{"id":76299,"date":"2015-12-16T10:22:29","date_gmt":"2015-12-16T10:22:29","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/12\/16\/notes-sur-une-demonstration-sans-frais\/"},"modified":"2015-12-16T10:22:29","modified_gmt":"2015-12-16T10:22:29","slug":"notes-sur-une-demonstration-sans-frais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/12\/16\/notes-sur-une-demonstration-sans-frais\/","title":{"rendered":"Notes sur une d\u00e9monstration sans frais"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Notes sur une d\u00e9monstration sans frais<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>15 d\u00e9cembre 2015 &ndash; Jusqu&rsquo;ici, l&rsquo;intervention en Syrie (phase Syrie-II de la crise syrienne) s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e selon l&rsquo;analyse suivante : principalement, venir en aide au r\u00e9gime d&rsquo;Assad et lutter avec une d\u00e9termination extr\u00eame contre les terroristes ; accessoirement, l&rsquo;occasion faisant le larron, effectuer une d\u00e9monstration de la puissance militaire russe, comme symbole du renouveau de cette puissance, installation et renforcement de ce nouveau statut et ainsi de suite. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s notre appr\u00e9ciation au d\u00e9part, disons dans les dix premiers jours, notamment apr\u00e8s le tir des missiles de croisi\u00e8re <em>Kalibr<\/em> d&rsquo;un navire de surface en Mer Noire, le 7 octobre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Depuis, notre appr\u00e9ciation a \u00e9volu\u00e9 \u00e0 mesure que les \u00e9v\u00e8nements se poursuivaient. Elle a atteint un nouveau palier ces derniers jours, et nous l&rsquo;avons bri\u00e8vement \u00e9voqu\u00e9e dans notre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-russie-de-leffondrement-au-renouveau\">texte du 13 d\u00e9cembre<\/a> sur \u00ab\u00a0La Russie, de l&rsquo;effondrement au renouveau\u00a0\u00bb. Cette r\u00e9appr\u00e9ciation est dans ce passage :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>A notre estime, et nous dirions intuitivement, l&rsquo;intervention russe en Syrie a comme motif compl\u00e9mentaire mais que nous jugerions \u00e0 \u00e9galit\u00e9 d&rsquo;importance du seul fait de la situation syrienne et de la menace terroriste, la volont\u00e9 de la direction russe de faire une <\/em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/russes-en-syrie-aurythme-de-stonewall-jackson\"><em>d\u00e9monstration in vivo<\/em><\/a><em> de la puissance russe \u00e0 destination du Pentagone et de la bureaucratie du complexe militaro-industriel US. (D&rsquo;o&ugrave; notamment les tirs de cruise missiles, l&rsquo;intervention de l&rsquo;aviation strat\u00e9gique, etc.) Pour nous, l&rsquo;effet r\u00e9el de cette \u00ab\u00a0d\u00e9monstration\u00a0\u00bb concerne moins le statut de puissance de la Russie et sa s\u00e9curit\u00e9 nationale (qui sont certainement les pr\u00e9occupations de Poutine) que la confusion et la perte de son contr\u00f4le de soi dans le chef du Syst\u00e8me, accroissant ainsi consid\u00e9rablement les possibilit\u00e9s de prolongements catastrophiques pour lui-m\u00eame (le Syst\u00e8me)<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Nouvelles mesures de durcissement<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Parall\u00e8lement \u00e0 cet engagement en Syrie, les Russes ne cessent d&#8217;empiler les mesures de durcissement et de renforcement de leur puissance militaire, tant du point de vue direct du renforcement direct du mat\u00e9riel que du point de vue de la communication. On pourrait citer parmi les plus r\u00e9cents, des \u00e9v\u00e8nements, des mesures et des d\u00e9clarations importantes et symboliques \u00e0 la fois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration du d\u00e9veloppement et du d\u00e9ploiement du syst\u00e8me sol-air \u00e0 tr\u00e8s grandes capacit\u00e9s anti-avions et anti-missile balistiques, le S-500. L&rsquo;expert russe Igor Korotchenko <a href=\"http:\/\/sputniknews.com\/military\/20151212\/1031630250\/russia-anti-aircraft-ballistic-missiles-defense-s500-s400.html\">a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 <em>Sputnik<\/em><\/a>, de \u00ab\u00a0source autoris\u00e9e\u00a0\u00bb (gouvernementales, minist\u00e8re de la d\u00e9fense), qu&rsquo;une r\u00e9union du minist\u00e8re de la d\u00e9fense, tenue le 11 d\u00e9cembre, avait d\u00e9cid\u00e9 un \u00ab\u00a0d\u00e9ploiement tr\u00e8s prochain\u00a0\u00bb, soit dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e 2016 des premiers S-500 : c&rsquo;est un an plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. Le S-500 est une arme strat\u00e9gique extr\u00eamement puissante&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>The long-range system, designed by Almaz Antey, is said to have a range of 600 kilometers (more than 370 miles). The system could simultaneously intercept up to ten ballistic missiles traveling at a speed of 5 kilometers per second. \u00ab\u00a0The S-500 missiles will be used only against the most important targets, such as intercontinental ballistic missiles, AWACS and jamming aircraft.\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Il y a \u00e9galement la d\u00e9claration de Poutine concernant la n\u00e9cessit\u00e9 pour les forces arm\u00e9es russes de r\u00e9agir <a href=\"https:\/\/francais.rt.com\/international\/11951-russie-defense-terrorisme-armee\">avec la plus extr\u00eame fermet\u00e9<\/a> \u00e0 toute menace contre elles en Syrie. Cette d\u00e9claration suit une autre, du m\u00eame Poutine, o&ugrave; un d\u00e9tail de langage sur l&rsquo;espoir qu&rsquo;on n&rsquo;aurait pas \u00e0 \u00ab\u00a0utiliser des armes nucl\u00e9aires contre les terroristes\u00a0\u00bb, &ndash; ce qui revient \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/poutine-daesh-et-le-kalibr-nucleaire\">dire que la possibilit\u00e9 existe<\/a>, &ndash; a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence par les canaux de communication. Ces d\u00e9clarations visent \u00e0 donner d&rsquo;une part une impression d&rsquo;extr\u00eame fermet\u00e9 au niveau de l&rsquo;usage des forces arm\u00e9es russes, d&rsquo;autre part de laisser comprendre que l&rsquo;usage d&rsquo;aucune arme, notamment et explicitement nucl\u00e9aire, n&rsquo;est exclu, dans aucune circonstance. (Au reste, les commentateurs-Syst\u00e8me sont tr\u00e8s prompts \u00e0 \u00e9largir les propos de Poutine. Ainsi Daniel Gour\u00e9, du Lexington <em>Institute<\/em> et extr\u00eamement-Syst\u00e8me, qui voit [le 11 d\u00e9cembre] dans la remarque de Poutine sur la possibilit\u00e9 d&#8217;emploi du nucl\u00e9aire contre les terroristes un message <a href=\"http:\/\/lexingtoninstitute.org\/the-new-arms-race-nato-missile-defense-versus-russian-missiles\/#sthash.0p5T9q6z.dpuf\">clairement adress\u00e9 \u00e0 l&rsquo;OTAN<\/a> [en commen\u00e7ant par la Turquie et sans doute jusqu&rsquo;aux USA] : &laquo; <em>Just yesterday, President Putin rattled his nuclear sabre yet again, noting that Russia had no need \u00ab\u00a0at this point in time\u00a0\u00bb to employ nuclear weapons in its attacks on ISIS. The intended recipient of this message was not ISIS, but Turkey and the rest of the NATO Alliance<\/em>. &raquo; Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas tellement sollicit\u00e9 : Poutine parlait du \u00ab\u00a0terrorisme\u00a0\u00bb et qu&rsquo;y a-t-il de plus \u00ab\u00a0terroriste\u00a0\u00bb que l&rsquo;OTAN, la Turquie et les USA ?)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&bull; Ces nouvelles, outre ce qu&rsquo;elles sont par elles-m\u00eames dans leur domaines, contiennent autant de messages adress\u00e9s essentiellement aux USA, <strong>\u00e0 son <em>establishment<\/em> de s\u00e9curit\u00e9 nationale et\/ou ce qu&rsquo;on nomme l'\u00a0\u00bb&Eacute;tat profond\u00a0\u00bb<\/strong>. (En \u00e9largissant le propos, nous pourrions compl\u00e9ter et hausser le constat en disant plus simplement et plus d\u00e9cisivement que ces messages s&rsquo;adressent <strong>au Syst\u00e8me<\/strong>, dont l&rsquo;<em>establishment<\/em> de s\u00e9curit\u00e9 nationale\/l'\u00a0\u00bb&Eacute;tat profond\u00a0\u00bb ne sont [n&rsquo;est] qu&rsquo;un des outils.) Ces messages compl\u00e8tent divers autres, transmis par le biais d&rsquo;actions militaires en Syrie, et notamment les actions asym\u00e9triques par rapport aux op\u00e9rations engag\u00e9es : l&rsquo;utilisation de l&rsquo;aviation strat\u00e9gique en plusieurs occasions, et surtout le tir de cruise missiles <em>Kalibr<\/em> \u00e0 partir d&rsquo;un navire de la Flotte de la Mer Noire le 7 octobre, et le 8 d\u00e9cembre \u00e0 partir du sous-marin <em>Rostov-sur-le-Don<\/em>, en plong\u00e9e en M\u00e9diterran\u00e9e orientale.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>A propos de ce dernier cas, nous notions <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/poutine-daesh-et-le-kalibr-nucleaire\">le 10 d\u00e9cembre<\/a> : &laquo; <em>On trouve d&rsquo;ailleurs diverses remarques dans la conversation Poutine-Shoigou qui confirment cette volont\u00e9 de d\u00e9monstration au travers de l&rsquo;exp\u00e9rimentation en conditions de guerre des syst\u00e8mes les plus puissants de la Russie. Comme celle du 7 octobre  partir d&rsquo;un navire de surface, l&rsquo;utilisation du Kalibr par un sous-marin en plong\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait absolument pas requise pour les tirs qui ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s, d&rsquo;ailleurs Shoigou insiste sur le fait qu&rsquo;il ob\u00e9it dans cette affaire aux consignes g\u00e9n\u00e9rales du pr\u00e9sident d&rsquo;exp\u00e9rimentation de ces syst\u00e8mes : \u00ab\u00a0Oui, Monsieur le Pr\u00e9sident, le sous-marin a fait des tirs en plong\u00e9e parce qu&rsquo;en mai dernier vous nous avez donn\u00e9 instruction de tester nos nouveaux syst\u00e8mes d&rsquo;arme dans tous les environnements o&ugrave; ils peuvent \u00eatre utilis\u00e9s, &ndash; dans les airs, sur et sous les eaux\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Yes, Mr President, the submarine made underwater launches because <strong>in May you gave instructions to test our new weapons<\/strong> in all environments where it can be used &ndash; in the air and in water.\u00a0\u00bb)<\/em> &raquo; <\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De l&rsquo;Ukraine \u00e0 la Syrie-II<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;autre part, il faut r\u00e9solument souligner ce qui nous est peu \u00e0 peu apparu avec l&rsquo;intervention en Syrie (crise de Syrie-II), \u00e0 savoir la remarquable diff\u00e9rence d&rsquo;attitude, de posture autant que de dynamique, de la puissance russe entre la crise ukrainienne et la crise Syrie-II. Cette observation s&rsquo;\u00e9nonce, d&rsquo;une fa\u00e7on globale, de cette fa\u00e7on :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; [&#8230;L]<em>a crise ukrainienne<\/em> [&#8230;] <em>constitua une victoire strat\u00e9gique tr\u00e8s importante de la Russie et acheva le r\u00e9tablissement de la puissance russe, aussi bien et peut-\u00eatre plus encore psychologiquement que dans les domaine habituels de la puissance. Dans ce sch\u00e9ma, l&rsquo;intervention russe au Moyen-Orient prend effectivement l&rsquo;aspect d&rsquo;une \u00ab\u00a0perc\u00e9e russe\u00a0\u00bb mettant en place cette puissance acquise et r\u00e9alisant cette situation remarquable que nous avons d\u00e9j\u00e0 not\u00e9e de voir <\/em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/que-cherche-la-russie-en-syrie\"><em>les Russes plus actifs<\/em><\/a><em> que dans la crise ukrainienne, plus offensifs, plus puissants, plus \u00ab\u00a0interventionnistes\u00a0\u00bb dans tous les sens du terme (c&rsquo;est-\u00e0-dire non seulement g\u00e9opolitiquement, ce qui va de soi \u00e0 cause de la g\u00e9ographie, mais surtout psychologiquement encore plus que politiquement, ce qui ne va pas de soi) ; cela, alors qu&rsquo;il aurait pu sembler que la menace de la crise ukrainienne affectait plus directement la s\u00e9curit\u00e9 nationale russe que la menace de la crise syrienne. Autrement dit, la Russie a effectivement achev\u00e9, avec l&rsquo;intervention en Syrie qui implique une grande audace strat\u00e9gique par rapport \u00e0 sa prudence tactique vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Ukraine, sa renaissance dans le statut de grande puissance qui avait \u00e9t\u00e9 pulv\u00e9ris\u00e9 en 1989-1991, alors qu&rsquo;elle \u00e9tait encore l&rsquo;URSS, ou plut\u00f4t alors qu&rsquo;elle \u00e9tait encore <strong>dans l&rsquo;URSS<\/strong> comme on est prisonnier d&rsquo;un cadre, d&rsquo;une forme, d&rsquo;une dynamique de type syst\u00e9mique menant \u00e0 une d\u00e9sint\u00e9gration de toutes les fa\u00e7ons.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agit donc du constat de l&rsquo;\u00e9tat de la puissance militaire russe, et de l&rsquo;\u00e9tat de la psychologie qui a \u00e9volu\u00e9 entre la prudence durant la crise ukrainienne \u00e0 l&rsquo;assurance, voire une certaine audace mesur\u00e9e, dans la crise Syrie-II jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant. C&rsquo;est la dimension politique de cette modification de la forme de l&rsquo;engagement militaire et de l&rsquo;\u00e9tat de la psychologie qui nous int\u00e9resse ici, et nous l&rsquo;interpr\u00e9tons comme ceci : devant la crise ukrainienne, les Russes ont voulu \u00ab\u00a0contenir\u00a0\u00bb ce qu&rsquo;il percevait comme une menace, agissant avec habilet\u00e9, mesure et prudence, mais aussi en ma&icirc;trisant la situation. Avec Syrie-II, il y a un \u00e9tat d&rsquo;esprit beaucoup plus offensif, voulu certes par le sens des op\u00e9rations bien entendu, mais aussi, pour notre propos, pour une raison politique sinon eschatologique qui nous para&icirc;t de plus en plus imp\u00e9rative.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est l\u00e0 encore rejoindre notre propos g\u00e9n\u00e9ral qui concerne l&rsquo;aspect de la d\u00e9monstration des pleines capacit\u00e9s militaires russes, y compris dans des domaines qui ne sont nullement requis par la situation tactique (emploi des missiles de croisi\u00e8re particuli\u00e8rement). On le comprendra en reprenant l&rsquo;observation cit\u00e9e plus haut, en en changeant un mot pour plus de compr\u00e9hension dans le cadre de notre propos : &laquo; <em>Pour nous, <\/em>[le destinataire]<em> r\u00e9el de cette \u00ab\u00a0d\u00e9monstration\u00a0\u00bb concerne moins le statut de puissance de la Russie et sa s\u00e9curit\u00e9 nationale (qui sont certainement les pr\u00e9occupations de Poutine) que la confusion et la perte de son contr\u00f4le de soi dans le chef du Syst\u00e8me, accroissant ainsi consid\u00e9rablement les possibilit\u00e9s de prolongements catastrophiques pour lui-m\u00eame (le Syst\u00e8me)<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Le but r\u00e9el de Poutine<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Disant et r\u00e9p\u00e9tant tout cela, nous ne voulons pas dire une seule seconde que les Russes veulent faire une d\u00e9monstration de leur puissance et de leur r\u00e9solution pour s&rsquo;affirmer comme puissance de premier rang dans le concert mondial, c&rsquo;est-\u00e0-dire plus dans la cacophonie qui nous est impos\u00e9e que dans l&rsquo;harmonie qu&rsquo;on attendrait d&rsquo;une symphonie. Nous pensons qu&rsquo;ils le voudraient bien, \u00e9ventuellement, en esp\u00e9rant que cela permettrait de mieux fixer la multipolarit\u00e9 dont ils jugent que c&rsquo;est la seule formule qui rende compte justement aujourd&rsquo;hui de la situation du monde, et dont ils jugent \u00e9galement qu&rsquo;ils sont d\u00e9sormais l&rsquo;un des p\u00f4les principaux. Mais notre conviction est qu&rsquo;il savent pour l&rsquo;essentiel, et de plus en plus assur\u00e9s, qu&rsquo;ils n&rsquo;y parviendront sans doute pas parce que les conditions sont telles qu&rsquo;il est objectivement impossible d&rsquo;y parvenir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans un texte pr\u00e9c\u00e9dent, nous pr\u00e9sentions <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-russie-de-leffondrement-au-renouveau\">un article de Rostislav Ischenko<\/a> sur l&rsquo;effondrement et la renaissance de la Russie interpr\u00e9t\u00e9s comme les r\u00e9actions de cette nation \u00e0 une \u00ab\u00a0guerre invisible\u00a0\u00bb d&rsquo;an\u00e9antissement men\u00e9e contre elle par \u00ab\u00a0l&rsquo;Ouest\u00a0\u00bb (les USA) depuis la fin de la Guerre froide. L&rsquo;auteur ne nous donnait gu\u00e8re plus de pr\u00e9cisions \u00e0 cet \u00e9gard (concernant la \u00ab\u00a0guerre d&rsquo;an\u00e9antissement\u00a0\u00bb), consid\u00e9rant ce jugement assez simple comme acquis et s&rsquo;attachant aux r\u00e9actions de la Russie. Or, la question centrale n&rsquo;est pas l&rsquo;\u00e9volution et la situation de la Russie, mais bien la r\u00e9alit\u00e9 et les causes de ce qui est d\u00e9crit comme une \u00ab\u00a0guerre invisible\u00a0\u00bb. La vision faisant de la russophobie la force principale de la politique du bloc BAO depuis 1989-1991, et donc cette russophobie entra&icirc;nant la \u00ab\u00a0guerre invisible\u00a0\u00bb, et cet ensemble constituant le principal \u00e9v\u00e9nement de la p\u00e9riode d\u00e9crite, &ndash; cette vision est \u00e0 notre sens <strong>compl\u00e8tement erron\u00e9e <\/strong>dans le chef de ceux qui sont accus\u00e9s de l&rsquo;avoir. (Par exemple, on doit se souvenir que, lorsque le candidat Romney, contre Obama en 2012, avait pr\u00e9sent\u00e9 comme principal argument de sa politique \u00e9trang\u00e8re la d\u00e9signation de la Russie comme \u00ab\u00a0principal adversaire g\u00e9opolitique des USA\u00a0\u00bb, il avait provoqu\u00e9 une grande surprise et une certaine d\u00e9sapprobation chez nombre de commentateurs, ainsi que chez Obama. Le th\u00e8me apparaissait comme compl\u00e8tement inappropri\u00e9 et, pour certains, comme compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9 puisque venu de la Guerre froide.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p><strong>Le \u00ab\u00a0principal \u00e9v\u00e9nement\u00a0\u00bb de la p\u00e9riode 1989-1991 \u00e0 nos jours est pour nous la crise profonde de l&rsquo;ensemble constituant aujourd&rsquo;hui le bloc-BAO<\/strong>, beaucoup moins spectaculaire, beaucoup moins visible et cruelle en un sens que le destin de la Russie, mais en fait <strong>crise beaucoup plus profonde parce qu&rsquo;elle concerne l&rsquo;\u00e9quilibre et la sant\u00e9 psychologiques de ceux qui sont touch\u00e9s, et qui atteint aujourd&rsquo;hui ses limites supportables<\/strong>. L&rsquo;effet sur la politique est moins une dynamique d'\u00a0\u00bbagression\u00a0\u00bb(dans ce cas, contre la Russie), visible ou pas, au sens normal (comme celle qu&rsquo;identifie Ischenko), qu&rsquo;une dynamique g\u00e9n\u00e9rale compl\u00e8tement erratique, d&rsquo;agressivit\u00e9 dans tous les sens, de d\u00e9s\u00e9quilibre des pouvoirs, de nihilisme strat\u00e9gique, enfin d&rsquo;une production aveugle et intensive de d\u00e9sordre dans tous les sens. Si elle s&rsquo;est fix\u00e9e sur la Russie, c&rsquo;est parce que la Russie est apparue comme le principal obstacle dans l&rsquo;extension du d\u00e9sordre recherch\u00e9 par le Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est, selon notre interpr\u00e9tation, ce qu&rsquo;avaient commenc\u00e9 \u00e0 identifier <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-discours-au-marteau\">Poutine en 2007<\/a>, Rogozine en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-determinisme-narrativiste\">2008<\/a>&#8211;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/otan-irresponsabilite-et-conspiration\">2009<\/a>, puis de plus en plus toute la direction russe \u00e0 partir du d\u00e9veloppement de la crise syrienne dans sa premi\u00e8re phase (voir Lavrov <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/lavrov-psychanalyse-le-bloc-bao-hysterie\">en f\u00e9vrier<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/lavrov-psychanalyse-le-bloc-bao-suite\">d\u00e9cembre 2012<\/a>). D\u00e8s 2007, \u00e0 propos du discours de Munich que le texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 plus haut commente, nous d\u00e9fendions cette th\u00e8se en observant \u00e0 la fois combien la puissance russe en plein renouveau s&rsquo;affirmait d\u00e9j\u00e0, \u00e0 la fois combien elle \u00e9tait utilis\u00e9e pour la d\u00e9fense de l&rsquo;ordre international d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 r\u00e9duit \u00e0 un d\u00e9sordre incontr\u00f4lable (et nullement pour une contre-attaque d&rsquo;une \u00e9ventuelle russophobie op\u00e9rationnelle qui n&rsquo;apparaissait gu\u00e8re en tant que telle \u00e0 cette \u00e9poque) ; Poutine attaquait moins la politique h\u00e9g\u00e9monique des USA <strong>que le d\u00e9sordre produit par la pr\u00e9tention h\u00e9g\u00e9monique des USA&#8230;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&laquo; <em>Les discours de Poutine, depuis que le renouveau de la puissance russe lui permet de parler haut et fort, sont en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s critiques du comportement am\u00e9ricaniste, d\u00e9sign\u00e9 ou devin\u00e9. Sur le fond, sa critique essentielle porte sur l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 et sur l&rsquo;essaimage syst\u00e9matique du d\u00e9sordre qu&rsquo;implique ce comportement. Poutine refl\u00e8te parfaitement le sentiment russe, la peur russe du chaos nourrie d&rsquo;une longue exp\u00e9rience historique montrant combien le fardeau r\u00e9current de la Russie est le d\u00e9sordre qui guette continuellement cet immense pays. Il y a donc une politique syst\u00e9matique du discours russe et, au premier rang, du discours de Poutine : mettre en \u00e9vidence, proclamer le danger de d\u00e9sordre qui secoue les relations internationales, et o&ugrave; les Am\u00e9ricains ont la responsabilit\u00e9 principale sinon exclusive. Cette politique du discours pourrait \u00eatre d\u00e9sign\u00e9e comme une \u00ab\u00a0philosophie du marteau\u00a0\u00bb, mais au sens nietzsch\u00e9en de l&rsquo;expression ; non pas une philosophie lourde mais une philosophie ass\u00e9n\u00e9e, r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sans cesse, comme on frappe sur un clou avec un marteau, pour qu&rsquo;elle finisse pas entrer dans les caboches capara\u00e7onn\u00e9es de conformisme, pour \u00eatre propos\u00e9e \u00e0 leurs jugements enfin d\u00e9cha&icirc;n\u00e9s.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Tentatives infructueuses devant la v\u00e9rit\u00e9-de-situation<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>De 2009 (arriv\u00e9e d&rsquo;Obama et politique dite de-<em>reset<\/em> des relations USA-Russie) \u00e0 fin 2013 (avec<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-un-etrange-anniversaire\"> l&rsquo;intervention de Poutine <\/a>en septembre 2013 pour <strong>\u00ab\u00a0sauver\u00a0\u00bb Obama de la crise int\u00e9rieure<\/strong> o&ugrave; l&rsquo;avait mis son projet d&rsquo;attaque de la Syrie), les Russes ont poursuivi une politique intensive d&rsquo;accommodement avec les USA, non pas \u00e0 cause de leur position de faiblesse mais simplement dans l&rsquo;espoir d&rsquo;arriver \u00e0 un r\u00e9\u00e9quilibrage des relations internationales en g\u00e9n\u00e9ral. Le coup d&rsquo;&Eacute;tat de Kiev de f\u00e9vrier 2014 prit Poutine compl\u00e8tement par surprise, selon des d\u00e9clarations d&rsquo;Obama lui-m\u00eame (voir <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/sur-le-putsch-de-kiev-obama-confirme-friedman\">le 2 f\u00e9vrier 2015 <\/a>: &laquo; &#8230; <em>et d\u00e8s lors que Mr. Poutine prit sa d\u00e9cision concernant la Crim\u00e9e et l&rsquo;Ukraine, &ndash; non pas selon un projet de grande strat\u00e9gie mais parce qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 pris de cours par les protestations du Maidan suivies de la fuite de Ianoukovitch apr\u00e8s que nous ayons arrang\u00e9 un accord de transition de gouvernement en Ukraine<\/em>&#8230; &raquo;). Cette surprise marquait combien le pr\u00e9sident russe continuait \u00e0 entretenir l&rsquo;espoir d&rsquo;un apaisement de la politique de d\u00e9sordre US, &ndash; alors qu&rsquo;effectivement, du c\u00f4t\u00e9 US, le \u00ab\u00a0coup d&rsquo;&Eacute;tat de Kiev\u00a0\u00bb constituait un fait accompli d&rsquo;une faction du d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat travaillant avec les extr\u00e9mistes de Kiev sous l&rsquo;impulsion d\u00e9structurante du Syst\u00e8me, bien plus que l&rsquo;effet d&rsquo;une \u00ab\u00a0Grande Strat\u00e9gie\u00a0\u00bb US et d&rsquo;une machination merveilleusement huil\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi, l&rsquo;effet de la crise ukrainienne fut-il d\u00e9multipli\u00e9 dans l&rsquo;esprit de Poutine, qui conclut \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame improbabilit\u00e9 d&rsquo;un arrangement avec les USA, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame improbabilit\u00e9 de voir se r\u00e9tablir une situation normale au sein du pouvoir US, avec au contraire la perspective d&rsquo;une acc\u00e9l\u00e9ration de la pathologie conduisant cette politique. (Tout cela n&#8217;emp\u00eachant en rien toutes les possibilit\u00e9s d&rsquo;arrangement et d&rsquo;accommodement, mais avec de moins en moins de perspective, sinon d&rsquo;espoir de progresser.) Du c\u00f4t\u00e9 US, c&rsquo;est-\u00e0-dire du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une politique informe et nullement \u00e9labor\u00e9e mais r\u00e9pondant \u00e0 l&rsquo;impulsion de ce que nous nommons \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-la-politique-systeme\">politique-Syst\u00e8me<\/a>\u00a0\u00bb (de plus en plus marqu\u00e9e par l&rsquo;influence directe du Syst\u00e8me, hors de toute ma&icirc;trise humaine), la Russie s&rsquo;installa d&rsquo;elle-m\u00eame comme adversaire principal d\u00e8s lors que c&rsquo;est elle qui s&rsquo;opposait le plus pr\u00e9cis\u00e9ment et le plus efficacement \u00e0 l&rsquo;extension du d\u00e9sordre, et qu&rsquo;elle avait de plus en plus de moyens de le faire. De ce point de vue, il s&rsquo;agit moins de russophobie <em>per se<\/em> que de d\u00e9structuration-dissolution voulues par le Syst\u00e8me, avec la Russie comme structure contre-offensive la plus r\u00e9sistante, donc devenue cible principale aussit\u00f4t traduite au niveau de la communication-narrativiste en une russophobie effr\u00e9n\u00e9e et quasiment pathologique. De l\u00e0 aussi, les divers d\u00e9phasages \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pouvoir US, selon les circonstances et les pouvoirs concern\u00e9s, comme <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-une-visite-en-passant-a-sotchi\">l&rsquo;escapade de Kerry \u00e0 Sotchi<\/a> en mai 2015, que nous d\u00e9finissions comme une \u00ab\u00a0incursion hors-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb appel\u00e9e \u00e0 durer un bien court instant (\u00ab\u00a0le quart d&rsquo;heure de Andy Warhol\u00a0\u00bb pr\u00e9sent\u00e9 comme parabole postmoderne dans le texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9, selon une affirmation [post-]historique de l'\u00a0\u00bbartiste\u00a0\u00bb datant de 1968 et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 avec v\u00e9n\u00e9ration : \u00ab\u00a0<em>In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes<\/em>\u00ab\u00a0) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>Pourtant, non, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces appr\u00e9ciations, na&icirc;t un sentiment qu&rsquo;il se passe quelque chose o&ugrave; l&rsquo;on confond deux mondes diff\u00e9rents ; comme si, finalement, Poutine, Lavrov, Kerry &#038; Cie (dont Nuland dans la compagnie !) s&rsquo;\u00e9taient retrouv\u00e9s enfin, dans un monde \u00e0 mesure raisonnable, entre les gens de bonne compagnie qu&rsquo;ils devraient \u00eatre ou qu&rsquo;ils sont finalement, pour traiter rationnellement d&rsquo;une question qui existe dans un autre monde o&ugrave; la d\u00e9raison (la <\/em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde-crisis_la_crise_de_la_raison_humaine_29_11_2014.html\"><em>raison-subvertie<\/em><\/a><em>), la psychologie corrompue jusqu&rsquo;\u00e0 la folie, l&rsquo;<\/em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_raison_devenue_idiote_utile_de_l_affectivit__11_06_2012.html\"><em>affectivisme<\/em><\/a><em>, le <\/em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\"><em>d\u00e9terminisme-narrativiste<\/em><\/a><em> r\u00e8gnent. Et, bien entendu, cette incursion hors-Syst\u00e8me n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 possible que parce que la partie US a boug\u00e9, &ndash; mais il nous semble fort probable que ce ne fut qu&rsquo;une incursion&#8230; Par cons\u00e9quent, notre fa\u00e7on de voir rejoindrait singuli\u00e8rement, en notion de dur\u00e9e mais a contrario, le quart d&rsquo;heure que nous a imparti Andy Warhol : ce quart d&rsquo;heure vaudrait pour le bon sens et la mesure retrouv\u00e9s<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sotchi avec Kerry, c&rsquo;\u00e9tait en mai : huit mois \u00e0 peine, alors que cela nous para&icirc;t d\u00e9j\u00e0 \u00e9loign\u00e9 de plusieurs ann\u00e9es. (Acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;Histoire, contraction du temps, r\u00e9alisation des \u00e9v\u00e8nements \u00e0 une telle vitesse que <strong>notre perception cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 allonger ce temps qui va trop vite<\/strong>.) C&rsquo;est dans tous les cas \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement qu&rsquo;il faut s&rsquo;arr\u00eater : pour les Russes, une possibilit\u00e9 aussit\u00f4t dissip\u00e9e, \u00ab\u00a0accidentelle\u00a0\u00bb si l&rsquo;on veut, qu&rsquo;une grande politique d&rsquo;arrangement avec les USA bloquant la spirale du d\u00e9sordre, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/vertigo\">du tourbillon crisique<\/a>. La situation en Ukraine n&rsquo;a pas subi de grands changements tandis que la situation en Syrie s&rsquo;aggravait r\u00e9guli\u00e8rement pour Assad, sous les coups de <em>Daesh<\/em> que les USA alimentaient \u00ab\u00a0par erreur\u00a0\u00bb, avec une r\u00e9gularit\u00e9 dans l&rsquo;erreur digne de la bureaucratie pentagonesque. En ao&ucirc;t, Poutine d\u00e9cida l&rsquo;intervention en Syrie, ouvrant la phase Syrie-II du tourbillon crisique. Sotchi avait disparu dans le tourbillon.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De Sotchi-mai 2015 \u00e0 Moscou-d\u00e9cembre 2015<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Huit mois apr\u00e8s Sotchi, \u00e0 nouveau, le secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat Kerry fait une grande visite en Russie (hier) o&ugrave; il rencontre Lavrov et Poutine. Le climat est excellent et l&rsquo;on d\u00e9couvre que, finalement, on n&rsquo;est pas tellement en d\u00e9saccord, et que l&rsquo;on est proche d&rsquo;\u00eatre d&rsquo;accord sur l&rsquo;essentiel. Surprise, surprise&#8230; Voici quelques extraits des \u00e9chos de cette rencontre (d\u00e9clarations, conf\u00e9rence de presse, etc.) qui laissent \u00e0 penser consid\u00e9rablement sur le climat, au point qu&rsquo;on parlerait, pourquoi pas, d&rsquo;un Sotchi-II. RT-fran\u00e7ais en fait un rapport, <a href=\"https:\/\/francais.rt.com\/international\/12195-poutine-kerry-moscou\">au soir du 15 d\u00e9cembre<\/a>, qui nous para&icirc;t plus int\u00e9ressant par l'\u00a0\u00bbesprit de la rencontre\u00a0\u00bb dont il rend compte que par les \u00e9ventuels r\u00e9sultats ou perspectives de r\u00e9sultats au travers de diverses autres rencontres et n\u00e9gociations \u00e0 venir. (Il y a eu des rencontres Kerry-Lavrov le matin, puis Kerry-Lavrov-Poutine l&rsquo;apr\u00e8s-midi, exactement selon le sch\u00e9ma de Sotchi.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>En entamant sa rencontre au Kremlin avec le pr\u00e9sident russe, le secr\u00e9taire d&rsquo;Etat am\u00e9ricain John Kerry a remerci\u00e9 Vladimir Poutine pour son \u00e9nergie et le temps qu&rsquo;il avait d\u00e9cid\u00e9 de consacrer \u00e0 cette rencontre pour faire avancer le dossier syrien. \u00ab\u00a0Nous voyons les efforts vous avez d\u00e9ploy\u00e9s ces derniers temps au point qu&rsquo;il est difficile de vous suivre mais j&rsquo;esp\u00e8re que vous arrivez quand m\u00eame \u00e0 dormir un peu\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le pr\u00e9sident russe en accueillant le secr\u00e9taire d&rsquo;Etat am\u00e9ricain. \u00ab\u00a0La Russie et les Etats-Unis cherchent ensemble \u00e0 r\u00e9soudre les crises les plus difficiles dans monde\u00a0\u00bb, a poursuivi Vladimir Poutine, s&rsquo;arr\u00eatant sur les pourparlers \u00ab\u00a0significatifs\u00a0\u00bb intervenus le matin m\u00eame entre le secr\u00e9taire d&rsquo;Etat am\u00e9ricain et son homologue russe, Sergue\u00ef Lavrov, qui ont d\u00e9bouch\u00e9 sur \u00ab\u00a0plusieurs propositions qui exigent la continuation du dialogue\u00a0\u00bb<\/em>. [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse, John Kerry a d\u00e9clar\u00e9 que les Etats-Unis ne sont pas \u00e0 la recherche d&rsquo;un changement de r\u00e9gime en Syrie. Il a n\u00e9anmoins ajout\u00e9 que les Etats-Unis ne croyaient pas que Bachar el-Assad puisse diriger la Syrie \u00e0 l&rsquo;avenir. \u00ab\u00a0Nous nous sommes concentr\u00e9s sur le processus politique et pas sur nos diff\u00e9rends\u00a0\u00bb, a soulign\u00e9 le secr\u00e9taire d&rsquo;Etat am\u00e9ricain. Les Etats-Unis n&rsquo;ont pas pour but d&rsquo;isoler la Russie, a aussi annonc\u00e9 John Kerry \u00e0 Moscou. \u00ab\u00a0Nous avons toujours dit que les Etats-Unis et la Russie agissaient pour trouver un accord, cela correspond aux int\u00e9r\u00eats du monde entier. Je pense que c&rsquo;est la d\u00e9monstration de la maturit\u00e9 des deux chefs d&rsquo;Etat et de l&rsquo;importance de leur r\u00f4le\u00a0\u00bb, a fait encore remarquer John Kerry. En ce qui concerne la d\u00e9finition des groupes terroristes en Syrie, les Etats-Unis et la Russie ont trouv\u00e9 un terrain d&rsquo;entente. Selon John Kerry, les deux pays sont d&rsquo;accord pour qualifier Daesh et le Front al-Nosra de groupes terroristes et de ne pas les voir si\u00e9ger vendredi \u00e0 New York lors de la r\u00e9union du groupe de soutien international pour la Syrie.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Comme les deux ministres l&rsquo;ont conclu, ces n\u00e9gociations ont \u00e9t\u00e9 productives et concr\u00e8tes. La Russie et les Etats-Unis ont des points de vue communs. Ainsi, Moscou et Washington ont rapproch\u00e9 leurs positions sur les questions difficiles du futur de la Syrie et se sont mis d&rsquo;accord sur les mesures n\u00e9cessaires pour coordonner et rendre plus efficace la lutte contre le terrorisme<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est volontairement, bien entendu, que nous ne faisons gu\u00e8re de place aux possibilit\u00e9s d&rsquo;accords mises en place par les deux (trois) hommes hier \u00e0 Moscou, ni n&rsquo;accordons une importance de fond \u00e0 cette visite. C&rsquo;\u00e9tait la m\u00eame chose \u00e0 Sotchi, en mai dernier, avec les r\u00e9sultats qu&rsquo;on a vus, et la rencontre de Moscou a toutes les chances de repr\u00e9senter une \u00ab\u00a0incursion hors-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb de plus, selon le commentaire repris plus haut et qui peut effectivement \u00eatre conserv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;identique en changeant tel ou tel nom de lieu, telle ou telle identification de crise : il s&rsquo;agit du m\u00eame \u00ab\u00a0tourbillon crisique\u00a0\u00bb et d&rsquo;une semblable tentative qui n&rsquo;a gu\u00e8re de chance de r\u00e9ussir \u00e0 briser une m\u00e9canique absolument impitoyable. Comme en mai dernier : &laquo; [M]<em>ais il nous semble fort probable que ce ne fut qu&rsquo;une incursion&#8230;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&#8230; Moscou, hier, avec un <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/news\/326014-putin-kerry-lavrov-talks\/\">Kerry presqu&rsquo;enthousiaste<\/a> (mais fatigu\u00e9) \u00e0 propos de son entretien avec Moscou, ne repr\u00e9sente effectivement qu&rsquo;un Sotchi de plus, qu&rsquo;une nouvelle \u00ab\u00a0escapade hors-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb, mais avec deux diff\u00e9rences importantes par rapport \u00e0 Sotchi&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Kerry, comme l&rsquo;a not\u00e9 Poutine, a paru tr\u00e8s fatigu\u00e9. Nous n&rsquo;ironisons pas en jugeant ce fait important : il signifie simplement que le secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat US ne m\u00e9nage pas ses efforts pour tenter de regagner plus que le temps d&rsquo;une escapade \u00e9pisodique un autre monde que celui que le Syst\u00e8me, triomphant \u00e0 Washington D.C., lui impose : &laquo; [&#8230;C]<em>omme <\/em>[s&rsquo;ils] <em>s&rsquo;\u00e9taient retrouv\u00e9s enfin, dans un monde \u00e0 mesure raisonnable, entre les gens de bonne compagnie qu&rsquo;ils devraient \u00eatre ou qu&rsquo;ils sont finalement, pour traiter rationnellement d&rsquo;une question qui existe dans un autre monde o&ugrave; la d\u00e9raison&#8230; <\/em>[r\u00e8gne] &raquo; Ce qui nous conduit \u00e0 penser que tous les efforts de Kerry sont louables mais bien improductifs face au Syst\u00e8me, et que pour un pas en avant pour se sortir du Syst\u00e8me (Sotchi en mai, Moscou en d\u00e9cembre), il est oblig\u00e9 d&rsquo;en faire au moins deux en arri\u00e8re parce que rattrap\u00e9 par le Syst\u00e8me dans les intervalles qui forment l&rsquo;essentiel de son travail. Cela est \u00e9puisant, et cela se voit dans la fatigue de Kerry.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; A la diff\u00e9rence de Sotchi, et c&rsquo;est tout l&rsquo;objet de ce commentaire, la Russie est en Syrie, en ordre de bataille et bataillant ferme pour assurer la ma&icirc;trise de la r\u00e9gion. A Moscou, on se congratule le temps d&rsquo;une journ\u00e9e, en Syrie ce sont des avions de combat, des syst\u00e8mes d&rsquo;arme, des forces de protection et d&rsquo;appui, dans une quantit\u00e9 non n\u00e9gligeable et selon une r\u00e9solution d\u00e9sormais sans faille, qui intereviennent sans discontinuer &ndash; non seulement parce que c&rsquo;est la marque de la Russie redevenue une puissance mais <strong>surtout parce que ni la Russie ni Poutine ne peuvent plus reculer<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">2016 ou 1914 ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il faut donc bien comprendre notre logique qui s&rsquo;appuie sur une exp\u00e9rience d\u00e9j\u00e0 longue de forces non-identifi\u00e9es (et non-identifiables d&rsquo;un point de vue humain, \u00e0 notre sens) exer\u00e7ant une pression irr\u00e9sistible contre laquelle les forces humaines, lorsqu&rsquo;elles essaient d&rsquo;intervenir, ne sont que des interf\u00e9rences temporaires. Tous les personnages cit\u00e9s dans ce passage sont, pour l&rsquo;essentiel, de bonne foi, et Kerry est autant prisonnier du Syst\u00e8me avec des vell\u00e9it\u00e9s d&rsquo;\u00e9vasion sans lendemain, que Poutine-Lavrov sont pr\u00eats \u00e0 un arrangement avec les USA sans pour cela parvenir \u00e0 aucun moment \u00e0 quoi que ce soit de d\u00e9cisif avec les USA. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il y a donc cette constante recherche d&rsquo;un arrangement raisonnable, mais de l&rsquo;autre il y a le poids \u00e9crasant du Syst\u00e8me en r\u00e9gime de surpuissance qui impose les conditions de d\u00e9sordre, de tension, d&rsquo;aggravation constant de la situation, avec une myriades d&rsquo;autres acteurs, irresponsables, insaisissables, partag\u00e9s entre l&rsquo;angoisse et l&rsquo;<em>hybris<\/em>, &ndash; il suffit d&rsquo;aller d&rsquo;Erdogan aux princes saoudiens, collection d&rsquo;angoisse et d&rsquo;<em>hybris<\/em> r\u00e9unis dans une hyst\u00e9rie commune, &ndash; qui constituent les fourriers des entreprises du Syst\u00e8me,  l\u00e0 aussi sans le savoir ni le vouloir, mais qu&rsquo;importe d\u00e8s lors qu&rsquo;ils font ce qu&rsquo;ils font.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais la situation est parvenue \u00e0 maturit\u00e9 parce que, <em>volens nolens<\/em>, les Russes ont d\u00e9barqu\u00e9 en Syrie comme on les voit et qu&rsquo;ils ne cessent de montrer leurs capacit\u00e9s militaires pour obtenir le respect qui leur est du et qu&rsquo;on leur pr\u00eate une oreille attentive. Cela est en train d&rsquo;\u00eatre accompli (le respect et l&rsquo;oreille attentive) mais le r\u00e9sultat g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 part les isol\u00e9s comme un Kerry ou l&rsquo;autre, ne signale nullement de meilleures possibilit\u00e9s d&rsquo;arrangement mais au contraire une d\u00e9multiplication de la fureur du Syst\u00e8me de voir sa surpuissance contrari\u00e9e dans son entreprise de d\u00e9structuration-dissolution. On le comprend ais\u00e9ment puisque le Syst\u00e8me a comme instrument principal Washington D.C. et son <em>establishment<\/em> de s\u00e9curit\u00e9 nationale, ses lobbies et ses commentateurs, qui reprennent ais\u00e9ment la main, chaque fois qu&rsquo;un Kerry leur \u00e9chappe pour une escapade. (Et si l&rsquo;on parle de Kerry, c&rsquo;est que les circonstances l&rsquo;ont mis l\u00e0 o&ugrave; il est ; on pourrait parler d&rsquo;un Obama, s&rsquo;il existait encore, ou de quelque autre que ce soit, &ndash; il reste qu&rsquo;il s&rsquo;agit toujours d&rsquo;individualit\u00e9s isol\u00e9es qui n&rsquo;ont d&rsquo;autres moyens que la \u00ab\u00a0strat\u00e9gie de l&rsquo;escapade\u00a0\u00bb, par essence, c&rsquo;est-\u00e0-dire par intermittences sans suite.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de journ\u00e9es apais\u00e9es et raisonnables comme celles de Moscou hier, et de Sotchi huit mois plus t\u00f4t, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire deux jours par ans, <em>grosso modo<\/em>, &ndash; on trouve un monde absurde, parcouru de tensions incroyables et o&ugrave; le commentateur est en g\u00e9n\u00e9ral conduit \u00e0 ne pouvoir conclure qu&rsquo;une chose parce que son commentaire en reste \u00e0 des donn\u00e9es humaines classiques : nous allons vers un conflit d&rsquo;envergure mondiale. L&rsquo;un des derniers en date est Patrick Cockburn dans <em>The Independent<\/em> du 12 d\u00e9cembre 2015, lorsqu&rsquo;il conclut son article par ce paragraphe (notre soulign\u00e9 en caract\u00e8res gras) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Serious powers such as Russia and Turkey are being sucked in and have invested too much of their prestige and credibility to pull back or suffer a defeat. Their vital interests become plugged into obscure but violent local antagonisms, such as those between Russian-backed Kurds and Turkish-backed Turkomans, through whose lands run the roads supplying Aleppo. <strong>The Syrian-Iraqi conflict has become to the 21st century what the Balkan wars were to the 20th. In terms of explosive violence on an international scale, 2016 could be our 1914<\/strong><\/em><strong>.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;hypoth\u00e8se du Syst\u00e8me en action<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;on sait suffisamment que notre position est plus nuanc\u00e9e et que nous ne tenons nullement comme assur\u00e9e l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 d&rsquo;un conflit, parce qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit nullement de conditions humaines habituelles des tensions menant \u00e0 un conflit, comme celles de 1914. (Bien que nous tenions ce conflit comme r\u00e9pondant d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;empire du Syst\u00e8me, mais d&rsquo;une fa\u00e7on infiniment plus dissimul\u00e9e, impossible \u00e0 identifier, donc interpr\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral selon les seuls composants humains de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement.) Ce qui est remarquable aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9volution qui commence \u00e0 se faire voir chez certains commentateurs vis-\u00e0-vis de la situation que nous connaissons, qui commencent <strong>\u00e0 s&rsquo;interroger sur la v\u00e9ritable nature de cette situation<\/strong>. Notre chroniqueur PhG l&rsquo;a signal\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/apologie-de-la-psychologie-de-lapocalysme\">le 10 d\u00e9cembre<\/a> en exposant le constat de l&rsquo;\u00e9volution vers une \u00ab\u00a0psychologie de l&rsquo;apocalysme\u00a0\u00bb ; nous l&rsquo;avons signal\u00e9 aussi bien et plus pr\u00e9cis\u00e9ment en pr\u00e9sentant le plus r\u00e9cent <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/larmageddon-de-paul-craig-roberts\">texte de Paul Craig Roberts<\/a> du 14 d\u00e9cembre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>Lorsque l&rsquo;effet d&rsquo;une politique devient de plus en plus \u00e9videmment la destruction du monde, donc la destruction aussi bien de ceux-l\u00e0 m\u00eame qui font cette \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb, le principal probl\u00e8me n&rsquo;est plus cette \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb mais bien les effets de cette politique ; et, de l\u00e0, appara&icirc;t l&rsquo;interrogation sur la nature m\u00eame de ceux qui pr\u00f4nent cette \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb. Sont-ce des \u00ab\u00a0id\u00e9ologues\u00a0\u00bb (neocons) ou bien simplement des \u00ab\u00a0cr\u00e9atures inhumaines\u00a0\u00bb (comme dit Roberts) dont le seul moteur est le Mal (le Syst\u00e8me en est la \u00ab\u00a0Matrix\u00a0\u00bb), et la d\u00e9marche de type diabolique<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Ces conditions sont si exceptionnelles qu&rsquo;on peut au moins consid\u00e9rer l&rsquo;hypoth\u00e8se que <strong>l&rsquo;\u00e9volution n\u00e9cessairement catastrophique de la situation<\/strong>, &ndash; l\u00e0-dessus, aucun doute dans notre esprit, &ndash; entra&icirc;ne des cons\u00e9quences qui sortirons elles aussi des s\u00e9ries habituelles. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il n&rsquo;est plus \u00e9vident ni in\u00e9luctable qu&rsquo;une telle tension ressemblant \u00e0 celle de 1914, selon l&rsquo;observation de Cockburn, aboutisse aux m\u00eames circonstances que nous conn&ucirc;mes en 1914. L&rsquo;autre possibilit\u00e9 est qu&rsquo;\u00e0 la perspective d&rsquo;un conflit mondial et absolument catastrophique, cette tension paroxystique conduise \u00e0 une rupture d&rsquo;un type compl\u00e8tement nouveau, indescriptible et impr\u00e9visible selon les seules ressources de la raison humaine en g\u00e9n\u00e9ral <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-crisis-la-crise-de-la-raison-humaine\">subvertie par l&rsquo;influence du Syst\u00e8me<\/a>, et qui concerne la structure m\u00eame du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il s&rsquo;agit de notre hypoth\u00e8se habituelle sur l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, n\u00e9cessairement provoqu\u00e9 par les tensions que le Syst\u00e8me impose aux psychologies des <em>sapiens <\/em>qui travaillent dans les structures qu&rsquo;il (le Syst\u00e8me) a lui-m\u00eame \u00e9tablies ; et peut-on imaginer plus forte tension que la perspective d&rsquo;un conflit entra&icirc;nant la destruction du monde, comme celle que d\u00e9crit Paul Craig Roberts et qui, justement, le conduit \u00e0 s&rsquo;interroger sur la nature m\u00eame des cr\u00e9atures du Syst\u00e8me, et donc sur la nature du Syst\u00e8me&#8230; (Bien entendu, il est inutile d&rsquo;attendre de telles r\u00e9flexions de la part des commentateurs-standards et commentateurs-Syst\u00e8me jusqu&rsquo;au bout, particuli\u00e8rement ceux qui se croient antiSyst\u00e8me et montrent une fascination si extr\u00eame pour cette surpuissance du Syst\u00e8me qu&rsquo;ils continuent \u00e0 identifier d&rsquo;une fa\u00e7on rationnelle [par exemple, \u00ab\u00a0l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie des USA\u00a0\u00bb] qu&rsquo;ils en sont finalement les meilleurs serviteurs.) Nous voulons simplement dire, au fond, qu&rsquo;il serait simplement temps d&rsquo;accepter de s&rsquo;interroger hors de tout pr\u00e9jug\u00e9, y compris, par exemple, tous les pr\u00e9jug\u00e9s que la modernit\u00e9 habilement devenue-postmodernit\u00e9 (man&oelig;uvre-Syst\u00e8me par excellence) a impos\u00e9s \u00e0 nos esprits \u00e0 cause d&rsquo;une psychologie constamment affaiblie. Bref, \u00eatre un peu plus \u00ab\u00a0esprit libre\u00a0\u00bb que le courant que nous autorise le Syst\u00e8me, qui s&rsquo;y entend pour pr\u00f4ner des vertus \u00e9videntes en les retournant contre elles-m\u00eames, et en r\u00e9duisant ces vertus \u00e0 des slogans vides de toute substance. <\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur une d\u00e9monstration sans frais 15 d\u00e9cembre 2015 &ndash; Jusqu&rsquo;ici, l&rsquo;intervention en Syrie (phase Syrie-II de la crise syrienne) s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e selon l&rsquo;analyse suivante : principalement, venir en aide au r\u00e9gime d&rsquo;Assad et lutter avec une d\u00e9termination extr\u00eame contre les terroristes ; accessoirement, l&rsquo;occasion faisant le larron, effectuer une d\u00e9monstration de la puissance militaire&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[3761,12572,7548,5708,855,2707,3004,916,17211,17060,1267,1296],"class_list":["post-76299","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-3761","tag-daesh","tag-eschatologie","tag-goure","tag-kerry","tag-moscou","tag-nucleaire","tag-poutine","tag-sotchie","tag-syrie-ii","tag-terrorisme","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76299","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76299"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76299\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76299"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76299"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76299"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}