{"id":76262,"date":"2015-11-28T07:07:36","date_gmt":"2015-11-28T07:07:36","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/11\/28\/la-globalisation-qui-fait-pschitt\/"},"modified":"2015-11-28T07:07:36","modified_gmt":"2015-11-28T07:07:36","slug":"la-globalisation-qui-fait-pschitt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/11\/28\/la-globalisation-qui-fait-pschitt\/","title":{"rendered":"La globalisation \u201cqui fait pschitt\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">La globalisation \u00ab\u00a0qui fait pschitt\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>28 novembre 2015 &ndash; Au d\u00e9part, c&rsquo;est donc un texte de Robert Parry qui nous a mis la puce \u00e0 l&rsquo;oreille. Cet excellent journaliste s&rsquo;est de plus en plus concentr\u00e9, ces derniers temps sur son site <em>ConsortiumNews<\/em>, sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de <em>groupthinking<\/em> \u00e0 Washington. (Comme l&rsquo;on sait, l&rsquo;expression <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-virtualisme-analyse-et-active\">n&rsquo;est pas neuve<\/a>.) Pour la premi\u00e8re fois, le 21 novembre, dans <a href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2015\/11\/19\/tangled-threads-of-us-false-narratives\/\">un texte sur les <em>narrative<\/em><\/a> dont se nourrissent les politiques et les \u00e9lites-Syst\u00e8me de Washington, il a employ\u00e9 le mot \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0<em>bubble<\/em>\u00ab\u00a0) : &laquo; <em>One way to view Official Washington is to envision <strong>a giant bubble that serves as a hothouse for growing genetically modified \u00ab\u00a0group thinks.\u00a0\u00bb<\/strong><\/em><strong> &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le mot \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas seulement utile \u00e0 cette marque de soda \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pschitt_(onomatop%C3%A9e)\">qui fait pschitt<\/a>\u00a0\u00bb ; bien plus s\u00e9rieusement, l&rsquo;image qu&rsquo;il v\u00e9hicule venue en bonne partie de certains r\u00e9cits de science-fiction qui parlent aussi de \u00ab\u00a0d\u00f4mes\u00a0\u00bb, d\u00e9signe un monde fabriqu\u00e9 selon des donn\u00e9es et des conceptions pr\u00e9cises et humainement ma&icirc;tris\u00e9es, s\u00e9par\u00e9 du reste par une bulle n\u00e9cessairement transparente, cela faisant croire qu&rsquo;on est du m\u00eame monde alors qu&rsquo;on se trouve dans des univers diff\u00e9rents. (Le mot \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb peut aussi s&#8217;employer pour un individu, &ndash; \u00ab\u00a0il est dans sa bulle\u00a0\u00bb, &ndash; mais il a plus une valeur caricaturale qu&rsquo;op\u00e9rationnelle.) Jusqu&rsquo;ici pour notre s\u00e9quence historique, ce mot a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans le langage courant de la politique g\u00e9n\u00e9rale pour d\u00e9signer essentiellement des \u00e9v\u00e8nements techniques. On citera deux exemples :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La \u00ab\u00a0bulle financi\u00e8re\u00a0\u00bb, faite pour exploser et entra&icirc;ner un effondrement de quelque chose, &ndash; des cours boursiers ou des structures. On peut avoir une \u00ab\u00a0bulle de l&rsquo;internet\u00a0\u00bb, une \u00ab\u00a0bulle de l&rsquo;immobilier\u00a0\u00bb, une \u00ab\u00a0bulle de la dette\u00a0\u00bb, etc. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est connu et d\u00e9crit effectivement la construction d&rsquo;une structure marqu\u00e9e par un d\u00e9crochage d&rsquo;un domaine ou d&rsquo;un secteur de la r\u00e9alit\u00e9 financi\u00e8re et \u00e9conomique dont elle d\u00e9pend ou qu&rsquo;elle est cens\u00e9e r\u00e9gir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La \u00ab\u00a0bulle \u00e9lectronique\u00a0\u00bb est une acquisition assez r\u00e9cente du langage courant. On en a un bon exemple avec les r\u00e9centes conversations de l&rsquo;internet \u00e0 propos des syst\u00e8mes que d\u00e9veloppent ou d\u00e9ploient les Russes, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/les-russes-leurs-bulles-et-nos-alarmes\">notamment en Syrie<\/a>. Il s&rsquo;agit de cr\u00e9er un espace donn\u00e9 sous la d\u00e9pendance d&rsquo;une puissance \u00e9lectronique qui en r\u00e9git l&rsquo;acc\u00e8s, le rangement, le contr\u00f4le, etc.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Le concept de ce que nous d\u00e9signerions sans h\u00e9sitation comme une \u00ab\u00a0bulle psychologique\u00a0\u00bb est, par contre, notablement nouveau, m\u00eame si l&rsquo;on en comprend bien le sens, l&rsquo;usage et le contenu. Comme toujours, l&rsquo;acquisition d&rsquo;un langage nouveau sous forme de concept, m\u00eame s&rsquo;il d\u00e9signe une situation connue, apporte un enrichissement suppl\u00e9mentaire et alimente la r\u00e9flexion, souvent de mani\u00e8re originale ou inattendue. Ainsi, Parry, en parlant d&rsquo;une \u00ab\u00a0bulle g\u00e9ante\u00a0\u00bb, en fait presque un organisme vivant sous la forme d&rsquo;une \u00ab\u00a0serre\u00a0\u00bb pour le d\u00e9veloppement d&rsquo;un produit artificiel qui serait une pens\u00e9e sp\u00e9cifique, demandant certaines conditions d&rsquo;environnement : &laquo; <em>Une fa\u00e7on de voir le Washington officiel est d&rsquo;imaginer une bulle g\u00e9ante servant de serre pour le d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9tique des modifications <\/em>[de pens\u00e9e]<em> dues \u00e0 une &lsquo;pens\u00e9e de groupe&rsquo;.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Voici l&rsquo;introduction du texte de Parry qui explicite son id\u00e9e : &laquo; <em>One way to view Official Washington is to envision <strong>a giant bubble that serves as a hothouse for growing genetically modified \u00ab\u00a0group thinks.\u00a0\u00bb<\/strong> Most inhabitants of the bubble praise these creations as glorious and beyond reproach, but a few dissenters note how strange and dangerous these products are. Those critics, however, are then banished from the bubble, leaving behind an evermore concentrated consensus. This process could be almost comical &ndash; as the many armchair warriors repeat What Everyone Knows to Be True as self-justifying proof that more and more wars and confrontations are needed &ndash; but the United States is the most powerful nation on earth and its fallacious \u00ab\u00a0group thinks\u00a0\u00bb are spreading a widening arc of chaos and death around the world<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>We even have presidential candidates, especially among the Republicans but including former Secretary of State Hillary Clinton, competing to out-bellicose each other, treating an invasion of Syria as the least one can do and some even bragging about how they might like to shoot down a few Russian warplanes<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Though President Barack Obama has dragged his heels regarding some of the more extreme proposals, he still falls in line with the \u00ab\u00a0group think,\u00a0\u00bb continuing to insist on \u00ab\u00a0regime change\u00a0\u00bb in Syria (President Bashar al-Assad \u00ab\u00a0must go\u00a0\u00bb), permitting the supply of sophisticated weapons to Sunni jihadists (including TOW anti-tank missiles to Ahrar ash-Sham, a jihadist group founded by Al Qaeda veterans and fighting alongside Al Qaeda&rsquo;s Nusra Front), and allowing his staff to personally insult Russian President Vladimir Putin (having White House spokesman Josh Earnest in September <\/em><em><a href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2015\/09\/25\/obamas-flak-demeans-putins-posture\/\">demean Putin&rsquo;s posture<\/a><\/em><em> for sitting with his legs apart during a Kremlin meeting with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu).<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 dit, le ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;est pas nouveau, mais il s&rsquo;est rarement manifest\u00e9 avec une telle force aujourd&rsquo;hui, au point qu&rsquo;on peut parler d&rsquo;un \u00e9pisode sp\u00e9cifique. Nous disposons pourtant d&rsquo;un pr\u00e9c\u00e9dent qui peut \u00e9galement appara&icirc;tre par sa puissance comme un \u00e9pisode sp\u00e9cifique, que nous avions largement document\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et qui affectait d\u00e9j\u00e0 Washington. Il s&rsquo;agit de la p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e9da imm\u00e9diatement l&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak de mars 2003, et qui rompit assez fortement avec une autre p\u00e9riode tout \u00e0 fait classique du d\u00e9bat  politique pendant laquelle avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9battu le principe de l&rsquo;attaque de  l&rsquo;Irak. Cet \u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent avait culmin\u00e9 dans les mois d&rsquo;ao&ucirc;t-septembre 2002, au cours desquels on avait assist\u00e9 \u00e0 des affrontements s\u00e9v\u00e8res entre partisans et adversaires de l&rsquo;attaque, les seconds n&rsquo;\u00e9tant nullement en nombre et influence n\u00e9gligeables, avec notamment des personnalit\u00e9s marquantes (le g\u00e9n\u00e9ral Scowcroft, James Baker) qui parlaient manifestement au nom du p\u00e8re du pr\u00e9sident. (On a pu conna&icirc;tre depuis la confirmation \u00e9clatante de l&rsquo;opposition radicale de Bush-p\u00e8re au projet d&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak de son fils GW : voir notamment notre texte du 13 novembre, avec le passage consacr\u00e9 \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/que-sont-les-neocons-devenus\">la biographie autoris\u00e9e<\/a> du 41<sup>\u00e8me<\/sup> pr\u00e9sident des Etats-Unis, <em>Destiny and Power: The American Odyssey of George Herbert Walker Bush<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis, au cours de l&rsquo;automne 2002, assez brusquement pour qu&rsquo;on puisse faire l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un \u00e9v\u00e8nement collectif <strong>s&rsquo;imposant imp\u00e9rativement de lui-m\u00eame<\/strong>, ce d\u00e9bat s&rsquo;\u00e9teignit et Washington entra dans ce que nous d\u00e9sign\u00e2mes nous-m\u00eames, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque, une \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb. (Pour nous, nommant cela \u00ab\u00a0bulle de virtualisme\u00a0\u00bb, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-virtualisme-narrative\">r\u00e9f\u00e9rence au concept<\/a> que nous avions choisi pour cette \u00e9poque.) Parmi plusieurs textes concernant cette p\u00e9riode, nous jugeons int\u00e9ressant de choisir <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/dc-virtual\">celui du 13 d\u00e9cembre 2002<\/a>, o&ugrave; nous commentions un autre texte de Timothy Garton-Ash <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2002\/dec\/12\/usa.iraq\">du 12 d\u00e9cembre 2002<\/a> dans le <em>Guardian<\/em>. L&rsquo;aspect remarquable de cet ensemble est que Garton-Ash constatait l&rsquo;existence de cette bulle mais, au lieu de la d\u00e9noncer, conseillait au contraire d&rsquo;y entrer au nom de l&rsquo;all\u00e9geance \u00e0 Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230; <em>Mais nous ne parlons pas de l&rsquo;existence de plusieurs perceptions de la r\u00e9alit\u00e9 (cela s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 vu) mais de<strong> l&rsquo;existence de plusieurs r\u00e9alit\u00e9s<\/strong>. En effet, le deuxi\u00e8me point important de ces \u00e9tranges d\u00e9veloppements est qu&rsquo;apr\u00e8s avoir constat\u00e9 cette situation \u00e9trange o&ugrave; une ville enti\u00e8re (D.C.) et le centre de pouvoir qu&rsquo;elle abrite vivent dans une bulle de virtualisme et affirment une r\u00e9alit\u00e9 dont le reste du monde (y compris l&rsquo;Am\u00e9rique sans D.C.) n&rsquo;a pas la moindre perception, <strong>Garton Ash conclut que l&rsquo;important est d\u00e9sormais pour nous tous de devenir tous des citoyens de D.C.<\/strong><\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Apr\u00e8s la description des r\u00eaveries \u00e0 la Perle et le reste, apr\u00e8s avoir implicitement montr\u00e9 l&rsquo;aspect grotesque de ce d\u00e9lire de re-manufacture du monde alors que rien n&rsquo;a boug\u00e9 depuis 14 mois, que les choses vont de mal en pis l\u00e0 o&ugrave; on a tent\u00e9 quelque chose d&rsquo;effectivement re-manufacturier (Afghanistan), notre auteur n&rsquo;y va pas par quatre chemins : puisque Washington d\u00e9lire l\u00e0-dessus, il est temps de prendre ce d\u00e9lire pour du comptant et de nous y mettre \u00e0 notre tour (&laquo; &#8230;World-weary Europeans, and people in the region itself, may doubt both the realism of this embryonic project and the United States&rsquo;s capacity to sustain it. We would better spend our time thinking how to complement and improve it. &raquo;). Il nous avertit dans ce sens, sans ambages, montrant ce curieux sens britannique du nihilisme qui fait comprendre exactement les choses et leurs travers, et recommande d&rsquo;y sacrifier sans rien tenter pour les changer, les d\u00e9noncer, etc : &laquo; So whatever the analytical truth, and however remote this is from the reality of war as one saw it in Bosnia or Kosovo, Washington feels itself to be at war. That&rsquo;s a municipal fact of world importance.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>La conclusion ne fait pas un pli : devant ce &laquo; municipal fact of world importance. &raquo;, il est temps de s&rsquo;incliner. Puisque D.C. se sent en guerre, eh bien tout le monde est en guerre. (Puisqu&rsquo;il pleut sur la Maison-Blanche, eh bien le monde doit bruisser du bruit des imperm\u00e9ables qu&rsquo;on enfile ; et puisque GW a rot\u00e9, voil\u00e0 6 milliards d&rsquo;Alka Seltzer en train de p\u00e9tiller dans des verres.) Transcrivons en termes provocants : puisqu&rsquo;un asile d&rsquo;ali\u00e9n\u00e9 baptis\u00e9 D.C. dit que nous sommes en guerre, eh bien nous sommes en guerre. La situation est d\u00e9sormais si extr\u00eame qu&rsquo;on ne parle m\u00eame plus de l&rsquo;establishment US, qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien de D.C. contre le reste, et des centres de puissance tels que New York\/Wall Street ou <a href=\"http:\/\/www.thenation.com\/capitalgames\/index.mhtml?bid=3&#038;pid=204\">Hollywood et le cin\u00e9ma<\/a> sont, eux aussi, situ\u00e9s de plus en plus \u00e9loign\u00e9s de la virtualit\u00e9 washingtonienne. (Seule la presse semble la plus proche de la vision virtualiste de D.C., certainement parce qu&rsquo;elle en d\u00e9pend pour nombre de facteurs qui la constituent.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Observez bien ces signes : ils marquent assez justement la marche des choses. Dans notre \u00e9poque, ces questions de distances de perception, voire de ruptures de perception, jouent d\u00e9sormais un bien plus grand r\u00f4le que les questions classiques de la r\u00e9alit\u00e9 des relations internationales (strat\u00e9gie, g\u00e9opolitique, etc). Cette part pr\u00e9pond\u00e9rante ne cessera de grandir, face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qui ne cesse de se retirer et de s&rsquo;effacer peu \u00e0 peu. La phrase d\u00e9finitive de Garton Ash, qui a le m\u00e9rite de clore avec autorit\u00e9 un \u00e9ditorial, &mdash; &laquo;  this war &mdash; WI &mdash; is now a matter of when and how rather than whether &raquo;, &mdash; nous l&rsquo;avons entendue et lue vingt fois, trente fois, depuis qu&rsquo;il est question de l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Irak, et toujours \u00e0 propos de cette attaque. Elle ne recouvre plus rien d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 qui n&rsquo;existe plus en tant qu&rsquo;unicit\u00e9, une r\u00e9alit\u00e9 qui s&rsquo;est fractionn\u00e9e en des \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9s\u00a0\u00bb concurrentes. La guerre peut \u00e9clater demain, un peu comme on fait tomber un pot de confiture. Le monde l&rsquo;affrontera en \u00e9tant dans le cas incroyable d&rsquo;\u00eatre d\u00e9suni sur la r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire en percevant des r\u00e9alit\u00e9s diff\u00e9rentes (ce qui est bien autre chose que le fait de perceptions diff\u00e9rentes de la r\u00e9alit\u00e9). C&rsquo;est une situation g\u00e9n\u00e9rale qui ne se compare \u00e0 rien de ce qui a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu historiquement<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>En un sens, on pourrait dire alors que rien n&rsquo;a chang\u00e9 ; c&rsquo;est vrai et c&rsquo;est compl\u00e8tement faux \u00e0 la fois. Le <em>D.C. Virtual<\/em> (titre) que d\u00e9crit ce texte, c&rsquo;est un Washington D.C. qui \u00e9tait entr\u00e9 dans sa <strong>fulgurante <em>narrative<\/em> pour se pr\u00e9parer \u00e0 l&rsquo;assaut final<\/strong>. (<em>Remember<\/em> les phrases fameuses de Karl Rope, &ndash; <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/aux-sources-du-virtualisme\">on a identifi\u00e9 l&rsquo;auteur<\/a> depuis 2014, &ndash; dites \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2002, l\u00e0 aussi avec les dates correspondantes : &laquo; <em>We&rsquo;re an empire now, and when we act, we create our own reality. And while you&rsquo;re studying that reality &ndash; judiciously, as you will &ndash; we&rsquo;ll act again, creating other new realities, which you can study too, and that&rsquo;s how things will sort out.<\/em> &raquo;) Ainsi, au bout de l&rsquo;\u00e9pisode virtualiste de l&rsquo;hiver 2002-2003, il y avait la victoire et l&rsquo;immense changement de l&rsquo;histoire en une Histoire majuscul\u00e9e, mais selon une majuscule fournie par Washington D.C. ; et l&rsquo;\u00e9l\u00e9gant Garton-Ash, comme toujours en premi\u00e8re ligne de la capitulation devant l&rsquo;hypermagie de l&rsquo;hyperpuissance, conseillait de prendre sa dose d&rsquo;<em>Ecstasy<\/em> et d&rsquo;y aller plein pot. Au bout de la <em>narrative<\/em>, il y avait l&rsquo;Histoire re-cr\u00e9\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire la nouvelle r\u00e9alit\u00e9 du monde transcend\u00e9e en V\u00e9rit\u00e9 ind\u00e9passable&#8230; On sait ce qu&rsquo;il est advenu de la chose. Depuis, nous pataugeons dans la-gadoue-la-gadoue-la-gadoue, de <em>narrative<\/em> en <em>narrative<\/em>, de victoires-d\u00e9faites en d\u00e9faites-d\u00e9faites, de terrorismes fabriqu\u00e9s-par-nous-m\u00eames en terrorismes retourn\u00e9s-contre-nous-m\u00eames. Et tout cela, sur le pont du<em> Titanic<\/em> qui continue in\u00e9luctablement, \u00e0 chaque inspection, \u00e0 gagner quelques degr\u00e9s d&rsquo;inclinaison de plus vers la verticales des abysses. L&rsquo;\u00e9l\u00e9gant Garton-Ash avait confondu : au lieu d&rsquo;hyperpuissance, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-doute-mortel-de-lhyperimpuissance\">lire hyperimpuissance<\/a>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ce que nous d\u00e9crit Parry, c&rsquo;est effectivement une s\u00e9quence particuli\u00e8rement intense, une nouvelle \u00ab\u00a0bulle psychologique\u00a0\u00bb sortie d&rsquo;une atmosph\u00e8re de constante <em>narrative<\/em> soudain devenue si forte, et <strong>qui constitue une avanc\u00e9e d\u00e9cisive et compl\u00e8tement contraire<\/strong> par rapport \u00e0 la \u00ab\u00a0bulle virtualiste\u00a0\u00bb de 2002-2003, parce que cette fois tout est dans la t\u00eate et rien au-dehors, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de Saddam que nous (Washington D.C. et tout le monde rassembl\u00e9 dans sa pathologie) allions balayer en sachant bien pourquoi, mais un Assad qui r\u00e9siste diablement et m\u00eame, avec l&rsquo;aide du Russe, ne cesse de tailler des croupi\u00e8res \u00e0 Washington D.C. qui ne ressemble plus personne dans sa \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb, alors que Washington D.C. ne cesse de nous dire qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question qu&rsquo;il y mette \u00ab\u00a0<em>A boot on the ground<\/em>\u00a0\u00bb ; et cela, alors que personne, \u00e0 part les mille-et-une nuits des th\u00e9ories sur les grandes ambitions g\u00e9opolitiques, n&rsquo;est capable de dire pour quelle raison on irait ainsi l&rsquo;attaquer. La question devient alors de savoir \u00e0 quoi correspond cette \u00ab\u00a0bulle psychologique\u00a0\u00bb du Washington D.C. d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, constituant la pathologie d&rsquo;une pathologie, la pathologie de la pathologie qu&rsquo;\u00e9tait la \u00ab\u00a0bulle virtualiste\u00a0\u00bb de l&rsquo;hiver 2002-2003, c&rsquo;est-\u00e0-dire une hyper-pathologie qui n&rsquo;a plus aucune r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 proposer, et qui est d\u00e9sormais \u00e0 la merci d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9-de situation plus furieuse que les autres, qui peut jaillir du Grand-D\u00e9sordre du monde et crever la bulle jusqu&rsquo;\u00e0 ce que mort s&rsquo;ensuive.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La globalisation, ou le Syst\u00e8me \u00ab\u00a0qui fait pschitt\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Une partie de la r\u00e9ponse ne serait-elle pas que cette \u00ab\u00a0bulle psychologique\u00a0\u00bb de Washington D.C. n&rsquo;est nullement, au contraire de la \u00ab\u00a0bulle virtualiste\u00a0\u00bb de 2002-2003, la seule \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb \u00e0 laquelle tout le monde est convi\u00e9 \u00e0 se rallier comme l&rsquo;annon\u00e7ait Garton-Ash, mais une \u00ab\u00a0bulle psychologique\u00a0\u00bb parmi d&rsquo;autres, tant le Syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire la globalisation, s&rsquo;est fragment\u00e9 en autant de \u00ab\u00a0bulles psychologiques\u00a0\u00bb. D\u00e8s lors, la \u00ab\u00a0bulle psychologique\u00a0\u00bb de Washington D.C. ne vaut m\u00eame plus son pesant de cacahu\u00e8tes, et elle n&rsquo;est ni un \u00e9v\u00e9nement du monde, ni une entreprise historique, mais un signe tr\u00e8s sp\u00e9cifique du destin du Syst\u00e8me&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre perception de l&rsquo;affaire du Su-24, par exemple, c&rsquo;est d&rsquo;abord et essentiellement que \u00ab\u00a0le Calife \u00e0 la place du Calife\u00a0\u00bb, Erdogan, vit lui aussi dans sa \u00ab\u00a0bulle psychologue\u00a0\u00bb, et prend les mesures que lui inspire la surprenante \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb de son imp\u00e9rial palais ; notre perception est que les Qataris et les Saoudiens font de m\u00eame pour leurs propres affaires qui s&rsquo;effectuent dans le m\u00eame quartier, et \u00e9ventuellement les divers islamistes, avec leurs projets apocalyptiques ; et aussi bien, en \u00e9largissant le cercle vers la plus haute civilisation, nombre d&rsquo;Europ\u00e9ens, que ce soit les Fran\u00e7ais de <em>Je-Suis-Charlie<\/em>, que ce soit les Allemands du IVe <em>Reich<\/em>, tr\u00e8s <em>soft<\/em> et tr\u00e8s merkelien. Il y aussi les \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb de ceux qui constatent que le monde s&rsquo;est constitu\u00e9 en \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb, et qui forment les leurs pour affirmer leurs causes, tambours battant, comme font les Russes qui constituent leur propre r\u00e9alit\u00e9, avec la quincaillerie qui va avec, autrement plus convaincante que les palinodies d&rsquo;une OTAN grotesque qui n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de l&rsquo;ombre de son ma&icirc;tre. Et ainsi de suite, cette fragmentation fulgurante de la globalisation et du Syst\u00e8me qui l&rsquo;instrumente, &ndash; car, peu ou prou, m\u00eame en le ha\u00efssant et en le combattant, nous sommes tous tributaires du Syst\u00e8me, qui pour l&rsquo;encenser jusqu&rsquo;\u00e0 sa tombe, qui pour fomenter des r\u00e9voltes sans fin contre lui, jusqu&rsquo;\u00e0 sa fin \u00e0 lui. Ainsi la globalisation parvient-elle \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame de l&rsquo;inverse de ce qu&rsquo;elle poursuit et de ce pour quoi elle a \u00e9t\u00e9 faite : l&rsquo;uniformisation du monde s&rsquo;effectue par une sorte d&rsquo;uniformisation de sa fragmentation. Dans cette fragmentation, on trouve, retourn\u00e9es contre lui dans l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance du \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-le-volte-quart-du-maitre-du-faire-aikido\">faire <em>a\u00efkido<\/em><\/a>\u00ab\u00a0, les ombres terribles de la d\u00e9structuration et de la dissolution.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est bien la psychologie, arme essentielle du Syst\u00e8me pour la conqu\u00eate et l&rsquo;asservissement des \u00e2mes, qui est la premi\u00e8re touch\u00e9e. La psychologie asservie au nom de la surpuissance du Syst\u00e8me se retrouve, \u00e9tonnamment pour certains, \u00e9videmment logiquement pour d&rsquo;autres, d&rsquo;une infinie fragilit\u00e9 et d&rsquo;une vuln\u00e9rabilit\u00e9 sans fin.  Elle est manipul\u00e9e par elle-m\u00eame, au nom du Syst\u00e8me, se forme en groupes (en \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb) dont la caract\u00e9ristique est n\u00e9cessairement le fait de la rupture ; non plus rupture avec la r\u00e9alit\u00e9 qui n&rsquo;existe plus, ni avec la V\u00e9rit\u00e9 qui n&rsquo;int\u00e9resse personne parmi ces esprits, mais rupture avec ce quelque chose qu&rsquo;on nommerait \u00ab\u00a0la r\u00e9alit\u00e9 du Syst\u00e8me\u00a0\u00bb (ou la grande <em>narrative<\/em> \u00e0 laquelle tout le monde devrait se rallier comme cela avait \u00e9t\u00e9 le cas en 2002-2003 [recette Garton-Ash]), cette \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb qui n&rsquo;a plus aujourd&rsquo;hui ni orientation ni m\u00eame l\u00e9gitimit\u00e9-Syst\u00e8me puisqu&rsquo;ainsi ignor\u00e9e, ce qui est un comble.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Certes, on pourrait r\u00e9pliquer que certains automatismes contredisent cette \u00e9volution, comme par exemple essentiellement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-determinisme-narrativiste\">le d\u00e9terminisme-narrativiste<\/a>, qui peut \u00eatre aussi d\u00e9fini comme une sorte de m\u00e9canisme du Syst\u00e8me pour imposer la logique de sa <em>narrative<\/em>. Mais si le d\u00e9terminisme-narrativiste impose effectivement des orientations de communication qui p\u00e8se avec une force incroyable sur l&rsquo;esprit et le jugement, le d\u00e9sordre sur lequel elles s&rsquo;exercent l\u00e0 o&ugrave; elle intervient (dans les crises) rend extr\u00eamement difficile de renforcer les psychologies de fa\u00e7on suffisante pour les garder align\u00e9es dans toutes les circonstances. Ainsi, les Fran\u00e7ais et les Allemands, avec l&rsquo;aide des Russes, ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper un peu comme l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9vade d&rsquo;une prison dialectique, des cons\u00e9quences d&#8217;emprisonnement du comportement du au d\u00e9terminisme-narrativiste dans le cas ukrainien, en faisant Minsk2 avec les Russes. (Cela donne cette situation grotesque de coop\u00e9ration active des deux pays avec la Russie, en m\u00eame temps que les sanctions antirusses sont poursuivies et renouvel\u00e9es : effectivement, cas o&ugrave; se poursuivent parall\u00e8lement les cons\u00e9quences du d\u00e9terminisme-narrativiste [les sanctions] et les cons\u00e9quences de l&rsquo;escapade des personnes cit\u00e9es [Minsk2].) Un cas assez similaire existe potentiellement et en cours de manufacture avec la Syrie, suite \u00e0 11\/13 et avec l&rsquo;\u00e9volution de plus en plus \u00e9vidente de la position fran\u00e7aise, avec l&rsquo;hypoth\u00e8que nouvelle des effets de la destruction du Su-24 russe par les Turcs (coalition anti-terroriste avec une colonne vert\u00e9brale franco-russe, alors que les sanctions antirusses auxquelles souscrivent les Fran\u00e7ais selon le d\u00e9terminisme-narrativiste restent actives).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi cette affaires de \u00ab\u00a0bulles psychologiques\u00a0\u00bb est-elle devenue un cas de dislocation du Syst\u00e8me (d\u00e9structuration-dissolution) alors qu&rsquo;elle \u00e9tait au d\u00e9part (\u00ab\u00a0<em>D.C. Virtual<\/em>\u00ab\u00a0, 2002-2003) un moyen de rassemblement imp\u00e9ratif du Syst\u00e8me. Le cas des \u00ab\u00a0bulles psychologiques\u00a0\u00bb est paradoxalement un effet d&rsquo;incommunicabilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Syst\u00e8me du \u00e0 l&rsquo;hyperactivit\u00e9 du syst\u00e8me de la communication, parce que chacun s&rsquo;annexe le syst\u00e8me de la communication \u00e0 sa propre <em>narrative<\/em> gr\u00e2ce aux nouvelles arm\u00e9es de la guerre hyper-postmoderne, faite de \u00ab\u00a0communicants\u00a0\u00bb de toutes les sortes, constituant le \u00ab\u00a0bruit de fond\u00a0\u00bb qui forme en r\u00e9alit\u00e9 la paroi transparente mais infranchissable de la \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb de chacun. Le Syst\u00e8me, qui animait cette formule cr\u00e9\u00e9e par lui-m\u00eame \u00e0 son avantage dans la p\u00e9riode 2002-2003, a conduit dans son activit\u00e9 surpuissante \u00e0 la formation syst\u00e9matique de \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb et contribu\u00e9 massivement, dans un effet d&rsquo;inversion qui caract\u00e9rise l&rsquo;\u00e9quation surpuissance-autodestruction, \u00e0 une fragmentation de la perception. Il s&rsquo;agit \u00e9videmment d&rsquo;un effet de d\u00e9structuration-dissolution du Syst\u00e8me paradoxalement \u00e0 partir du premier cas de structuration globale que devait \u00eatre la \u00ab\u00a0bulle psychologique\u00a0\u00bb originelle (\u00ab\u00a0<em>D.C. Virtual<\/em>\u00ab\u00a0, 2002-2003), manifestement con\u00e7u comme le facteur structurant absolument f\u00e9d\u00e9rateur dans lequel tous les autres, Timothy Garton-Ash en t\u00eate, \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer, \u00e9ventuellement <em>manu militari<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous ne cessons pas d&rsquo;observer, dans une sorte de fascination comme nous l&rsquo;avons parfois pour l&rsquo;idiotie pathologique dont le Syst\u00e8me est effectivement le mod\u00e8le, cette charge fantastique de surpuissance du Syst\u00e8me pour organiser sa propre liquidation, \u00e0 partir du coup d&rsquo;envoi pour le <em>sprint<\/em> final du 11 septembre 2001. Le 2 novembre 2001, Jean Baudrillard \u00e9crivait dans <em>Le Monde<\/em>, et l&rsquo;on comprend combien sa pens\u00e9e peut \u00eatre \u00e9videmment, naturellement, n\u00e9cessairement, adapt\u00e9e \u00e0 tous les concepts (Syst\u00e8me, surpuissance-autodestruction, etc.) qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s depuis :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Pas besoin d&rsquo;une pulsion de mort ou de destruction, ni m\u00eame d&rsquo;effet pervers. C&rsquo;est tr\u00e8s logiquement, et inexorablement, que la mont\u00e9e en puissance de la puissance exacerbe la volont\u00e9 de la d\u00e9truire. Et elle est complice de sa propre destruction. Quand les deux tours se sont effondr\u00e9es, on avait l&rsquo;impression qu&rsquo;elles r\u00e9pondaient au suicide des avions-suicides par leur propre suicide. On a dit : \u00ab\u00a0Dieu m\u00eame ne peut se d\u00e9clarer la guerre.\u00a0\u00bb Eh bien si. L&rsquo;Occident, en position de Dieu (de toute-puissance divine et de l\u00e9gitimit\u00e9 morale absolue) devient suicidaire et se d\u00e9clare la guerre \u00e0 lui-m\u00eame<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;y a rien \u00e0 retrancher. Simplement, il nous a \u00e9t\u00e9 permis de contempler les moyens tr\u00e8s originaux de ce suicide, que nous pouvons d\u00e9compter aujourd&rsquo;hui, dans cette fragmentation suicidaire du syst\u00e8me, ou de la pseudo-globalisation qui devait nous fondre tous dans un m\u00eame moule&#8230; Fragmentation, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9structuration-dissolution. D\u00e9sormais, le ph\u00e9nom\u00e8ne donne tous ses effets sous nos yeux. Le Grand-D\u00e9sordre r\u00e8gne car plus aucune coordination n&rsquo;est possible, alors que le Syst\u00e8me a absolument besoin de cette coordination pour poursuivre sa t\u00e2che de d\u00e9structuration-dissolution, mais compl\u00e8tement aveugle et stupide pour r\u00e9aliser qu&rsquo;il l&rsquo;accomplit d\u00e9sormais \u00e0 son encontre. Hollande va \u00e0 Washington, p\u00e9n\u00e8tre dans la \u00ab\u00a0bulle D.C.\u00a0\u00bb et dit en m\u00eame temps qu&rsquo;Obama \u00ab\u00a0AMG\u00a0\u00bb (<em>Assad Must Go<\/em>). Le lendemain, il va voir Poutine \u00e0 Moscou et fait dire par le p\u00e9tulant Fabius que, finalement, tout bien r\u00e9fl\u00e9chi, il ne serait pas plus mal que les troupes de <em>Assad-Must-Go<\/em> fasse partie de la grande alliance anti-<em>Daesh<\/em> en formation. Obama s&rsquo;est-il aper\u00e7u de quelque chose ? Question ridicule, puisqu&rsquo;il se tient dans sa \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb, bien \u00e0 l&rsquo;abri du <em>Rest of the Bubbles<\/em> dont il n&rsquo;a que faire, et que finalement dans son infinie <em>cooltitude <\/em>qu&rsquo;admirent les salons germanopratins, &ndash; finalement il s&rsquo;en fout.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Finalement (suite), cette affaire de \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb n&rsquo;a gu\u00e8re d&rsquo;importance en soi, non plus que l&rsquo;on soit pass\u00e9 du virtualisme triomphant aux <em>narrative <\/em>cacophoniques dans lesquelles plus personne n&rsquo;\u00e9coute plus personne et o&ugrave; les alliances se font et se d\u00e9font selon l&rsquo;\u00e9volution des <em>narrative<\/em>. Avec 11\/13 et l&rsquo;importance que lui a donn\u00e9 le formidable syst\u00e8me de la communication, la <em>narrative<\/em> de la France a n\u00e9cessairement chang\u00e9 puisque <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/aggiornamento-a-la-francaise-selon-sapir\">France oblige<\/a> semble-t-il, et peut d\u00e9sormais songer \u00e0 s&rsquo;acoquiner \u00e0 celle de Moscou. Quoi qu&rsquo;il en soit, on maintiendra les sanctions, pour satisfaire la bonne vieille <em>narrative<\/em> commune du temps (si lointain d\u00e9j\u00e0) de Kiev-2014, \u00e0 laquelle oblige le d\u00e9terminisme-narrativiste mais \u00e0 laquelle l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;Histoire \u00f4te toute substance. Le Grand-D\u00e9sordre r\u00e8gne, comme le ma&icirc;tre du Temps. C&rsquo;est lui qui d\u00e9truira le Syst\u00e8me puisqu&rsquo;il est n\u00e9 du Syst\u00e8me : <em>Tu quoque, mi fili&#8230;<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Et pendant ce temps, sorti du Temps o&ugrave; r\u00e8gne le Grand-D\u00e9sordre ? Un jour, on d\u00e9couvrira BHO, seul \u00e0 part quelques acolytes dans une belle campagne, criant <em>Assad-Must-Go ! <\/em>On dira qu&rsquo;il crie dans le d\u00e9sert ? Erreur ! Ce sera au cours d&rsquo;un joli parcours de golf, dont on sait que c&rsquo;est le sport pr\u00e9sidentiel qu&rsquo;il affectionne le plus, parce que d\u00e9cid\u00e9ment le golf est un sport de pr\u00e9sident aux USA. Et son cri, incroyablement <em>birdie<\/em> comme \u00e0 son habitude, c&rsquo;est celui du \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.linternaute.com\/sport\/magazine\/dossier\/les-expressions-du-sport-imagees\/golf-reussir-un-albatros.shtml\">coup de l&rsquo;albatros<\/a>\u00ab\u00a0, un coup de ma&icirc;tre. BHO n&rsquo;a pas eu Assad, mais il a eu ce putain de <em>Green<\/em>, comme un v\u00e9ritable <em>Master<\/em>, &ndash; <em>Master <\/em>du golf \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;\u00eatre <em>Master of the Universe.<\/em><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La globalisation \u00ab\u00a0qui fait pschitt\u00a0\u00bb 28 novembre 2015 &ndash; Au d\u00e9part, c&rsquo;est donc un texte de Robert Parry qui nous a mis la puce \u00e0 l&rsquo;oreille. Cet excellent journaliste s&rsquo;est de plus en plus concentr\u00e9, ces derniers temps sur son site ConsortiumNews, sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de groupthinking \u00e0 Washington. 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