{"id":76340,"date":"2016-01-05T11:46:13","date_gmt":"2016-01-05T11:46:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/01\/05\/larabie-et-lartde-la-fuite-en-avant-1\/"},"modified":"2016-01-05T11:46:13","modified_gmt":"2016-01-05T11:46:13","slug":"larabie-et-lartde-la-fuite-en-avant-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/01\/05\/larabie-et-lartde-la-fuite-en-avant-1\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Arabie et l&rsquo;art\u00a0de la fuite en avant"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">L&rsquo;Arabie et l&rsquo;art de la fuite en avant<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La question que nous posons dans notre court chapeau de pr\u00e9sentation (\u00ab\u00a0L&rsquo;Iran est-il tomb\u00e9 dans le pi\u00e8ge de la &lsquo;provocation horrible&rsquo; de l&rsquo;Arabie, ou bien s&rsquo;agit-il d&rsquo;un \u00e9pisode de plus de la &lsquo;fuite en avant&rsquo; sans espoir de l&rsquo;Arabie ?\u00a0\u00bb) implique peut-\u00eatre une double r\u00e9ponse positive \u00e0 ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 comme une alternative : oui et oui, l&rsquo;Iran \u00ab\u00a0est tomb\u00e9 dans le pi\u00e8ge\u00a0\u00bb et il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab\u00a0&lsquo;fuite en avant&rsquo; sans espoir de l&rsquo;Arabie\u00a0\u00bb. L&rsquo;essentiel est bien entendu, dans ce cas, d&rsquo;\u00e9tablir un ordre des priorit\u00e9s et d&rsquo;appr\u00e9cier le facteur le plus important. Une fois ce travail accompli, on pourra d\u00e9velopper alors l&rsquo;observation <strong>que tout cela ne fixe rien parce qu&rsquo;il existe une dynamique des \u00e9v\u00e8nements qui a sa propre logique et dont nous pouvons ni conna&icirc;tre, ni pr\u00e9voir les effets<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le commentaire que nous faisons ici accompagne un texte de Trita Farsi ; en un sens, comme c&rsquo;est la coutume dans cette sorte <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/a-propos-douverture-libre-1\">d&rsquo;intervention de <em>dedefensa.org<\/em><\/a> dans sa propre rubrique <em>Ouverture libre<\/em>, ce commentaire tend aussi bien \u00e0 pr\u00e9senter son interpr\u00e9tation de l&rsquo;analyse de l&rsquo;auteur qu&rsquo;\u00e0 sugg\u00e9rer une approche diff\u00e9rente (pas toujours, mais souvent) ou un autre point de vue du probl\u00e8me \u00e0 consid\u00e9rer. C&rsquo;est le cas ici, d&rsquo;un point de vue diff\u00e9rent sur la substance des \u00e9v\u00e8nements, consid\u00e9rant bien entendu que l&rsquo;approche de Farsi est suffisamment int\u00e9ressante pour \u00eatre expos\u00e9e. Farsi est le pr\u00e9sident du <em><a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imro-qlvidp8\">National Iranian American Council<\/a><\/em>, il est logiquement partisan de l&rsquo;accord nucl\u00e9aire de juillet dernier et d&rsquo;une politique iranienne mod\u00e9r\u00e9e de rapprochement avec les USA. Il interpr\u00e8te l&rsquo;acte de l&rsquo;Arabie du 2 janvier (les 47 ex\u00e9cutions capitales dont celle du notable chiite Nimr al-Nimr) comme une \u00ab\u00a0horrible provocation\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0<em>gruesome provocation<\/em>\u00ab\u00a0), d&rsquo;autant plus que le m\u00eame jour l&rsquo;Arabie s&rsquo;est unilat\u00e9ralement retir\u00e9e de l&rsquo;accord de cessez-le-feu au Y\u00e9men. Pour lui, ces deux d\u00e9cisions constituent un ensemble destin\u00e9 \u00e0 aggraver consid\u00e9rablement la tension r\u00e9gionale, dans une situation g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9e par une tr\u00e8s forte tension. D&rsquo;autre part, la rapidit\u00e9 de la d\u00e9cision de rupture des relations diplomatiques avec l&rsquo;Iran \u00e0 la suite de l&rsquo;incendie de l&rsquo;ambassade de T\u00e9h\u00e9ran, suivie par la m\u00eame d\u00e9cision d&rsquo;alli\u00e9s et oblig\u00e9s de l&rsquo;Arabie, font effectivement penser \u00e0 une d\u00e9marche pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 l&rsquo;avance, accr\u00e9ditant \u00e9videmment si besoin \u00e9tait la th\u00e8se de la provocation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans ce contexte, Farsi estime que l&rsquo;Iran est tomb\u00e9 dans le pi\u00e8ge de l&rsquo;Arabie et le d\u00e9plore \u00e9videmment. En n&#8217;emp\u00eachant pas l&rsquo;investissement et l&rsquo;incendie de l&rsquo;ambassade de l&rsquo;Arabie \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, l&rsquo;Iran a donn\u00e9 la possibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Arabie de poursuivre sa provocation par la rupture des relations diplomatiques, esp\u00e9rant ainsi appara&icirc;tre comme victime d&rsquo;une agression apr\u00e8s avoir elle-m\u00eame suscit\u00e9 cette agression. (&laquo; <em>The inexcusable torching of the Saudi embassy in Iran &mdash; Iranian President Hassan Rouhani condemned it and called it \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imrj-qlvidp3\">totally unjustifiable<\/a>,\u00a0\u00bb though footage shows that Iranian security forces did little to prevent the attack &mdash; in turn provided Riyadh with the perfect pretext to cut diplomatic ties with Tehran. With that, Riyadh significantly undermined U.S.-led regional diplomacy on both Syria and Yemen<\/em>. &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En effet, comme le sugg\u00e8re l&rsquo;extrait ci-dessus, un des enjeux pour l&rsquo;Arabie pourrait \u00eatre de forcer les USA \u00e0 prendre position entre les deux protagonistes de cette crise. Farsi juge qu&rsquo;il sera difficile aux USA de rester en dehors du conflit, comme ils semblent vouloir le faire, et comme il serait logique qu&rsquo;Obama veuille le faire, ne serait-ce qu&rsquo;en raison de l&rsquo;importance que le pr\u00e9sident US attache \u00e0 l&rsquo;accord nucl\u00e9aire avec l&rsquo;Iran qui se trouverait \u00e9ventuellement menac\u00e9 s&rsquo;il se rangeait du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Arabie. Mais implicitement et presque explicitement, avec sa tr\u00e8s courte phrase de conclusion, Farsi sugg\u00e8re non seulement que cette position de \u00ab\u00a0neutralit\u00e9 d\u00e9sengag\u00e9e\u00a0\u00bb des USA sera difficile \u00e0 tenir mais qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas vraiment appropri\u00e9e parce que la logique de la lutte contre <em>Daesh<\/em> et le terrorisme islamiste devrait conduire les USA \u00e0 se placer au c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Iran contre l&rsquo;Arabie : &laquo; <em>Si la priorit\u00e9 de Washington est la d\u00e9faite de l&rsquo;&Eacute;tat Islamique et des autres mouvements djihadistes, alors une position \u00e9quilibr\u00e9e entre l&rsquo;Iran qui s&rsquo;oppose f\u00e9rocement \u00e0 cet &Eacute;tat Islamique et l&rsquo;Arabie qui joue un r\u00f4le ind\u00e9niable dans la promotion de l&rsquo;extr\u00e9misme djihadiste n&rsquo;est peut-\u00eatre pas la r\u00e9ponse appropri\u00e9e<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De ce point de vue, on peut alors estimer que la provocation, ou le \u00ab\u00a0pi\u00e8ge\u00a0\u00bb saoudien, s&rsquo;adresse aussi bien aux USA qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Iran : il s&rsquo;agit alors de \u00ab\u00a0forcer\u00a0\u00bb les USA \u00e0 abandonner leur politique jug\u00e9e pro-iranienne, mais aussi \u00e0 accepter le risque de la destruction de l&rsquo;accord nucl\u00e9aire d&rsquo;une part, celui de l&rsquo;abandon d&rsquo;une politique de communication de critique mod\u00e9r\u00e9e du r\u00e9gime saoudien et de lutte contre le terrorisme islamiste (\u00e0 commencer par <em>Daesh<\/em>). (Il s&rsquo;agit bien de communication, puisqu&rsquo;il est ais\u00e9 de montrer les multiples ambigu\u00eft\u00e9s, si pas contradictions, entre ces affirmations de communication et la r\u00e9alit\u00e9 des positons US vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Arabie et surtout du terrorisme islamiste. Mais la communication a ses propres lois et sa propre logique, et l&rsquo;on sait que son importance politique est compl\u00e8tement fondamentale.) Cette position tr\u00e8s d\u00e9licate des USA est aussi, avec des degr\u00e9 diff\u00e9rents, celles des pays europ\u00e9ens importants, notamment pour ce qui concerne les liens avec l&rsquo;Arabie, dont les constantes et flagrantes violations des droits de l&rsquo;homme\/de la femme, du soutien aux divers terrorismes, etc., ont toujours \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet de leur part d&rsquo;une indulgence \u00e0 la fois intransigeante et \u00e9l\u00e9gante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, la crise entre l&rsquo;Arabie et l&rsquo;Iran porte un risque de conflit, qui rendrait la situation dans la r\u00e9gion encore plus inextricable plus qu'\u00a0\u00bbencore plus explosive\u00a0\u00bb puisqu&rsquo;il y a longtemps que la situation crisique au Moyen-Orient est en phase paroxystique et donc en \u00ab\u00a0phase explosive\u00a0\u00bb durable. Les opinions sur la possibilit\u00e9 du conflit sont en g\u00e9n\u00e9ral assez marqu\u00e9es par un r\u00e9el pessimisme, <strong>exprim\u00e9 plus comme une opinion ou une perception que par des faits objectifs<\/strong>. Divers experts et analystes anglo-saxons interrog\u00e9s par CNN (reprises par l&rsquo;\u00e9dition en fran\u00e7ais <a href=\"http:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/20160104\/1020746698\/le-conflit-riyad-teheran-profite-aux-deux-pays.html#ixzz3wLQC21Ts\">de <em>Sputnik<\/em>-fran\u00e7ais<\/a>) en sont un exemple, en ne nous disant rien que nous ne sachions d\u00e9j\u00e0 et en concluant de fa\u00e7on tr\u00e8s pessimiste : &laquo; <em>Il existe des raisons internes pour lesquelles l&rsquo;Arabie saoudite et l&rsquo;Iran ne veulent pas faire preuve de prudence dans leurs relations<\/em>&#8230; [&#8230; cette situation] <em>rend le conflit entre les deux pays particuli\u00e8rement dangereux.<\/em> &raquo; (Ian Bremmer, pr\u00e9sident du cabinet de conseil et de recherche en risques politiques <em>Eurasia Group<\/em>.) &laquo; <em>La situation est extr\u00eamement instable dans les relations entre les deux Etats puissants du golfe Persique: l&rsquo;Arabie saoudite \u00e0 majorit\u00e9 sunnite et l&rsquo;Iran \u00e0 majorit\u00e9 chiite. Nous assistons \u00e0 une guerre verbale, \u00e0 une guerre par procuration<\/em>&#8230; [&#8230;D&rsquo;]<em>ici quelques semaines ou quelques mois, tout cela pourrait d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en quelque de tr\u00e8s dangereux.<\/em> &raquo; (Fawaz Gerges, professeur de relations internationales \u00e0 la <em>London School of Economics<\/em>.) &laquo; <em>L&rsquo;Arabie saoudite a expuls\u00e9 dimanche les diplomates iraniens, apr\u00e8s avoir d\u00e9clar\u00e9 que l&rsquo;attaque contre son ambassade \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran \u00e9tait la derni\u00e8re goutte qui avait fait d\u00e9border la vase. Il n&rsquo;y a rien d&rsquo;extraordinaire dans le fait qu&rsquo;au moment de se quereller, les pays proc\u00e8dent \u00e0 une expulsion r\u00e9ciproque de leurs repr\u00e9sentants officiels. Cependant, la d\u00e9cision de l&rsquo;Arabie saoudite de rompre les relations diplomatiques avec l&rsquo;Iran imm\u00e9diatement apr\u00e8s l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un chef  religieux chiite risque de constituer un sinistre pr\u00e9sage de quelque chose de plus grave. <\/em>&raquo; (L&rsquo;experte de CNN Catherine Shoichet.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Finalement, dans cet \u00e9pisode de crise, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul protagoniste, et c&rsquo;est l&rsquo;Arabie. La machination vient de l&rsquo;Arabie, et l&rsquo;Iran n&rsquo;a pas pu emp\u00eacher des r\u00e9actions violentes qui ont donn\u00e9 pr\u00e9texte \u00e0 l&rsquo;Arabie de \u00ab\u00a0dramatiser\u00a0\u00bb la situation. Nous ferions aussi bien l&rsquo;hypoth\u00e8se que, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu d&rsquo;ambassade incendi\u00e9e \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, mais une simple protestation de T\u00e9h\u00e9ran contre l&rsquo;ex\u00e9cution de Nimr, la r\u00e9action en retour de l&rsquo;Arabie aurait \u00e9t\u00e9 similaire, parce que notre perception est qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un acte d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;Arabie, cela jug\u00e9 \u00ab\u00a0objectivement\u00a0\u00bb de notre point de vue, donc un acte sans aucune rationalit\u00e9 pos\u00e9 seulement pour mettre au grand jour la querelle mortelle que l&rsquo;Arabie estime avoir avec l&rsquo;Iran. Il y a de la parano\u00efa dans l&rsquo;attitude de l&rsquo;Arabie, <strong>qui impliquerait que l&rsquo;existence m\u00eame de l&rsquo;Iran est un facteur inacceptable pour sa \u00ab\u00a0politique ext\u00e9rieure\u00a0\u00bb<\/strong> (un peu comme celle des pays du bloc-BAO avec la Russie, bien d\u00e9finie par cette citation de Leonid Chebarchine, ancien chef des services de renseignement ext\u00e9rieur de la Russie : &laquo; <em>L&rsquo;Ouest ne veut qu&rsquo;une seule chose de la Russie : <strong>que la Russie cesse d&rsquo;exister<\/strong><\/em> &raquo;). Cela signifie que m\u00eame si l&rsquo;Arabie ne se juge pas comme agissant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment, c&rsquo;est tout de m\u00eame de cette fa\u00e7on que doit \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9e sa d\u00e9marche. Hier, sur <em>France 24<\/em>, un d\u00e9bat entre quelques experts avait lieu sur cette crise, et un premier constat apparaissait selon lequel l&rsquo;Arabie avait voulu montrer sa force [notamment vis-\u00e0-vis de son opinion int\u00e9rieure] ; l\u00e0-dessus, Pascal Boniface nuan\u00e7a justement : &laquo; <em>L&rsquo;Arabie veut d&rsquo;autant plus montrer sa force qu&rsquo;elle est en position d&rsquo;extr\u00eame faiblesse<\/em> &raquo;, &ndash; et nous ajouterions que l&rsquo;Arabie elle-m\u00eame ignore \u00e0 quel point elle est en position d&rsquo;extr\u00eame faiblesse et ne fait que ressentir inconsciemment le poids de cette faiblesse&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Pourtant, certes, les arguments ne manquent pas pour d\u00e9crire cette faiblesse, des \u00e9checs de sa soi-disant politique expansionniste avec le r\u00e9tablissement de la position d&rsquo;Assad avec l&rsquo;intervention russe en Russie, \u00e0 une situation budg\u00e9taire devenue d\u00e9licate, avec pour la premi\u00e8re fois depuis que le facteur p\u00e9trolier joue \u00e0 plein, quasiment depuis le milieu du XX\u00e8me si\u00e8cle, un budget pour 2016 en d\u00e9ficit. (L&rsquo;on sait par ailleurs que cette situation a elle-m\u00eame \u00e9t\u00e9 acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par les man&oelig;uvres saoudiennes pour accentuer la baisse le prix du p\u00e9trole, parfait exemple de <em>blowback<\/em> selon le terme affectionn\u00e9 par la CIA pour ses propres erreurs et ce qu&rsquo;elle r\u00e9colte en retour.) Farsi glisse le mot de \u00ab\u00a0panique\u00a0\u00bb dans son texte, qui est souvent employ\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es pour caract\u00e9riser la politique saoudienne (&laquo; <em>The rise of Iran &ndash; and Washington&rsquo;s decision to negotiate and compromise with Tehran over its nuclear program &ndash; has only <a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imrk-qlvidp4\">added to the Saudi panic<\/a><\/em> &raquo;) : la panique est un \u00e9tat psychologique qui suscite et caract\u00e9rise l&rsquo;action du d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 qui perd tout sens de la mesure, du  d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 saisi par une sorte de folie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En un sens, on pourrait penser que nous approchons du terme de la \u00ab\u00a0politique ext\u00e9rieure\u00a0\u00bb de l&rsquo;Arabie, passant principalement par le soutien constant, depuis plus de trente ans, au terrorisme et \u00e0 l&rsquo;antagonisme in\u00e9luctable (dans le chef des Saoudiens) avec l&rsquo;Iran ; et une \u00ab\u00a0politique ext\u00e9rieure\u00a0\u00bb pass\u00e9e tr\u00e8s rapidement en mode agressif depuis 2011-2012 et la fixation de l&rsquo;obsession-\u00ab\u00a0<em>Assad Must Go<\/em>\u00ab\u00a0, contrastant totalement avec la prudence initiale, pendant des d\u00e9cennies, de l&rsquo;action de l&rsquo;Arabie. Avec cet acte (l&rsquo;ex\u00e9cution de Nimr) et ce qu&rsquo;il a entra&icirc;n\u00e9, tout cela consid\u00e9r\u00e9 comme une man&oelig;uvre tactique bien r\u00e9ais\u00e9e, <strong>l&rsquo;Arabie entre au c&oelig;ur du d\u00e9sordre de la r\u00e9gion, \u00e0 d\u00e9couvert, sans masque<\/strong> (sans \u00ab\u00a0marionnette\u00a0\u00bb manipul\u00e9e), directement face \u00e0 ce qu&rsquo;elle consid\u00e8re pouss\u00e9 par sa psychologie exacerb\u00e9e comme son ennemi mortel et final (l&rsquo;Iran) et, par cons\u00e9quent, apparaissant directement comme soutien du terrorisme islamiste. (A cet \u00e9gard, on consid\u00e9rera que l&rsquo;attaque contre le Y\u00e9men constituait une \u00ab\u00a0mise en jambe\u00a0\u00bb de cette \u00ab\u00a0fuite en avant\u00a0\u00bb qui ne peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e que comme une posture d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e aliment\u00e9e par le sentiment de \u00ab\u00a0panique\u00a0\u00bb.) La tactique peut \u00eatre bien calcul\u00e9e, il n&rsquo;en reste pas moins que la strat\u00e9gie est celle du d\u00e9sespoir suscit\u00e9e par la \u00ab\u00a0panique\u00a0\u00bb traduite dans les actes par l&rsquo;exasp\u00e9ration de voir les \u00e9checs succ\u00e9der aux \u00e9checs et poussant effectivement \u00e0 la \u00ab\u00a0fuite en avant\u00a0\u00bb (plus l&rsquo;on perd, plus l&rsquo;on attaque).<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une \u00ab\u00a0fuite en avant\u00a0\u00bb, autre nom pour la strat\u00e9gie du d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, mais une \u00ab\u00a0fuite en avant\u00a0\u00bb qui arrive au terme du champ sur lequel elle peut se d\u00e9ployer. En ce sens, bien entendu, la situation est extraordinairement dangereuse, d&rsquo;autant que nombre d&rsquo;autres acteurs de cette folie qui est l&rsquo;adaptation r\u00e9gionale de la folie-Syst\u00e8me sont eux-m\u00eames en situation d&rsquo;exacerbation et de d\u00e9s\u00e9quilibre psychologiques ; Erdogan par exemple, qui a visit\u00e9 le roi d&rsquo;Arabie quelques jours avant les ex\u00e9cutions du 2 janvier, qui en a certainement \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 et qui a certainement chaudement approuv\u00e9 selon les hypoth\u00e8ses qu&rsquo;on peut faire. Erdogan et la Turquie sont eux aussi au terme de leur \u00ab\u00a0fuite en avant\u00a0\u00bb, et ceci (la situation turque) s&rsquo;accorde logiquement avec cela (la situation saoudienne) sans qu&rsquo;il soit n\u00e9cessaire d&rsquo;imaginer des connivences et des complots, &ndash; <strong>les \u00e9v\u00e8nements se chargent de la chose et les psychologies s&rsquo;y plient<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Si l&rsquo;on continue avec constance \u00e0 utiliser la seule raison pour tenter de comprendre la situation, \u00e9ventuellement pour affirmer des ramifications invisibles et complotistes en satisfaisant son go&ucirc;t du rangement et l&rsquo;une ou l&rsquo;autre obsession, on risque de perdre tout contact avec la v\u00e9rit\u00e9-de-situation. Notre point de vue est plus simplement que la raison a compl\u00e8tement d\u00e9sert\u00e9 la situation du point de vue des acteurs qui y \u00e9voluent (et l&rsquo;explication de l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un Roi plus activiste en Arabie ne tient pour rien pour elle-m\u00eame, elle constitue une parfaite adaptation des arrangements humains au <em>diktat<\/em> des \u00e9v\u00e8nements). <strong>Comme en tous autres lieux et circonstances, par la gr\u00e2ce du Syst\u00e8me, c&rsquo;est la seule dynamique des \u00e9v\u00e8nements qui r\u00e8gle le jeu, avec ses moteurs de la surpuissance et de l&rsquo;autodestruction<\/strong>. Il est totalement inutile de tenter quelque pr\u00e9vision que ce soit, comme le montre la vanit\u00e9 de ces pr\u00e9visions de ces quelques derni\u00e8res ann\u00e9es ou de ces derniers mois, &ndash; du \u00ab\u00a0Assad n&rsquo;en a plus que pour quelques semaines\u00a0\u00bb de 2012 \u00e0  \u00ab\u00a0l&rsquo;Iran va r\u00e9int\u00e9grer l&rsquo;ordre international du bloc-BAO dans les mois qui viennent\u00a0\u00bb de juillet 2015. Chaque fois la pr\u00e9vision repr\u00e9sente une tentative rationnelle de r\u00e9tablissement de la stabilit\u00e9, dans un sens ou l&rsquo;autre selon qui la fait y compris chez les adeptes du \u00ab\u00a0chaos cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb (ils entendent \u00ab\u00a0cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb d&rsquo;un nouvel ordre, cela va de soi) ; chaque fois la puissance des \u00e9v\u00e8nements balaie ces vaines esp\u00e9rances.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Ci-dessous, le texte de Trita Parsi, mis en ligne sur <em>ConsortiumNews<\/em> le <a href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2016\/01\/04\/saudi-arabias-gruesome-provocation\/\">4 janvier 2016<\/a>, venu du <em>blog<\/em> de l&rsquo;auteur [sur Reuters], <a href=\"http:\/\/blogs.reuters.com\/great-debate\/2016\/01\/04\/will-the-u-s-fall-for-saudi-arabias-deliberate-provocation\/\">ce m\u00eame 4 janvier<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p><em>_________________________<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Saudi Arabia&rsquo;s Gruesome Provocation<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>There should be little doubt that Saudi Arabia wanted to escalate regional tensions into a crisis by executing Shi&rsquo;ite cleric Nimr al-Nimr. On the same day, Riyadh also unilaterally withdrew from <a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imri-qlvidp2\">the ceasefire agreement in Yemen<\/a>.  By allowing protesters to torch the Saudi embassy in Tehran in response, Iran seems to have walked right into the Saudi trap. If Saudi Arabia succeeds in forcing the United States into the conflict by siding with the kingdom, then its objectives will have been met.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>It is difficult to see that Saudi Arabia did not know that its decision to execute Nimr would not cause uproar in the region and wouldn&rsquo;t put additional strains on its already tense relations with Iran. The inexcusable torching of the Saudi embassy in Iran &mdash; Iranian President Hassan Rouhani condemned it and called it \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imrj-qlvidp3\">totally unjustifiable<\/a>,\u00a0\u00bb though footage shows that Iranian security forces did little to prevent the attack &mdash; in turn provided Riyadh with the perfect pretext to cut diplomatic ties with Tehran. With that, Riyadh significantly undermined U.S.-led regional diplomacy on both Syria and Yemen.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Saudi Arabia has long opposed diplomatic initiatives that Iran participated in &ndash; be it in Syria or on the nuclear issue &ndash; and that risked normalizing Tehran&rsquo;s regional role and influence. Earlier, Riyadh had successfully ensured Iran&rsquo;s exclusion from Syria talks in Geneva by threatening to boycott them if Iran was present, U.S. officials have told me. In fact, according to White House sources, President Barack Obama had to personally call King Salman bin Abdulaziz Al Saud to force the Saudis to take part in the Vienna talks on Syria this past fall. Now, by having cut its diplomatic relations with Iran, the Saudis have the perfect excuse to slow down, undermine and possibly completely scuttle these U.S.-led negotiations, if they should choose to do so.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>From the Saudi perspective, geopolitical trends in the region have gone against its interests for more than a decade now. The rise of Iran &ndash; and Washington&rsquo;s decision to negotiate and compromise with Tehran over its nuclear program &ndash; has only <a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imrk-qlvidp4\">added to the Saudi panic.<\/a> To follow through on this way of thinking, Riyadh&rsquo;s calculation with the deliberate provocation of executing Nimr may have been to manufacture a crisis &mdash; perhaps even war &mdash; that it hopes can change the geopolitical trajectory of the region back to the Saudi&rsquo;s advantage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The prize would be to force the United States to side with Saudi Arabia and thwart its slow but critical warm-up in relations with Tehran. As a person <a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imrl-qlvidp5\">close to the Saudi government told the Wall Street Journal<\/a>: \u00ab\u00a0At some point, the U.S. may be forced to take sides [between Saudi Arabia and Iran] &hellip; This could potentially threaten the nuclear deal.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Washington should not repeat Tehran&rsquo;s mistake and walk into this Saudi trap. In fact, from the U.S. perspective, Saudi Arabia&rsquo;s destabilizing activities are a vindication of the nuclear deal it struck with Iran in 2015. One critical benefit of that deal, left unstated by Obama administration officials, is that it helped reduce U.S. dependency on Saudi Arabia. By resolving the nuclear standoff and getting back on talking terms with Iran, Washington increased its options in the region. As Admiral Mike Mullen wrote in <a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imrm-qlvidp6\">Politico last year<\/a> in regards to the benefits of the nuclear deal: \u00ab\u00a0It would also more fairly rebalance American influence. We need to re-examine all of the relationships we enjoy in the region, relationships primarily with Sunni-dominated nations. Detente with Iran might better balance our efforts across the sectarian divide.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mindful of the deliberate manner Saudi Arabia is driving matters towards a crisis in the region &ndash; partly motivated by a desire to trap the United States in Riyadh&rsquo;s own enmity with Iran &ndash; Washington is clearly better off being able to play a balancing role between Saudi Arabia and Iran rather than being obligated to fully support Saudi Arabia&rsquo;s regional escapades. The question is, however, if Washington&rsquo;s desire to stay out of this fight is tenable. Obama administration officials have already expressed concern over how this Saudi-initiated crisis is affecting the fight against Islamic State, also known as ISIS and ISIL, and diplomacy over Syria.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0This is a dangerous game [the Saudis] are playing,\u00a0\u00bb an <a href=\"http:\/\/trk.cp20.com\/click?9gt37-15imrn-qlvidp7\">unnamed U.S. official told the Washington Post<\/a>. \u00ab\u00a0There are larger repercussions than just the reaction to these executions,\u00a0\u00bb including damage to counter-ISIL initiatives as well as the Syrian peace process. If Washington&rsquo;s priority is the defeat of the Islamic State and other jihadist movements, then a balancing act between an Iran that ferociously opposes the Islamic State and a Saudi Arabia that has played an undeniable role in promoting jihadi extremism may not be the right answer.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Trita Parsi<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Arabie et l&rsquo;art de la fuite en avant La question que nous posons dans notre court chapeau de pr\u00e9sentation (\u00ab\u00a0L&rsquo;Iran est-il tomb\u00e9 dans le pi\u00e8ge de la &lsquo;provocation horrible&rsquo; de l&rsquo;Arabie, ou bien s&rsquo;agit-il d&rsquo;un \u00e9pisode de plus de la &lsquo;fuite en avant&rsquo; sans espoir de l&rsquo;Arabie ?\u00a0\u00bb) implique peut-\u00eatre une double r\u00e9ponse positive \u00e0&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[4256,8666,2686,6287,2773,17258,6990,3600,6150,2730,3440,3867,11870,9076],"class_list":["post-76340","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-chiite","tag-desespere","tag-destruction","tag-execution","tag-iran","tag-nmir","tag-parsi","tag-petrole","tag-piege","tag-russie","tag-strategie","tag-syrie","tag-trita","tag-yemen"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76340","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76340"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76340\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76340"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}