{"id":76172,"date":"2015-10-16T11:39:34","date_gmt":"2015-10-16T11:39:34","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/10\/16\/dov-s-zakheim-ou-lapologie-de-vladimir-poutine\/"},"modified":"2015-10-16T11:39:34","modified_gmt":"2015-10-16T11:39:34","slug":"dov-s-zakheim-ou-lapologie-de-vladimir-poutine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/10\/16\/dov-s-zakheim-ou-lapologie-de-vladimir-poutine\/","title":{"rendered":"Dov S. Zakheim, ou l&rsquo;apologie de Vladimir Poutine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Dov S. Zakheim, ou l&rsquo;apologie de Vladimir Poutine<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il est tr\u00e8s utile de s&rsquo;attarder \u00e0 un article de Dov S. Zakheim, <a href=\"http:\/\/nationalinterest.org\/feature\/yes-putin-does-have-strategy-syria-14084\">dans <em>The National Interest<\/em><\/a> du 16 octobre 2015, repris par <em><a href=\"http:\/\/russia-insider.com\/en\/politics\/putins-strategy-middle-east-working-great\/ri10530\">Russia insider<\/a><\/em> le m\u00eame jour. C&rsquo;est, \u00e0 notre connaissance, le premier de Zakheim sur la phase actuelle (intervention russe) de la crise de Syrie, et l&rsquo;un des articles parus jusqu&rsquo;ici qui prend le plus en compte les dimensions strat\u00e9giques et historiques de l&rsquo;intervention russe en Syrie. (Au reste, Dov S. Zakheim \u00e9crit assez peu, et il est donc encore plus significatif qu&rsquo;il l&rsquo;ait fait avec cet article, et dans le sens qu&rsquo;on va voir.) Il est bon de conna&icirc;tre la personnalit\u00e9 et les tendances de Zakheim avant de lire cet article.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Zakheim est un personnage inhabituel, puisqu&rsquo;il est rabbin et qu&rsquo;il est en m\u00eame temps une personnalit\u00e9 constante des milieux de s\u00e9curit\u00e9 nationale et des milieux d&rsquo;affaires qui gravitent autour ; ce citoyen am\u00e9ricain, juif d&rsquo;une famille sioniste, occupa la position tr\u00e8s particuli\u00e8re d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;avocat z\u00e9l\u00e9 et l&rsquo;agent tr\u00e8s actif du Pentagone aupr\u00e8s des juifs US et en Isra\u00ebl plut\u00f4t qu&rsquo;\u00eatre un homme d&rsquo;influence au Pentagone en faveur d&rsquo;Isra\u00ebl. On a d\u00e9j\u00e0 vu un rappel des interventions de Zakheim sur ce site, et notamment une description du r\u00f4le qu&rsquo;il joua dans les ann\u00e9es 1980 pour la liquidation de l&rsquo;avion isra\u00e9lien <em>Lavi<\/em>, que nous avons rappel\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises. Ainsi <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-diron-dome-au-patriot-impair-et-manque-1\">\u00e9crivions-nous<\/a> dans des <em>Notes d&rsquo;analyse<\/em>, en 2012, en notant que l&rsquo;engagement <em>neocon<\/em> de Zakheim signal\u00e9 ici est \u00e0 g\u00e9om\u00eatrie variable, c&rsquo;est-\u00e0-dire actif en th\u00e9orie mais tr\u00e8s fortement nuanc\u00e9 dans la pratique et selon les circonstances :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>En 1984-86, Arens se battit de toutes ses forces pour sauver le projet d&rsquo;avion de combat isra\u00e9lien Lavi, qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme un projet garant de l&rsquo;ind\u00e9pendance et de la souverainet\u00e9 nationales isra\u00e9liennes. Il n&rsquo;avait aucune chance. Il perdit et le Lavi fut abandonn\u00e9, sous la pression formidable du Pentagone, qui ne voulait pas d&rsquo;un concurrent du F-16 \u00e0 l&rsquo;exportation. L&rsquo;homme qui r\u00e9alisa la liquidation du Lavi en mettant Isra\u00ebl \u00e0 genoux pour le compte du Pentagone est un rabbin am\u00e9ricain (ou am\u00e9ricaniste), Dov S. Zakheim, par ailleurs neocon et affairiste, et qui \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque un des cadres des services de l&rsquo;exportation au Pentagone. Dans son livre Flight of the Lavi &ndash; Inside a US-Israeli Crisis (Brassey&rsquo;s, 1996, Londres), Zakheim raconte ce que fut cette mission explicite de liquidation du Lavi, sa bataille \u00e0 Tel-Aviv pour y parvenir<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Un article de <em>Voltaire.net<\/em> du 9 septembre 2004 pr\u00e9cisait \u00e0 propos du r\u00f4le de Zakheim sur cette affaire :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Pour avoir \u00ab\u00a0sabot\u00e9\u00a0\u00bb le projet <\/em>[l&rsquo;avion <em>Lavi<\/em>]<em>, Zakheim est qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0tra&icirc;tre \u00e0 la famille\u00a0\u00bb par le ministre de la D\u00e9fense de l&rsquo;\u00e9poque, Moshe Arens, pourtant un ami d&rsquo;enfance. En 1996, le rabbin \u00e9tats-unien revient sur cet \u00e9pisode dans un livre, Flight of the Lavi &#8211; Inside a U.S.-Israeli Crisis. Il y raconte comment il a men\u00e9 \u00e0 bien sa mission, et \u00ab\u00a0r\u00e9sist\u00e9 aux dirigeants isra\u00e9liens, aux supporters de l&rsquo;&Eacute;tat juif \u00e0 Washington et \u00e0 la communaut\u00e9 juive am\u00e9ricaine, afin de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et strat\u00e9giques des Etats-Unis\u00a0\u00bb&#8230; <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Zakheim a poursuivi sa carri\u00e8re de haut-fonctionnaire actif, sans jamais compl\u00e8tement abandonner le milieu des affaires li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9fense, jusqu&rsquo;en 2006 (au Pentagone au poste de Contr\u00f4leur G\u00e9n\u00e9ral  de 2001 jusqu&rsquo;\u00e0 2006) ; depuis, il est rest\u00e9 membre de divers instituts et commissions officielles. C&rsquo;est dire qu&rsquo;on devrait attendre de lui, selon sa carri\u00e8re et ses engagements professionnels et n\u00e9cessairement \u00ab\u00a0id\u00e9ologiques\u00a0\u00bb, une position favorable \u00e0 la communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 nationale US et extr\u00eamement hostile aux Russes et \u00e0 Poutine, conform\u00e9ment \u00e0 la <em>narrative<\/em>. Au contraire, son article est une analyse extr\u00eamement favorable \u00e0 la Russie, d&rsquo;ailleurs fond\u00e9e sur des constats de situation qui sont conformes \u00e0 ce qui fut autant qu&rsquo;\u00e0 ce qui est ; son originalit\u00e9 est en effet qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 rechercher ces faits qui font d\u00e9sormais partie de l&rsquo;histoire pour mieux appr\u00e9cier la situation pr\u00e9sente, m\u00e9thode en g\u00e9n\u00e9ral compl\u00e8tement proscrite de la <em>narrative<\/em> courante o&ugrave; les rappels historiques sont r\u00e9duits aux slogans antisovi\u00e9tiques de la p\u00e9riode.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le constat g\u00e9n\u00e9ral de la position actuelle de la Russie est alors qu&rsquo;il y a effectivement une strat\u00e9gie russe (de Poutine au Moyen-Orient) et qu&rsquo;elle est un tr\u00e8s grand succ\u00e8s. Au contraire du jugement convenu, Zakheim pense que la position de la Russie est le contraire d&rsquo;une op\u00e9ration isol\u00e9e et ponctuelle, le contraire d&rsquo;une tactique improvis\u00e9e ou d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, le contraire d&rsquo;une d\u00e9marche d\u00e9structur\u00e9e et simplement d\u00e9fensive du dernier carr\u00e9 d&rsquo;influence russe au Moyen-Orient h\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque sovi\u00e9tique ; effectivement, puisque c&rsquo;est le contraire qui est vrai :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; [U]<em>ne partie significative de la communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 nationale de Washington r\u00e9duit le pr\u00e9sident Poutine de Russie \u00e0 un tacticien plut\u00f4t qu&rsquo;un strat\u00e8ge, ou, comme le pr\u00e9sident Obama l&rsquo;a laiss\u00e9 entendre, \u00e0 un fou qui a d\u00e9ploy\u00e9 ses forces dans un bourbier. Aucune de ces assertions ne refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 de la position de la Russie aujourd&rsquo;hui au Moyen-Orient. Alors qu&rsquo;on fait en g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;action de Poutine une tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de garder la position de la Russie en Syrie <\/em>[consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab\u00a0le seul alli\u00e9\u00a0\u00bb de la Russie dans la r\u00e9gion]<em>, bien peu d&rsquo;analystes r\u00e9alisent qu&rsquo;en fait Moscou est aujourd&rsquo;hui dans une position d&rsquo;influence au Moyen-Orient beaucoup plus forte que ne l&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 celle de l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Zakheim rappelle l&rsquo;histoire de l&rsquo;influence de l&rsquo;URSS au Moyen-Orient, essentiellement depuis la fin des ann\u00e9es 1960, la compare avec celle de la Russie actuellement pour montrer qu&rsquo;il y a dans ce cas nombre de progr\u00e8s. Plus encore, dans le passage ci-dessous, apr\u00e8s le r\u00e9sum\u00e9 de ses constats, il d\u00e9veloppe le th\u00e8me de la situation tr\u00e8s particuli\u00e8re des rapports entre la Russie de Poutine et Isra\u00ebl, qu&rsquo;il d\u00e9crit effectivement comme tr\u00e8s inhabituelle par rapport \u00e0 la pens\u00e9e convenue, conformiste et conforme \u00e0 la <em>narrative<\/em> sommaire \u00e0 laquelle on se r\u00e9f\u00e8re. A la diff\u00e9rence de l&rsquo;\u00e9poque sovi\u00e9tique o&ugrave; la rupture avec Tel-Aviv fut totale \u00e0 partir de 1967, il y a non seulement des liens, mais aussi une \u00ab\u00a0relation sp\u00e9ciale\u00a0\u00bb entre Isra\u00ebl et la Russie, tr\u00e8s souvent ignor\u00e9e et occult\u00e9e, et dont nous rendons compte r\u00e9guli\u00e8rement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/israel-et-lukraine-une-ambiguite-extreme\">avec la plus grande attention<\/a> tant nous jugeons important ce facteur&#8230; Zakheim est extr\u00eamement prolifique et affirmatif de ce point de vue, et sa situation de juif sioniste avec des liens eux-m\u00eames \u00ab\u00a0sp\u00e9ciaux\u00a0\u00bb avec Isra\u00ebl est \u00e0 prendre fortement et express\u00e9ment en consid\u00e9ration pour appr\u00e9cier la validation de cette analyse.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>The situation is far different today <\/em>[<em>than it was during USSR&rsquo;s days<\/em>]<em>. To begin with, Iran and Russia are now Bashar Assad&rsquo;s primary bulwarks, both of them determined to preserve an Alawi regime, if not Assad himself. Russia maintains its cordial relations with Iraq, which are becoming increasingly stronger as Iraq continues to fall under Tehran&rsquo;s influence. Russia has strengthened its ties with Egypt, both economically and in what both Putin and the government of President Abdel Fateh al-Sisi call the \u00ab\u00a0fight against terrorism.\u00a0\u00bb The two presidents have exchanged state visits over the past two years.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Lastly, Russia has excellent ties with the most powerful state in the Middle East, namely Israel. Moscow and Jerusalem have become increasingly close. When he was foreign minister, Avigdor Liberman was a \u00ab\u00a0frequent flyer\u00a0\u00bb to Moscow and continues to maintain a direct line to Putin. As with Egypt, trade between the two countries continues to increase, including trade in armaments. Indeed, Jerusalem is so sensitive to Moscow&rsquo;s desires that it cut off military sales to Georgia during the 2008 Russo-Georgian conflict and has not renewed them ever since. Indeed, there seemed to be some truth to allegations that Israel had supplied data-link codes to Russia to disable Georgian drones prior to the 2008 war. Israel has also hesitated to sell drones or other arms to Ukraine, specifically as a result of Putin&rsquo;s personal request to Prime Minister Benjamin Netanyahu.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo; All of these developments explain why Putin is in a much stronger position regarding Russia&rsquo;s intervention in Syria than might otherwise have been the case. Iran and its Lebanese puppet Hezbollah are providing boots on the ground in support of Assad; Russian forces are reputedly joining them, in addition to Moscow&rsquo;s air strikes against anti-Assad rebel forces. Iraq has joined with Russia and Iran in creating a coordination center in Damascus. Egypt, for its part, has openly supported Russian intervention in Syria. As Egypt&rsquo;s Foreign Minister Sameh Shoukry stated just two days after Russia launched its first airstrikes against the Syrian opposition, \u00ab\u00a0Russia&rsquo;s entrance, given its potential and capabilities, is something we see is going to have an effect on limiting terrorism in Syria and eradicating it.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Lastly, and significantly, due to Netanyahu&rsquo;s visit to Moscow prior to the first Russian air strikes, the two leaders agreed upon what Netanyahu termed a \u00ab\u00a0joint mechanism\u00a0\u00bb to assure de-confliction between the operations of Israeli and Russian forces. In effect, the agreement gave Moscow a free hand in Syria, while Israel would not face any Russian objections to its retaliating against Hezbollah or anti-Assad forces launched from Syrian territory.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Zakheim \u00e9tait ce qu&rsquo;il est et faisant ce qu&rsquo;il fait, il a peut-\u00eatre \u00ab\u00a0trahi la famille\u00a0\u00bb \u00e0 un moment mais il en fait toujours partie. (Quoique cette accusation de \u00ab\u00a0trahison\u00a0\u00bb venant de Arens n&rsquo;a pas un cr\u00e9dit \u00e9vident dans les milieux isra\u00e9liens de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Nous ne parlons pas ici de vertu civique mais d&rsquo;opportunisme conformiste en politique : Arens, esprit ombrageux et ind\u00e9pendant, peu ami des USA, a \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame accus\u00e9, \u00e0 l&rsquo;une ou l&rsquo;autre reprises d&rsquo;avoir \u00ab\u00a0trahi la famille\u00a0\u00bb par d\u00e9viationnisme dans le choix des mat\u00e9riels de guerre, en tentant d&rsquo;\u00e9carter l&rsquo;option US avec le <em>Lavi<\/em>. Du coup, on peut conjecturer que l&rsquo;accusation de \u00ab\u00a0tra&icirc;tre\u00a0\u00bb venant d&rsquo;un \u00ab\u00a0tra&icirc;tre\u00a0\u00bb n&rsquo;a certainement pas exclu Zakheim du cercle \u00ab\u00a0familial\u00a0\u00bb le plus intime&#8230;) Nous consid\u00e9rerons donc que Zakheim, personnage important, \u00e0 la fois juif sioniste et membre de la communaut\u00e9 nationale US, consulte r\u00e9guli\u00e8rement ses amis \u00e0 Tel-Aviv, comme il garde ses contacts \u00e9videmment dans les milieux du Pentagone et associ\u00e9s. C&rsquo;est pour cela que son avis est important, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un avis inform\u00e9, qui prend en compte les faits les plus importants des cercles auxquels il se r\u00e9f\u00e8re. On peut alors penser que Zakheim ne risque pas trop de m\u00e9contenter la direction isra\u00e9lienne en disant ce qu&rsquo;il dit, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il rencontre au moins en partie ce que certains pensent secr\u00e8tement  \u00e0 Tel-Aviv.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Or, si on le traduit, Zakheim ne dit rien d&rsquo;autre, par logique induite, que ceci : la Russie domine aujourd&rsquo;hui par son influence le Moyen-Orient, et par cons\u00e9quent les USA ne le dominent plus. Si l&rsquo;on admet que cet avis ne \u00ab\u00a0trahit\u00a0\u00bb pas trop \u00ab\u00a0la famille\u00a0\u00bb, on peut admettre que cet avis est partag\u00e9 au moins par une partie non n\u00e9gligeable de la communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 nationale isra\u00e9lienne. L&rsquo;accent mis sur les liens discrets mais tr\u00e8s forts qui unissent Isra\u00ebl et la Russie devient, dans cette logique-l\u00e0, une invitation \u00e0 consid\u00e9rer comme int\u00e9ressante la possibilit\u00e9 qu&rsquo;Isra\u00ebl envisage <strong>au moins un r\u00e9\u00e9quilibrage tr\u00e8s s\u00e9rieux et cons\u00e9quent<\/strong> de ses alliances fondamentales, impliquant une dynamique qui pourrait d\u00e9boucher sur un changement d&rsquo;alliance, &ndash; avec, comme grand alli\u00e9, la Russie plut\u00f4t que les USA. (On notera que cette id\u00e9e ne serait pas trop combattue par Netanyahou, si les conditions strat\u00e9giques s&rsquo;y pr\u00eataient, tant l&rsquo;inimiti\u00e9, voire la haine du Premier ministre isra\u00e9lien pour le pr\u00e9sident des Etats-Unis est av\u00e9r\u00e9e et de plus en plus une interf\u00e9rence cons\u00e9quente sur les relations d&rsquo;Isra\u00ebl avec les USA.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De ce point de vue, il est int\u00e9ressant que Zakheim pose son jugement sur une perspective historique o&ugrave; l&rsquo;URSS et la Russie se confondent, pour pouvoir mieux appr\u00e9cier la diff\u00e9rence de statut de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre, avec la \u00ab\u00a0surprise\u00a0\u00bb (pour ceux qui d\u00e9daignent l&rsquo;histoire) de constater que la Russie de Poutine est dans une position plus forte que ne fut jamais l&rsquo;URSS. (Nous-m\u00eames n&rsquo;avons jamais dout\u00e9 de cette \u00e9volution, notamment en observant que la p\u00e9riode des ann\u00e9es 1970, essentiellement entre 1973 et 1979, fut la p\u00e9riode de plus grande h\u00e9g\u00e9monie d&rsquo;influence des USA, &ndash; bien plus grande que la p\u00e9riode de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, depuis les deux guerres contre l&rsquo;Irak. De ce point de vue \u00e9galement, les l\u00e9gendes sont tenaces, et les <em>narrative <\/em>autant que la communication convaincantes pour les esprits peu inclin\u00e9s \u00e0 la culture et \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience historique. Seuls les USA r\u00e9ussirent \u00e0 d\u00e9passer, pendant cette p\u00e9riode, l&rsquo;antagonisme Est-Ouest projet\u00e9 au Moyen-Orient, alors que l&rsquo;URSS passa toutes ses alliances jusqu&rsquo;en 1967-1973 et sa compl\u00e8te \u00e9limination de la r\u00e9gion, en fonction de cet antagonisme Est-Ouest, donc essentiellement avec les pays arabes anti-occidentaux et sans la possibilit\u00e9 d&rsquo;alliances avec les autres. Pour cette raison, l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie US sur la r\u00e9gion, \u00e0 partir de 1967-1973 et jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9volution islamique en Iran, fut \u00e0 peu pr\u00e8s complet.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;un autre point de vue, il est \u00e9galement significatif qu&rsquo;un Zakheim se juge libre de d\u00e9velopper une telle analyse, si implicitement d\u00e9favorable aux USA, malgr\u00e9 ses points d&rsquo;attache avec le Pentagone et la communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 nationale de Washington. On peut en tirer une autre hypoth\u00e8se. La situation pr\u00e9sente provoque notamment dans ces milieux washingtoniens de la s\u00e9curit\u00e9 nationale o&ugrave; l&rsquo;influence des <em>neocons<\/em> est la moins forte une sorte de \u00ab\u00a0fatigue strat\u00e9gique\u00a0\u00bb apr\u00e8s tant de revers et de difficult\u00e9s, et avec l&rsquo;extr\u00eame confusion actuelle o&ugrave; les USA se trouvent compl\u00e8tement ligot\u00e9s dans leurs alliances et manipulations innombrables jusqu&rsquo;\u00e0 sembler n&rsquo;y comprendre eux-m\u00eamles plus rien. Cette \u00ab\u00a0fatigue strat\u00e9gique\u00a0\u00bb implique une certaine r\u00e9signation \u00e0 la situation actuelle, sinon un certain d\u00e9sir de r\u00e9serve signifiant un certain d\u00e9sengagement de la r\u00e9gion. Du coup, les sp\u00e9culations sur l&rsquo;\u00e9mergence de la Russie, voire sur l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;Isra\u00ebl dans le sens que sugg\u00e8re indirectement Zakheim sont moins prises, sinon au s\u00e9rieux, du moins au tragique. Des courants de pens\u00e9e autour du Pentagone voire au sein du Pentagone, doivent commencer \u00e0 rejoindre certains aspects des arguments des avocats d&rsquo;un certain isolationnisme de circonstance, un peu \u00e0 la mani\u00e8re de ceux qu&rsquo;on retrouve chez un Trump. Ce serait un peu une fa\u00e7on de dire : \u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout, si les Russes veulent s&rsquo;en charger &#8230; Nous, on a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 et on en est absolument \u00e9puis\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 16 octobre 2015 \u00e0 11H41<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dov S. Zakheim, ou l&rsquo;apologie de Vladimir Poutine Il est tr\u00e8s utile de s&rsquo;attarder \u00e0 un article de Dov S. Zakheim, dans The National Interest du 16 octobre 2015, repris par Russia insider le m\u00eame jour. 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