \u00e9difice \u00e0 condominiums, tout cela nous interpelle. Il n&rsquo;est pas surprenant, dans un tel contexte, d&rsquo;assister \u00e0 la multiplication de profanations qui visent les cimeti\u00e8res, et autres n\u00e9cropoles (cit\u00e9s des morts), o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s nos anc\u00eatres. Ceux et celles qui profanent et souillent les sites sacr\u00e9es de nos cit\u00e9s d\u00e9voy\u00e9es agissent au profit de l&rsquo;ordre marchand. Il s&rsquo;agit de banaliser, de n\u00e9antiser, tous les lieux de la m\u00e9moire collectives qui conservent (pour combien de temps?) une part inviolable de cette tradition imm\u00e9moriale. Lorsque certaines \u00e9glises \u00e9taient \u00e9rig\u00e9es sur les d\u00e9combres d&rsquo;anciens sites de rituels pa\u00efens, il ne s&rsquo;agissait pas de souiller la m\u00e9moire collective en abrogeant la symbolique initiale des lieux. La tradition avait, donc, \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e dans une certaine mesure. Le <em>Genius loci<\/em> (Esprit du lieu) n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 transgress\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00c0 l&rsquo;heure du n\u00e9olib\u00e9ralisme, dans un contexte o\u00f9 de puissants int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s investissent les espaces de la <em>cit\u00e9<\/em>, tous nos rites imm\u00e9moriaux sont menac\u00e9s d&rsquo;extermination. Enterrer ses morts constitue une pratique universelle qui aura contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner nos espaces collectifs. De nos jours, par soucis d&rsquo;\u00e9conomie et au nom de la protection de l&rsquo;environnement, nous utilisons la cr\u00e9mation (ici, nous ne remettons pas cette pratique en question) afin de faire dispara\u00eetre toute trace du d\u00e9funt et l&rsquo;urne fun\u00e9raire, pos\u00e9e tel un bibelot sur une console, a d\u00e9finitivement pris la place de la pierre tombale. Les morts n&rsquo;ont plus droit de cit\u00e9, ils sont devenus des itin\u00e9rants, sans domicile fixe, qui, passant d&rsquo;une main \u00e0 l&rsquo;autre, ne peuvent m\u00eame plus reposer en paix ! Tout doit circuler dans le monde marchand. M\u00eame les morts <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPierre Manent souligne, dans son essai intitul\u00e9 \u00ab Les m\u00e9tamorphoses de la cit\u00e9 \u00bb, que la caste des guerriers dans le monde de l&rsquo;ancienne Gr\u00e8ce constituait le \u00ab petit nombre \u00bb des citoyens aux commandes de la <em>polis<\/em>. Outre leurs pr\u00e9rogatives guerri\u00e8res, les patriciens s&rsquo;adonnaient, aussi, au commerce qui permettait \u00e0 la <em>cit\u00e9<\/em> de s&rsquo;\u00e9panouir en tissant des liens avec d&rsquo;autres cit\u00e9s concurrentes. Ma\u00eetres du commerce, les patriciens ne poss\u00e9daient pas de grandes richesses, hormis des propri\u00e9t\u00e9s terriennes et des titres se rapportant aux tombeaux des anc\u00eatres. Il ajuste le tir en pr\u00e9cisant que \u00ab le petit nombre \u00e9tait surtout propri\u00e9taire de rites  rites fun\u00e9raires, rites de mariage , tandis que le grand nombre n&rsquo;avait que la nudit\u00e9 de sa nature animale. Le grand nombre \u00e9tait ext\u00e9rieur au genos, ou \u00e0 l&rsquo;ordre des \u00ab familles \u00bb, comme plus tard l&rsquo;\u00e9tranger (m\u00e9t\u00e8que) \u00ab proprement dit \u00bb sera \u00e9tranger \u00e0 la cit\u00e9 \u00bb. L&rsquo;auteur cerne, avec pr\u00e9cision, la notion capiton de filiation, dans le sens d&rsquo;une passation de pr\u00e9rogatives qui n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec une quelconque fortune personnelle. Nul de besoin, ici, de discuter (ou de nous disputer) des limites objectives de cette d\u00e9mocratie primitive limit\u00e9e aux descendants (patriciens) d&rsquo;une haute lign\u00e9e. Le point de cette observation portant sur l&rsquo;importance des rites fun\u00e9raires dans le cadre d&rsquo;une transmission de la m\u00e9moire collective, sorte de \u00ab g\u00e9nome \u00bb de la <em>cit\u00e9<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes puissantes <em>guildes<\/em> marchandes de la Renaissance permettront au grand capital de circuler et de concurrencer le pouvoir tut\u00e9laire des <em>patriciens<\/em>. L&rsquo;auteur Thomas Hobbes, dans son c\u00e9l\u00e8bre trait\u00e9 intitul\u00e9 \u00ab Le L\u00e9viathan \u00bb, oppose le <em>droit naturel<\/em> \u00e0 un <em>contrat social<\/em> qui repr\u00e9senterait les fondations politiques de toute soci\u00e9t\u00e9 \u00e9volu\u00e9e. Une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 tout un chacun tire sur la couverture peut se d\u00e9sagr\u00e9ger sous l&rsquo;effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re de la guerre civile et d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en <em>chaos<\/em>. Rappelons que le terme <em>L\u00e9viathan<\/em> repr\u00e9sentait le monstre du <em>chaos<\/em> primitif dans la mythologie ph\u00e9nicienne. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment la figure symbolique du <em>chaos<\/em> qui semble menacer une <em>tradition<\/em> par laquelle se fondent les \u00ab rapports citoyens durables \u00bb. Et, c&rsquo;est la notion moderne de <em>progr\u00e8s illimit\u00e9<\/em> qui conforte toute la politique d&rsquo;une sph\u00e8re marchande emport\u00e9e par un hubris sans vergogne. Pierre Hadot, un sp\u00e9cialiste cit\u00e9 par Dominique Venner, nous pr\u00e9vient que \u00ab le \u00ab oui \u00bb sto\u00efcien est un consentement \u00e0 la rationalit\u00e9 du monde, l&rsquo;affirmation dionysiaque de l&rsquo;existence dont parle Nietzsche est un \u00ab oui \u00bb donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;irrationalit\u00e9, \u00e0 la cruaut\u00e9 aveugle de la vie, \u00e0 la volont\u00e9 de puissance par-del\u00e0 le bien et le mal \u00bb.<\/p>\n<h3>L&rsquo;hubris au service d&rsquo;une volont\u00e9 de puissance d\u00e9moniaque<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes rendus au terme de notre analyse critique et nous devons conclure, faute de temps et d&rsquo;\u00e9nergie. Qu&rsquo;il nous soit permis de revenir sur cette notion d&rsquo;\u00ab affirmation dionysiaque de l&rsquo;existence \u00bb afin d&rsquo;expliciter le r\u00f4le de la \u00ab contre-culture \u00bb au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Pr\u00e9textant une \u00e9tape in\u00e9vitable, au cur d&rsquo;un fallacieux processus de lib\u00e9ration, les activistes \u00e0 l&rsquo;uvre dans les coulisses de Mai 68 ont mouss\u00e9 l&rsquo;\u00ab affirmation dionysiaque de l&rsquo;existence \u00bb dans un contexte o\u00f9 l&rsquo;\u00ab \u00e9tat profond \u00bb souhaitait acc\u00e9l\u00e9rer le cours des choses. \u00ab Il est interdit d&rsquo;interdire \u00bb deviendra l&rsquo;antienne d&rsquo;une communication au service de la dissolution des rep\u00e8res identitaires qui auraient d\u00fb, normalement, guider l&rsquo;\u00e9closion des forces vives du \u00ab baby boom \u00bb de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJim Morrison, chantre emport\u00e9 par un hubris d\u00e9brid\u00e9, d\u00e9clame vouloir \u00ab faire l&rsquo;amour \u00e0 sa m\u00e8re et tuer son p\u00e8re \u00bb. Brisant le tabou fondateur de la famille, unit\u00e9 de base de la cit\u00e9, Morrison inaugure, tel un proph\u00e8te de malheur, une nouvelle \u00e8re. Cette ultime provocation agira comme le \u00ab geste fondateur \u00bb d&rsquo;une \u00ab r\u00e9bellion sans cause \u00bb. La jeunesse paum\u00e9e de l&rsquo;Am\u00e9rique se mettra \u00e0 danser en solitaire dans les discoth\u00e8ques, en r\u00e9p\u00e9tant, pour paraphraser le philosophe Michel Clouscard, la gestuelle d&rsquo;une r\u00e9bellion suppos\u00e9ment r\u00e9volutionnaire. Il s&rsquo;agissait, pour dire vrai, de se mouler aux exigences de la nouvelle \u00ab soci\u00e9t\u00e9 de consommation \u00bb afin d&rsquo;\u00e9pouser les gestes d&rsquo;un automate programm\u00e9 dans ses moindres affects par les \u00ab sorciers \u00bb de la \u00ab contre-culture \u00bb. Et, \u00e0 coup de drogues de plus en plus dures, il sera possible de rendre amn\u00e9sique la jeunesse pour qu&rsquo;elle ne soit plus JAMAIS capable de renouer avec ses racines.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Patrice-Hans Perrier<\/p>\n<\/p>\n<h4>Petite bibliographie<\/h4>\n<p>(*) <strong><em>Un samoura\u00ef d&rsquo;Occident  Le Br\u00e9viaire des insoumis<\/em><\/strong>, une source de r\u00e9f\u00e9rences incontournable achev\u00e9e en 2013. \u00c9crit par Dominique Venner, 316 pages  ISBN : 978-2-36371-073-4. \u00c9dit\u00e9 par Pierre-Guillaume de Roux, 2013.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(*) <strong><em>Les M\u00e9tamorphoses de la cit\u00e9  Essai sur la dynamique de l&rsquo;Occident<\/em><\/strong>, une \u00e9tude synoptique de l&rsquo;histoire politique de l&rsquo;Occident achev\u00e9e en 2010. \u00c9crit par Pierre Manent, 424 pages  ISBN : 978-2-0812-7092-3. \u00c9dit\u00e9 par Flammarion, 2010.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la tradition La tradition, \u00e0 toutes les \u00e9poques, repr\u00e9sente la \u00ab substantifique moelle \u00bb de l&rsquo;ethos collectif. 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