{"id":76177,"date":"2015-10-18T17:16:31","date_gmt":"2015-10-18T17:16:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/10\/18\/ma-verite-de-situation\/"},"modified":"2015-10-18T17:16:31","modified_gmt":"2015-10-18T17:16:31","slug":"ma-verite-de-situation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/10\/18\/ma-verite-de-situation\/","title":{"rendered":"Ma \u201cv\u00e9rit\u00e9-de-situation\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Ma \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9-de-situation\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>18 octobre 2015 &ndash; Pour prendre le philosophe-m\u00e9taphysicien \u00e0 revers, ou \u00e0 contrepied c&rsquo;est selon, je p\u00eache dans son texte sa proposition s\u00e9mantique actant l&rsquo;avancement de son concept et je m\u00e9lange les deux \u00e9tapes en un \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9-de-situation\u00a0\u00bb. (Voir le passage :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Et, \u00e0 partir d&rsquo;ici, nous proposons, pour confirmer l&#8217;emploi du concept mais continuer \u00e0 le distinguer en tant que tel, d&rsquo;utiliser une autre forme, &ndash; les tirets de v\u00e9rit\u00e9-de-situation rempla\u00e7ant les guillemets de \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 de situation\u00a0\u00bb, &ndash; qui sera de plus en plus privil\u00e9gi\u00e9e par nous.<\/em> &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cette fa\u00e7on de commencer ne fait que pr\u00e9senter sous la forme d&rsquo;une pirouette le commentaire informel et officieux de ce <em>Journal dde.crisis <\/em>accompagnant le texte du <em>Glossaire.dde<\/em> sur <em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">v\u00e9rit\u00e9-de-situation &#038; V\u00e9rit\u00e9<\/a><\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est un <strong>probl\u00e8me bien grave mais fort simple<\/strong> qui est abord\u00e9 dans le texte du <em>Glossaire.dde<\/em>, auquel je suis confront\u00e9 tous les jours, comme chacun d&rsquo;entre vous, de la fa\u00e7on la plus simple qui est de comprendre que, pour chaque ligne lue, il faut craindre d&rsquo;\u00eatre la victime de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre mensonge, la dupe d&rsquo;une communication truqu\u00e9e. Pour l&rsquo;aborder, il faut reconna&icirc;tre que le philosophe-m\u00e9taphysicien, ou pseudo-m\u00e9taphysicien comme je vais dire affectueusement, ne semble pas prendre la voie de la simplicit\u00e9. Ainsi en est-il souvent lorsqu&rsquo;un pas de plus est fait dans l&rsquo;avancement du <em>Glossaire.dde <\/em>; il y a une plume qui \u00e9crit, emport\u00e9e par la rigueur du raisonnement et toute enti\u00e8re concentr\u00e9e sur les obstacles de la description du cheminement de la chose ; il y a une autre main, qui tient une plume plus l\u00e9g\u00e8re, qui virevolte, de-ci de-l\u00e0, plut\u00f4t comme un chevau-l\u00e9ger autour de la cavalerie lourde des cuirassiers ; ici, les mots volent et virent parce qu&rsquo;ils sont laiss\u00e9s \u00e0 leur libert\u00e9 et n&rsquo;ont pas l&rsquo;intention de s&rsquo;aventurer dans des exp\u00e9ditions lointaines et myst\u00e9rieuses, l\u00e0 ils sont regroup\u00e9s et harnach\u00e9s en phrases parcourues et maintenues de structures qui les prot\u00e8gent comme ferait une cuirasse qui pourrait ais\u00e9ment para&icirc;tre contraignante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On devine ce qui vient sous ma plume, moi qui me targue d&rsquo;\u00eatre chevau-l\u00e9ger (*) dans cette circonstance et dans ce cadre bien d\u00e9fini pour le ton et la mani\u00e8re du <em>Journal dde.crisis. <\/em> \u00ab\u00a0Harnach\u00e9s\u00a0\u00bb ? Phrases \u00ab\u00a0parcourues et maintenues de structures\u00a0\u00bb ? \u00ab\u00a0Cuirasse\u00a0\u00bb ? Tout cela me para&icirc;t bien lourd, comme la cavalerie du m\u00eame qualificatif. Je sais parfaitement, parce que je connais le bonhomme comme s&rsquo;il \u00e9tait un autre moi-m\u00eame, ce que va ma r\u00e9pondre notre pseudo-m\u00e9taphysicien. Comme tout bon cuirassier, il va r\u00e9pondre par une contre-attaque qui est une charge &hellip; Il a Voltaire en bandouill\u00e8re, ce prince ricanant du \u00ab\u00a0style moderne\u00a0\u00bb, court et incisif, qu&rsquo;il va retourner contre ses critiques. Un jour, le pseudo-m\u00e9taphysicien, qui lisait Sainte-Beuve lisant Jean-Jacques et abreuvant sa critique, bien entendu, \u00e0 ce m\u00eame Voltaire, le pseudo-m\u00e9taphysicien donc tomba sur cette citation. C&rsquo;est une lettre de Voltaire \u00e0 un nomm\u00e9 Pitot, datant du 20 juin 1737, et Sainte-Beuve en retire cette phrase :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Vous trouvez que je m&rsquo;explique assez clairement : je suis comme les petits ruisseaux, ils sont transparents parce qu&rsquo;ils sont peu profonds<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Puis le commentaire de Sainte-Beuve, qui s&rsquo;y entendait pour d\u00e9cocher des fl\u00e8ches \u00e0 fleuret mouchet\u00e9, sans en avoir l&rsquo;air et en ayant l&rsquo;air de c\u00e9l\u00e9brer le talent et le brio de sa cible : &laquo; <em>Il<\/em> [Voltaire]<em> disait cela en riant ; on se dit ainsi \u00e0 soi m\u00eame bien des demi-v\u00e9rit\u00e9s<\/em>. &raquo; (Pourquoi \u00ab\u00a0demi\u00a0\u00bb, me suis-je souvent demand\u00e9 ? Parce que Sainte-Beuve \u00e9tait un critique audacieux et subtil \u00e0 la fois, qui savait dire son fait tout en retenant les coups, &ndash; avec ses fl\u00e8ches \u00e0 demi-fleuret mouchet\u00e9&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce que notre pseudo-m\u00e9taphysicien veut dire, &ndash; je me fais ici, ou je crois me faire l&rsquo;avocat du diable, &ndash; c&rsquo;est que la recherche appuy\u00e9e sinon ostentatoire de la clart\u00e9, du naturel, de la \u00ab\u00a0nervosit\u00e9 de la langue\u00a0\u00bb, du d\u00e9pouillement, du naturel r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;essentiel sinon \u00e0 la spontan\u00e9it\u00e9 \u00e9lev\u00e9e en vertu, cache parfois, et peut-\u00eatre souvent qui sait, une paresse de la plume lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de d\u00e9crire ce que l&rsquo;esprit et <strong>surtout d&rsquo;autres forces cach\u00e9es<\/strong> d\u00e9couvrent pour elle et lui enjoignent de dire. Dans ce cas, la plume sacrifie \u00e0 la pose, et les \u00ab\u00a0petits ruisseaux &#8230; transparents parce que peu profonds\u00a0\u00bb ressemblent \u00e0 l&rsquo;\u00e9cume des jours qui satisfait \u00e0 l&rsquo;effet ; et l&rsquo;on sait que, dans notre \u00e9poque d&rsquo;inversion o&ugrave; l&rsquo;on a appris en toutes choses le p\u00e9remptoire, le comble de l&rsquo;effet c&rsquo;est de dire qu&rsquo;on n&rsquo;en cherche aucun. Certes, en \u00e9crivant cette phrase que cite Sainte-Beuve, dit le pseudo-m\u00e9taphysicien, \u00ab\u00a0j&rsquo;entends Voltaire ricaner car <strong>lui il sait, naturellement<\/strong>\u00a0\u00bb ; Voltaire est tout sauf stupide, et il porte jusqu&rsquo;au pinacle son g\u00e9nie de la simulation et de manipulation ; il sait que sa langue, dont on lui fait grande vertu parce qu&rsquo;elle d\u00e9daigne l&rsquo;effet des phrases mesur\u00e9e trop longues et ignore qu&rsquo;elle doit \u00eatre la traduction des choses les plus complexes du monde autant que la description des \u00e9lans les plus sacr\u00e9s, a obtenu effectivement l&rsquo;effet qui assure sa c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 dans les salons. Cette affaire autour de Voltaire, dit encore notre pseudo-m\u00e9taphysicien, n&rsquo;est pas indiff\u00e9rente parce qu&rsquo;elle se passe au XVIIIe si\u00e8cle qui est le si\u00e8cle de la lib\u00e9ration du grand langage classique renvoy\u00e9 au magasin des vieilleries accessoire et qu&rsquo;elle est aussi l&rsquo;\u00e9poque du triomphe du \u00ab\u00a0persiflage\u00a0\u00bb qui va constituer une arme terrible pour \u00e9puiser la psychologie et la pr\u00e9parer \u00e0 la capitulation devant la modernit\u00e9. (&#8230;Pas un hasard non plus si la premi\u00e8re fois que l&#8217;emploi du mot \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/sommes-nous-en-1789\">persiflage<\/a>\u00a0\u00bb est signal\u00e9, l&rsquo;est sous la plume du m\u00eame Voltaire. Il appara&icirc;t exactement en 1734 dans un \u00e9crit de Voltaire, dans une de ses correspondances sous la forme d&rsquo;une lettre \u00e0 Maupertuis, et nul ne sait d&rsquo;o&ugrave; vient ce mot :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Savez-vous que j&rsquo;ai fait prodigieusement gr\u00e2ce \u00e0 ce Pascal ? De toutes les proph\u00e9ties qu&rsquo;il rapporte, il n&rsquo;y en a pas une qui puisse honn\u00eatement s&rsquo;expliquer de J\u00e9sus-Christ. Son chapitre sur les miracles est un <strong>persiflage<\/strong>. Cependant je n&rsquo;ai rien dit et l&rsquo;on crie. Mais laissez-moi faire. Quand je serai une fois \u00e0 B\u00e2le je ne serai pas si prudent<\/em>. &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il y a tant et tant \u00e0 dire sur cette question de la langue, qui me taraude plut\u00f4t en surface puisque la fonction du chevau-l\u00e9ger est plus de butiner et d&rsquo;\u00e9clairer la beaut\u00e9 du monde et les travers des <em>sapiens<\/em> que d&rsquo;explorer les profondeurs de l&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;univers et du cosmos, mais qui est sans aucun doute le sujet d&rsquo;une profonde m\u00e9ditation de notre pseudo-m\u00e9taphysicien puisqu&rsquo;il est du c\u00f4t\u00e9 des cuirassiers de la cavalerie lourde. Je sais qu&rsquo;il poss\u00e8de \u00e0 cet \u00e9gard nombre d&rsquo;armes non moins lourdes, de munitions terribles, d&#8217;emportements formidables au nom desquels il proclame que son \u00e9crit et sa parole ne d\u00e9pendent ni de son choix, ni de son go&ucirc;t. Ainsi aime-t-il \u00e0 citer Gorge Steiner, dans une conf\u00e9rence donn\u00e9e \u00e0 Bruxelles en 1982 et reprise dans <em>Les Logocrates<\/em> (L&rsquo;Herne, Essais et Philosophie, 2003) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Le point de vue \u00ab\u00a0logocratique\u00a0\u00bb est beaucoup plus rare et presque par d\u00e9finition, \u00e9sot\u00e9rique. Il radicalise le postulat de la source divine, du myst\u00e8re de l&rsquo;<strong>incipit<\/strong>, dans le langage de l&rsquo;homme. Il part de l&rsquo;affirmation selon laquelle le <strong>logos<\/strong> pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;homme, que \u00ab\u00a0l&rsquo;usage\u00a0\u00bb qu&rsquo;il fait de ses pouvoirs numineux est toujours, dans une certaine mesure, une usurpation. Dans cette optique, l&rsquo;homme n&rsquo;est pas le ma&icirc;tre de la parole, mais son serviteur. Il n&rsquo;est pas propri\u00e9taire de la \u00ab\u00a0maison du langage\u00a0\u00bb (<strong>die Behausung der Sprache<\/strong>), mais un h\u00f4te mal \u00e0 l&rsquo;aise, voire un intrus&hellip;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Parmi les grands \u00ab\u00a0logocrates\u00a0\u00bb, Steiner d\u00e9signe \u00e9videmment Joseph de Maistre, dont le travail et le jugement portent, dans ce domaine transcendant du mot et de l&rsquo;\u00e9crit, sur l&rsquo;origine divine de la langue et marquent la chute irr\u00e9m\u00e9diable de notre-modernit\u00e9 dans le langage sans cesse r\u00e9form\u00e9, dans le sens du trop-fameux \u00ab\u00a0le-style-c&rsquo;est-l&rsquo;homme\u00a0\u00bb alors que l&rsquo;homme de cesse de chuter. Pour Maistre, \u00e9crit Steiner,<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;[i]<em>l existe un accord ontologique entre les mots et le sens parce que toute parole humaine est l&rsquo;\u00e9manation imm\u00e9diate du &lsquo;logos&rsquo; divin<\/em>. &raquo; [&#8230;]   &laquo; [Maistre] <em>fit valoir la congruence essentielle existant entre l&rsquo;\u00e9tat du langage, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la sant\u00e9 et les fortunes du corps politique de l&rsquo;autre. En particulier, il d\u00e9couvrit une corr\u00e9lation exacte entre la d\u00e9composition nationale ou individuelle et l&rsquo;affaiblissement ou l&rsquo;obscurcissement du langage : \u00ab\u00a0En effet, toute d\u00e9gradation individuelle ou nationale est sur-le-champ annonc\u00e9e par une d\u00e9gradation rigoureusement proportionnelle dans le langage\u00a0\u00bb&hellip;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cette question du langage fascine les Russes, \u00e9galement, et ce n&rsquo;est pas pour rien. Il y a, dans cette pr\u00e9occupation de l&rsquo;origine divine de la parole au travers de leurs langues respectives, ou de l&rsquo;image qu&rsquo;ils s&rsquo;en font, quelque chose qui unit les Fran\u00e7ais et les Russes, ou plut\u00f4t les pens\u00e9es ou <strong>les \u00e2mes po\u00e9tiques dirais-je comme l&rsquo;on dit \u00e2mes h\u00e9ro\u00efques<\/strong>, d&rsquo;influences ou de couleurs fran\u00e7aise et russe. Ceci, par exemple, que me sort, comme nouvel argument, notre pseudo-m\u00e9taphysicien, qui vient du sociologue Kara Morza, via Vladimir Volkoff (***), et qui semblerait justifier d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, \u00e0 ses yeux, certaines des choses (notamment sur l&rsquo;imprimerie) qu&rsquo;il dit, et la fa\u00e7on dont il les dit, dans son <em>Glossaire.dde : v\u00e9rit\u00e9s-de-situation &#038; V\u00e9rit\u00e9<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Quand l&rsquo;homme lisait un manuscrit au Moyen &Acirc;ge (d&rsquo;ordinaire collectivement, \u00e0 haute voix et en chantant), ce n&rsquo;\u00e9tait pas un dialogue : l&rsquo;homme, comme un p\u00e8lerin, suivait le texte en direction de la v\u00e9rit\u00e9 qui y \u00e9tait cach\u00e9e<\/em>. [&hellip;] <em>Le texte \u00e9tait un labyrinthe, presque une ic\u00f4ne.<\/em> [&hellip;] <em>On ne pouvait le discuter, on ne pouvait que le commenter. L&rsquo;imprimerie a donn\u00e9 un autre type de livre, qu&rsquo;on lisait et qu&rsquo;on relisait pour soi, en m\u00e9ditant et en contredisant l&rsquo;auteur. Le lecteur est devenu un coauteur et la lecture une cr\u00e9ation<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&#8230; En fait d'\u00a0\u00bbavocat du diable\u00a0\u00bb et de chevau-l\u00e9ger, je l&rsquo;avoue, on pourrait faire mieux. A relire ce texte d\u00e9cousu o&ugrave; j&rsquo;ai voulu d\u00e9signer le pseudo-m\u00e9taphysicien parce qu&rsquo;il me semble figurer un peu trop <a href=\"http:\/\/www.contre-info.com\/6-aout-1870-la-%C2%AB-charge-de-reichshoffen-%C2%BB\">le cuirassier h\u00e9ro\u00efque<\/a> chargeant <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bataille_de_Fr%C5%93schwiller-W%C5%93rth_(1870)\">\u00e0 Reichshoffen<\/a> (&laquo; <em>Ah, les braves gens ! <\/em>&raquo; disait l&rsquo;Empereur), pour un r\u00e9sultat qu&rsquo;il est de coutume de juger inutile et inutilement sanglant, je m&rsquo;aper\u00e7ois que je lui ai donn\u00e9 en fait des armes pour me faire taire en \u00e9crivant un peu le contraire de ce que j&rsquo;aurais voulu faire sentir. Il est vrai que le chevau-l\u00e9ger n&rsquo;a pas l&rsquo;habitude de plaider tandis que le pseudo-m\u00e9taphysicien a \u00e7a dans la plume comme on l&rsquo;a dans le sang. Finalement, je suis conduit \u00e0 l&rsquo;observation que le chevau-l\u00e9ger et le cuirassier ne sont pas si \u00e9loign\u00e9s qu&rsquo;on croit, pour autant que chacun remplisse sa mission \u00e0 sa mani\u00e8re, dans son genre ; ils ont en commun d&rsquo;aimer le cheval, cette noble et superbe b\u00eate qui sait bien, elle, \u00e0 quoi sert leur combat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le chevau-l\u00e9ger s&rsquo;en tire toujours par une pirouette tandis que le cuirassier poursuit sa course effr\u00e9n\u00e9e. Le chevau-l\u00e9ger tourne, le cuirassier charge. Sans doute sont-ils tous les deux n\u00e9cessaires, et un peu fous bien entendu. (C&rsquo;est la pirouette dont je parlais.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notes<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(*) &#8230; On dirait aussi le \u00ab\u00a0hussard\u00a0\u00bb, symbole d&rsquo;une \u00e9cole litt\u00e9raire qui se voulait le contraire d&rsquo;\u00eatre p\u00e9dagogique et qui c\u00e9l\u00e9brait la phrase courte et tranchante comme un coup de sabre. Pourtant&#8230; L&rsquo;un des \u00ab\u00a0hussard\u00a0\u00bb les plus c\u00e9l\u00e8bres, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;y mettait sous son vrai nom de Jacques Laurent et nous donnait <em>Les B\u00eatises<\/em>, Prix Goncourt s&rsquo;il vous pla&icirc;t, ne d\u00e9testait pas les phrases labyrinthiques et pleines de recoins cach\u00e9s ; et on ne lui donnait pas tort.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(**) Cit\u00e9 par Sainte-Beuve, dans l&rsquo;article \u00ab\u00a0Jean-Jacques Rousseau\u00a0\u00bb, <em>Panorama de la Litt\u00e9rature fran\u00e7aise<\/em>, Le Livre de poche, 2004. Il est vrai que l&rsquo;un des sports favoris de tout grand critique ou commentateur de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise est de c\u00e9l\u00e9brer la d\u00e9testation tenace qui opposait le ricanant (Voltaire) au furieux (Jean-Jacques) ; tous les deux grands esprits et belles plumes, mais des caract\u00e8res impossibles&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(***) Volkoff, ce Russe francis\u00e9 au rire sardonique qui entretenait avec constance une foi orthodoxe dont il se servait comme d&rsquo;une provocation dans les salons o&ugrave; il ne d\u00e9daignait absolument pas de parader. Moi-m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/memoires-du-dehors-entre-volkoff-et-montand\">qui l&rsquo;ai fr\u00e9quent\u00e9<\/a> en 1984-1987, je n&rsquo;ai jamais pu, Dieu soit lou\u00e9, me faire une id\u00e9e pr\u00e9cise de lui, exactement comme dans la qestion de la labngue et du style. Entre agent secret triple ou quadruple, mondain imp\u00e9nitent et s\u00e9ducteur accessoire de minettes, Russe et orthodoxe sans retour ni la moindre concession, et enfin \u00e9crivain et pol\u00e9miste qui termina sa vie en montrant, lui qui \u00e9tait presque-am\u00e9ricaniste \u00e0 force d&rsquo;antisovi\u00e9tisme affich\u00e9, qu&rsquo;il avait finalement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/un-avertissement-de-volkoff\">saisi avec fermet\u00e9<\/a> l&rsquo;essence de la crise du monde.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ma \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9-de-situation\u00a0\u00bb 18 octobre 2015 &ndash; Pour prendre le philosophe-m\u00e9taphysicien \u00e0 revers, ou \u00e0 contrepied c&rsquo;est selon, je p\u00eache dans son texte sa proposition s\u00e9mantique actant l&rsquo;avancement de son concept et je m\u00e9lange les deux \u00e9tapes en un \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9-de-situation\u00a0\u00bb. (Voir le passage : &laquo; Et, \u00e0 partir d&rsquo;ici, nous proposons, pour confirmer l&#8217;emploi du concept&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[17047,16381,17044,17045,17046,17049,2648,3694,14157,17048,9839,8082,7872,12185,4814,4725],"class_list":["post-76177","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-cavalerie","tag-cheval","tag-chevau-leger","tag-cuirassier","tag-hussard","tag-jean-jacques","tag-langage","tag-langue","tag-logocrate","tag-lourde","tag-persiflage","tag-sainte-beuve","tag-steiner","tag-style","tag-volkoff","tag-voltaire"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76177","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76177"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76177\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76177"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76177"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76177"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}