{"id":76110,"date":"2015-09-15T16:41:26","date_gmt":"2015-09-15T16:41:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/09\/15\/gustave-le-bon-1915\/"},"modified":"2015-09-15T16:41:26","modified_gmt":"2015-09-15T16:41:26","slug":"gustave-le-bon-1915","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/09\/15\/gustave-le-bon-1915\/","title":{"rendered":"Gustave Le Bon-1915"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Gustave Le Bon-1915<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>15 septembre 2015 &ndash; J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 lire un livre fort peu couru de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gustave_Le_Bon\">Gustave le Bon<\/a>, dont on conna&icirc;t la popularit\u00e9 comme le th\u00e9oricien des psychologies collectives et du maniement des foules (justement par la psychologie collective) comme instrument de pouvoir. De Le Bon, on conna&icirc;t principalement, mondialement dirais-je, le fameux <em>Psychologie des foules<\/em> de 1895 et divers autres ouvrages du m\u00eame genre. On s&rsquo;int\u00e9resse moins \u00e0 son <em>Psychologie de la guerre<\/em>, publi\u00e9 en 1915, et publi\u00e9 \u00e0 nouveau, presque un si\u00e8cle plus tard (en 2006), aux \u00e9ditions du Trident. C&rsquo;est celui-l\u00e0 qui m&rsquo;int\u00e9resse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je n&rsquo;en suis qu&rsquo;\u00e0 sa premi\u00e8re partie, disons au premier quart, il s&rsquo;agit manifestement de l&rsquo;une des parties les plus int\u00e9ressantes, les plus passionnantes pour moi, et une partie qui fait que ce livre fut un peu oubli\u00e9, &ndash; selon la m\u00e9thode moderniste de la mise \u00e0 l&rsquo;index r\u00e9alis\u00e9e par le silence. Cette partie est presque enti\u00e8rement occup\u00e9e par l&rsquo;analyse de la psychologie allemande, son histoire depuis la renaissance de la Prusse \u00e0 I\u00e9na, sa formation, sa conceptualisation, son adaptation \u00e0 la modernit\u00e9, au monde industriel, sa \u00ab\u00a0conscience h\u00e9g\u00e9monique\u00a0\u00bb, enfin tout ce qui la pr\u00e9disposait \u00e0 la guerre. La th\u00e8se qui en ressort, &ndash; nullement sous forme d&rsquo;hypoth\u00e8se puisqu&rsquo;exprimant un sentiment g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;auteur, &ndash; est que l&rsquo;Allemagne a voulu cette guerre, irrationnellement et irr\u00e9sistiblement, avec ses tripes, avec une psychologie d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e, alors que, justement, l&rsquo;analyse rationnelle de cette ambition lui eut signifi\u00e9 qu&rsquo;elle n&rsquo;y avait aucun int\u00e9r\u00eat parce que \u00ab\u00a0la marche du Progr\u00e8s\u00a0\u00bb se faisait incontestablement \u00e0 son avantage h\u00e9g\u00e9monique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cet appel \u00e0 l&rsquo;irrationalit\u00e9 est absent de toutes les analyses \u00ab\u00a0s\u00e9rieuses\u00a0\u00bb de la Grande Guerre, particuli\u00e8rement dans l&rsquo;\u00e9poque depuis les d\u00e9buts de la Guerre froide, et encore plus que jamais aujourd&rsquo;hui, quasiment selon une partition absolument totalitaire. (Imaginez-vous ce qu&rsquo;est une musique totalitaire, &ndash; non pas \u00ab\u00a0totale\u00a0\u00bb, ce qui confine au grandiose, &ndash; mais bien \u00ab\u00a0totalitaire &raquo;, ce qui vous enferme dans une prison priv\u00e9e de tout ext\u00e9rieur \u00e0 elle ? Voil\u00e0 la marque de notre \u00e9poque, et <em>En avant la zizique<\/em> [Boris Vian].) Cette consigne imp\u00e9rative, hein, cela n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent et la chose explique la mise \u00e0 l&rsquo;index par le silence dont est l&rsquo;objet ce livre. Pour mon compte, cette r\u00e9f\u00e9rence compl\u00e8te et sans discussion \u00e0 l&rsquo;irrationalit\u00e9 me convient parfaitement tant <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-la-grande-guerre\">elle correspond<\/a> \u00e0 cette interpr\u00e9tation dans <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> d&rsquo;une Allemagne emport\u00e9e par le vertige de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-lideal-de-puissance\">l&rsquo;id\u00e9al de puissance<\/a>, marqu\u00e9e, et cela d&rsquo;une mani\u00e8re historique qu&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re \u00e9galement oublier, par l&rsquo;activisme h\u00e9g\u00e9moniste extr\u00eame du pangermanisme dans les trois ou quatre d\u00e9cennies avant 1914. Cette irrationalit\u00e9 se retrouve parfaitement dans le destin des USA apr\u00e8s 1919, comme il \u00e9clate aujourd&rsquo;hui dans un vertige belliciste incompr\u00e9hensible si l&rsquo;on ne fait pas appel r\u00e9solument \u00e0 une psychologie totalement subvertie comme Le Bon fait pour l&rsquo;Allemagne ; entretemps, le flambeau de l&rsquo;id\u00e9al de puissance est pass\u00e9 de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre, de l&rsquo;Allemagne \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette vision a comme cons\u00e9quence, absolument sacril\u00e8ge pour la pens\u00e9e postmoderne, de faire du nazisme non pas un accident indicible de l&rsquo;histoire-Syst\u00e8me, une monstruosit\u00e9 hors des normes qui ne concerne aucun des acteurs-Syst\u00e8me du temps pr\u00e9sent, et <strong>surtout pas l&rsquo;Allemagne-Syst\u00e8me de la chanceli\u00e8re Merkel<\/strong>, mais comme une prog\u00e9niture naturelle quoique monstrueuse de l&rsquo;Allemagne originelle devenue imp\u00e9riale et pangermaniste, de sa chevauch\u00e9e jusqu&rsquo;en 1914-1918, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;Allemagne expansionniste absolument appuy\u00e9e sur le Progr\u00e8s et la postmodernit\u00e9, de cette Allemagne injustement arr\u00eat\u00e9e dans son \u00e9lan par une victoire \u00ab\u00a0vol\u00e9e\u00a0\u00bb en 1918 et qu&rsquo;elle n&rsquo;aura de cesse de r\u00e9tablir dans sa justesse jusqu&rsquo;en 1939 ; et au-del\u00e0 alors, apr\u00e8s 1945 et l&rsquo;effondrement du nazisme, pourraient s&rsquo;interroger des esprits malveillants, qui vous dit que l&rsquo;Allemagne a chang\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 n&rsquo;avoir plus rien de ce qu&rsquo;elle fut pendant un si\u00e8cle et demi ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette sorte de raisonnement, qui fait la part si maigre \u00e0 l&rsquo;influence des seules id\u00e9ologies qui apparaissent plut\u00f4t comme des instruments de forces sup\u00e9rieures, qui se d\u00e9fie de l&rsquo;analyse de la raison-seule surtout lorsque r\u00e8gne <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-crisis-la-crise-de-la-raison-humaine\">la raison-subvertie<\/a>, renvoie compl\u00e8tement \u00e0 l&rsquo;analyse de <em>La Gr\u00e2ce<\/em> et de son auteur et contredit \u00e9videmment l&rsquo;histoire-Syst\u00e8me dont on nous abreuve \u00e0 la louche, plus que jamais \u00ab\u00a0histoire-<em>narrative<\/em>\u00ab\u00a0, et m\u00eame \u00ab\u00a0histoire-narrativiste\u00a0\u00bb par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-determinisme-narrativiste\">concept op\u00e9rationnel du d\u00e9terminisme-narrativiste<\/a>. (Ce concept qui ne cesse de me para&icirc;tre toujours plus d&rsquo;une importance fondamentale pour d\u00e9crire, non pas l&rsquo;histoire-<em>narrative<\/em> qui en r\u00e9sulte mais la fa\u00e7on dont la modernit\u00e9 dans sa section science historique aid\u00e9e de la communication r\u00e9crie constamment la narration des \u00e9v\u00e8nements qui se trouvent derri\u00e8re elle, \u00e0 la mani\u00e8re de ces gros camions r\u00e9pandant le goudron br&ucirc;lant par l&rsquo;arri\u00e8re sur la route qu&rsquo;ils refont conform\u00e9ment aux consignes des entrepreneurs en travaux publics.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette fa\u00e7on d&#8217;embo&icirc;ter les deux guerres, &ndash; car Le Bon ne cesse d\u00e8s cet ouvrage et dans d&rsquo;autres encore plus pr\u00e9cis (<em>Les Incertitudes de l&rsquo;heure pr\u00e9sente<\/em>, 1924) d&rsquo;annoncer d\u00e9j\u00e0 la suivante, jusqu&rsquo;\u00e0 y voir pr\u00e9cis\u00e9ment le moyen dans le d\u00e9veloppement des dictatures, &ndash; est relev\u00e9e  justement par son \u00e9diteur de 2006 (JGM) comme un jugement \u00ab\u00a0politiquement incorrect\u00a0\u00bb qui fait les livres maudits : &laquo;<em> On remarquera \u00e9galement ici un parall\u00e9lisme tr\u00e8s fort entre les deux guerres mondiales : on est tent\u00e9 de consid\u00e9rer que, de ce point de vue, elles en forment une seule, comme si la seconde \u00e9tait un prolongement de la premi\u00e8re dont elle accentue les traits <\/em>&raquo; ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, et c&rsquo;est bien l\u00e0 l&rsquo;essentiel du sacril\u00e8ge, &ndash; comme si le nazisme \u00e9tait \u00e9videmment en germe dans le pangermanisme de l&rsquo;Allemagne de 1914 et dans tout ce qui a suivi d&rsquo;allemand, y compris la d\u00e9mocratie de Weimar, jusqu&rsquo;en 1933-1939, &ndash; ce qui est, par ailleurs, une fois d\u00e9barrass\u00e9e des entraves-Syst\u00e8me, rien de moins que l&rsquo;\u00e9vidence aveuglante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L\u00e0-dessus, Le Bon se d\u00e9tache \u00e9galement de nombre de ses contemporains, y compris de ceux qui eurent une vision assez similaire de l&rsquo;encha&icirc;nement des deux guerres en devinant celle qui suivrait mais en s&rsquo;en tenant aux \u00e9v\u00e8nements politiques et \u00e9conomiques (Bainville, Keynes). Lui, Le Bon, va \u00e0 l&rsquo;essentiel, &ndash; je veux dire selon mon go&ucirc;t, selon ma fa\u00e7on d&rsquo;en juger, selon mon ouverture intuitive telle que je l&rsquo;ai fortement ressentie depuis des ann\u00e9es, et particuli\u00e8rement depuis mes aventures de Verdun (ce que je nommerais pour mon compte, &ndash; et gardons cette expression d\u00e9sormais, &ndash; \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/dialogues-7-propos-dun-historien-visionnaire\">l&rsquo;intuition de Verdun<\/a>\u00ab\u00a0). Il garde l&rsquo;irrationalit\u00e9 sans la cantonner \u00e0 l&rsquo;hyst\u00e9rie ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode maniaque, \u00e9ventuellement pour la faire monter, avec la psychologie, au-del\u00e0 du mysticisme vers la spiritualit\u00e9, et lorsque cela s&rsquo;impose, la transmuter \u00e0 mesure. Ainsi observe-t-il que la Grande Guerre, dans le d\u00e9cha&icirc;nement de laquelle il se trouve lorsqu&rsquo;il \u00e9crit ces lignes, ne peut \u00eatre comprise par la raison, &ndash; on red\u00e9couvre r\u00e9guli\u00e8rement cette \u00e9vidence depuis 100 ans, chaque fois <strong>s&rsquo;abstenant d&rsquo;aller au-del\u00e0<\/strong>, &ndash; mais qu&rsquo;en raison de cela, justement, il faut encore plus chercher \u00e0 la comprendre et utiliser pour cette t\u00e2che les outils et les r\u00e9f\u00e9rences qui se rapportent \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement et qui sont d&rsquo;une m\u00eame nature. Le Bon sait parfaitement que la Grande Guerre est un \u00e9v\u00e9nement m\u00e9tahistorique que les historiens-Syst\u00e8me ne savent et ne sauront jamais expliquer parce que leurs lanternes se garde bien d&rsquo;aller \u00e9clairer sous les tapis, dans les d\u00e9barras et dans les caves, et au-dessus des toits o&ugrave; se trouvent les \u00e9toiles. Je cite p\u00eale-m\u00eale quelques-uns de ses jugements, quelque remarque ou l&rsquo;autre, qui se trouvent rassembl\u00e9es dans son introduction sur <em>L&rsquo;\u00e9tude psychologique de la guerre<\/em> et concernent donc l&rsquo;essentiel du propos de son \u00e9tude, &ndash; et l&rsquo;on mesure aussit\u00f4t la dimension dont il habille la psychologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Mais derri\u00e8re les \u00e9v\u00e8nements dont nous voyons se d\u00e9rouler le cours, se trouve l&rsquo;immense r\u00e9gion des forces immat\u00e9rielles qui les firent na&icirc;tre. Les ph\u00e9nom\u00e8nes du monde visible ont leur racine dans un monde invisible o&ugrave; s&rsquo;\u00e9laborent les sentiments et les croyances qui nous m\u00e8nent&#8230;<\/em> [&#8230;] <em>La guerre qui mit tant de peuples aux prises \u00e9clata comme un coup de tonnerre dans une Europe pacifiste, bien que condamn\u00e9e \u00e0 rester en armes. <\/em>[&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&raquo; <em>La guerre actuelle est une lutte de forces psychologiques. Des id\u00e9als irr\u00e9conciliables sont aux prises&#8230;<\/em> [&#8230;] <em>L&rsquo;irrationnel r\u00e9git enti\u00e8rement <\/em>[la lutte actuelle.] <em>Si la raison avait \u00e9t\u00e9 capable de dominer les aspirations des rois et des peuples, cette guerre ne f&ucirc;t pas n\u00e9e. <\/em>[&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&raquo; <em>Ce n&rsquo;est donc nullement avec les ressources de la logique rationnelle qu&rsquo;il faut t\u00e2cher d&rsquo;interpr\u00e9ter la tragique s\u00e9rie d&rsquo;aventures dont le monde voit se d\u00e9cha&icirc;ner le cours. Examin\u00e9e du point de vue de la raison pure, la guerre europ\u00e9enne appara&icirc;t \u00e0 sa naissance et durant son \u00e9volution comme un chaos d&rsquo;invraisemblances impr\u00e9visibles pour l&rsquo;intelligence la plus sagace&#8230;<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Parmi les plus impr\u00e9visibles ph\u00e9nom\u00e8nes que cette guerre fit surgir, ne faut-il pas citer encore l&rsquo;explosion de fureur mystique dont fut saisi le peuple allemand et \u00e0 laquelle les plus illustres savants ne surent pas se soustraire. L&rsquo;action de la contagion mentale l&#8217;emporta sur la raison et un vent de folie enveloppa leurs discours.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, que de transformations \u00e9galement impossibles \u00e0 pr\u00e9voir. Une nation impressionnable, mobile, indisciplin\u00e9e, transform\u00e9e brusquement en masses r\u00e9solues, tenaces, vivant sto\u00efquement pendant des mois au fond des tranch\u00e9es meurtri\u00e8res sous la constante menace d&rsquo;une mort obscure&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je ne partage n\u00e9cessairement pas tous les jugements de Gustave Le Bon sur certains grands \u00e9v\u00e8nements de l&rsquo;Histoire, tels qu&rsquo;il les laisse deviner par une remarque ou l&rsquo;autre. Je suis certain, par contre, que l&rsquo;on se trouve grandement confort\u00e9, \u00e0 la lecture de son livre et \u00e0 la lumi\u00e8re de sa m\u00e9thode, dans la conscience de l&rsquo;importance fondamentale du choix de la m\u00e9thodologie pour aborder l&rsquo;Histoire. Le Bon, en abordant les \u00e9v\u00e8nements par le contournement de l&rsquo;obstacle de la politique et de l&rsquo;id\u00e9ologie, en allant \u00e0 la psychologie et en y mettant \u00e0 nu l&rsquo;essentiel d&rsquo;o&ugrave; en d\u00e9couleront politique et id\u00e9ologie sous une lumi\u00e8re nouvelle, offre une vision compl\u00e8tement diff\u00e9rente de ces \u00e9v\u00e8nements, justement une vision <strong>compl\u00e8tement nouvelle<\/strong>. Il est assez \u00e9trange d&rsquo;\u00e9crire cela en 2015 d&rsquo;un livre publi\u00e9 en 1915 sur le grand \u00e9v\u00e8nement d&rsquo;il y a cent ans. Il est vrai qu&rsquo;on a beaucoup recul\u00e9 depuis&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;ailleurs, gr\u00e2ce pour <em>Gr\u00e2ce<\/em>, on me fera bien celle de penser que j&rsquo;ai dans l&rsquo;esprit que cette m\u00e9thodologie ne vaut pas seulement pour la Grande Guerre, ni seulement pour la R\u00e9volution fran\u00e7aise \u00e0 laquelle Le Bon l&rsquo;appliqua \u00e9galement, mais \u00e9galement pour notre \u00e9poque, &ndash; au c&oelig;ur de ce site <em>dedefensa.org<\/em> qui ne cesse d&rsquo;insister sur l&rsquo;importance essentielle de la psychologie. Comme dans ce qu&rsquo;on a lu plus haut concernant la Grande Guerre, lorsque Le Bon \u00e9crit ceci, \u00e0 propos de la R\u00e9volution, ne pourrait-on croire que cela pourrait aussi bien valoir pour la crise que nous traversons aujourd&rsquo;hui, &ndash; ce qui me remplirait d&rsquo;aise puisqu&rsquo;il y a, au c&oelig;ur de la th\u00e8se de <em>La Gr\u00e2ce,<\/em> l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un lien d&rsquo;une tr\u00e8s grande force entre les trois \u00e9v\u00e8nements, &ndash; R\u00e9volution Fran\u00e7aise, Grande Guerre et Grande Crise d&rsquo;Effondrement du Syst\u00e8me ? Ceci, disais-je&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo; <em>Les h\u00e9ros de cette trag\u00e9die <\/em>[la R\u00e9volution]<em> ne cess\u00e8rent jamais d&rsquo;invoquer la raison. Ils la d\u00e9ifi\u00e8rent m\u00eame. On citerait difficilement pourtant une p\u00e9riode de l&rsquo;histoire o&ugrave; les hommes furent moins conduits par elle. Jamais on ne vit aussi souvent d&rsquo;illustres personnages dire ce qu&rsquo;ils ne voulaient pas dire et faire ce qu&rsquo;ils ne voulaient pas faire.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&#8230; C&rsquo;est <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notre-esprit-de-1793\">quasiment maistrien<\/a>, bien que les deux hommes ne soient pas de la m\u00eame boutique, et le jugement n&rsquo;est pas loin d&rsquo;affirmer encore plus sa pertinence pour nos guignols-Syst\u00e8me qui nous jouent, quoiqu&rsquo;avec de moins en moins de conviction, la grande sc\u00e8ne de la direction et de la ma&icirc;trise des affaires du monde.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gustave Le Bon-1915 15 septembre 2015 &ndash; J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 lire un livre fort peu couru de Gustave le Bon, dont on conna&icirc;t la popularit\u00e9 comme le th\u00e9oricien des psychologies collectives et du maniement des foules (justement par la psychologie collective) comme instrument de pouvoir. 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