{"id":76384,"date":"2016-01-29T10:10:15","date_gmt":"2016-01-29T10:10:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/01\/29\/humeur-de-crise-3-4\/"},"modified":"2016-01-29T10:10:15","modified_gmt":"2016-01-29T10:10:15","slug":"humeur-de-crise-3-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/01\/29\/humeur-de-crise-3-4\/","title":{"rendered":"Humeur de crise-3"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Humeur de crise-3<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>29 janvier 2016 &ndash; Ce ne fut que le temps d&rsquo;un bref instant, tout d&rsquo;harmonie et d&rsquo;apaisement et rien du moindre sentiment de d\u00e9sespoir ou de l&rsquo;abandon de la capitulation. C&rsquo;\u00e9tait il y a deux ou trois jours, au d\u00e9but de la soir\u00e9e, m&rsquo;\u00e9loignant un instant d&rsquo;un de ces moments de t\u00e9l\u00e9vision-sans-but (au contraire des occasions o&ugrave; je m&rsquo;attache \u00e0 une \u00e9mission, documentaire ou film de quelque substance, choisie pour son int\u00e9r\u00eat) ; un de ces moments o&ugrave; je laisse aller une certaine d\u00e9tente de la pens\u00e9e en m\u00eame temps que je passe en revue, passant d&rsquo;une cha&icirc;ne \u00e0 l&rsquo;autre, comme pour concentrer le sentiment n\u00e9 de la perception, des images, des exclamations tout-venant. Il faut r\u00e9guli\u00e8rement revenir \u00e0 lui et regarder votre ennemi au fond des yeux, pour vous rappeler pour quelle cause vous vous battez. Comme d&rsquo;habitude et chaque jour davantage, la chose \u00e9tait terrifiante de m\u00e9diocrit\u00e9, de mensongeries, de bonheur fabriqu\u00e9 de clinquant, d&rsquo;hyst\u00e9rie de l&rsquo;optimisme b\u00e9at de l&rsquo;idiot, d&rsquo;inculture affich\u00e9e et proclam\u00e9e, d&rsquo;abrutissement volontaire, de vautr\u00e9 dans la Mati\u00e8re, de vulgarit\u00e9 et de grossi\u00e8ret\u00e9 pouss\u00e9es au terme&#8230; Le moment de d\u00e9tente puis de v\u00e9rification que nous somme bien o&ugrave; nous sommes le c\u00e9dant \u00e0 l&rsquo;exasp\u00e9ration et \u00e0 l&rsquo;insupportabilit\u00e9 de la chose, je quittai mon poste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je connus donc ce bref instant, devant la porte vitr\u00e9e o&ugrave; je pouvais voir l&rsquo;ombre de la nuit d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente, imaginant ce que pouvait \u00eatre le spectacle de l&rsquo;univers, mais sans exaltation particuli\u00e8re, avec un calme presque joyeux au c&oelig;ur et nullement dans la n\u00e9cessit\u00e9 de v\u00e9rifier la grandeur et la beaut\u00e9 du monde. J&rsquo;avais oubli\u00e9 les zombies-bouffons de l&rsquo;instant d&rsquo;avant mais je n&rsquo;ignorais pas qu&rsquo;ils existent et que pour la plupart des <em>sapiens<\/em> les bien-nomm\u00e9s et n\u00e9anmoins contemporains de moi, on ne voit qu&rsquo;eux. Ainsi harnach\u00e9 d&rsquo;une psychologie forte et apais\u00e9e, sans aucun entra&icirc;nement d&rsquo;aucun sentiment d&rsquo;abaissement, presque joyeusement je me prends \u00e0 penser \u00e0 la mort ; et je dirais m\u00eame que \u00ab\u00a0penser \u00e0 la mort\u00a0\u00bb signifie \u00ab\u00a0ma propre mort\u00a0\u00bb, et me disant qu&rsquo;il s&rsquo;agirait d&rsquo;une chose qu&rsquo;on ne pourrait qualifier en aucun cas, absolument aucun, ni de terrible, ni d&rsquo;effrayante, ni d&rsquo;inacceptable, ni m\u00eame d&rsquo;inconnue. La pens\u00e9e est joyeuse, apais\u00e9e ; aucun sentiment suicidaire ou morbide, aucun d\u00e9go&ucirc;t \u00e9crasant, lav\u00e9 de leurs bave et \u00e9cume de tout ce que je venais de voir et de subir ; la pens\u00e9e de ma mort comme source de joie apais\u00e9e et m\u00eame d&rsquo;exaltation tranquille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Avec une certaine ironie qui me fit sourire, moi qui suis homme de foi sans nul besoin d&rsquo;un cur\u00e9, d&rsquo;un rabbin, d&rsquo;une pasteur ou d&rsquo;un imam, je me dis qu&rsquo;il est singuli\u00e8rement rassurant, presque comme un hymne \u00e0 l&rsquo;esp\u00e9rance haute, qu&rsquo;il vous reste la mort pour d\u00e9fier cette \u00e9poque monstrueuse et immonde, et lui dire, plein de jubilation : \u00ab\u00a0Si je voulais&#8230;\u00a0\u00bb Je vous assure que j&rsquo;ai entendu le brouhaha, l\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb\u00e9poque monstrueuse et immonde\u00a0\u00bb montrant brusquement et absolument tous les signes de la plus extr\u00eame panique. J&rsquo;\u00e9tais l\u00e0 et je lui disais \u00ab\u00a0J&rsquo;ai une porte de sortie dont je d\u00e9tiens seul la clef\u00a0\u00bb, ou bien j&rsquo;imaginais le geste d&rsquo;un vigoureux bras d&rsquo;honneur comme d&rsquo;autres, je suppose et je l&rsquo;esp\u00e8re, font leur signe de croix ; je vous assure que je n&rsquo;avais ni le sentiment d&rsquo;\u00eatre vaincu, ni celui d&rsquo;\u00eatre d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9&#8230; Jamais aussi vivant, sourire aux l\u00e8vres. Bon, ce ne fut qu&rsquo;un instant et j&rsquo;en connais bien peu de la sorte ; de toutes les fa\u00e7ons, mes bien chers lecteurs, il est vrai qu&rsquo;il me reste une t\u00e2che et que je vous dois encore quelque devoir pour un certain temps&#8230;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Humeur de crise-3 29 janvier 2016 &ndash; Ce ne fut que le temps d&rsquo;un bref instant, tout d&rsquo;harmonie et d&rsquo;apaisement et rien du moindre sentiment de d\u00e9sespoir ou de l&rsquo;abandon de la capitulation. C&rsquo;\u00e9tait il y a deux ou trois jours, au d\u00e9but de la soir\u00e9e, m&rsquo;\u00e9loignant un instant d&rsquo;un de ces moments de t\u00e9l\u00e9vision-sans-but&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[6371,6372,7224,13566,2622,17318,2650,3196],"class_list":["post-76384","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-bras","tag-dhonneur","tag-foi","tag-joie","tag-la","tag-ma","tag-mort","tag-television"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76384","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76384"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76384\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76384"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76384"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76384"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}