{"id":76204,"date":"2015-10-30T15:20:42","date_gmt":"2015-10-30T15:20:42","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/10\/30\/2015-2016-comme-1983\/"},"modified":"2015-10-30T15:20:42","modified_gmt":"2015-10-30T15:20:42","slug":"2015-2016-comme-1983","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/10\/30\/2015-2016-comme-1983\/","title":{"rendered":"2015-2016 comme 1983\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">2015-2016 comme 1983 ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>30 octobre 2015 &ndash; Il est assez peu connu que l&rsquo;ann\u00e9e 1983 fut, durant la Guerre froide, l&rsquo;ann\u00e9e le plus dangereuse avec 1962 et la crise des missiles de Cuba. (Nous ajouterions \u00ab\u00a0avec 1973 et l&rsquo;alerte nucl\u00e9aire du 25 octobre\u00a0\u00bb, quoique d&rsquo;une intensit\u00e9 moindre que 1962, d&rsquo;une dur\u00e9e encore plus courte d&rsquo;une seule journ\u00e9e mais dont le paroxysme atteignit en quelques heures la dangerosit\u00e9 d&rsquo;un conflit au plus haut niveau des deux superpuissances nucl\u00e9aires.) Mais en r\u00e9alit\u00e9, nous serions tent\u00e9s d&rsquo;avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que 1983 fut une ann\u00e9e encore plus dangereuse que 1962 (et 1973), qu&rsquo;elle fut en fait <strong>l&rsquo;ann\u00e9e la plus dangereuse de la Guerre froide et finalement de l&rsquo;histoire de notre \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb<\/strong> en termes de destruction potentielle. Les arguments en faveur de cette classification sont de plusieurs ordres :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La dur\u00e9e exceptionnelle de l&rsquo;atmosph\u00e8re de crise pr\u00e9parant et faisant partie de 1983, dont les pr\u00e9misses dataient de d\u00e9cembre 1979 (d\u00e9cision de l&rsquo;OTAN de d\u00e9ployer ce qu&rsquo;on nomma les <em>euromissiles, <\/em>les missiles US cruise missiles GLCM et <em>Pershing<\/em> II en Europe, avec d\u00e9ploiement commen\u00e7ant en 1983) ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;incompr\u00e9hension compl\u00e8te, par d\u00e9faut de communication, entre les USA et l&rsquo;URSS, due aux intentions nouvelles et en rupture avec l&rsquo;habituelle politique US de l&rsquo;administration Reagan, et surtout \u00e0 <strong>l&rsquo;atmosph\u00e8re cr\u00e9pusculaire et quasiment autiste<\/strong> r\u00e9gnant au Kremlin dans une direction collective transform\u00e9e en une g\u00e9rontocratie terroris\u00e9e (seul <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Iouri_Andropov\">Andropov<\/a>, \u00ab\u00a0parrain\u00a0\u00bb effectif et spirituel de Gorbatchev, fit exception par sa lucidit\u00e9 et son exceptionnelle intelligence).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La dur\u00e9e m\u00eame du paroxysme de la crise de 1983, datant de la destruction du Boeing 747 sud-cor\u00e9en KAL-007 par la d\u00e9fense a\u00e9rienne sovi\u00e9tique le 31 ao&ucirc;t jusqu&rsquo;au d\u00e9ploiement des premiers <em>euromissiles <\/em>US \u00e0 la mi-novembre 1983, tout cela suivi d&rsquo;une rupture compl\u00e8te Est-Ouest jusqu&rsquo;au premier signe de l&rsquo;apparition de Gorbatchev (voyage en d\u00e9cembre 1984 au Royaume-Uni et rencontre avec Margaret Thatcher, laquelle sortit enthousiaste de l&rsquo;entretien).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Effectivement, la dimension psychologique de la crise du 1983 se poursuivit en 1984, cette ann\u00e9e symboliquement \u00ab\u00a0orwellienne\u00a0\u00bb par excellence \u00e0 partir du titre du livre d&rsquo;Orwell, o&ugrave; r\u00e9gna une atmosph\u00e8re de possibilit\u00e9 de guerre nucl\u00e9aire sans que personne ne puisse exactement en d\u00e9finir la cause pr\u00e9cise puisque le d\u00e9ploiement des <em>euromissiles<\/em> n&rsquo;avait rien provoqu\u00e9 d&rsquo;irr\u00e9versible. Tous les canaux de communication entre l&rsquo;Est et l&rsquo;Ouest \u00e9taient rompus, avec la perception de la crise de la dissolution de la g\u00e9rontocratie de la direction sovi\u00e9tique et l&rsquo;expansion d&rsquo;un chaos souterrain entre la contestation dissidente, une \u00e9conomie rong\u00e9 par un march\u00e9 noir parall\u00e8le prenant 20% de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle, l&rsquo;expansion prodigieuse de la corruption mafieuse dans divers centres du pays, notamment les \u00ab\u00a0r\u00e9publiques\u00a0\u00bb p\u00e9riph\u00e9riques de l&rsquo;Union. Le pr\u00e9sident Mitterrand avait confi\u00e9 fin 1983 que 1984 serait \u00ab\u00a0l&rsquo;ann\u00e9e de tous les dangers\u00a0\u00bb o&ugrave; l&rsquo;on risquait la guerre nucl\u00e9aire et le sentiment avait m\u00eame une dimension populaire (la chanson de Didier Barbelivien <em><a href=\"http:\/\/www.paroles-musique.com\/paroles-Didier_Barbelivien-Cest_De_Quel_Cote_La_Mer-lyrics,p53611\">C&rsquo;est d&rsquo;quel c\u00f4t\u00e9 la mer<\/a><\/em> que tout le monde retenait en citant ce leitmotive de la chanson : <em>Ca sent dr\u00f4lement la guerre<\/em>). Ce fut bien entendu la d\u00e9signation de Gorbatchev comme Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du PC de l&rsquo;URSS, le 9 mars 1985, et son action imm\u00e9diate qu&rsquo;on conna&icirc;t, qui tranch\u00e8rent le n&oelig;ud gordien de la p\u00e9riode et ouvrit une toute nouvelle p\u00e9riode radicalement transform\u00e9e de \u00ab\u00a0lib\u00e9ration\u00a0\u00bb qui concerna autant les psychologies que la situation politique et strat\u00e9gique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un texte tr\u00e8s r\u00e9cent d&rsquo;un ancien analyste de la CIA, Melvin A. Goodman, sur <em>ConsortiumNews<\/em> le 27 octobre, apporte des \u00e9l\u00e9ments nouveaux pr\u00e9cis\u00e9ment sur 1983 et la <em>Red Scare<\/em>, qui rendent encore plus int\u00e9ressante une comparaison entre cette p\u00e9riode et ce que nous connaissions aujourd&rsquo;hui. Dans cette analogie, 1983 serait plus 2016 que 2015&#8230; (Pour la <em>Red Scare<\/em>, ou \u00ab\u00a0Op\u00e9ration <em>Ryan<\/em>\u00ab\u00a0, voyez <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-1983-soviet-war-scare-vue-par-la-cia\">la tr\u00e8s abondante documentation<\/a> pr\u00e9sent\u00e9e <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-1983-soviet-war-scare-vue-par-la-cia-ii\">en deux parties<\/a> sur ce site, \u00e0 partir de documents de la CIA, les 20 et  21 septembre 2003].) Le sommet de cette crise fut atteint autour du 20 novembre 1983, alors que les premiers <em>euromissiles<\/em> \u00e9taient d\u00e9ploy\u00e9s, et notamment parce qu&rsquo;un exercice de simulation de guerre nucl\u00e9aire, <em>Able Archer<\/em>, \u00e9tait pr\u00e9vu \u00e0 l&rsquo;OTAN exactement durant cette p\u00e9riode. Goodman, qui \u00e9tait analyste \u00e0 la CIA \u00e0 cette \u00e9poque et a travaill\u00e9 sur le dossier, ajoute quelques pr\u00e9cisions, jusqu&rsquo;alors non r\u00e9v\u00e9l\u00e9es :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>In addition to the Able Archer mobilization exercise that alarmed the Kremlin, the Reagan administration authorized unusually aggressive military exercises near the Soviet border that, in some cases, violated Soviet territorial sovereignty. The Pentagon&rsquo;s risky measures included sending U.S. strategic bombers over the North Pole to test Soviet radar, and naval exercises in wartime approaches to the USSR where U.S. warships had previously not entered. Additional secret operations simulated surprise naval attacks on Soviet targets<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Surtout, Goodman pr\u00e9cise un point \u00e9galement inconnu jusqu&rsquo;ici. Les analystes de la CIA \u00e9taient tr\u00e8s inquiets de la situation notamment \u00e0 cause des r\u00e9v\u00e9lations d&rsquo;un transfuge sovi\u00e9tique concernant la parano\u00efa r\u00e9gnant au Kremlin et la crainte d&rsquo;une attaque US des dirigeants sovi\u00e9tiques. Encore ignoraient-il l&rsquo;existence de ces man&oelig;uvres extr\u00eamement provocatrices qui \u00e9taient pr\u00e9vues par le Pentagone et dont l&rsquo;Agence n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e, ce qui r\u00e9v\u00e8le un cas extraordinaire d&rsquo;absence d&rsquo;information sur un sujet d&rsquo;une telle sensibilit\u00e9 alors que la CIA avait inform\u00e9 l&rsquo;administration Reagan de risques tr\u00e8s s\u00e9rieux de conflit&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Goodman s&rsquo;\u00e9tend sur cette question en montrant l&rsquo;absence compl\u00e8te de communication entre les principaux centres de d\u00e9cision US alors qu&rsquo;on se trouvait au bord d&rsquo;un conflit nucl\u00e9aire \u00e0 partir de craintes irrationnelles et de mesures disparates prises sans la moindre coordination. Son r\u00e9cit montre les circonstances extr\u00eamement improvis\u00e9es et hors de tout le processus normal de la cha&icirc;ne de commandement qui permirent d&rsquo;\u00e9viter certains projets qui auraient effectivement pu d\u00e9clencher un conflit par lourdeur bureaucratique, concurrences entre centres de pouvoir, r\u00e9ticences de collaboration, etc. Dans ce cas \u00e9galement, on retrouve des caract\u00e8res et des situations multipli\u00e9s aujourd&rsquo;hui au centuple \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pouvoir am\u00e9ricaniste de s\u00e9curit\u00e9 nationale&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>The Pentagon&rsquo;s psychological warfare program to intimidate the Kremlin, including dangerous probes of Soviet borders by the Navy and Air Force, was unknown to CIA analysts. Thus, the CIA was at a disadvantage in trying to analyze the war scare because the Pentagon refused to share information on military maneuvers and weapons deployments. In 1983, the CIA had no idea that the annual Able Archer exercise would be conducted in a provocative fashion with high-level participation. The exercise was a test of U.S. command-and-communications procedures, including procedures for the release and use of nuclear weapons in case of war<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Nevertheless, CIA deputy director for intelligence Robert Gates and National Intelligence Officer for Soviet strategic weapons Larry Gershwin turned out several national intelligence estimates that dismissed \u00ab\u00a0Soviet fear of conflict with the United States.\u00a0\u00bb They believed that any notion of a Soviet fear of an American attack was risible, and it wasn&rsquo;t until 1990 that the President&rsquo;s Foreign Intelligence Advisory Board concluded that there had been a \u00ab\u00a0serious concern\u00a0\u00bb in the Kremlin over a possible U.S. attack. Gershwin, who politicized intelligence on strategic matters throughout the 1980s, is still at the CIA as a national intelligence officer. I believed that Soviet fears were genuine at the time, and Reagan&rsquo;s national security advisor Robert McFarlane was even known to remark, \u00ab\u00a0We got their attention\u00a0\u00bb but \u00ab\u00a0maybe we overdid it.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>For the only time during William Casey&rsquo;s stewardship as CIA director, he believed his intelligence analysts who argued the \u00ab\u00a0war scare\u00a0\u00bb was genuine, and ignored the views of Gates and Gershwin. Casey took our analysis to the White House, and Reagan made sure that the exercises were toned down. For the first time, the Able Archer exercise was going to include President Reagan, Vice President George H.W. Bush, and Secretary of Defense Caspar Weinberger, but when the White House understood the extent of Soviet anxiety regarding U.S. intentions, the major principals bowed out.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>In his memoirs, Reagan recorded his surprise that Soviet leaders were afraid of an American first strike. One of the reasons why Secretary of State George Shultz was able to convince Reagan of the need for summitry with later Soviet leader Mikhail Gorbachev was Reagan&rsquo;s belief that it was necessary to convince Moscow that the United States had no plans for an attack. Ironically, Soviet military doctrine had long held that a possible U.S. modus operandi for launching an attack would be to convert an exercise into the real thing<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Goodman estime que cette situation de 1983 est en train de se r\u00e9p\u00e9ter aujourd&rsquo;hui. Ce qui le trouble particuli\u00e8rement, c&rsquo;est le caract\u00e8re d&rsquo;incompr\u00e9hension et de communication brouill\u00e9e et contradictoire entre les deux parties d&rsquo;une part ; c&rsquo;est la \u00ab\u00a0d\u00e9monisation\u00a0\u00bb syst\u00e9matique de la Russie d&rsquo;autre part, qui rejoint la dialectique des ann\u00e9es 1982-1983 (le fameux discours de Reagan sur <em>The empire of Evil <\/em>[l&rsquo;Empire du Mal] pour qualifier l&rsquo;URSS datant du 10 mars 1983). Goodman parle m\u00eame de l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 d&rsquo;Obama, \u00ab\u00a0qui reconna&icirc;t conceptuellement la fausse s\u00e9curit\u00e9 que procure la puissance militaire seule, mais qui n&rsquo;agit pas dans le sens de modifier cette situation\u00a0\u00bb (en introduisant d&rsquo;autres domaines pour assurer la s\u00e9curit\u00e9, comme la diplomatie et l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;ententes voire de trait\u00e9s de s\u00e9curit\u00e9 mutuelle) ; il est vrai qu&rsquo;on retrouvait cette m\u00eame ambigu\u00eft\u00e9 chez Reagan qui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9nonciation \u00ab\u00a0d\u00e9monis\u00e9e\u00a0\u00bb de l&rsquo;URSS-Empire du Mal, reconnaissait un danger de destruction commune de la civilisation \u00e0 cause du fait nucl\u00e9aire et n&rsquo;\u00e9tait pas hostile au mouvement antinucl\u00e9aire des ann\u00e9es 1981-1982 ; il alla m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 sugg\u00e9rer le partage de la technologie de la SDI (d\u00e9fense antimissiles strat\u00e9giques) avec l&rsquo;URSS, &ndash; proposition furieusement d\u00e9nonc\u00e9e et bloqu\u00e9e par sa bureaucratie \u00e0 plusieurs occasions.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Three decades later, history seems to be repeating itself. Washington and Moscow are once again exchanging ugly broadsides over the confrontations in Ukraine and Syria. The Russian-American arms control and disarmament dialogue has been pushed to the background, and the possibilities of superpower conflict into the foreground. Pentagon briefers are using the language of the Cold War in their congressional briefings, referring to Putin&rsquo;s regime as an \u00ab\u00a0existential threat.\u00a0\u00bb Presidential candidates in the United States are using confrontational language, and promising to go on the offensive to knock Putin on his heels.  President Obama seems to recognize the false security of military power, but he needs to act on his suppositions.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">&#8230; Pourtant 2015-2016 n&rsquo;est certainement pas 1983<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous admettons donc qu&rsquo;il y a effectivement une certaine analogie entre 1983 et 2015-2016 (et plut\u00f4t 2016, bien s&ucirc;r). Cette analogie est exacerb\u00e9e, du point de vue des USA, par l&rsquo;intervention russe en Syrie, malgr\u00e9 l&rsquo;extr\u00eame ambigu\u00eft\u00e9 et les contradictions colossales (du c\u00f4t\u00e9 US) des d\u00e9nonciations de cette intervention. Si l&rsquo;on veut une autre analogie, mais \u00e9galement dans des conditions tr\u00e8s diff\u00e9rentes, tr\u00e8s d\u00e9favorables aux USA, on dirait que l&rsquo;intervention russe en Syrie pourrait correspondre comme d\u00e9tonateur d&rsquo;une crise au plus haut niveau des relations USA-Russie avec la destruction du Boeing 747 de la KAL le 31 ao&ucirc;t 1983 qui ouvrit la plus sombre p\u00e9riode de la crise USA-URSS de ces ann\u00e9es-1980, durant la premi\u00e8re moiti\u00e9 exactement de cette d\u00e9cennie. Mais alors que la destruction du KAL-007 pouvait \u00eatre ais\u00e9ment pr\u00e9sent\u00e9e compl\u00e8tement comme un acte d&rsquo;agression de l&rsquo;URSS, &ndash; notamment \u00e0 cause des multiples man&oelig;uvres et manipulations faussaires de la part des USA qui furent ignor\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, &ndash; par contre l&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;intervention russe en Syrie comme un \u00ab\u00a0acte d&rsquo;agression\u00a0\u00bb similaire est extr\u00eamement difficile, sinon impossible, et ne cesse de tourner au d\u00e9savantage des USA, tant par l&rsquo;invalidit\u00e9 compl\u00e8te de leur cause que par leur impuissance \u00e0 \u00ab\u00a0riposter\u00a0\u00bb par des mesures significatives, que par l&rsquo;\u00e9vidence au contraire de figurer comme une puissance en pleine dissolution.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9, cette diff\u00e9rence (dissolution de la puissance US face \u00e0 la Russie, incapacit\u00e9 de dresser un acte d&rsquo;accusation m\u00eame manipul\u00e9 contre la Russie) n&rsquo;est pas rassurante pour autant. Comparativement, en 1983 la puissance US \u00e9tait infiniment plus affirm\u00e9e et solide qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui, et cela est paradoxalement un grand facteur d&rsquo;aggravation. Vu l&rsquo;\u00e9tat psychologique des USA, la certitude de son \u00ab\u00a0exceptionnalisme\u00a0\u00bb obsessionnel, une situation de d\u00e9cadence et de dissolution devient pour elle une situation insupportable qui peut pousser \u00e0 des actes irresponsables, &ndash; avec tr\u00e8s graves cons\u00e9quences possibles puisque, m\u00eame en \u00e9tat de dissolution, la puissance US repose toujours sur une base strat\u00e9gique d&rsquo;une capacit\u00e9 destructive universelle (sa force nucl\u00e9aire).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais le point le plus caract\u00e9ristique dans cette comparaison analogique est la question de la dynamique des situations, et l\u00e0 l&rsquo;analogie est <strong>exactement renvers\u00e9e<\/strong>. Il est \u00e9vident et incontestable qu&rsquo;en 1983, et cela quoi qu&rsquo;on pense des uns et des autres et particuli\u00e8rement des intentions strat\u00e9giques et de l&rsquo;interventionnisme des USA de Reagan, la dynamique se trouvait du c\u00f4t\u00e9 des USA. Ce sont les USA qui, dans la mesure de leurs moyens psychologiques, m\u00e9nag\u00e8rent les Sovi\u00e9tiques d\u00e8s qu&rsquo;ils comprirent et admirent que la direction sovi\u00e9tique se trouvait dans une position de tr\u00e8s grande fragilit\u00e9 psychologique. Ils firent montre d&rsquo;une certaine finesse, et m\u00eame un Bill Casey, qui ne brillait pas par le sens des nuances, joua un r\u00f4le pacificateur aupr\u00e8s de Ronald Reagan, lequel n&rsquo;h\u00e9sita pas \u00e0 prendre des pr\u00e9cautions pour ne pas effrayer les vieillards du Kremlin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p> L&rsquo;URSS, elle, \u00e9tait fig\u00e9e dans une g\u00e9rontocratie glaciaire sinon polaire, dans une sorte de nuit profonde et sinistre caract\u00e9risant cette p\u00e9riode terrible, \u00e0 l&rsquo;image des vieillards du <em>Politburo<\/em> fig\u00e9s dans un immobilisme terrifi\u00e9. Le seul \u00e0 \u00e9merger de cette bande consternante de vieillard fut <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Iouri_Andropov\">Iouri Andropov<\/a>, qui ne dura que l&rsquo;espace de 14-15 mois (fin 1982-d\u00e9but 1984) \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;URSS, et dans un \u00e9tat de sant\u00e9 d\u00e9clinant qui l&#8217;emp\u00eacha d&rsquo;entreprendre quoi que ce soit de constructif. (A moins que l&rsquo;on appr\u00e9cie ce bref passage au pouvoir comme le premier acte de l&rsquo;accouchement du r\u00e9volutionnaire Gorbatchev, qui \u00e9tait l&rsquo;homme d&rsquo;Andropov, son successeur d\u00e9sign\u00e9 qu&rsquo;Andropov acheva de mettre en place pour son \u00e9mergence du 9 mars 1985. De ce point de vue, Andropov ne fut pas inutile et son &oelig;uvre principale fut bien de pr\u00e9parer le terrain pour Gorbatchev.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est le contraire qui appara&icirc;t d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9clatante. Le dynamisme est tout entier du c\u00f4t\u00e9 de la Russie, avec des attentions et des pr\u00e9cautions sans fin pour ne pas trop exacerber les tendances hyst\u00e9riques de leurs \u00ab\u00a0partenaires\u00a0\u00bb (non sans s&rsquo;en moquer  \u00e0 l&rsquo;occasion, mais presque avec compassion) ; les USA, eux, sont fig\u00e9s dans une autre sorte de glaciation polaire que celle de 1983 au <em>Politburo<\/em> de Moscou, mais dont les r\u00e9sultats sont similaires. Ce n&rsquo;est pas une bande de vieillards repli\u00e9s dans un immobilisme terrifi\u00e9 mais une horde de personnages d&rsquo;\u00e2ge mur sinon de belle et jeune facture, tous plus s\u00e9millants les uns que les autres, agit\u00e9s, bondissants, allant dans tous les sens, vitup\u00e9rant, anath\u00e9mant, hyperactifs et totalement impuissants dans leurs actes multiples, renfor\u00e7ant sans cesse une puissance-impuissante, une paralysie hyst\u00e9rique et pleine de mouvements inutile, comme une sorte de TDAH (\u00ab\u00a0Trouble D\u00e9ficitaire d&rsquo;Attention avec Hyperactivit\u00e9\u00a0\u00bb) qu&rsquo;on r\u00e9serve en g\u00e9n\u00e9ral aux enfants et adolescents en tr\u00e8s bas age, et qui toucherait dans ce cas une population suppos\u00e9e adulte et m&ucirc;rie, &ndash; l&rsquo;<em>establishment<\/em> de Washington, enfin r\u00e9duit \u00e0 sa v\u00e9ritable dimension d&rsquo;enfance trop vite grandie et redescendue presque \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge f&oelig;tal. Les vieillards g\u00e2teux de la g\u00e9rontocratie sovi\u00e9tique seraient remplac\u00e9s par les gamins d\u00e9guis\u00e9s en adultes et affect\u00e9s d&rsquo;une TDAH de super-dimension, avec un r\u00e9sultat exactement similaire au niveau de l&rsquo;action politique, de l&rsquo;analyse parano\u00efaque, de l&rsquo;\u00e9volution vitale au c&oelig;ur d&rsquo;une \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb assez obscurcie pour que, surtout, rien de la moindre v\u00e9rit\u00e9-de-situation de l&rsquo;ext\u00e9rieur du monde ne les atteigne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une autre similitude entre les deux situations (1983 et 2015-2016) est la compl\u00e8te incompr\u00e9hension entre les deux parties. C&rsquo;est l\u00e0 sans doute le point le plus important, mais l\u00e0 aussi avec une diff\u00e9rence consid\u00e9rable. L&rsquo;incompr\u00e9hension de 1983 \u00e9tait due \u00e0 une absence de communication, non seulement entre les deux parties, mais \u00e9galement d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale principalement \u00e0 cause de la fermeture parano\u00efaque du syst\u00e8me sovi\u00e9tique. Cet acte d&rsquo;un r\u00e9gime qui sentait son agonie proche consistait en un renfermement encore plus grand sur lui-m\u00eame, d&rsquo;une fa\u00e7on pathologique, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans la moindre logique ni la moindre efficacit\u00e9 d&rsquo;ailleurs, mais d&rsquo;une pathologie s\u00e9nile et sans grans effets dynamiques, et cette fermeture \u00e9tant tr\u00e8s fragile par cons\u00e9quent. On le vit \u00e9videmment lorsque Gorbatchev arriva, puisque l&rsquo;enfermement sovi\u00e9tique fut litt\u00e9ralement pulv\u00e9ris\u00e9 en mille morceaux d\u00e8s les deux ou trois premiers mois (exactement \u00e0 partir du 1<sup>er<\/sup> juillet 1985 avec le remplacement de Gromyko par Chevardnadze aux affaires \u00e9trang\u00e8res).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, ce sont les USA qui sont compl\u00e8tement renferm\u00e9s sur eux-m\u00eames, notamment lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9valuer et de \u00ab\u00a0comprendre\u00a0\u00bb (quel terme d\u00e9risoire dans ce cas) la Russie, et non pas pour des raisons somme toutes naturelles comme on le voit dans le fait d&rsquo;une vieillesse \u00e0 l&rsquo;agonie. La fermeture des USA est faite de la cr\u00e9ation d&rsquo;un univers fictif, de <em>narrative<\/em>, d&rsquo;une repr\u00e9sentation faussaire permanente, d&rsquo;une pathologie active de la psychologie en pleine activit\u00e9 faussaire sous la forme d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/metaphysique-de-la-psychologie-de-lamericanisme-systeme\">inculpabilit\u00e9 et d&rsquo;ind\u00e9fectibilit\u00e9<\/a>. Les USA souffre d&rsquo;une maladie \u00e9clatante de vanit\u00e9 avantageuse si l&rsquo;on veut, c&rsquo;est-\u00e0-dire dot\u00e9e d&rsquo;une pathologie en pleine activit\u00e9, un <em>hybris<\/em> catastrophique en belle sant\u00e9. Il nous semble difficile de faire voler cette pathologie de l&rsquo;enfermement en \u00e9clats pour faire rejoindre le monde r\u00e9el \u00e0 l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien, et il nous semble au contraire que la r\u00e9duction in\u00e9vitable de cette pathologie ne peut se faire que sous une forme violente qui emportera in\u00e9luctablement le malade avec elle. En quelque sorte, si certains (nous-m\u00eames en furent !) pouvaient avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un <em>American<\/em> Gorbatchev en 2008, \u00e9ventuellement capable de sauver les meubles par une cure intensive de remise en ordre, aujourd&rsquo;hui il n&rsquo;en est plus question. Le destin que l&rsquo;on peut envisager est celui de l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un clown (<em>The Donald<\/em>), ce qui est la porte ouverte aux possibilit\u00e9s les plus folles ; cela mettrait en \u00e9vidence l&rsquo;extraordinaire fragilit\u00e9 cach\u00e9e des &Eacute;tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique qui n&rsquo;eurent jamais dans leurs mat\u00e9riaux de base la puissance de fixation des grands principes d&rsquo;un &Eacute;tat r\u00e9galien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela nous ram\u00e8ne <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-le-triomphe-spoutnik-2015\">aux remarques de conclusion<\/a> de nos <em>Notes sur le Spoutnik-2015<\/em>, qui effectivement conduisent \u00e0 la m\u00eame conclusion qu&rsquo;inspirent ces robservations sur l&rsquo;analogie 1983-2015\/2016 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Cela signifie que la dissolution de l&rsquo;influence et de la puissance US \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur va se poursuivre en acc\u00e9l\u00e9rant g\u00e9om\u00e9triquement et les hurlements \u00e0 la mort \u00e0 Washington ne cesser de s&rsquo;amplifier, jusqu&rsquo;\u00e0 arriver \u00e0 des situations budg\u00e9taires, bureaucratiques, politiques et psychologiques, et de communication, compl\u00e8tement intenables. C&rsquo;est-\u00e0-dire que la d\u00e9stabilisation d&rsquo;un pouvoir d\u00e9j\u00e0 paralys\u00e9 et impuissant ne va cesser d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer sans qu&rsquo;on puisse distinguer la moindre issue possible, sinon une ou des mont\u00e9es paroxystiques vers une ou des crises internes de diverses factures. Le malheur dans cette triste histoire, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne peut soigner une direction politique en plein \u00e9pisode maniaque, et encore moins le Syst\u00e8me qui la manipule, comme on peut tenter de le faire pour un individu frapp\u00e9 par ce mal<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>(&#8230; Ou, pourrait-on corriger : \u00ab\u00a0&#8230;comme on peut tenter le faire pour une direction frapp\u00e9e par la s\u00e9nilit\u00e9, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas pour l&rsquo;URSS de 1983\u00a0\u00bb, &ndash; puisque celle-ci, effectivement, fut soign\u00e9e dans des p\u00e9rip\u00e9ties et des souffrances affreuses, avant de d\u00e9boucher sur la Russie-2015 de Poutine, ce qui n&rsquo;est pas une pi\u00e8tre performance.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Finalement, l&rsquo;analogie trouve sa pleine v\u00e9rit\u00e9 lorsqu&rsquo;elle est <strong>d&rsquo;abord per\u00e7ue comme essentiellement symbolique<\/strong>. Ce qu&rsquo;on a \u00e9vit\u00e9 en 1983 et avec 1985 et l&rsquo;arriv\u00e9e de Gorbatchev, c&rsquo;est la fin terrible et dramatique d&rsquo;un empire dans un effondrement de d\u00e9sordre et de chaos sanglant, avec la possibilit\u00e9 d&rsquo;un affrontement nucl\u00e9aire du fait de la parano\u00efa des psychologies et des erreurs d&rsquo;\u00e9valuation. Il est absolument vrai que les USA se trouvent aujourd&rsquo;hui dans la m\u00eame situation de l&rsquo;URSS de 1983 : compl\u00e8tement sur le d\u00e9clin et la dissolution, avec une direction impuissante et coup\u00e9e de toutes les r\u00e9alit\u00e9s, ne pouvant accepter l&rsquo;id\u00e9e horrible de la fin de l&#8217;empire. L&rsquo;on dira, en fonction des r\u00e9serves imp\u00e9ratives que nous avons \u00e9mises concernant l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un <em>American<\/em> Gorbatchev, que la voie relativement acceptable de la dissolution de l&#8217;empire russe semble interdite aux USA, et qu&rsquo;il y a alors le risque affreux de l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire. C&rsquo;est une possibilit\u00e9 \u00e9vidente, puisque le <em>sapiens<\/em> se l&rsquo;est cr\u00e9\u00e9e en 1945, et on n&rsquo;en peut \u00e9viter la possibilit\u00e9. Mais il existe \u00e0 notre sens bien d&rsquo;autres issues de sortie, le d\u00e9sordre \u00e9tant l&rsquo;une des sp\u00e9cialit\u00e9s de notre \u00e9trange \u00e9poque, et les USA une fois lib\u00e9r\u00e9s de ses camisoles de force pouvant devenir un champ d&rsquo;exploitation exceptionnel, une sorte de Moyen-Orient postmoderne qui pourrait s&rsquo;av\u00e9rer du plus haut int\u00e9r\u00eat&#8230;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2015-2016 comme 1983 ? 30 octobre 2015 &ndash; Il est assez peu connu que l&rsquo;ann\u00e9e 1983 fut, durant la Guerre froide, l&rsquo;ann\u00e9e le plus dangereuse avec 1962 et la crise des missiles de Cuba. (Nous ajouterions \u00ab\u00a0avec 1973 et l&rsquo;alerte nucl\u00e9aire du 25 octobre\u00a0\u00bb, quoique d&rsquo;une intensit\u00e9 moindre que 1962, d&rsquo;une dur\u00e9e encore plus courte&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4129,17078,4130,3107,17079,4031,3483,3183,4125,17080,3004,6635,3215,3117,2730,4126,3118,3867,963],"class_list":["post-76204","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-able","tag-andropov","tag-archer","tag-euromissiles","tag-gerontocratie","tag-goodman","tag-gorbatchev","tag-ii","tag-kal-007","tag-melvin","tag-nucleaire","tag-pershing","tag-reagan","tag-red","tag-russie","tag-ryan","tag-scare","tag-syrie","tag-urss"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76204","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76204"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76204\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76204"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76204"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76204"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}