{"id":76331,"date":"2015-12-31T10:11:49","date_gmt":"2015-12-31T10:11:49","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/12\/31\/2016-notre-verdun-et-ma-nostalgie-infinie-1\/"},"modified":"2015-12-31T10:11:49","modified_gmt":"2015-12-31T10:11:49","slug":"2016-notre-verdun-et-ma-nostalgie-infinie-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2015\/12\/31\/2016-notre-verdun-et-ma-nostalgie-infinie-1\/","title":{"rendered":"2016, notre-Verdun et ma \u201cnostalgie-infinie\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">2016, notre-Verdun et ma \u00ab\u00a0nostalgie-infinie\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>31 d\u00e9cembre 2015 &ndash; Pour moi qui n&rsquo;ai pas l&rsquo;habitude de sacrifier \u00e0 cette tradition des v&oelig;ux et des bonnes r\u00e9solutions, voire des pr\u00e9dictions pour une ann\u00e9e nouvelle, 2016 fait exception. Cette attitude qui d\u00e9roge tient \u00e0 des motifs personnels et \u00e0 des motifs m\u00e9tahistoriques, et ces deux sortes de motifs se rencontrant et se m\u00ealant intimement. Je ne vois pas de circonstance, &ndash; cette intimit\u00e9 du personnel et du m\u00e9tahistorique, &ndash; qui rencontre plus ma raison d&rsquo;\u00eatre et ma fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre, ce sentiment que l&rsquo;\u00eatre n&rsquo;est lui-m\u00eame que lorsque le plus intime de lui-m\u00eame rencontre les grands courants collectifs du monde inspir\u00e9s et suscit\u00e9s par des forces sup\u00e9rieures. Cela satisfait autant cette \u00ab\u00a0\u00e2me po\u00e9tique\u00a0\u00bb qui trouve dans la beaut\u00e9 et l&rsquo;intuition les traces indubitable de la transcendance, que l&rsquo;esprit g\u00e9n\u00e9rateur d&rsquo;une pens\u00e9e que je voudrais coh\u00e9rente et qui, elle aussi mais par d&rsquo;autres voies, conclut \u00e0 la vitale n\u00e9cessit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;incontestable pr\u00e9sence de la transcendance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici donc 2016 que je salue, pour la force symbolique rassembl\u00e9e par les concordances du symbolisme des dates (des \u00ab\u00a0anniversaires\u00a0\u00bb comme l&rsquo;on dit platement) qui y sont pr\u00e9sentes. 2016, c&rsquo;est <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/retour-a-verdun\">le dixi\u00e8me anniversaire<\/a> de ma d\u00e9couverte de Verdun. (De \u00ab\u00a0notre\u00a0\u00bb d\u00e9couverte de Verdun puisque nous f&ucirc;mes plusieurs et que je ne peux nous oublier, tous comme nous f&ucirc;mes : chaque fois que je dis \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb \u00e0 propos de Verdun, il ne faut pas oublier que je dis \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb \u00e9galement puisque cette aventure s&rsquo;est faite pour moi, \u00e9galement, au nom d&rsquo;une amiti\u00e9 commune transcend\u00e9e par une ferveur commune.) 2016, c&rsquo;est bien entendu, &ndash; j&rsquo;allais dire \u00ab\u00a0\u00e9galement\u00a0\u00bb et je devrais dit \u00ab\u00a0surtout\u00a0\u00bb, alors je ne dis rien que l&rsquo;adverbe de l&rsquo;\u00e9vidence, &ndash; le centi\u00e8me anniversaire de la bataille de Verdun. Qui pourrait s&rsquo;\u00e9tonner que je mette les deux ensemble pour faire de 2016, comme une basse continue de mon travail et de mes r\u00e9flexions, le r\u00e9ceptacle d&rsquo;une profonde m\u00e9ditation et d&rsquo;une nostalgie infinie, qui susciteront ce qu&rsquo;il reste de meilleur en moi. J&rsquo;aime profond\u00e9ment, j&rsquo;aime infiniment, qu&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/marine-the-donald-et-les-allumettes\">\u00e0 la fureur du texte<\/a> que j&rsquo;\u00e9crivis hier succ\u00e8dent, comme je l&rsquo;\u00e9crivais justement \u00e0 la fin de ce texte, l&rsquo;harmonie, l&rsquo;apaisement, l&rsquo;\u00e9quilibre et l&rsquo;ordre de celui que j&rsquo;\u00e9cris ici et maintenant, comme si \u00ab\u00a0ici-et-maintenant\u00a0\u00bb n&rsquo;avaient plus la moindre importance ni la moindre existence, comme si ce texte d'\u00a0\u00bbici-et-maintenant\u00a0\u00bb \u00e9tait \u00e9crit pour d\u00e9passer d\u00e9cisivement la circonstance d'\u00a0\u00bbici-et-maintenant\u00a0\u00bb. Ce texte du jour n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec les imp\u00e9ratifs du pr\u00e9sent du jour, il sugg\u00e8re qu&rsquo;il se trouve hors du Temps pour faire mieux saisir ce que certaines choses d&rsquo;apparence temporelle rec\u00e8le <strong>d&rsquo;absolument, d&rsquo;infiniment intemporel jusqu&rsquo;\u00e0 laisser deviner l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est en 2006 qu&rsquo;eut lieu ma et notre premi\u00e8re visite \u00e0 Verdun. Elle fut suivie de beaucoup d&rsquo;autres, et <a href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-les_ames_de_verdun.html\">d&rsquo;un livre<\/a>,  <em><a href=\"http:\/\/archive.is\/2bUS0\">Les &Acirc;mes de Verdun<\/a><\/em>, dont vous voyez en permanence la couverture en page d&rsquo;accueil, qui n&rsquo;eut aucun succ\u00e8s selon les normes en cours comme il sied aux ouvrages qui refusent les r\u00e8gles conformistes et les <em>ukases<\/em> de leur temps lorsque ce temps est cette \u00e9poque mis\u00e9rable et indigne au-del\u00e0 de tout ce que nous aurions pu imaginer avant qu&rsquo;elle ne survint. Je pense que c&rsquo;est <strong>un tr\u00e8s beau livre<\/strong>, dans tous les sens du mot \u00ab\u00a0beaut\u00e9\u00a0\u00bb, &ndash; celui de la pens\u00e9e qu&rsquo;il inspire, de l&rsquo;\u00e2me collective qu&rsquo;il d\u00e9voile, de l&rsquo;esth\u00e9tique superbe dont il est habill\u00e9. Cette aventure, survenue sur le tard pour la plupart des aventuriers, reste dans mon \u00e2me et dans ma pens\u00e9e comme un pr\u00e9sent sublime que la transcendance nous a offert \u00e0 nous tous, les aventuriers de Verdun, et pour l&rsquo;un d&rsquo;entre nous ce que je crois pouvoir me permettre de pr\u00e9senter comme le dernier et peut-\u00eatre plus beau pr\u00e9sent que lui aura fait la vie avant qu&rsquo;il ne la quitte pour d&rsquo;autres horizons. Verdun, c&rsquo;est un paysage terrestre orn\u00e9 d&rsquo;une beaut\u00e9 achev\u00e9e qui en fait un monde hors de notre monde, parcouru, charg\u00e9, magnifi\u00e9 comme par un chant de gloire venu d&rsquo;ailleurs, de la pr\u00e9sence de ces milliers, de ces centaines de milliers d&rsquo;\u00e2mes de ces jeunes gens morts de Verdun, qui nous chuchotent qu&rsquo;ils ne sont pas morts en vain et que la permanence de leur pr\u00e9sence signifie au visiteur qui sait la d\u00e9celer que la mort n&rsquo;est en rien la trag\u00e9die nihiliste qu&rsquo;en font nombre de nos tristes et pi\u00e8tres contemporains. Je ne sais si notre \u00e9poque de l&rsquo;imposture m\u00e9rite Verdun-aujourd&rsquo;hui, si pr\u00e9cieusement conserv\u00e9 et hauss\u00e9 \u00e0 sa vraie mesure par la beaut\u00e9 du site, &ndash; et dire cela c&rsquo;est dire que je suis fix\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard. Verdun-aujourd&rsquo;hui ne m\u00e9rite rien de cette \u00e9poque, mais plut\u00f4t, symboliquement, ce sublime quatrain de P\u00e9guy \u00e9crit myst\u00e9rieusement et \u00e9nigmatiquement compos\u00e9 (en 1913), comme une pr\u00e9monition du salut du po\u00e8te qui perdrait lui-m\u00eame la vie dans la bataille et \u00ab\u00a0divine surprise\u00a0\u00bb de la Marne de septembre 1914, \u00e0 la gloire de toutes ces jeunes \u00e2mes mortes et ressuscit\u00e9es :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo; <em>M\u00e8re, voici vos fils qui se sont tant battus,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Qu&rsquo;ils ne soient pas jug\u00e9s sur leur seule mis\u00e8re.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Qui les a tant perdus et qu&rsquo;ils ont tant aim\u00e9e<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Je dois \u00e0 Verdun un choc g\u00e9n\u00e9ral qui a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un courant nouveau et plus haut de mes r\u00e9flexions, bas\u00e9 sur un bouleversement complet de ma conception de l&rsquo;histoire, en y d\u00e9couvrant l&rsquo;\u00e9lan vers l&rsquo;Histoire, ou histoire devenue m\u00e9tahistoire, au point o&ugrave; dans ma nomenclature intime, je n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 parler de l'\u00a0\u00bbintuition de Verdun\u00a0\u00bb qui est de la cat\u00e9gorie des plus hautes intuitions. Aujourd&rsquo;hui, confrontant la beaut\u00e9 et la sublimit\u00e9 de Verdun et sa puissante influence sur l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique d&rsquo;une part, le go&ucirc;t pour le travail de la m\u00e9taphysique qui s&rsquo;est empar\u00e9 de moi d&rsquo;autre part, je suis devenu adepte de cette conception qu&rsquo;expose si bien Gustave Thibon (**) observant qu&rsquo;il \u00e9tait venu \u00e0 la m\u00e9taphysique par la beaut\u00e9 de la po\u00e9sie. Alors, il m&rsquo;a sembl\u00e9 bienvenu de poursuivre la publication d&rsquo;un travail d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-la-nostalgie-infinie\">un texte r\u00e9cent<\/a> du <em>Journal dde.crisis<\/em>, sur la \u00ab\u00a0nostalgie infinie\u00a0\u00bb, et qui, finalement, annon\u00e7ait ce que je propose aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est-\u00e0-dire la suite-et-fin de ce passage de <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>\/Tome II sur cette \u00ab\u00a0nostalgie infinie\u00a0\u00bb comme messag\u00e8re de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, avec le souvenir magnifi\u00e9 et transcend\u00e9 de Verdun&#8230; Ainsi \u00e9crivai-je le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-la-nostalgie-infinie\">1er d\u00e9cembre<\/a>, sur quoi s&rsquo;encha&icirc;ne la suite ci-dessous :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>Je termine l&rsquo;extrait \u00e0 l&rsquo;endroit o&ugrave; j&rsquo;en suis de ma ni\u00e8me relecture pour garder un texte soumis \u00e0 autant d&rsquo;attention et d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ma part ; je termine tout de m\u00eame en laissant les trois premi\u00e8res lignes d&rsquo;un nouveau paragraphe indiquant que la deuxi\u00e8me r\u00e9f\u00e9rence manifestant cette conception de ma nostalgie, apr\u00e8s l'\u00a0\u00bbAlg\u00e9rie-perdue\u00a0\u00bb, est ce que j&rsquo;ai coutume de nommer <\/em><em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/chronique-du-19-courant-resilience-de-verdun\">l&rsquo;intuition de Verdun<\/a>\u00ab\u00a0. Que le lecteur ait \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;esprit que la \u00ab\u00a0ni\u00e8me relecture\u00a0\u00bb n&#8217;emp\u00eache nullement qu&rsquo;il y pourrait bien s&ucirc;r y avoir une \u00ab\u00a0ni\u00e8me + 1\u00a0\u00bb relecture avec de nouvelles corrections, et peut-\u00eatre bien une \u00ab\u00a0ni\u00e8me + 2\u00a0\u00bb, et ainsi va la vie<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>____________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Extrait (suite) de <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, Tome II, <em>Conclusion<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230; De fa\u00e7on je crois tr\u00e8s significative pour l&rsquo;importance que j&rsquo;accorde aux \u00e9v\u00e9nements li\u00e9s \u00e0 ces souvenirs, je donne une place d&rsquo;intensit\u00e9 \u00e9gale, pour ce qu&rsquo;il doit \u00e0 la nostalgie \u00e9galement fix\u00e9e dans le temps courant en \u00e9chappant \u00e0 son flux, et par cons\u00e9quent lib\u00e9r\u00e9e du Temps, \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode de ce que je nommerais pour la sublimit\u00e9 de la chose \u00ab\u00a0l&rsquo;intuition de Verdun\u00a0\u00bb. Il en a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 beaucoup question, &ndash; de Verdun, dans tous les cas, &ndash; dans le Premier Tome de <em>La Gr\u00e2ce<\/em>. Le Myst\u00e8re et la beaut\u00e9 de \u00ab\u00a0l&rsquo;intuition de Verdun\u00a0\u00bb sont que ce souvenir prend la m\u00eame consistance d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 que celui de ma jeunesse. On voit bien, pour tout dire et le dire simplement, que \u00ab\u00a0le temps ne fait rien \u00e0 l&rsquo;affaire\u00a0\u00bb&#8230; Hors cela, on comprend tous les aspects favorisant la manufacture d&rsquo;un souvenir qui prend cette dimension d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 telle que je la ressens : la bataille de Verdun, la place de cet \u00e9v\u00e9nement dans l&rsquo;histoire et la place que je lui assigne dans ma conception de l&rsquo;Histoire, l&rsquo;interpr\u00e9tation que j&rsquo;en offre, l&rsquo;origine de cette d\u00e9marche qui est un <strong>contact physique <\/strong>avec la nature et la nature devenue comm\u00e9moration de Verdun, dans le silence et la solitude d&rsquo;une nature grave et tr\u00e8s belle, et alors ce que disait Daniel-Rops de Rodin revient \u00e0 l&rsquo;esprit (&laquo; <em>Dans cette lutte prodigieuse entre la <strong>mati\u00e8re r\u00e9tive<\/strong> et la volont\u00e9 cr\u00e9atrice&#8230;<\/em> &raquo; ) ; car la \u00ab\u00a0mati\u00e8re r\u00e9tive\u00a0\u00bb est, dans ce cas, la nature originelle de la bataille accomplie, furieusement tortur\u00e9e, an\u00e9antie par le d\u00e9cha&icirc;nement, du Verdun de l&rsquo;ann\u00e9e 1916 ; puis, depuis ces Temps Terribles et jusqu&rsquo;\u00e0 nous, mais comme nous invitant \u00e0 d\u00e9passer le Temps, la nature de Verdun apais\u00e9e, ren\u00e9e, sublim\u00e9e par elle-m\u00eame et d\u00e9veloppant comme un asile pour les \u00ab\u00a0volont\u00e9s cr\u00e9atrices\u00a0\u00bb, o&ugrave; je me suis ressenti parfaitement, o&ugrave; j&rsquo;ai trouv\u00e9 mon aire, et de ma \u00ab\u00a0volont\u00e9 cr\u00e9atrice\u00a0\u00bb transformant la \u00ab\u00a0mati\u00e8re r\u00e9tive\u00a0\u00bb et faisant d&rsquo;un monde physique une m\u00e9taphysique sans lui \u00f4ter ses caract\u00e8res fondamentaux, sublimant la mati\u00e8re, l&rsquo;\u00e9levant, la faisant antimati\u00e8re en la faisant m\u00e9taphysique. (O&ugrave; l&rsquo;on voit que, comme sugg\u00e9r\u00e9 plus haut, rien n&rsquo;est dit sur la mati\u00e8re, et que la Mati\u00e8re qui est le Mal dans notre \u00e9poque terrible jusqu&rsquo;\u00e0 en \u00eatre son Tout, si elle est toute cette \u00e9poque terrible, n&rsquo;est pas toute la mati\u00e8re. Il faudra bien y revenir, &ndash; je l&rsquo;esp\u00e8re, pour le Tome III de <em>La Gr\u00e2ce<\/em>, &ndash; et se plonger dans l&rsquo;\u00e9preuve incroyable de la d\u00e9finition de la mati\u00e8re, et <strong>comment ce que je nomme \u00ab\u00a0Mati\u00e8re\u00a0\u00bb avec ue majuscule n&rsquo;est pas toute la mati\u00e8re<\/strong>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Verdun est un havre, une \u00e9pop\u00e9e fix\u00e9e et apais\u00e9e dans les doublures du Temps, qui s&rsquo;est pos\u00e9e et repose dans la douceur de l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique. C&rsquo;est une mati\u00e8re unique, qui n&rsquo;est absolument plus r\u00e9tive en rien, qui est l&rsquo;accommodement m\u00eame du monde et qui se fond dans l&rsquo;univers, une mati\u00e8re absolument d\u00e9sincarn\u00e9e et ainsi sortie de sa fonction m\u00eame de mati\u00e8re, &ndash; autrement dit, lorsque la mati\u00e8re n&rsquo;est plus Mati\u00e8re &#8230; Ainsi, le souvenir de Verdun avec celui de l&rsquo;Alg\u00e9rie pour former une structure convaincante, le souvenir dont la nostalgie ravive en moi la permanence de sa n\u00e9cessit\u00e9, sinon de sa bouleversante signification, le souvenir constitue la clef du Temps et la forme du pass\u00e9 lorsque l&rsquo;un et l&rsquo;autre s&rsquo;unissent pour former la perspective infinie dont je parle. La nostalgie ne m&rsquo;invite plus \u00e0 me retourner, elle m&rsquo;impr\u00e8gne de cette v\u00e9rit\u00e9 que tous ces attributs ne concourent qu&rsquo;\u00e0 une chose, qui est de saisir l&rsquo;in\u00e9vitabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Il s&rsquo;agit de cette passerelle unique qui s&rsquo;ouvre \u00e0 l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique, et l&rsquo;\u00e9motion qu&rsquo;est la nostalgie, qui serre le c&oelig;ur parce qu&rsquo;elle est charg\u00e9e de cette r\u00e9v\u00e9lation que l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 se trouve \u00eatre l&rsquo;essence m\u00eame de la r\u00e9v\u00e9lation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Ces deux souvenirs porteurs d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, r\u00e9v\u00e9lateurs de la v\u00e9ritable essence du pass\u00e9 lorsque le pass\u00e9 se d\u00e9barrasse de la prison du Temps, ne sont dans mon \u00e2me po\u00e9tique, interpr\u00e9t\u00e9s par mon esprit, ni des limites, ni des n\u00e9cessit\u00e9s, ni des exceptions. En un sens, tous les souvenirs et le pass\u00e9 dans son enti\u00e8ret\u00e9 renvoient n\u00e9cessairement \u00e0 ces caract\u00e8res qui sont ceux qui enfantent l&rsquo;intuition de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Disant cela, nous ne faisons que nous d\u00e9barrasser des encombrements de l&rsquo;existence humaine, des scories des \u00e9motions, de la fragmentation extr\u00eame de la m\u00e9moire imm\u00e9diate comme du nivellement des actes et des choses qu&rsquo;impose le temps v\u00e9cu \u00e0 son rythme, qui nous enferme et nous impose son pr\u00e9sent qui s&rsquo;enfuit aussit\u00f4t qu&rsquo;on le croit saisi, absolument insaisissable&#8230; Nous transformons notre pass\u00e9 s\u00e9quentiel, fragmentaire, \u00e9motionnel, nivel\u00e9, en une intuition de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, et notre nostalgie qui est le v\u00e9hicule initial producteur de l&rsquo;\u00e9nergie n\u00e9cessaire \u00e0 cette transmutation de la perception, \u00e0 cette <strong>sacralisation de la perception<\/strong>, nous conduit \u00e9galement sur la voie de ce qui devient l&rsquo;Histoire providentielle en devenant elle-m\u00eame, notre nostalgie, cette \u00ab\u00a0nostalgie infinie\u00a0\u00bb. Il ne s&rsquo;agit de rien de moins que du v\u00e9hicule qui va r\u00e9ussir l&rsquo;assimilation des \u00e9v\u00e9nements courants qu&rsquo;il importe d&rsquo;interpr\u00e9ter \u00e0 une lumi\u00e8re nouvelle, du pass\u00e9 sacralis\u00e9 par la nostalgie, enfin de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 dont l&rsquo;intuition nimbe l&rsquo;ensemble. Cet ensemble ayant \u00e9t\u00e9 peu \u00e0 peu constitu\u00e9 et mis en place, ayant \u00e9cart\u00e9 le Temps, ayant devin\u00e9 les traces de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, la conscience se d\u00e9veloppe alors puis avec une puissance inou\u00efe d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement extraordinaire, soudainement r\u00e9alis\u00e9, comme une de ces \u00e9vidences qui n&rsquo;attend qu&rsquo;une circonstance fortuite r\u00e9v\u00e9latrice d&rsquo;un fondement du monde pour enfin se r\u00e9v\u00e9ler dans toute sa sublime splendeur ; cet \u00e9v\u00e9nement extraordinaire, <strong>c&rsquo;est l&rsquo;absence du Mal<\/strong>. Effectivement, le souvenir d&rsquo;une vie o&ugrave; l&rsquo;on eut \u00e0 subir si souvent les attentes affreuses de la proximit\u00e9 du Mal, lorsqu&rsquo;il est transmut\u00e9 par la nostalgie-infinie comme j&rsquo;ai tent\u00e9 de le montrer, lorsqu&rsquo;il laisse voir l&rsquo;intuition sacr\u00e9e de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, rend compte enfin de cet \u00e9v\u00e9nement extraordinaire de <strong>la disparition du Mal<\/strong>, donc de l&rsquo;absence du Mal dans ce souvenir&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Ainsi en vins-je \u00e0 conclure \u00e0 ce point, avant d&rsquo;aborder des espaces nouveaux ainsi d\u00e9gag\u00e9s pour combler d&rsquo;une f\u00e9condit\u00e9 renouvel\u00e9e mon \u00e2me po\u00e9tique, que l&rsquo;absence du Mal, qui est d&rsquo;abord retrait du Mal \u00e0 cause des \u00e9tapes interm\u00e9diaires de l&rsquo;initiation de l&rsquo;intellect nimb\u00e9 de l&rsquo;intuition haute, est la garante et la gardienne \u00e0 la fois, et la marque enfin de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Il s&rsquo;agit de la garantie paradoxale, <strong>non de la dur\u00e9e mais de la non-n\u00e9cessit\u00e9 de la dur\u00e9e<\/strong>, cela correspondant \u00e0 la disparition du Temps et de la dur\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Dans cette vision, la perception que transmet la nostalgie-infinie de ce qu&rsquo;est l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 entra&icirc;ne l&rsquo;intuition que l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 s&rsquo;est d\u00e9barrass\u00e9e de ce qui est d\u00e9sign\u00e9 comme la Mati\u00e8re dans ce r\u00e9cit, que l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ne peut \u00eatre l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 que si \u00ab\u00a0ce qui est d\u00e9sign\u00e9 comme la Mati\u00e8re dans ce r\u00e9cit\u00a0\u00bb n&rsquo;a plus aucune existence ; cette intuition est logique dans la mesure \u00e9vidente o&ugrave; \u00ab\u00a0ce qui est d\u00e9sign\u00e9 comme la Mati\u00e8re dans ce r\u00e9cit\u00a0\u00bb est absolument li\u00e9e au Temps et \u00e0 la dur\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Cette absence de n\u00e9cessit\u00e9 de la dur\u00e9e correspondant, en termes accord\u00e9s au rythme et aux caract\u00e8res de notre humanit\u00e9, \u00e0 la disparition du Temps lui-m\u00eame, constitue effectivement une sorte de certitude de l&rsquo;absence du Mal par disparition. L&rsquo;absence du Temps caract\u00e9risant l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 fixe comme condition <em>sine qua non <\/em>l&rsquo;absence de la Mati\u00e8re (\u00ab\u00a0ce qui est d\u00e9sign\u00e9 comme la Mati\u00e8re dans ce r\u00e9cit\u00a0\u00bb), et l&rsquo;absence de la Mati\u00e8re fixe absolument l&rsquo;absence du Mal, &ndash; en fait la destruction du Mal en ceci que l&rsquo;absence de la Mati\u00e8re entra&icirc;ne celle du Mal, par destruction du Mal. (Cela dit dans sa complexit\u00e9 apparente et sa simplicit\u00e9 fondamentale, nous parlons de \u00ab\u00a0destruction du Mal\u00a0\u00bb plut\u00f4t que d'\u00a0\u00bbabsence du Mal\u00a0\u00bb, parce que le Mal se con\u00e7oit par rapport \u00e0 l&rsquo;Histoire encore d\u00e9termin\u00e9e par le Temps que nous vivons, et que le Mal existe donc, et qu&rsquo;on ne peut ainsi parler pour caract\u00e9riser sa non-pr\u00e9sence dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 de son absence mais pour notre compte \u00e0 nous humains, de \u00ab\u00a0sa destruction\u00a0\u00bb.) Puisque le Mal c&rsquo;est la Mati\u00e8re (\u00ab\u00a0ce qui est d\u00e9sign\u00e9 comme la Mati\u00e8re dans ce r\u00e9cit\u00a0\u00bb) il n&rsquo;y a plus de Mal, puisqu&rsquo;il y a absence de Mati\u00e8re dans la composition et dans le paysage de  l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Voil\u00e0 \u00e9tablies \u00e0 la fois la r\u00e9f\u00e9rence fondamentale et la d\u00e9finition n\u00e9cessaire de l&rsquo;Histoire providentielle, c&rsquo;est-\u00e0-dire quand l&rsquo;Histoire et la Providence ne font plus qu&rsquo;un. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Note<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(*) Le lecteur curieux des p\u00e9rip\u00e9ties et des r\u00e9flexions de cette aventure humaine, intellectuelle et spirituelle, trouvera sur ce site, en interrogeant le moteur de recherche avec le mot \u00ab\u00a0Verdun\u00a0\u00bb, toutes les r\u00e9f\u00e9rences possibles sur les d\u00e9tails des circonstances, des m\u00e9ditations, des r\u00e9flexions sur cet \u00e9v\u00e9nement. Bien entendu, outre <em>Les &Acirc;mes de Verdun<\/em>, <em><a href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-la_grace_de_l_histoire.html\">La Gr\u00e2ce<\/a> de<a href=\"http:\/\/www.editions-mols.eu\/publication.php?id_pub=147\"> l&rsquo;Histoire<\/a><\/em> fait une place consid\u00e9rable \u00e0 Verdun.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(**) On peut voir et entendre Thibon notamment dans le tr\u00e8s beau documentaire <em><a href=\"http:\/\/www.hommenouveau.fr\/843\/culture\/gustave-thibon--il-etait-une-foi.htm\">Il \u00e9tait une foi<\/a><\/em>, diffus\u00e9 en 2013 par la cha&icirc;ne <em>Histoire<\/em>, et rediffus\u00e9 en ce moment (plusieurs diffusions) sur la m\u00eame cha&icirc;ne.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2016, notre-Verdun et ma \u00ab\u00a0nostalgie-infinie\u00a0\u00bb 31 d\u00e9cembre 2015 &ndash; Pour moi qui n&rsquo;ai pas l&rsquo;habitude de sacrifier \u00e0 cette tradition des v&oelig;ux et des bonnes r\u00e9solutions, voire des pr\u00e9dictions pour une ann\u00e9e nouvelle, 2016 fait exception. 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