{"id":76636,"date":"2016-06-21T19:04:13","date_gmt":"2016-06-21T19:04:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/06\/21\/suicides-paraboles\/"},"modified":"2016-06-21T19:04:13","modified_gmt":"2016-06-21T19:04:13","slug":"suicides-paraboles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/06\/21\/suicides-paraboles\/","title":{"rendered":"Suicides &amp; paraboles"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Suicides &#038; paraboles<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>21 juin 2016 &ndash; Pour ce premier jour sinistre de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 (ici, en Belgique, pays europ\u00e9en exemplaire o&ugrave; triomphe le chicon, ou endive), je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 une obsession qui m&rsquo;accompagne depuis plusieurs ann\u00e9es et qui pourrait se comprendre comme une parabole de notre destin plan\u00e9taire et globalis\u00e9. (Je la d\u00e9signe comme \u00ab\u00a0obsession\u00a0\u00bb mais elle n&rsquo;est nullement, cette chose, obsessionnelle dans le sens d&rsquo;une pr\u00e9sence constante, qui vous \u00e9touffe, qui mobilise l&rsquo;esprit pour une cause incertaine ; plut\u00f4t une obsession \u00e9pisodique, \u00e9nigmatique et pas antipathique, et finalement qui ne m&rsquo;obs\u00e8de que lorsque l&rsquo;esprit est libre et ne pense plus \u00e0 rien, dans ces instants o&ugrave; le vide de l&rsquo;esprit permet de se revivifier en suivant des sentiers de traverse.) Son origine se perd dans la nuit de ma m\u00e9moire, et je ne peux en dire l&rsquo;origine ; est-ce un livre que j&rsquo;ai lu, est-ce une id\u00e9e que j&rsquo;ai eue pour un livre du temps o&ugrave; je pr\u00e9f\u00e9rais les romans aux essais, est-ce un r\u00eave ou quoi encore ?&#8230; Peu importe, ce n&rsquo;est pas ici le cas d&rsquo;une recherche en paternit\u00e9, mais bien le r\u00e9cit de cette obsession d&rsquo;une discr\u00e9tion aimable : le r\u00e9cit d&rsquo;un personnage (disons un homme, sans y voir de parti-pris, et disons peut-\u00eatre moi-m\u00eame puisque l&rsquo;identification s&rsquo;est faite, mais sans aucune garantie ni certitude, plut\u00f4t par commodit\u00e9 de la repr\u00e9sentation et comme d\u00e9sincarn\u00e9) ; un personnage qui se suicide, qui en r\u00e9chappe d&rsquo;une fa\u00e7on miraculeuse, qui se rappelle de tout ce qui fut sa vie jusqu&rsquo;au coup de feu, sauf de la r\u00e9ponse \u00e0 cette question pourtant d&rsquo;une r\u00e9elle importance : \u00ab\u00a0Pourquoi ai-je voulu me suicider ?\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je pr\u00e9cise encore, pour accentuer l&rsquo;amabilit\u00e9 de la chose, que l&rsquo;un des aspects les plus \u00e9tonnants de cette pens\u00e9e obsessionnelle, et bien que le personnage se soit transform\u00e9 en \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb comme je l&rsquo;ai dit, c&rsquo;est l&rsquo;absence de toute tension, soit d&rsquo;angoisse ou de d\u00e9sespoir, presque comme un r\u00e9cit liss\u00e9 de tout sentiment, et pourtant nullement inhumain&#8230; Ou bien est-ce qu&rsquo;on d\u00e9signerait comme \u00ab\u00a0inhumain\u00a0\u00bb un certain sentiment de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 hors du temps, une sorte de sagesse ironique, ou bien comme une distance des choses temporelles et mat\u00e9rielles ? L&rsquo;on ressent bien ce que je veux dire, j&rsquo;en suis s&ucirc;r&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela s&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9 au cours du temps, si bien que l&rsquo;obsession a pris la forme d&rsquo;un r\u00e9cit de plus en plus \u00e9labor\u00e9 dans mon esprit, qui s&rsquo;est int\u00e9gr\u00e9 dans ma vie courante dans des lieux de connaissance, avec l&rsquo;un ou l&rsquo;autre compagnon, et tout cela effectivement dans le plus grand apaisement. Hier soir encore, alors que je m&rsquo;\u00e9tais couch\u00e9, le r\u00e9cit s&rsquo;est encore pr\u00e9cis\u00e9, et il a fallu que je prenne des notes rapides en me promettant d&rsquo;en faire une page de ce <em>Journal dde.crisis<\/em>. (C&rsquo;est \u00e0 ce moment que je me suis dis que cela pouvait repr\u00e9senter une parabole, \u00e0 la fois de mon travail, \u00e0 la fois de la situation que nous vivons, sans savoir pr\u00e9cis\u00e9ment dans quel sens, &ndash; et je laisse ce sujet ouvert \u00e0 ce point, avec peut-\u00eatre la possibilit\u00e9 qu&rsquo;au fil de la plume, en \u00e9crivant ce que j&rsquo;\u00e9cris, je trouve une r\u00e9ponse moins obscure, disons en clair-obscur, sur le fait de savoir de quelle parabole il s&rsquo;agit.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9cit se situe donc dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-foret-chante\">la for\u00eat<\/a> o&ugrave; j&rsquo;ai coutume, chaque matin depuis quasiment vingt ans, de faire <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/lart-de-la-fugue-en-foret\">une promenade<\/a> avec mes compagnons successifs, le chien et sieur <em>Balzac<\/em>, les demoiselles <em>Margot<\/em> et <em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/noel-blanc-sombre\">Klara<\/a><\/em>. La sc\u00e8ne se passe toujours sur un lieu singulier qui est depuis longtemps le terme de ma promenade avant le retour : une sorte de plateau, comme une \u00e9vidence surmontant et se d\u00e9tachant du reste de la for\u00eat, disons d&rsquo;une centaine de m\u00e8tres sur 50-60 m\u00e8tres qui peut \u00eatre qualifi\u00e9e, de fa\u00e7on tr\u00e8s surprenante par rapport aux essences courantes, de pin\u00e8de : il n&rsquo;y a que des pins parasols sans autre v\u00e9g\u00e9tation, sinon un herbage extr\u00eamement dense et tr\u00e8s bien ordonn\u00e9. Le plateau est en promontoire, bord\u00e9 sur son Ouest d&rsquo;une pente brutale, presque un \u00e0-pic, o&ugrave; se trouve en rangs serr\u00e9s des sapins assez maigrichons contrastant compl\u00e8tement avec les pins, et pour l&rsquo;essence et pour la pose car les pins prennent majestueusement leurs aises. Un des bouts de ce promontoire est d\u00e9gag\u00e9 de ces sapins maigrelets et offre une sorte d&rsquo;\u00e9tagement o&ugrave; l&rsquo;on peut s&rsquo;asseoir. J&rsquo;avais pris l&rsquo;habitude, avec <em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/a-margot-pour-quelle-repose-en-paix\">Margot<\/a><\/em> dans ses derni\u00e8res semaines de vie alors qu&rsquo;elle affrontait avec un h\u00e9ro\u00efsme sublime l&rsquo;agonie d&rsquo;une horrible maladie, de m&rsquo;asseoir, et elle assise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, une minute, deux minutes en silence, et nous regardions devant nous et en-dessous le spectacle de cette petite vall\u00e9e pentue dans laquelle se d\u00e9roule la petite route dite de la Fontaine des Amours descendant vers Chaudfontaine. (Aujourd&rsquo;hui, avec <em>Klara<\/em>, nous nous arr\u00eatons chaque fois quelques secondes \u00e0 cet endroit pr\u00e9cis\u00e9ment, et je l\u00e8ve la t\u00eate vers le ciel que je distingue entre les feuilles d&rsquo;un boulot solitaire en marge des sapins \u00e9tiques, et j&rsquo;adresse une pens\u00e9e fid\u00e8le \u00e0 l&rsquo;\u00e2me de <em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/les-signes-de-margot\">Margot<\/a><\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voil\u00e0 o&ugrave; commence le r\u00e9cit : cette fois je m&rsquo;assieds en ce lieu m\u00eame que je viens de d\u00e9crire, j&rsquo;ai pris soin de ne pas emmener <em>Klara<\/em>, je sors d&rsquo;une poche un revolver de petit calibre, 6,35mm ou au plus 7,65mm, et je tire une balle dans ma tempe, &ndash; comme cela, sans plus de c\u00e9r\u00e9monie ni h\u00e9sitation incongrue, la d\u00e9cision prise pour je ne sais quelle raison et la chose se d\u00e9roulant, je dirais, imperturbablement, \u00e0 cet instant sans \u00e9motion, ni d\u00e9sespoir, ni souvenir, ni regret, ni rien du tout, &ndash; et moi \u00e9crivant \u00ab\u00a0je tire une balle dans ma tempe\u00a0\u00bb au lieu de \u00ab\u00a0je me tire une balle dans la tempe\u00a0\u00bb, comme si \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb \u00e9tait un autre sans rapport avec \u00ab\u00a0ma tempe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le trou noir habituel qui suit cette sorte d&rsquo;acte, &ndash; les connaisseurs savent de quoi je parle, &ndash; est suivi d&rsquo;un r\u00e9veil \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Je retrouve fort rapidement et m\u00eame avec dext\u00e9rit\u00e9 tous mes esprits. Dans la pi\u00e8ce se trouvent notamment deux ou trois hommes de l&rsquo;art, avec l&rsquo;une ou l&rsquo;autre infirmi\u00e8re pimpante : dans tous les cas le chirurgien qui a dirig\u00e9 l&rsquo;intervention d&rsquo;urgence et un psychologue. On m&rsquo;explique que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet d&rsquo;une sorte de miracle : la balle est entr\u00e9e dans la courbure droite de la tempe et, au lieu de p\u00e9n\u00e9trer la masse cervicale, a pris, par quel \u00e9trange sortil\u00e8ge de la balistique, le parti de suivre au plus pr\u00e8s l&rsquo;os du crane dans sa face interne sans entamer la susdite masse cervicale, pour sortir au d\u00e9but de la courbure droite de la nuque ; \u00ab\u00a0Le miracle-absolu !\u00a0\u00bb me dit le chirurgien avec les yeux brillants presque comme s&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 Lourdes, le miracle est que de multiples examens effectu\u00e9s d\u00e8s mon hospitalisation ont montr\u00e9 que rien, absolument rien du cerveau n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9&#8230; On a donc fait le minimum, sur des plaies extr\u00eamement minimes, avec un os cr\u00e2nien quasiment intact sauf les deux trous, emmaillot\u00e9 tout cela, et l&rsquo;on a attendu que passe le coma post-traumatique, \u00e0 peu pr\u00e8s trois jours.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis on m&rsquo;explique qu&rsquo;on m&rsquo;a retrouv\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s trois heures apr\u00e8s l&rsquo;instant du d\u00e9lit, \u00e0 la suite de recherches que <em>Klara<\/em> avait conduites avec sa fid\u00e9lit\u00e9 coutumi\u00e8re ; on pr\u00e9cise m\u00eame que je me trouvai sur un chemin conduisant \u00e0 cette pin\u00e8de, ce qui montrait que je me serais d\u00e9plac\u00e9&#8230; De cela, aucun souvenir, le trou noir&#8230; Et le reste ? interroge le chirurgien, anxieux. Je passe les choses en revue rapidement et r\u00e9ponds pr\u00e9cis\u00e9ment : je sais qui je suis, je connais la promenade, la maison o&ugrave; j&rsquo;habite, ce que je fais, mes proches, ma vie elle-m\u00eame telle qu&rsquo;elle s&rsquo;st d\u00e9roul\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;instant presque-fatal, le revolver sur la tempe (\u00ab\u00a0ma tempe\u00a0\u00bb), le doigt qui presse la d\u00e9tente. On s&rsquo;exclame ! Ma m\u00e9moire est totalement intacte, parfaite, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;instant de la p\u00e9n\u00e9tration de la balle dans la bo&icirc;te cr\u00e2nienne, je suis une sorte de miracle auquel il n&rsquo;y a rien \u00e0 redire. Puis enfin on en vient \u00e0 la question qui est sur toutes les l\u00e8vres, je ne dirais pas la question-qui-tue sauf pour l&rsquo;humour noir, et c&rsquo;est le psychologue qui la pose :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&mdash; Pourquoi avez-vous voulu vous suicider ? Enfin, excusez-moi, c&rsquo;est peut-\u00eatre indiscret, mais vous semblez en si parfaite possession de vos moyens ; vos proches et vos amis, qui attendent avec impatience de vous voir, tous nous disent qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien chez vous qui p&ucirc;t laisser croire \u00e0 des tendances suicidaires&#8230; Vous vous rappelez de tout, et rien ne semble indiquer un d\u00e9sir de suicide.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Moi-m\u00eame suis frapp\u00e9 comme par la foudre, et soudain je m&rsquo;interroge, brusquement interloqu\u00e9, et m\u00eame d\u00e9j\u00e0 un peu angoiss\u00e9, ou bien plut\u00f4t non, \u00ab\u00a0intrigu\u00e9\u00a0\u00bb serait le mot plus juste : \u00ab\u00a0Oui, pourquoi ai-je voulu me suicider ?\u00a0\u00bb Je ne peux que partager l&rsquo;avis g\u00e9n\u00e9ral : rien dans ma m\u00e9moire, ni dans mon humeur, n&rsquo;indique une telle disposition&#8230; Nous nous trouvons tous, ensemble, dans la m\u00eame incertitude solidaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;histoire se poursuit avec les habituels sauts d&rsquo;obstacle : quelques jours en observation, visite \u00ab\u00a0des proches et des amis\u00a0\u00bb, bouquets de fleurs, livres et chocolats, embrassades et congratulations, une certaine g\u00eane aussi, interrogations sans r\u00e9ponse&#8230; Dans mon r\u00e9cit obsessionnel, en fait, tout cela d\u00e9file tr\u00e8s vite, une part tr\u00e8s minime est accord\u00e9e \u00e0 cet aspect. Le h\u00e9ros de l&rsquo;aventure, \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb pour la facilit\u00e9, ou bien quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, est en v\u00e9rit\u00e9 obs\u00e9d\u00e9 par la suite de ce r\u00e9cit obsessionnel, mais cette fois obs\u00e9d\u00e9 de fa\u00e7on tr\u00e8s directe et insistante, et l\u00e0-dedans tout ce qui fait son \u00ab\u00a0ext\u00e9rieur proche\u00a0\u00bb, sa famille, ses amis, n&rsquo;a aucune place. Je dirais ici qu&rsquo;il (le h\u00e9ros, ou ce \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb finalement d\u00e9sincarn\u00e9) semble se transformer en un enqu\u00eateur, un policier qui enqu\u00eate, fascin\u00e9 par sa recherche, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de la V\u00e9rit\u00e9 ultime&#8230; Pourtant, en m\u00eame temps, s&rsquo;insinue cette pens\u00e9e qui pourrait sembler terrifiante : \u00ab\u00a0Et si j&rsquo;arrivais \u00e0 retrouver au terme de cette qu\u00eate passionn\u00e9e la cause qui m&rsquo;a pouss\u00e9 au suicide, ne serais-je pas conduit \u00e0 nouveau \u00e0 me suicider ?\u00a0\u00bb Cela, c&rsquo;est la question qui tue deux fois&#8230; Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un dilemme : si grand est son besoin de savoir qu&rsquo;il croirait qu&rsquo;il en mourra s&rsquo;il ne d\u00e9couvre pas la cause de son suicide ; et s&rsquo;il d\u00e9couvre la cause de son suicide, la logique serait alors imp\u00e9rative qu&rsquo;il se suicid\u00e2t \u00e0 nouveau&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est ici que le r\u00e9cit s&rsquo;arr\u00eate, comme si je me heurtais \u00e0 l&rsquo;\u00e9nigme fondamentale. C&rsquo;est ici que je cherche si cette obsession polie, ce r\u00e9cit obsessionnel \u00e0 l&rsquo;occasion, n&rsquo;est pas \u00e9galement une parabole qui d\u00e9crit mon existence, et peut-\u00eatre notre existence \u00e0 nous tous ; peut-\u00eatre m\u00eame pourrait-on concevoir que, parabole effectivement, le r\u00e9cit d\u00e9sign\u00e2t les temps terribles que nous vivons, et la qu\u00eate dans laquelle certains sont plong\u00e9s de tenter d&rsquo;en trouver le myst\u00e8re et d&rsquo;en d\u00e9couvrir l&rsquo;issue in\u00e9luctable, car nous sommes dans des temps tels qu&rsquo;ils ne peuvent se concevoir que s&rsquo;il y a une issue qui les change compl\u00e8tement. Le h\u00e9ros, ce \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb sans pr\u00e9occupation qui se suicide sans raison affich\u00e9e, n&rsquo;est-ce pas cette \u00e9poque qui est devenue folle ? Et la clef de l&rsquo;\u00e9nigme, n&rsquo;est-ce pas ce suicide r\u00e9ussi mais sans cons\u00e9quence, qui fait qu&rsquo;\u00e0 chercher ensuite la raison qui l&rsquo;a pouss\u00e9e au suicide, cette \u00e9poque folle est conduite \u00e0 rechercher la V\u00e9rit\u00e9, pour en venir justement \u00e0 se repr\u00e9senter son suicide comme ce \u00ab\u00a0miracle\u00a0\u00bb qui fait que la balle passe le long de l&rsquo;int\u00e9rieur du crane et ressort sans faire plus de d\u00e9g\u00e2ts, et ainsi se d\u00e9barrassant du spectre du suicide puisqu&rsquo;il est accompli, et ainsi conduisant sa propre R\u00e9demption ? Je ne sais pas, &ndash; et \u00e9crivant cela, je ne prends pas une pose, je dis le vrai du point o&ugrave; est mon esprit&#8230; Peut-\u00eatre <em>Klara<\/em>, elle, sait-elle de quoi il retourne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;ailleurs, le r\u00e9cit n&rsquo;est pas fini et il se fait tard. On va mettre cela en ligne et l&rsquo;on verra plus tard. <\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suicides &#038; paraboles 21 juin 2016 &ndash; Pour ce premier jour sinistre de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 (ici, en Belgique, pays europ\u00e9en exemplaire o&ugrave; triomphe le chicon, ou endive), je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 une obsession qui m&rsquo;accompagne depuis plusieurs ann\u00e9es et qui pourrait se comprendre comme une parabole de notre destin plan\u00e9taire et globalis\u00e9. 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