{"id":76637,"date":"2016-06-22T05:52:42","date_gmt":"2016-06-22T05:52:42","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/06\/22\/de-gaulle-et-chateaubriand-contre-lempire-et-la-russophobie\/"},"modified":"2016-06-22T05:52:42","modified_gmt":"2016-06-22T05:52:42","slug":"de-gaulle-et-chateaubriand-contre-lempire-et-la-russophobie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/06\/22\/de-gaulle-et-chateaubriand-contre-lempire-et-la-russophobie\/","title":{"rendered":"De Gaulle et Chateaubriand contre l&rsquo;Empire et la russophobie"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">De Gaulle et Chateaubriand contre l&rsquo;Empire<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; J&rsquo;attends les cosaques et le Saint-Esprit &raquo; (L\u00e9on Bloy)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous voyons que la R\u00e9publique (ce n&rsquo;est plus vraiment la France) ob\u00e9it au doigt et \u00e0 l&rsquo;oeil \u00e0 Washington, et qu&rsquo;elle contribue \u00e0 la pr\u00e9paration d&rsquo;une guerre contre la Russie &ndash; qui a fait pourtant ce qu&rsquo;elle a pu pour l&rsquo;aider sur les champs de bataille syriens, peu apr\u00e8s les attentats de l&rsquo;hiver dernier&#8230; On est loin de &laquo; l&rsquo;Europe de l&rsquo;Atlantique \u00e0 l&rsquo;Oural &raquo; dont a r\u00eav\u00e9 de Gaulle, et l&rsquo;on ne peut que constater tristement et la trahison de la classe politique nationale (Jupp\u00e9 succ\u00e9dant l&rsquo;ann\u00e9e prochaine au socialiste &ndash; le bas landais apr\u00e8s le hollandais) et  &laquo; l&rsquo;\u00e9tat anesth\u00e9si\u00e9 &raquo; du peuple fran\u00e7ais (pour parler comme l&rsquo;historien du franquisme Stanley Payne &ndash; \u00e0 propos des espagnols&#8230;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela ne doit pas nous emp\u00eacher de rappeler que des figures importantes comme Roland Dumas, Hubert V\u00e9drine, et surtout les anciens pr\u00e9sidents Val\u00e9ry Giscard d&rsquo;Estaing ou Nicolas Sarkozy s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent contre cette diplomatie du suicide europ\u00e9en. De m\u00eame en Allemagne les anciens chanceliers Schroeder ou le regrett\u00e9 Helmut Schmidt regrettent la soumission ubuesque de notre grosse chanceli\u00e8re en fer blanc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quant \u00e0 l&rsquo;Angleterre, on en distinguera deux : l&#8217;empire, la couronne, la dette, si bien \u00e9tudi\u00e9e jadis par Marx ou John Hobson dans son classique sur l&rsquo;imp\u00e9rialisme ; et puis celle qu&rsquo;on aime, initiatique et conservatrice de Chesterton, de William Morris, de Tolkien, auquel nous avons consacr\u00e9 deux livres. On ne taclerait pas non plus cet empire britannique ou cet establisment anglo-saxon (Quigley) s&rsquo;il ne nous conviait r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 participer \u00e0 d&rsquo;affreuses catastrophes et autres guerres non n\u00e9cessaires&#8230; Sur les Etats-Unis, on rappellera au lecteur l&rsquo;abondante biblioth\u00e8que pacifiste et non-interventionniste de nos amis libertariens (1).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais restons-en \u00e0 la France. Bernanos dit apr\u00e8s la guerre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Notre peuple a le droit de se dire quitte envers les D\u00e9mocraties. De 1914 \u00e0 1918, il leur a sacrifi\u00e9 deux millions de morts et les trois quarts de la fortune nationale. En 1939, elles lui ont demand\u00e9 le sacrifice total (2.)&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Eh bien on en redemande toujours !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le d\u00e9clin fran\u00e7ais commence sous Louis XV mais il date s\u00e9rieusement de 1815 (un soldat sur sept \u00e9tait anglais \u00e0 Waterloo, pourtant&#8230;), soit de deux si\u00e8cles environ, et l&rsquo;on peut dire qu&rsquo;il s&rsquo;est limit\u00e9 \u00e0 deux tendances principales : l&rsquo;alignement de la France sur les imp\u00e9ratifs g\u00e9opolitiques des Anglo-saxons &#8211; puis des Anglo-am\u00e9ricains (alignement contre lequel s&rsquo;\u00e9leva en vain de Gaulle), et la recherche canine, comme en jappant, d&rsquo;un ennemi continental, Russie ou Allemagne, destin\u00e9 \u00e0 faire plaisir \u00e0 l&rsquo;Angleterre, \u00e0 renforcer la division continentale et \u00e0 emp\u00eacher l&rsquo;unit\u00e9 europ\u00e9enne &laquo; de l&rsquo;Atlantique \u00e0 l&rsquo;Oural &raquo;. La construction europ\u00e9enne de ce point de vue sert les \u00e9ternels int\u00e9r\u00eats anglo-saxons : elle cr\u00e9e la division, et non l&rsquo;union de cette Europe, invit\u00e9e en outre \u00e0 se faire envahir d\u00e9mographiquement et humanitairement par le sud et l&rsquo;orient. Jamais la vision de Gu\u00e9non sur l&rsquo;occident comme <strong>point cardinal de la mort <\/strong>n&rsquo;aura \u00e9t\u00e9 aussi juste qu&rsquo;en ces heures sombres que nous traversons &ndash; et qui semblent durer interminablement : &laquo; il ne reste plus pour les Sh&ucirc;dras que l&rsquo;ouest, qui est regard\u00e9 partout comme le c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;obscurit\u00e9&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur cette d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de la diplomatie anglo-saxonne, je retrouve ces lignes de de Gaulle oblig\u00e9 comme malgr\u00e9 lui &ndash; par les conditions cycliques ! &#8211; \u00e0 leur demander de l&rsquo;aide durant la guerre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Sachant quels \u00e9taient, d&rsquo;une part, le savoir-faire du Foreign Office et, d&rsquo;autre part, <strong>l&rsquo;horreur du  vide de notre diplomatie quand il s&rsquo;agissait de nos relations  avec l&rsquo;Angleterre<\/strong>, je doutai, \u00e0 premi\u00e8re vue, que les choses fussent ce qu&rsquo;elles semblaient \u00eatre (3) &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et de Gaulle d&rsquo;ajouter un peu plus bas&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Cependant, il apparut bient\u00f4t que l&rsquo;interpr\u00e9tation donn\u00e9e  par notre diplomatie n&rsquo;\u00e9tait pas celle des Anglais. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans le premier tome de ses M\u00e9moires de guerre, il parle de cet isolement o&ugrave; on le confine, le jugeant trop orgueilleux ou anglophobe :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Une sorte de vide fut cr\u00e9\u00e9 autour de nous par les britanniques&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;\u00e9tait avant Clearstream et les malheurs du pauvre Dominique de Villepin !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est pourquoi d\u00e8s 1944 de Gaulle insiste pour que la France dont il a une certaine id\u00e9e (il est bien le seul !) se rapproche de la Russie, reprenant le flambeau de la main de son prestigieux devancier Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 de Chateaubriand :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Peut-\u00eatre serait-il possible de renouveler de quelque fa\u00e7on la solidarit\u00e9 franco-russe qui, pour m\u00e9connue et trahie qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 souvent, n&rsquo;en demeurait pas moins conforme \u00e0 l&rsquo;ordre naturel des choses, tant vis-\u00e0-vis du danger allemand que des tentatives d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie anglo-saxonne. J&rsquo;envisageais m\u00eame le projet d&rsquo;un pacte, en vertu duquel la France et la Russie s&rsquo;engageraient \u00e0 agir en commun s&rsquo;il devait arriver qu&rsquo;un jour l&rsquo;Allemagne redev&icirc;nt mena\u00e7ante (4) &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D\u00e8s 1815 &ndash; et apr\u00e8s &#8211; la position russophile semble \u00e0 Chateaubriand la voie naturelle pour sauver la France. L&rsquo;auteur d&rsquo;Atala et des M\u00e9moires \u00e9crit \u00e0 propos de l&rsquo;occupation russe &ndash; celle de 1814 &#8211; des rues de Paris :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Cette premi\u00e8re invasion des alli\u00e9s est demeur\u00e9e sans exemple dans les annales du monde : l&rsquo;ordre, la paix et la mod\u00e9ration r\u00e9gn\u00e8rent partout ; les boutiques se rouvrirent ; des soldats russes de la garde, hauts de six pieds, \u00e9taient pilot\u00e9s \u00e0 travers les rues par de petits polissons fran\u00e7ais qui se moquaient d&rsquo;eux, comme des pantins et des masques du carnaval. Les vaincus pouvaient \u00eatre pris pour les vainqueurs ; ceux&minus;ci, tremblant de leurs succ\u00e8s, avaient l&rsquo;air d&rsquo;en demander excuse &raquo; (5).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voil\u00e0 qui nous change de Bagdad ou de la Syrie&#8230; Chateaubriand ajoute plus loin avec \u00e9motion, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 lecture de la fameuse missive du tzar Alexandre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Nous qui n&rsquo;avions rien respect\u00e9, nous \u00e9tions respect\u00e9s de ceux dont nous avions ravag\u00e9 les villes et qui, \u00e0 leur tour, \u00e9taient devenus les plus forts. Nous leur paraissions une nation sacr\u00e9e ; nos terres leur semblaient une campagne d&rsquo;Elide que, de par les dieux, aucun bataillon ne pouvait fouler. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les ann\u00e9es passent, et la France progressivement se soumet \u00e0 l&rsquo;Angleterre, surtout sous la Monarchie de Juillet. Chateaubriand voit d&rsquo;ailleurs la r\u00e9volution de juillet comme le fruit d&rsquo;une op\u00e9ration britannique, avec un agent nomm\u00e9 Fox. Il note dans les M\u00e9moires sur un ton conspiratif (mais que fait la ministre ?) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ainsi ces Anglais qui vivent \u00e0 l&rsquo;abri dans leur &icirc;le, vont porter les r\u00e9volutions chez les autres ; vous les trouvez m\u00eal\u00e9s dans les quatre parties du monde \u00e0 des querelles qui ne les regardent pas : pour vendre une pi\u00e8ce de calicot, peu leur importe de plonger une nation dans toutes les calamit\u00e9s. Quel droit ce M. Fox avait&minus;il de tirer sur des soldats fran\u00e7ais ? Etait&minus;ce la Constitution de la Grande&minus;Bretagne, que Charles X avait viol\u00e9e ? Si quelque chose pouvait fl\u00e9trir les combats de Juillet, ce serait d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s par la balle d&rsquo;un Anglais. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>M\u00eame le bon roi Louis-Philippe se plaindra plus tard de l&rsquo;Angleterre \u00e0 Tocqueville : car il \u00e9tait \u00e9crit sur la t\u00eate du roi que <strong>seule cette r\u00e9publique conviendrait \u00e0 la Couronne<\/strong> <strong>britannique<\/strong>&#8230; En 1828 donc, l&rsquo;Angleterre demande \u00e0 la France de faire la guerre \u00e0 la Russie pour d\u00e9fendre la Turquie (Catherine II se plaignait d\u00e9j\u00e0 de ce travers anglais&#8230;) ! Et cela donnera une <strong>lettre fondamentale pour comprendre notre effacement progressif de l&rsquo;histoire de ce monde, envoy\u00e9e le 30 novembre 1828 au comte de la Feronnays :<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; O&ugrave; prendrons&minus;nous cet accroissement, si nous faisons, au profit du Grand Turc, la guerre \u00e0 la Russie ? Essayerons&minus;nous des descentes sur les c\u00f4tes de la mer Baltique, de la mer Noire et du d\u00e9troit de Behring ? Aurions&minus;nous une autre esp\u00e9rance ? Penserions&minus;nous \u00e0 nous attacher l&rsquo;Angleterre afin qu&rsquo;elle accour&ucirc;t \u00e0 notre secours si jamais nos affaires int\u00e9rieures venaient \u00e0 se brouiller ? Dieu nous garde d&rsquo;une telle pr\u00e9vision et d&rsquo;une intervention \u00e9trang\u00e8re dans nos affaires domestiques (6) ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis Chateaubriand se fend d&rsquo;une remarque piquante que l&rsquo;on peut aujourd&rsquo;hui appliquer aux Etats-Unis &ndash; remarque qui concerne le r\u00f4le &laquo; orange &raquo;, subversif et lucif\u00e9rien du monde anglo-saxon toujours domin\u00e9 depuis trois si\u00e8cles &ndash; cr\u00e9ation de la Banque d&rsquo;Angleterre- par la m\u00eame caste (ce que Michelet appela justement le <em>parti de l&rsquo;argent<\/em> et Marx le <em>parti de la dette<\/em> publique) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;Angleterre, d&rsquo;ailleurs, a toujours fait bon march\u00e9 des rois et de la libert\u00e9 des peuples ; elle est toujours pr\u00eate \u00e0 sacrifier sans remords monarchie ou r\u00e9publique \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats particuliers. Nagu\u00e8re encore, elle proclamait l&rsquo;ind\u00e9pendance des colonies espagnoles, en m\u00eame temps qu&rsquo;elle refusait de reconna&icirc;tre celle de la Gr\u00e8ce ; elle envoyait ses flottes appuyer les insurg\u00e9s du Mexique, et faisait arr\u00eater dans la Tamise quelques ch\u00e9tifs bateaux \u00e0 vapeur destin\u00e9s pour les Hell\u00e8nes ; elle admettait la l\u00e9gitimit\u00e9 des droits de Mahmoud, et niait celle des droits de Ferdinand ; vou\u00e9e tour \u00e0 tour au despotisme ou \u00e0 la d\u00e9mocratie selon le vent qui amenait dans ses ports les vaisseaux des marchands de la cit\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On sait que l&rsquo;Angleterre prompte \u00e0 venir au secours du Turc laissera mourir de faim deux millions d&rsquo;irlandais, dans un g\u00e9nocide malthusien de proportions cambodgiennes (7) !!!<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;auteur de Ren\u00e9  remarque que comme toujours on nous demande de Londres (ou de Washington) des guerres impossibles ou difficilement r\u00e9alisables. Car avant d&rsquo;aller &laquo; mourir pour Dantzig &raquo; (qu&rsquo;on laissa bien s&ucirc;r mourir et envahir) il fallait mourir, un si\u00e8cle avant, pour le sultan du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;orient :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Enfin, en nous associant aux projets guerriers de l&rsquo;Angleterre et de l&rsquo;Autriche contre la Russie, o&ugrave; irions nous chercher notre ancien adversaire d&rsquo;Austerlitz ? Il n&rsquo;est point sur nos fronti\u00e8res. Ferions&minus;nous donc partir \u00e0 nos frais cent mille hommes bien \u00e9quip\u00e9s, pour secourir Vienne ou Constantinople ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Aurions&minus;nous une arm\u00e9e \u00e0 Ath\u00e8nes pour prot\u00e9ger les Grecs contre les Turcs, et une arm\u00e9e \u00e0 Andrinople pour prot\u00e9ger les Turcs contre les Russes ? Nous mitraillerions les Osmanlis en Mor\u00e9e, et nous les embrasserions aux Dardanelles ? <strong>Ce qui manque de sens commun dans les affaires humaines ne r\u00e9ussit pas.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce manque de sens commun, c&rsquo;est sans doute ce qu&rsquo;on appelle le pragmatisme dans le monde anglo-saxon&#8230; <strong>Son secret d&rsquo;ailleurs, comme le vit Marx, c&rsquo;est sa dette publique, toujours plus infinie, qui finance ces op\u00e9rations d\u00e9mentielles. <\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Chateaubriand rajoute avec ironie :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Chevaliers des Turcs nous reviendrions du Levant avec une pelisse d&rsquo;honneur ; nous aurions la gloire d&rsquo;avoir sacrifi\u00e9 un milliard et deux cent mille hommes pour calmer les terreurs de l&rsquo;Autriche, pour satisfaire aux jalousies de l&rsquo;Angleterre, pour conserver dans la plus belle partie du monde la peste et la barbarie attach\u00e9es \u00e0 l&#8217;empire ottoman. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et enfin sur la n\u00e9cessaire amiti\u00e9 franco-russe, Chateaubriand rappelle impeccablement, \u00e0 la fin de sa lettre admirable :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Il y a sympathie entre la Russie et la France ; la derni\u00e8re a presque civilis\u00e9 la premi\u00e8re dans les classes \u00e9lev\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9 ; elle lui a donn\u00e9 sa langue et ses moeurs. Plac\u00e9es aux deux extr\u00e9mit\u00e9s de l&rsquo;Europe, la France et la Russie ne se touchent point par leurs fronti\u00e8res, elles n&rsquo;ont point de champ de bataille o&ugrave; elles puissent se rencontrer ; elles n&rsquo;ont aucune rivalit\u00e9 de commerce, et les ennemis naturels de la Russie (les Anglais et les Autrichiens) sont aussi les ennemis naturels de la France.<\/strong> En temps de paix, que le cabinet des Tuileries reste l&rsquo;alli\u00e9 du cabinet de Saint&minus;P\u00e9tersbourg, et rien ne peut bouger en Europe. En temps de guerre, l&rsquo;union des deux cabinets dictera des lois au monde (6).&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On sent d&rsquo;ailleurs que Vladimir Poutine poss\u00e8de une remarquable fibre francophile (il est venu \u00e0 notre secours le lendemain de ces attentats dont Obama se foutait) et qu&rsquo;il croit aussi en cette observation si gaullienne sur l&rsquo;union &ndash; qui se doit d&rsquo;\u00eatre prudente &#8211; des deux cabinets.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Chateaubriand conclue :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; J&rsquo;ai fait voir assez que l&rsquo;alliance de la France avec l&rsquo;Angleterre et l&rsquo;Autriche contre la Russie est une alliance de dupe, o&ugrave; nous ne trouverions que la perte de notre sang et de nos tr\u00e9sors. L&rsquo;alliance de la Russie, au contraire, nous mettrait \u00e0 m\u00eame d&rsquo;obtenir des \u00e9tablissements dans l&rsquo;Archipel et de reculer nos fronti\u00e8res jusqu&rsquo;aux bords du Rhin. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu nous f&icirc;mes tout le contraire. J&rsquo;ajoute que la Triple-Alliance de 1907 fut aussi, fut surtout voulue par l&rsquo;Angleterre  pour pousser \u00e0 la guerre continentale entre l&rsquo;Allemagne et la Russie. Toujours le <em>Heartland <\/em>de McKinder cher aussi au <em>Grand Echiquier<\/em> de Brzezinski&#8230; <strong>la finalit\u00e9 ultime et apocalyptique de la diplomatie anglo-saxonne, c&rsquo;est l&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;&icirc;le-continent<\/strong> (aujourd&rsquo;hui repr\u00e9sent\u00e9e par l&rsquo;alliance de la Chine et la Russie, alliance que John Mearsheimer a reproch\u00e9 \u00e0 Obama de favoriser par son incomp\u00e9tence). C&rsquo;est qui ressort de la brillante \u00e9tude (<em>Conjuring Hitler<\/em>) de l&rsquo;ing\u00e9nieur italo-am\u00e9ricain Guido Preparata. On sait que cette guerre ne porta chance ni \u00e0 la Russie ni \u00e0 l&rsquo;Allemagne, ni m\u00eame \u00e0 la France, mais avant tout au monde anglo-saxon qui finan\u00e7a au passage la r\u00e9volution russe et dont la &laquo; Couronne &raquo; se paya le luxe de refuser tout secours au tzar et \u00e0 sa famille. Le blocus inutile des c\u00f4tes allemandes co&ucirc;ta aussi huit cent mille vies, essentiellement des femmes et des enfants. Mais <strong>quand on aime ch\u00e2tier au nom de la d\u00e9mocratie<\/strong>, on ne compte pas. <em>It is worth it<\/em>, cela en vaut le coup, pour reprendre une parole c\u00e9l\u00e8bre de la sinistre Madeleine Albright.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Prenons un autre g\u00e9nie de notre litt\u00e9rature philosophique, Tocqueville. Il est ministre des nos affaires \u00e9trang\u00e8res (de plus en plus <strong>\u00e9trang\u00e8res \u00e0 nos int\u00e9r\u00eats<\/strong>)  au moment de la seconde R\u00e9publique, \u00e9pisode clownesque et d\u00e9testable de notre pauvre histoire moderne. Ici encore l&rsquo;Angleterre veut faire la guerre pour la Turquie, et \u00e0 deux autres puissances europ\u00e9ennes encore ! A la sainte Russie et \u00e0 la catholique Autriche, avec mission pour la France, comme dira plus tard Bernanos, de fournir les poitrines. On voit dans cet extrait la puissance redoutable (on est avant Bernays ou CNN !) des m\u00e9dias anglais :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Pendant cet intervalle, toute la presse anglaise, sans distinction de parti, prit feu. Elle s&#8217;emporta contre les deux empereurs et enflamma l&rsquo;opinion publique en faveur de la Turquie. Le gouvernement anglais, ainsi chauff\u00e9, prit aussit\u00f4t son parti. Cette fois il n&rsquo;h\u00e9sitait point, car il s&rsquo;agissait, comme il le disait luim\u00eame, non seulement du sultan, mais de l&rsquo;influence de l&rsquo;Angleterre dans le monde. Il d\u00e9cida donc : 1) qu&rsquo;on ferait des repr\u00e9sentations \u00e0 la Russie et \u00e0 l&rsquo;Autriche ; 2) que l&rsquo;escadre anglaise de la M\u00e9diterran\u00e9e se rendrait devant les Dardanelles, pour donner confiance au sultan et d\u00e9fendre, au besoin, Constantinople. On nous invita \u00e0 faire de m\u00eame et \u00e0 agir en commun. (8)&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tocqueville comprend que s&rsquo;allier avec l&rsquo;Angleterre de Palmerston, promoteur whig de l&rsquo;imp\u00e9rialisme humanitaire, c&rsquo;est courir l&rsquo;aventure et aller au suicide :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les Anglais nous conviaient \u00e0 agir comme eux ; mais notre position ne ressemblait gu\u00e8re \u00e0 la leur. En d\u00e9fendant les armes \u00e0 la main la Turquie, l&rsquo;Angleterre risquait sa flotte et nous notre existence. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Traumatis\u00e9 par Waterloo, mais surtout agent carbonaro du mondialisme, Napol\u00e9on III suivra aveugl\u00e9ment l&rsquo;Angleterre, avec les r\u00e9sultats que l&rsquo;on conna&icirc;t, en Crim\u00e9e ou \u00e0 Solferino. Guerres continentales, d\u00e9clin colonial (&laquo; donner au coq gaulois des coins de d\u00e9sert pour gratter ses ergots &raquo;), germanophobie bien ordonn\u00e9e, vol\u00e9e inutile de 1870-1940 !<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>S&rsquo;allier aux anglo-saxons, c&rsquo;est courir au suicide<\/strong> (<strong>c&rsquo;est<\/strong> <strong>le myst\u00e8re du monde moderne)<\/strong>. Voyez l&rsquo;islam \u00e0 la sauce S\u00e9oud et l&rsquo;Arabie, voyez la Pologne, qui s&rsquo;invita au partage de la peu regrett\u00e9e Tch\u00e9coslovaquie, et pouss\u00e9e \u00e0 une guerre suicidaire (un trait polonais assur\u00e9ment) par le cabinet anglais en 1939 &ndash; au lieu de discuter ; et voyez ce qui dit le c\u00e9l\u00e8bre et imp\u00e9rial Carroll Quigley :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le trait\u00e9 naval anglo-germanique du 18 juin (!) 1935 fut &laquo; un coup de poignard dans le dos des Fran\u00e7ais &raquo;. Une partie des \u00e9lites anglaises (le clan Milner, \u00e9manation de la l\u00e9gendaire Table ronde de Cecil Rhodes) ne voulait pas de la guerre effective contre l&rsquo;Allemagne, voulant utiliser la b\u00eate nazie contre la Russie sovi\u00e9tique. On mit des b\u00e2tons dans les roues de la France anglomane, qui n&rsquo;avait, jusqu&rsquo;en 38 ,qu&rsquo;\u00e0 lever le petit doigt pour chasser Hitler ou ridiculiser ses aspirations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&bull; Le cabinet anglais finit par d\u00e9clarer la guerre \u00e0 l&rsquo;Allemagne, mais il se promettait, dit Quigley dans une page incroyable, de ne pas la mener <em>(to declare, but not to wage<\/em>) (9).<\/strong> Tout cela changea un peu par la suite, mais on peut dire, quitte \u00e0 en choquer certains, que la dr\u00f4le de guerre entre l&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Angleterre (scandaleux bombardements sur les villes allemandes mis \u00e0 part) dura toute la guerre, y compris et surtout en m\u00e9diterran\u00e9e orientale ! L&rsquo;anglophilie forcen\u00e9e d&rsquo;Hitler (ou de Rudolf Hess) fascina tout le monde, d&rsquo;Albert Speer \u00e0 Liddell Hart.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quigley &ndash; prof d&rsquo;histoire imp\u00e9riale de Bill Clinton \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de programmation mentale de Georgetown (universit\u00e9 qui a form\u00e9 les politiciens et politiciennes baltes, agents US en fait) &#8211; nous a ici <strong>donn\u00e9 imprudemment des cl\u00e9s.<\/strong> Mais il se rattrape dans<em> Trag\u00e9die et Espoir<\/em> en rappelant combien il d\u00e9teste de Gaulle et toute volont\u00e9 de libert\u00e9 europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La France, malgr\u00e9 de Gaulle, devra accepter une Europe politique&#8230; Les USA veulent que l&rsquo;Europe soit unifi\u00e9e et alli\u00e9e ; De Gaulle veut l&rsquo;Europe d\u00e9sunie et ind\u00e9pendante&#8230; Il semble \u00e9vident que l&rsquo;Europe, malgr\u00e9 un consid\u00e9rable retard caus\u00e9 par De Gaulle, \u00e9mergera unifi\u00e9e et ind\u00e9pendante (10) &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Europe d&rsquo;Obama et de Juncker n&rsquo;est bien s&ucirc;r ni unifi\u00e9e ni ind\u00e9pendante, et elle risque sa troisi\u00e8me guerre continentale &ndash; cette fois nucl\u00e9aire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De Gaulle fut chass\u00e9 en 68-69 ; depuis nous n&rsquo;avons fait que nous soumettre. Nous avons touch\u00e9 le fond et nous creusons encore, me dit un ami d&rsquo;origine alg\u00e9rienne&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Jean Parvulesco parlait d&rsquo;un <strong><em>Endkampf<\/em><\/strong>. Nous avons surtout un <strong><em>PermanentKampf<\/em><\/strong>, entre deux tendances : la tendace germanophile-russophile (la tendance du G\u00e9n\u00e9ral en fait) et la tendance anglomane (bouregoise en fait). La guerre de la baleine contre l&rsquo;ours. La guerre du<em> Rimland<\/em> contre le<em> Heartland<\/em>. La guerre de la mer contre la terre. C&rsquo;est la premi\u00e8re qui triomphe. On ne pourra se consoler que culturellement&#8230; La tendance russophile comprend dans ses rangs Chateaubriand, de Gaulle, Tocqueville ; la tendance anglomane F\u00e9lix Faure, BHL ou Fran\u00e7ois Hollande. Faites votre choix !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour poursuivre sur une note presque humoristique, je laisse la parole \u00e0 Louis-Ferdinand C\u00e9line qui disait en rageant, voyant la guerre et notre d\u00e9faite approcher :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il faut \u00e0 l&rsquo;Angleterre une France conasse et belliqueuse&#8230; Le conflit franco-allemand est la condition m\u00eame, l&rsquo;industrie supr\u00eame de l&rsquo;Angleterre. C&rsquo;est de la prosp\u00e9rit\u00e9 anglaise toute cuite (11).&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et comme C\u00e9line n&rsquo;est pas bien vu dans ces Temps de la Fin, on laisse conclure Bernanos :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le r\u00f4le r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la France \u00e9tait d&rsquo;ailleurs pr\u00e9cis\u00e9ment celui d&rsquo;une troupe qui se fait tuer pour donner aux r\u00e9serves le temps d&rsquo;arriver. Apr\u00e8s quoi, quelques ann\u00e9es plus tard, comme en 1925, nous aurions re\u00e7u la note des fournitures. (12)&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et on s&#8217;empressera de s&rsquo;endetter pour les rembourser&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Nicolas Bonnal<\/h4>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>(1) Voyez la bibliographie sur Mises.org et aussi mon Trump, candidat du chaos, Ed. Dualpha, chapitres 6 \u00e0 10. Cf. Raico, Rothbard, Charles Beard, John Flynn, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(1) Bernanos, la France contre les robots, II.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(2) De Gaulle, M\u00e9moires de guerre, tome 3, p. 283<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(3) Ibid., Tome 3, p. 54<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(4) Chateaubriand, M\u00e9moires d&rsquo;Outre-tombe, 2 L22 Chapitre 12<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(5) Ibid., 3 L29 Chapitre 13<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(6) Voyez les pages Wikip\u00e9dia en anglais, convenables sur ce sujet horrible et oubli\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(7) Alexis de Tocqueville, Souvenirs, dernier chapitre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(8) Carroll Quigley, The Anglo-American Establishment, pp.270, 275.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(9) Tragedy and Hope, p. 1296<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(10) Louis-Ferdinand C\u00e9line, L&rsquo;Ecole des cadavres, p. 167.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(11) Bernanos, La France contre les robots, II.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(12) Guido Preparata, Conjuring Hitler.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Gaulle et Chateaubriand contre l&rsquo;Empire &laquo; J&rsquo;attends les cosaques et le Saint-Esprit &raquo; (L\u00e9on Bloy) Nous voyons que la R\u00e9publique (ce n&rsquo;est plus vraiment la France) ob\u00e9it au doigt et \u00e0 l&rsquo;oeil \u00e0 Washington, et qu&rsquo;elle contribue \u00e0 la pr\u00e9paration d&rsquo;une guerre contre la Russie &ndash; qui a fait pourtant ce qu&rsquo;elle a pu&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[2640,2875,2631,2685,916,2730,3098],"class_list":["post-76637","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-bonnal","tag-chateaubriand","tag-de","tag-gaulle","tag-poutine","tag-russie","tag-tocqueville"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76637","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76637"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76637\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76637"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76637"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76637"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}