{"id":76689,"date":"2016-07-26T15:37:48","date_gmt":"2016-07-26T15:37:48","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/07\/26\/comment-fukuyama-explique-le-mystere-athos\/"},"modified":"2016-07-26T15:37:48","modified_gmt":"2016-07-26T15:37:48","slug":"comment-fukuyama-explique-le-mystere-athos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/07\/26\/comment-fukuyama-explique-le-mystere-athos\/","title":{"rendered":"Comment Fukuyama explique le myst\u00e8re Athos"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Comment Fukuyama explique le myst\u00e8re Athos<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il y a des fois comme cela o&ugrave; il faut se prendre pour saint Paul : arr\u00eater de donner du lait \u00e0 boire au lecteur, distribuer au contraire des nourritures solides. Eh oui, compagnons, st\u00e9r\u00e9os, \u00e7a veut d&rsquo;abord dire dur chez nos p\u00e8res (1) !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La nourriture &laquo; st\u00e9r\u00e9a &raquo;, elle passera (comme toujours) par la litt\u00e9rature populaire. Elle est un r\u00e9ceptacle, a dit Gu\u00e9non, que d\u00e9go&ucirc;tait la culture de la classe moyenne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans son texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/extrait-metaphysique-des-trois-mousquetaires\">28 novembre 2010<\/a> donc Philippe Grasset rappelle que les Trois mousquetaires sont une institution mondiale et transcendantale, y compris en Inde et dans le film Slumdog millionnaire. On pose des questions sur ces h\u00e9ros les plus populaires du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alexandre Dumas le savait d&rsquo;ailleurs. Ecoutez-le, ce visionnaire, qui \u00e9crit dans le Vicomte (ou Dix ans plus tard) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; C&rsquo;est qu&rsquo;en effet ces quatre noms, d&rsquo;Artagnan, Athos, Porthos et Aramis, \u00e9taient v\u00e9n\u00e9r\u00e9s par tout ce qui portait une \u00e9p\u00e9e, comme dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 \u00e9taient v\u00e9n\u00e9r\u00e9s les noms d&rsquo;Hercule, de Th\u00e9s\u00e9e, de Castor et de Pollux (2). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On va essayer de comprendre pourquoi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans un de mes textes pr\u00e9c\u00e9dents, j&rsquo;ai cit\u00e9 Athos reprochant \u00e0 d&rsquo;Artagnan de ne pas \u00eatre dans le camp des rois et des gentilshommes. Philippe Grasset m&rsquo;indique alors un extrait de son in\u00e9puisable Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire. Il cite ces autres lignes somptueuses de Dumas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est Athos, ce mont Athos de la Tradition hyperbor\u00e9enne qui parle \u00e0 son fils :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Raoul, sachez distinguer toujours le roi de la royaut\u00e9 ; le roi n&rsquo;est qu&rsquo;un homme, la royaut\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;esprit de Dieu ; quand vous serez dans le doute de savoir qui vous devez servir, abandonnez l&rsquo;apparence mat\u00e9rielle pour le principe invisible, car le principe invisible est tout. Seulement, Dieu a voulu rendre ce principe palpable en l&rsquo;incarnant dans un homme (3). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Relisons les remontrances d&rsquo;Athos \u00e0 d&rsquo;Artagnan :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&ndash; Parce que tous les gentilshommes sont fr\u00e8res, parce que vous \u00eates gentilhomme, parce que les rois de tous les pays sont les premiers entre les gentilshommes, parce que la pl\u00e8be aveugle, ingrate et b\u00eate prend toujours plaisir \u00e0 abaisser ce qui lui est sup\u00e9rieur ; et c&rsquo;est vous, vous, d&rsquo;Artagnan, l&rsquo;homme de la vieille seigneurie, l&rsquo;homme au beau nom, l&rsquo;homme \u00e0 la bonne \u00e9p\u00e9e, qui avez contribu\u00e9 \u00e0 livrer un roi \u00e0 des marchands de bi\u00e8re, \u00e0 des tailleurs, \u00e0 des charretiers (4) !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous sommes dans les ann\u00e9es 1640, dans la Qualit\u00e9 dit PhG, peu avant la Quantit\u00e9 qui va d\u00e9barquer avec Louis XIV, ce roi-machine dont a parl\u00e9 Apostolid\u00e8s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce roi-machine va emmener au pouvoir la bourgeoisie. Voici ce qu&rsquo;il advient &laquo; dix ans apr\u00e8s &raquo; (pour parler comme Dumas I et PhG) \u00e0 d&rsquo;Artagnan, conform\u00e9ment aux sombres proph\u00e9ties orthodoxes du Voyant Athos :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; &laquo; D&rsquo;Artagnan n&rsquo;avait absolument rien \u00e0 faire dans ce monde brillant et l\u00e9ger. Apr\u00e8s avoir suivi le roi pendant deux jours \u00e0 Fontainebleau, et avoir regard\u00e9 toutes les bergerades et tous les travestissements h\u00e9ro\u00ef-comiques de son souverain, le mousquetaire avait senti que cela ne suffisait point \u00e0 remplir sa vie (5). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lisez ces lignes incroyables maintenant :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ainsi \u00e9tendu, ainsi abruti dans son observation transfenestrale (la t\u00e9l\u00e9 ! La t\u00e9l\u00e9 !), d&rsquo;Artagnan n&rsquo;est plus un homme de guerre, d&rsquo;Artagnan n&rsquo;est plus un officier du palais, c&rsquo;est un bourgeois croupissant entre le d&icirc;ner et le souper, entre le souper et le coucher ; un de ces braves cerveaux ossifi\u00e9s qui n&rsquo;ont plus de place pour une seule id\u00e9e, tant la mati\u00e8re guette avec f\u00e9rocit\u00e9 aux portes de l&rsquo;intelligence, et surveille la contrebande qui pourrait se faire en introduisant dans le cr\u00e2ne un sympt\u00f4me de pens\u00e9e (6). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 ? PhG parlait de cette noble \u00e9poque : &laquo; Il y a une telle place accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;honneur et une telle d\u00e9sinvolture chaleureuse, et une telle fermet\u00e9 d\u00e9sinvolte dans l&rsquo;exercice de la vertu de l&rsquo;honneur&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et d&rsquo;un coup on bascule.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On bascule dans la grisaille, le bourgeois, le monde ordinaire, la royaut\u00e9 pas sacr\u00e9e du tout, les comptes d&rsquo;apothicaires qui remplacent les contes de f\u00e9e. On bascule dans l&rsquo;horreur et dans l&rsquo;erreur \u00e9tatique, totalitaire m\u00eame, de la R\u00e9vocation en 1685, que l&rsquo;Europe protestante ne pardonnera jamais \u00e0 cette monarchie. On bascule, et les mousquetaires oublient les filles et les ferrets, les beuveries, et ils deviennent lucides et r\u00e9actionnaires. Ils deviennent traditionnels sans le vouloir (au moins d&rsquo;Artagnan, qui est le moins intelligent avec le g\u00e9ant Porthos, avatar pantagru\u00e9lique, titan broy\u00e9 sous le rocher du monde).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Athos d\u00e9fend le roi d&rsquo;Angleterre, et il a raison.  La France aida Cromwell (le cr\u00e9ateur d&rsquo;un Deep State moderne et surtout le fondateur de l&rsquo;Oceania de 1984 en fait) \u00e0 d\u00e9truire une premi\u00e8re vieille monarchie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici pourquoi Athos a raison, cette fois selon Fukuyama :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Hobbes and Locke, the founders of modern liberalism, sought to eradicate thymos from political life altogether, and to replace it with a combination of desire and reason&#8230; The bourgeois was an entirely deliberate creation of early modern thought, an effort at social engineering that sought to create social peace by changing human nature itself (7). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;o&ugrave; Moli\u00e8re et Fureti\u00e8re. Les h\u00e9ros vont d\u00e9gager, on aura les boutiquiers et leurs femmes savantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Fukuyama ne sait pas tout, et il n&rsquo;a pas lu Taine, qui voit aussi le danger venir, de Bonacieux \u00e0 Fran\u00e7ois Hollande via Danton ou le Jules Favre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le bourgeois est un \u00eatre de formation r\u00e9cente, inconnu \u00e0 l&rsquo;antiquit\u00e9, produit des grandes monarchies bien administr\u00e9es, et, parmi toutes les esp\u00e8ces d&rsquo;hommes que la soci\u00e9t\u00e9 fa\u00e7onne, la moins capable d&rsquo;exciter quelque int\u00e9r\u00eat. Car il est exclu de toutes les id\u00e9es et de toutes les passions qui sont grandes, en France du moins o&ugrave; il a fleuri mieux qu&rsquo;ailleurs (8). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La d\u00e9cadence d\u00e9crite par Dumas frappe aussi les soldats du roy et les aristocrates (cf. Vigny bien s&ucirc;r, servitude et grandeur militaire). Voici comment d&rsquo;Artagnan r\u00e9veill\u00e9 par Athos engueule son jeune roi :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Sire, choisissez ! Voulez-vous des amis ou des valets ? des soldats ou des danseurs \u00e0 r\u00e9v\u00e9rences ? des grands hommes ou des polichinelles ? Voulez-vous qu&rsquo;on vous serve ou voulez-vous qu&rsquo;on plie ! voulez-vous qu&rsquo;on vous aime ou voulez-vous qu&rsquo;on ait peur de vous (8)? &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La civilisation devient &laquo; m\u00e9canicienne &raquo; et th\u00e9\u00e2trale. La m\u00e9diocrit\u00e9 frappe les courtisans recouverts de rubans (Alceste) et de dentelles. Le tailleur Percerin est roi du p\u00e9trole chez Dumas. Montesquieu ajoute dans sa lettre XCIX :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;Le prince imprime le caract\u00e8re de son esprit \u00e0 la cour, la cour \u00e0 la ville, la ville aux provinces. L&rsquo;\u00e2me du souverain est un moule qui donne la forme \u00e0 toutes les autres. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et La Fontaine avant lui, dans ses Obs\u00e8ques de la Lionne :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Peuple cam\u00e9l\u00e9on, peuple singe du ma&icirc;tre ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On dirait qu&rsquo;un esprit anime mille corps ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est bien l\u00e0 que les gens sont de simples ressorts. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela pour dire que nos a&icirc;n\u00e9s avaient bon oeil.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dumas d\u00e9crit aussi la m\u00e9lancolie spleenienne (Alceste encore) de ce monde moderne qui va avec cet amas de bourgois, de faux chr\u00e9tiens, de rois d\u00e9capit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;tout para&icirc;t noir, tout para&icirc;t amer, tout fait douter de Dieu, en parlant par la bouche m\u00eame de Dieu (9). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais comme on verra en note 14, cette noire m\u00e9lancolie se retrouve chez nos h\u00e9ros pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de la Bhagavad-G&icirc;t\u00e2.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est pas une consolation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et Aramis qui n&rsquo;aime pas Louis XIV (et il a raison selon nous) ajoute :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le roi a souffert, il a de la rancune, il se vengera. Ce sera un mauvais roi. Je ne dis pas qu&rsquo;il versera le sang comme Louis XI ou Charles IX, car il n&rsquo;a pas \u00e0 venger d&rsquo;injures mortelles, mais il d\u00e9vorera l&rsquo;argent et la subsistance de ses sujets, parce qu&rsquo;il a subi des injures d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et d&rsquo;argent (10). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce roi c&rsquo;est moi, c&rsquo;est l&rsquo;Etat tentaculaire d&rsquo;aujourd&rsquo;hui qui va tout voler. C&rsquo;est le minotaure. Lisez Jouvenel, F\u00e9nelon, sa lettre, celle de Saint-Simon, ou bien Vauban. C&rsquo;est ce g\u00e9ant hobbesien qui bouffe litt\u00e9ralement les richesses de tout un royaume. Le XVII\u00e8me si\u00e8cle est d&rsquo;abord le si\u00e8cle de Poucet avec les ogres aux trousses. Trois millions de Fran\u00e7ais en moins !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Retournons \u00e0 la nourriture solide. D&rsquo;un point de vue initiatique et traditionnel, voil\u00e0 ce qui s&rsquo;est pass\u00e9, expliqu\u00e9 par Gu\u00e9non :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La Renaissance et la R\u00e9forme marqu\u00e8rent une nouvelle phase critique, et enfin, d&rsquo;apr\u00e8s ce que semble indiquer Saint-Yves, la rupture compl\u00e8te aurait co\u00efncid\u00e9 avec les trait\u00e9s de Westphalie qui, en 1648, termin\u00e8rent la guerre de Trente Ans. Or il est remarquable que plusieurs auteurs aient affirm\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment que, peu apr\u00e8s la guerre de Trente Ans, les vrais Rose-Croix ont quitt\u00e9 l&rsquo;Europe pour se retirer en Asie (11). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a conscience de la rupture dans ce cycle magistral de cinq mille pages. On passe au milieu du Grand Si\u00e8cle de Corneille \u00e0 Moli\u00e8re, de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e \u00e0 la banalit\u00e9. On est dans une \u00e8re et un territoire d\u00e9sacralis\u00e9s. La princesse de Cl\u00e8ves, hommage discret au XVI\u00e8me si\u00e8cle, a refl\u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 cette prise de conscience, cette Sehnsucht&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et Edmund Burke a superbement \u00e9crit peu apr\u00e8s (car cent-trente ans ici, c&rsquo;est peu apr\u00e8s) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; But the age of chivalry is gone. That of sophisters, economists; and calculators has succeeded; and the glory of Europe is extinguished forever. Never, never more shall we behold that generous loyalty to rank and sex, that proud submission, that dignified obedience, that subordination of the heart which kept alive, even in servitude itself, the spirit of an exalted freedom (12). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est cette ob\u00e9issance aveugle ou paresseuse \u00e0 cet Etat glac\u00e9 qui caract\u00e9rise l&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9chue ; et Tocqueville n&rsquo;a rien r\u00e9p\u00e9t\u00e9 d&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On cite encore Gu\u00e9non :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La date pr\u00e9cise de cette rupture est marqu\u00e9e, dans l&rsquo;histoire ext\u00e9rieure de l&rsquo;Europe, par la conclusion des trait\u00e9s de Westphalie, qui mirent fin \u00e0 ce qui subsistait encore de la &laquo;Chr\u00e9tient\u00e9 &raquo; m\u00e9di\u00e9vale pour y substituer une organisation purement &laquo; politique &raquo;, au sens moderne et profane de ce mot (13). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On redonne le relais \u00e0 Philippe Grasset qui se surpasse pour nous expliquer pourquoi les Fils du Ramayana et de la Bhaghavad G&icirc;t\u00e2 (14) d\u00e9ifient Dumas devant leur t\u00e9l\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il y a une telle place accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;honneur et une telle d\u00e9sinvolture chaleureuse, et une telle fermet\u00e9 d\u00e9sinvolte dans l&rsquo;exercice de la vertu de l&rsquo;honneur, il y a un tel sens constant de la trag\u00e9die qu&rsquo;est le destin du monde (et l&rsquo;honneur est l\u00e0 pour en appr\u00e9cier mieux les vertus), et une telle l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 pour aborder les contraintes de la trag\u00e9die ainsi sans jamais laisser son caract\u00e8re y c\u00e9der par l&rsquo;abaissement de l&rsquo;\u00e9motion, que cette \u00e9poque-l\u00e0 nous para&icirc;t, \u00e0 nous gens de la modernit\u00e9, d&rsquo;un autre univers, d&rsquo;une autre \u00e2me litt\u00e9ralement, &ndash; l&rsquo;\u00e9poque de la qualit\u00e9 qui ignore la quantit\u00e9, l&rsquo;\u00e9poque du caract\u00e8re individuel qui n&rsquo;acquiert ses vertus que dans le sens d&rsquo;une collectivit\u00e9 marqu\u00e9e par l&rsquo;honneur, dans le sens de l&rsquo;art de vivre qui est celui du h\u00e9ros, qui est l&rsquo;art de vivre la trag\u00e9die du monde (15). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les mousquetaires sont nos 47 ronin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quant \u00e0 Milady, on y revient sous peu, car elle travaille pour la CIA (16).<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Nicolas Bonnal<\/h4>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>(1) H\u00e9breux, 5, 12.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(2) Le vicomte de B., Chapitre CCLIV &ndash; La grotte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(3) Vingt ans apr\u00e8s, chapitre XXIV.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(4) Vingt ans apr\u00e8s, chapitre LXI, Les gentilshommes<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(5) Le vicomte de B., Chapitre CXL &ndash; Malaga.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(6) Ibid.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(7) End of History, chapter XVII, The Rise and Fall of Thumos.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(8) La Fontaine et ses Fables, Deuxi\u00e8me partie, 4.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(9) Bragelonne, IV, Chapitre CCIII.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(10) Ibid., chapitre CCXXXIX &ndash; Les promesses.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(11) Le Roi du Monde, chapitre VIII.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(12) Burke, Reflections, p.63.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(13) Aper\u00e7us sur l&rsquo;initiation, chapitre XXXVIII.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(14) Citons-la, cette G&icirc;t\u00e2 si proche avec ses Kshatryas de Dumas et de l&rsquo;ac\u00e9die mousquetaire : &laquo; Car je ne vois pas ce qui pourrait chasser la tristesse qui consume mes sens, euss\u00e9 je sur terre un vaste royaume sans ennemis et l&#8217;empire m\u00eame des Dieux. &raquo; (II, 8)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(15) \u00ab\u00a0Contre-civilisation\u00a0\u00bb et r\u00e9sistance, chapitre 24, Cinqui\u00e8me Partie<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(16) Les Trois mousquetaires, chapitres L-LVIII.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment Fukuyama explique le myst\u00e8re Athos Il y a des fois comme cela o&ugrave; il faut se prendre pour saint Paul : arr\u00eater de donner du lait \u00e0 boire au lecteur, distribuer au contraire des nourritures solides. Eh oui, compagnons, st\u00e9r\u00e9os, \u00e7a veut d&rsquo;abord dire dur chez nos p\u00e8res (1) ! 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