{"id":76551,"date":"2016-05-02T17:58:34","date_gmt":"2016-05-02T17:58:34","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/05\/02\/ladieu-au-simulacre\/"},"modified":"2016-05-02T17:58:34","modified_gmt":"2016-05-02T17:58:34","slug":"ladieu-au-simulacre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/05\/02\/ladieu-au-simulacre\/","title":{"rendered":"L&rsquo;adieu au simulacre"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;adieu au simulacre<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>2 mai 2016 &ndash; Il commence ainsi son discours, sur un ton incroyablement <em>cool<\/em>, au sommet de sa forme : &laquo; <em>Vous avez l&rsquo;air superbes. La fin de la R\u00e9publique n&rsquo;a jamais eu autant de classe!<\/em> &raquo; Il marque une pause. &laquo; <em>Ce sera ma derni\u00e8re intervention \u00e0 ce d&icirc;ner, et ce sera peut-\u00eatre aussi le dernier de vos d&icirc;ners!<\/em> &raquo; Ainsi le pr\u00e9sident des &Eacute;tats-Unis (POTUS) commen\u00e7a-t-il son discours, vendredi soir, lors de l&rsquo;annuel WHCD (<em>White House Correspondant Dinner<\/em>), offert par le pr\u00e9sident aux journalistes accr\u00e9dit\u00e9s \u00e0 la Maison-Blanche ; c&rsquo;est-\u00e0-dire quelques journalistes et le tout-Washington style-<em>House of Cards<\/em> gloussant et ricanant lors de cette occasion qu&rsquo;Obama a transform\u00e9e en une d\u00e9monstration \u00e9blouissante de sa \u00ab\u00a0cooltitude\u00a0\u00bb : BHO n&rsquo;a jamais eu autant de classe !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Car le fou du Roi est beaucoup plus dr\u00f4le, enjou\u00e9, plein d&rsquo;entrain, lucide sans aucun doute et sans autre forme de proc\u00e8s, disert et ma&icirc;tre du verbe argotique sans vulgarit\u00e9, beaucoup plus que le Roi lui-m\u00eame.<strong> Il est vrai qu&rsquo;avec lui, et comme selon un tour de magie de la postmodernit\u00e9, tout s&rsquo;explique lorsqu&rsquo;on d\u00e9couvre que \u00ab\u00a0fou-du-Roi\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Roi\u00a0\u00bb ne font qu&rsquo;une seule et m\u00eame personne. Obama est tout \u00e0 la fois, lui-m\u00eame et le fou de lui-m\u00eame<\/strong> ; cela rend la mati\u00e8re extr\u00eamement complexe, on en conviendra, mais finalement assez compr\u00e9hensible une fois qu&rsquo;on a trouv\u00e9 la clef de la formule&#8230; Le personnage se d\u00e9barrasse un instant pour ses adieux \u00e0 la presse de la pesante et superflue tunique de Nessus qui l&rsquo;accable depuis 2008, qui le charge d&rsquo;une morgue et d&rsquo;une pompe parfois insupportables, qui l&rsquo;oblige constamment \u00e0 proclamer l&rsquo;exceptionnalisme de la Grande R\u00e9publique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 entra&icirc;n\u00e9 joyeusement et un peu mais heureusement stup\u00e9fi\u00e9 par ce discours, dit avec une telle aisance, une telle ma&icirc;trise de soi et un art certain des effets et des formules, et disant certaines \u00e9normes v\u00e9rit\u00e9s-de-situation sur le Syst\u00e8me et sur lui-m\u00eame, sans en avoir l&rsquo;air, et surtout sans pompe ni c\u00e9r\u00e9monie. Obama y d\u00e9nonce tout le monde, et lui-m\u00eame par cons\u00e9quent, mais tout de m\u00eame commen\u00e7ant par sa favorite, celle qu&rsquo;il soutient en la d\u00e9testant absolument, lorsqu&rsquo;il glisse aussit\u00f4t apr\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e en mati\u00e8re quelque chose comme ceci, &ndash; \u00ab\u00a0si ce truc (ce discours) marche bien, je le vendrai l&rsquo;ann\u00e9e prochaine \u00e0 Goldman Sachs, et il me faudra du lourd\u00a0\u00bb&#8230;.  (&laquo; <em>\u00ab\u00a0If this material works well, I&rsquo;m gonna use it at Goldman Sachs next year. Earn me some serious Tubmans,\u00a0\u00bb said Obama, hitting on Clinton&rsquo;s high Wall Street corporation speaking fees and the recent Treasury Department announcement that escaped slave Harriet Tubman will appear on the $20 bill starting in a few years.<\/em> &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Imperturbable, la presse-Syst\u00e8me (voir <a href=\"http:\/\/www.washingtonexaminer.com\/obama-tears-into-clinton-at-final-roast\/article\/2590045\">Washington <em>Examiner<\/em><\/a>, d&rsquo;o&ugrave; j&rsquo;extraits ceci ou cela) cherche le message politique, constate qu&rsquo;il (le POTUS) attaque tous les candidats \u00e0 sa succession, impliquant le pitoyable \u00e9tat de la Grande R\u00e9publique dont il salue la fin, comme s&rsquo;il aimerait rester dans l&rsquo;Histoire comme l&rsquo;incomparable personnalit\u00e9 qui a personnellement achev\u00e9 l&rsquo;existence de ce <em>beacon of freedom<\/em>, de cette <em>House on the Hill<\/em>, les &Eacute;tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique. Il est vrai qu&rsquo;en fait de legs marquant, on ne voit plus gu\u00e8re que cela qui fasse v\u00e9ritablement le poids et qui ait une signification historique r\u00e9elle. Il est vrai aussi qu&rsquo;il est possible qu&rsquo;Obama n&rsquo;ait fait cela (son discours et son spectacle) que pour le <em>fun<\/em>, mais c&rsquo;est vraiment si bien fait qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire qu&rsquo;il y croie lui-m\u00eame pour que nous y croyons absolument, &ndash; puisqu&rsquo;il dit tant de solides v\u00e9rit\u00e9s-de-situation, emport\u00e9 froidement par la chaleur de l&rsquo;ambiance, &ndash; qu&rsquo;il le sache ou pas, hein&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La caricature \u00e0 ce point, avec tant de talent dans le sens de la conviction qu&rsquo;on semblerait avoir, avec tant de densit\u00e9, avec tout le territoire observ\u00e9 soumis \u00e0 la causticit\u00e9 douce du sarcasme obamesque, sans nulle \u00e9chapp\u00e9e laissant appara&icirc;tre le moindre espoir de changement si l&rsquo;on observe bien la chose et surtout si on la ressent comme elle doit l&rsquo;\u00eatre, &ndash; tout cela doit vous en dire long sur l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit r\u00e9gnant dans la capitale supr\u00eame de la Grande R\u00e9publique. Dans ce discours d&rsquo;Obama, mais bien sur avec les mots directs en moins (corruption, dissolution, m\u00e9diocrit\u00e9, etc.), on croirait entendre des accents du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/H._L._Mencken\">grand H. L. Mencken<\/a> des ann\u00e9es 1920 et 1930, le pol\u00e9miste, auteur, satiriste, journaliste, \u00e9diteur et rassembleur des litt\u00e9ratures les moins \u00ab\u00a0politiquement-correct lisibles\u00a0\u00bb, l&rsquo;intellectuel je plus ardemment critique et m\u00e9prisant de la basse-cour washingtonienne repr\u00e9sentant la soi-disant d\u00e9mocratie am\u00e9ricaniste, sans faire la moindre exception<strong>.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>La diff\u00e9rence, c&rsquo;est que Mencken n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00e9sident, qu&rsquo;il \u00e9tait libre de tout engagement politique, vivant de sa seule plume et de sa notori\u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable, donc \u00e9videmment exer\u00e7ant sa critique sans aucune contrainte, sans les prudences inconscientes mais \u00e9videntes, sans avoir \u00e0 \u00e9carter les frein, les pressions ext\u00e9rieures, les interdits du non-dit que le Syst\u00e8me fait peser sur un politicien. Obama n&rsquo;est certes pas dans cette position, puisqu&rsquo;il est dans les rangs adverses, et encore au sommet, mais on croirait vraiment qu&rsquo;il avait abandonn\u00e9, pour cet instant du discours de vendredi (et sans doute cela n&rsquo;ira-t-il pas loin pour son compte), toutes les <em>narrative<\/em>, toutes les enflures du discours-Syst\u00e8me, toutes les formules convenues du simulacre d&rsquo;existence, de sagesse et de haute morale \u00e0 quoi tout cela pr\u00e9tend. <strong>Qu&rsquo;Obama, le POTUS en cours et en fonction pompeuse, puisse pr\u00e9tendre \u00eatre compar\u00e9, en vigueur de l&rsquo;esprit critique, \u00e0 un H.L. Mencken, ce dissident professionnel, ce ricaneur hors-Syst\u00e8me de la d\u00e9mocratie corrompue et corruptrice, voil\u00e0 qui vous \u00e9claire sur le chemin parcouru et sur l&rsquo;impasse qui se dresse d\u00e9sormais devant eux. Ils ne dansent plus sur le <em>Titanic<\/em> mais sur l&rsquo;\u00e9pave engloutie du <em>Titanic<\/em>, &ndash; glou glou glou, et salut les poissons&#8230;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Il n&rsquo;y a pas un souffle d&rsquo;espoir dans cette causticit\u00e9 souriante et sarcastique, le \u00ab\u00a0<em>Yes We Can<\/em>\u00a0\u00bb majuscul\u00e9 remplac\u00e9 par un \u00ab\u00a0laisse tomber\u00a0\u00bb fataliste. Dans toutes ses finesses, ses allusions, ses blagues, et sans doute sans le vouloir express\u00e9ment, avec pour simple but d&rsquo;obtenir un bon succ\u00e8s d&rsquo;audience car il n&rsquo;a pas mis sa vanit\u00e9 au porte-manteau, Obama trace un portrait caricatural de tout le Syst\u00e8me, sans vraiment faire d&rsquo;exception. Un mot ici, une expression l\u00e0, et tout y passe, y compris le racisme qui ne faiblit pas comme les sottises impuissantes de leur \u00ab\u00a0<em>politically correct<\/em>\u00a0\u00bb qui rendent l&rsquo;antiracisme institutionnalis\u00e9 aussi insupportable que ce qu&rsquo;il pr\u00e9tend r\u00e9duire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi, avec nonchalance et sans un seul signe qu&rsquo;il en ait la moindre conscience ni le moindre remord \u00e9ventuel s&rsquo;il en avait conscience, Obama dessine finalement l&rsquo;\u00e9chec de ses huit ann\u00e9es de pr\u00e9sidence, comme un \u00e9chec in\u00e9luctable, in\u00e9vitable, qui est la marque de la marche inarr\u00eatable du Syst\u00e8me dans sa folle course. <strong>Il n&rsquo;est plus exceptionnel, ni comme \u00ab\u00a0premier pr\u00e9sident Africain-Am\u00e9ricain\u00a0\u00bb, ni comme constructeur d&rsquo;un \u00e9chec sans pareil par rapport aux promesses que supposait son \u00e9lection, ni comme rien du tout, ni comme l&rsquo;Am\u00e9rique elle-m\u00eame d&rsquo;ailleurs, &ndash; sinon dans sa fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9taler sa d\u00e9cadence et de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer pour qu&rsquo;elle ressemble enfin, cette d\u00e9cadence, \u00e0 un effondrement \u00e0 la hauteur (!) de l&rsquo;exceptionnalisme en question<\/strong>. Et le public washingtonien avec sa vari\u00e9t\u00e9 bigarr\u00e9e de <em>people<\/em> et de professionnels de toutes les sortes de la politique et de la corruption de s&rsquo;esclaffer et de s&rsquo;esbaudir, et d&rsquo;applaudir, ravi, comme s&rsquo;il avait trouv\u00e9 \u00e0 la fois son ma&icirc;tre, son double, son d\u00e9biteur, son valet&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cela, cette sorte de choses, n&rsquo;\u00e9tait pas pensable il y a trente ans, quarante ans, cinquante ans, et ainsi de suite en remontant l&rsquo;histoire de la Grande R\u00e9publique. On ne peut imaginer un Roosevelt, un Eisenhower, un Kennedy, un Nixon, un Reagan, un Bush dire cela. Le premier qui ait tent\u00e9 cette approche caricaturale de la fonction, marquant combien cette fonction \u00e9tait d\u00e9voy\u00e9e, &ndash; justement, par des gens comme lui-m\u00eame, &ndash; ce fut Clinton, en 2000, tournant un film caricatural sur son pauvre sort dans les derni\u00e8res semaines de sa pr\u00e9sidence, dans l&rsquo;attente de son successeur, alors que plus personne ne fait attention \u00e0 lui, qu&rsquo;on le bouscule comme un objet encombrant. Obama est dans la veine de Clinton pour cela, il est du type \u00ab\u00a0fait-pas-tr\u00e8s-s\u00e9rieux\u00a0\u00bb, et les deux, \u00e0 quinze ans de distance, <strong>illustrant le mieux la prodigieuse d\u00e9sacralisation de la fonction sans cesse en acc\u00e9l\u00e9ration o&ugrave; ils ont eux-m\u00eames toutes les responsabilit\u00e9s du monde, \u00e0 mesure de l&rsquo;impuissance grandissante de la politique, de l&rsquo;enfermement infernal dans les rets du Syst\u00e8me.<\/strong> Ils en rient bien fort parce que c&rsquo;est vrai, les plus terribles trag\u00e9dies, dans cette \u00e9poque qui ne sait plus ce que c&rsquo;est que les trag\u00e9dies, sont trait\u00e9es par la d\u00e9rision et appellent le rire. L&rsquo;Empire est arriv\u00e9 au terme : le <em>Panem et Circenses <\/em>que l&rsquo;on jetait au peuple pour qu&rsquo;il se tienne tranquille est arriv\u00e9 au terme ; <strong>c&rsquo;est l&rsquo;Empereur qui est jet\u00e9, et m\u00eame qui se jette lui-m\u00eame en p\u00e2ture au peuple, pour se transformer lui-m\u00eame en \u00ab\u00a0cirque\u00a0\u00bb, pour nourrir la d\u00e9rision o&ugrave; les enferme le Syst\u00e8me, comme s&rsquo;il \u00e9tait du \u00ab\u00a0pain\u00a0\u00bb en voie de se rassir tr\u00e8s rapidement. C&rsquo;est le dernier simulacre de l&rsquo;Empereur vid\u00e9 de sa substance. Derri\u00e8re, il n&rsquo;y a plus rien.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Obama pouvait bien se moquer particuli\u00e8rement des r\u00e9publicains et de leur crise int\u00e9rieure <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-lucifer-sonavabitch-a-un-autre-911\">en mode-<em>turbo<\/em><\/a> (&laquo; <em>Glad to see that you feel you&rsquo;ve earned a night off. Congratulations on all your success. The Republican Party, the nomination process; it&rsquo;s all going great. Keep it up<\/em> &raquo;) ; au moins, cela semblait de bonne guerre, au milieu des ruines de ce qui fut un syst\u00e8me (de l&rsquo;am\u00e9ricanisme) tournant comme sur des roulettes. Mais, s&rsquo;il avait fait son discours aujourd&rsquo;hui, il aurait du y ajouter le parti d\u00e9mocrate (&laquo; <em>The Democratic Party, the nomination process; it&rsquo;s all going great. Keep it up<\/em> &raquo;), puisque Sanders pourrait bien y amener <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/sanders-ou-bernie-continuons-le-combat\">autant de d\u00e9sordre<\/a> que Trump dans le parti r\u00e9publicain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Enfin, il faut mesurer ses \u00e9mois&#8230; Il y a bien \u00e9crit plus haut \u00ab\u00a0qu&rsquo;il avait abandonn\u00e9, pour cet instant du discours de vendredi [&#8230;] toutes les <em>narrative<\/em>, toutes les enflures du discours-Syst\u00e8me, toutes les formules convenues du simulacre d&rsquo;existence, de sagesse et de haute morale \u00e0 quoi tout cela pr\u00e9tend\u00a0\u00bb, mais avec, gliss\u00e9 au milieu de tout cela, \u00ab\u00a0et sans doute cela n&rsquo;ira-t-il pas loin pour son compte\u00a0\u00bb. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien, raisonnablement et \u00e0 moins d&rsquo;une surprise que l&rsquo;on ne peut pr\u00e9voir, \u00e0 attendre de plus de tout cela. Mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;objet du propos ; il s&rsquo;agit de signaler un instant de plus o&ugrave; fut \u00e9clair\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-porte-est-franchie\">le chaos<\/a>\/champ de ruines qu&rsquo;est devenu le domaine politique de la Washington. Rien de plus, mais rien de moins, &ndash; et, mon Dieu, ce n&rsquo;est pas rien&#8230; <\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;adieu au simulacre 2 mai 2016 &ndash; Il commence ainsi son discours, sur un ton incroyablement cool, au sommet de sa forme : &laquo; Vous avez l&rsquo;air superbes. 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