{"id":76569,"date":"2016-05-15T08:59:04","date_gmt":"2016-05-15T08:59:04","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/05\/15\/recta-regione-denis-baupin\/"},"modified":"2016-05-15T08:59:04","modified_gmt":"2016-05-15T08:59:04","slug":"recta-regione-denis-baupin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/05\/15\/recta-regione-denis-baupin\/","title":{"rendered":"<em>Recta regione<\/em> Denis Baupin"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\"><em>Recta regione<\/em> Denis Baupin<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Partons du principe que l&rsquo;homme est \u00e0 la fois sup\u00e9rieur et inf\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;animal et du principe oppos\u00e9 que l&rsquo;animal est sup\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;homme et en m\u00eame temps inf\u00e9rieur puisqu&rsquo;il ne le sait pas. L&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 ou la sup\u00e9riorit\u00e9 \u00e9tant moins d\u00e9cisive que le fait de le savoir ou pas&hellip; tout en sachant que ce savoir humain ne se <strong><em>sait<\/em><\/strong> pas tant qu&rsquo;il n&rsquo;a pas atteint le <strong><em>savoir sur le savoir<\/em><\/strong>, tant que son &quot;&oelig;il du dedans&quot; ne se voit pas en train de voir. Si bien que peu y arrivent. Incapables de se hisser \u00e0 ce niveau ils restent dans l&rsquo;<em>animalit\u00e9<\/em> sans le savoir et sans qu&rsquo;on puisse le leur faire savoir. Fils de Darwin, ils deviennent alors des <em>moins-humains<\/em>, et pas des <em>plus-animaux<\/em>. Le tragique est l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Prenons la pariade des oiseaux. Qui n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e9branl\u00e9 par la beaut\u00e9, la d\u00e9licatesse, le sens cach\u00e9 de la danse faite par le m\u00e2le pour attirer la femelle ? Elle nous laisse pantois. On en voit la beaut\u00e9 sans en comprendre le sens. Pas le sens final, qui est la pariade, mais le d\u00e9tail des gestes qui pour nous humains constituent une danse, c&rsquo;est-\u00e0-dire des mouvements du corps qui n&rsquo;ont plus rien \u00e0 voir avec la fonction reconnue \u00e0 l&rsquo;oiseau d&rsquo;\u00eatre celui qui vole et qui pour cela a des ailes. Quand il danse, ses ailes ne lui servent plus \u00e0 voler mais \u00e0 proposer un message qui, par une <em>beaut\u00e9 p\u00e8cheresse<\/em>, nous \u00f4te la possibilit\u00e9 de comprendre. Tout se passe comme si ses ailes d\u00e9laissaient leur fonction premi\u00e8re pour en acqu\u00e9rir une autre dont nous ne pouvons pas saisir le sens mais que notre intuition, notre capacit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre humain \u00e0 saisir le beau, fait que nous lui en accordons un. Des membres qui servent \u00e0 se sustenter en l&rsquo;air, soudain d\u00e9livrent \u00e0 celle pour qui ils sont faits, un message qui n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec le vol mais avec l&rsquo;<em>amour<\/em>. Chez l&rsquo;humain de m\u00eame, personne ne conteste que les bras ont la fonction premi\u00e8re de permettre au possesseur d&rsquo;accomplir gestes et mouvements destin\u00e9s \u00e0 entretenir sa vie, satisfaire ses besoins. Mais que deviennent ses bras dans la pri\u00e8re? L&rsquo;homme le sait intuitivement, il n&rsquo;est pas surpris lorsqu&rsquo;il joint les mains de sentir qu&rsquo;en lui se passe autre chose que ce que les mains produisent dans leur agir sur le monde. Il joint les mains et ces deux <em>outils<\/em> deviennent les agents d&rsquo;un recueillement, d&rsquo;une demande adress\u00e9e on ne sait pas \u00e0 qui, une pri\u00e8re, une imploration. Ce geste devient extraordinaire et ne peut plus \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 ou compris par les canons habituels de la rationalit\u00e9&hellip; et celui qui observe ce geste n&rsquo;a \u00e9galement aucun doute sur son sens m\u00eame si ce sens lui parait, \u00e0 lui ath\u00e9e, d\u00e9pourvu de sens. <strong><em>Qui<\/em><\/strong> donc habite l&rsquo;intelligence de l&rsquo;oiseau lorsqu&rsquo;il comprend la danse de son amoureux ? Que lui permet-elle de saisir de ces mouvements complexes et mesur\u00e9s, quels effets engendrent-ils dans son &quot;intuition animale&quot; devant laquelle nous restons muets de non-savoir? Pourquoi notre intelligence humaine si prompte \u00e0 saisir bien des choses profondes, est-elle incapable de &quot;comprendre&quot; le sens du message que l&rsquo;oiseau d\u00e9livre et qui se trouve dans l&rsquo;\u00e9chelle des \u00eatres bien au dessous de nous? Pourquoi ne savons-nous plus &quot;danser-oiseau&quot;, n&rsquo;avons-nous plus, nous humains, de v\u00e9rit\u00e9s-qui-se-dansent? Qui a donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;oiseau des r\u00e9miges qui prient ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On pourrait tout aussi bien prendre la construction du nid devant quoi notre savoir s&rsquo;\u00e9trangle. Comment construire un nid de brindilles, les assembler, les coller, sans mains seulement avec un minuscule bec, sans aucun plan pr\u00e9\u00e9tabli, afin que la deuxi\u00e8me brindille vienne se coller \u00e0 la premi\u00e8re, la troisi\u00e8me \u00e0 la seconde et ainsi de suite, pour qu&rsquo;\u00e0 la fin surgisse cet habitacle si solide au regard de la technologie aviaire, o&ugrave; seront accueillis en nombre &oelig;ufs et nouveaux n\u00e9s? Et si au lieu de brindilles, Moi, cigogne, ai le devoir de charrier et assembler des branches, mon m\u00e9rite d\u00e9borde plus encore l&rsquo;\u00e9tendue de mon envergure. L&rsquo;humain que je pr\u00e9tends \u00eatre est convaincu qu&rsquo;avec ses mains, si merveilleusement aptes \u00e0 tous les savoirs, il n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 capable de le b\u00e2tir, que la science de la construction du nid lui \u00e9chappe. Cette capacit\u00e9 est-elle sup\u00e9rieure ou inf\u00e9rieure \u00e0 la capacit\u00e9 du singe \u00e0 utiliser un outil pour attraper une banane hors de port\u00e9e, sur quoi les savants s&rsquo;extasient depuis 1950 ? Ou bien celle du corbeau capable non seulement d&rsquo;utiliser l&rsquo;outil mais de le confectionner? La pariade des oiseaux ne propose-t-elle pas de myst\u00e8re plus grand ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;autant plus grand que si, par aventure, revenu \u00e0 mon humanit\u00e9, celle qui me fait \u00e9crire ici mon admiration, je la compare \u00e0 nos pauvres gestes d&rsquo;amour -quand homme ou femme, nous tentons de nous approcher l&rsquo;un de l&rsquo;autre en vue de nous <em>aimer, &ndash;<\/em> je m&rsquo;effondre devant la petitesse de mes signaux, la pauvret\u00e9 de mes gestes et de mon langage. Hommes, nous cachons mal un d\u00e9sir d\u00e9connect\u00e9 de tout projet autre que jouissif. Le monde vivant non humain lui, ne jouit pas, il met en sc\u00e8ne l&rsquo;intemporelle et vierge diaspora de la Vie. L&rsquo;accouplement chez nous, avant, pendant et apr\u00e8s est, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de celui de l&rsquo;oiseau, d&rsquo;une tragique m\u00e9diocrit\u00e9. Les humains ne savent pas ce que c&rsquo;est l&rsquo;Humain, c&rsquo;est pourquoi ils sont inf\u00e9rieurs \u00e0 eux-m\u00eames et aux animaux. C&rsquo;est ce que Denis Baupin e&ucirc;t aim\u00e9 pratiqu\u00e9 mais en fut incapable par manque de &quot;De natura rerum&quot;.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Marc G\u00e9belin<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recta regione Denis Baupin Partons du principe que l&rsquo;homme est \u00e0 la fois sup\u00e9rieur et inf\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;animal et du principe oppos\u00e9 que l&rsquo;animal est sup\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;homme et en m\u00eame temps inf\u00e9rieur puisqu&rsquo;il ne le sait pas. 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