{"id":76126,"date":"2015-09-23T12:03:37","date_gmt":"2015-09-23T12:03:37","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/09\/23\/syrie-et-daesh-a-lorigine\/"},"modified":"2015-09-23T12:03:37","modified_gmt":"2015-09-23T12:03:37","slug":"syrie-et-daesh-a-lorigine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/09\/23\/syrie-et-daesh-a-lorigine\/","title":{"rendered":"Syrie et <em>Daesh<\/em>, \u00e0 l&rsquo;origine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Syrie et <em>Daesh<\/em>, \u00e0 l&rsquo;origine<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Inutile de pr\u00e9senter Robert Parry, donc, puisque tous nous connaissons ses qualit\u00e9s &#8230; Son <a href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2015\/09\/22\/will-us-grasp-putins-syria-lifeline\/\">dernier texte<\/a> sur <em>ConsortiumNews,<\/em> &laquo; <em>Will US Grasp Putin&rsquo;s Syria Lifeline?<\/em> &raquo;, du 23 septembre, nous permet de disposer d&rsquo;un historique extr\u00eamement convaincant, et assur\u00e9 autant des meilleures sources que d&rsquo;un jugement s&ucirc;r (c&rsquo;est le cas de Parry), de la crise syrienne et de la cr\u00e9ation de <em>Daesh<\/em>, en connexion directe avec la crise irakienne depuis le chapitre de mars 2003 et la catastrophe qui s&rsquo;est abattu sur ce pays avec l&rsquo;attaque US, &ndash; v\u00e9ritablement, \u00ab\u00a0m\u00e8re naturelle, putative, biologique et officielle de toutes les conneries\u00a0\u00bb produites par le Syst\u00e8me, la civilisation de l&rsquo;Ouest, le bloc BAO, tout cela confondu en un seul artefact de destruction du monde o&ugrave; la b\u00eatise des acteurs-Syst\u00e8me \u00e9touff\u00e9s par le d\u00e9terminisme-narrativiste ne le c\u00e8de \u00e0 aucune autre vertu de la postmodernit\u00e9. Rarement, un texte aussi bien document\u00e9 aura montr\u00e9 aussi clairement le filiation entre mars-2003 et les \u00e9v\u00e8nements qui d\u00e9filent, depuis le printemps 2011 en Syrie, depuis l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2014 avec <em>Daesh<\/em>. Or, mars-2003 \u00e9tait l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement le plus faussement planifi\u00e9 et le plus compl\u00e8tement b\u00e2ti sur une <em>narrative<\/em> qu&rsquo;on avait pu imaginer jusqu&rsquo;alors (depuis, on a fait mieux, beaucoup mieux), si bien qu&rsquo;on en ferait l&rsquo;arch\u00e9type originel (\u00ab\u00a0m\u00e8re naturelle, putative, biologique..\u00a0\u00bb, etc.) du d\u00e9sordre-Syst\u00e8me et producteurs \u00e0 mesure de tous les d\u00e9sordres qui nous affectent pr\u00e9sentement. Les sottises marqu\u00e8rent toutes les \u00e9tapes de l&rsquo;installation am\u00e9ricaniste, dans une mesure prodigieuse, \u00e0 commencer par la dissolution de l&rsquo;arm\u00e9e irakienne et de toutes les structures administratives et du parti-Baas, sous pr\u00e9texte que tout cela sentait \u00e0 plein nez son Saddam. On reste interdits et le souffle coup, dix ans plus tard, devant un tel monument de la stupidit\u00e9 humaine, devant sa solidit\u00e9, devant sa f\u00e9condit\u00e9, devant sa r\u00e9silience..<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A partir de l\u00e0 se d\u00e9veloppa une f\u00e9roce gu\u00e9rilla antiam\u00e9ricaniste et \u00e9ventuellement anti-chiite puisque Saddam et la minorit\u00e9 sunnite menaient le pays avant l&rsquo;arriv\u00e9e de la civilisation. Pour stopper cette terrible h\u00e9morragie qui mena\u00e7ait de transformer la victoire-<em>Mission Accomplished <\/em>en une formidable d\u00e9faite, Washington D.C. sortit l&rsquo;arme supr\u00eame, absolue, l&rsquo;arme de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme postmoderne : du fric, encore du fric, toujours du fric. On acheta donc l&rsquo;ennemi, une premi\u00e8re fois en 2006, une seconde fois en 2007, &ndash; et c&rsquo;est cela qu&rsquo;on d\u00e9signe comme \u00ab\u00a0la plus puissante arm\u00e9e que l&rsquo;histoire ait connue\u00a0\u00bb. Cette manne de fric, qui arrivait en Irak \u00e0 bord des gros C-17 de l&rsquo;USAF <strong>par palettes et par tonnes<\/strong> de papier-monnaie imprim\u00e9 par la Fed, il fallait bien que les r\u00e9cipiendaires, outre de foutre une culott\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e US, en trouvassent l&rsquo;usage. C&rsquo;est ainsi, nous rappelle Parry, que naquit \u00e0 l&rsquo;origine, via Al Qa\u00efda in Irak (AQI), ce qui allait devenir ISIS, puis ISI, puis IS (ou EI en fran\u00e7ais-hollandesque), alias notre-<em>Daesh<\/em> actuel. (Pendant ce temps-l\u00e0, bien entendu, le fric continuait \u00e0 affluer, puisque la tactique est si bonne, les h\u00e9ro\u00efques monarchies p\u00e9troli\u00e8res agissant au nom d&rsquo;Allah entrant dans la danse.) Dans ce cas, l&rsquo;Irak \u00e9tant o&ugrave; elle est et la Syrie o&ugrave; elle se trouve, Bachar \u00e9tant aussi d\u00e9testable que Saddam du point de vue de la th\u00e9ologie courante, la suite \u00e9tait \u00e9crite. Parry rappelle que d\u00e8s le \u00ab\u00a0printemps arabe\u00a0\u00bb de la Syrie (printemps 2011), des agitateurs venus de ces groupes richement dot\u00e9s faisaient leur travail de provocateurs en tirant sur la police et sur l&rsquo;arm\u00e9e syriennes &#8230; Dans tout cela, est-il n\u00e9cessaire de faire appel \u00e0 la g\u00e9opolitique et au Grand Jeu dont on nous rebat les oreilles depuis 15-20 ans \u00e0 propos des <em>neocons<\/em> et du reste ? Nous continuons \u00e0 r\u00e9pondre par la n\u00e9gative, et m\u00eame plus que jamais, la b\u00eatise r\u00e9gnante et ne cessant de grandir et de grossir faisant bien l&rsquo;affaire, du moment que les commentateurs-Syst\u00e8me et combien d&rsquo;antiSyst\u00e8me se chargent d&rsquo;en faire un film hollywoodien sur les complots sans nombre qui, depuis des d\u00e9cennies, ne cessent de r\u00e9ussir au profit de l&rsquo;Empire. Si l&rsquo;on prend l&rsquo;histoire courante depuis 1945, les USA ont \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9s \u00ab\u00a0Empire-installant-son-h\u00e9g\u00e9monie-sur-le-monde\u00a0\u00bb \u00e0 bien quatre ou cinq reprises, en 1945, en 1981, en 1989-91, en 1999, en 2003, et ainsi de suite, dans une intronisation sans cesse recommenc\u00e9e sur des terres d\u00e9j\u00e0 acquises et conquises d\u00e8s l&rsquo;origine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le texte de Parry nous rapporte tout cela, notamment depuis 2006-2007, avec ces deux services financiers successifs des autorit\u00e9s US arrosant de frics les divers tribus, clans, groupes, etc., en Irak du c\u00f4t\u00e9 sunnites qui avaient constitu\u00e9 le parti de Saddam, pour acheter l&rsquo;illusion de ne pas avoir subi la d\u00e9route du si\u00e8cle ; et tout cela se m\u00e9tamorphosant de soi-m\u00eame, sans n\u00e9cessit\u00e9 de planificateurs, en ces groupes terroristes que l&rsquo;on conna&icirc;t, bient\u00f4t avec l&rsquo;entr\u00e9e dans le jeu et \u00e0 visages d\u00e9couverts des \u00ab\u00a0p\u00e9tromonarchies\u00a0\u00bb balan\u00e7ant entre le vertige des richesses p\u00e9troli\u00e8res et la trouille incurable de leur ill\u00e9gitimit\u00e9. (Au-dessus, certes, un peu de piment des glorieux affrontements religieux donne le sentiment de l&rsquo;historique et nourrit les ex\u00e9g\u00e8ses qui donnent tout son s\u00e9rieux au d\u00e9sordre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Parry nous rappelle ces circonstances, depuis 2011 contre Assad, en nous rappelant \u00e9galement combien de fois cela a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9 par les services de renseignement (les papiers de la DIA de 2012), sinon d\u00e9cortiqu\u00e9 en public par le vice-pr\u00e9sident lui-m\u00eame. Il suffit, nous rappelle-t-il, d&rsquo;\u00e9couter Joe Biden le 2 octobre 2014, parlant devant les \u00e9l\u00e8ves de la Harvard Kennedy School : \u00ab\u00a0Nos alli\u00e9s dans la r\u00e9gion ont \u00e9t\u00e9 notre plus grave probl\u00e8me en Syrie &#8230; Les Saoudiens, les &Eacute;mirats, que faisaient-ils ? Ils \u00e9taient si d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 abattre Assad et \u00e0 lancer une guerre par procuration entre sunnites et chiites, alors qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;ils ont fait ? Ils ont distribu\u00e9 des centaines de $millions, des milliers de tonnes d&rsquo;armes pour quiconque voulait se battre contre Assad, et cela pouvait avoir du sens sauf que les gens qui recevaient tout \u00e7a \u00e9taient des groupes comme Al Qa\u00efda et Al Nusra, et tous les \u00e9l\u00e9ments extr\u00e9mistes djihadistes venus de tous les coins du monde\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les \u00e9v\u00e8nements eux-m\u00eames, leurs formes, leurs effets devraient pourtant nous convaincre que l\u00e0 o&ugrave; tant de monde voient une machination qui va \u00ab\u00a0tr\u00e8s vite\u00a0\u00bb donner des r\u00e9sultats spectaculaires de conqu\u00eate selon un mouvement strat\u00e9gique qui devrait avoir un sens pour m\u00e9riter cette identification, &ndash; l\u00e0, certes, il n&rsquo;y a que d\u00e9sordre. Aucune de ces crises soi-disant machin\u00e9es par les concepteurs de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie de l&rsquo;Empire-ni\u00e8me version, ne d\u00e9bouche sur rien et impose \u00e0 tous ceux que l&rsquo;on croit impliqu\u00e9s comme les initiateurs de la chose une sorte de paralysie de la d\u00e9cision et une compl\u00e8te inf\u00e9condit\u00e9 du jugement. Une fois d\u00e9clench\u00e9es, la crise, les batailles, les souffrances, les destructions, les inepties, les intrigues, ne cessent de tourner sur elles-m\u00eames &#8230; Depuis 2003, l&rsquo;origine irakienne de la grande crise du Moyen-Orient, continue \u00e0 \u00eatre \u00e0 peu pr\u00e8s, prise avec la Syrie dans un ensemble g\u00e9ographique naturel dit \u00ab\u00a0Syrak\u00a0\u00bb par certains, le centre du tourbillon selon lequel \u00e9voluent ces crises. La liquidation d&rsquo;Assad annonc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;automne 2011 pour la semaine prochaine, la prise de Bagdad par Daesh annonc\u00e9e fin juin 2014 pour la semaine prochaine, \u00e9quivalent, en signification et en dynamique, \u00e0 la crise ukrainienne par exemple, qui ne cesse \u00e9galement de tourner sur elle-m\u00eame puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit bien l\u00e0 de la m\u00e9canique universelle de notre temps, &ndash; avec l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie recommenc\u00e9e plusieurs dizaines de fois en 2014, remplac\u00e9e par la reprise des combats dans le Donbass recommenc\u00e9e presqu&rsquo;autant de fois depuis Minsk2 et janvier 2015. Bien entendu, en observant tout cela on ne parle aucunement ni de la fin de la crise, ni du r\u00e9tablissement structurel des choses, mais du d\u00e9sordre par lui-m\u00eame, pour lui-m\u00eame et rien que cela, sans r\u00e9el avantage pour personne puisque tous les acteurs en subissent n\u00e9cessairement des cons\u00e9quences n\u00e9fastes, \u00e9voluant selon la dynamique habituelle du d\u00e9sordre qui est tourbillonnaire (d&rsquo;o&ugrave; notre id\u00e9e de \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/vertigo\">tourbillon crisique<\/a>\u00ab\u00a0) et par cons\u00e9quent strat\u00e9giquement nihiliste. En \u00e9crivant seulement \u00e0 propos de la r\u00e9gion du Moyen-Orient, alors que les acteurs ext\u00e9rieurs ne se portent pas mieux, y compris les USA jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-la-dia-a-lusaf-a-la-fed\">effondrement du sentiment de la puissance<\/a>, <a href=\"http:\/\/www.conflictsforum.org\">Alastair Crooke<\/a> \u00e9crit le 18 septembre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Look around the region: nation-states, institutional structures, the fabric of human security are disintegrating &lsquo;all at once; all together&rsquo;.  States are fractured in Iraq, Syria, Libya, Yemen, Lebanon (where there is no state) &ndash; and in Egypt, Tunisia and Algeria the state is hardly secure. Turkey is on the verge of civil war, and Saudi Arabia is increasingly internally conflicted (Arabic). It is not just Syrian refugees that are heading to Europe: the airports are bulging with the middle classes (with their second passports), as well as the destitute who stand on the beaches. It seems that the idea of migrating to Germany (if one can) has seized the imagination of families and the young, everywhere in the region, &lsquo;all at once; all together&rsquo;.  Of course, Iran stands out as the exception &ndash; an island of stability, and effectiveness in its foreign statecraft; but paradoxically this seems only to heighten and throw into sharper relief, the despair of others.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Ci-dessous, nous mettons en ligne un extrait du long texte de Robert Parry signal\u00e9 plus haut, qui porte justement sur cet aspect de l&rsquo;encha&icirc;nement du d\u00e9sordre et des causes du d\u00e9sordre, de la subversion g\u00e9n\u00e9rale des structures, de l&rsquo;entropisation des situations. Le passage concerne l&rsquo;activit\u00e9 am\u00e9ricaniste \u00e0 partir de 2006-2007, lorsque l&rsquo;argent, de \u00ab\u00a0nerf de la guerre\u00a0\u00bb, devint en Irak la seule arme encore valide pour \u00ab\u00a0la plus puissante arm\u00e9e que le monde ait connue\u00a0\u00bb r\u00e9duite \u00e0 un \u00e9tat de d\u00e9sarroi et de d\u00e9route tactique et psychologique&#8230; (Nous gardons le sous-titre qui ouvre ce passage comme titre de l&rsquo;extrait.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Bush&rsquo;s Unaccounted-for Cash<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Further complicating Official Washington&rsquo;s let&rsquo;s-blame-Putin Syrian narrative is the unintended role of President George W. Bush and the U.S. military in laying the groundwork for these brutal Sunni extremist movements through the invasion of Iraq last decade. After all, it was only in reaction to the U.S. military presence that \u00ab\u00a0Al Qaeda in Iraq\u00a0\u00bb took root in Iraqi and then Syrian territory. Not only did the ouster and execution of Sunni leader Saddam Hussein alienate the region&rsquo;s Sunnis, but Bush&rsquo;s desperation to avert an outright military defeat in Iraq during his second term led him to authorize the payment of billions of dollars to Sunni fighters to get them to stop shooting at American soldiers and to give Bush time to negotiate a U.S. troop withdrawal.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Beginning in 2006, those U.S. payments to Sunni fighters to get them to suspend their resistance were central to what was then called the \u00ab\u00a0Sunni Awakening.\u00a0\u00bb Though the program preceded Bush&rsquo;s \u00ab\u00a0surge\u00a0\u00bb of troops in 2007, the bought-and-paid-for truce became central to what Official Washington then hailed as the \u00ab\u00a0successful surge\u00a0\u00bb or \u00ab\u00a0victory at last.\u00a0\u00bb Besides the billions of dollars paid out in pallets of U.S. cash to Sunni insurgents, Bush&rsquo;s \u00ab\u00a0surge\u00a0\u00bb cost the lives of another 1,000 U.S. soldiers and killed a countless number of Iraqis, many just going about their daily lives until they were blown apart by powerful American munitions. [See, for example, the \u00ab\u00a0Collateral Murder\u00a0\u00bb video leaked by Pvt. Bradley\/Chelsea Manning]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; But what the U.S. intelligence community is only now assessing is the collateral damage caused by the bribes that the Bush administration paid to Sunni insurgents. Some of the cash appears to have become seed money for the transformation of \u00ab\u00a0Al Qaeda in Iraq\u00a0\u00bb into the Islamic State as Sunnis, who continued to be disenfranchised by Iraq&rsquo;s Shiite-dominated government, expanded their sectarian war into Syria. Besides the Iraqi Sunnis, Syria&rsquo;s secular government, with Assad and other key leaders from the Alawite branch of Shiite Islam, also was set upon by home-grown Sunni extremists and foreign jihadists, some of whom joined the Islamic State but mostly coalesced around Al Qaeda&rsquo;s Nusra Front and other radical forces. Though the Islamic State had originated as \u00ab\u00a0Al Qaeda in Iraq\u00a0\u00bb (or AQI), it evolved into an even more bloodthirsty force and, in Syria, split off from Al Qaeda central.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; U.S. intelligence followed many of these developments in real time. According to a Defense Intelligence Agency report from August 2012, \u00ab\u00a0AQI supported the Syrian opposition from the beginning, both ideologically and through the media. &hellip; AQI declared its opposition of Assad&rsquo;s government because it considered it a sectarian regime targeting Sunnis.\u00a0\u00bb In other words, Assad&rsquo;s early complaint about \u00ab\u00a0terrorists\u00a0\u00bb having infiltrated the opposition had a basis in fact. Early in the disorders in 2011, there were cases of armed elements killing police and soldiers. Later, there were terrorist bombings targeting senior Syrian government officials, including a July 18, 2012 explosion &ndash; deemed a suicide bombing by government officials &ndash; that killed Syrian Defense Minister General Dawoud Rajiha and Assef Shawkat, the deputy defense minister and Assad&rsquo;s brother-in-law. By then, it had become clear that Saudi Arabia, Qatar, Turkey and other Sunni-ruled countries were funneling money and other help to jihadist rebels seeking to oust Assad&rsquo;s regime, which was considered a protector of Christians, Shiites, Alawites and other minorities fearing persecution if Sunni extremists prevailed.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; As the 2012 DIA report noted about Syria, \u00ab\u00a0internally, events are taking a clear sectarian direction. &hellip; The salafist, the Muslim Brotherhood, and AQI are the major forces driving the insurgency in Syria. &hellip; The West, Gulf countries, and Turkey support the opposition; while Russia, China, and Iran support the regime.\u00a0\u00bb The DIA analysts already understood the risks that AQI represented both to Syria and Iraq. The report included a stark warning about the expansion of AQI, which was changing into the Islamic State or what the DIA referred to as ISI. The brutal armed movement was seeing its ranks swelled by the arrival of global jihadists rallying to the black banner of Sunni militancy, intolerant of both Westerners and \u00ab\u00a0heretics\u00a0\u00bb from Shiite and other non-Sunni branches of Islam.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; As this movement strengthened it risked spilling back into Iraq. The DIA wrote: \u00ab\u00a0This creates the ideal atmosphere for AQI to return to its old pockets in Mosul and Ramadi [in Iraq], and will provide a renewed momentum under the presumption of unifying the jihad among Sunni Iraq and Syria, and the rest of the Sunnis in the Arab world against what it considers one enemy, the dissenters [apparently a reference to Shiite and other non-Sunni forms of Islam]. ISI could also declare an Islamic State through its union with other terrorist organizations in Iraq and Syria, which will create grave danger in regards to unifying Iraq and the protection of its territory.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Facing this growing Sunni terrorist threat &mdash; which indeed did spill back into Iraq &mdash; the idea that the CIA or the U.S. military could effectively arm and train a \u00ab\u00a0moderate\u00a0\u00bb rebel force to somehow compete with the Islamists was already delusional, yet that was the \u00ab\u00a0group think\u00a0\u00bb among the Important People of Official Washington, simply organize a \u00ab\u00a0moderate\u00a0\u00bb army to oust Assad and everything would turn out just great. On Oct. 2, 2014, Vice President Joe Biden let more of the cat out of the bag when he told an audience at Harvard&rsquo;s Kennedy School: \u00ab\u00a0our allies in the region were our largest problem in Syria &hellip; the Saudis, the emirates, etc., what were they doing? They were so determined to take down Assad and essentially have a proxy Sunni-Shia war, what did they do? They poured hundreds of millions of dollars and tens of thousands of tons of military weapons into anyone who would fight against Assad, except the people who were being supplied were Al Nusra and Al Qaeda and the extremist elements of jihadis coming from other parts of the world.\u00a0\u00bb [Quote at 53:20 of clip.]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; In other words, much of the U.S.-led anti-Islamic State coalition actually has been involved in financing and arming many of the same jihadists that the coalition is now supposedly fighting. If you take into account the lost billions of dollars that the Bush administration dumped on Sunni fighters starting in 2006, you could argue that the U.S.-led coalition bears primary responsibility for creating the problem that it is now confronting. Biden made a similar point at least in reference to the Persian Gulf states: \u00ab\u00a0Now all of a sudden, I don&rsquo;t want to be too facetious, but they have seen the lord. &hellip;  Saudi Arabia has stopped funding. Saudi Arabia is allowing training [of anti-Islamic State fighters] on its soil &hellip; the Qataris have cut off their support for the most extreme elements of terrorist organizations, and the Turks &hellip; [are] trying to seal their border.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; But there remain many doubts about the commitment of these Sunni governments to the cause of fighting the Islamic State and even more doubts about whether that commitment extends to Al Qaeda&rsquo;s Nusra Front and other jihadist forces. Some neocons have even advocated backing Al Qaeda as the lesser evil both vis a vis the Islamic State and the Assad regime&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Robert Parry<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Syrie et Daesh, \u00e0 l&rsquo;origine Inutile de pr\u00e9senter Robert Parry, donc, puisque tous nous connaissons ses qualit\u00e9s &#8230; Son dernier texte sur ConsortiumNews, &laquo; Will US Grasp Putin&rsquo;s Syria Lifeline? &raquo;, du 23 septembre, nous permet de disposer d&rsquo;un historique extr\u00eamement convaincant, et assur\u00e9 autant des meilleures sources que d&rsquo;un jugement s&ucirc;r (c&rsquo;est le cas&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[7282,3936,16968,4202,5642,3858,2665,12572,3032,6574,857,4464,4242,3134,981,4448,6263,3867,1267,1296],"class_list":["post-76126","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-7282","tag-al","tag-aqi","tag-assad","tag-chiites","tag-corruption","tag-crooke","tag-daesh","tag-dia","tag-fric","tag-irak","tag-parry","tag-qaida","tag-robert","tag-saddam","tag-sunnites","tag-surge","tag-syrie","tag-terrorisme","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76126","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76126"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76126\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76126"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76126"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76126"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}