{"id":76107,"date":"2015-09-14T16:15:00","date_gmt":"2015-09-14T16:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/09\/14\/situation-syrienne-et-strategie-israelienne\/"},"modified":"2015-09-14T16:15:00","modified_gmt":"2015-09-14T16:15:00","slug":"situation-syrienne-et-strategie-israelienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/09\/14\/situation-syrienne-et-strategie-israelienne\/","title":{"rendered":"Situation syrienne et strat\u00e9gie isra\u00e9lienne"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Situation syrienne et strat\u00e9gie isra\u00e9lienne<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s une bonne d\u00e9cade de d\u00e9sordre et d&rsquo;hyst\u00e9rie de la communication \u00e0 propos d&rsquo;un renforcement militaire cons\u00e9quent de la Russie en Syrie (la <em>narrative<\/em> \u00ab\u00a0invasion russe de la Syrie\u00a0\u00bb), il est difficile de fixer la v\u00e9rit\u00e9 de la situation en Syrie. Pourtant, certaines constantes fondamentales se sont confirm\u00e9es ou se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es, qui vont continuer \u00e0 dominer l&rsquo;\u00e9volution de la situation, \u00e9ventuellement en lui donnant une orientation nouvelle. En effet, l&rsquo;\u00e9pisode, loin de d\u00e9courager les Russes ou de les emp\u00eacher d&rsquo;envisager un renforcement, semblerait conduire \u00e0 les <strong>encourager justement<\/strong> \u00e0 r\u00e9aliser un tel renforcement. Or, il existe un point essentiel \u00e0 consid\u00e9rer dans ce cas, qui est la position d&rsquo;Isra\u00ebl, et sa strat\u00e9gie dans ces \u00e9ventuelles nouvelles conditions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le premier point \u00e0 relever est que cette d\u00e9cade, &ndash; hyst\u00e9rique \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;\u00eatre historique, &ndash; a confirm\u00e9 la quasi-impossibilit\u00e9 o&ugrave; se trouve le pouvoir US de se d\u00e9gager de la gangue d&rsquo;extr\u00e9misme irresponsable qui le tient compl\u00e8tement prisonnier. Tout le monde, plus ou moins, s&rsquo;aligne sur la ligne \u00ab\u00a0Assad d&rsquo;abord\u00a0\u00bb (d&rsquo;abord \u00e9liminer Assad),\u00e9cart\u00e9e un moment et \u00e0 nouveau proclam\u00e9e comme un dogme intangible malgr\u00e9 la d\u00e9monstration mille fois faite et refaite de son absurdit\u00e9. Cela revient bien entendu \u00e0 interdire absolument toute entente avec les Russes, ce qui est en un sens martialement affirm\u00e9 l&rsquo;autre but recherch\u00e9 par les plus hyst\u00e9riques des extr\u00e9mistes alors que les autres ajoutent <em>in petto<\/em> que \u00ab\u00a0tout de m\u00eame, il faudrait travailler avec les Russes\u00a0\u00bb&#8230;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans un nouvel article sur son site <em>ConsortiumNews<\/em>, le 13 septembre 2015, Robert Parry aborde une fois de plus le probl\u00e8me de la Syrie-\u00e0-Washington, cette fois <a href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2015\/09\/13\/whos-to-blame-for-syria-mess-putin\/\">essentiellement<\/a> \u00e0 notre sens du point de vue de ce qu&rsquo;il nomme \u00ab\u00a0group think\u00a0\u00bb. L&rsquo;id\u00e9e est la marque centrale de tout son texte, tandis que l&rsquo;expression revient \u00e0 plusieurs reprises : &laquo; <em>Official Washington&rsquo;s new \u00ab\u00a0group think\u00a0\u00bb is to blame Russia&rsquo;s President Putin for the Syrian crisis, although it was the neocons and President George W. Bush who started the current Mideast mess by invading Iraq, the Saudis who funded Al Qaeda, and the Israelis who plotted \u00ab\u00a0regime change\u00a0\u00bb<\/em>&#8230; [&#8230;] <em>Official Washington&rsquo;s \u00ab\u00a0group think\u00a0\u00bb still holds that Syrian President Bashar al-Assad \u00ab\u00a0must go,\u00a0\u00bb that U.S. diplomats should simply deliver a \u00ab\u00a0regime change\u00a0\u00bb ultimatum not engage in serious compromise, and that the U.S. government must obstruct assistance from Russia and Iran even if doing so risks collapsing Assad&rsquo;s secular regime and opening the door to an Al Qaeda\/Islamic State victory.<\/em> [&#8230;] <em>The<\/em> [New York] <em>Times then reprises the \u00ab\u00a0group think\u00a0\u00bb blaming the Syrian crisis on Putin. \u00ab\u00a0Russia has long been a major enabler of Mr. Assad, protecting him from criticism and sanctions at the United Nations Security Council and providing weapons for his army,\u00a0\u00bb the Times asserts. \u00ab\u00a0But the latest assistance may be expanding Russian involvement in the conflict to a new and more dangerous level.\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>L&rsquo;expression <em>group think <\/em>(<em>groupthink<\/em>) ou <em>groupthinking<\/em> existe depuis un certain temps. Nous d\u00e9veloppions <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-virtualisme-analyse-et-active\">notre appr\u00e9ciation<\/a> du concept en septembre 2003, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une d\u00e9position au Congr\u00e8s d&rsquo;un ancien dirigeant du Pentagone, John Hamre, qui citait lui-m\u00eame cette capture de la pens\u00e9e par une sorte de pens\u00e9e-bureaucratique. Nous l&rsquo;identifiions alors au virtualisme, le <em>groupthink<\/em> \u00e9tant producteur de virtualisme. Aujourd&rsquo;hui, notre point de vue s&rsquo;est tr\u00e8s largement modifi\u00e9 et nous consid\u00e9rons le <em>groupthink<\/em> non pas comme une cause mais comme une des nombreuses formes de production, &ndash; avec l&rsquo;affectivisme, les <em>narrative<\/em>, etc., &ndash; du processus constant et <strong>qu&rsquo;on dirait vivant<\/strong> de la construction d&rsquo;un monde-simulacre au c&oelig;ur m\u00eame du Syst\u00e8me. Il ne s&rsquo;agit nullement d&rsquo;une production qu&rsquo;il faut r\u00e9duire \u00e0 un processus d&rsquo;automatisme selon des conceptions et des int\u00e9r\u00eats qu&rsquo;il serait tr\u00e8s difficile d&rsquo;agglom\u00e9rer en une seule source \u00e0 cause de leur diversit\u00e9. Il s&rsquo;agit bel et bien d&rsquo;une influence g\u00e9n\u00e9rale de d\u00e9structuration et de dissolution, produite par des forces extra-humaines, et que chaque domaine qui se trouve plac\u00e9 sous le contr\u00f4le du Syst\u00e8me traduit par une politique, par une id\u00e9ologie, par une vision bureaucratique (le <em>groupthinking <\/em>pour le cas de John Hamre), etc., la plus ad\u00e9quate pour aller dans le sens de la d\u00e9structuration\/de la dissolution.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Dans ce cadre de contraintes, et l&rsquo;affaire syrienne devant \u00eatre conduite dans ce sens de la d\u00e9structuration et de la dissolution, il est \u00e9vident que la th\u00e8se du <em>regime change<\/em>, de l&rsquo;antirussisme, de l'\u00a0\u00bbanti-assadisme\u00a0\u00bb, reste absolument pr\u00e9dominante et que rien ne l&rsquo;\u00e9cartera jusqu&rsquo;\u00e0 des \u00e9v\u00e8nements d\u00e9cisifs qui briseraient le cadre impos\u00e9 par le Syst\u00e8me. Ce n&rsquo;est certainement pas d&rsquo;Obama qu&rsquo;il faut attendre quoi que ce soit, et \u00e0 cet \u00e9gard Parry <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-syrie-selon-robert-parry\">confirme<\/a> ce qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit en approfondissant son propos ; c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il laisse \u00e0 penser qu&rsquo;en fait rien ne changera la sinuosit\u00e9 du comportement d&rsquo;Obama, cela qui emp\u00eache toute politique solide, notamment de coop\u00e9ration avec la Russie, et laisse la voie libre au <em>groupthink<\/em>\/aux influences d\u00e9structurantes qu&rsquo;on a identifi\u00e9es :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Obama blamed Putin for not joining in imposing the U.S.-desired \u00ab\u00a0regime change\u00a0\u00bb on Syria. But Obama&rsquo;s \u00ab\u00a0Assad must go!\u00a0\u00bb prescription carries its own risks as should be obvious from the U.S. experiences in Afghanistan, Iraq, Libya and Ukraine. Ousting some designated \u00ab\u00a0bad guy\u00a0\u00bb doesn&rsquo;t necessarily lead to some \u00ab\u00a0good guy\u00a0\u00bb taking over.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>President Obama may feel that his negotiations with Iran to constrain its nuclear program &ndash; when Israeli leaders and American neocons favored a bomb-bomb-bombing campaign &ndash; have put him in a political bind where he must placate Israel and Saudi Arabia, including support for Israeli-Saudi desired \u00ab\u00a0regime change\u00a0\u00bb in Syria and tolerance of the Saudi-led invasion of Yemen<\/em>&#8230; [&#8230;] <em>Privately, I&rsquo;m told, Obama agreed to &mdash; and may have even encouraged &mdash; Putin&rsquo;s increased support for the Assad regime, realizing it&rsquo;s the only real hope of averting a Sunni-extremist victory. But publicly Obama senses that he can&rsquo;t endorse this rational move. Thus, Obama, who has become practiced at speaking out of multiple sides of his mouth, joined in bashing Russia &ndash; sharing that stage with the usual suspects, including The New York Times&rsquo; editorial page<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En fonction de cet immobilisme-Syst\u00e8me extr\u00e9miste et d\u00e9structurant confirm\u00e9 \u00e0 Washington et d&rsquo;autre part de ce point de vue signal\u00e9 plus haut (\u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9pisode, loin de d\u00e9courager les Russes ou de les emp\u00eacher d&rsquo;envisager un renforcement, semblerait conduire \u00e0 les <strong>encourager justement<\/strong> \u00e0 r\u00e9aliser un tel renforcement\u00a0\u00bb), les diff\u00e9rentes interventions du site <em>DEBKAFiles<\/em> sont int\u00e9ressantes \u00e0 suivre pour aborder la question centrale que nous avons soulev\u00e9e qui est l&rsquo;effet de la situation syrienne sur la strat\u00e9gie isra\u00e9lienne. L&rsquo;important est de d\u00e9terminer lesquelles de ces interventions se rapprochent le plus de la pens\u00e9e strat\u00e9gique isra\u00e9lienne. Dans cette affaire, <em>DEBKAFiles<\/em> a constamment d\u00e9velopp\u00e9 deux approches \u00e0 partir de son affirmation qu&rsquo;il y a d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 un renforcement militaire russe en Syrie, et que, dans tous les cas, ce renforcement est un point acquis. L&rsquo;une est de condamner l&rsquo;action de la Russie, souvent dans des termes tr\u00e8s extr\u00eames, mais en mettant conjointement une condamnation encore plus forte des USA pour n&rsquo;avoir pas su bloquer l&rsquo;\u00e9volution de la Russie. La seconde est de prendre acte de cette action de la Russie, de la tenir pour acquise, et d&rsquo;en tirer les cons\u00e9quences pour la strat\u00e9gie isra\u00e9lienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans une longue analyse du 13 septembre 2015 qui semble porter essentiellement sur le projet isra\u00e9lien d&rsquo;exploitation gazier et p\u00e9trolier en mer, dit <em>Leviathan<\/em>, mais concerne en fait <a href=\"http:\/\/www.debka.com\/article\/24885\/Putin%E2%80%99s-offer-to-shield-develop-Israel%E2%80%99s-gas-fields-predated-Russia%E2%80%99s-military-buildup-in-Syria\">la situation strat\u00e9gique la plus fondamentale<\/a>, <em>DEBKAFile<\/em> \u00e9voque une offre secr\u00e8te de \u00ab\u00a0protection\u00a0\u00bb qu&rsquo;aurait faite (il y a quelques semaines) Poutine \u00e0 Netanyahou. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une participation financi\u00e8re russe \u00e0 l&rsquo;entreprise et l&rsquo;argument que, par ce fait, <em>Leviathan<\/em>, qui se trouve \u00e0 la limite des eaux territoriales du Liban, serait prot\u00e9g\u00e9 d&rsquo;attaques et de sabotages palestiniens, syriens et du Hezbollah (puisque les Russes y seraient impliqu\u00e9s). Netanyahou n&rsquo;aurait pas r\u00e9pondu jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant, consid\u00e9rant les complications extr\u00eames qu&rsquo;un tel montage attirerait du c\u00f4t\u00e9 des USA et du bloc BAO. Mais, d\u00e9sormais, \u00ab\u00a0la situation a une toute autre allure&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230; <em>But now the situation has assumed a different face. Russian forces are streaming to Latakia, and Moscow has declared the area from Tartous, Syria up to Cyprus closed to shipping and air traffic from Sept. 15 to Oct. 7 in view of a \u00ab\u00a0military exercise including test firings of guided missiles\u00a0\u00bb from Russian warships&#8230;<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; [&#8230;W]<em>hen the fresh influx of Russian troops and hardware to Syria became known (first revealed by DEBKAfile on Sept.1), Netanyahu began to appreciate that, not only had Israel&rsquo;s military and strategic situation with regard to Syria and the eastern Mediterranean been stood on its head, so too had foreign investment prospects for development projects in Israeli gas. <\/em><strong><em>Israel&rsquo;s strategic landscape had in fact changed radically<\/em><\/strong><em> in four respects:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>1.  Its government can no longer accept as a working hypothesis (which never, incidentally, held up) the short term expectancy of the Assad regime. The injection of Russian military might, combined with the Iranian Revolutionary Guards forces, have given Assad a substantial lease of life. The Israel Defense Forces must therefore revamp its posture on the Syrian front, and reassess its sponsorship of the select rebel groups which are holding the line in southern Syria against hostile Iranian or Hizballah cross-border attacks on northern Israel. The changing attitude was suggested in views heard in the last couple of days from top Israeli security officials, <strong>who now say that leaving Assad in office might be the better option, after all<\/strong>&#8230; <\/em>[&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo; &#8230; 4. Three aspects of the new situation stand out prominently: a) <strong>The Russian air force and navy are the strongest foreign military force in the eastern Mediterranean. The US deplloys nothing comparable<\/strong>. b) Israel&rsquo;s military strength is substantial but no one is looking for a military clash with the Russians, although this did occur four decades ago, when Israel was fighting for its life against Russian-backed Arab invasions. c) In view of the prevalence of the Russian military presence in the eastern Mediterranean, it is hard to see any foreign investor coming forward to sink billions of dollars in Israeli gas. d) Although Russia called Saturday, Sept. 12, for \u00ab\u00a0military-to-military cooperation with the United States\u00a0\u00bb to avert \u00ab\u00a0unintended incidents\u00a0\u00bb amid its naval \u00ab\u00a0exercises\u00a0\u00bb off the coast of Syria, the tone of the call was cynical. It is more than likely that Moscow may revert to the original Putin offer of a Russian defense shield for Israeli gas fields. But with such strong Russian cards in place in Syria, he may well stiffen his terms for this deal.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces affirmations de <em>DEBKAFile<\/em> sur la situation strat\u00e9gique en M\u00e9diterran\u00e9e orientale sont-elles justifi\u00e9es ? C&rsquo;est une question qui est rarement \u00e9voqu\u00e9e dans sa globalit\u00e9 mais c&rsquo;est une r\u00e9alit\u00e9 globale qui pourrait \u00e9merger de l&rsquo;\u00e9volution actuelle, si la tendance d\u00e9crite par <em>DEBKAFile<\/em> se confirme. L&rsquo;affaiblissement des forces US n&rsquo;est pas seulement une question de d\u00e9sordre politique \u00e0 Washington ou d&rsquo;affrontement de tendances, c&rsquo;est aussi une question de tendance des forces dans le climat d\u00e9l\u00e9t\u00e8re, politique et budg\u00e9taire. (Prenez le <a href=\"http:\/\/southfront.org\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/maritime_2_11.09.jpg\">d\u00e9ploiement<\/a> des grands porte-avions d&rsquo;attaque, la principale force d&rsquo;attaque de l&rsquo;US Navy, \u00e0 la date du 11 septembre 2015 : cinq sont \u00e0 quai ou en radoub pour des entretiens\/des modernisations aux USA ; deux sont dans l&rsquo;Oc\u00e9an Atlantique, deux dans l&rsquo;Oc\u00e9an Pacifique, un dans le Golfe Persique, largement engag\u00e9 dans les missions anti-<em>Daesh<\/em> en Irak et en Syrie. Rien en M\u00e9diterran\u00e9e, aucune r\u00e9serve op\u00e9rationnelle disponible.) L&rsquo;affirmation de <em>DEBKAFile <\/em>sur cette situation est consid\u00e9rable et il faut se reporter \u00e0 plus de quarante ann\u00e9es en arri\u00e8re, dans les quelques 3 ou 4 ann\u00e9es avant la guerre d&rsquo;Octobre 1973, pour voir une situation o&ugrave; la pr\u00e9pond\u00e9rance US dans la r\u00e9gion \u00e9tait mise en question dans des conditions approchantes. (La remarque de <em>DEBKAFile <\/em>sur un affrontement militaire avec la Russie, justement durant cette guerre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-le-retour-de-la-russie-au-moyen-orient\">d&rsquo;Octobre 1973<\/a>, est assez peu compr\u00e9hensible. Il n&rsquo;y eut jamais d&rsquo;affrontement direct isra\u00e9lien avec la Russie, bien entendu, et seule la crise du 25 octobre mena\u00e7a de mettre face \u00e0 face les seuls USA et l&rsquo;URSS. Pour le reste, les Isra\u00e9liens eurent bien plus de probl\u00e8me avec leurs alli\u00e9s US, o&ugrave; le pr\u00e9sident \u00e9tait compl\u00e8tement accapar\u00e9 par le scandale du Watergate et o&ugrave; les deux principaux ministres, Kissinger \u00e0 <em>State<\/em> et Schlesinger au Pentagone, s&rsquo;affrontaient f\u00e9rocement sur la question d&rsquo;envoyer ou non de l&rsquo;aide \u00e0 un Isra\u00ebl confront\u00e9 \u00e0 une v\u00e9ritable menace de d\u00e9route, voire d&rsquo;an\u00e9antissement.) Il y a d&rsquo;ailleurs une continuit\u00e9 entre cette p\u00e9riode d&rsquo;Octobre 1973 qui vit l&rsquo;effondrement de <strong>l&rsquo;influence de l&rsquo;URSS <\/strong>au Moyen-Orient et la p\u00e9riode entre 2012 et 2015 qui voit la renaissance de <strong>l&rsquo;influence de la Russie<\/strong> : En 2012, nous parlions effectivement du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-le-retour-de-la-russie-au-moyen-orient\">\u00ab\u00a0retour de la Russie\u00a0\u00bb<\/a> au Moyen-Orient, aujourd&rsquo;hui l&rsquo;on parle de \u00ab\u00a0sup\u00e9riorit\u00e9 strat\u00e9gique\u00a0\u00bb de cette puissance.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>La communication a constitu\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne absolument stup\u00e9fiant durant ces derni\u00e8res semaines, &ndash; une fois de plus, dira-t-on, &ndash; agissant comme un ph\u00e9nom\u00e9nal facteur de grossissement des situations et de leurs effets. Quoi qu&rsquo;il en soit de la v\u00e9rit\u00e9 chronologique de l&rsquo;engagement russe, il est certain que celui-ci est devenu un enjeu strat\u00e9gique de premi\u00e8re importance, susceptible de faire \u00e9voluer Isra\u00ebl dans un cas o&ugrave; la Russie deviendrait son premier interlocuteur strat\u00e9gique, <strong>d&rsquo;abord \u00e0 cause de la communication<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est tr\u00e8s possible d&rsquo;autre part que la puissance de la communication produisant les effets qu&rsquo;on a vus ait conduit les Russes, non pas \u00e0 d\u00e9cider d&rsquo;une aide \u00e0 la Syrie, &ndash; de la poursuite de leur aide \u00e0 l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de leur aide, &mdash; mais bien \u00e0 modifier la forme de leur action pour en faire un v\u00e9ritable engagement qui deviendrait un acte strat\u00e9gique majeur. Personne n&rsquo;a encore rien vu des actes de cet engagement russe, de ses signes concrets, des nouveaux mat\u00e9riels, \u00e9ventuellement de nouvelles forces, et pourtant la chose est d\u00e9j\u00e0 un facteur majeur, <strong>sinon le facteur principal<\/strong> de la situation en Syrie. L&rsquo;exercice naval annonc\u00e9 du 15 septembre au 7 octobre ressemble d\u00e9j\u00e0 \u00e0 un acte d&rsquo;affirmation strat\u00e9gique qui semblerait presque la confirmation d&rsquo;une prise de pouvoir dont personne, \u00e9galement, n&rsquo;a rien vu&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il est vrai, bien entendu, que les Russes sont formidablement aid\u00e9s par la crise colossale du pouvoir aux USA, o&ugrave; tout est fait constamment pour radicaliser la situation, pour interdire tout compromis, alors que les USA n&rsquo;ont ni la volont\u00e9, ni la coh\u00e9sion, ni m\u00eame les moyens de soutenir ce maximalisme et d&rsquo;en profiter. On dira que les choses se font \u00ab\u00a0par d\u00e9faut\u00a0\u00bb en un sens, \u00e0 cause de cette maladresse US, parce que Poutine n&rsquo;est pas un homme aventureux qui pose des gestes offensifs audacieux ; simplement, les USA cr\u00e9ent des situations qui sont \u00e0 la fois de vide strat\u00e9gique et de grand danger de d\u00e9stabilisation, et dans ce cas les Russes sont conduits, sinon press\u00e9s par leur simple analyse des n\u00e9cessit\u00e9s strat\u00e9giques \u00e0 envisager d&rsquo;intervenir ; puis ce qui constitue d&rsquo;abord une obligation aventureuse devient une victoire strat\u00e9gique simplement par la maladresse de l&rsquo;autre camp ; \u00e0 cause de cette communication hyst\u00e9rique qui d\u00e9nonce l'\u00a0\u00bbintervention russe\u00a0\u00bb en en faisant finalement, sans que l&rsquo;acteur principal y ait d&rsquo;abord song\u00e9, un acte strat\u00e9gique fondamental, l&rsquo;op\u00e9ration devient une victoire strat\u00e9gique russe, sans la moindre bataille, sans le moindre combat &#8230; Si les choses vont en se confirmant, on peut \u00eatre s&ucirc;r que Netanyahou, qui ne manque ni de cynisme ni de r\u00e9alisme, satisfera sa haine d&rsquo;Obama en mettant en place un s\u00e9rieux rapprochement strat\u00e9gique avec la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 14 septembre 2015 \u00e0 14H25<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Situation syrienne et strat\u00e9gie isra\u00e9lienne Apr\u00e8s une bonne d\u00e9cade de d\u00e9sordre et d&rsquo;hyst\u00e9rie de la communication \u00e0 propos d&rsquo;un renforcement militaire cons\u00e9quent de la Russie en Syrie (la narrative \u00ab\u00a0invasion russe de la Syrie\u00a0\u00bb), il est difficile de fixer la v\u00e9rit\u00e9 de la situation en Syrie. 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