{"id":76099,"date":"2015-09-10T16:21:59","date_gmt":"2015-09-10T16:21:59","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/09\/10\/france-syrie-une-politique-poire-devenue-blette\/"},"modified":"2015-09-10T16:21:59","modified_gmt":"2015-09-10T16:21:59","slug":"france-syrie-une-politique-poire-devenue-blette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/09\/10\/france-syrie-une-politique-poire-devenue-blette\/","title":{"rendered":"France-Syrie : une politique-poire devenue blette"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">France-Syrie : une politique-poire devenue blette<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Ci-dessous, on peut lire une longue interview de Fabrice Balanche publi\u00e9e par RT-France le <a href=\"http:\/\/francais.rt.com\/opinions\/6620-france-syrie-frappes-politique\">8 septembre 2015<\/a>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un tableau d\u00e9taill\u00e9, actualis\u00e9 jusqu&rsquo;aux hypoth\u00e8ses les plus r\u00e9centes (d\u00e9part possible de Fabius) d&rsquo;une politique syrienne de la France qualifi\u00e9e par l&rsquo;interview\u00e9 lui-m\u00eame, &mdash; &laquo;&#8230; <em>au final du cosm\u00e9tique, comme tout ce que fait Fran\u00e7ois Hollande<\/em>&raquo;. Ce jugement permet de juger de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;interview comme d&rsquo;une appr\u00e9ciation tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e de la \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb fran\u00e7aise en Syrie. On comprend que le reste est \u00e0 l&rsquo;avenant, &ndash; <em>What else?<\/em>, en effet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans l&rsquo;introduction du texte, l&rsquo;interview\u00e9, Fabrice Balanche, est pr\u00e9sent\u00e9 comme &laquo;<em>Directeur du Groupe de Recherches et d&rsquo;Etudes sur la M\u00e9diterran\u00e9e et le Moyen-Orient et ma&icirc;tre de conf\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Lyon 2. Il a v\u00e9cu une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es entre la Syrie et le Liban, terrains privil\u00e9gi\u00e9s de ses recherches en g\u00e9ographie politique. Il a publi\u00e9 en 2006 un ouvrage sur la Syrie contemporaine : La r\u00e9gion alaouite et le pouvoir syrien dans lequel il analyse le client\u00e9lisme politique qui structure le r\u00e9gime baathiste. Son dernier ouvrage : Atlas du Proche-Orient arabe  pr\u00e9sente les traits communs et la diversit\u00e9 du Proche-Orient arabe (Syrie, Liban, Jordanie et Palestine) contemporain<\/em>.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le sujet est donc la politique syrienne de la France dans un contexte extr\u00eamement agit\u00e9, comme l&rsquo;on sait, et une politique qui est d\u00e9crite comme entamant une rupture qui pourrait \u00eatre qualifi\u00e9e de majeure. Cette \u00ab\u00a0rupture\u00a0\u00bb est celle de la ligne r\u00e9solument, hyst\u00e9riquement anti-Assad suivie par la France, et qui est la marque personnelle du ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res d Fabius. (D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;hypoth\u00e8se, qu&rsquo;on jugerait aliment\u00e9e par certains bruits de couloir, de son d\u00e9part prochain. D&rsquo;autre part, certaines d\u00e9clarationds de Fabius, notamment sur RTL le 10 septembre, semblerait montrer qu&rsquo;il sent passer le vent du boulet et entreprend une d\u00e9marche salvatrice pour \u00e9biter un \u00e9ventuel limogeage&#8230;) N\u00e9anmoins, le ton de l&rsquo;interview (\u00ab\u00a0cosm\u00e9tique\u00a0\u00bb, etc.) ne laisse pas d&rsquo;alimenter certaines appr\u00e9hensions sur cette \u00e9volution &#8230; C&rsquo;est-\u00e0-dire que cette politique repose sur un ex\u00e9cutif si faible dans le chef de ceux qui le gouvernent, politique symbolis\u00e9e autant que caract\u00e9ris\u00e9e par une sorte de psychologie caoutchouteuse, avec la r\u00e9solution \u00e0 mesure, qui semble \u00eatre le caract\u00e8re principal de la machinerie intellectuelle du pr\u00e9sident fran\u00e7ais. L&rsquo;orientation d&rsquo;une politique est \u00e9videmment importante, et par cons\u00e9quent un changement d&rsquo;orientation \u00e9galement, mais que valent l&rsquo;une et l&rsquo;autre si manquent la r\u00e9solution, la conviction, la fermet\u00e9 du caract\u00e8re?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;une des caract\u00e9ristiques les plus remarquables de la p\u00e9riode, surtout pour la France qui pr\u00e9tend avoir une tradition de haute politique ext\u00e9rieure et une conviction avanc\u00e9e et postmoderne des r\u00e9formes soci\u00e9tales, c&rsquo;est que justement s&rsquo;ajoutent deux aspects de la m\u00eame crise embrassant la Syrie et l&rsquo;UE, avec les autres acteurs concern\u00e9s (USA, Russie, etc.), un aspect de politique de s\u00e9curit\u00e9 de type traditionnel et un aspect de politique soci\u00e9tale de type postmoderne. Cette occurrence est donc particuli\u00e8rement importante pour la France, dont on a rappel\u00e9 la pr\u00e9tention de figurer avec force dans les deux registres. Le probl\u00e8me est que, selon les forces d&rsquo;influence habituelles et l&rsquo;affectivisme r\u00e9gnant, on peut ais\u00e9ment rencontrer des situations o&ugrave; l&rsquo;observation \u00ab\u00a0s&rsquo;ajoutent deux aspects de la m\u00eame crise\u00a0\u00bb peut ais\u00e9ment \u00eatre remplac\u00e9e par \u00ab\u00a0se t\u00e9lescopent deux aspects de la m\u00eame crise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D&rsquo;une part, le passage prudent, sinon prudentissime de la France \u00e0 une strat\u00e9gie anti-<em>Daesh<\/em> en Syrie d\u00e9barrass\u00e9e de l&rsquo;hypoth\u00e8que Assad (n\u00e9cessit\u00e9 conjointe d&rsquo;\u00eatre anti-Assad) suppose, d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre, sinon une coop\u00e9ration, du moins une \u00ab\u00a0cohabitation a\u00e9rienne\u00a0\u00bb avec le r\u00e9gime Assad, voire des accord tacites sinon techniques dans le contr\u00f4le de l&rsquo;espace a\u00e9rien, pour \u00e9viter des interf\u00e9rences dommageables. Dans ce cas, certains peuvent argumenter que les \u00ab\u00a0bruits\u00a0\u00bb sur la pr\u00e9sence renforc\u00e9e de la Russie, ou dans tous les cas sur la perspective d&rsquo;une pr\u00e9sence renforc\u00e9e sont fond\u00e9s selon l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il existe une n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9largir le plus possible la coalition \u00ab\u00a0anti-Daesh\u00a0\u00bb, et notamment avec la possibilit\u00e9 souvent \u00e9voqu\u00e9e ces derni\u00e8res semaines d&rsquo;une participation russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D&rsquo;autre part, on peut observer les effets \u00e0 la fois d&rsquo;influence et d&rsquo;affectivisme, aussi bien en Europe (et notamment en France) et aux USA, d&rsquo;abord vis-\u00e0-vis de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un renforcement russe en Syrie, d\u00e9crit quasiment sans aucun souci de l&rsquo;absurdit\u00e9 du propos, comme une \u00ab\u00a0agression\u00a0\u00bb en Syrie, quasiment contre une mythique opposition vertueuse et d\u00e9mocratique anti-Assad. La plupart des commentaires de cette sorte font en effet de l&rsquo;action des Russes une nouvelle \u00ab\u00a0aventure\u00a0\u00bb type-ukrainienne pour sauver l&rsquo;immonde Assad, \u00e0 l&rsquo;image des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/heroique-ukraine-36-invasions-russes-en-9-mois\">dizaines<\/a> d&rsquo;invasions russes pour sauver les non-moins immondes \u00ab\u00a0terroristes\u00a0\u00bb du Donbass qui sabotent le destin idyllique de l&rsquo;Ukraine d\u00e9mocratique. Tout cela est absurde puisqu&rsquo;effectivement on parle plus haut d&rsquo;une sorte de \u00ab\u00a0coexistence a\u00e9rienne\u00a0\u00bb avec Assad, mais l&rsquo;absurdit\u00e9 n&rsquo;a pas sa place dans le domaine de l&rsquo;affectivisme o&ugrave; la logique est remplac\u00e9e par l&rsquo;affect humanitariste, avec les influences qui vont avec, qui se passent r\u00e9solument du filtre de la logique et \u00ab\u00a0raisonnent comme on r\u00e9sonne\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire en r\u00e9percutant l&rsquo;\u00e9cho de ces vagues d&rsquo;\u00e9motions sans y exercer le moindre contr\u00f4le, &ndash; nous dirions pour le plaisir de la chose. Dans ce pan de la <em>vox populi<\/em> richement subventionn\u00e9e, les oracles ne comprennent rien et contredisent totalement une v\u00e9rit\u00e9 de situation, mais ils se fichent compl\u00e8tement de ces avatars accessoires comme la compr\u00e9hension et la contradiction puisque ressurgissent les descriptions hyst\u00e9riques des d\u00e9mons Poutine et Assad, &ndash; l\u00e0 aussi \u00ab\u00a0le plaisir de la chose\u00a0\u00bb. Par ailleurs, on ne peut pas dire que les incroyables sinuosit\u00e9s de l&rsquo;administration Obama, appelant \u00e0 l&rsquo;engagement russe le 1<sup>er<\/sup> septembre avec les USA sur l&rsquo;air d&rsquo;un \u00ab\u00a0il serait temps qu&rsquo;ils s&rsquo;engagent en Syrie contre <em>Daesh<\/em>\u00ab\u00a0, condamnant le 4 septembre cet \u00e9ventuel engagement comme une \u00ab\u00a0d\u00e9stabilisation\u00a0\u00bb mena\u00e7ant de conduire \u00e0 une confrontation USA-Russie, soient d&rsquo;une tr\u00e8s grande aide pour stopper cette mar\u00e9e diluvienne d&rsquo;affectivisme agressif.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le probl\u00e8me est \u00e9videmment de savoir ce qu&rsquo;il va ressortir de cette \u00ab\u00a0confrontation\u00a0\u00bb dans le flux du syst\u00e8me de la communication en France, par rapport \u00e0 l&rsquo;inflexion qui serait donc perceptible de la politique fran\u00e7aise. L&rsquo;abandon \u00e9ventuel du \u00ab\u00a0fabiusisme\u00a0\u00bb (avec ou sans le d\u00e9part de Fabius), c&rsquo;est-\u00e0-dire le politique \u00e9trang\u00e8re (syrienne) fran\u00e7aise \u00e9lev\u00e9e au rang grandiose de l&rsquo;anath\u00e8me anti-Assad, entre en conflit direct avec les exigences de l&rsquo;affectivisme dans cette p\u00e9riode de grande tension psychologique, et cela constituera une tr\u00e8s forte pression soci\u00e9tale sur un ex\u00e9cutif dont on conna&icirc;t la faiblesse et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 psychologiques \u00e0 cet \u00e9gard. Ce point est d&rsquo;autant plus \u00e0 souligner que la \u00ab\u00a0feuille de route\u00a0\u00bb de la <em>narrative<\/em> affectiviste, d\u00e9j\u00e0 dite par un BHL et d&rsquo;autres, et aussi par divers centres d&rsquo;influence (voir l&rsquo;analyse stup\u00e9fiante d&rsquo;outrance narrrativiste de <em>DEBKAFiles<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.debka.com\/article\/24871\/Four-parties-caused-Syria%E2%80%99s-genocidal-calamity-Should-Israel-get-involved-\">6 septembre 2015<\/a>) est de faire porter toute la charge de la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;actuel flux de migration vers l&rsquo;Europe sur le seul Assad. (Dans ce cas, plus la <em>narrative<\/em> est \u00e0 la fois grosse et grossi\u00e8re, plus elle est convaincante et a du charme pour l&rsquo;affectivisme courant.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, une pression g\u00e9n\u00e9rale est en train de s&rsquo;exercer de la part d&rsquo;autres pays europ\u00e9ens pour faire entrer Assad dans le jeu et ne plus consid\u00e9rer son d\u00e9part du pouvoir comme une condition <em>sine qua non<\/em> de toute possibilit\u00e9 d&rsquo;arrangement (\u00e9chos dans ce sens venus du <a href=\"http:\/\/www.reuters.com\/article\/2015\/09\/09\/uk-mideast-crisis-syria-hammond-idUKKCN0R91SF20150909\">Royaume-Unis<\/a> et des ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res <a href=\"http:\/\/sputniknews.com\/politics\/20150910\/1026809646\/russia-syria-war-assad-isis.html\">autrichien et espagnol<\/a>). L\u00e0 aussi, la pression de la situation du flux des r\u00e9fugi\u00e9s, et son lien \u00e9vident avec <em>Daesh<\/em> est devenue extr\u00eamement forte. Consid\u00e9rant toutes ces circonstances, on est \u00e9videmment conduit \u00e0 accepter l&rsquo;id\u00e9e que la politique syrienne de la France d\u00e9velopp\u00e9e jusqu&rsquo;ici pourrait \u00eatre tr\u00e8s rapidement consid\u00e9r\u00e9e comme obsol\u00e8te et devrait \u00e9videmment \u00eatre adapt\u00e9e aux circonstances qui changent tr\u00e8s vite actuellement. L&rsquo;op\u00e9ration serait int\u00e9ressante \u00e0 suivre, et l&rsquo;interview de Fabrice Balanche permet de mieux en comprendre les caract\u00e8res principaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La politique  syrienne de la France: h\u00e9sitation, revirement et  cosm\u00e9tique<\/h2>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Comment comprendre le changement de strat\u00e9gie de la France en Syrie qui a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 par Fran\u00e7ois Hollande?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Fabrice Balanche<\/strong> : &laquo;<em>La France ne pouvait plus continuer \u00e0 tenir sa diplomatie sur le \u00ab\u00a0ni Daesh, ni Assad\u00a0\u00bb. Elle se devait de trouver une solution r\u00e9aliste. Le pays est membre permanent du Conseil de s\u00e9curit\u00e9, le Syrie est un ancien protectorat fran\u00e7ais, Paris se sent donc des responsabilit\u00e9s dans la r\u00e9gion.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;De plus, on subit des attentats \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition sur le sol fran\u00e7ais dans lesquels beaucoup de jeunes Fran\u00e7ais sont impliqu\u00e9s. Selon les renseignements, pr\u00e8s de 2000 nationaux sont engag\u00e9s aux c\u00f4t\u00e9s des djihadistes. Ce sont des bombes \u00e0 retardement quand ils reviendront en France. Les services fran\u00e7ais sont aujourd&rsquo;hui d\u00e9bord\u00e9s, ils n&rsquo;arrivent plus \u00e0 faire face. Certes, ils pr\u00e9viennent des attentats mais il y a trop de monde \u00e0 surveiller. Forc\u00e9ment, quelqu&rsquo;un finira par passer entre les mailles du filet comme on l&rsquo;a vu pour le Thalys.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;Enfin, il y a cette masse de r\u00e9fugi\u00e9s qui arrive. 300 000 personnes ont quitt\u00e9 le sud de la M\u00e9diterran\u00e9e depuis le 1er janvier. On aura 500 000 demandeurs d&rsquo;asile en Europe pour l&rsquo;ann\u00e9e 2015. Hollande dit que l&rsquo;Europe doit int\u00e9grer 120 000 r\u00e9fugi\u00e9s sur deux ans mais le compte n&rsquo;y est pas. En fait, il faut compter sur 1 million au minimum. Que va-t-on faire des 880 000 autres ? On a l&rsquo;impression qu&rsquo;il a minimis\u00e9 le ph\u00e9nom\u00e8ne pour ne pas affoler les Fran\u00e7ais. C&rsquo;est une vague migratoire sans pr\u00e9c\u00e9dent qui va s&rsquo;abattre. Il faut comprendre que sur 23 millions de Syriens, la moiti\u00e9 a perdu sa maison : 5 millions de r\u00e9fugi\u00e9s et 8 millions de d\u00e9plac\u00e9s internes en Syrie et qui sont des candidats \u00e0 l&rsquo;immigration. Evidemment, il faut traiter le probl\u00e8me \u00e0 la source et le principal probl\u00e8me est Daesh.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>La r\u00e9ponse de Fran\u00e7ois Hollande est-elle \u00e0 la mesure de ces enjeux?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Fabrice Balanche<\/em><\/strong> : &laquo;<em>J&rsquo;en doute fortement. Ce sont plut\u00f4t des mesurettes qu&rsquo;un v\u00e9ritable changement politique. La France a \u00e9t\u00e9 dans le discours tr\u00e8s anti-Assad: \u00ab\u00a0Assad doit partir, Assad est un boucher, si Assad franchit la ligne rouge, la r\u00e9ponse sera foudroyante\u00a0\u00bb selon les mots m\u00eame de Laurent Fabius en mai 2013 et rien ne s&rsquo;est pass\u00e9 au final. Cette rh\u00e9torique a brouill\u00e9 les enjeux, a coup\u00e9 toute possibilit\u00e9 de relation avec le gouvernement syrien. Aujourd&rsquo;hui, il est difficile \u00e0 la France de faire volte-face. Mais il serait justement r\u00e9aliste de le faire. Mais la France ne veut pas d\u00e9juger compl\u00e8tement, elle ne peut s&rsquo;y r\u00e9soudre. La France de Hollande n&rsquo;a pas une politique \u00e9trang\u00e8re digne de ce nom et digne de sa place au Conseil de s\u00e9curit\u00e9.<\/em>&raquo;   <\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Donc la doctrine du \u00ab\u00a0Ni-Ni\u00a0\u00bb (Ni Assad, Ni Daesh) aura limit\u00e9, voire enferm\u00e9 la diplomatie fran\u00e7aise?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Fabrice Balanche<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Pour \u00eatre honn\u00eate, je ne pense pas que la France ait d\u00e9sormais au Moyen-Orient un r\u00f4le tr\u00e8s important. Les acteurs majeurs y sont les Etats-Unis et la Russie, l&rsquo;Iran et l&rsquo;Arabie saoudite. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pourquoi la politique fran\u00e7aise \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Syrie est plus destin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;opinion publique. Mais elle est aussi destin\u00e9e \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer quelques contrats aupr\u00e8s de ses amis saoudiens et qataris en retardant par exemple l&rsquo;issue des n\u00e9gociations sur le nucl\u00e9aire iranien ou en se faisant le porte-parole de l&rsquo;Arabie saoudite ou du Qatar sur le dossier syrien aupr\u00e8s du Conseil de s\u00e9curit\u00e9, histoire de r\u00e9cup\u00e9rer pour Alstom le m\u00e9tro de Riyad et de vendre quelques rafales aux Qataris. Malheureusement, la France de Hollande ne va pas au-del\u00e0 et n&rsquo;a pas une politique \u00e9trang\u00e8re digne de ce nom et digne de sa place au Conseil de s\u00e9curit\u00e9.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;Ce droit-de-l&rsquo;hommisme cache mal des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques importants. Cela va concerner la Syrie mais ne va surtout pas concerner l&rsquo;Arabie saoudite.&raquo; <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>C&rsquo;est tr\u00e8s cynique comme politique pour un pays qui parle souvent des droits de l&rsquo;Homme&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Fabrice Balanche<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Mais les &Eacute;tats n&rsquo;ont pas d&rsquo;amis, que des int\u00e9r\u00eats. Mais ce qui brouille un peu tout cela est cette id\u00e9ologie \u00ab\u00a0droit-de-l&rsquo;hommiste\u00a0\u00bb comme dit Hubert V\u00e9drine, qui est tr\u00e8s en vogue dans l&rsquo;opinion fran\u00e7aise et au Quai d&rsquo;Orsay. On fait de la promotion des droits de l&rsquo;homme le fer de lance officiel de notre politique \u00e9trang\u00e8re, mais elle est tr\u00e8s cibl\u00e9e: cela va concerner la Syrie mais ne va surtout pas concerner l&rsquo;Arabie saoudite. Ce droit-de-l&rsquo;hommisme cache mal des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques importants. Dans l&rsquo;affaire syrienne, si l&rsquo;Iran avait \u00e9t\u00e9 un meilleur client, on n&rsquo;aurait pas eu la m\u00eame position sur la Syrie. Maintenant que les sanctions commencent \u00e0 \u00eatre lev\u00e9es sur l&rsquo;Iran, que les chefs d&rsquo;entreprises fran\u00e7ais se pr\u00e9cipitent \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, que l&rsquo;Arabie saoudite du fait de la baisse du p\u00e9trole ach\u00e8te moins, on commence \u00e0 r\u00e9ajuster notre politique \u00e9trang\u00e8re vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Iran pour b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;ouverture de son march\u00e9. Cela nous oblige aussi \u00e0 \u00e9voluer sur la Syrie. Quand Fabius s&rsquo;est rendu en Iran, il a \u00e9t\u00e9 fra&icirc;chement re\u00e7u : on lui a fait comprendre que si la France voulait b\u00e9n\u00e9ficier de quelques contrats, elle devait changer de position vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Iran et de ses alli\u00e9s dans la r\u00e9gion.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Ce qui explique pourquoi Fran\u00e7ois Hollande a fait plusieurs fois allusion \u00e0 l&rsquo;Iran comme partenaire pour une solution en Syrie?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Fabrice Balanche<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Exactement. Plus encore, on sent bien qu&rsquo;entre Hollande et Fabius, il commence \u00e0 y avoir une divergence. Fabius est incontournable politiquement d&rsquo;o&ugrave; la grande libert\u00e9 que lui laisse le pr\u00e9sident sur la diplomatie. On a presque l&rsquo;impression qu&rsquo;on est en cohabitation et que le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res g\u00e8re la diplomatie sans en r\u00e9f\u00e9rer. C&rsquo;est assez incroyable. M\u00eame les d\u00e9put\u00e9s s&rsquo;en plaignent. Je suis intervenu plusieurs fois en audition au Parlement sur l&rsquo;affaire syrienne expliquant mes positions, beaucoup de d\u00e9put\u00e9s et s\u00e9nateurs, de gauche et de droite, se d\u00e9marquaient nettement de la politique \u00e9trang\u00e8re suivie par Fabius.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;M\u00eame le Minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur estime que cette politique envoie la France dans le mur: les services de renseignement int\u00e9rieur ont grogn\u00e9 en disant que la politique men\u00e9e par la France, laquelle soutient certains \u00e9l\u00e9ments sur le terrain ou la Turquie, entra&icirc;ne un retour de boomerang en France avec le terrorisme. Aujourd&rsquo;hui, il y a un r\u00e9\u00e9quilibrage de cette politique, comme si Fran\u00e7ois Hollande la reprenait en main. Beaucoup esp\u00e8rent m\u00eame que Laurent Fabius partira apr\u00e8s les R\u00e9gionales, et qu&rsquo;on lui trouvera une place \u00e0 l&rsquo;ONU ou au Conseil constitutionnel. Car si on veut vraiment changer de politique au Moyen-Orient, il faudra sacrifier Fabius car il est all\u00e9 vraiment trop loin.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;Laurent Fabius a \u00e9t\u00e9 le fer de lance de cette politique tr\u00e8s anti-Assad, s&rsquo;alignant sur les Qataris, Turcs et Saoudiens.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Notamment par rapport \u00e0 sa position inflexible vis-\u00e0-vis de Bachar al-Assad ? On a eu l&rsquo;impression que Fran\u00e7ois Hollande infl\u00e9chissait cette position et qu&rsquo;il ne faisait plus du d\u00e9part d&rsquo;Assad un pr\u00e9alable.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Fabrice Balanche<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Les &Eacute;tats-Unis, d\u00e8s 2013, quand ils ont vu qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas possible de bombarder Damas, que les djihadistes montaient en puissance, que les alli\u00e9s russes et iraniens de Bachar al-Assad ne le laisseraient pas tomber, ont compris qu&rsquo;il fallait \u00eatre pragmatique. Il ne fallait plus faire du d\u00e9part d&rsquo;Assad un pr\u00e9alable si on voulait un r\u00e8glement du conflit. Les Saoudiens et les Turcs ont \u00e9t\u00e9 furieux de ce changement de position am\u00e9ricain et la France a rejoint la position turco-saoudienne. Ce qui nous a permis d&rsquo;avoir pas mal de contrats \u00e0 Riyad. Fabius a \u00e9t\u00e9 le fer de lance de cette politique tr\u00e8s anti-Assad, s&rsquo;alignant sur les Qataris, Turcs et Saoudiens.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;Mais aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est plus tenable. Les Saoudiens eux-m\u00eames, apr\u00e8s le deal sur le nucl\u00e9aire iranien, ont fait contre mauvaise fortune bon c&oelig;ur. Surtout qu&rsquo;ils sont t\u00e9tanis\u00e9s par la guerre men\u00e9e au Y\u00e9men et que la Syrie leur semble maintenant secondaire. La politique d&rsquo;Erdogan joue aussi avec le feu. Hollande a fini par comprendre que la politique de Fabius m\u00e8ne \u00e0 une catastrophe, d&rsquo;autant que plusieurs voix au PS commencent \u00e0 le dire \u00e0 voix haute.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>En ce qui concerne l&rsquo;Irak, c&rsquo;est le pr\u00e9sident irakien qui avait fait appel \u00e0 la coalition internationale. Mais quelle sera la base juridique de l&rsquo;intervention a\u00e9rienne fran\u00e7aise en Syrie?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Fabrice Balanche<\/em><\/strong> : &laquo;<em>On en trouve toujours une. Dans ce cas, ce sera la l\u00e9gitime d\u00e9fense. Il est \u00e9tabli que c&rsquo;est Daesh qui a commenc\u00e9 ses attentats en France, m\u00eame si \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque on faisait tr\u00e8s attention \u00e0 ne pas reconna&icirc;tre officiellement que les djihadistes venaient de Syrie, \u00e0 ne pas m\u00e9langer les deux dossiers pour ne pas que la population fran\u00e7aise incrimine la politique \u00e9trang\u00e8re de Fabius. Aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;on a besoin d&rsquo;une justification pour aller bombarder Daesh en Syrie, on dit publiquement que c&rsquo;est cette organisation qui a commandit\u00e9 ces attentats. Hollande s&rsquo;est appuy\u00e9 dans son discours sur la Charte des Nations unies et l&rsquo;article sur la l\u00e9gitime d\u00e9fense<\/em>.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Ces frappes a\u00e9riennes seront-elles efficaces, avec le recul que donnent les frappes en Irak?<\/em>&raquo; <\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Fabrice Balanche<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Si on veut qu&rsquo;elles soient efficaces, il faut que ce soit en coordination avec les troupes qui se battent sur le terrain. Mais les troupes kurdes en ce moment sont frapp\u00e9es par la Turquie en Irak. Or le soutien logistique des troupes kurdes en Syrie vient d&rsquo;Irak. Les Kurdes veulent constituer un territoire homog\u00e8ne au nord de la Syrie, le long de la fronti\u00e8re turque. De cela, la Turquie ne veut absolument pas en entendre parler. Le pays s&rsquo;oppose \u00e0 toute forme de soutien militaire aux Kurdes qui leur permettrait d&rsquo;avancer.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;Donc sur qui s&rsquo;appuyer apr\u00e8s les frappes a\u00e9riennes? La brigade entra&icirc;n\u00e9e par les Am\u00e9ricains a \u00e9t\u00e9 un \u00e9chec total. S&rsquo;appuyer sur Al-Nosra, donc Al-Qa\u00efda contre Daesh? Non, ce n&rsquo;est pas possible. Il reste qui? L&rsquo;arm\u00e9e syrienne de Bachar al-Assad? On n&rsquo;en est pas encore l\u00e0. Donc on va d&rsquo;abord faire des op\u00e9rations de reconnaissance, puis balancer au hasard quelques missiles, prot\u00e9ger quelques zones assyriennes, quelques Chr\u00e9tiens, ce sera de l&rsquo;ordre du symbolique.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;Frapper Daesh est tr\u00e8s compliqu\u00e9. le groupe a compris les principes de la contre-insurrection. Ils sont au milieu des populations civiles. En Syrie, j&rsquo;ai pu interviewer des gens de Raqqa: si Daesh est dans un immeuble, le reste est habit\u00e9 par de simples civils. Si un avion fran\u00e7ais lance un missile sur l&rsquo;immeuble, il tuera ces combattants mais aussi des civils. Ce sera alors le scandale. Toute cette annonce est au final du cosm\u00e9tique, comme tout ce que fait Fran\u00e7ois Hollande.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>RT France<\/em><\/strong> : &laquo;<em>Vous vous \u00eates rendu plusieurs fois en Syrie. On entend des choses tr\u00e8s contradictoires. Quel est le sentiment de la population vis-\u00e0-vis du pr\u00e9sident syrien?<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Fabrice Balanche<\/em><\/strong> : &laquo;<em>J&rsquo;\u00e9tais dans la zone gouvernementale. Le sentiment par rapport \u00e0 ce pr\u00e9sident est qu&rsquo;il n&rsquo;est pas pire que les autres. Les Syriens sont assez blas\u00e9s. Apr\u00e8s 5 ans de guerre, ils aspirent \u00e0 la paix et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9. Ils estiment qu&rsquo;au moins avec lui, ils avaient cela. Mais ils aimeraient bien qu&rsquo;Assad fasse le m\u00e9nage dans son entourage, notamment sur des questions de corruption et d&rsquo;affairisme. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 des Chr\u00e9tiens, des Alaouites qui ne sont pas fondamentalement anti-Assad. M\u00eame les hommes d&rsquo;affaires sunnites disent qu&rsquo;ils avaient la paix sociale et pouvaient faire des affaires.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;Quant \u00e0 son d\u00e9part, les Syriens ne voient pas qui pourrait le remplacer. Il n&rsquo;y a pas pour eux de remplacement possible. Assad assure la coh\u00e9rence du syst\u00e8me, l&rsquo;unit\u00e9. S&rsquo;il tombe, il y aura une guerre de clans qui sera pire selon eux. Par d\u00e9faut, par lassitude, ils ne voient personne d&rsquo;autre que lui. L&rsquo;opposition politique syrienne n&rsquo;a pas de leader et c&rsquo;est l\u00e0 un probl\u00e8me. Or un leader est n\u00e9cessaire pour faire l&rsquo;unit\u00e9.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo;Il faut aussi que cette opposition ait une branche militaire. Or il y a deux oppositions: une politique, tr\u00e8s divis\u00e9e, sans leader d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9; de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, il y a une opposition militaire, tout autant divis\u00e9e, avec pour leader Al-Bagdadi (Daesh) et  Al-Joulani (Al-Qa\u00efda-Al-Nosra). Il faut donc une base sociale, politique et militaire. Il n&rsquo;y a donc pas d&rsquo;alternative \u00e0 al-Assad aujourd&rsquo;hui.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Fabrice Balanche, interview de RT-France<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>France-Syrie : une politique-poire devenue blette Ci-dessous, on peut lire une longue interview de Fabrice Balanche publi\u00e9e par RT-France le 8 septembre 2015. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un tableau d\u00e9taill\u00e9, actualis\u00e9 jusqu&rsquo;aux hypoth\u00e8ses les plus r\u00e9centes (d\u00e9part possible de Fabius) d&rsquo;une politique syrienne de la France qualifi\u00e9e par l&rsquo;interview\u00e9 lui-m\u00eame, &mdash; &laquo;&#8230; au final du cosm\u00e9tique, comme&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[12672,4202,16929,11462,5604,16928,3203,2730,3867],"class_list":["post-76099","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-affectivisme","tag-assad","tag-balanche","tag-debkafiles","tag-fabius","tag-fabrice","tag-hollande","tag-russie","tag-syrie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76099","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76099"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76099\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76099"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76099"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76099"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}