{"id":76231,"date":"2015-11-13T12:34:15","date_gmt":"2015-11-13T12:34:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/11\/13\/loukianov-et-la-russie-comme-global-cop\/"},"modified":"2015-11-13T12:34:15","modified_gmt":"2015-11-13T12:34:15","slug":"loukianov-et-la-russie-comme-global-cop","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/11\/13\/loukianov-et-la-russie-comme-global-cop\/","title":{"rendered":"Loukianov et la Russie comme <em>Global Cop<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Loukianov et la Russie comme <em>Global Cop<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nos lecteurs connaissent <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fedor_Loukianov\">F\u00e9dor Loukianov<\/a>. Cr\u00e9ateur de la revue <em>Russia in Global Affairs<\/em>, c&rsquo;est un commentateur de grande influence \u00e0 Moscou, de tendance qu&rsquo;on qualifierait de \u00ab\u00a0r\u00e9aliste\u00a0\u00bb, situ\u00e9e quelque part entre une r\u00e9elle mod\u00e9ration et un poil de lib\u00e9ralisme. Il est proche du pouvoir par ses positions institutionnelles et l&rsquo;on peut consid\u00e9rer qu&rsquo;il repr\u00e9sente une opinion qui est proche de celle du pouvoir, tout en conservant une vision assez ind\u00e9pendante et quelque fois critique. Nous lecteurs le retrouveraient notamment dans divers textes, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/au-hasard-le-pouvoir\">24 d\u00e9cembre 2012<\/a>, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/un-neoconservatisme-antisysteme\">18 d\u00e9cembre 2013<\/a>, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-poutine-a-hillary-la-guerre-devient-une-option\">6 mai 2015<\/a>, pr\u00e9sentant chaque fois l&rsquo;\u00e9volution de la position russe dans cette p\u00e9riode cruciale, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale assez justement, mais \u00e9galement toujours avec une coloration l\u00e9g\u00e8rement pessimiste (pour la Russie), c&rsquo;est-\u00e0-dire surtout se gardant des enthousiasmes et des exaltation qu&rsquo;on trouve chez certains.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Cette fois, il s&rsquo;agit d&rsquo;un texte o&ugrave; Loukianov aborde la question de la position de la Russie apr\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;intervention en Syrie, et cette intervention ayant d\u00e9sormais fait nettement sentir ses effets. (Le texte est paru pour la premi\u00e8re fois <a href=\"http:\/\/www.gazeta.ru\/comments\/column\/lukyanov\/7873493.shtml\">en russe<\/a> le 5 novembre 2015, dans <em>Gazetta.ru<\/em>, une seconde fois le 10 novembre <a href=\"http:\/\/in.rbth.com\/opinion\/2015\/11\/10\/the-acting-world-policeman_538883\">dans la revue d&rsquo;influence<\/a> <em>Russia &#038; India Report<\/em>, enfin <a href=\"http:\/\/russia-insider.com\/en\/politics\/new-sheriff-town-will-russia-take-over-world-cop\/ri11118\">sur <em>Russia Insider<\/em> [RI]<\/a>, le 11 novembre 2015.) Avec Loukianov, nous sommes donc raisonnablement assur\u00e9s de disposer d&rsquo;un texte mesur\u00e9, rationnel, ne c\u00e9dant en aucune fa\u00e7on \u00e0 l&rsquo;enthousiasme ni au sentiment d&rsquo;une sorte d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/deluge-biblique-et-affectivisme-postmoderne\">affectivisme<\/a> pro-Poutine. C&rsquo;est pour cette raison que le texte est int\u00e9ressant parce que, justement, malgr\u00e9 cette mod\u00e9ration implicite \u00e0 l&rsquo;auteur et \u00e0 ses habitudes, l&rsquo;hypoth\u00e8se est extr\u00eamement radicale&#8230; Qu&rsquo;on en juge par le titre, qui est difficilement traduisible en un fran\u00e7ais imag\u00e9 mais que, nous le pensons, tout le monde aura compris tant il est parlant : &laquo; <em>A New Sheriff in Town: Will Russia Take Over as World Cop?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Car c&rsquo;est bien l&rsquo;hypoth\u00e8se que d\u00e9veloppe Loukianov : la Russie se trouve d\u00e9sormais devant <strong>le choix possible<\/strong> de remplacer les USA comme puissance gardienne de l&rsquo;ordre mondial, ou plut\u00f4t disons du d\u00e9sordre mondial. Le d\u00e9but de son texte dit tout \u00e0 cet \u00e9gard : &laquo; <em>La campagne lanc\u00e9e par la Russie en Syrie s&rsquo;impose comme une nouvelle \u00e9tape fondamentale dans la situation en continuel changement dans la politique mondiale. Sa signification se marque non seulement \u00e0 Moscou, \u00e0 Damas et au Moyen-Orient, mais \u00e9galement dans le processus g\u00e9n\u00e9ral de la politique internationale. Moscou est d\u00e9sormais entr\u00e9e dans la voie qui, durant les 25 derni\u00e8res ann\u00e9es (depuis l&rsquo;op\u00e9ration Desert Storm) a \u00e9t\u00e9 monopolis\u00e9e par les USA : le droit d&rsquo;utiliser la force pour modifier fondamentalement l&rsquo;ordre mondial des choses. En d&rsquo;autres mots, il s&rsquo;agit de l&rsquo;exercice de la fonction de \u00ab\u00a0policier du monde\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&raquo; <em>Le monde unipolaire signifiait que la guerre pouvait \u00eatre utilis\u00e9e \u00ab\u00a0pour le bien de la paix\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire que celles qui ne sont pas motiv\u00e9es pour des objectifs concrets et clairs de celui qui les fait<\/em> [mais pour un but plus g\u00e9n\u00e9ral concernant les relations internationales] <em>ne pouvaient \u00eatre men\u00e9es que par les USA et leurs alli\u00e9s. En lan\u00e7ant ses op\u00e9rations en Syrie, Moscou a compl\u00e8tement modifi\u00e9 l&rsquo;\u00e9quilibre des forces et les perspectives de r\u00e9solution de ce qui est actuellement le conflit international le plus crucial. Une autre consid\u00e9ration importante est que le conflit en Syrie<\/em> [tel qu&rsquo;il \u00e9volue d\u00e9sormais avec l&rsquo;intervention russe] <em>marque sans aucun doute la fin de l&rsquo;approche de l'\u00a0\u00bbid\u00e9ologie humanitariste\u00a0\u00bb jusqu&rsquo;ici avanc\u00e9e pour r\u00e9guler les crises locales<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On voit qu&rsquo;\u00e0 peu pr\u00e8s tout y est dans le champ des commentaires les plus avanc\u00e9s et les plus audacieux qui ont accompagn\u00e9 l&rsquo;intervention russe en Syrie. Bien entendu, le plus important dans ces consid\u00e9rations, c&rsquo;est la remarque concernant le r\u00f4le international qui brusquement se trouve plac\u00e9 devant la possibilit\u00e9 qu&rsquo;il passe, avec une extr\u00eame rapidit\u00e9 et une extr\u00eame brutalit\u00e9, des USA vers la Russie. On trouve l\u00e0 une consid\u00e9ration des plus extr\u00eames ; qu&rsquo;un esprit aussi mesur\u00e9, un jugement aussi \u00e9quilibr\u00e9 et prudent que ceux de Loukianov conduisent l&rsquo;auteur a de telles consid\u00e9rations, en fonction de ce qu&rsquo;il (Loukianov) repr\u00e9sente, nous pousse \u00e0 faire l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;une r\u00e9flexion aussi profonde et r\u00e9volutionnaire est effectivement en cours \u00e0 Moscou, dans les cercles dirigeants, et certainement aussi dans d&rsquo;autres capitales. (Le fait que le texte, publi\u00e9 d&rsquo;abord sur un site russe, ait \u00e9t\u00e9 repris par une publication tr\u00e8s largement lue au niveau international que <em>Russia &#038; India Report<\/em>, puis m\u00eame dans RI, t\u00e9moigne de l&rsquo;importance qu&rsquo;on peut accorder au texte en fonction de la notori\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;auteur. C&rsquo;est autant qu&rsquo;on peut lui accorder en fait de cr\u00e9dit.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La suite du texte s&rsquo;attache surtout \u00e0 la situation de la Russie dans le conflit en Syrie, avec les difficult\u00e9s et les probl\u00e8mes que cela suppose. Mais c&rsquo;est surtout la fin du texte qui importe. On y retrouve la prudence de Loukianov, qui, sans le moindre doute, refl\u00e8te celle du Kremlin et de Poutine ; on sait, ou l&rsquo;on devrait savoir, que le r\u00f4le de <em>Global Cop<\/em>, n&rsquo;est pas vraiment du go&ucirc;t de la Russie : beaucoup trop de risques, beaucoup trop de moyens n\u00e9cessaires dont ne dispose pas la Russie, beaucoup trop de complications que redoute la Russie. La Russie pr\u00e9f\u00e8re un monde multipolaire o&ugrave; plusieurs p\u00f4les d&rsquo;autorit\u00e9 se chargent du maintien de l&rsquo;ordre en se coordonnant selon leurs int\u00e9r\u00eats mutuels, que le remplacement d&rsquo;un flic (\u00ab\u00a0<em>cop<\/em>\u00ab\u00a0) par un autre.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Le probl\u00e8me est que, dans le d\u00e9sordre actuel, on ne se bouscule pas vraiment au portillon pour assurer cette fonction. Dans cette \u00e9trange \u00e9poque que les esprits fut\u00e9s en retard de plusieurs fausses-guerres rat\u00e9es continuent \u00e0 d\u00e9finir comme celle de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie des USA, le concept d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie n&rsquo;existe plus et personne ne se sent les \u00e9paules ni l&rsquo;allant de tenter de le ressusciter dans cette mar\u00e9e du d\u00e9sordre qui ne cesse d&rsquo;enfler et de rendre quasiment d\u00e9risoire toute tentative de restaurer l&rsquo;ordre&#8230; Mais il reste le fait que, par d\u00e9faut et absolument contrainte et forc\u00e9e, <strong>c&rsquo;est bien la Russie qui serait la plus apte \u00e0 s&rsquo;en charger et c&rsquo;est certainement elle qui a le plus la conscience qu&rsquo;il faut, malgr\u00e9 tout, malgr\u00e9 le d\u00e9sordre et en raison du d\u00e9sordre, tout faire pour tenter de restaurer l&rsquo;ordre<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ces constats d&rsquo;\u00e9vidence conduisent Loukianov \u00e0 une conclusion o&ugrave; l&rsquo;on retrouve certains des caract\u00e8res qui, d&rsquo;habitude, colorent ses commentaires. C&rsquo;est sur un ton un peu d\u00e9sabus\u00e9, peut-\u00eatre un p\u00eau d\u00e9courag\u00e9, mais certainement extr\u00eamement inquiet qu&rsquo;il termine&#8230; C&rsquo;est-\u00e0-dire, dit-il, que si la Russie devait finalement \u00eatre forc\u00e9e de s&rsquo;en charger, <strong>il faudrait alors tout craindre, et jusqu&rsquo;au pire<\/strong>, de la r\u00e9action des USA, qui sont l&rsquo;hyperpuissance en chute libre transform\u00e9e en \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-doute-mortel-de-lhyperimpuissance\">hyperimpuissance<\/a>\u00ab\u00a0. (&laquo; <em>Si nous appr\u00e9cions aujourd&rsquo;hui la situation du point de vue de la perspective internationale, il est difficile de croire que le gouvernement russe ait l&rsquo;intention de remplacer les USA et d&rsquo;assumer le r\u00f4le et la mission de \u00ab\u00a0policier du monde\u00a0\u00bb. Mais si une telle possibilit\u00e9 s&rsquo;imposait, alors il serait sage d&rsquo;observer et de craindre la riposte in\u00e9vitable des USA, qu&rsquo;il est manifestement trop t\u00f4t encore pour \u00e9carter de ce grand jeu<\/em>. &raquo;) Hors et au-dessuds des consid\u00e9rations justifi\u00e9es sur la qualit\u00e9 de la politique internationale de la Russie, il y a une \u00e9norme hypoth\u00e8quer qui p\u00e8se, qui vaut d&rsquo;ailleurs pour ma Russie comme pour tous les autres, qui est celle de ce monde en fureur qui a compl\u00e8tement \u00e9chapp\u00e9 des mains des <em>sapiens<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">New Sheriff in Town: Will Russia Take Over as World Cop?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>The Russian campaign in Syria has become another milestone in the continuously changing realm of world politics. Its significance is reflected not only on Moscow, Damascus and the Middle East, but also on the development of general processes. Moscow has been encroaching on a path which, for the last 25 years (since Operation Desert Storm), has been monopolized by the U.S.: the right to use force to create international order. In other words, the function of being \u00ab\u00a0the world policeman.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The uni-polar world meant that wars \u00ab\u00a0for the sake of peace,\u00a0\u00bb that is to say those that are not related to the achievement of one&rsquo;s own concrete and clear aims, are waged only by the U.S. and its allies. By starting its military operations in Syria Moscow has changed the balance of power and the prospects of solving what is currently the most crucial international conflict. Another important consideration is that the <a href=\"http:\/\/in.rbth.com\/syria\">conflict in Syria<\/a> is likely to be ending the era of the \u00ab\u00a0humanitarian-ideological\u00a0\u00bb approach to regulating local crises.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Until recently the most significant element of discussions concerning civil wars were accusations of crimes against one&rsquo;s people, violent suppression of protests and so on. A leader tainted by such behaviour was placed into the category of those that have \u00ab\u00a0lost their legitimacy\u00a0\u00bb and consequently, holding a dialogue with such a leader became unnecessary and inadmissible. Such an approach reflected general changes in the interpretation of principles of international conduct that arose after the Cold War. This led to the expansion of the duties of the \u00ab\u00a0world policeman.\u00a0\u00bb Besides punishing the aggressor (as in Iraq in 1991), the job also required taking revenge on regimes (even changing them if necessary) that violated human rights.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The attitude towards Syrian President Bashar al-Assad evolved according to the same model. Two years ago the Arab League and a series of European governments recognized the Syrian opposition as the legitimate representative of the people, thus removing that status from the official government. Now everything has changed: the humanitarian element has given way to a realistic approach: pressuring the \u00ab\u00a0criminal government\u00a0\u00bb has become costly. Maybe even impossible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The meeting in Vienna on October 30 was the second meeting this year (after the talks on Iran&rsquo;s nuclear program) with an open ending. In other words it was the second time when a solution&rsquo;s format would be determined over the course of discussions and not prescribed beforehand. No one knows now what kind of political arrangement there will be in Syria after the war. Obviously, the changes occurred not only because of Russia&rsquo;s efforts, but mainly because the previous approaches had reached a dead end. However, the next question is: what to do with these new conditions in the world?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The most rational reply would be to transform the current breakthrough into a \u00ab\u00a0top league\u00a0\u00bb and drastically increase Russia&rsquo;s weight in the upcoming bargain for the future order in Syria. But this means that Moscow must at some point distance itself from supporting Assad only and occupy the niche of an influential but impartial arbiter. Such a scenario would obviously not meet Assad or Iran&rsquo;s approval. For Tehran it is vitally important to preserve the current regime since any change would be fatal to Iranian domination in Syria. Iran cannot \u00ab\u00a0give away\u00a0\u00bb this country because of the hard clinch with Saudi Arabia, which in turn will do anything to prevent Syria from being Iran&rsquo;s outpost in the Arab world.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Russia must walk a fine line in order to solve this threefold problem. It has to: &bull; guarantee its own geopolitical presence in Syria (in simpler terms, its military base) in the future, regardless of the government in Damascus ; &bull; not undermine the evolving relations being developed with Iran, a very important regional partner in the future ; &bull; not morph into a great power that serves Iran&rsquo;s regional interests at the same level that the U.S., for example, has served Saudi Arabia&rsquo;s interests for quite a while<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Be that as it may, it seems that Russia&rsquo;s military operation has already produced benefits. Now it either needs an impressive military victory, which currently does not appear probable due to the weakness of the ground troops, or a subtle political process and a complicated deal on Syria.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>If we look at the situation again from the international perspective, it is difficult to think that the Russian government intends to replace the U.S. and assume the full role and mission of the world policeman. But if such an idea does arise, it would be wise to consider the U.S.&rsquo;s inevitable reply, which it is clearly still too early to dismiss.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Fedor Loukianov<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Loukianov et la Russie comme Global Cop Nos lecteurs connaissent F\u00e9dor Loukianov. 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