{"id":76161,"date":"2015-10-11T14:06:36","date_gmt":"2015-10-11T14:06:36","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/10\/11\/la-fin-de-lhegemonie-us\/"},"modified":"2015-10-11T14:06:36","modified_gmt":"2015-10-11T14:06:36","slug":"la-fin-de-lhegemonie-us","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/10\/11\/la-fin-de-lhegemonie-us\/","title":{"rendered":"La fin de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie US"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:2em;\">La fin de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie US<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Avec l&rsquo;intervention russe au Moyen-Orient, le \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/cauchemar-nostalgie-dempire\">sentiment de la Fin<\/a>\u00a0\u00bb est extr\u00eamement puissant et gagne tous les esprits, en un signe incontestable que les psychologies ont \u00e9t\u00e9 fortement touch\u00e9es. Nous sommes persuad\u00e9s que les Russes de Poutine n&rsquo;ont pas voulu cela, qu&rsquo;en intervenant en Syrie ils voulaient bien entendu prot\u00e9ger Assad pour pouvoir mieux \u00e9liminer les puissances terroristes qui menacent leurs fronti\u00e8res Sud, et \u00e9galement, mais avec autant de force, persuader les USA et les pays du bloc BAO de cesser leurs jeux et intrigues futiles pour coop\u00e9rer s\u00e9rieusement avec eux dans la lutte contre la menace commune du terrorisme. Ils n&rsquo;ont pas atteint le deuxi\u00e8me objectif et, \u00e0 notre sens, ne l&rsquo;atteindront pas car les USA, et sans doute le bloc BAO derri\u00e8re eux, refuseront <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/ils-ne-cederontjamais-aux-russes\">parce qu&rsquo;ils sont enferm\u00e9s<\/a> dans leur <em>hybris<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela constitue l&rsquo;essentiel des disputes \u00e0 venir avec la Russie, qui sont sans fin tant que durera l&rsquo;actuel reste d&rsquo;organisation civilisationnelle. D&rsquo;autre part, ces bons sentiments des Russes qui ne tiennent pas \u00e0 infliger des humiliations aux USA n&#8217;emp\u00eachent pas un repli acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des USA, qui s&rsquo;apparente \u00e0 un effondrement de l&rsquo;influence am\u00e9ricaniste, &ndash; bien entendu suscit\u00e9 et sans cesse acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;intervention russe jusqu&rsquo;\u00e0 des situations potentiellement dangereuses, mais simplement par l&rsquo;effet dynamique de ces mouvements. Comme toujours, la pens\u00e9e qui se veut rationnelle et qui raisonne en termes de forces exerce son processus circulaire et aboutit \u00e0 la conclusion que les Russes vont remplacer les USA comme puissance dominante et que c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils cherchaient, &ndash; ce qui n&rsquo;est pas du tout le cas, selon nous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un article du Wall Street <em>Journal <\/em>(WSJ), dit <em>Saturday Essay<\/em> du 9 octobre, reprend et d\u00e9veloppe <a href=\"http:\/\/www.wsj.com\/articles\/americas-fading-footprint-in-the-middle-east-1444411954\">l&rsquo;id\u00e9e du recul acc\u00e9l\u00e9r\u00e9<\/a> des USA, et <em>Sputnik<\/em>-fran\u00e7ais en donne <a href=\"http:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/20151010\/1018748586\/proche-orient-influence-dominance-usa-russie-frappes.html#ixzz3oDsGBnCF\">un condens\u00e9<\/a> ce m\u00eame 9 octobre. Encore une fois il est n\u00e9cessaire de noter la dimension psychologique du ph\u00e9nom\u00e8ne, c&rsquo;est-\u00e0-dire la perception qu&rsquo;on en a par le biais du syst\u00e8me de la communication malgr\u00e9 des situations factuelles et op\u00e9rationnelles qui montrent au contraire une situation assur\u00e9e. Certes, l&rsquo;amiral Stavridis a beau tenter de nous rassurer (la seule voix rassurante de l&rsquo;article du WSJ, avec celle d&rsquo;Obama) il ne nous convainc pas :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>\u00ab\u00a0The decline is not irreversible at all,\u00a0\u00bb said retired U.S. Navy Adm. James Stavridis, who served in 2009-13 as NATO&rsquo;s supreme allied commander and is now dean of the Fletcher School of Law and Diplomacy at Tufts University. He argues that a boost in aid, exercises and engagement with the Gulf states and Israel, as well as a larger commitment to fighting Islamic State and helping the moderate Syrian opposition, could undo the recent damage. But others have concluded that the Middle East&rsquo;s Pax Americana is truly over. \u00ab\u00a0Whoever comes after Obama will not have many cards left to play,\u00a0\u00bb said Mr. Hokayem,<\/em> [<em>a senior fellow at the International Institute for Strategic Studies in Bahrain<\/em>]. <em>\u00ab\u00a0I don&rsquo;t see a strategy even for the next president. We&rsquo;ve gone too far.\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On observera, sous la plume du journaliste, la fa\u00e7on assez simple et imp\u00e9rative dont est balay\u00e9 l&rsquo;argument pourtant circonstanci\u00e9 et appuy\u00e9 sur une belle et bonne quincaillerie de l&rsquo;amiral : &laquo; <em>But others have concluded that&#8230; <\/em>[&#8230;]<em> is truly over.<\/em> &raquo; C&rsquo;est effectivement \u00e0 cette sorte de sonorit\u00e9 du jugement, \u00e0 cette tournure de phrase qu&rsquo;on comprend combien la fortune de la r\u00e9putation des USA a chang\u00e9, et avec elle la perception de sa puissance, et avec elle sa puissance elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si vous \u00eates assez rapide et assez irr\u00e9sistible pour vous glisser dans le \u00ab\u00a0cycle de l&rsquo;information\u00a0\u00bb (pour ce cas) de votre adversaire, vous pouvez \u00ab\u00a0dominer et dans certains cas paralyser ses mouvements par votre dynamisme\u00a0\u00bb, expose le colonel Pat Lang en citant <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/russes-en-syrie-aurythme-de-stonewall-jackson\">l&rsquo;analyse qui importe du brio<\/a> du g\u00e9n\u00e9ral sudiste Stonewall Jackson. Quelqu&rsquo;un, ou plut\u00f4t quelque chose, s&rsquo;est \u00ab\u00a0gliss\u00e9\u00a0\u00bb dans le \u00ab\u00a0cycle de la <em>narrative<\/em> du triomphe de la puissance am\u00e9ricaniste\u00a0\u00bb et l&rsquo;a domin\u00e9e, et m\u00eame, d\u00e9sormais, l&rsquo;a paralys\u00e9e. Le moyen de cette action de communication antiam\u00e9ricaniste qui touche et inspire toutes les psychologies est l'\u00a0\u00bboffensive russe\u00a0\u00bb en Syrie, &ndash; parce que, par quelque artifice myst\u00e9rieux, une puissance complexe faite d&rsquo;intuition, de v\u00e9rit\u00e9s de situation, d&rsquo;exp\u00e9rience, et aussi de l&rsquo;action d\u00e9cisive d&rsquo;une inspiration \u00e9lev\u00e9e, ont transform\u00e9 ce qui n&rsquo;\u00e9tait au d\u00e9part qu&rsquo;une incursion pleine de bonne volont\u00e9 et avide de coop\u00e9rer avec les puissances d\u00e9j\u00e0 en place (dont les USA) en un acte terrible d&rsquo;exposition par contraste de la nudit\u00e9 am\u00e9ricaniste, puissance perdue, dynamisme en retrait.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Effectivement, la quincaillerie et tous ses atours (man&oelig;uvres communes, bases, accords militaires, etc.) tels que les cultive le Pentagone et que nous expose l&rsquo;amiral Stavridis, ne p\u00e8sent d&rsquo;aucun poids malgr\u00e9 leur poids formidable. Les USA ont us\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la corde la capacit\u00e9 d&rsquo;influence de cette mati\u00e8re, de cet argument brutal de la technologie, de cette tendance irr\u00e9fragable \u00e0 la corruption par le volume et la quantit\u00e9, de cette force brute mais de plus en plus paresseuse et de plus en plus priv\u00e9e de la moindre imagination. Les dirigeants de l&rsquo;am\u00e9ricanisme eux-m\u00eames, et leurs commentateurs avec eux, semblent frapp\u00e9s de cette m\u00eame intimidation de soi-m\u00eame qui constitue la carence principale du caract\u00e8re <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/ah-ah-said-the-clown\">du premier d&rsquo;entre eux<\/a>. Ainsi les textes cit\u00e9s constituent-ils non seulement un constat d&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;influence, mais aussi et surtout un formidable constat <strong>d&rsquo;une non moins formidable fatigue psychologique<\/strong> qui affecte la chose qui pr\u00e9tendit \u00eatre l&rsquo;Empire du monde.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Rien, pas de d\u00e9faite, m\u00eame pas de combat bien au contraire, pour marquer cette pente d\u00e9clinante de plus en plus abrupte. Les USA se sont tant battus dialectiquement et par leurs <em>narrative<\/em> pour nous convaincre de leur puissance d&rsquo;au-del\u00e0 des temps et de leur exceptionnalit\u00e9, qu&rsquo;ils se sont us\u00e9s et \u00e9puis\u00e9s. Leur m\u00e9pris extraordinaire pour la r\u00e9alit\u00e9 aux profit des <em>narrative<\/em>-maison a pulv\u00e9ris\u00e9 effectivement la r\u00e9alit\u00e9, mais \u00e9galement les outils de la r\u00e9alit\u00e9 de leur puissance. Malgr\u00e9 la quincaillerie, il suffit donc que la <em>narrative<\/em> soit engag\u00e9e dans un cul-de-sac, que la psychologie fatigu\u00e9e ralentisse et dissolve le rythme du conteur, pour que l&rsquo;image de la puissance des USA commence \u00e0 s&rsquo;effriter, puis s&rsquo;effrite de plus en plus vite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Mais l\u00e0-dessus on notera que ce \u00ab\u00a0Malgr\u00e9 la quincaillerie\u00a0\u00bb-l\u00e0 finit se retourner sur lui-m\u00eame et par toucher la quincaillerie elle-m\u00eame, dont le maniement r\u00e9pond d\u00e9sormais aux seuls imp\u00e9ratifs logistiques, qui sont d\u00e9sormais le facteur fondamental de cette puissance en d\u00e9clin : <a href=\"http:\/\/www.nbcnews.com\/news\/world\/russia-bombs-syria-u-s-pulls-aircraft-carrier-out-persian-n440731\">ainsi du retrait du porte-avions<\/a> USS <em>Theodore Roosevelt<\/em> du Golfe Persique, pour raisons d&rsquo;extension exorbitante des d\u00e9ploiements et n\u00e9cessit\u00e9s techniques et humaines de rel\u00e2che &#8230; C&rsquo;est la premi\u00e8re fois depuis 2007 que l&rsquo;US Navy n&rsquo;a pas de porte-avions d&rsquo;attaque dans la zone M\u00e9diterran\u00e9e-Golfe Persique, alors que les Russes se trouvent au Moyen-Orient pour la premi\u00e8re fois sur un pied de guerre depuis les ann\u00e9es 1970.Le budget pharamineux du Pentagone [plus de $1200 milliards r\u00e9els par an] encalmin\u00e9 dans la gestion catastrophique, le gaspillage et la corruption bureaucratiques, ne permet aucune autre situation que cette absence de la Navy du Golfe Persique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi nous parlent tous ces commentaires, qui d\u00e9crivent un tournant strat\u00e9gique qui e&ucirc;t \u00e9t\u00e9 en d&rsquo;autres temps extraordinaire et d\u00e9cisif, et qui appara&icirc;t aujourd&rsquo;hui comme une simple formalit\u00e9 d&rsquo;une tendance irr\u00e9sistible. R\u00e9p\u00e9tons-le encore, ce ne sont pas les Russes qui sortent \u00ab\u00a0vainqueurs\u00a0\u00bb de l&#8217;empoignade pour imposer leur loi, ils sont l\u00e0 simplement pour tenter de r\u00e9tablir un peu de calme, pour apaiser et brider autant que faire se peut le d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral qui d\u00e9vore la r\u00e9gion. A eux seuls, ils ne pourront pas, &ndash; et ils ne le pr\u00e9tendent pas une seconde d&rsquo;ailleurs, &ndash; assurer la t\u00e2che formidable que les USA affirmaient accomplir et qu&rsquo;ils n&rsquo;accomplirent jamais.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Le retrait des USA est irr\u00e9sistible et irr\u00e9versible. Il n&rsquo;accomplit rien de d\u00e9cisif mais ouvre un peu plus les portes du d\u00e9sordre qui s&rsquo;attaque de plus en plus frontalement \u00e0 toutes les structures de subversion mises en place par le Syst\u00e8me. Nul ne sait ce qui se dessine derri\u00e8re cette dynamique en cours qui a les dimensions d&rsquo;un conflit de civilisation ; mais curieusement un conflit de civilisations sans les deux adversaires qui se font face, au contraire avec un seul protagoniste qui est notre civilisation (notre \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb) universelle, en crise g\u00e9n\u00e9rale, en crise totale, n\u00e9cessairement en guerre et n\u00e9cessairement <strong>en guerre contre elle-m\u00eame<\/strong>. Le retrait US du Moyen-Orient est une \u00e9tape de plus de cette crise de civilisation parvenue au paroxysme, de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ci-dessous, <a href=\"http:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/20151010\/1018748586\/proche-orient-influence-dominance-usa-russie-frappes.html#ixzz3oDsGBnCF\">le texte<\/a> de <em>Sputnik<\/em>-fran\u00e7ais du 9 octobre, sous le titre &laquo; <em>Les USA c\u00e8dent leur domination au Proche Orient \u00e0 la Russie<\/em> &raquo; et des extraits <a href=\"http:\/\/www.wsj.com\/articles\/americas-fading-footprint-in-the-middle-east-1444411954\">du texte<\/a> du Wall Street <em>Journal<\/em> du m\u00eame 9 octobre, &laquo; <em>America&rsquo;s Fading Footprint in the Middle East<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">&laquo; Les USA c\u00e8dent leur domination<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration en Syrie, l&rsquo;influence russe dans le Proche Orient est sans pr\u00e9c\u00e9dent, alors que les positions des Etats-Unis ne font que s&rsquo;affaiblir, ses adeptes ne voyant plus en Washington un alli\u00e9 fiable estiment les analystes de The Wall Street Journal.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; \u00ab\u00a0L&rsquo;influence am\u00e9ricaine et son implication dans les affaires de la r\u00e9gion traverse une p\u00e9riode de d\u00e9clin sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis la Seconde guerre mondiale\u00a0\u00bb, estime l&rsquo;ancien ambassadeur am\u00e9ricain en Afghanistan, en Syrie, en Irak, au Liban, au Kowe\u00eft et au Pakistan Ryan Crocker. D&rsquo;apr\u00e8s lui, le vide politique dans la r\u00e9gion est rempli pas \u00e0 pas par les forces que Washington tentait d&rsquo;endiguer durant tout ce temps.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Bien que Washington conserve toujours sa puissance militaire dans le Proche Orient, ses alli\u00e9s et ses adversaires ne croient plus que les Etats-Unis vont soutenir leurs amis, affirment les analyses. \u00ab\u00a0La r\u00e9gion ne poss\u00e8de aucun groupe qui soutienne les Etats-Unis, et c&rsquo;est frappant\u00a0\u00bb, fait remarquer Emile Hokayem, analyste \u00e0 l&rsquo;International Institute for Strategic Studies de Londres [antenne de Bahrain]. Ainsi, d&rsquo;apr\u00e8s lui, les cercles lib\u00e9raux sont persuad\u00e9s que le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Barack Obama est de connivence avec les dirigeants autoritaires. Pourtant, les autocrates voient dans les Etats-Unis un alli\u00e9 peu cr\u00e9dible. L&rsquo;analyste estime que Washington a perdu \u00e0 jamais sa position dominante dans le Proche Orient. &quot;Celui qui viendra apr\u00e8s M. Obama n&rsquo;aura pas beaucoup de cartes \u00e0 jouer. Je ne vois pas de strat\u00e9gie m\u00eame pour le pr\u00e9sident suivant. Nous sommes all\u00e9s trop loin&quot;, fait remarquer l&rsquo;analyste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Les alli\u00e9s des Etats-Unis dans le Proche Orient sont inquiets et optent souvent pour un compromis avec la Russie, souligne le Wall Street Journal (WSJ). C&rsquo;est notamment le cas d&rsquo;Isra\u00ebl, qui a refus\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re de soutenir la r\u00e9solution propos\u00e9e par les Etats-Unis \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Onu, concernant la Crim\u00e9e, et qui ne critique pas actuellement les frappes russes en Syries.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Bien que la Maison Blanche essaye de contester le d\u00e9clin de ses forces, les \u00e9v\u00e9nements de ces derni\u00e8res semaines, notamment le \u00ab\u00a0gambit syrien\u00a0\u00bb des Russes, font que la Russie est actuellement encore plus puissante au Proche Orient que dans les ann\u00e9es 1970-1980. &quot;M. Poutine aspire \u00e0 une sorte de domination conjointe avec les Etats-Unis dans le Proche orient et il a presque r\u00e9ussi&quot;, estime Camille Grand, directeur de la Fondation pour la Recherche Strat\u00e9gique \u00e0 Paris.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Plusieurs forces dans la r\u00e9gion, surtout l&rsquo;Irak et les Kurdes, sont d\u00e9senchant\u00e9es par l&rsquo;incapacit\u00e9 des Etats-Unis de contrer le groupe terroriste Etat islamique et saluent donc l&rsquo;op\u00e9ration russe en Syrie. \u00ab\u00a0Quels sont les r\u00e9sultats de cette coalition am\u00e9ricaine? La promotion de l&rsquo;EI\u00a0\u00bb, souligne Hicham M. Jaber, pr\u00e9sident du Centre du Moyen-Orient pour les Etudes et Relations publiques \u00e0 Beyrouth.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Une situation semblable a lieu en Asie centrale. Les pays qui avaient un jour rendu possible le d\u00e9ploiement des bases militaires occidentales sur leurs territoires rentrent dans l&rsquo;orbite de Moscou. \u00ab\u00a0Ce qui se passe en Afghanistan pousse nos pays vers la Russie. Personne ne sait ce que feront demain les Etats-Unis. Personne ne leur fait confiance: ni l&rsquo;\u00e9lite, ni les gens ordinaires\u00a0\u00bb, conclut l&rsquo;ex-vice premier ministre du Kirghizistan Tokon Mamytov. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>Sputnik<\/em>-fran\u00e7ais<\/h4>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">&laquo; <em>America&rsquo;s Fading Footprint in the Middle East<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Despised by some, admired by others, the U.S. has been the Middle East&rsquo;s principal power for decades, providing its allies with guidance and protection. Now, however, with Russia and Iran thrusting themselves boldly into the region&rsquo;s affairs, that special role seems to be melting away. As seasoned politicians and diplomats survey the mayhem, they struggle to recall a moment when America counted for so little in the Middle East&mdash;and when it was held in such contempt, by friend and foe alike. \u00ab\u00a0It&rsquo;s the lowest ebb since World War II for U.S. influence and engagement in the region,\u00a0\u00bb said Ryan Crocker, a career diplomat who served as the Obama administration&rsquo;s ambassador to Afghanistan and before that as U.S. ambassador to Iraq, Syria, Lebanon and Pakistan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; From shepherding Israel toward peace with its Arab neighbors to rolling back Iraq&rsquo;s 1990 invasion of Kuwait and halting the contagion of Iran&rsquo;s Islamic Revolution, the U.S. has long been at the core of the Middle East&rsquo;s security system. Its military might secured critical trade routes and the bulk of the world&rsquo;s oil supply. Today, the void created by U.S. withdrawal is being filled by the very powers that American policy has long sought to contain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p> &raquo; \u00ab\u00a0If you look at the heart of the Middle East, where the U.S. once was, we are now gone&mdash;and in our place, we have Iran, Iran&rsquo;s Shiite proxies, Islamic State and the Russians,\u00a0\u00bb added Mr. Crocker, now dean of the Bush School of Government and Public Service at Texas A&#038;M University. \u00ab\u00a0What had been a time and place of U.S. ascendancy we have ceded to our adversaries.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Of course, the U.S. retains a formidable presence across the greater Middle East, with some 45,000 troops in the region and deep ties with friendly intelligence services and partners in power from Pakistan to Morocco&#8230; [&#8230;]  \u00ab\u00a0It&rsquo;s not American military muscle that&rsquo;s the main thing&mdash;there is a hell of a lot of American military muscle in the Middle East. It&rsquo;s people&rsquo;s belief&mdash;by our friends and by our opponents&mdash;that we will use that muscle to protect our friends, no ifs, ands or buts,\u00a0\u00bb said James Jeffrey, a former U.S. ambassador to Iraq and Turkey. \u00ab\u00a0Nobody is willing to take any risks if the U.S. is not taking any risks and if people are afraid that we&rsquo;ll turn around and walk away tomorrow.\u00a0\u00bb This perception seems to be gaining traction in the region, where traditional allies&mdash;notably Israel and the Gulf monarchies&mdash;feel abandoned after the Obama administration&rsquo;s nuclear deal with Iran. Many regional leaders and commentators compare Russian President Vladimir Putin&rsquo;s unflinching support for Syrian President Bashar al-Assad&rsquo;s ruthless regime with Washington&rsquo;s willingness to let go of its own allies, notably Egypt&rsquo;s longtime autocrat Hosni Mubarak. The phrase \u00ab\u00a0red line\u00a0\u00bb now often elicits knowing smirks, a result of the president&rsquo;s U-turn away from striking Syria after the Assad regime&rsquo;s horrifying sarin-gas attack in 2013.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; \u00ab\u00a0Being associated with America today carries great costs and great risks,\u00a0\u00bb said Emile Hokayem, a senior fellow at the International Institute for Strategic Studies in Bahrain. \u00ab\u00a0Whoever you are in the region, you have a deep grudge against the United States. If you are in liberal circles, you see Obama placating autocratic leaders even more. And if you are an autocratic leader, you go back to the issue of Mubarak and how unreliable the U.S. is as an ally. There is not one constituency you will find in the region that is supportive of the U.S. at this point&mdash;it is quite stunning, really.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; The Obama administration&rsquo;s pivot away from the Middle East is rooted, of course, in deep fatigue with the massive military and financial commitments made by the U.S. since 9\/11, above all after the 2003 invasion of Iraq: Since 2001, at least $1.6 trillion has been spent, according to the Congressional Research Service, and 6,900 U.S. troops have been killed in the region. \u00ab\u00a0We couldn&rsquo;t have gone in more flat-out than we did in Iraq, and not only didn&rsquo;t it work, it made things even worse. That&rsquo;s something to keep in mind when talking about Syria,\u00a0\u00bb said Jeremy Shapiro, a fellow at the Brookings Institution in Washington and a former State Department official. By scaling down its Middle East commitments, he added, the Obama administration has rightly recognized the limitations of U.S. power in a perennially turbulent region: \u00ab\u00a0The difference is not whether you have peace, it&rsquo;s whether Americans are involved in the lack of peace.\u00a0\u00bb&#8230; [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Dramatic developments in recent weeks&mdash;from Russia&rsquo;s Syrian gambit to startling Taliban advances in Afghanistan&mdash;highlight just how much the region has changed since then. The Syrian deployment, in particular, has given Mr. Putin the kind of Middle Eastern power projection that, in some ways, exceeds the influence that the Soviet Union enjoyed in the 1970s and 1980s. Already, he has rendered all but impossible plans to create no-fly zones or safe areas outside the writ of the Assad regime&mdash;and has moved to position Russia as a viable military alternative that can check U.S. might in the region.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; \u00ab\u00a0What Putin wants is to establish a sort of co-dominion with the U.S. to oversee the Middle East&mdash;and, so far, he has almost succeeded,\u00a0\u00bb said Camille Grand, director of the Fondation pour la Recherche Strat\u00e9gique, a French think tank. Russia&rsquo;s entry has been welcomed by many in the region&mdash;particularly in Iraq, a mostly Shiite country where the U.S. has invested so much blood and treasure&mdash;because of mounting frustration with the U.S. failure to roll back Islamic State.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; More than a year after President Obama promised to \u00ab\u00a0degrade and ultimate destroy\u00a0\u00bb Islamic State, the Sunni militant group remains firmly in control of Mosul, Iraq&rsquo;s second-largest city. In May, it seized Ramadi, another crucial Iraqi city. Islamic State&mdash;also known as ISIS&mdash;is spreading across the region, rattling countries from Afghanistan to Libya to Yemen. \u00ab\u00a0What&rsquo;s been the result of this American coalition? Just the expansion of ISIS,\u00a0\u00bb scoffed retired Lebanese Maj. Gen. Hisham Jaber, who now runs a Beirut think tank.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Iraqi officials and Kurdish fighters have long complained about the pace of the U.S. bombing campaign against Islamic State and Washington&rsquo;s unwillingness to provide forward spotters to guide these airstrikes or to embed U.S. advisers with combat units. These constraints have made the U.S. military, in effect, a junior partner of Iran in the campaign against Islamic State, providing air cover to Iranian-guided Shiite militias that go into battle with portraits of the Ayatollahs Khomeini and Khamenei plastered on their tanks.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Iraq has already lost a huge chunk of its territory to Islamic State, and another calamity may be looming further east in Afghanistan. The Taliban&rsquo;s recent seizure of the strategic city of Kunduz, which remains a battleground, suggests how close the U.S.-backed government of President Ashraf Ghani has come to strategic defeat. Its chances of survival could dwindle further if the Obama administration goes ahead with plans to pull out the remaining 9,800 U.S. troops next year. \u00ab\u00a0If the Americans decide to withdraw all forces from Afghanistan, what has happened in Kunduz will happen to many other places,\u00a0\u00bb warned Afghan lawmaker Shinkai Karokhail.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Further afield, U.S. disengagement from Afghanistan has already driven Central Asian states that once tried to pursue relatively independent policies and allowed Western bases onto their soil back into Moscow&rsquo;s orbit. \u00ab\u00a0It&rsquo;s obvious that what&rsquo;s happening in Afghanistan is pushing our countries closer to Russia. Who knows what America may come up with tomorrow&mdash;nobody trusts it anymore, not the elites and not the ordinary people,\u00a0\u00bb said Tokon Mamytov, a former deputy prime minister of Kyrgyzstan who now teaches at the Kyrgyz-Russian Slavic University in Bishkek. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>The Wall Street <em>Journal<\/em><\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fin de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie US Avec l&rsquo;intervention russe au Moyen-Orient, le \u00ab\u00a0sentiment de la Fin\u00a0\u00bb est extr\u00eamement puissant et gagne tous les esprits, en un signe incontestable que les psychologies ont \u00e9t\u00e9 fortement touch\u00e9es. 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