{"id":76401,"date":"2016-02-08T10:58:27","date_gmt":"2016-02-08T10:58:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/02\/08\/erdogan-agace-diablement-the-economist\/"},"modified":"2016-02-08T10:58:27","modified_gmt":"2016-02-08T10:58:27","slug":"erdogan-agace-diablement-the-economist","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/02\/08\/erdogan-agace-diablement-the-economist\/","title":{"rendered":"Erdogan agace diablement <em>The Economist<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Erdogan agace diablement <em>The Economist<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>En temps normal, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans un temps fonctionnant bien au rythme de la <em>narrative<\/em>-BAO, Erdogan avec sa Turquie devraient \u00eatre le favori de nos puissants <em>Masters of the Universe<\/em>. Ne voil\u00e0-t-il pas un homme qui veut la peau d&rsquo;Assad de toutes les fa\u00e7ons possibles, y compris en soutenant <em>Daesh<\/em> et en faisant la fortune de sa petite famille en m\u00eame temps ; et mieux encore le fin limier, qui abat en plein vol un Su-24 de Poutine et menace l&rsquo;ignoble Russe de toutes les calamit\u00e9s possible&#8230; Et encore \u00ab\u00a0mieux encore\u00a0\u00bb, pour ceux qui ont quelque m\u00e9moire disponible : Erdogan a pris cette position et fait ces choix apr\u00e8s avoir copin\u00e9 longuement et chaleureusement avec Poutine, pendant des ann\u00e9es, \u00e0 l&rsquo;immense agacement de ceux qui, des Anglo-Saxons \u00e0 l&rsquo;OTAN, s&rsquo;\u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s depuis des d\u00e9cennies comme les divers parrains, tuteurs et protecteurs d&rsquo;une Turquie parfaitement occidentalis\u00e9e par la corruption et l&rsquo;occidentalisation affich\u00e9es conjointement, &ndash; l&rsquo;une et l&rsquo;autre chose allant de pair, \u00e9videmment. L&rsquo;irruption d&rsquo;Erdogan avec certaines de ses lubies vers la fin de la premi\u00e8re d\u00e9cennie du si\u00e8cle, surtout son esp\u00e8ce de russophilie et ses positions anti-isra\u00e9liennes, avait troubl\u00e9 le bon ordre des choses. Son retournement complet, pr\u00e9par\u00e9 par son attaque contre Assad depuis 2011, achev\u00e9 par le symbole muscl\u00e9 du flingage du-24 russe exp\u00e9di\u00e9 <em>ad patres<\/em> le 24 novembre 2015, aurait du dissiper tout ce trouble de mauvais aloi et combler de joie tous ces messieurs-dames des diverses directions-Syst\u00e8me du bloc-BAO. <strong>Eh bien, &ndash; surprise, surprise, ou bien d\u00e9sordre, d\u00e9sordre, &ndash; eh bien pas du tout.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>The Economist<\/em> consacre un long dossier \u00e0 la Turquie et son texte de pr\u00e9sentation est plus que critique vis-\u00e0-vis d&rsquo;Erdogan. Par moment, &ndash; \u00f4 \u00e9trange et fatale ivresse des dieux, &ndash; on pourrait croire qu&rsquo;Erdogan est le \u00ab\u00a0m\u00e9chant\u00a0\u00bb et Poutine le \u00ab\u00a0gentil\u00a0\u00bb. Le distingu\u00e9 canard londonien va jusqu&rsquo;\u00e0 affirmer avec r\u00e9probation <strong>qu&rsquo;Erdogan, en abattant le Su-24 de Poutine, s&rsquo;est mis dans une position d&rsquo;isolement !<\/strong> Nous n&rsquo;y comprenons plus rien, nous qui croyions avec constance et z\u00e8le que l&rsquo;isol\u00e9-\u00e0-perp\u00e9tuit\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait Poutine avec sa barbare Russie &#8230; On croirait presque \u00e0 un compte-rendu de RT ou de <em>Sputnik<\/em> de l&rsquo;incident, lorsqu&rsquo;on lit dans <em>The Economist<\/em>, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;insistance sur les circonstances g\u00e9ographiques de la chose : &laquo; <em>Le danger de l&rsquo;isolement<\/em> [de la Turquie et d&rsquo;Erdogan] <em>fut brutalement mis en \u00e9vidence en novembre quand un chasseur turc abattit dans l&rsquo;espace a\u00e9rien syrien un chasseur russe qui avait bri\u00e8vement p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans l&rsquo;espace a\u00e9rien turc.<\/em> &raquo; La suite du commentaire semblerait un conseil donn\u00e9e \u00e0 la Turquie de ne pas se frotter aux Russes, ce qui pourrait constituer avec un peu d&rsquo;interpr\u00e9tation une dr\u00f4le de fa\u00e7on indirecte de quasiment reconna&icirc;tre la l\u00e9gitimit\u00e9 de l&rsquo;intervention russe en Syrie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Inutile de dire que les Russes, attentifs aux \u00e9volutions de la communication dans la maison de fous qu&rsquo;est le bloc-BAO, ont saut\u00e9 sur les jugements cat\u00e9goriques de cette bible de l&rsquo;hyperlib\u00e9ralisme-hypercapitaliste qu&rsquo;est <em>The Economist<\/em>. Le site de <em>Sputnik.News<\/em> en donne <a href=\"http:\/\/sputniknews.com\/politics\/20160208\/1034382647\/erdogan-radicals-eu.html#ixzz3zY7IJNHT\">un compte-rendu r\u00e9sum\u00e9<\/a> ce 8 f\u00e9vrier. Nous allons \u00e0 la source originelle de l&rsquo;outrage, pour donner la fin du texte de pr\u00e9sentation de Max Rodenbeck, mis sur le site de l&rsquo;hebdomadaire britannique <a href=\"http:\/\/www.economist.com\/news\/special-report\/21689871-under-recep-tayip-erdogan-and-his-ak-party-turkey-has-become-richer-and-more-confident\">ce 6 f\u00e9vrier<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>The danger of isolation was sharply underlined in November when Turkish jets shot down a Russian fighter over Syria that had briefly entered its air space. The Russian president, Vladimir Putin, swiftly responded with a broadside of sanctions. The Russian measures could trim up to 0.7% from Turkish GDP growth this year, according to the European Bank for Reconstruction and Development.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>With lukewarm support from its allies, Turkey has tried to calm the excitement. But given its support for militias fighting against Syria&rsquo;s president, Bashar al-Assad, and Russia&rsquo;s growing military commitment to his survival, there could well be more clashes. Turkey seems in danger of stumbling into an unplanned but potentially costly fight. It imports most of its gas from Russia, and Turkish construction firms have well over $10 billion-worth of Russian contracts on their books.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Now Turkey faces a new threat. A double suicide-bombing in Ankara on October 10th last year aimed at a march by leftist trade unions and Kurdish activists killed more than 100 people. In January suicide-bombers struck again, this time in the heart of Istanbul, killing ten tourists. Both attacks were attributed to Islamic State. In a country that has long seen itself as insulated from Middle Eastern turmoil, the intrusion of violent radical Islam came as a particular shock. Worse, it partly reflected Mr Erdogan&rsquo;s slowness to recognise the danger of blow-back from his own policies in Syria, where Turkey for too long indulged radical Islamists so long as they opposed the Assad regime<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Rather than blame the party in power for such setbacks, worried voters in November rallied behind Mr Erdogan, backing a strong, tested government rather than risk rule by a possibly weaker coalition. It helped that the ruling party, in effect, controls Turkey&rsquo;s mainstream media, which pumped up nationalism in the face of danger. Mr Erdogan had carried the 2014 presidential election with a slim majority of 52%, and his AK party, for all its success, enjoys the support of just half the Turkish public. Many of the rest remain sceptical or even bitterly opposed to him.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>This special report will argue that Turkey&rsquo;s leaders, with their ambitions still set on mastery, are not doing nearly enough to heal such internal rifts. The Kurdish issue looms as one big danger, and so does the Turkish economy&rsquo;s growing vulnerability to external shocks. Mr Erdogan&rsquo;s blustering, bulldozing style, together with his party&rsquo;s growing intolerance for dissent, portends trouble<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230;Non, <em>The Economist<\/em> n&rsquo;est pas devenu fou, mais peut-\u00eatre la cause qu&rsquo;il d\u00e9fend avec une \u00e9l\u00e9gance toute britannique est-elle, elle, compl\u00e8tement folle. Ce digne organe de propagande de l&rsquo;anglosaxonisme et de la globalisation hyperlib\u00e9rale n&rsquo;\u00e9crit rien qui n&rsquo;ait une intention tactique, selon une strat\u00e9gie qui ne varie pas depuis sa cr\u00e9ation, au XIX\u00e8me si\u00e8cle. Il s&rsquo;agit de lire entre les lignes, et de retenir les paragraphes importants au milieu du bla-bla de convenance, comme avant l&rsquo;on lisait la <em>Pravda<\/em> sovi\u00e9tique. Par cons\u00e9quent, nous pouvons penser que <strong>ce texte de pr\u00e9sentation si hostile \u00e0 Erdogan et \u00e0 la Turquie refl\u00e8te un sentiment d\u00e9sormais dominant dans les milieux dirigeants-Syst\u00e8me du bloc BAO.<\/strong> L&rsquo;hypoth\u00e8se s&rsquo;impose sans aucun doute d&rsquo;elle-m\u00eame, quant \u00e0 sa justification : il appara&icirc;t tr\u00e8s probable que les manigances d&rsquo;Erdogan dans la manipulation des migrants syriens vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Europe depuis le printemps 2015 est l&rsquo;\u00e9norme goutte d&rsquo;eau qui est en train de faire d\u00e9border un vase qui ne demandait pourtant qu&rsquo;\u00e0 rester bien sagement dans son espace contenu.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>On a l\u00e0 <strong>un signe convaincant de l&rsquo;ampleur de la crise que l&rsquo;action d&rsquo;Erdogan a provoqu\u00e9 chez les dirigeants-Syst\u00e8me du bloc-BAO<\/strong>, dans leur enti\u00e8ret\u00e9 puisque les meneurs anglo-saxons sont de la partie. On a la confirmation que la crise des migrants est un \u00e9norme probl\u00e8me pour la direction europ\u00e9enne. Si certains ont cru pouvoir avancer que cette crise des migrants constituaient un \u00ab\u00a0plan\u00a0\u00bb impliquant dans un parfait accord  tout ce beau monde solidaire [Erdogan + les dirigeants-Syst\u00e8me], qu&rsquo;elle \u00e9tait en un sens coordonn\u00e9e entre les uns et les autres, nous serions tent\u00e9 de penser que cette attaque de <em>The Economist<\/em> est une indice s\u00e9rieux de la vanit\u00e9 de l&rsquo;analyse. Notre pr\u00e9f\u00e9rence va plut\u00f4t au d\u00e9sordre, \u00e0 l&rsquo;absence de coordination, au d\u00e9cha&icirc;nement des <em>hybris<\/em> divers, aux m\u00e9canismes <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-determinisme-narrativiste\">d\u00e9terministes-narrativistes<\/a> des fables soci\u00e9tales, \u00e0 la sottise et \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9 standard des uns et \u00e0 l&#8217;emportement hyst\u00e9rique et hyper-narcissique des autres, et ainsi de suite. Tout cela, qui caract\u00e9rise le d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral qui est d\u00e9sormais bien dans notre fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre, entra&icirc;ne des heurts internes sans fin (au sein du au bloc-BAO), et chaque fois avec des cons\u00e9quences de plus en plus consid\u00e9rables. C&rsquo;est <strong>du standard surpuissance-autodestruction<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Autre indication que nous donne cette intervention, qui concerne les projets de Grand-Califat, avec invasion de la Syrie pour commencer, du pr\u00e9sident-Calife Erdogan. La position de <em>The Economist<\/em> avec des mots tels que \u00ab\u00a0le soutien r\u00e9serv\u00e9\u00a0\u00bb (de l&rsquo;OTAN \u00e0 la Turquie dans l&rsquo;affaire du Su-24), est un indice de plus que le comportement d&rsquo;Erdogan est de plus en plus mal v\u00e9cu au sein de l&rsquo;OTAN, y compris avec les alli\u00e9s am\u00e9ricanistes. <strong>S&rsquo;il devait y avoir en encha&icirc;nement guerrier en Syrie du fait d&rsquo;une intervention turque, il s&rsquo;agirait d&rsquo;un moment extr\u00eamement difficile pour l&rsquo;Alliance atlantique<\/strong>, soumise ainsi \u00e0 une de ses plus rudes \u00e9preuves entre la solidarit\u00e9 affich\u00e9e qu&rsquo;on juge en g\u00e9n\u00e9ral absolument imp\u00e9rative et les dissensions internes pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 des situations proches de la rupture alors qu&rsquo;il s&rsquo;agirait d&rsquo;une situation conflictuelle o&ugrave; les Russes seraient de la partie. Enferm\u00e9 dans son palais des mille-et-un-songes, Erdogan qui est d\u00e9sormais plut\u00f4t du genre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/erdogan-janus-sera-t-il-lantechrist-2016\">Proph\u00e8te-Ant\u00e9christ<\/a> n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement inform\u00e9 de tout cela, ni m\u00eame int\u00e9ress\u00e9 si on lui en faisait part. Il fait partie de cette nouvelle classe de dirigeants n\u00e9e du d\u00e9sordre du monde, et ayant ainsi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment choisi d&rsquo;ignorer compl\u00e8tement les v\u00e9rit\u00e9s-de-situation au profit des <em>narrative<\/em> qui correspondent \u00e0 leurs humeurs et \u00e0 leurs vaticinations diverses, &ndash; dont l&rsquo;une des d\u00e9finitions, celle qu&rsquo;on favorisera, est &laquo; <em>D\u00e9lire verbal, comme si on \u00e9tait habit\u00e9 par un dieu<\/em> &raquo;. Tout cela est bien en phase avec le rythme du temps pr\u00e9sent et \u00e0 la repr\u00e9sentation postmodeniste permanente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 8 f\u00e9vrier 2016 \u00e0 10H59<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Erdogan agace diablement The Economist En temps normal, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans un temps fonctionnant bien au rythme de la narrative-BAO, Erdogan avec sa Turquie devraient \u00eatre le favori de nos puissants Masters of the Universe. 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